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Full text of "Revue des études juives 1908"

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REVUE 



DES 



ÉTUDES JUIVES 



VERSAILLES. — IMPRIMERIES CERF, 59, RUE DUPLESSIS. 




DES 



ÉTUDES JUIVES 



PUBLICATION TRIMESTRIELLE 
DK LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES 



TOME CINQUANTE -SIXIÈME 



PARIS 

A LA LIBRAIRIE A. DURLACHER 4 Ùç 

83 bis , RUE LAFAYETTE l>K^^^Uk-^ 

1908 t>* 



IOI 



LA FAMILLE JUIVE DES ÏÏAMON 



CONTRIBUTION A L'HISTOIRE DES JUIFS EN TURQUIE 



I 



Le 2 janvier 1492, le roi d'Espagne Ferdinand le Catholique entrait 
dans Grenade, la dernière possession des Maures dans la pénin- 
sule, et le 30 mars de la môme année il bannissait par un édit 
tous les Juifs de son royaume. Son exemple fut suivi cinq ans plus 
tard par son gendre Emanuel, roi de Portugal. L'Église avait rem- 
porté un triomphe éclatant : la péninsule ibérique était devenue 
purement catholique. 

Environ quarante ans auparavant, Le 29 mai 1453, Mahomet II 
(1451-1484) conquérait Constantinople et en faisait la capitale du 
puissant empire osmanique, qui s'élevait alors, à l'effroi de la 
chrétienté d'occident. Peu après la prise de la ville, il adressa un 
appel aux Juifs, les invitant à s'établir dans sa nouvelle métropole, 
où les plus grandes libertés leur seraient octroyées, et appela le 
rabbin Moïse Capsali (vers 1420-1493), qu'il nomma grand-rabbin, 
dans le Divan, où il avait voix au conseil à côté du Mufti et du 
Patriarche grec, en qualité de représentant des Juifs ^ Fidèle à 
ce noble exemple, son fils Bajazet II (1481-1512) fit, en 1492, 
un accueil hospitalier aux Juifs exilés d'Espagne, victimes du 
fanatisme religieux, qui trouvèrent une nouvelle patrie dans son 
empire. Les sultans ne furent pas seulement plus tolérants, mais 
aussi plus habiles que les rois chrétiens à l'égard des Juifs. Ils 

1. V. la chronique turque tJibïttmm "obft "ÎDO ou nbl3> m3mN» "1SD, éd. 
Constantinople, 1756, et Graetz, Geschichle, VIII, p. 215 et note 7. Cf. l'ouvrage <i 
teinte légendaire "irpbs* "Ql d'Elia Capsali, cité par Rosanes dans son Histoire des 
Juifs en Turquie (en hébreu), p. 26. 

T. LVI, n° 111. 1 



2 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

surent apprécier pleinement leurs facultés et les utiliser pour le 
bien de l'Etat. On dit que Bajazet II se serait écrié un jour devant 
ses courtisans : « Vous appelez Ferdinand un roi sage, lui qui, en 
exilant les Juifs, a appauvri son pays et enrichi le nôtre M » Le 
voyageur français Nicolas de Nicolay, qui accompagna à Constan- 
tinople l'ambassadeur de France M. d'Aramon, séjourna dans cette 
ville vers 1551-1554. Etant donnés les préjugés qui régnaient alors 
en France sur les Juifs, il ne pouvait guère s'exprimer favorable- 
ment sur ceux de Constantinople. Il n'en vante pas moins les 
avantages considérables que la Turquie a retirés de la très nom- 
breuse immigration de Juifs chassés d'Espagne et de Portugal aux 
dépens des pays chrétiens 2 . 

La quantité de Juifs habitans par toutes les villes de Turcquie, et de 
Grèce, principalement à Constantinople, est si grande, que c'est chose 
merveilleuse et presque incroyable. Car le nombre d'iceux faisans estât 
de trocque et trafficquede toute marchandise, mesmement d'argent usu- 
raire, y multiplie tellement de cour à autre, pour le grand apport et 
affluence des marchandises qui y arrivent de toutes parts, tant par mer 
que par terre, que l'on peut dire avecq raison, qu'ils tiennent pour le 
jourd'huy entre leurs mains toutes les plus grandes trafficques de mar- 
chandise et d'argent courant, qui se face en tout le Levant. Et qu'ainsi 
soit, les bouticques et magazins les plus riches et mieux fournies de toutes 
sortes de marchandises, qui se puissent trouver en Constantinople, sont 
ceux des Juifs. Outre ce ilz ont entre eulx des ouvriers en tous arts et 
manufactures très excellens, spécialement des Marranes (?) n'a pas long- 
temps bannis et deschassez d'Espagne et Portugal, lesquelz au grand 
détriment et dommage de la Chrestienté ont apprins au Turc plusieurs 
inventions, artifices et machines de guerre, comme à faire artillerie, har- 
quebuses, pouldres à canon, boulets et autres armes. 

Appelés par les sultans aux postes élevés, les Juifs mettaient 
toutes leurs facultés et toute leur énergie, leur expérience d'hommes 
d'état, leur habileté de financiers aussi bien que leurs connais- 
sances médicales au service du pays auquel ils s'étaient attachés 
avec tout leur zèle et tout leur dévouement. Nicolas de Nicolay dit 3 : 

En Turcquie, et principalement à Constantinople se trouvent plusieurs 
Turcs faisans profession de l'art de médecine, et exerçants la pratique 

1. Imanuel Aboal), Nomologia, II, p. 29o, et Graetz, op. cit., p. 363. 

2. Les Navigations, pérégrinations et voyages, faicts en ta Turquie, par Nicolas 
de Nicolay... En Anvers, M.D.LXXVI, p. 239-240. — Le prince vénitien Soranzo s'ex- 
prima semblahlement en lô'73 sur les Juifs de Constantinople, v. Emek habucha, éd. 
Letteris, p. 148. 

3. lbid., p. 168-169 (p. 170 gravure représentant nu médecin juif). 



LA FAMILLE JUIVE DES UAMON 3 

(ficelle. Mais beaucoup plus de Juifz que de Turcs, entre lesquels y en a 
de bien scavàts en la théorique et expérimentez en pratique. Et la cause 
pourquoy en cest art ilz excédent communément les autres nations, est 
la cognoissance qu'il ont des langues, et lettres grecques, arabiques, 
chaldécs et hébraïques... Quant aux habits de médecins turcs, il n'y a 
nulle différence ii ceux du commun peuple. Mais bien ceux des méde- 
cins juifz : car au lieu du tulbant jaune, propre à la nation judaïque, 
ilz portent un haut bonnet pointu, teint en escarlate rouge. . . 

Quelques-uns de ces médecins nous sont bien connus 1 . Mais 
leur histoire n'appartient pas plus à mon sujet que celle des autres 
hommes qui se sont distingués auprès de la Porte. Je ne m'attache- 
rai qu'à ceux qui appartiennent à la famille Hamon et qui, pendant 
trois générations successives, ont occupé à la cour des sultans 
une situation privilégiée, qui leur a permis de s'employer pour le 
bien de leurs coreligionnaires. 



Il 



Le nom de famille l"itn Hamon, qu'en espagnol on prononçait 
Amon, est d'une étymologie difficile. Joseph Sambari 2 appelle 
le médecin Moïse Hamon de Gonstantinople 'pïïîi "pErr n«. C'est, 
en même temps qu'une allusion à l'expression appliquée par la 
Genèse, xvn, 5, à Abraham 3 , une désignation honorifique de celui 
qui assistait la « foule » des émigrants juifs. Le môme personnage 
est appelé Amon en latin * et en français 5 , ïto« en hébreu 6 . Mais 
ce nom est difficilement d'origine juive ou arabe, car il est souvent 
porté en Europe par des chrétiens. Ainsi, pour ne citer que 
quelques exemples, G. Hamon, théologien chrétien, écrivit en 
Angleterre, en 1660, un ouvrage intitulé : Vindiciœ antiq. legum 
et statuorum Jesn Christi. A la même époque vivait à Paris le 

1. Carmoly, Histoire des médecins juifs,]). 158, 159 ; cf. plus loin. 

2. Extraits de sa chronique tpT 1 "H 31 dans Neubauer, Med. Jew. Chr., II, 154. — 
Moïse ibn Ezra a dédié son recueil poétique intitulé Tarschisch à son riche protecteur 
dont le nom ne nous est pas connu : D" 1 "!} p72tl 53 3tf. Il s'appelait probablement 
Abraham, mais cela n'est pas certain; v. E^TZJirï, éd. Gunzburg-, Berlin, 1886, p. 5. 

3. Le patriarche est appelé pftrî DN tout court dans une a/céda de Gabirol, com- 
mençant par les mots "1173 "irD TN. 

4. David de Pomis, De medico hebraeo, enarralio apologetica, p. 71. 

5. Nicolas de Nicolay, v. plus loin. 

6. Manassé b Israël, bjntfJ"» mptt, 1697, f° 57. 

7. Fiirst. liihliol heca judaica, I, p. 360. 



4 REVUE DES ETUDES JUIVES 

célèbre janséniste M. Hamon, le maître de Racine 1 . On connaît 
aussi le peintre breton Jean-Louis Hamon (18:21-1874) 2 . A Nurem- 
berg, il y a une douzaine de familles chrétiennes appelées Hamon 
et partout un grand nombre de personnages du nom de Amon. 

L'Italien Obadia de Bertinoro, le célèbre auteur d'un commen- 
taire de la Mischna, est souvent cité avec le surnom an\ Yare 3 , et 
il se le donne lui-même dans les deux lettres qu'il écrivit de Jéru- 
salem à son père (1488) et à son frère (1489) 4 . Or, quand on écrit à 
d'aussi proches parents, on n'a pas l'habitude de signer autrement 
que son simple prénom. Le nom de tf-n n'était sans doute à l'origine 
que l'abréviation de vn« "nm "m (DeuL, xxxm, 24) et n'est devenu 
que plus tard un nom de famille en Italie :i . Le père d'Obadia s'appe- 
lait Abraham 6 et son frère, qui le soutint généreusement pendant 
son séjour à Jérusalem, Zacharie 7 ; le fils de ce dernier, nommé 
lui aussi Obadia, composa un commentaire mystique sur le livre 
d'Esther et un autre intitulé rnsb» tmab, sur celui de Ruth 8 . Or, le 
premier Obadia est appelé rarement ïtoïi, mais le second qu'on 
voulait distinguer de son oncle homonyme, reçoit généralement 
ce nom, qui devait être celui de toute la famille Obadia l'ancien, 
dont la famille demeurait en Italie, était né dans ce pays. Mais 
cela n'empêche pas que son père ou grand-père peut avoir été 
d'origine espagnole ou portugaise et avoir emporté de sa patrie le 
nom de famille Hamon. Garmoly 9 se trompe en disant que Joseph 
Hamon, le premier médecin juif de ce nom à la cour du sultan 
de Gonstantinople, descendait de la famille d'Obadia de Bertinoro 
et était né en Italie. Immanuel Aboab 10 le désigne formellement 
comme un Andalous. Il était probablement apparenté avec Isaac 
Hamon H , qui fut le médecin d'un des derniers rois maures de 
Grenade vers la fin du xv d siècle, et il émigra en Turquie en 1492 
avec les exilés espagnols. 

1. Sainte-Beuve, Port-Royal, IV, 290 et suiv., et passi/n. 

2. La Grande Encyclopédie, s. v. 

3. P. ex. par son disciple Salomon Urbino, dans son Ohel Mocd (composé en 1480), 
éd. Vienne, p. 307 ; tpv "Haii *• P.-, P- 150. 

4. Editées par Neubauer et S. Sachs, dans le Jakrbuch fur die Gesch. der Juden, 
III (18G3), 221, 224. 

5. V.Zunz, Gesammelte Schriflen, 111, 208. Cf. Literaturyeschichle, p. 22 i; Kérem 
Hémed, V, 158. 

6. Ms. Bodl. 1061 ; v. Catalogue Neubauer, p. 255. 

7. V. Samuel de Médina, bN"l?2U3 13 (recueil de sermons), 6 6. 

8. Ms. Micbael, 360; v. Steinscbneider, Cat. Bodl., p. 2074. 

9. Op. cit. 

10. V. plus loin. 

11. Schébet Yehouda, n° 37 ; cf. Graetz, Geschichte, IX, 33. 



LA FAMILLE JUIVE DES HAMON ' 5 

Samuel de Médina, qui s'expatria à la même époque d'Espagne 
en Turquie, traite dans une de ses consultations l le cas suivant : 
Un médecin juif s'était établi à Andrinople et sa grande habileté 
lui avait conquis la faveur du prince qui devait être sultan sous le 
nom de Mahomet II, au point que celui-ci, lorsqu'il monta sur le 
trône (1451), le nomma par décret son médecin particulier et 
l'exempta pour toujours, lui et ses descendants, de tout impôt et 
taxe. Ce médecin resta fidèle au judaïsme après son élévation, 
mais lui et, ses descendants étaient attachés avec tant d'égoïsme à 
ces privilèges qu'ils ne voulaient pas verser la moindre contribu- 
tion aux communautés juives auxquelles ils appartenaient. Celles- 
ci portèrent plainte, plus de cent vingt ans après la promulgation 
du décret d'exemption, contre les descendants de ce médecin juif, 
qui n'est pas cité nommément, auprès de Samuel de Médine, rab- 
bin à Salonique, mais celui-ci répondit que les droits, reconnus 
par écrit, de la famille en question étaient inattaquables et devaient 
être respectés. 

Or, Graetz 2 suppose que le médecin dont il est question dans 
cette consultation est le premier médecin juif de la famille des Ha- 
mon qui ait été attaché à la cour du sultan de Constantinople. Cette 
conjecture est dépourvue de tout fondement, caria famille Hamon, 
autant que nous sachions, s'est justement distinguée parle dévoue- 
ment avec lequel ses membres se mettaient au service de leurs 
coreligionnaires dans le besoin et venaient en aide aux savants 
juifs dans la pauvreté. La consultation de S. de Médina s'applique 
selon toute vraisemblance à Hakim Jacob, que Mahomet II nomma 
son médecin et plus tard son trésorier (desterdar) 3 . Mais alors il 
faudrait révoquer en doute Fassertion de Hammer, qui dit que 
Hakim Jacob se convertit ensuite à l'Islam 

Il est inexact qu'un Hamon ait été nommé médecin par Maho- 
met II 4 . Il faut aussi rectifier l'indication donnée par Immanuel 
Aboab 5 , auteur généralement digne de foi, d'après lequel Joseph 
Hamon aurait dû sa nomination de médecin de la cour au sultan 

1. Hoschen Mischpat, n° 364. 

2. Gesckichte, VIII, nouv. éd., note 7; v., par contre, N. BrùlL Jahr biicher filr 
jiidische Geschichle, Vil, 49. 

3. V. Hammer, Geschichte des osmanischen Reiches, II, 49. 

4. M. Franco, Essai sur l'histoire des Israélites de l'empire ottoman, Paris, 1897, 
I». 31. 

5. Nomoloc/ia, éd. Amsterdam, 1629, p. 306 : « Sultan Sclim primero deste nombre 
tomô por su Protomedico al senor Joseph Amon muestro nobl Andaluz, y en mismo 
cargo le suscedio su hijo Moseh Amon en tiempo de Suleyman, hijo de Selim. » 
V. M. A. Levy, Don Joseph Nasi, llerzog von Naxos, Brcslau, 1859, p. 33. 



KEVUE DES ÉTUDES JUIVES 



Sélini I (1512-1520). Je suis heureux de pouvoir projeter quelque 
lumière sur ce personnage et ses descendants. 



III 



M. Gaster, le savant distingué de Londres, a eu l'amabilité de me 
signaler un manuscrit resté jusqu'à présent inconnu et qui fournit 
quelques renseignements sur Joseph Hamon. M. Gaster a rapporté 
d'Orient plusieurs manuscrits d'une grande valeur, dont l'un, qui 
vient de Damas et qui forme le n° 762 de sa collection, contient un 
ouvrage de Joseph b. Méir Garçon, exilé espagnol qui fut rabbin à 
Damas. Cet ouvrage porte le titre de spv mis et renferme de nom- 
breux sermons et discours que l'auteur a prononcés à Damas en 
différentes occasions et qui doivent avoir un intérêt particulier pour 
l'histoire de l'époque. Un de ces discours est une oraison funèbre 
(nsoM) du médecin Joseph Hamon. M. Last a eu la bonté de copier 
pour moi, avec l'agrément de M. Gaster, ce panégyrique, qui est 
passablement redondant, en abrégeant un peu, mais en en rendant 
exactement les parties essentielles, celles qui contiennent des faits. 

L'orateur décrit les grandes difficultés du service de la cour et les 
dangers que comportent, surtout pour un Juif, les relations avec 
un prince ambitieux et de la faveur duquel tout dépend. Joseph Ha- 
mon, dit-il, dans les fonctions de médecin qu'il a exercées pendant 
près de 25 ans auprès du sultan Bajazet II (1481-1512) et de son suc- 
cesseur Sélim 1(1512-1520), a su conquérir les meilleures grâces de 
ces deux princes et gagner l'amitié de toute la cour. Mais quelle 
que fût son élévation, il n'oublia jamais ses coreligionnaires; au 
contraire, il intervint de toute son énergie en leur faveur partout 
où il fallait et autant qu'il pouvait. Il défia toutes les tentations dont 
il était l'objet touchant sa foi, à laquelle il resta toujours fidèle, prêt 
à faire à ses convictions religieuses le sacrifice du rang brillant 
qu'il occupait à la cour et même de sa vie. Une fois, le sultan Ba- 
jazet II le somma catégoriquement d'embrasser l'Islam et de coiffer, 
en signe de conversion, le turban blanc, faute de quoi il ne devait 
plus paraître devant lui. Il lui donna trois jours de réflexion. Quand 
ce délai se fut écoulé et que Joseph Hamon ne se fut pas montré 
au sultan, le sultan lui ordonna de venir. Il se présenta, mais sans 
le turban blanc, un poignard dans le sein. « Puissant et glorieux 
prince, dit-il, daigne écouter mes paroles avec clémence. Si nous 
avions voulu, nous autres Juifs, renier la foi de nos pères pour 



LA FAMILLE JUIVE DES HAMON 7 

des avantages terrestres, nous ne serions pas aujourd'hui dans ton 
empire, mais nous demeurerions encore dans notre pays natal, 
l'Espagne, que nous aimions comme notre patrie; nous posséde- 
rions encore les richesses que nous y avions acquises par notre 
activité et nous continuerions à jouir des belles maisons que nous 
habitions. Mais lorsqu'on a exigé de nous de trahir notre foi, à 
laquelle nos pères étaient restés fidèles à travers toutes les vicis- 
situdes du sort, nous avons refusé avec la plus grande énergie 
d'abandonner ce que nous avions de plus sacré et nous avons 
sacrifié à ce bien précieux tous nos biens terrestres et tout notre 
bonheur d'ici-bas. La fermeté avec laquelle nous nous attachâmes 
à la foi de nos aïeux nous valut d'être chassés sans pitié de notre 
patrie et nous vînmes nous mettre sous ta protection parce que 
nous avions entendu louer ta sagesse et ta justice; nous eûmes 
confiance en elles, espérant que, prince éclairé, tu ne ferais pas 
violence à nos convictions religieuses. Cependant, si tu maintiens 
ton ordre, souverain tout-puissant, je refuse, malgré l'entière sou- 
mission qui m'incline devant toute expression de ta volonté, de 
t'obéir sur ce point unique, dût ce refus me coûter la vie. Tiens, 
prends ce poignard que je cachais dans mon sein et perce-moi le 
cœur ». Le sultan fut muet de surprise; il réfléchit pendant quel- 
ques instants, puis dit à son médecin : « J'admire ta fidélité, je loue 
la fermeté de ton caractère et te conserve toute ma faveur comme 
auparavant. » 

Nous avons perdu, conclut l'orateur, dansle défunt, qui a connu 
la cruelle épreuve de mourir dans un pays lointain, loin des siens, 
un de nos protecteurs les plus ardents, les plus chaleureux, les 
plus énergiques, à qui nous avons dû en plus d'une circonstance 
l'assistance la plus efficace. Imitons ses vertus et réalisons-les dans 
notre vie ! 

L'auteur de notre recueil de sermons a ajouté, à la fin de son 
oraison funèbre, une note que je reproduis intégralement dans la 
langue originale à cause de l'importance qu'elle a surtout pour 
cette étude : S"T lions *-ps*n '-i mEi N*ab p t|OV> ^n !-rnuni 
^-iizîn pEtt t\w "-i priait t-oinn aann t-rrusa ptu>na ï&oa 
mab»rr rtT raaaui ûbo pb-tra bvian "jbnïi uv i-pp-na mabtttt Na 

fanx^a ntntwi misa ïnii ïnaizn vyiàtti fbtt vn tans» bio 
(t*n&o) mimea -irasai ap?-< Tfn niansa faon nbm picttib i&ob 
^iDa* n"*>tfjn .rrvsrb nanti r-iaraa ^dot in« nan n^rtb» rnam 
ïr»!T ro-mm "p^Ett ^bi .na*n?atf:a to^nîi "mata ca^i laTnaia» 
•jn» .inmarb d^m mnna pvb ^aarn Tnair '— i&aab, 
Ainsi, Joseph Hamon accompagna le sultan Sélim I en 1547 dans 



8 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

sa campagne en Egypte, tomba malade, vers la fin de cette année, 
sur le chemin du retour, à Damas, où il mourut au bout de trois 
semaines environ, au commencement de 1518 '. Comme il avait été 
pendant près de vingt-cinq ans le médecin des deux sultans consé- 
cutifs, il est venu à Constantinople en 1492, où il conquit au bout 
de peu de temps^ grâce à sa grande habileté une si haute position. 
Il se peut que le rabbin influent Moïse Gapsali ait aidé à la nomi- 
nation de Joseph, qui arrivait sans doute précédé d'une grande 
réputation. C'est lui qui, à la mort de Hakim Jacob, avait déjà 
recommandé au sultan Mahomet II un Juif comme médecin 2 . A 
l<époque où Joseph Hamon fut élevé à une situation aussi consi- 
dérable, il était certainement déjà parvenu à un âge avancé. Des 
auteurs postérieurs 3 l'appellent "jpTn, mais peut-être cette épithète 
signifie-t-elle seulement 1' « Ancien » par opposition à son petit-fils 
du même nom. Quoi qu'il en soit, nous pouvons le placer vers 
1450-1518. 



IV 



Moïse Hamon ne fut sans doute pas nommé médecin de la cour 
aussitôt après la mort de son père Joseph par le sultan Sélim I, 
mais seulement par son successeur Soliman II (1520-1566) dès son 
avènement au trône. Mais nous avons des raisons d'admettre qu'il 
a accompagné son vieux père en 1517 dans son voyage en Egypte. 
En effet, Joseph ibn Verga, qui vivait à Andrinople au milieu du 
xvi e siècle et qui a sans doute été de passage à Constantinople, 
rapporte, dans ses Additions à l'ouvrage Schébet Yehouda de 
son père Salomon ibn Verga \ un fait singulier qu'il tenait de 
Moïse Hamon. Celui-ci, lorsqu'il était allé naguère avec le sultan 
en Egypte, y avait remarqué que beaucoup de musulmans fer- 
maient leurs boutiques le samedi. Comme il leur demandait pour- 
quoi ils le faisaient, ils lui avaient répondu qu'ils avaient vu leurs 
pères agir de même. Ceux-ci, pensait-il, avaient probablement été 
contraints d'embrasser l'Islam. Or, le sultan en question ne peut 

1. Le n du chronogramme ÏTÎfy, comme celui de la date îiy'iïi, désigne les mille; 
seulement il est placé non au commencement, comme à l'ordinaire, mais à la fin du 
mot, auquel est joint le mot miï^ par allusion à Ps., xlvi, 2. 

2. tihiy mynNtt "ISO, cité par Rosanes, op. cit., p. 40. 

3. Schalschélet ha-Kabbala, 64 b ; Korê ha-Dorot, 32 b (où la date *\"y-\ doit être 
corrigée]. 

4. Schébet Yehouda, éd. Wiener, n c 11, où il faut corriger "jN72^b")0 en Û^bO- 



LÀ FAMILLE JUIVE DES HAMON 9 

être que Sélim I, car c'est de lui seulement que nous savons qu'il 
alla en Egypte en 1517 accompagné de Joseph Hamon; celui-ci 
avait sans doute emmené son fils avec lui. 

Il est probable aussi que Moïse Hamon accompagna Soliman II 
dans sa campagne en Perse en 1520. C'est là qu'il apprit, ainsi qu'il 
le raconta encore à Joseph ibn Verga \ que le roi de Perse avait 
décrété contre les Juifs de son empire, malgré leur innocence, un 
terrible châtiment: ils devaient, quand ils sortaient, porter sur le 
dos, comme un joug, un épais et lourd bloc de bois en signe d'in- 
famie publique; de sorte qu'ils quittaient leurs maisons aussi rare- 
ment qu'ils pouvaient pour échapper aux insultes de leurs ennemis. 
Moïse Hamon s'affligea de la situation lamentable de ses coreligion- 
naires, d'autant plus qu'il n'était pas en état de leur venir en aide 
dans cette circonstance. 

Mais plus de dix ans plus tard, l'occasion s'offrit à lui d'intervenir 
efficacement en faveur des Juifs opprimés. Ceux-ci étaient accusés 
par les Grecs, à Amasia (Asie-Mineure), d'avoir commis un meurtre 
rituel. Le médecin juif Jacob b. Joseph Abioub, un des accusés, fut 
même brûlé par la populace. Le sultan Soliman ordonna une en- 
quête sévère et, l'innocence des Juifs ayant été reconnue, fit punir 
les calomniateurs. Mais Moïse Hamon ne se contenta pas de ce 
châtiment, qui n'aurait guère été prononcé sans son intervention ; 
il obtint du sultan un décret qui fut publié partout et aux termes 
duquel les accusations de meurtre rituel portées à l'avenir contre 
les Juifs de son empire ne seraient plus reçues par les juges 
locaux, mais seraient déférées au Tribunal suprême et examinées 
par lui seul 2 . 

Samuel Usque, dans son ouvrage Consolacao as tribalacoes de 
Israël, paru à Ferrare en 1552, rapporte une autre intervention de 
Moïse Hamon, dont il loue l'extraordinaire attachement à ses core- 
ligionnaires 3 . Il aurait pris le parti d'un Juif sur lequel un musul- 
man, qui avait tué l'insulteur de sa femme, rejetait ce meurtre. 
L'exactitude de ce renseignement, qui n'est mentionné nulle part ail- 
leurs, ne peut pas être contrôlée. On voyait en Moïse Hamon l'ange 
gardien, qui apparaissait partout où l'on avait besoin de son aide. 



1. Ibid., n° 32. 

2. Op. cit., n° 6i, sans date, Schalschélel ha-Kabbala, 116 b, avec la date de 1530 
et Emek ha-Bacha, p. 105, avec la variante Joseph au lieu de Jacob Abioub et avec la 
date de 1545, adoptée par Zuuz dans sa Synagogale Poésie, p. 58. [Dans Datnaskus, 
éd. Steinsehneider, p. x (Gesammelte Schriften, II, 153), il donne la date : « vers 
1530 »». V. aussi Is. Loeb, dans Revue, XVI, 223 et XXIV, 25]. 

3. V. Consolacao..., y. 207-208, et Levy, op. cit., p. 34. 



10 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

On le rapprochait du prophète Élie, qui, au témoignage de la Bible, 
monta vivant au ciel et qui, d'après la légende, descendait souvent 
sur terre et s'y promenait sous différents aspects pour assister les 
Juifs dans la détresse. 

C'est ainsi qu'entre autres traits, on raconte de lui le suivant, 
qui a toutes les apparences d'une fable. Un grand vizir, qui n'est 
pas nommé, avait, à une époque qui n'est pas indiquée, formé un 
dessein hostile aux Juifs. Il fit creuser en secret un passage sous 
le palais du sultan Soliman et, une nuit, il se rendit dans la 
chambre à coucher du sultan, le réveilla et s'écria, en simulant une 
autre voix : « Je suis le prophète Mahomet. Au nom d'Allah, je te 
somme de faire tuer dans l'espace de trois jours tous les Juifs de 
ton empire et de confisquer leurs biens. » Le sultan prit cette appa- 
rition pour un songe et n'y attacha aucune importance. Mais le 
même fait s'étant reproduit la nuit suivante dans les mômes cir- 
constances, il fut pris d'une grande frayeur et le lendemain matin 
il raconta l'histoire à son médecin Moïse Hamon, qu'il pria de pas- 
ser auprès de lui la nuit suivante. Comme il le voyait épouvanté 
par la répétition de l'apparition, il lui conseilla de monter à cheval 
le plus vite qu'il pourrait et de quitter son empire. Moïse Hamon 
s'empressa de partir, mais en route il rencontra un vieillard qui 
l'arrêta, lui demandant la raison de sa fuite et, quand il la lui eut 
donnée, l'engagea à retourner tranquillement au palais royal. Le 
vieillard l'y accompagna lui-même, révéla au sultan le tour joué 
par le grand-vizir et les intrigues ourdies par lui. Ce vieillard, 
c'était le prophète Élie 1 . Cette légende mérite aussi peu de foi que 
l'indication d'après laquelle Moïse Hamon serait tombé en disgrâce 
auprès du sultan Soliman vers la fin de sa vie, à la suite des intri- 
gues de ses collègues envieux, et aurait été destitué de ses fonc- 
tions 2 . Rien ne confirme ce renseignement. 

Autant que nous sachions, Moïse Hamon jouissait de la plus 
grande faveur de Soliman et était pour cette raison considéré 
même par les souverains étrangers qui étaient en relations avec 
le sultan. Ils l'honoraient au même titre que les autres dignitaires 
de la Porte et lui faisaient, comme à eux, de riches présents. Dans 
le traité de paix que la République de Venise conclut en \ 540 avec la 
Turquie, le « médecin juif du Grand Seigneur » reçut mille et son 
neveu cinq cents ducats 3 . Ce médecin n'est autre que Moïse Hamon. 

1. Joseph Sambari, E|D"P 1*13% loc. cit., p. 147, en détail; en abrégé dans 
ûb"l3> m3-mN?3 "IDO, cité par Ghirondi, btniD" 1 ">b"Ha n"Hb"in, p- 2t;;;, 267. 

2. Schalschélel ha-Kabbala, 64 b ; de là dans Cémah David, éd. Ofl'enbach, 56 b. 

3. V. Charrière, Négociations de la France dans le Levant, I, p. 471, et Levy, op. 
cit., p. 34. 



LA FAMILLE JUIVE DES HAMON 4 4 

Il mit souvent au service de ses coreligionnaires opprimés l'in- 
fluence dont il disposait auprès du sultan. Le cas suivant offre un 
intérêt tout particulier ; il est assez connu, mais je dois le mention- 
ner pour mettre en lumière le rôle que Moïse Hamon y joua. Donna 
Gracia NaciMendesia, dont le nom chrétien était Béatrice de Luna, 
la veuve de Francisco Mendes Nasi, mort au Portugal en 1535, 
s'enfuit l'année suivante, avec sa sœur cadette et sa fille unique 
Reyna, à Anvers, où son neveu don Joseph Naci, de son nom chré- 
tien Joaô Miquez, dirigeait depuis 15 J une importante maison de 
banque, dont une succursale se trouvait en France. En leur qualité 
de marranes, elles eurent à lutter avec de grandes difficultés. En 
1549, toute la famille se rendit à Venise avec l'espoir d'y pouvoir 
vivre plus à l'aise. Mais la propre sœur de Donna Gracia, poussée 
par la vengeance, la dénonça pour attachement secret au judaïsme 
auprès du sénat de Venise, qui l'arrêta et mit ses biens sous 
séquestre. 

Don José Naci s'adressa au sultan Soliman, se plaça avec sa 
famille sous sa protection et attira son attention sur les avantages 
qu'il pourrait tirer de sa richesse au grand bénéfice de son empire. 
Moïse Hamon soutint chaleureusement la requête auprès du sultan, 
qui envoya un ambassadeur ad hoc à Venise pour demander au 
Sénat de la République de laisser la famille en question se rendre, 
avec toute sa fortune, sans être inquiétée, en Turquie. Donna 
Gracia arriva avec sa famille à Gonslantinople en 1552; elle se mit 
aussitôt à y professer publiquement le judaïsme et un an après elle 
maria sa fille Reyna à son neveu. Celui-ci était également revenu à 
la foi de ses pères et reprit son nom de Joseph Naci. Ses brillants 
dons intellectuels lui valurent la faveur de plus en plus marquée 
du sultan Soliman et le successeur de ce dernier, Sélim II (1566- 
1574), à peine monté sur le trône, l'éleva au rang de duc de Naxos 
et des lies Cvclades. M. de Morvilliers, l'ambassadeur de France à 
Venise, rapporta le fait qui s'était passé dans la République à son 
gouvernement, qui portait un vif intérêt à cette affaire, parce qu'il 
devait de grosses sommes à cette famille Mendes, qui était chré- 
tienne en apparence et qui se révélait maintenant juive. L'ambassa- 
deur dit dans son rapport : « Le bruit commun ajoute que ladite 
Mende a maryé ou promis sa fille au filz d'ung nommé Hamon, 
juif et médecin du G. S., qui le favorise plus que homme de loy ; 
sur quoy se font plusieurs discours au déshonneur et préjudice 
d'icelle Mendez *. » Une autre fois, l'ambassadeur écrit que la fille 

1. Charrière, op. cit., II, 104, note; v. Levy, op. cit., p. 40. 



12 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

de l'une (de Gracia) est poursuivie par le médecin du sultan, qui 
est juif, et qui veut la prendre pour femme parce qu'elle est extraor- 
dinairement riche '. C'étaient des propos en l'air et il est curieux 
que Graetz 2 y ait ajouté plus de foi que le diplomate français, 
lequel était bien placé pour être informé. Moïse Hamon était lui- 
même riche et il est difficile de croire qu'il ait ambitionné la for- 
tune de Reyna; il était d'un caractère si noble qu'il ne fallait pas 
des mobiles égoïstes pour le faire intervenir auprès du sultan en 
faveur de la famille persécutée. 

Nicolas de Nicolay, qui était à Gonstantinople à cette époque 
(1451-1154), dit une fois, à propos des médecins du Grand Sei- 
gneur 3 : « Celui qui, du temps que j'estois en Levant, tenoit la 
première dignité et authorité en l'ordre des médecins, estoit de 
nation hébraïque, et se nommait Amon, aagé de plus de soixante 
ans, personnage fort authorisé et de grande estime tant en biens, 
sçavoir et renommée qu'en honneur et preud'hommie. » Il s'agit 
évidemment de Moïse Hamon, qui est donc né vers 1490. Il vivait 
encore sûrement en 1554, car il est désigné comme vivant dans le 
Schébet Yehouda, qui parut cette année à Andrinople, tandis qu'il 
est désigné comme mort dans la seconde édition de cet ouvrage 
(vers 1560-1567) 4 . Nous pouvons donc placer sa vie entre les années 
1490 et 1565 environ". 

Moïse Hamon n'était pas seulement plein de cœur pour ses frères 
opprimés, les Juifs; il s'intéressait aussi vivement à la science 
juive, dont.il était un des plus solides connaisseurs et qu'il encou- 
ragea en maintes circonstances. Il était encore jeune quand il par- 
ticipa aux premières éditions du Kad ha-Kémah de Bahya b. 
Ascher (Constantinople, 1515) et de l'ouvrage rituel de R.Yeroham, 
Toledot Adam ve-Hava (1516), de concert avec Abraham Alkabzi 
et de Juda Sasson, sans doute en provoquant ces publications et en 
en supportant partiellement les frais . On a dit que, sur l'invita- 
tion du sultan, il traduisit en arabe la Bible et les prières juives 7 ; 
mais une indication aussi vague, sans référence à la source à 
laquelle elle aurait été puisée, est totalement invérifiable et, par- 
tant, peu digne de foi. Ce qu'il y a d'exact, c'est ceci : Moïse Hamon 

1. Charrière, p. 119 ; Lcvy, p. 41. 

2. Geschichle, IX, 3.70. 

3. Op. cit., p. 168. 

4. Schébet Yehonda, éd. "Wiener, I, p. 33, II, p. xi ; Steinschneider, Cat. BodL, 
p. 2293 ; Levy, op. cit., p. 35. 

5. Voir plus loin. 

6. Dukes, Zur Spruchkande, p. 78; Levy, op. cit., p. 34, 3;>. 

7. Schwarz, y-iN^ mNian, 37 6. 



LA FAMILLE JUIVE DES IIAMON 13 

accompagna le sultan Soliman dans une de ses expéditions en 
Perse (vers 1534-1535). Il y fit la connaissance de Jacob b. Joseph 
Tawous et trouva chez lui une traduction persane du Pentateuque 
qu'il avait composée, à moins qu'il ne l'ait engagé à la composer. 
Il l'apporta à Gonstantinople et il y fit imprimer à ses frais, en 1546, 
le Pentateuque avec cette traduction, ainsi que la version arabe de 
Saadia, et, en outre, le Targoum d'Onkelos et le commentaire de 
Raschi. Cette traduction perse fut rééditée en 1657 dans la Poly- 
glotte de Londres '. 

Quel que soit le jugement que l'on porte sur la valeur de cette 
traduction persane, Moïse Hamon a fait une œuvre méritoire en la 
publiant. L'éditeur Salomon Mazal Tob lui a élevé ce monument 
dans la Préface : nttimntti . . . ruzmsE rrnna toi , . . ï-ftnttn 'n rmn 
—no» ■'chdt "pau rr^jo a-ib ^anan oibpaiN tamnn maiiob îobioa 
y"3 onsa tpv n"nna ja apsn ^"a taam yiaa io^n îab —lira 
tarant! nN nan nar niott ... S&nioi na "îanba ma» iaanK "îtoart 
sonn ûann ... ^TOri biosn Sn-iio** oy jl^n un ton r^bn ... 
naiob wby ... ïinn ï-jiob n"nntta S&nio^a b.n-n -nto pnai7jn 
ca-as «11021 i73io bna -^emoia b&m rvaion Nbio r-nanya piiob 
—in û"73^ oab r-mnn ban ■>tt ,, p73 nnanb ma* msb Kin a» ... 
.Vio .eonaataioip .iNnp">. 

Son contemporain, Salomon Atia, fait de lui un panégyrique 
enthousiaste dans la préface de son commentaire des Psaumes : 
« A Gonstantinople, dit-il, Moïse est très grand et haut placé dans 
tout l'empire du sultan Soiiman; ses mérites sont considérables et 
dignes d'être consignés et lus dans chaque ville et dans chaque 
famille à tout jamais, afin que son souvenir se conserve éternelle- 
ment auprès de la postérité. Si je voulais énumérer une à une 
ses actions magnanimes, je lui déplairais peut-être. Il a rassemblé 
une foule de savants et fondé une école à grands frais, où la Loi est 
étudiée avec ardeur. Inépuisable aussi est sa charité ainsi que son 
intercession en faveur de ses coreligionnaires, dont il est en tout 
temps la protection et le refuge. Moïse Hamon était très respecté 
par ses frères reconnaissants, qui lui donnaient communément le 
titre de « prince » (nio), non seulement à cause de son haut rang, 
mais aussi dans le sens figuré du mot 2 . 

Grâce à l'immigration croissante de nouveaux exilés espagnols et 
portugais, auxquels s'ajoutaient les fugitifs d'autres pays, la com- 

1. Graetz, op. cit., p. 34 ; Geiger, Jiidische Zeitschrift, X, 103 et suiv. 

2. Schébet Yehouda, l. c. . v. plus loin les lettres de Moïse Hamon. Dans le nDD 
Db*!2 ITUnSB il est nomnit'i par hyperbole la « couronne sainte », v. Ghirondi, L c. 



14 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

munauté juive de Constantinople avait pris un essor extraordinaire 
tant au point de vue de son importance qu'à celui de l'active vie 
intellectuelle qui y régnait. Elle comptait à l'époque de Moïse 
Hamon près de 30,000 âmes, mais elle était fractionnée en quarante- 
quatre petits groupements, dont chacun avait sa propre synagogue 
avec son rabbin particulier 1 . Parmi ces nombreux: rabbins, il y 
avait des savants considérables et des autorités rabbin iques de 
premier rang, dont nous connaissons les noms et dont les ouvrages 
se sont en partie conservés 2 . Quelques-uns de ces savants réunis- 
saient autour d'eux, dans les écoles qu'ils dirigeaient, des cercles 
d'élèves qui se livraient avec zèle et enthousiasme à l'étude de la 
science juive. Parmi les rabbins distingués, qui vivaient alors à 
Constantinople je ne relève que les suivants : Joseph b. Salomon 
ïaïtatzak 3 , talmudiste éminent, qui avait d'abord été à Salonique, 
et Samuel ha-Lévi ibn Hakim ou Hakan \ originaire d'Egypte, 
exerçaient tous deux leur activité à l'école créée par Moïse Hamon 
dans la petite communauté de Hamon, ainsi appelée d'après le nom 
de son fondateur 5 . Donna Gracia Naci avait également ouvert, 
entre autres œuvres, une école 6 , à la tête de laquelle était le célèbre 
Joseph b. David ibn Lab 7 , qui avait d'abord été rabbin à Salonique, 
mais avait quitté cette ville pour s'établir à Constantinople, à 
cause d'une violente querelle avec son collègue Salomon ibn 
Hasson et d'un traitement injurieux qui lui avait été publiquement 
infligé. 



L'offense que Joseph ibn Lab avait reçue à Salonique était très 
grave. Rabbin des plus considérés, il rendit une fois, dans un 
procès, un arrêt en toute conscience. Un homme fort riche, mais 
méchant, qui jouissait d'une grande influence, fut mécontenté par 
cette sentence qui l'atteignait lui-même et ne lui était pas favo- 

1. Graetz, op. cit., p. 35. 

2. V. Salomon Atia, op. cit. ; Joseph Sambari, op. cit., p. 153, 154. 

3. p^Kû^NU, v. Atia, op. cit., Korê ha-Dorot, 32 a, 33 b et passim, où le nom 
est écrit pitîO^U 0Ll p^N^tû*^* Samuel do Médina, Consultations, Hoschcn ha- 
Mischpat, n° 203. Sur la famille pN5tNÙ"»«U de Salonique v. Joseph Sambari, op. 
cit., p. 155. 

4. Atia, op. cit. ; Korê, 33 b, 34 a. 

5. \M2ÏTp"ï>, v - Rosanes, op. cit., p. 221. 

6. Samuel de Mcdina, op. cit., Yorè Déa, n° 97. 

7. Korê, 37 6. 



LA FAMILLE JUIVE DES HAMON 15 

rable ; aussi souffleta-t-il publiquement le rabbin , sans que personne, 
parmi les témoins du fait, prît la défense de l'injurié, tant ils crai- 
gnaient tous l'arrogant insulteur. Le malheureux rabbin, mortifié 
par cette avanie, déchira ses vêtements en passant devant la bou- 
tique de l'épicier Abraham Gatalano et s'écria : Gieux, soyez saisis 
d'horreur! Ici s'arrête l'histoire. Plus tard, ce fatal événement fut 
mis en relation avec une catastrophe qui éclata peu après à Salo- 
nique. En 1545 une peste se déclara dans la ville et fit beaucoup 
de victimes; c'est dans cette année, alors que l'épidémie n'avait 
pas encore disparu, que se passa l'incident de Joseph ibn Lab. La 
nuit suivante, un incendie se déclara dans la maison de l'épicier, 
détruisit 5,000 maisons et fit périr 200 hommes *. 

Cette façon de présenter les faits qui se sont passés à Salonique, 
comme si l'incendie était une expiation de l'attentat commis, dont 
la communauté juive se serait rendue complice par son attitude 
passive, est une légende L'incident lui-même, tel qu'il est survenu 
en réalité, disons : le scandale, a provoqué dans une grande partie 
de la communauté un sentiment de honte et de confusion; au 
dehors il a produit dans les milieux les plus éloignés une sensation 
pénible et, à cause de la mauvaise impression qu'il a faite sur les 
non-juifs, une véritable indignation. Moïse Hamon, dont le cœur 
battait si chaleureusement pour l'honneur du judaïsme, exprima 
ces douloureux sentiments dans un certain nombre de lettres qu'il 
adressa à quelques personnes notables de Salonique. Ces lettres, 
avec plusieurs autres écrites ou reçues par lui et relatives à 
différents sujets, se sont conservées dans le manuscrit n° 363 de 
la Bibliothèque Montefiore, à Londres 2 . Copiées en écriture espa- 
gnole, elles sont parfois difficiles à déchiffrer. Mais elles contiennent 
plus d'un renseignement intéressant pour l'histoire de ce temps. 
Je les publie, en appendice, dans l'ordre où elles se suivent dans le 
manuscrit et je vais les étudier sommairement. 

La première lettre 3 est adressée à un savant considéré, semble- 
t-il, qui est appelé Samuel dans le corps de la lettre, et que l'auteur 
assure de sa sincère amitié dans le style hyperbolique qui lui est 

1. Schalschélel ha-Kabbala, p. 117; Korê ha-Dorot, l. c; Emek ha-Bacha, 
p. 104. Dans ce dernier ouvrage il est question de la peste et de l'incendie, mais non 
de l'offense faite au rabbin. [Voir l'article de D. Kaufmann dans la Revue, XXI, 293- 
297], 

2. V. Catalogue Hirscbfeld, p. 111 (précédemment Ms. Halberstamm, 242; Catalogue, 
p. 42). M. Last, de Londres, a eu la bonté de copier ces lettres pour moi, ce dont je le 
remercie sincèrement. L'incorrection de plus d'un passage du texte doit provenir sans 
doute de l'écriture souvent illisible du manuscrit. 

3. Ms. Montefiore n° 363, f° 36 6-37 a. V. Appendice I. 



16 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

propre et qui n'est pas précisément un modèle littéraire. Il regrette 
d'être séparé de lui depuis si longtemps et se réjouit d'avoir appris 
qu'il a réussi à intervenir avec succès en faveur de ses coreligion- 
naires opprimés. 

La seconde lettre 1 est adressée à un personnage qui n'est pas 
nommé. Il l'avait instruit naguère comme un maître fait son élève 
et Pavait comblé de bienfaits, ce qui ne l'a pas empêcbé de faire 
défection à la foi de ses pères en même temps que son fils Moïse, 
au désespoir de sa famille et de ses bienfaiteurs. Moïse Hamon 
l'exhorte à revenir à sa foi. 

Dans la troisième lettre 2 , dont le destinataire est une notabilité 
de Salonique, qui n'est pas autrement désignée, il condamne avec 
les expressions les plus vives la conduite éhontée de l'homme qui 
avait publiquement porté la main sur le rabbin Joseph ibn Lab. Il 
demande à son correspondant un exposé écrit qui éclaire toute 
l'histoire. 

Dans la quatrième lettre 3 , Moïse Hamon s'adresse directement à 
la communauté juive de Salonique, à qui il reproche amèrement 
sa passivité inqualifiable envers l'individu éhonté qui a osé porter 
la main sur un docteur en Israël universellement honoré. Il l'invite 
instamment à choisir dans son sein trente hommes qui prendront 
les mesures nécessaires pour décharger la communauté de l'op- 
probre dont elle s'est laissé couvrir. Il propose d'envoyer à Salo- 
nique deux hommes de confiance pour enquêter sur cette déplo- 
rable aflaire Hayyim Hamon, homme très considéré, d'une famille 
honorable, qui est de passage à Constanlinople, et le savant Joseph 
ibn Verga, l'ardent champion des intérêts du judaïsme. 

Dans sa cinquième lettre 4 , envoyée à la même adresse par l'in- 
termédiaire d'un savant nommé Samuel, il exhorte la communauté 
en termes chaleureux à sauvegarder son honneur en réglant cette 
pénible affaire et à veiller à l'avenir à ce que la conduite morale de 
tous ses membres ne donne occasion à aucun incident et à aucun 
scandale. 

Dans la sixième lettre 5 ,dont le destinataire est une personnalité 
considérable de Salonique, il invite les hommes influents à mettre 
tout en œuvre pour réduire le scélérat à l'impuissance et à sauve- 
garder la bonne renommée que la communauté s'est acquise. 

i. Ms. Montefiore n° 363, f« 37«t-38 a. V. Appendice IL 

2. Ibid., 38 b. V. Appendice III. 

3. Ibid., 39a-40 6. V. Appendice IV. 

4. Ibid., 41 a-43 a. V. Appendice V. 

5. Ibid., 43 6-44 a. V. Appendice VI. 



LÀ FAMILLE JUIVE DES HAMON 17 

Cette exhortation n'était pas seulement de mise à cause de l'inci- 
dent dont nous avons parlé, mais aussi à cause de la situation 
générale qui régnait à Salonique. La grande communauté de cette 
ville était émiettée en de nombreuses petites communautés qui 
vivaient entièrement séparées les unes des autres avec leur organi- 
sation communale et religieuse distincte et qui s'opposaient l'une à 
l'autre jusqu'à l'hostilité. Les conflits et les querelles ne manquaient 
pas ', et compromettaient la prospérité de la population juive. Les 
autorités de la communauté avaient, dans l'intérêt de la collectivité, 
pour assurer une paisible vie en commun et une coopération profi- 
table à tous les membres, arrêté de salutaires mesures d'intérêt 
général, qu'ils avaient consignées dans des statuts. La plupart des 
membres de la communauté s'y étaient soumis de bon gré, mais il y 
avait aussi des individus d'humeur querelleuse qui s'élevaient con- 
tre les statuts, soulevaient la foule contre eux par leurs excitations 
et troublaient la paix de la communauté. Celle-ci chercha assistance 
auprès du Divan à Constantinople (vers 1539-1545) et réussit grâce 
à Moïse Hamon. Le médecin juif manda les agitateurs de Salonique 
à Constantinople et les fit punir par les autorités. Il obtint même 
l'envoi parle sultan à Salonique d'un juge et d'un fonctionnaire 
chargé d'exécuter ses sentences, pour châtier les agitateurs comme 
ils le méritaient et rétablir l'ordre troublé 2 . 

Samuel de Médina, rabbin de Salonique, dont les consultations 
sont une image fidèle de la vie juive dans cette ville au milieu du 
xvi e siècle, parle une fois de la grande détresse dans laquelle se 
trouvait la communauté 3 . Il raconte que Benjamin, sûrement iden- 
tique avec le talmudiste distingué Benjamin b. Méir ha-Lévi Asch- 
kenazi, se rendit à Constantinople comme l'homme de confiance 
de la communauté pour implorer la grâce du sultan. L'hypothèse 
s'impose que cette mission de Benjamin Aschkenazi se rapportait 
aux faits que nous venons d'exposer touchant les nouveaux statuts 
de la communauté. Nous ne nous trompons sans doute pas en 
rattachant à la même affaire la sixième des lettres de Moïse Hamon. 
Quelques années plus tard, la communauté juive de Salonique eut 
à souffrir d'un mal bien plus grave. Les Juifs de la Turquie n'avaient 
pas à payer moins de douze sortes d'impôts, comme tous les 

1. Samuel de Médina, Consultations, Yoré Déa, n° 87, 152, etc. lb.. n° 97, Samuel 
se plaint des querelles qui éclatent à Salonique. 

2. V. l'excellent article de M. Abr. Danon, La communauté juive de Salonique au 
XVl K siècle, Revue des Études juives, XL, 230. 

3. Op. cî7.,Yoré Déa, n° 55. Cf. Korê ha-Dorot, 38 a, 39 a. 

T. LVI, n u 111. 2 



18 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

« raïas », et sepl autres en qualité de Juifs 1 . La répartition et la 
perception de ces taxes offraient toutes sortes de difficultés, dues à 
l'organisation communale et centrale de cette époque ; mais elles 
étaient faciles à surmonter avec un peu de sagesse et de conscience. 
À Salonique vivait, vers 1550-1555, un homme du'nom de Baruch, 
qui jouissait dans la communauté juive de cette ville et dans celles 
de toute la province d'une haute situation politique ; il était comme 
le commissaire du Grand-Seigneur. Il avait la charge de lever les 
impôts et de veiller sur les rapports juridiques des Juifs avec le 
Divan. Cette fonction comportait aussi certaines attributions judi- 
ciaires. Baruch se laissa guider dans sa gestion par l'égoïsme. 
N'ayant en vue que son propre intérêt, il était d'une sévérité impi- 
toyable pour ses coreligionnaires; aussi ceux-ci le haïssaient-ils 
autant qu'ils le craignaient. La communauté de Salonique, qui avait 
particulièrement éprouvé sa dureté, s'adressa à Moïse Hamon et 
implora son assistance. Moïse essaya d'abord d'agirpersonnellement 
sur Baruch, qui s'était rendu à Constantinople pour se justifier, et 
de le ramener à de meilleurs sentiments. Mais quand il apprit que 
Baruch, revenu à Salonique, montrait plus d'arrogance que jamais, 
il intervint en faveur des Juifs de Salonique auprès du grand-vizir 
Roustoum-pacba, qu'il avait su gagner. 

Mais le règlement de cette affaire n'était pas si facile, car Baruch 
était un intrigant rompu et avait ses artisans jusque dans les plus 
hauts milieux. Moïse Hamon écrivit aux chefs de la communauté de 
Salonique 2 ainsi qu'à Benjamin ha-Lévi 3 , déjà nommé, et certai- 
nement aussi à David Benvenisti '• de Salonique, dont la réponse se 
trouve dans le recueil 5 . Il les invita à surveiller avec la plus grande 
circonspection les actes pervers de Baruch et de les découvrir dans 
toute leur indignité, pour pouvoir agir efficacement contre lui 
et le mettre ensuite hors d'état de nuire au moyen d'une excom- 
munication. Il promettait à la communauté l'appui certain du 
Divan. 

David Benvenisti , qui écrivit à Moïse Hamon cette lettre pleine 
d'intérêt, était un talmudiste très considéré 7 , peut-être apparenté 

1. Abr. Danon, l. c, D3H îjDT 1 , n ' 1, 2, 3, cité par M. Franco, op. cit., p. 50. 

2. Ms. Montefiore n° 363, f° Ua-b, 7 e lettre. V. Appendice VII. 

3. Ibid., 45 a-b, 8 e lettre. Y. Appendice VIII. 

4. Ibid., 46 6, 9 e lettre. V. Appendice IX. 

5. Ibid.. il a, 10 e lettre. V. Appendice X. 

6. Ce nom, écrit de différentes manières : 1^0323, rU2323!3, TTWjNS "p TltiîljaM 
ou ,, riUJ* 1 3DD' , 3, est usité tantôt comme prénom, tantôt comme surnom, tantôt comme 
nom de famille; v. Gallia judaica, p. 461. 

7. V. Korê ha-Doro(, 38 a. 



la Famille juive des hamon 19 

à Don Juda ibn Benvenisli ', qui s'était établi à Salonique en 1492 
avec les premiers exilés espagnols. Il semble aussi être l'auteur 
de la lettre qui suit immédiatement dans le manuscrit celle dont 
nous avons parlé et qui est adressée à Lévi b. Jacob ibn Habid, 
le savant célèbre qui a vécu d'abord à Constantinople, ensuite à 
Jérusalem 2 . 



VI 



En 1565, Moïse Almosnino, le célèbre prédicateur de Salonique 3 , 
se rendit à Constantinople avec quelques membres de la commu- 
nauté juive de cette ville, pour obtenir du sultan la confirmation des 
privilèges de leur communauté en général et le règlement de ses 
rapports avec la population non-juive de cette ville en particulier. 
Almosnino fut obligé de rester à Constantinople un an et demi 
sans succès. Dans l'intervalle le sultan Soliman était mort (1566), 
et ce fut seulement son successeur, Sélim II (1566-1574), qui lui 
accorda, grâce à l'entremise de plusieurs bommes influents de 
Constantinople, un firman portant confirmation des privilèges. Dans 
un sermon * qu'il prononça à son retour à Salonique, Almosnino 
célébra les personnages musulmans qui avaient soutenu sa requête 
à Constantinople ainsi que les Juifs qui, avec un zèle inlassable, 
avaient pris la bonne cause en mains et l'avaient menée à bonne 
fin. Il nommait en premier lieu Don Josepb Nasi, que Sélim II avait 
nommé, aussitôt après son avènement, duc de Naxos et des Cycla- 
des, le médecin Juda de Segura : \ qui jouissait d'un grand crédit 
auprès du Destesdar, Abraham Salama G , personnage qui était dans 

\. Salomon Atia, op. cit. 

2. V'T n-»3n "p "»"lb "l""in rmnr; TIN ?N "DT3?"ÎM TÏJ. Or, le dernier person- 
nage nommé n'est pas Moïse Hamon, mais David Benvenisti. Dans les deux manuscrits 
les indications ne sont pas claires. — Le ms. Montefiore n° 371 (antérieurement ms* 
Halberstamm n° 242), f° 114, contient une lettre à Moïse Hamon, dont l'auteur n'est 
pas indiqué et ne peut être dégagé du contexte. Le titre est : T£5n nbîl) ÏTlS^bW 
y"Z )M2~ TZ'Cll ""Tnwb DîaYIttn, — Les deux manuscrits sont des recueils dans 
lesquels les lettres et les poèmes ne sont pas réunis d'après l'ordre chronologique, ni 
avec l'indication précise et exacte des auteurs. 

3. V. Graetz, Monatssckrift, 186 4. p. 23 et suiv. Cf. Garmoly, Univers israélite, 
1850, p. 228, 270, 321. 

4. V. son recueil de sermons t"D ^ENTS, n° 1. 

5. JTlirOi Segura est le nom de plusieurs localités en Espagne et en Portugal. 

6. nttb&lO. Dans le ms. Bodl. 1986, f° 29 se trouve nommé Isaac I-PûtfbND, à qui 
Saadia Longo adressa un poème, et ibid.^ f° 115, il est question de Moïse tlfab^T qui 
vivait à la même époque. 



20 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

les bonnes grâces dn grand-vizir, Méir ibn Sanche ' savant et 
diplomate très estimé, enfin - ultimus optimus - le « prince 
céîèbre, le docte médecin Joseph Hamon ». Mais Almosn.no , ne 
mentionne pas son père Moïse, qui ne manquait jamais al appel 
quand il s'agissait d'assister ses coreligionnaires, hous pouvons en 
déduire qu'il n'était plus alors en vie. ^ 

A en juger par le titre qui est donné à Joseph Hamon et pai la 
manière dont David de Pomis parle de lui dans son ouvrage sur les 
médecins*, il fut médecin particulier du sultan sous le règne de 
Sélim II. Joseph Hamon suivit l'exempte de son père, mais suivant 
toute apparence il ne conserva pas sa situation influente à a cour 
La cause peut en avoir été son manque d'aptitude à la d.plomat» 
ou l'influence prépondérante exercée par Don Joseph Naci sut le 
sultan. Don Joseph était alors le soleil dans toute sa splendeur 
et les étoiles qui avaient brillé jusqu'alors à la cour du sultan 
pâlissaient devant lui. 

Sur l'activité de Joseph b. Moïse Hamon a la cour et dans la 
vie publique nous ne savons rien de plus que ce que nous raconte 
Almosnino. On nous apprend seulement qu'il portait un vif intere 
à la poésie hébraïque, qui avait trouvé une nouvelle floraison dan 
une nouvelle patrie et y jouissait, sinon dune fin «Tété, du moins 
d'un automne ensoleillé. Joseph Hamon était membre actddune 
société qui s'était formée à Constantinople sous 1 égide de Gueda- 
lia ibn Yabya, descendant de la célèbre famille des Yabya pour 
la culture de la poésie hébraïque ». Ce groupe entretenait d actives 
relations intellectuelles avec le cercle des poètes de Salon.que dont 
faisaient partie, entre autres, Joseph et Absalon b. Abraham Almos- 
uino, Saadia Longo et Jnda Zarko ». De ces deux poètes, le premier 
se distinguait davantage par la profondeur de la pensée, le second 
par le mouvement du style. Zarko célébra, en un style débordant 
d'hyperboles, le jeune Joseph b. Moïse Hamon dans .une , lettre 
qu'il lui adressa à l'occasion de son mariage (vers 1545-1550) . 

, , M0 Dans le même m., de la MU* f° 133, le même nom est toit «0. Cf. 
1. -laro. ua c,„,ho dans Schébet Yehouda, p. 30, 54, et 

i^yg pins correctement "iSjcîJ/ oancno, cmns 

I ?ïliKÏ , n:5. deMosis Amon e j? ne .«., — re.s -- 
cornm commendatione honore ac gloria ,. V. Stonscl.ne.der, Uebr. Bel., B, p. 67. 

t m t P 39. V. Graeu, Geschichte, IX, p. 421. et Steinschneider, Cal. BoclL, 

P ,7 ::. _ D , -, B0 éd. Venise (vers 1561-1376 ; v. Steinschneider, op. cU 
p. 551)'. La lettre commence par les mots MV MM DTK1 B?M W3 nnnn V 7 



LÀ FAMILLE JUIVE DES HAMON 21 

Zarko était un maître dans l'épigramme, où la sobriété du genre 
réfrénait le débordement d'expressions auquel l'exposait sa maî- 
trise exceptionnelle dans la langue hébraïque. Il termina sa lettre 
à Joseph Hamonpar quelques vers épigrammatiques \ dont voici le 
résumé. « Accepte les vers que j'ai composés comme « l'offrande 
de Juda ». Mon cœur s'enflamma quand j'aperçus la belle pour la 
première fois et, quand elle disparut, mes yeux errèrent tout à 
l'en tour en la cherchant. Les chants que je voulais entonner sur 
elle restèrent enfermés dans mon sein et retombèrent comme une 
femme épuisée de fatigue. Quand je revis la belle, un ange tissa le 
lien d'amour et ranima mes chants. » Quel contraste entre l'oraison 
funèbre que Joseph Garçon lit sur Joseph Hamon l'ancien, porté 
au tombeau, et l'épithalame que Juda Zarko chanta, en l'honneur 
de Joseph Hamon le jeune, sur le point de se marier ! 

Saadia Longo adressa à Joseph b. Moïse Hamon une lettre en 
prose à laquelle était joint un joli poème. L'épître et la poésie se 
sont conservées dans le ms. Bodléienne n° 1986 (ancien ms. Pocoke 
n° 742), f° 109 a. Ce que Neubauer dit, dans son Catalogue, des 
pièces relatives à Joseph Hamon est passablement inexact et 
demande à être rectifié. Ces pièces sont très importantes pour la 
famille Hamon, mais elles n'offrent pas autant d'intérêt général 
que la correspondance de Moïse Hamon, que je publie en appen- 
dice. Les éditer, ce serait excéder démesurément l'étendue de 
cette étude avec ses annexes. Je me borne donc à en exposer le 
contenu. 

Le ms. Bodl. n° 1986, f° 107 b, contient une lettre 2 de Saadia 
Longo à Moïse de Ségovia, qui émigra à Salonique, où il trouva 
un accueil hospitalier dans la famille du savant Jacob 3 , de la noble 
famille espagnole des Nalimias, et mourut peu de temps après à la 
suite d'une cruelle maladie. Cette lettre est immédiatement suivie 
(f° 199 a) d'une autre, qui porte ce titre: û^ain nba Tirte to 
n"nb"T yxfin tpv '-nb. Cette seconde épître est donc adressée par 
Saadia Longo à Joseph Hamon ''. 11 se plaint de la grande détresse 
qui l'a obligé de quitter Salonique et de se rendre à Àndrinople. 

1. Ces vers, que je publie dans V Appendice XI, se trouvent à la fin de la lettre à 
Joseph b. Moïse Hamon dans le ms. Montefiore n° 371 (antérieurement ms. Halberstamm 
n° 243). L'éditeur de l'opuscule D13 rîD" 1 les a sans doute omis à cause de leur carac- 
tère erotique. 

2. M. Last a eu la bouté, dont je le remercie, de copier pour moi cette lettre ainsi 
que les suivantes. 

3. V. Korê ha-Dorot, 3G6, 40 a, 47. Sur la famille JSahmias v. Fiirst, Bibliotheca 
judaica, III, 8 ; Zunz, Zur Geschichle, p. 429. 

4. V. Steinschneider, Hebr. Bibl., II, p. 8. 



22 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Sur le conseil de Juda Çarfati f il demande l'assistance de Joseph 
Hamon, lui rappelant les bienfaits qu'il a reçus dans sa jeunesse de 
son pèreMoïsp. — La lettre suivante (f° 109 b) est adressée à'n tth 
"pnïTK too» y'^ Yro dam "pas »in ^n» n Dn Dmnn ri-iKsn "iNns nu: 
ûVn bnba tzninb 'a ava y ïindd ->bb^ b&rnVKtû. Cette lettre de Scheal- 
tiel Galipapa, qui faisait partie du cercle des poètes de Salonique 2 , 
n'a rien à faire avec Joseph Hamon, car celui-ci n'était plus en vie 
en 1 585, date de la lettre. 

Le même manuscrit (f° 157 b) contient une lettre de Joseph 
Hamon à Joseph Keroub (avo), qu'il loue comme poète et qu'il 
assure de sa sincère amitié. Ce Joseph est certainement identique 
avec le savant copiste Joseph b. Abraham Keroub, qui demeurait à 
Andrinople en 1547-1548 et qui était encore en vie en 1572 3 . 

Ce manuscrit contient encore (f° 155 a 157 b) quatre lettres 
connexes datées de 1578 ; seulement elles n'appartiennent pas, 
comme le dit le Catalogue de Neubauer, p. 679, à Joseph Hamon, 
mais à sa veuve Chrysé 4 et sont adressées à JudaHiyya Abravanel, 
gendre de sa sœur Camille 5 . Ce Juda Hiyya Abravanel, qui est 
désigné parfois par son premier prénom seulement, est probable- 
ment identique avec le « savant très considéré » Hiyya Abravanel 
de Salonique 6 et avec le « savant très considéré » Don Juda Abra- 
vanel de Salonique 7 . Peut-être portait-il le nom de Hiyya, qui d'ail- 
leurs n'est pas rare soit comme prénom unique, soit joint à un autre 
nom, pour être distingué de Juda Hebra^us i petit-fils du célèbre 
Juda Abravanel, surnommé Léon Hebrœusi, qui vivait également à 
Salonique (mort en 1559) 8 . On ne peut déterminer s'il était appa- 
renté à cette famille et à quel degré. Hanania b. Yakar, dont il est 
question dans cette correspondance, fut l'élève de Joseph ibn Lab 9 à 
Constantinople et appartenait au groupe des poètes de cette ville U) . 

1. Rabbin distingué d'Andrinople, qui correspondit avec Samuel de Médina; v. ses 
Consultations, Hoschen Mischpal, n° 73; Eben ha-Ezer, n° 18. 

2. Carmoly, op. cit., p. 40. 

3. Carmoly, op. cit., p. 26; Steinschneider, l. c, XV, p. 57, et XX, p. 58. Un rabbin 
du nom d'Abraham n*l"D vivait à Lépante en 1560 ; v. Isaac b. Samuel Adarbi, Con- 
sultations, n° 167. 

4. Ce nom qui est écrit itfJVD ou 1123 TO est sans doute Chrysé; v. Zunz, Gesam- 
mette Schriften, H, p. 57. Ce serait alors un nom grec. 

5. nb^cu. 

6. Samuel de Médina, op. cit., n° 206. Cf. Joseph Sambari, op. cit., p. 155. 

7. Cité avec les mêmes épithètes honoriliques par Isaac b. Samuel Adarbi, op. cit., 
n* 393. 

8. V. Geiger, Ke'rem Hémed., II, p. 225. 

9. Korê ka-Dorot, p. 39 b. 
10. Carmoly, op. cit., p. 39. 



là famille juive des hamon 23 

Il aida dans sa correspondance l'infortunée veuve de Joseph 
Hamon, qui ne pouvait contenir sa douleur, copiait ses lettres ', 
y ajouta du sien, ou écrivit à Juda Abravanel une lettre à part, où 
il touche à quelques faits concernant sa famille. . . Toutes ces cir- 
constances font supposer qu'il était intimement lié avec les deux 
familles. 

Voici, résumé, le contenu de cette correspondance. Chrysé, pro- 
fondément émue, annonce à ses parents, à sa sœur Camille et au 
gendre de celle-ci, Juda Abravanel, la mort de son époux Joseph 
Hamon. Il s'était éteint inopinément au commencement de l'au- 
tomne de 1577, après une courte maladie, « après que le soleil de 
sa vie avait à peine dépassé la moitié de sa course », c'est-à-dire à 
l'âge de cinquante et quelques années. Il ne laissait pas une for- 
tune en argent comptant suffisante pour pourvoir à tous les besoins 
de sa famille. Celle-ci se composait de sa veuve Chrysé et de ses 
quatre enfants : deux fils, Abhamon - et Juda, et deux filles, Iba- 
chouba 3 et Velléda \ celle-ci mariée à David ibn Yahya 5 . La mère 
reçut la tutelle des enfants mineurs, mais la direction de la tutelle 
fut confiée à David Hamon, certainement un parent. Ce dernier 
était d'avis de vendre la bibliothèque du défunt, ainsi que les 
autres objets de valeur et de placer à intérêt le montant de la vente. 
Mais Chrysé se refusait à laisser disperser la bibliothèque qui 
avait fait la gloire de la famille et l'honneur du judaïsme. Elle 
s'adressa à ses proches, leur demandant aide et conseil. Son appel 
ne paraît pas être resté sans écho. Elle trouva une assistance effi- 
cace chez ses parents, qui étaient fortunés et qui lui étaient 
très attachés. Mais elle dut se résigner à cesser son grand train de 
maison à Constantinople et à mener loin de sa patrie, dans une 
retraite silencieuse, une existence modeste. 

Nous ne savons pas ce qu'est devenue cette famille. Ses traces 
se sont perdues dans la fuite du temps, qui entraîne dans sa course 
éternelle les générations humaines : elles s'élèvent avec éclat et 
s'éteignent dans l'ombre, ne laissant que le souvenir du bien 
qu'elles ont semé durant leur pèlerinage terrestre. 

t. D'ailleurs le style de ces lettres trahit un maître dans le maniement de l'hébreu. 

2. Y'£i "p70r; 2J* "03, ainsi appelé deux fois ; c'est donc un prénom, qui doit son 
origine au surnom honorifique décerné à son grand-père Moïse Hamon (v. plus haut, 
p. 3). 

3. n?:n t"ï21E5n, ainsi nommée deux fois. Je ne m'explique pas cette appellation. 

4. rrr^b-H. 

3. N" , " , î"P '1 TH. La célèbre famille Ibn Yahya a compté à toute époque plusieurs 
membres de ce nom. V. Garmoly, op. cit., p. 38, 



24 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



VII 



Sur la biographie de la famille Hamon plane une obscurité sur 
laquelle il est nécessaire de faire la lumière. Il s'agit d'un homme 
appelé Daout ou David 1 qui, médecin à la Cour du sultan Sélim II, 
fut, comme agent politique, au service de don Joseph Naci et joua 
un vilain rôle dans le différend entre le duc de Naxos et le gouverne- 
ment français. Le roi de France devait à don Joseph Naci, du temps 
où celui-ci était intéressé à une maison de banque de Lyon sous le 
nom de Mendès, une grosse somme, qu'il refusait de lui payer après 
qu'il fut revenu au judaïsme. En 1569, don Joseph, avec l'agrément 
du sultan, mit l'embargo, dans le port d'Alexandrie, sur plusieurs 
vaisseaux de commerce français, vendit les marchandises et se 
dédommagea ainsi de sa créance. La Cour de France fulmina, 
mais ne put rien changer au fait qui entachait son honneur. L'am- 
bassadeur de France auprès de la Porte, M. de Grandchamp, mit 
alors en mouvement tous les ressorts de l'intrigue pour renverser 
don Joseph Naci, le favori du sultan, et trouva un instrument trai- 
tante en la personne de David. Celui-ci en voulait, d'une part, à 
son maître, qui n'avait pas reconnu ses services comme ils le méri- 
taient et, d'autre part, il convoitait la récompense que l'ambassa- 
deur faisait miroiter à ses yeux pour prix de sa trahison. Dans son 
irritation, il dit plus qu'il ne pouvait garantir, sans peser la portée 
de ses paroles. Il offrit au diplomate de lui fournir des révélations 
importantes, qui prouveraient que don Joseph Naci avait falsifié 
ses titres de créance sur le gouvernement français et qu'en outre, 
il entretenait, derrière le dos du Grand Seigneur, une correspon- 
dance perfide avec ses ennemis. Don Joseph Naci eut vent de ces 
machinations et il n'eut pas de peine à déchirer ce tissu de men- 
songes aux yeux du sultan et à le convaincre de son indéfectible 
fidélité. Sur l'ordre du sultan, David fut interné à vie dans l'île de 
Rhodes et excommunié par de nombreux rabbins. 

Charrière 2 a exposé toute cette intrigue. Ce qu'il dit de l'appar- 
tenance de ce David à la famille Hamon est tout à fait vague et 
imprécis. Il est manifeste qu'il n'était pas suffisamment orienté sur 
ce point. M. A. Levy a fait de cette insinuation indécise une asser- 

1. Le nom de Daout correspond à la forme arabe « Daud » pour David. 

2. Négociations, III, p. 80-83. V. Levy, op. cit., p. 8, 53 et, contre lui, Gractz, 
Geschickte, IX, p. 405 et s. ; Steinschneider, Hebr. liiùl., II, p. 83. 



LA FAMILLE JUIVE DES HAMON 25 

tion apodictique et soutenu que ce David était le fils indigne du 
célèbre Moïse Hamon . Son affirmation se fonde surtout sur le passage 
suivant du rapport envoyé par l'ambassadeur au roi de France ' : 
« . . J'ay trouvé moyen de mettre Micques en picque avec le lieu- 
tenant du bassa, et ce par les menées et praticques de ung sien 
médecin nommé Daoud, lequel j'ay sceu gaigner et retirer de mon 
party pour m'en servir contre ledict Micques, incontinant que j'ay 
esté adverty d'une grande noise et querelle menée entre eulx, 
pour se sentir le dit Daoud mal satisfaict et recongueu de son 
maistre, pour tant de grans et signaliez services que luy a faictz. » 

Ce passage conviendrait bien à David b. Moïse Hamon, qui aurait 
été d'un grand secours, grâce à ses relations, à don Joseph Naci, 
de même que son père Moïse Hamon était intervenu avec tant 
d'empressement auprès du sultan Soliman en sa faveur et en faveur 
de sa famille. 

Cette opinion de Levy n'est confirmée par aucun autre témoi- 
gnage. Nous ne savons pas que le célèbre Moïse Hamon ait eu un 
fils du nom de David, qui ait été comme lui médecin du sultan. 
L'intrigant Daoud, qui n'était pas embarrassé par un mensonge de 
plus, a ébloui quelque peu l'ambassadeur de France sur sa person- 
nalité et il n'y a pas lieu d'attacher la moindre importance à ses 
inventions. Dans les consultations du rabbin deConstantinople Elia 
b. Hayyim 2 , il est ainsi caractérisé : « Le noble prince Joseph Naci 
a reçu, il y a. quelques années, ce Simon dans sa famille et l'a initié 
à toutes ses affaires; il l'a élevé de la poussière et lui a ainsi pro- 
curé les honneurs et les richesses. Mais ce Simon n'eut ni fidélité 
ni honnêteté pour son maître. Celui-ci ne fut pas sans connaître ses 
mauvaises actions. Quand Simon se vit découvert, il ajouta le mal 
au mal, calomnia Joseph par la plume et par la parole, à tel point 
qu'il mit en danger, non seulement son maître, mais aussi ses 
coreligionnaires. « Mais Dieu était avec Joseph. » L'accusateur fut 
démasqué, mis en interdit par le tribunal et par les chefs de la 
communauté de Constantinople et banni par le sultan à Rhodes. 
Ce récit ne convient en aucune manière à un fils du riche et puis- 
sant Moïse Hamon. 11 milite catégoriquement contre l'opinion de 
Levy. 

Avant de terminer, citons encore quelques personnages du nom 
de Hamon. Moïse Hamon mentionne Hayyim Hamon, savant qu'il 

1. Charrière, loc. cit. ; Levy, op. cit., p. 24. 

2. D^pT^y Û^fa, n° 55. L'excommunié Daoud reçoit dans la consultation le nom de 
Simon seulement, comme c'était l'usage en pareil cas, v. Levy, op. cit., p. 53.- 



26 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

connaissait personnellement et qu'il estimait fort, et qui se trou- 
vait de temps en temps à Constantinople 1 . Il vante beaucoup la 
famille à laquelle il appartenait. Il ne l'aurait guère fait, si c'était 
sa propre famille, car ce serait un éloge de soi-même qui n'est pas 
de mise. Il a donc dû y avoir en Espagne plusieurs familles Hamon, 
qui avaient primitivement la même origine, mais qui se séparèrent 
plus tard au point qu'elles ne se savaient plus apparentées l'une à 
l'autre 2 . 

David Hamon était membre du collège rabbinique à Constanti- 
nople en 1610 3 . Il pourrait être, à en juger par la date, identique 
avec le savant de ce nom qui eut, en 1577, la direction de la tutelle 
de la famille de Joseph Hamon 4 . A peu près à la même époque 
vivait à Constantinople Aaron Hamon, savant considéré qui est 
appelé prince (-nd) et qui, si l'on s'en rapporte à ce titre, apparte- 
nait sans doute à notre famille. En 1743 vivaient à Constantinople 
des descendants de cette famille qui, grâce aux privilèges qui 
avaient été accordés à leurs ancêtres à la Cour du sultan, étaient 
dispensés, entre autres, de la capitation 5 . Nous pouvons encore 
considérer comme descendant de cette illustre famille les familles 
distinguées des Hamon, qui vivaient à Constantinople en 1800 et en 
1874 G et dont les rejetons y vivent sans doute encore aujourd'hui. 

Henri Gross. 
(A suivre.) 



1. V. plus haut, p. 8. Cf. Appendice II. 

2. V. plus haut sur Obadia Hamon, p. 4. 

3. V. Joseph b. Moïse de Trani, Consultations, éd. Fûrth, I, no 139. 

4. V. Joseph Sambari, op. cit., p. 154. 

5. V. M. Franco, op. cit., p. 121. 

6. Ibid., p. 162, 190. 



DIVISIONS TERRITORIALES EN PALESTINE 



Darius Hystaspe divisa tout l'empire perse en vingt provinces, 
qui portaient le nom indigène de satrapies, mais qu'Hérodote et 
d'autres Grecs, prenant l'Egypte pour modèle, appellent nomes 
(vojjidç). A l'intérieur du cinquième nome il y avait les contrées sui- 
vantes, soumises à l'impôt : la Phénicie, la Syrie surnommée 
Palestine et Chypre 1 , tandis qu'une partie de l'Arabie appartenant 
à ce nome n'était pas imposée, c'est-à-dire payait tribut d'après 
l'ancien usage, sous forme de présents (8ûpa). 

Le cinquième nome de la description d'Hérodote correspond au 
groupe de pays situés à l'ouest de TEuphrate ; d'après la nomen- 
clature araméenne, alors officielle, c'est le pays de ' Abar-nahara 2 , 
en hébreu : "éber hannahar 3 . A l'intérieur de cette grande agglo- 
mération de contrées on parle de la « province » de Judée 4 . Mais 
on doit remarquer que le terme de médina est très vague : il est 
appliqué à des pays bien plus considérables, comme Babel 5 , Elam 6 

1. Hérodote, III, 91 : 4>oivixy] xe 7ràaa xai Supiyj i\ HaXaicmvY] xa)*eou.év7] xai 

KÙTTpOÇ. 

2. ÏT"IÏ13 "D^, Ezra, v, 6; vi, 6, ainsi que sur des monnaies du satrape de Syrie et 
de Cilicie Mazaios (v. Lidzbarski, Randbuch der nordsem. Epigraphik, I, 336). C'est 
le correspondant du grec uépav Eùcppàrov sur l'inscription de Gadata, v. Ed. Meyer, 
Entstehung des Judentums, p. 11-12 et, en dernier lieu, G. Hulscher, Palàstina in 
der persischen und hellenistischen Zeit, Berlin, 1903, p. 5. Cf. I Macc., vu, 8; xi, 
60, 62. 

3. "IÎT3M l^y, I Rois, v, 4 (cf. "1Î13Î1 "J73 au v. 1), passage qui décèle le langage 
postérieur (v. le Commentaire de Benzinger, ad lac). 

4. Erra, v, 8 : Nn3"H73 TffPb, cf. 713^73 seul ibid., n, 1 (Néhém., i, 3 ; xi, 3). — 
Le mot médina est selon toute apparence indigène en araméen ; le syriaque Nrij^TS, 
l'arabe !"J3"H73, comme souvent déjà 713^73 dans le Talmud, siguifient « ville 
lieu ». 

j. Ezra, vu, 16 ; Daniel, n, 48 ; ni, 1, 30. 
6. Dan., vin, 2. 



28 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

et laMédie 4 , alors que, d'autre part, l'empire perso-mède a 120 ou 
427 medinot 2 . L'ancien mot hébreu WTO ne paraît donc pas être 
un terme politique ; en d'autres termes, il ne désigne pas un district 
administratif, c'est une désignation géographique, qui remonte 
d'ailleurs à un état politique antérieur. 

Dans la littérature rabbinique, médina n'a pas non plus une 
signification politique, mais seulement géographique. Ainsi la Pales- 
tine n'est jamais appelée bani»^ m*vn t mais uniquement btrm^ yiN, 
tandis que le pays se divise en régions qui portent le nom de 
médina. Ce nom paraît avoir été donné à une contrée à défaut 
d'une autre désignation géographique. Ainsi, si les parties nette- 
ment distinctes de la Palestine : TransJordanie ppTb *û2), Galilée 
et Judée 3 , ne sont jamais qualifiées de médina, il est souvent ques- 
tion de tr»n rû"Htt, « province maritime », par où l'on n'entend pas 
les pays d'outre-mer, ni les pays étrangers en général, mais la 
région de la Palestine qui est située près de la Méditerranée ; c'est 
que justement cette région n'avait pas un autre nom qui pût lui 
être appliqué. C'est ce qui ressort de la première Mischna de Gnit- 
tin : « Celui qui apporte un acte de répudiation . de la province 
maritime... », car le débat qui suit porte toujours exclusivement 
sur des localités de la côte : Rékem etHagra '', le village deLoudim, 
près de Lydda, Ascalon, Acco. Du village de Samaï on dit explici- 
tement qu'il dépendait politiquement d'Acco, quoiqu'il appartînt 
géographiquement à la Palestine, étant situé près de Sepphoris B ; 
c'est donc seulement à cause de cette situation mixte qu'il était 
l'objet d'une discussion . Dans la phrase rù^ttb ï-byn *\bnu rro^r; 

1. Ezra, vi, 2. 

2. Dan., vi, 2; Esther, i, 1. 

3. La Samarie n'est pas donnée, à ma connaissance, dans la littérature rabbinique 
comme région formant un tout ; des désignations vagues, telles que « villes des Cou- 
téens », se retrouveront plus bas. — Pour le reste, la nomenclature rabbinique corres- 
pond entièrement à celle des Grecs : Judée, Galilée, Péréc ; v. à ce sujet Reland, 
Palœstina, p. 172 et s.; Neubauer, La Géographie du Tahnud, p. 54 et s. 

4. Désigne dans les Targoumini un endroit de la Pbilistée, v. Tossafot, ad loc. et 
Levy, Wor/erbîich iiber die Tarf/ianim, I, 238. 

5. Tos. Guittin, i, 3, 323 Zuckermandel ; b. Guitt., 66: ""NDND, "WD, lire 
■^720, comme dans j. Guitt., i, 43c, 1. 11. 

6. Que si Rascbi, sur M. Gui/tin, i, 1, dit que tout pays étranger s'appelle nS^û 
Û^n, si même les Tossafistes, ad loc, assurent que par « district maritime » il faut 
entendre un pays éloigné, c'est absolument inexact. Les textes auxquels ils se réfèrent 
ou se rapportent témoignent justement contre eux. La Tossefta (cf. aussi le Babli, 7 b) 
commence, en effet, ainsi : y"-|»b n^inft N^ttS ÏI^DDn £3 ÈPatttt, « si quelqu'un 
apporte un acte de répudiation par vaisseau, c'est comme s'il rapportait de l'étranger », 
c'est-à-dire que fj^DOa dans la Tossefta correspond à E^îl rû" 1 ^ dans la Misclma 
(car il était facile de se rendre d'une ville de la côte à un autre point du continent par 
vaisseau) ; mais alors il faut que « l'étranger » soit autre ebose. 



DIVISIONS TERRITORIALES EN PALESTINE 29 

trn (M. Yebamot, ix, 1), il s'agit également des villes du littoral 
de la Palestine, comme étant les ports où Ton s'embarque pour 
aller trafiquer au loin. Les habitants juifs d'Acco s'appellent 
trn T\Tmn m *. Nous pouvons donc nous attendre à ce que d'autres 
contrées sises à l'intérieur de la Palestine soient également dési- 
gnées par médina et c'est effectivement un résultat que nous 
obtiendrons tout à l'heure. 

Nous nous proposons, dans la présente étude, dépasser en revue 
la géographie de la Palestine à l'époque talmudique, toujours à un 
point de vue non politique : nous examinerons ce qu'on appelait en 
Palestine région, cercle ou district et nous rechercherons surtout 
quelles étaient les marques distinctives de ces divisions. . 

i . — rnhta . 

Dans la Mischna de Guittin dont il vient d'être question, les doc- 
teurs parlent du cas où l'on porte et apporte l'acte de répudiation 
d'une province dans une autre à l'intérieur du district maritime 2 ; 
on distinguait donc à l'intérieur d'une unité territoriale appelée 
médina des unités plus petites auxquelles on donnait le même 
nom. C'est dans le même sens que le Babli 3 parle de provinces à 
l'intérieur de la Palestine en les désignant par le terme général de 
meditia, mais non par ceux de Juda, Galil, etc., car ce serait alors 
d'autres unités. 

Un autre cas nous montre une division du pays avec cette signi- 
fication purement géographique. « Si Ton apporte du grain d'un 
fleuve à un autre, il y a pénurie (armsn cf. Jérém., xvn, 8; xiv, 1); 
si on l'apporte d'une province à une autre, il y a disette (éwdd, en 
hébreu aan) 4 . » Comme l'auteur de ces paroles est R. Nahman et 
qu'il est question de transport de comestibles par voie fluviale, 
c'est la Babylonie qui est visée ici 5 , mais même alors l'expression 
arwE reste caractéristique. 

1. I». Pesakitn, 51 a. — Apres coup, je constate que L. Hellev, sur M. Guitt., i, 1, 
rapporte déjà que R. Nissim voit aussi dans ÛVTrO'Hft l'ouest de la Palestine. 

2. DTï rû"H733 ftt"H73b IT.^TÙIZ ; incorrrectement dans l'éd. Lowe : rû^lEEl 
QTî; le Yerouscbalmi, Guittin, r, 1, 43 6, 1. 67, donne la citation exacte rû^tta 
ÛTï- V. aussi plus bas (p. 35) la leçon de la Tossefta. 

3. b. Guittin, 4 b. 

4. b. Taanit, 19 6 en haut. Dans Rasclii, ad loc, il y a, à la vérité, une seconde 
interprétation, d'après laquelle « d'un fleuve à l'autre » s'entendrait à l'intérieur du 
même endroit, et NrO"Htt désignerait seulement la ville, non la région. Mais nous 
regardons la première explication, plus large, comme exacte. Cf. dans la même dis- 
cussion le terme N^^DN, èuapxia {ibid.). 

5. Par N"1Ï"JD, etc., il faut peut-être entendre les canaux du pays de l'Euphrate. 



30 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



ÊT^DÏ-ï. 



Une région appelée médina n'est pas très grande, car la série 1 
barm^ *pa (pays d'Israël), ar^sn (imac/ja, lieutenance 2 ),rrri72 (pro- 
vince) présente évidemment une gradation descendante ; la îm^yjk 
est donc plus considérable que la médina. Nous savons encore par 
ailleurs que Ton divisait la Palestine en plusieurs lieutenances : 
« On ne doit pas exporter en Syrie des comestibles, tels que vins, 
huiles et farines ; . . .de même qu'on ne doit pas exporter en Syrie, 
de même on ne le doit pas d'une éparchie à l'autre 3 . » 

Comme réparque est, dans la terminologie romaine officielle, 
le proconsul ou le procurateur, il est clair que la dénomination 
d'éparchie n'a pu naître qu'à l'époque romaine, c'est-à-dire après 
— soixante ans. Cependant le mot n'a aucune valeur officielle 
dans la littérature rabbinique, car on ne nous dit nulle part qu'à 
l'époque des Romains la Palestine aurait été divisée en éparchies 
distinctes. Les nombreuses éparchies du Targoum de Jérusalem 
sur la liste des peuples (Genèse, xj montrent combien le terme est 
employé au hasard en hébreu 4 . 11 est évident qu'une désignation 
des plus officielles, au fond, s'est dégradée dans la bouche des 
Juifs pour ne plus être qu'un simple terme géographique. 

3. — *jbD. 

Le cas est le même pour le mot ^bo. Ce très ancien 5 vocable 
revient à plusieurs reprises dans Néhémie, ni; il désigne là certai- 
nement un district administratif, carie « prince » (to) qui figure en 
même temps est en tout état de cause un fonctionnaire politique. 
Mais déjà les Septante rendent le mot par le terme vague *tp(- 

1. Tos. Nedarim, vu, 3 (p. 282, 1. 28 Z). 

'2. V. Lehnwôrter, II, 231 : N^3"|BÎ1, ûsafx»*î **•> 116 : N"0":DN, iicapx**i îes 
deux mots sont identiques. 

3. T. Aboda Z., iv, 2 (p. 463, 1. 31 Z). R. Juda autorise l'exportation d'une éparchie 
dans l'autre, ce qui n'est possible que si l'on se représente les éparchies à l'intérieur 
du pays de Palestine. V. aussi la baraïta de b. Baba Batra, 90 6, et A. Biichler, Der 
Galil. 'Am-Ha-'Ares, p. 273. 

4. Levy, Targum. Wôrterbuch, I, 56; Krauss, Lehnwôrter, H, 116, s. v. 

5. Assyrien pilku, phénicien, a~>D ; v. Lidzbarski, Altsemitischê Texte (Giesscn, 
1901), I, 22. La signification primitive est « rond, en forme de cercle », d'où le sens 
de v contrée » (comp. <m O'2 dans le même sens), aussi bien que celui de « fuseau. 
verticillus ». 



DIVISIONS TERRITORIALES EN PALESTINE 31 

/topoç 1 , qui signifie simplement étendue, région. IL va sans dire que 
*jbD se maintient à l'époque tanaïtique et amoraïtique, mais avec un 
emploi entièrement arbitraire. Une disposition des rabbins, pure- 
ment théorique à coup sûr et qui n'a jamais été réalisée, édicté 
qu'on doit installer des magistrats en Palestine dans chaque ville, à 
l'étrauger dans chaque cercle seulement 2 . La prescription suivante 
n'est pas moins idéale : « Un lévite (qui a commis un meurtre invo- 
lontaire) s'exile d'un cercle dans un autre ; s'il ne s'est exilé que 
dans son cercle, son propre cercle le protège 3 .» La dernière 
clause suppose qu'à l'intérieur du cercle d'une ville lévitique — il 
s'agit en effet des "villes de refuge habitées par des lévites — il y a 
d'autres villes ou, du moins, d'autres endroits où le meurtrier peut 
se rendre ; la ville lévitique est donc, en quelque sorte, le chef- 
lieu de tout un cercle de localités. Une tradition fixe l'étendue du 
cercle appelé pélech à 5-6, ou 7-8''. C'est, comme nous le verrons 
plus loin, la 7i6Xtç dans le sens grec, avec sa banlieue. 

C'est seulement avec l'institution des écoles d'enfants que nous 
sommes sur un terrain historique. Un texte talmudique souvent 
étudié rapporte : D'abord il n'y avait d'écoles enfantines qu a 
Jérusalem, la métropole; puis on en institua dans chaque cercle 
f^bsT ^jbs bnni ; enfin, le grand-prêtre Josué b. Gamla décréta qu'on 
en ouvrît dans chaque province (rtmttT nmtt ban) et dans chaque 
ville (Tsn ~ n * bM) 5 -. Si les mots « dans chaque province » étaient 
exacts, il s'ensuivrait que médina serait plus petit que pélech, ce 
qui n'est guère exact, car d'après le chapitre ni de Néhémie pélech 
désigne un tout petit district, et de plus, si l'on considère que les 

1. V. 'pHïD'HD dans Lehnwôrter, II, 489. Dans le Nouveau Testament, uepty^opo; 
est fréquent (v. les Concordances), par exemple Luc, vin, 37 : la région des Gada- 
réniens. 

2. T. Sanh., m, 10 (p. 420, l. 5) : ,V3n T3> 533 *jn")N fW» hucrO* f-|H3 
■p^bQ "pDba ...b"n3 ; de même j. Maccot, i, 17 (316, 1. 44). Dans b. Macc, la 
(cf. 12 6), le texte est corrompu, car si l'on a en Palestine des magistrats dans chaque 
ville, à quoi bon encore dans chaque cercle ("ibs) ? N f ft ut effacer cette phrase pour 
obtenir le texte suivant : bn« /T3H -py 53n "p3"H TQ 3^172 HnN ^"nJTûn 

-pan -py bnn n^Di73 nns -w ,rrun7û nnN "jbsi ^bo ban b"im. En tout 

cas, il faut reconnaître que le pluriel "pnbs dans la Tossefta, ou D^3ÔS dans le Ye- 

• t : , 

rouschalmi, sont plus authentiques que le *pD répété du Babli. Cf. b. Sanh., 56 6. 

3. b. Maccot, 12 6; Zebahim, 117 a. 

4. R. Natan, dans l'Arouch, VI, 346 ; les leçons varient entre 5-6 et 7-8, v. Kohnt. 

5. b. Baba Batra, 21 a. Pour l'appréciation du fond v. Strasshurger, Gesckichle der 
Erziehung und des Unterrichts bei den Israeliten, p. 20; Graetz, Gesckichte, III, 
4 e éd., p. 444; Bâcher, dans Jahrbuch ftir jûd. Gesch. u. LU., VI, 57. Je ne 
déduirai pas, comme le fait Bâcher, du mot "f bs que l'installation de tribunaux et 
la création d'écoles appartiennent à l'époque perse, car le mot "tbD était encore vivant 
plus tard, comme le montre l'emploi fréquent qu'en fait le Targoum, v. plus bas. 



32 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

quarante -huit villes lévitiques (Josué, xxi, 39) s'appellent, elles ou 
leur territoire, dans le Talmud pélech, d'après le passage examiné 
tout à l'heure, on ne doit pas se représenter un tel territoire comme 
hien considérable : que resterait-il alors pour la médina, encore 
plus petite? Mais ces mots ne sont pas exacts ; ils manquent d'ail- 
leurs dans quelques manuscrits { et ont été glissés sans réflexion 2 
dans le Talmud par une réminiscence d'Esther, vin, 17 (cf. ix, 23i ; 
réminiscence d'autant plus explicable que, dans Esther, i, 22, 
rmiEn nr^tt est rendu dans le Targoum par ^bsi *p D 3 - ^ e Q u i P eLlt 
fournir des indices positifs sur la grandeur approximative d'un tel 
cercle, c'est qu'il s'y trouvait des villes * (ce que d'ailleurs nous 
avons déjà vu précédemment), et qu'on donnait le nom de pélech 
au district de la Trachonitide b . Il faut remarquer aussi la traduc- 
tion de nDïtt ntDbtD, Josué xvn, M , dans le Targoum, par "psbs «nbn ; 
quand bien même on regarderait le texte hébreu comme corrompu, 
elle n'en resterait pas moins caractéristique pour le langage pos- 
térieur. D'ailleurs Symmaque dit aussi : xaï ai toecç 7capaXiau 
« et les trois régions de la mer », de même le Syro-hexapla : 
nw "HftO 'prpnbm « et tous les trois sont des côtes maritimes », 
interprétations analogues à celles du Targoum. La 7capaXta de Sym- 
maque correspond à la trn wus des rabbins, preuve de plus que 
ce dernier nom était porté par une région déterminée de la Pales- 
tine 6 . Dans tous ces textes rabbiniques, pélech ne désigne pas un 
cercle administratif, dans le sens politique, mais est un terme 
géographique. 

1. V. Dikdouké Soferim, ad loc. (p. 94); on y cite aussi des éditions qui n'ont pas 
médina. 

2. Nous avons constaté une étourderie analogue dans b. Maccot, la. 

3. Que si médina et pélech sont identiques, il serait naturel de comprendre aussi 
le passage de b. Baba Balra, 21 a, de la manière suivante : on installa des maîtres 
dans chaque médina (comme déjà auparavant dans chaque pélech, et de plus) dans 
chaque ville. Dans cette hypothèse il faudrait admettre qu'à la place du mot moins 
usité pélech, on a mis le mot plus fréquent médina. 

4. Targoum sur Eccl., i, 12, dans la légende de Salomon : "Ob^S "OIS- 

5. Onkelos sur Deut., ni, 4, 13, 14 : SCCia ^îbs. Voir d'autres textes du Tar- 
goum dans Levy, II, 270, et Jastrow, Dictionary, p. 1182. — Dans le néo-syriaque 
"jDbD ^jD^D signifie « scalae, degrés » (P. Smith, Thésaurus, col. 3158). 

6. Comme le texte — d'ailleurs corrompu — de Josué, xvn, 11, nomme un « Dôr », 
le Targoum a évidemment interprété DB3 dans le sens de U^12 1M PIDj^T, Jos., xi, 2, 
où il traduit aussi par JSD~y7D "111 ^dVeST. S'il s'agissait de la ville bien connue 
de Dora, il en résulterait déjà que nous nous trouvons à la côte, ce qui confirmerait 
notre explication de Q^n Pj' 1 "I73. 



DIVISIONS TERRITORIALES EN PALESTINE 33 



y. 



4. — nn» 

Nous croyons encore reconnaître le littoral de la Palestine dans 
le mot nntt. Déjà dans Tunique passage de la Bible où il figure', 
l'opinion générale est qu'il désigne un port. C'est aussi un terme 
courant dans le Targoum ; c'est pourquoi il est conservé pour 
rendre le texte biblique. Dans Psaumes, lxxxix, 26, où l'hébreu a 
simplement « mer », le Targoum dit : aw "mnti, « côtes (ou ports) 
de la mer » ; la puissance d'un peuple se manifeste, en effet, dans 
la possession d'un port. L'histoire nous apprend combien les pre- 
miers Asmonéens tenaient à posséder la côte. Un passage signifi- 
catif pour l'importance de la mer est celui du Pseudo-Jonathan sur 
Nombres, xxxiv, 6 : « La frontière occidentale, que ce soit pour 
vous la grande mer, c'est-à-dire l'Océan, et son territoire ; ce sont 
les eaux primordiales (mainn ?£) et les premières eaux cwnp i&a) : 
à l'intérieur se trouvent des territoires 2 , des contrées 3 , des 
bourgs (wsa) et des villes rrrmtt), des îles (rjcû) et des ports 
(Wfia), des vaisseaux et leur contenu '' ; que cela soit pour vous la 
frontière occidentale. » Ainsi, Ton cherchait, comme il était natu- 
rel, les ports à l'Ouest ; c'étaient là qu'étaient d'ailleurs situées les 
villes maritimes de la Phénicie et de la Philistée. Ces villes sont en 
même temps les places de commerce par excellence, et ainsi mr: 
devint, clans le Targoum, synonyme de « marché » 5 . Mais les ports 
étaient aussi pour les Juifs le type de la ville tout court et ainsi 
Tirro signifie ville tout simplement; enfin, le terme de « ville » s'est 
encore spécialisé davantage dans le nom propre Mahoza, la ville 
bien connue de la Babylonie. 

1. Psaumes, cvn, 30. 

2. "HT3N, de àrjp, dans le sens de spa/ium, area (c'est M. I. Low qui a attiré 
mon attention sur cette signification), v. Le/uuvorler, II, 17. On trouve encore l'ortho- 
graphe avec 3 dans j. Yebamot, i, 2 (8 a, 1. 66) : "pbpUJN T2N [dans les éd. de 
Venise et de Krotoschin corrompu en SM3{$)> le passade parallèle de j. Sc/iebiit, vi, 1 
(36c, 1. 34] a "p"!N, comme d'habitude. Le sens est: la contrée de la ville d'Ascalon. 

3. "^TTI^ID est Ttepr^Gopov, dont il a été question plus haut; ce qui l'ait tomber les 
hypothèses de S. Klein dans Mayyar Zsidô Szemle, XXIV, 242; v. ibid., XXV, 8o. 
La leçon "n-pD-iD est inexacte; l'éd. Ginsburger porte "HTO"lD, lire : ^"n"D"HS. 

4. Au lieu de rrm^rNI lire rprTPTlbNn (deux il à la place de J), cf. NrPTlbN 
dans j. Maas. Schéni, n, 3 (49 c/, 1. 2'J'i, « accompagnement » (Levy, I, 816); dans 
le Targoum il peut se rapporter aussi bien aux hommes qu'au chargement des vais- 
seaux. 

5. V. des exemples dans Levy, Tare/. Wôrterbacft, II, 23; P. Smith, Thés. Sur., 
col. 2U68. cite l'un à celé de l'autre NnflEI ND"nJlN ; tous deux siguilient « mar- 
chés ». Ibid., plusieurs villes appelées <- Mahoza » ; ef. l'arabe "pNlbN, « Madaïn ». 

T. LVI, v 111. 3 



34 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

D'un autre côté, le terme de « port » s'est étendu pour désigner 
tout le littoral, de sorte que rirra désigne également tout un district 
de la Palestine, ou plutôt un district spécial : le district maritime. 
Les Juifs qui habitaient ce pays étaient appelés nrrcrs "«rasa « gens 
du littoral » ; on les mentionne, ce qui est caractéristique, à pro- 
pos de la manière d'humecter ou d'arroser le froment 4 ; ils faisaient 
cette opération avec du sable (birt), qui se trouvait naturellement 
en abondance dans leur district. 

Ce district maritime qui, pour être favorable aux grains 2 , 
n'appartenait pourtant pas aux régions les plus prospères de la 
Palestine, est opposé dans un autre passage aux jardins paradi- 
siaques de Sébaste (Samarie). La Tora, dit-on, a évalué un champ 
où l'on peut semer un hoiner d'orge à cinquante sicles d'argent 
(Lévit, xxvii, 16), que ce champ appartienne au district maritime 
(nrarï nbinj ou aux jardins de Sébaste paons mo^TiDi 3 . Ce con- 
traste frappant est exprimé dans un autre rapprochement : « Que 
ce soit dans les jardins paradisiaques de Jéricho ou dans le cercle 
de Jabné (nôa* 1 btt n^birtj s . » Jabné, situé au bord de la mer, corres- 
pond tout à fait à l'exemple précédent, où figurait mahoz ; il s'en- 
suit que mahoz désigne indéniablement la région maritime. 

Mais que signifie le mot nbm ou rvbin ri ajouté dans les deux 
exemples? Jabné étant suffisamment connu comme nom propre, 
nbin ne peut servir qu'à une désignation accessoire : quelque chose 
qui appartient à Jabné et le caractérise, de même que Sébaste et 
Jéricho sont caractérisés par leurs jardins, ce qui se comprend 
surtout pour Jéricho, avec ses jardins de palmiers et de plantes 
aromatiques. Le sens de « terrain sablonneux » ne conviendrait 
certainement pas à la fertile plaine de Saron, qui était riche en 

1. M. Machschirin, m, 4. 

2. Dans le Sifrê Deut., § 39 (p. 78 6) on dit qu'il est vrai que les fruits (les grains, 
mTD) sont gras dans la plaine (n^pa), mais que R. Siméon b. Yohaï assure 
qu'une montagne, dont le terrain est surélevé, produit einq fois autant que la plaine. 

3. Sifra, ad loc. (p. 113 a, Weiss) ; M. Arachin, m, 2 (Babli, 14a). Dans Raschi, 
ad loc, on lit trois explications exposées avec une grande confusion. Raschi paraît 
avoir vu dans Îiri73 un nom propre de ville; il explique nbin, d'après DIDn bm?3 
(M. Kilayim, iv, P, par endroit où le pied des hommes et du bétail peut causer beau- 
coup de dégâts; de même R. Guerschom. Par contre, R. Natan [Arouch, 111, 419) fait 
dériver nbin de bin, « sable », c'est-à-dire une ville au terrain sablonneux, qui ne 
porte pas de fruits. D'après M. Machschirin, III, 4, on pourrait songer, il est vrai, au 
sable. On trouve d'ailleurs mbinn n^a à propos de la nature d'un terrain [Sifrê 
Deut., § 39, p. 78 a), mais la leçon correcte paraît être là n^obinn n^a. 

4. Tos. Arachin, il, 8 (p. 544). 

B. La Tossefta a la forme n^bin même dans le premier cas : b'iïî n" 1 binai 
iSTinD- Ce sont évidemment deux formes de même signification. 



' DIVISIONS TERRITORIALES EN PALESTINE 3S 

céréales H et ne se distinguait de Sébaste et de Jéricho que par 
l'absence de vergers. Mais ce qui caractérise Jabné et en môme 
temps toute la côte, c'est, en tout état de cause, le caractère plan du 
sol 2 et c'est ce sens de renfoncement, dépression, que pourrait 
rendre nbin. On trouve la même expression à propos d'Antioche 3 . 
Quoi qu'il en soit, c'est le terme rima qui nous importe ici ; il est 
certain qu'il désigne une région de la Palestine, car on cite des 
Tannaïtes assez anciens qui en sont originaires 4 , cas analogue à 
ceux où l'on nomme tel personnage galiléen ou daroméen ("Wrt, 
^Trri) ou encore mède, babylonien, etc. 

5. — ÉP31t»«l 

On trouve des districts encore plus petits dans le texte suivant 3 : 
« D'abord on avait dit : de province en province (rorwa).'; ensuite on 
a ajouté : d'établissement en établissement (rWDo) ; R. Siméon b. 
Gamliel disait : de seigneurie en seigneurie (fiWflattr) 6 . » 

Si l'on s'en rapportait seulement aux mots, on considérerait 
certainement 1' « hégémonie » comme une portion de territoire 
plus grande que Y « établissement ». Mais il convient au Talmud, 
au cours de la discussion, d'assigner à 1' « hégémonie » une éten- 
due minima. R. Isaac dit, en effet: « Il y avait une ville dans le pays 
d'Israël, appelée rmoû?, qui appartenait à deux dominations ; c'est 
pourquoi les rabbins furent obligés de formuler aussi (cette exi- 
gence halachique) au sujet d'une domination clans l'autre 7 . » Le 

1. Jérôme appelle la plaine de Saron « latissimi campi fertilesque ». 

2. De là, dans la Bible, -pUi"^, I Rois, xx, 23, 25, etc.; cf. aussi N"|1D" I 73 dans 
Onkelos sur Deut., xxxiv, 3, à propos de la plaine du Jourdain. 

3. Voir pour plus de détails mon article sur Antioche, R. É. J., XLV, 39 et s. — 
I. Low qui, dans une étude sur le riz (T""l1N), a tout récemment examiné les passages 
en question à propos d'Autioche (Zeitschrift filr Assyriologie, XXI, 211), ne men- 
tionne pas du tout d'explication. 

4. Abba Yosé ^T"irn:n dans la Mechilta, sur Ex., xxi (p. 29 6 Friedmann). Pour 
plus de détails sur ce point, v. Bùchler, Der gai. Am Ha- Ares, p. 334. 

5. Tos. Guittin, i, 1. La Tossefta a mieux formulé la règle ici que la Miscbna. A 
noter que les mots D^n rij" , T?2D, dont il a été question plus haut, y manquent. 

6. 'Hye^ovia, Lehnwôrter, II, 219. 

7. b. Guittin, ib. — Sur ZVPODS' voir surtout (on a déjà beaucoup écrit là-dessus) 
l'article fcODN de M. Friedmann dans Luncz, Jérusalem, V, 46-51, et eu dernier lieu 
Hakedem, I, 103, touchant ÊTO^. L'hypothèse que n"PD037 est le nom d'un légume 
a été exprimée par Kuhut, Aruch, VI, 230, Friedmann, /. c, avec référence à un 
nom analogue û n brv>v "IDD [b. Guittin, 57 a), et moi-même dans les Mélanges Soko-' 
low (brrPn HDD), P- 492. Suivant cette faible piste, j'en viens à la conjecture de 
retrouver dans nVOO? la localité (xco^r,, village) mentionnée par Josèphe, Bellum, V, 
xn, 2, § 506, sous le nom de 'EpeêivOwv olxoç, c'est-à-dire « Maison des Pois ». Reland, 



36 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

sens est que les deux pouvoirs qui se partageaient cette ville défen- 
daient à leurs sujets d aller dans l'autre partie. (Ce texte, pris en 
lui-même, fournit un renseignement intéressant sur le régime des 
petits États qui régnait autrefois en Palestine; qu'on songe aux 
polities autonomes octroyées par les Romains aux villes hellénis- 
tiques. D'ailleurs, q$30$y, dont nous ne savons absolument rien, 
ne peut pas avoir été une grande ville, et pourtant elle était sou- 
mise à deux maîtres ; le terme étranger vjyejxovca prouve que 
c'étaient deux maîtres grecs. On aurait pu, du reste, donner un 
autre exemple, celui de Kefar-Simaï, dont on dit que, tout en 
appartenant à Acco, il formait une enclave dans la région de Sep- 
phoris { . Bien mieux, il est prouvé qu'Acco môme était compté à 
moitié avec le pays d'Israël, à moitié avec l'étranger 2 . Assurément, 
il ne s'agit pas de la ville, mais de son territoire, qui, par consé- 
quent, s'étendait jusqu'à Sepphoris. Un cas un peu analogue est 
celui de la voie qui conduisait à Ascalon : on assure qu'elle appar- 
tenait au pays juif, tandis que la ville elle-même faisait partie de 
l'étranger 3 . De même le territoire de Césarée maritime s'étendait 
jusqu'à Lydda ; . Mais nous y reviendrons tout à l'heure. 

Même en faisant abstraction de ces exemples, nous pouvons 
considérer les territoires appelés « hégémonies » comme formant 
des unités, et ces territoires avaient certainement une assez 
grande étendue ; en tout cas, ils embrassaient plusieurs localités, 
comme le montre l'exemple d'Acco et du village de Samaï. La 
notion d' « hégémonie » présentait, au moins primitivement, un 
caractère politique : elle pouvait avoir désigné le rayon adminis- 
tratif d'une ville. Mais comme le temps a dû changer, ici aussi bien 
qu'ailleurs :i , 1' « hégémonie » se sera également affaiblie en un 
ternie purement géographique. 

Palàslina, p. 766, identifie cet endroit avec 'Epeu.ivGa dans Eusèbe et JiiOOcf-eStv dans 
Sozomène ; ce dernier nom est à moitié sémitique : rPD + Ipeêiv. J)ans riTDD3? nous 
aurions le nom juif indigène. Cette localité est située prés de Jérusalem et pouvait 
être occupée alors par deux maîtres. Guthe, Palàslina (Bielefeld et L» ipzig, 1008), 
p. 20, veut voir dans « pois » une espèce de pierres dans les Monts de Judée : niais, si 
l'on admet l'identité avec n"POO;', d faudrait maintenir la signification littérale. Cf. 
« Planum Fabae », en arabe Foulah, dans Raumer, Palàslina, 4' éd., p. 40. 

1. Le terme hébreu est bNT.a' 1 f1K Ûinna nïbaiîD, b. Guitliiu 6 6, v. encore 
plus loin et plus haut, p. 28. 

2. Tossafot sur Guiltin, 2 a, au nom du Yerouschalmi. 

3. C'est ce qu'avance R. Nissim en se fondant sur le Sifrê Dent., § 51 (p. 8o b 
Friedmann) : "pbp'CK niD"lD ; v. L. Heller sur M. Guill., 1, 2. 

4. Voir ma démonstration dans Jewish Quarlerly llevieic, XIV, 74'i-oJi. 

5. C'est ainsi qu'on lit dans le Yerouschalmi, acf loc. f° V-\ b, 1. 71 : Si c'était d'abord 
une hégémonie et qu'on eu a fait deux; ou si de deux hégémonies on a fait une seule. 



DIVISIONS TERRITORIALES EN PALESTINE 37 



6. — naîtra 

Il est difficile de déterminer le sens de nrora. Si l'on se laisse 
guider par l'analogie des mots ïnedina et « hégémonie », auxquels 
il est associé, on devrait voir dans nrotë un territoire plus petit, 
assurément, mais en tout cas une portion de territoire formant 
unité*. Mais si l'on part seulement de la signification du mot, 
c'est-à-dire de la notion de « colonie, établissement », on en arrive 
à un tout petit endroit, bien plus petit qu'une ville ou un village. 
Effectivement un texte tannaïtique définit la rsrrouj comme étant un 
établissement d'au moins trois hommes 2 ; dans ce cas le maximum 
ne peut pas être non plus bien grand; donc il faut se représenter 
la haibtia en Palestine comme le pltis petit établissement d'habi- 
tants, à côté de la ville et du village, abstraction faite naturelle- 
ment des maisons isolées, qui ne sauraient constituer la notion 
d'une localité. De ce que la nrûia est nommée à propos de pauvres 
qui vivent d'aumônes 3 , on peut déduire peut-être qu'elle désignait 
les établissements des plus pauvres de tous ; les indigents qui ne 
pouvaient posséder ou louer une maison dans la ville oii même 
dans le village auront élevé leurs cahutes en petits groupes en 
dehors de l'endroit, préparant ainsi la formation de nouvelles 
localités. 



1. Je crois devoir donner au mot Fl3"pttJ dans la Tossefta un sens pliiâ large que 
dans le Babli et dans le Yerouschalmi, car dans la Tossefta il est placé à côté de 
médina et d' « hégémonie », tandis que dans la Babli (6a) il vient seulement après 
NCH30 ND1273» c'est-à-dire une série de maisons, et dans le Yerouschalmi (43c, 
1. 5 Ml est accompagné de la particule « même » (ib^Dî*)- Dans I e Yerouschalmi c'est 
Samuel qui parle, dans le Babli c'est R. Schéschet, et ni eux ni les rédacteurs des 
deux Talmuds ne se réfèrent à la Tossefta ! 

2. b. Aboda Zara, 21 a ; on veut dire trois maisons, comme Raschi le remarque 
avee raison sur Gui'tlin, 6 a ; v. aussi Levy, IV, 553. Je laisse de côté les passages où 
Î13"î5tb désigne une seule maison d'habitation. 

3. T. Demaï, m, 16 (p. 50 Z) : ^pifi ^ifS Kîp^jjS Î*»5î3 ■ \ -^Dïp ^3^ 
'"D *j[^]p^n?31, « les commissaires de charité perçoivent (les jours de fête) en silence 
les offrandes qu'on met dans leur giron et ils les répartissent entre chaque établisse- 
ment (SîlDUîl SîtàÏÏ 53 >3ji de même j. Demaï, m, 1 (23 6, 1. 49). Ici le mot 
ÏIjID'^ ne peut pas désigner une maison seule, car ce serait n^^ ; voulut-on le res- 
treindre encore davantage en le rapportant à chaque partie d'une maison, le but, qui 
est de ménager les pauvres honteux, ne serait guère atteint, sans compter qu'on s'écar- 
terait de la définition talmudique de nîTDlD. ha juxtaposition îljhsEjl nij"Dti3 rap- 
pelle le passage de M. Maccot, n, 7 : ïTnD'ôjb njlD'^72 nb"l3, où il s'agit de fermes, 
de hameaux isolés. 



38 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



7. — tm 

L'emploi du mot bien hébreu rm dans le sens de « région » n'est 
pas indiqué par nos dictionnaires *. Mais voici un passage où il si- 
gnifie « rayon de territoire » : Pourquoi n'a-t-on pas déclaré impure 
la région de Guerar?... Parce que l'habitation y est malsaine sans 
cela. Et jusqu'à quel endroit?... Jusqu'au ruisseau d'Egypte (Wadi 
el-Arisch 2 ). 

s. — «r»aa. 

D'après l'explication de Levy 3 , le mot ét^m, ywvt'a, « côté », 
latus dans le sens géographique, nous fournirait une autre dési- 
gnation pour indiquer une région, un district. Mais ce terme, qui 
apparaît dans la description des frontières de la Palestine l , paraît 
authentiquement sémitique :i ; dans le Sifré, il est remplacé par 
•pbpujfin fc^ait 6 , ce qui signifie les « collines » d'Ascalon, d'après 
le sens de attira dans le Targoum sur Psaumes, lxviii, 16 (éd. 
Lagarde) 7 . On constate explicitement à ce propos que la frontière 
passe devant ce point, et que la ville d'Ascalon elle-même appar- 
tient déjà à l'étranger 8 ; or, il est naturel qu'une chaîne de col- 
lines forme la frontière. Du reste, nous avons là un autre exemple 
de ce fait qu'une ville et son territoire peuvent avoir un caractère 
différent. 

On peut d'ailleurs émettre l'hypothèse que le terme fcr^aaa « pays 
de collines » était probablement appliqué à un territoire assez 
étendu du Sud, c'est-à-dire de la Judée, la région montagneuse 

1. Levy, IV, 433 ne connaît m*! que dans le sens de « côté, direction ». 

2. j. Schebiit, vi, 1 (36 c, 1. 60) ; l'éd. de Venise a : iniN 23> "HT* N5 !"H3 ">3S73 
1]?" , "nan , miïl ; celle de Zitomir, plus correctement, np'H'im'D. Cf. ^p^T"!} dans 
Pseudo-Jonathan sur Gen., xx, 1 et xxvi, 1, pour Tia ; dans l'éd. Ginsburger le Tar- 
goum porte "H3 ; j'ai déjà expliqué ce mot dans mes Lehnwôrter, II, 185 et s. par 
.TcpapiTiy.Y), c'est-à-dire la région de Guerar. Cf. repaprci; dans Josèphe, Antiq., VIII, 
xii, 2 (§ 294 Niese) ; Tepapirix^ dans Eusèbe, Onom. Sacra, éd Lagarde, 240, 28 ; 299, 
74, 77; 80. V. Reland, op. cit., p. 187. 

3. Levy, I, 348. 

4. V. le tableau dans Neubauer, op. cit., p. 11 ; ib., p. 21, il explique : « les.envi- 
rons ou les jardins d'Ascalon ». 

5. Je ne l'ai pas fait entrer dans les Lehnwôrter, II, 168. 

6. Sifrê Deut., $ 51 (85 6); èo^-O ,W"Sûa dans les textes corrects cités par 
H. Hildesheimer, Beitrâge zur Géographie Palàslinas, Berlin, 1886, p. vin. 

7. Cf. Levy, Targ. Wôrterb., I, 123. 

8. j. Schebiit, vi, 1 (36 c). 



DIVISIONS TERRITORIALES EN PALESTINE 39 

d'Ascalon appartenant déjà géographiquemen taux Monts de Judée ; 
de plus, on ne trouve aucun autre nom pour cette région, alors 
que les Grecs avaient celui de optVrj \ 

9. — tfvbt™ 

Je crois pouvoir rapprocher de la forme araméenne gabnaya la 
forme semblable cr^ma 2 . J'y vois la désignation du creux du 
Jourdain (en arabe el-glior) qui s'appelait « Aulon » au témoignage 
d'Eusèbe 3 et de saint Jérôme, lesquels remarquent formellement 
que ce nom est hébreu et non grec. Saint Jérôme s'exprime ainsi ; : 
« Aulon » n'est pas un mot grec (comme d'aucuns le croient), mais 
un mot hébreu. C'est ainsi que s'appelle, en effet, la vallée (vallis) 
grande, riche en champs, sétendant dans une immense longueur, 
entourée des deux côtés de montagnes qui se suivent et se touchent 
et qui, prenant naissance près du Liban et au-delà, s'étendent jus- 
qu'au désert de Paran. C'est dans cet « Aulon », c'est-à-dire dans 
la vallée formée de champs (in ipso Âulone, id est in valle cam- 
p es tri), que sont situées les villes considérables de Scythopolis, de 
ïibériade avec le lac contigu, aussi bien que Jéricho, la Mer Morte 
et les contrées d'alentour au milieu desquelles coule le Jourdain, 
prenant sa source dans les sources de Panéas et se jetant dans la 
Mer Morte. » 

Quel est le mot hébreu que peut bien cacher « Aulon » ? Une 
autre remarque de saint Jérôme 3 nous y conduit : « Abelmaula G ... 
est maintenant un village de P Aulon (dont nous avons parlé plus 
haut) au dixième miliaire de Scythopolis, du côté du Sud, nommé 

1. V. plus bas. — Il est inutile de dire que nfrô^ SWH ,»nvn& NET "H 
aiTI (v. Reland, op. cit., p. 187) n'y correspondent pas. 

2. M. Edouyot, vu, 4 : kV^brîlKa rpH rTJ^?3 (éd. Lowe, ï"ï*"b !"?&*) ; cf. b. Zeba- 
him, 25 b. Ce peut être une expression comme b^b^a ?Vù}yï2, etc. et désigner toute 
une région. — Dans Lehnwôrtep, II, 14, j'ai mis AùXaîa, explication que je retire. 

3. Onom. Sacra, 214, 76; 265, 7 ; 227, 36 Lagarde. De même dans l'éd. Klostcr- 
mann Leipzig, 1904). 

4. Ibid., 88, 10. Cf. 119, 13 : in Aulone Jerichus ; Eusèbe, 254, 67: èv tw AùXûvt 
'Iepiyoù;. 

5. Ibid., 97, 11; cf. Eusèbe, 227, 35 : 'AësXu.acXai et 'Aêe>.u.Ea. Reland, op. cit., 
p. 364, donne comme équivalent hébreu de « Aulon » *pbin ou *pbs$, sans le moindre 
souci scientifique. 

6. nbnrra bat*, Juges, vu, 22; I Rois, iv, 12; xix, 16. Guérin, Samarie, I, 276, 
l'identifie avec Hammam el-Màlih, source chaude dans VEl-g/ior. Ici aussi apparaît la 
notion de l'eau. Pour d'autres villes de Palestine nommées Abila, v.'Schùrer. Geschichte 
des jiid. Volkes im Zeilalter J. Ç/ir., II, 3' éd., p. 126; 4 e éd., p. 162 (je cite pour 
la commodité les deux éditions). 



40 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Bethaula. Mais il y a aussi un petit village entre Néopolis et Scy- 
thopolis qui s'appelle Abelmea. » Ainsi, Jérôme a évidemment 
considéré l'élément « aula » dans Beth-aula comme identique avec 
l'élément « Abel » dans Abel-maula : c'est qu'on ne prononçait 
plus ba« « abel », mais bi« « aul » ! . Puisa cet « aul » on a, comme 
d'habitude, ajouté la terminaison grecque « on », d'autant plus 
facilement qu'on était familiarisé par ailleurs avec le terme géo- 
graphique AûXœv 2 , et ainsi le creux du Jourdain a 1 reçu le nom 
grécisé de « Aulon ». Le mot baa est évidemment en rapport avec 
bav, bana « torrent, fleuve », vocable dont on peut suivre les 
traces jusqu'en assyrien 3 , de sorte qu' « Aulon » convenait par- 
faitement à la plaine du Jourdain, celle-ci étant précisément carac- 
térisée par le fleuve qui la traverse 

Mais outre le Jourdain, cette plaine est encore caractérisée, 
d'après la description qu'en fait saint Jérôme, par le lac de Tibé- 
riade et la Mer Morte et sans doute encore par une foule d'autres 
étendues d'eau. C'est ce qui explique la forme plurielle de la 
Mischna : fet"biriKj qu'il suffit de corriger en trbTiN 4 pour obtenir le 
rapprochement avec bah, baïa. A l'époque de la Mischna, il y avait 
encore un « Abel » (bas); d'où lin canal se dirigeait vers Sepphoris :i ; 
on peut admettre que cet endroit s'appelait de ce fait « Abel ». 
Peut-être est-ce justement le « Abelmea » (fera ba«i de saint Jérôme, 
et on pourrait observer alors que, si d'une part l'ancien baN s'est 
affaibli en « aul », d'autre part la prononciation forte << abel » s'est 
encore conservée 6 . — Dans le Josèphe arabe 7 , on dit que Titus 
s'est arrêté à « Aulon » (Aulan), ce qui paraît correspondre au 
passage où Josèphe 8 dit que Titus, quittant Gésarée, fit marcher la 

1. Cf. dans l'hébreu biblique aaia, qui provient de *DD3a (Gesenius-Kautzscli, 
Hebr. Gramm., 27 e éd., § 84 b, o). Parmi les noms de lieux cf. AùpavîTi:, Haurau, 
*pin (Ézéch., xlvii, 16, 78), en rabbiniqdè *pan. 

2. V. les nombreuses régions appelées AG).wv dans Pape, Wôrferbuch der grie- 
chischen Eigennàmen. Le mot se trouve aussi comme emprunt dans l'hébreu rabbi- 
nique, v. Lehnwôrler, II, 15. 

3. Gesenius, Handwôrlerbuch, 14 e éd., s. v., baS«. 

4. N^bmN est une imitation facilement discernable de bniN, tente, précisément 
parce qu'on ne songeait plus à l'ancien mot 531X. Primitivement on écrivait sans 
doute bVlN ; les deux *n ont donné n, c'est-à-dire bnN (éd. Lowe), puis bîlltt- 

5. T. Eroubin, ix, 26 (p. 150, 1. 20 Zuckermandel) ; b. E?'Oiib., 87 b. 

6. On trouve aussi 3173 bas (HChron., xvi, 4), nom dans lequel baN est déter- 
miné avec raison par « eau » ; c'est aujourd'hui Abil el-Kamh (Robinson, Neue Bibl. 
Forsckungen, p. 488 et s.j. 

7. Wellhausen, Der arabische Josippux (Berlin, 1897), p. 37. Dans le Yosippon 
hébreu, ch. 81 (dans l'éd. non paginée de Constantinople, 1510, c'est à la p. 1156) il 
y a : rijlb^N NITT ÏÏQ12 3>0"n ; cf. éd. Breithaupt, vi, 34. 

8. Bellum, V, i, 6 (§ 42). 



DIVISIONS TERRITORIALES EN PALESTINE 41 

cinquième légion vers Àmmaùs et la dixième vers Jéricho ; Aulon 
peut répondre à Jéricho. 

Le pays d' Aulon, dans le sens de plaine de Jourdain, est appelé 
par Josèphe et d'autres écrivains grecs [xé^cc weBfov, « la grande 
plaine », ou simplement 7ce8iov, c< la plaine » { . Le mot iceBipv, ou 
•weBtvir) est usuel aussi dans la Septante pour tiute. Par opposition, 
la région de Jérusalem est appelée dans la Septante et ailleurs 
« la montagneuse » (opeivVj) 2 . D'autres désignations géographiques 
du même genre sont les suivantes : ôjxaXvj, mot gauchement formé 
par Aquila pour rendre nm?, plaine ; xà 6p7){Aa, le désert ; Toa/wvïxiç, 
qui désigne un pays dur et rocheux. 

Aucun de ces noms ne se rapporte à une division politique. 
Les écrits rabbiniques ne connaissent ni le partage de la Palestine 
par Gabinius, en cinq districts synédriaux 3 , ni la répartition en 
quatre tétrarchies, provoquée par les circonstances politiques ' (à 
moins qu'elle ne se cache dans la notion d' « hégémonie » exa- 
minée plus haut), ni la division de la province de Judée en dix ou 
onze toparchies 5 ; néanmoins, on peut conjecturer que la toparchie 
elle-même dérive du ^bs de l'époque perse. Il est vrai qu'Eusèbe et 
d'autres mentionnent des toparchies après La catastrophe de l'an 70, 
mais c'est uniquement, semble-t-il, à tin point de vue archaïque : 
elles n'ont pas eu de vie véritable, ce qui peut expliquer que les 
ouvrages rabbiniques de cette époque les ignorent. 

P'our les divisions administratives de la Palestine sous la domi- 
nation romaine, je renvoie à mon article dans cette Revue, XLVI, 
218-236. 

Vienne. 

S. Krauss. 



1. Josèphe, Anliq., XII, vin, 5 (§ 348) : uiya ueôîov, devant la ville de Béthsan 
(Scythopolis) ; de même iMacc, v, 53. Dans Ant., \, 9, xoi),a; seulement égale ueSiov; 
v. Reland, op. cit., p. 363 et s.: Raumer, op. cit., p. 40. 

2. Josèphe, Bellum, IV, vin, 2 (§ 451). Pline (Hist. Nat., V, xiv, 70) cite une topar- 
chie d'Orine, dans laquelle est située Jérusalem. 

3. V. Schurer, op. cit., I, 3° éd., 339. 

4. Pour abréger, je renvoie à mon article Tetrarch dans la Jewisk Encycl., XII, 
120. 

5. Josèphe compte en Judée onze xXvjpouyt'ai ou Torcap^îai, Pline en compte dix. 
V. Reland, op. cit., p. 176 et s.; Schurer, op. cit., II, 3« éd., p. 181 (4° éd., p. 229- 
230). — On trouve NDIlJIDN = Toitâp/Y];, v. Lehnwurter, II, 100 et 600. 



NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS 



SUR 



ABOU-L-FARADJ HAROUN BEN AL-FARADJ 



ET SES OUVRAGES 



L'importance et l'activité littéraire de cet auteur caraïte ont été 
mises en pleine lumière pour la première fois par l'article de 
M. Bâcher 1 et par le mien 2 . Il apparut alors qu'il avait vécu à Jéru- 
salem dans le premier tiers du xi e siècle et composé une série d'ou- 
vrages sur la grammaire hébraïque et l'exégèse biblique, ouvrages 
des plus remarquables et qui font de lui un savant éminent. Il ne 
semble pourtant pas avoir exercé une grande influence : il est rela- 
tivement peu cité par ses coreligionnaires caraïtes 3 , et les auteurs 
rabbanites, Aboulwalîd, Moïse et Abraham ibn Ezra, ne le men- 
tionnent pas nommément, mais le désignent d'une façon anonyme, 
comme « le jérusalémite », ou encore « le savant (ou grammairien) 
de Jérusalem ». 

Comme nos renseignements sur Abou-1-Faradj sont rares, nous 
croyons bien faire de signaler quelques données nouvelles sur ses 

1. Le grammairien anonyme de Jérusalem et son livre, Revue, XXX, 232-256. 

2. Aboul-Farad j Haroun ben al-Faradj, le grammairien de Jérusalem, et son 
Mouscktamil, Paris, 1896. (Tirage à part de R.É.J., XXXIII, 24-39, 197-218.) Qu'on 
me permette de corriger à celte occasion quelques fautes d'impression : p. 8, 1. 1 : 
NOINO"), 1. NHDnNCn ; 1. 10 : HT, 1. HT: i. 14 : -|"d. I. H"D ; p. 9, 1. 2 d'en bas : 

t-p*3, i. rm^s ; p. 10, i. 5 ; nniN, l. nm«; p. il, i. 4: t"u ï'\ l i"^ n"s: 

p. 13, 1. 9 : 'i \\, 1. T""J 'N; 1. 16 : TD, I. ■»"■»; p. 14, 1. 17 : Y'\ 1. 'i ; 1. 23 : 

n"\ i. '•*; p. 15, i. 16 : 'i n"'?, i. 3"-« n"b ; !• 19 : a"? a"-< yœnrr, i. a-wio 

N"^ '1; p. 16, d. 1. : ^nn iprn, I. 5"nn ^nn. 

3. Les auteurs caraïtes qui le citent ont été réunis par Bâcher et par moi. 11 faut y 
ajouter Aron b. Élia (Gan Eden, f° 21 c, 1. 5). 



NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS SUR ABOU-L-FARAD.I TIAROUN 43 

ouvrages manuscrits. En même temps nous passerons en revue 
ce qui a été révélé et écrit sur sa personne depuis les travaux 
précédents. 



1 



Quelques renseignements biographiques sur Abou-1-Faradj 
Haroûn sont contenus dans la chronique des savants caraïtes 
d'Ibn al-Hili, publiée par G. Margoliouth '. Si cet auteur caraïte a 
vécu au xv e siècle, il n'en a pas moins utilisé plus d'une fois de 
bonnes sources pour la période ancienne 2 . Entre autres points 
nouveaux pour nous, il nous retrace la grande activité professorale 
de Joseph ben Noah, qui a vécu à Jérusalem au tournant du x c et 
du xi e siècles 3 et autour duquel soixante-dix savants (chiffre sans 
doute exagéré) se seraient pressés comme élèves. Les plus remar- 
quables d'entre eux étaient : 'Abou Ya'koûb Joseph al Basîr et 
notre Aboulfaradj, qui le mentionnent tous deux dans leurs ou- 
vrages ''. En effet, Aboulfaradj cite Joseph b. Noah comme défunt, 
tandis qu'il cite son collègue Aboû Ya'koûb al Basîr comme vivant 5 . 
Mais celui-ci serait mort avant Aboulfaradj, qui le mentionne aussi 
comme mort G . Or, comme Al-Basîr nomme le gaon Samuel b. 
Hofni comme mort et qu'iladonc écrit après 1034 7 , comme, d'autre 

1. J. Q. R., IX, 429 et suiv. 

2. V. mon The Karaile Uterary opponenls of Saadiah Gaon, n° 41 (=J. Q. R., 
XX, 220). Cf. Z. H. R., II, 79. 

3. V. sur lui Steinschneider, Die arab. Lilevalur cler Juden, § 38, sauf que l'iden- 
tification avec Joseph ha-Basri et la date vm e -ix e siècle sont inadmissibles. 

4. P. 433, 1. 3: 11EÔ» "Dtt ^ïîb^l -PÏ35N apa"> T3N ^Ï35N IfcCl... 

^b» [na p qov] apjn i 3 n yvbh nni ï&o l?a nbttâ "jw "pian; ib. 1. 1?; : 
Dipbc* ^d nen rrb feo nat* rirai ûipn ^p ira na p apan iaw\ ^ob«i 
naa ja^ob» Dnnbai )n xnbay y bNp^ nt: ts? rrs •jêoi ûba?bb spiïîbK 
HimatbH rnn ^y myn rnnnoKi innNn ânsb» nat* ■pœb&n "patabw apan 

m^T )T1«n âisb» IDN «rPB IND *J73 rtb^5 1» IND: ; iô-, 1. 3 d'en bas: 

ribjaâ )i2 coco "wpttba pn«n naao (i. -psaba) "nitaba apy iat< "pariDbK 
b«p Nttns^acn ^s naa> isbipi M.nnsNb anpn N?aa na p r:y isnp 172 

*|tf5D (Sjb-'D. Ainsi, si les indications d'Ibn al-Hiti sont exactes, Al-Basîr a également 
vécu à Jérusalem, d'après quoi il faut rectifier Z. D, M. 6r., LXI, 751. 
o. V. mon étude, p. 18, n. 2, et p. 36. n. 4. 

6. P. 433, 1. 7 : 12N ^pttbK bap n« fNIS"! *OH NDin àp^ "iaN ^tDb«1 

my «ânryn mai"" nsb'N "ia« ^-tiabN "jab iy-inh â-iob». 

7. V. Harkavy, S/uci. w. Afill.', III, note 121. Cette date s'accorde avec l'indication 
d'Ibn al-Hiti (p. 434, 1. 2), d'après qui Joseph aurait composé son Kitâb al-istibsâr 
en l'an 428 de l'hégire (1036-1037). 



44 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

part, son disciple Yeschona b. Yehouria, dont il va être question 
tout à Tlieure, écrivait déjà en 1050, Al-Basîr est mort probablement 
vers 4040 et Aboulfaradj Haroûn sans doute pas beaucoup plus tard. 

Aboulfaradj, toujours d'après Ibn al-Hiti, qui, cbose curieuse, 
ne mentionne aucun de ses écrits, a également eu des disciples, 
entre autres, nous affirme-t-on, Aboulfaradj Fourkân b. 'Asad, 
c'est-à-dire Yeschona b. Yehouda*. Ce dernier était connu jus- 
qu'à présent comme l'élève le plus distingué d' Al-Basîr seulement, 
qui, comme son maître, a énergiquement combattu la théorie dite 
du « rikkoub » dans le droit matrimonial. Or, comme Al-Basîr est 
mort avant Aboulfaradj Haroûn, il semble que Yeschoua ait suivi 
ensuite les leçons du collègue de son premier maître. 

Comme le maître et l'élève ont porté l'un et l'autre la kounya 
Aboulfaradj, ils ont sans doute été confondus plus d'une fois 2 . 
On s'est demandé aussi à quel Aboulfaradj se rapporte la relation 
connue d'Abraham b. David. Cet historien raconte que, parmi les 
caraïtes de Palestine, se trouvait Aboulfaradj, qui convertit au 
caraïsme Ibn al-Taras, émigré de Castille; celui-ci rapporta ensuite 
dans sa patrie un ouvrage d'Aboulfaradj 3 . En un autre endroit, 
l'historien nous apprend que cet ouvrage était un commentaire 
arabe du Pentateuque, qui commençait par les mots: « Au com- 
mencement étaient les ténèbres », qu'il contenait dans la section 
de Bereschil des blasphèmes témoignant de l'ignorance de l'autour 
et dans la section Elé Massue des prescriptions de droit civil et 
successionnel qu'Aboulfaradj avait lui-môme imaginées, s'appuyant 
sur sa raison, mais non sur la tradition et la démonstration ; enfin, 
qu'il avait lui, Abraham b. David, composé une réfutation de ce 
commentaire ''. 

1. P. 434, 1.6: K-ip"» VND ("ÎO&btf pN J-lïbN "UN ffiobÙ %$j FBK S"»pV.. 
5")E)bN TDK "P'wbtf ^hy. Sur Yeschoua v. eu dernier lieu mon Retraite titêr'âry 
opponenfs, n° 17. Grâce aux indications d'Ibn al-Hiti nous savons pertinemment que 
Jérusalem était aussi le lieu de résidence de Yeschoua. 

2. V. Steinschiieider, l. c, § 48. Mais je ne crois pas que ce soit cette confusion 
qui ait donné naissance à un ijTinî* 3>"n;n pr»N p rî:ni25 , \ cité par Hadassi et 
Élia b. Abraham, et il est plus vraisemblable d'admettre, avec Pinsker (p. 109), que ce 
Yeschoua était un fils de notre Aboulfaradj. qui s'appelait, sans d< uM. en hébreu Aaron. 
On comprend ainsi que ce Yeschoua b. Aaron ait été le discip'e d'AI-Basir, comrrle le 
dit Hadassi : il a donc vécu à Jérusalem et eu pour maître le collègue de son père. 

3. Ed. Neubauer, p. 79: sîobii îa£ ^"WK H^Tî pih jHlïa, iTîiÔ "158731 

p« ^tû tous ç^attja nn« b^pb oab jjbrri ûàïrùa ^nnaàty ipnrr:r 
173 noD ht aron inHnî "îmon çjhni a-isba -on snznn nji h$y\ D^nri^N 
Dsnnba p îo'oib'rH mtom rroEm ^notan «in ihèbN nn&î *yvi$. 
'fâl ^b^jiDpb, 

4. //>., i>. si : n-nm n^-jr:i eJT^ tpTi *ido na^nœ ira cm xin: HÏÏfcfii 
•hdd nbnruo ">"no aansba ia« ^itob« ■>n?3u:n pT ma* -pond nbyn ^sbr> 



NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS SUR ABOU-L-FARADJ HAROUN 4o 

Steinschneider voit dans cet ouvrage le commentaire du Penta- 
teuque d'Aboulfaradj Haroûn, dont il sera question plus loin ; mais 
il ne semble pas que ce commentaire ait été répandu en Cas tille 
et on ne sait pas qu'il ait contenu ce qu'en rapporte Abraham b. 
David. Il est donc plus sûr d'admettre qu'il s'agit ici de Yeschoua 
b. Yebouda, qui a écrit deux commentaires sur le Pentateuque, 
J un plus complet, l'autre abrégé. Ses commentaires étaient connus 
en Espagne, c'est ce que prouvent les nombreuses citations d'Abra- 
ham ibn Ezra et le fait que celui ci, dans sa Préface, cite Yeschoua, 
à côté d'Anàn et de Ben Maschiah, comme un des représentai) Is de 
l'exégèse caraïte ^. D'une façon générale, Yeschoua était pi us popu- 
laire qu'Aboulfaradj Haroûn, de sorte que si l'on voulait parler de 
ce dernier, on ne l'aurait pas désigné sous le nom d'Aboulfaradj 
tout court 2 . 



II 



L'ouvrage le plus important d'Aboulfaradj Haroûn est sans doute 
le Kitdb al- Mouschtamil, dont le plan et le contenu nous sont 
connus surtout grâce à l'étude de M. Bacber. Malheureusement, 
nous n'avons toujours aucun renseignement sur l'autre ouvrage 
grammatical d'Aboulfaradj, le Kitdb al-Kâft, qui se trouve en 
manuscrit à Saint-Pétersbourg (au complet ou fragmentairement?). 
Mais quels sont les rapports entre ces deux écrits? D'après Bâcher, 
le Mouschtamil se composait de huit parties, de sorte qu'il faudrait 
rapporter à cet ouvrage seulement ces mots d'Ibn Ezra, au commen- 
cement du Moznayim : pnp'n "jpn îm t» i^na iwp j<b ^brci-p ûam 
Dasç» tp-psos d^-.so SSKia iVwbn. Ainsi, Abraham ibn Ezra ne con- 
naîtrait pas du tout le Kitdb al-Kdfi, de même que son homo- 
nyme Moïse ne nomme que le Mouschtamil. Par contre, M. Harkavy 
assure — mais sur quoi se fonde-t-il? — que le Mouschtamil ne 
comprenait que sept parties, et j'ai alors demandé si le Kitdb al- 

m-rr» m:n; masnn ja^ttbs b? in nai mçjpa mo baa dsbâ b-pN ifi 
■rçyji rnhp» ■•i'H Sa?E ma ijpn ha» "noai -insn 'p-iam imbao by 
-\i2ia, Nin dn » ri 1 "»"! di^j «Vi naap pic aôi ïwa aiu; Najï rnbpa 
imbaa DTÈ'ahp Tppnrn nso rnrnçn Tiana ?3gi nid ^£np^ bpybis. 

1. Les citations peu nombreuses que fait Ibn Ezra du ■TOblB'VP!"'! ou "plp*"\J27î 
■rçjbïJVpn v. Bâcher, Abraham Ibn Esra als Grammatiker, p. 174) peuvent être 
empruntées aux ouvrages grammaticaux d'Aboulfaradj Haroûn. 

2. Cf. aussi Scbreiner, Studien liber Jeschica ben Jehuda, p. 89 (et sur ce pas- 
sage, mon Zur judiscli-avab* Li/.leratur, p. 50). 



46 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Kâfî ne devrait pas être considéré comme le huitième livre 1 . Il 
semble qu'il en ait été effectivement ainsi ; il semble même que le 
Kitdb al- Kâfi formait un élément du. Mouschtamil. Dans l'ouvrage 
intitulé ttN&brè&i rnia, dont il sera question plus loin, on lit, sur 
Nombres, xvi, 18 2 : nns "ispn .'pn&o maai iyM2 brw nns rittm 
•pirrën mi^i -ispi -iod" 1 in nyn^i ^nm ^0173 y?: Taun^bN mk» 
ïirwi r-naai ^d ^nba nb» *"3*â ^bib nnpD ... Houn? mba* "pam 
■rçai [a^-inrr Dvn] fc^iibatti "piN rrii ^d t6n niba* bna 273 w»a 
Sarv^ba* ïb Tib» aaopa* ^d nsara ^k» a*73 non Cianaa) Sarrir 
*|ba* ^saoban. Aboulfaradj paraît avoir eu sous les yeux ici la 
troisième partie du Mouschtamil, où il traitait des lettres de 
l'alphabet 4 ; or, comme il est invraisemblable que le al-Kâji ait 
également contenu un chapitre sur cette question, cet ouvrage 
formait sans doute un tout avec le Mouschtamil et c'est pour 
cette raison que les deux sont nommés ensemble 5 . 

Mais si la partie lexicographique constituait la septième partie 
du Mouschtamil 6 , le fragment, publié par Hirschfeld T , sur la 
langue chaldéenne, qui forme la fin du Mouschtamil, doit être 
considéré non comme une nouvelle huitième partie, mais comme 
la suite de la septième, d'autant plus que ce morceau n'est pas 
désigné comme une partie nouvelle 8 , et porte seulement ce titre : 
^ba* ■'îÉnosbM hab ^b DKbfiobtt. Ailleurs encore, Aboulfaradj réunit 
dans les différentes parties du Mouschtamil des matières diverses 
et intitule chaque chapitre Datoba* (comme dans la cinquième partie 
qui vient d'être citée). 

De ce singulier lexique d'Aboulfaradj, qui formait ainsi la pre- 
mière moitié de la septième partie du Mouschtamil, j'ai publié 
dans mon étude la leltre y en entier 9 . J'avais choisi cette lettre 
parce que je pouvais l'éditer d'après deux manuscrits du British 

1. V. mon étude, p. i, n. 1. 

2. Passage cité par Margoliouth, Catalogue of /he... British Muséum, I. 20iw/. 

3. C'est peut-être une polémique contre Saadia, qui traduit ainsi. On trouvera plus 
loin la pieuve qu'Aboull'aradj a connu et utilisé Saadia. Cf. aussi Louma 1 , p. 50, 
1. 9. 

4. V. Bâcher, l. c, 240. 

5. De même le passage sur Dent., iv, 32 (rite par moi, p. 3.*». et par Margoliouth, 

i. c. ; v. plus bas; : ^saoban b»rnp»b« "QNro ytz «nasa ^d ïïrmiDttb» 

pourrait être expliqué non « dans les chapitres correspondants de mes deux ouvrages 
(JÎU5) al-M. et al-K. », niais « de mon ouvrage (4^*2) al-M. et at-K. ». 

6. V. Bâcher, l. c, p. 247. 

7. Arabie Chreslomalhi/, p. 54-60. 

8. Au même titre que DMfiÔbfit TÂbfct, par exemple, v. Bâcher, L c, p. 243. 

9. Loc. cit., p. 15 et suiv. 



NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS SUR ABOU-L-FARADJ RAROUN 47 

Muséum (ms. or. 2592et2594). Comme on ne peut guère espérer une 
prompte édition de tout le Mouschtamil, et comme la partie lexico- 
graphique de cet ouvrage a un intérêt tout particulier, je donne ici 
comme nouveau spécimen la lettre a, la première qui soit conservée 
au complet et qui se compose en tout de trois articles (d'après le 
ms. 2592) : 

riàob 2 ">b nnbfi* mn iba> ' tpnN nnbhba :~n~ naânas &n« p]}j 
wNnp" 1 "!) ^osa nbwt n'anpa "TObs *T«rn©» «amns "p^aa phndn 

taTDNa Nb (I w t3 DO DO) DDODa ba»an («"■' DO DO) ^OD3 ba»an «bi ('b Va 

*p*i naapai [rV-a r"a bapîrr) 'n^N nbana lY'a do do) ûvibya «bi 
an api ba ^obx Y 5 " 1 ^ D naanba "ppa ttki ma 6 nrîTbw\ wjja ^bii 
naa* p ba»a ï-rbTpa apb ddn ^nababai ,iana»bK id ocabà -noa "ara 
"j^d taaabbN -iNan DaNÎaabN ton x-:n baa t^îiNi .(Va 'a û.^aaiia) 

baonnabai Epanba ^ara la na^a y b à ïrriatbs ïrina "pa»b&n ba^aba 
c^iwST .('« n"^ do) a»bam rpom baa (i"i t"" *b»n] a»b*nn "aa'an pa 

CasbbN un ba^ab» mpaw »biN ■pyba n^si a^mnb« Nin p n-pan 
aaaa p "T*Mtbb NaaN smw .twd anb i^a b'a'a» tt-natb» nina 
»ïTa«rn .('a N"a û^nai) npn nba^ l'a 'a Nip^i) npn p baa» 'ipa npaba 
ïhhiy ^anaôt* ^d irïKaoaba bapraba t^rra bnanabN nbab» DaoN 
*-ion r-nbaja (a"" 1 rVa rpoana) mb.aa» 'xa y-isa taaab inp rfanpa 
s-iKaoan ('a 't nanaa) tawiDan ao ba» nbaa* ('n Va do) s-ians nbo 
DïTrrnaoai (a"a 't 'n naaba) a^ao bar nbnpa winb» ànribKrii .^bi 
Ct 'n bapTm) baa» ban rpa nos ipn (N"b do do) m baa» Nb ma* an» 
1» — on tôt bn» baa»i 'anay *pa^ '-min n»V bân isan *]bi t» 
y a» a taaON Nna»asm .iNmnbN t>nrî iba* tp p»ba» nwanoN rvn 
('a N M b nanaa) 7aiai b*ay na*aa n'anpa pnb« ^ba* lia*' "Hbw ^bnba 
riâmabai pnabb don Nnoa^âT . (a" 1 ' T"a 'b«pTrn) "j^arN ba* ta^b^aa'i 
('t Va ma^i) bbsn p-«i2£ baa>a (Va "i -^boa) ^■«ban baa»a obs nbipa 
'pa apb taaoN ^d Nnon^DT .t^nb^na^i Ci'n^boa) r-pmbaya ia>a 
.('n '3 'a bai»©) m nias nba^b (a"i 'a tracra) a»i7a ^b' 3 1^ y 
n">o^bo nbay (a w ^ a"i roin- 1 ) "pba? ^ba 'pa ^^72 don î^n^nNDT 
■j-«ybN a»ani rn^nn asâab» Nin "jy nTari t<iNT .('n Va mano^) 

î. Ms. tjinaba. 
2. Ms. wnb«. 

3. Ms. "JTlDN r* 73 * 1, 

i. Ms. TNTaON- Cf. David b. Abraham Alfàsi, s. v. (dans Ousoûl, 778, I. 8) : 

n;osa bran bna opab» Tara©» "•inpn ba»a naéb. 

5. Ms. nON. 

g. Ms. nnîbN. 

7. C'est la traduction du Targoum : pabao fbai nD^IDD (cf. Rascbi). 



48 REVUE DES ETUDES JUIVES 

ï«Dbb« i ftaiijg niNDN a b" y nmttbs ï-rina ^wab» un taabbN 
Nin b»ï n-îni .(<3a"bs?aTO tannât na^b -lïron ûnba» iiiabi rfaopa 

rnm bjrabs on ^sb« Nnapyn bâbbs anpm rma Knaa> a^mnba 
^«obb« l nTaiaVt* 17a MîcrtMW .}KnTpSB c<r;b "jmd âsb Ermaba 
ai») ï-id'o ^aa>ba -o (a^ a"b ûtû) nra *pa ^piab aa?ba nbipa «â*» 
haa ('t 'a rpjs-p) ">b ayb îba ftbipa îTnb'K "pa rraKnbai ? (n'^ n"a 
a«b ay.bn («"p'd^^ûot) 3b s-iaarb ('n 2"d û^p; sb la^'an "«en 
l'n ia"a> dramn) obpi aib ('t Y'b bapwr) aybbl jab (t""> 'b ^bjtt) 

s-hsbn rrÉsb ^d rp"^ 3 tpnN nnbnbtt irrin nnôna» s^ttn ^j 
fcaaab na-a ^aar; («"b tt"p a^bnn) r-rap mn ma>a nbnpa "nâïb» 
Ci fb rptaana) "pas ia ^nsa^i (a""i t"i sto©'»] ^a *nyy\ ('a 'd "ONbn) 
r-ra "na»an t**bi ('a n"a ïtotdi) *p '— ia>a»i ('a 'a rmar) *p ^"- "îw 
aoinri mna aNûaaa>N Nin "ja* nman nini .^an rwataNi [TU 'a mi) 
ypa Nn^JB i&o y î â rmaba rnïia )wmi Sa^aba Ta ui-nbN 
['a fa !-T7am) -m anan ba ('n a"** a-nanï ia?a7a anan «bi 'pa TOb» 
ana^ rrttb (T"a t"û3 bKptrp) ^pn a*na&n ['a 'i B-hai) na^a nanari Btbi 
ïiyna ipr bai ('a Y'? d») a >ta ia^ îapbra b-naai ("i T"a nai7aa) ia^a« ipç 
*-nnz mfnroK nit; }*> nman snxv .*pi riKapcn (fa n 7a ï-pût) 
yy-2 wNTaawN na^a ma y rmxbït nina bwab« «napam J" 1 ?^* aipnn 
.('t 'nn'MT) maan o^on mm [n'-ri n"b n^c) -naa> aiaa n'mpa m^ab» 
rrina b?a^abNi X*y?t* r a o^bw aoinq 3 DKÔabM tri- ^naa» b«t nint 
k naaa7abb N7aaN Nnaia NBttrnna .inp-i^sd «nb "jsa n'y nmasbfij 
hm« mp'w-b nb*,pa yi^â?: ï-iih ^by ^-jNb« ^e a*-ir N?a ^m 
tmai-irb [a"*' 'n © w rro) taa^TD- rainra ('t t"^ b.xpîm) n^Kiia ma™» 
('3 n"7a D"bnn) aim b^a 'pa â-iâybN p , 'iâNb« , i .('a 'i rô) tava-iiar; 
nman ni^si .('a 'n ?nt) aia»n mis m7ana aa (aï)) ana'n v ^Da p 
snmatb» rrîna «ma» i^b^i ^bi.v a^nb» '■sxni a^n-inb» Kirs "ja» 
tanw r-ibrjo 'pa nânbb« aa« siannns .■jsn-naiB «?ib v sD ^^"î 
Ci n" 1 mTan* 1 ) "ians yan ('ai'barw inw a*an (»"a T"a nan7aa) ra-ja 
NnBTin riamnttbs nîasbbN ^a "ibsb» i*n" , XBbsi 5, ]bi b«r»r»i 

1. La forme rîTjlâa*^ ne figure pas dans les lexiques arabes, mais seulement 

rftaày. 

2. C'est aussi la traduction de Sa;idia flans les deux passages : "jNobbK ÛS3 et 

m7a!";'N naba, Cf. Ousoul, 354, i. 7. 

3. Ms. aaab». 

4. Ms. nDDTD7abb. Yéfet traduit aussi acian ra-na* (Cant., v, 11; m. 2) par 

artaba aa.\07j. 

;». Suit une longue digression que j'ai déjà publiée et traduite dans mon étude, 
p. 16-18. 



NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS SUR ABOU-L-FARADJ IIAROUN 49 

(n"o n"a D^3i) a^ain sô du aiaai frbipa nnaa p aininb» Nin 
anain ^»b (a"-« n"a m*» 1 ) wanan nawi (ï"u 'i nw) anai» ii«r73i 

,(Y'b 'a ïtot*) yiai dn 

rn«D8 nbsb ^s ûwâabat Nina rpnN nnbrib« fiin mai nîn ^"ij 

«a «mriN .rtebron mai ^b* ûâynbftn iaab« Nmns .^nj» 
(-,«23 -j"i jéiït) buan û*ini nbipa nnnNott rrwpn aoâbN laa i* ^3-> 
Snin »T3n (t"î3 'n ûta) bilan nN73i (n"^ Va rpîaana) Smart ii3i 
tpxiEbN nai a^pn f* "»ar N73 «rpaani »^bi HNata«i (71 'a a"">rn] 
riD"^ ^n» ('n T"a mia&na) bilan ■isa ibipa iwaTba ^a rmab ^bia 
r-î3n (a"-» n 'n bNittïî) ta^nian *vn Ma niab;a (N"a '■< nia) S-nan 
•jy 1331 N73 *»*nfib»rn .^bi bantt&n (t"^ n"-» tua) ai73 nb-nan *na 
1373 (îa"3 n"a anai) fc-nbrra ma73 ibipa ^bîa rp^wa nt5n n-wn 
Sa dn Ca «*ip tpbnn) ^ td>» tzpbvra (a"b «"■» tr^sira) ï-irro 
rra yiabN D">b £^7373 ^bi T«âai ('T n"" 1 triai) Snan " , "" 1 ï"naa»73 
^bîa nsan "pn Rrmâi a»aNnm bgysKbK ih&on ba DNoa«bj* Twn 
^a3• , n?3 Éïwaam -Nibn?: p ittîab» Tian n7373 nidd3 ^d «naia ^73 
Ta nbipa ^bia sjxt xn^by rpsnTabN *pa 2 ba»b bainen riNSX "jy 
na an whk Sua («"■< n"-> ni73ia) taliban ba73 3 'm Sua 

N7373 Y 5 ^ 1^*J21 ('T Y'iT Ûia) 1N73 Sbl73"l "^ Sna ('l T"73p Û^bïin) 

1N73 bna ï-t^73 ©wi taa "pp-ibb/abN ->a fibipai rn i^by pbzji 
baiTs©) iN73 bn'a ïï^m *nii bna ta\ibN uj^n roim ('a n"^ m73U5) 
oibiian D^a bma au: fn 'i 'a û^ab73) nbua nias tauîi ( '3 i"a 'n 
ibipa DDibN ifi ab^no" 1 i?3N p ^a3*> N73 NiD73Nb"i ,('n t" 1 N"">m) 
"nai ^n i-na:^ ^b nsi (n"-' a"a 131733) nbna in nsap t-nwyb 
.(a""»'n 'a D"»ab73) T^bN s iai ^331 bna iai ^3N ('a 'a 'n bNiwttî) Sna 
(a"-» a"a a-«iai) ^b n\a^n û^bma nbnpa 6 id^t bli"» N73 don ^Nfibai 
nbipa âiabN don nb«nb«i .(t"-« 't 'n D^ab73) t-niiaiia ^^73 ta^b^ia 
Ty bna73 ('n 'i ©*no) T 1 "!! bia733 Ci"t3 'a i^-o->) maa Si^73 ba bai 
ni"an nïnt .(t"73 7 3 nit^; bia 7 ^33 3pb ûdn ya^ib^n ,{'i n"o a^bin) 
rinxb« rriia bNibxi bio^ab» ^a ûsbba aoini ri^na asdab» Nin p' 
■»by ^nisn pu: ibipa ^aiybs )12 N3^ip- Nibâ Nii^oan *jNa i S à 

■^3» N73ipD73 5NlbN INiTT ^1 p ni"«an NHNT . 8 (l"t3 T"t3 31?N) ^153 

1. Ms. *pa, 

2. Ms. bi«b. 

3. Ms. na^nb». 

4. Ici l'auteur semble avoir été égaré par II Rois, iv, 9. 

5. Ms. 6pa3fi 131. 

6. Ms. "1DD' , 1. 

7. Ms. 133 173- 

8. Cf. Ousoûl, 136, 1. 12 : -nbâ \x ■>3iybN àabb 03N373 ">nba "»by ">nnan pia. 

T. LYI, n» 111. 4 



50 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

rmm sjfîjj b:m 'ps anaa nos Vil" HhnjtsM rt-ina aabbfin btt^ba 

'Nm^l -('3 '2 DU)) "ibm bj> VD^M (n""> ^ Ûtt5) fcï*l 2031 ('* f 3 Wlfc?) 

û^bnn) S:n3 %*rib« tasm ('i 'n ia"nia) !-nm73 bnm ^bi *je pniai 
tan ûNab» «nappai banba ûTpm ^bn i* nn-in aHan .'(Va 

S->nd abn"> tn nbipD anibN p n,3ND âSn ri-nstbK rrim bwaba 
ab-nn Sd wp ('n 'n u:"nu:) tr-inn hy ïVi» h n"b rrw) noD 

.('a 'n ?r3ôai) 

Gomme l'on voit, cette lettre affecte le même caractère que la lettre 
y que j'ai publiée précédemment. Ici aussi l'auteur fait volontiers 
des rapprochements avec l'arabe, à savoir trois fois (pour b^ y rhxf 
et iba), sans compter dans la digression sur trn yir\, éditée anté- 
rieurement par moi. Ne fût-ce que pour cette raison, ce lexique au 
moins mériterait d'être publié complètement. 



III 



Du Moitschtamil il existe aussi un épitomé, dont j'ai découvert 
un fragment à Oxford 3 . J'ai décrit ce fragment en détail dans mon 
étude ; et j'en ai édité une petite monographie complète sur les 
particules. Stein Schneider 5 demande si cette monographie n'appar- 
tient pas à l'abréviateur. Mais il n'a pas vu que la seconde moitié 
(tp-inban rimnu^abN ÛKsbNbs ~by ûababai se retrouve dans le 
Momchtamil et que le titre de cette partie est presque identique 
dans le Momchtamil 6 et dans l'abrégé 7 . C'est donc par suite d'un 
pur hasard que la première moitié de la monographie manque. 

Des autres parties du Mouschtamil, notre fragment de l'épi tome 
ne contient que deux chapitres complets: l'un sur le masculin et 
le féminin, l'autre sur l'emploi du sexe dans les noms de nombres, 
et, comme je l'ai déjà remarqué dans mon étude 8 , ces deux cha- 

1. Ms. 5*73273. Do plus, on lit après Ni:3 ce qui suit : ^:n 173 pnO"> N732731. 

2. L'explication de ces deux \ersets au moyen d'une parente avec TTH se trome 
aussi chez Abouhvahd (Ousoàl, 152, 1. 33). De même, Yéfet traduit Gant., v, 10 par 

rnVi 173 1337a et Ps., xx, 6, panaaa NsnabN DD&m. 

3. Gâtai. Neubauer-Cowley, n» 2755 9 . 

4. P. 18 et suiv. 

5. Die arabische Literatur (1er Juden, l. c. 

6. Cité par Bâcher, Monatsschrift, XL, p. 118, n 6. 

7. Cité dans mon article, p. 28. — En outre, j'ai fait remarquer (p. 36) que les 
développements d'Aboulfaradj HaroAn sur "O dans Deut., iv, 32 (voir plus loin), con- 
cordent avec ceux qu'il consacre à cette particule, s. v. 

8. P. 20. 



NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS SUR ABOU-L-FARADJ HAROUN 51 

pitres appartiennent à la cinquième partie. Etant donnée leur 
importance — ce sont les plus anciens spécimens de grammaire 
caraïle ' —je les publie ici au complet : 

rmsNnbNi Tonnbfii ^e asa [foi. 33 a] 

N72 *bf wp*tbffl« r»bb« ferra -indSn ^b" 1 wa ûrÎ! nn ^ I 73 fianMii 
■«fonbm "û'ibKS ïma^nba p^-ia W itmwi rtubMbfli p la-nna D"«b 
■*s ■£* jirorrbtt iw ifefpnbtf n*wn» .i&ombN yn Nttmbpj» yibK 
*myînbK in n^whbs âêb pabu^a NasnnN ."paiat ^b? ^fcnayba 
'ipa> nîm "i3*r nnanbN ûotfbtf "pap npc jwnnsiù nn&n ba *b* 
-îirra (Dia) -iN^sn nsnisn mm nin» ('m a"b miû«"n) 2 nn«r! nan^n 
mainba T?y wn thtoïi nàsbi n^awnbM *bj njh nn^rt hâsba 
('a a"a m»û) U5»iDfi mm: un {'n 'n nbrrp) mjaraïi rnn Hjjnbwi 
bfcriiaai ('■> :a"a avis) npa-i àsnb ûaitabn ct 'i nsi») p3T» yncb pan 
rna N»mnN nnnw in maNnbNa in mànnbaa T-isa" 1 ip"i .Tjbi 

rrrann Spn «woNb» "jtt ptfronii tinf &ra 7» 'ipa nâNba i^m 
rrrwh wa&o y*wba« rnaarl p ibi ma ">b« Cn 'a m»ïï) ma-ira y-ia* 
(ifs 'a rp*OT 3 yiN t£na>a fi s*"' rrMomfl) yisn dpin «iaa «bi -ina 

nbR Ï3N3N "pn ^31 •'7^ b»n73N1 (T3 K"D bNpîn* 1 ) inN y-)wN73 

U) 

tpiftfi) saïmb ^n "pm^a 'npa Nmain 4 TOI [33 6] NrnaNn nriniziN 
'ipa p©pbs ^bi Wtai -TbH ma ^ba (Y'aa 's stn) r*s ab ras ('■» n"p 
brua "nâttbN ann , na> N7a-i (a"a 'n a"uj) mn« 5 aTO «b îTOW nrap 

n""« mn?aa) n^nbia wn [ ...}a»pa mm tfnba ^d nbipa ïitsi mnb» 
r^^rt T»atn b« 'pa wb« mai (ÉfN o»n n"to) ptni M^tm mm (»"b 
rrr^în ninwûbdi ."fbi ma ^bw (a f ^ t"*' a*©)' mis ^3a^o^ E^ban 
pttrrb» "(bim (a"b 'b m^c^) mm^ rr^?a 'pa nawbN nn nfrqMn H Sp^i 
r-ôi 'npD mpiûb» ^b'TDi (n"b a"b ai^) mai ii7:rî yi-u'N *â 'pa 
7 tambM riNa -naa 'ipa itinî» ■jb'îsi Kta 'a d\d) maipw nsmwn mr 
HENiiNa 'ïiti ib«b« ankb^T .^bi ma ^ba (n*^ r n a"->rn) -^ p-iN 
n^Nnb^ rîTDMb^ nysn-iN Nifrn rû^ ^ibx DDNbN ">bN maNnbat n72Nby 
Nnb^ N^nnnN lN v »a in •fiîb rtanb*5* mn^Mi N"iai73 !-i:n ab^ 

1. Abstraction faite des digressions grammaticales dans le Dictionnaire de David b. 
Abraham al-Fàsi, qui appartiennent plutôt au domaine de la lexicographie. 
t. .Ms. PNTn. 

3. Ms. y-iNîT 

4. Ms. T£Jï. 

5. Ms. m03. 

6. Ms. bNp^l. 

7. Ms. ambr. 



52 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

pa"< Ntt Nïl3/a mil ">D3» DONSM ^D N^bN IN ûbj>N"l .INnbN nâNbNi 

ï-na*ai nran i-toni ii^m ins pp^pnbN nîittbNi nai^bN pa p-is^ 
DOMbM -6n ^d ">a> m» mïtoi 'jbn bNn.73Ni n\aaan iaaa-> mb*n nb^i 
a»a-p rn orâ «bi [34 a] nantt nb pa* in n^a "p nrvoNn i^cb 
nïïon in "p*^ ^ne N?a"i wai Hra^am nrsoi wm 'pa i-nbM 
rnjMb* ûosbN nàN "»ân ntond NnbN nïïni .pNnyNbNi DNoâNbN 
nhsn -»d NnbN ^"i5?3 -nan "jn NttmnN .priai '■b* ^bii ms rnaMnbb 
rnaNnbN rittNba» [NnbN] nNi: ' nnaa Y D1 P 5 ™ a nainbb riEMba» pan 
nnaa bipm N^ijaptt ribap ^ib« spribM pa** n'^na NiaN ^b-ri ms 
Cn 'i Désira) ta —i?2n nnn mw apa *aa ('ri î"e rraw^ r-nabîos 
oras Ci 'M nbnp) r-nwi* ûbiyb (Va 'a jtaii-p) r-in^si^ nti bornai 

' V T ¥ T 

ritt'xba? ba nsNiNbN an NttaNbM nin nâNiN ^d nNNnbM nSnb 

DOMbM nâa ^d wbN pan in "ONnbN nâibNi .n73nDND apD rpa'Mnbb 

1» nxi? ^a'p "Tib« wbM "»m lÏBMÉNbN carii n->3Nn:>N an pan Mïib 

i-un 'ipa c]Ni7j n^a im naittbM donsn nàN ">s P3Na wm MttbM 

h^Nno* ^33 pan Nn Niia* Nâi NnbN pmt nnDizN mi'mb cin^ts -pa 

('T'bnto) bm nriDUî (M"a a"» p^iBMia) iod3 ms (n"b n": t»t) 
...,"* <" . . - ... , . , . 

nDN£N3>N an pan in:>N Nin:» ";n n^p d?i :>Np "jnd .n,3n 5Nn73Ni 

aps nDN£N:>N an n?n Nn:> vnd [n:> "jn] n?p ns ûdt n"3NnDN am 

yin 2 snnsin ^pm ton h^a«nb« an Nnb in "^T ^ ,;:n n>:) - n P [346J 
inbN nb«T «în htibids bsp "jnd .iï yn im n^înbN "»b« DO«bN 
n"»3NnbN rhaKbya «b» nain «b nnD^: in b^p n^s'înb» ^bN yi-p Mb 
•jni ^iSMbM Pi73«bybM 3 pMà nnnNibN nnttMb? nbMT ^n73D NiaN 
N73DN pa nrianbN in ûbJNi .nsMXMbMi ri^Mnbb pfio^nb nsM3 
6 yiiTai r-iprn 5 n^a 'ipa tod rraMnbM nnn©i * niNiibNi Ni^NbN 

' T t — • T : ' 

n^m "jtû (a"i 'a ^biDja) riNin pa»i s-i3»?anï5 piN (i"a 'n D^nat) rmoa 
ri3Dan nea (a"a 'a n^na) r-i-nio qna (a""» n"a wq) nwi« Sa-n 
^a j»nan (Va Y'a û^aonD) rr<-ia 'mTan Tib ('a 'n "«b»») rriT ^neic 
nya^N (i"a 'a n"ï3) mbym pi^n (a"a n"7a wbi) piab ba jatt3n "pia 

T " ' 

ï-inasti (Va do de) r-pbsraiDn inan t|a ba» (T"a n"^ Nip^i) n^an^n 
rr»aMnbM pa ^ni^ nnbN Nnn ^bar Y^ ^^a-^NT (Va 'n naina) naaa 
■jNobbN ^d ; ipa DpNbN ib nain ntond pMObMi T>bNi iMobbM n'?n 
a"a m73«5) qain nm pNobN pi ('i Va avN) mar\ narp qn ^aiœbi 
tiwdm IN ob^Ni .('a 'abMptrr) "naa nba» "ia nam n-<bN i^i (Va 

î. Ms. nn^aa. 

2. Ms. NnnD^rr. 

3. Ms na. 

4. Ms. nnN^abNi. 

5. Ms. T\ 

6. Ms. ynn. 



NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS SUR ABOU-L-EARADJ IIAROUN 53 

n:i732N QON5? n317û:>N Û3N2N ~N1N073 N733N3N }73 "13a"n D3T N73 

•nosn'b» ^d psmi rnsNnbN tt73«bj ita [35-o] n73^d NbN nainn yroâ ^s 
t|Kbpa NttONbN i» -pcp ^ "& api .caps rn3«nb»i ToânbM ^a NbN 
pïwantti rpnnbN ^d ■pcbrpB N73.a::73 ninttbNi naâTabN \iy* ft;a ^bâ 
■mtp Nb rrisyai n">3«nbN ri73Nby ma nâi" "p^ y^ai .nai-inb» ''s 
ma 2 N73 N^aba inpSie n73dn N73n ynb» rrab ' «;ab 'fbipa "pHI 
«ms Nïiba mabi ^bâ rnsNb* in N73 EpabN 1«b rrsanbN ntttb* 
Dnamâi N73 riabb» bn« in a^a nnaia nt; ^d nmaâ N73 ■nitt "nâi 
ib«p rnab naNss ^ba làNnnN ib b*bi nnssa is" 1 ^ N733 mab lEri* 1 
117311 ^^»bN N-in ib «Tanbrim "»3ibs rnsiD ibap N733 mbe rnab 
1» anp->i (a"3 n"73 n-na&na) rnainN *ai33n p "raKfcba îaairiNi linNi 
w !-ras n'i;a ttp n;a im aaN don «nb "»3> api .nai p l^bi 
INvnbN -r»a p n:-m -o-r N73 5 a in ûb^Ni . 5 (a"a a 73 ûia) 'ms: 
■tabjne rrba* rVrçwnba 62b in -paânbN ôeb pabaN ma nan^TabN 
«rmai ïi»*N-i73 -pa 1» rov N73 aaa p ^ nai^ N73 aNa p nsia 
173 rip^pn ^N:n73Nb -{bai [35 6] iNi^nbN néon brin 'nias ^ain in 
■ni «>ai ann pN 'ipa ^73 N73 aon ma !T>.... rvrNnbNv -paànbN 
DNbabN 173 n s n 5 73 b n n à n nbTan ^abN napbN N-ina 8 NrsNnâw 

.rnaNnbNi -paanbN "»5 



. OJ 



^n:i73"i t^na^ hni^n^n 173 w ^73 ^3 ^aira 

in -nb» çj^n ib^ ïTp»ba»b n^aan âob im ariNi aa^bN biN 
p Ind ~tpi (rs"b 'a 'n n^abn) anN c^nt 'ipa i^âanbN "«a np^pn 
p nnau: ^aab N73N i^inab mya (?) naanN ûhdn Nbib N3a an« 
(a"i a"i avN) taip" 1 Nbi aaa d^ni bnB oaibN ,, by rr^ipT ^a ©^N 
N73i ï-rob©i n^ra !T>b3* NDa^b iNi^NbN ^d n^73 aa Nb ri3«b N73NT 
■>-ibN b^NbN aa-p obi na»aiN rrobo ù^suî bipi in ion-" ab aN *ba 
na>3bN p^na ^b^ nn lin«7 N73 i^k^abN l^an ^in^ -ipi nnN in 
l'i'TD^aaa 1 anN ^ rrbipa aNT N73T n^annbN ^d nnaïî ^aab aaâbNi 
P3173 ^n no-'b nnN in obfKi .('a a' s h^dï) TnN 17312:1 nrtN ■>""» n^n^ 

1. Ms. N^ab. 

2. Ms. 7173. T 

3. Il s'agit du verset d'Ézéch., xix, 2 : N^ab *]73N H73, ou le aie/' remplace le hé; 
mais rpab »e se trouve nulle part dans la Bible. Cf. Ousoûl, s. v., et Kimhi, 
ad loc. 

4. Ms. -)iï3*. 

5. Notre auteur explique donc m3a ici par filles. 

6. Ms. Dban^D. 

1. Cette phrase ne me parait pas très claire. 
8. Ms. Nrn-M73. 



54 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

nnan ina* "jn anp^D nnria 'naô *ip *jNa -p"^ "jnd nb -jab ina 
■^n in&n àsb "J73 bpn^N nSni .■ri^aKnbb'i [36 a] Ta'inbb Nbsù "pFiûôb 
bproN fcn*o .rnaNnbN ^d DTiiûn fc pa , inbN ->d a^aia b«p rrannbN âsb 
an !-PB fia-" naÎEbND fpannbfcn TmnbN 1*5 ^b? *d rïn^bnbN !»bH 
U5buî"i (tf"3 'n 'n bNiïïtt) D**aa ttiab* 'fblpa an "i^3 \yy* nfiatott 
fca^saa yanan (h"" 1 '^bapTirr) nri^b dtjd •rwa-ieo fa '« av«) t-wi 
ï-iafaiB* NbN "ni^ba Nin «nâ* miaybN ^bN nyst a?a ibu ('i 'n ai») 

t : 

aria naiabb na» yttpbt* "je ûbjna* *jn *m nïi ton ^Sn* ne ind 
nb anan ('t 'rr riante) ta™ "CPD3 i-watzn fc nbnpa n**b riir?:Npb« Ni 
t&wj «ba Ci"b '12 bapïm) finira ftaEŒi 'npa rinab nï-jun ûby -«in 
Nbs ('« a"a a"») imiiî»* naia rraforç "ja rr^73p Taa *ô*i»bb «* 
5n "jn 3>72 in T^fibfit ^d NnbN y-ir ^ ^pn .irriTitob mb* bnan 
nV5©1 û^ npbp ■pa p-is «b. *în nid <?* rjsÈiisbN ^s ■pnèôbbK 
T* ta^a» ntobtti û^aaa **robip "tbiai hô&xNbN wa ^ fia*»"' 
ïinbn bp nujbu: "j^a fefÎKi nœbu: * bfcinbtf ^ rinbii bipn *pN 
1» b^bpbw rpaçn "p-itaybN ^ba [36 6] rritû^» la nj>b:: entri .*b«Jn 
^ittjy vittisn -na* nnx ins-ibN -»d bïpns naa -proba ^b» Y7*b« 
.•pntoybN ^bN [mis* »b«5i] ^">ray mobtt î-niay ûTtzn -ncr n^ian 
S^sb pttïi r-pis^bœi ^fbipa nnbKa ^n T&njNba Tioa IN ûb^Ni 
h"a t"73 rrnofina) r-i^ia^an tsnnan (n"- 1 n"a na'jaa) v nn f^^^^ani 
nîn ^bnai (i"b T"lû n»©) ïHD-^n n^wy («^ '-; bNpTn^) i^nn n-«Mî© 
ri3u:aT ('a n"a N-ip^i) 6 n^^a^rr na«a bipn *nyb»a «aoNb» nya 
^n^i (n"a d^ d^! ibà«pi n^tt^ann hausai (i"d a"^ d«d) 'w n^y^ain 
•*D inbio ['» a"a b«pttr) nn^iayn rvvi («"a n"a du:) n^^n rtnaa 

inaiabNi nai7ûbN ^a batsbb NEONba NÎn nâNiN 

On voit qu'en général Aboulfaradj Haroûn avait une intelligence 
suffisamment scientifique de la structure de la langue hébraïque et 
de ses lois. Il va sans dire que les chapitres correspondants de la 
grammaire de son contemporain rabbanite un peu plus jeune, 
Aboulwalîd 7 , ont plus de largeur et de profondeur, mais on ne 
doit pas oublier que celui-ci vivait en Espagne, pays classique de 
l'étude de la langue sainte, tandis que nous ne savons pas jusqu'à 



1 Ms. na. 

2. Ms. n^NnbN-). Sur la forme nMN cf. Ousoûl et Kimhi, s. v. 

3. Ms. rt^a-iN. 

4. Ms. nbipn. 

5. A noter ici la distinction subtile, inspirée par l'arabe, entre n\2)b»2î et nUibttî. 

6. Ms. $3!3H. 

1. Loama', chap. xxxvn et suiv. 



NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS SUR ABOU-L-FÀRÀDJ HÀROUN 55 

présent qu'on ait eu de ces occupations à Jérusalem, dans le camp 
rabbinique, par exemple. En revanche, les Garaïtes y ont fait preuve, 
justement à cette époque (fin du x e et commencement du xi e siècle) 
d'une activité littéraire aussi intense que variée, surtout dans le 
domaine de l'exégèse biblique, de la halakha et de la théologie, — 
activité dont nous nous réservons de tracer ailleurs le tableau 
détaillé. 



IV 



Parmi les ouvrages exégétiques d'Alboufaradj, il faut citer en 
premier lieu son ÙNôbaba mra « Explication de mots (bibliques) », 
dont la plus grande partie se trouve en manuscrit à St-Pétersbourg 
et dont un fragment considérable existe auBritish Muséum 1 . J'en 
ai publié dans mon étude 2 un assez long passage (f° 15 a sur Dent., 
tv, 32), en établissant que l'auteur en est notre Aboulfaradj, puis- 
qu'il y cite ses deux écrits : le Kitâb al-Mouschtamil et le Kitdb 
al-Kâfi; mais je ne savais pas avec certitude s'il appartenait au 
â«s!?«bN miB ou au Commentaire du Pentateuque dont il sera 
question plusloin. La paternité d'Aboulfaradj a été renforcée depuis 
par un autre passage, sur Nombres, xvi, 8, où ces deux écrits sont 
également mentionnés 3 . Mais il ne peut être emprunté au Com- 
mentaire du Pentateuque, car les citations de ce dernier ne se 
retrouvent pas dans notre fragment 4 , Je n'avais pas remarqué non 
plus que le passage édité par moi ne se trouvait sur un feuillet par- 
ticulier que par la faute du copiste qui l'avait omis à la page 14 b 
(où il a inscrit ensuite une note pour le signaler) :i et qu'il appar- 
tient en réalité à tout le fragment des folios 1 à 21. 

Ce fragment contient les explications depuis Gen., xlix, 28, jus- 
qu'à Juges, vtii, 13, avec une lacune entre m» "ntiN nsna et rranD 
"■Q^a. Le titre âtfppabs ma ne se lit pas dans ce manuscrit (il 
figure probablement dans le manuscrit de Saint-Pétersbourg). 
Jl est, d'ailleurs, fait pour induire en erreur, car cet ouvrage 
d'Aboulfaradj n'est pas un glossaire biblique, tel que nous en pos- 

1. Ms. or. 2499, f° 1-21 (Gâtai. Margoliouth, I, a° 276). 

2. P. 35. Cf. Hernie, XL, 265, n. 1. 

3. Ce passade a ét<'- publié par Margoliouth dans son Catalogue, p. 206a, qui a réé- 
dité aussi celui sur Dent., iv, 32. 

4. C'est aussi ce que fait remarquer Margoliouth. 

5. Voici cette note : nn"»aX?K npTïbN ^D TNl^bN. Cf, Margoliouth, /. c, et 
R. É. ./., XL, 265, n. 1; XLI, 307. 



56 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

sédons par ailleurs et tel que les Caraïtes eux-mêmes en ont com- 
posé * ; il contient, comme nous allons le voir tout de suite, la 
traduction arabe de versets de la Bible, à laquelle sont souvent 
rattachées des digressions, généralement grammaticales, plus ou 
moins étendues. 

Pour mieux faire saisir le contenu, j'en donne un assez grand 
spécimen, d'après le manuscrit de Londres, sur le Deutéronome et 
Josué 2 , en y ajoutant quelques observations sur le caractère de 
l'ouvrage. Mais, d'abord, je dois signaler que dans la partie qui 
porte sur le Pentateuque il y a, à quelques exceptions près, un 
ornement, en forme d'éperon, en marge des endroits où commence 
une nouvelle section sabbatique, et qu'au-dessous de ces orne- 
ments est écrit le mot uns. Les points diacritiques sont très 
rares ; en revanche, beaucoup de mots, même arabes, sont pour- 
vus de voyelles, que je reproduis intégralement. Ici aussi le copiste 
a omis des mots çà et là et les a ajoutés après coup à la marge, ce 
que je note également. Le texte est assez bien conservé 3 . 



-jbtt w\ i^aon ^d obew iîi ''riba . 'ai "paiana aier ' — i;dn [i ,4] 
•p-rn na*a [i ,51 / naan™ to 'psaaatba ^a obai in "«nb» iranabw 
fcannpb» m'n •j&ra ^by mwa dî* atwa y-iN ib pisb» rir»i ^d /ai 

Svrah na^jan ba j-in ^b:i [i ,19] v.ir *n.. , n .abip baps 

airnaban û^jbs nabN "iVî anjai «anai .tarv&n -tcjn fconn wism 
a*ar -nba -uaNban . 5 aa7a n^p-» -nbn ^imm [i ,17] .ûmtaa *îba 
aai^ iba>?aa aa^ i5yi npi aa273 aa»ar b^p" 1 "jn ion"» «b ^n aaia* 
aa>ia ,12737a ûti b-na ta? [i ,28] ,{'ca fa naitta) aaa>: ^y^rj 'pa 
ï-ibbat lâin "br aarw »^ EpKnïi ^a aa [i ,37] .N373 3»en«i ûtba>« 
— iaa»m -[biai caàobN '♦aa'Taa rw«b ^a lânn bap"» in iom «b 6 "în 
tpNnn "pii^ai bn£ "priabba "pnNîi ï» -en ««ban (Va 'a D^nai) ">a vs 
'a enï*) iaa rpan tort (a"o n"a» a^bnn) na^nrr nnbnaai ('a 'a d») " i "" ) 



1. V. par exemple la description d'un glossaire de ce genre chez Pinsker, p. "On et 
suiv. 

2. Le Rev. Margoliouth a eu l'extrême bonté de faire photographier pour moi les 
feuillets en question (f 08 14-20); qu'il reçoive ici mes remerciements. 

3. J'ai ajouté aussi l'indication des chapitres et des versets. 

4. Aboulfaradj traduit donc également les noms de lieux. La traduction de mirTC? 
par "p?23}Ê (de Û31£ « idole ») est intéressante. 

5. Le verset 17 suit ici le rerset 19, probablement par la faute du copiste. 

6. Ms. 1«. 



NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS SUR AHOU-L-FARADJ HAROUN S7 

N73 ^N .^531 Ep ^m» ^3? aa£-]N73 D35 "jP^ t-O r3 [n ,5] .(Y'i 

.13 irrajn [n ,30] ,bâ"i cp 0N-173 tu TO tank-%N p aawN 
izn bnr-î [u ,31] .(n"-" N"a laiToa) "«a nayn ab britt mba ^s awnîaÙN 

.mthk ni"iN pn "HraN ."ittnN pn nunb 
■pwbjm ^ab .tin rwrb ïTrobi ^n'ON [iv,ioi ( n"i b« pnn»i 
1 "nba Nrmoap 1» "pnN ■ob yânttba rîm w rmosn hn TiBNatt 
tdit ta\*n cds^n rmom [iv,i2] ,('» 't d^31) *p ap"" n«N «rtbfjni 
.fmrnDi t^bi ^jcr f^b [iv ,3i] ,t-ns "ns Twra ûnob baïai .bip 
.ta^ittSNi û^fc-ô N3 Snœ ^a [iv.32] ,*pbrp aoi irrpfie* ^py epi ab 

rrPN [iv ,35] 2 nbwba s&r&tba bn« j* "pa npi "uar sbaio "jn 

irr nbb« "jn hsn^jsbb few&ttbtt mti riTab^N ma /ai runb r-ifinn 
riiTsbi /si ^-maN pn an** ^a rnnp-i [iv,37] .ntos rin^T or: nb»b« 
i-iNipa ïimama ^SnaNi am^a onbosa -inpdn ^N3N ans hsn 
in nbb^ *jk .'31 fcnnb&tti &nn vs ••a [iv ,39] ,-iïe 1» ïwwb» 
?tb« D">b 3 Pnp fa ■jr-isb» *b* ï»bi P 1D l^ NwobN t ï»b ïib«b« 
Nb [v y 3] .nattt 173 ûrirnb n^a .fa^ns:»» apaisa [iv ,45] .r^oo fn«T 
ttbba yap aps WN3S y» o^b />i nnan pn ■*""« pna irmas n« 
ûnibs wn^m y&ô^NbN ab-irt "jna "p^ba N33>73i cri3>73 ba in^bN Nnrt 
rïûoNi -paa ni-ind^ .t=3723> ■»"■< nai ta^aca ta^a [v ,4] .ntn &«pb733a 
^anaot "jy a^in Nbi .Niia t* 'pna na^n «bi [v # 17] ,*rtbb« aaaafrô 
■^3731 .'n vfiwrab tabu^i [vu ,10] ,t|NU nn^u: rrs "pap N»a 
npni:na ba rri^^a riNïfcWE nàm «b na^bnNb npnina ni^^ab 

. 5 r;^DNa^ 
ûNariNb» rrin "jibapp W3 nû fi^' 1 .';i3'73'vrp ap^ s-nm [vu ,12] 
î-rpTnn iim [vii,i9] ,^b ^rîbs nbb» cjan^ }a* «mbysm «rnôonm 
■nb« îTWîaTab» ^NTibNi wpb» ^h^ . 'acin n^N rr^iusn yintrîT 
ntj ■'ibN .'as p3>^ Nbi p^t« Nb "nïSN [vin ,3] .rrbb» Nna *\îrÔR 
fccn^osn 173 -^biN •idi^ abi iiyii Nbi n^osn .^^a^* ian:^ abi pdi^ 
p^J-ib [ix ,i] ,ii33 bapnottbco ^atRjab» b^cb» ^73 3»e«n73Nb iany ntot 



1. Saadia également a ici i^b. Cf. aussi Ousoûl, 72, 1. 2 et s. et plus loin sur Jos., 
m, 7. 

2. Suit la longue digression sur iv, 32, dont j'ai déjà parlé plus haut et que j'ai 
jugé superflu de rééditer. 

3. C'est-à-dire : L'Éternel est le dieu de ce qui est dans le ciel en haut et sur la 
terre ici-bas ; souci exagéré d'éviter toute expression anthropomorphique. V. un 
exemple analogue [dus loin, sur Jos., n, if. 

4. Saadia a aussi NntfDlZ3, mais avec la variante riUONl *"PAa (v. l'édition de 
Derenbourg, ad loc). L'influence de Saadia est manifeste ici. 

5. Cf. la traduction de Saadia. 

6. Mots ajoutés en marge. — Aboulfaradj prend donc "p?*!" 1 pour un imparfait, 
contrairement au sens ; cf. plus loin, chap. v. 



58 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Nb [ix ,5] .-pt: ûû?nt nnaN nNTriN rnNb .^7373 a^nirsn B^Vïfli tapis 
- 1 ^pc ^abp mswpneNm ^nNbsra o^b .^aab ^iOTai •fnp'ika 
ïorp Nb iN rsbb» *b* ûnia l^sbNa73 .'»"•' û3> Dn^rr fca"n7373 [ix ,7] 
jhn UD^-oy tien aanNan tnNi [rx,2i] .*fyy ba 3*73 "pEbNaw bNp"> in 
.ttrvte» •ba^H ûn?:i N73a anN^âN TibN damnai .wipb Ssyn 
nbbN dNip napNom /3i ta-rn a^anN nN ^ ^ab SasnNï [ix ,25] 
Esnwi [xi ,2] .m*» n^pNon ^hb« fib^b vyanNbNi boy» "psanab* ^d 

N73 IN D^bN 173byn "JN n;p*l .'31 "P '5 pM 130^33 nN Nb ^D bTH 

13 [xi ,7] .viàa N73 ■pibN -)3N£NbN aa^Nb-N 3>73 nn^bN* nbbN 3>û3p 
iWirw [xi ,12] .nanâwbN na3V3> 3 lNb *in»*p*t *tap aay73* ba .tsa^y 

»Mmâa "bsi rï^obN biN 173 .■» hn isn riswfj 
.-ima Nn és»3 in an "an Nb -jtf:c3 ptjnp. "»3 [xn ,20] .133 « î-ïn-) 

.rtoNP }N n*« ^DD3 rttWŒ T33> dïlbbN bd« ^DB3 tWpttr ÉON 
bN IN [xiii ,4] .^ètiTDbjKI ?PH^« WE *5p1 .nDIttm miOT N31 [xm ,3] 

txrfovto inbpoi [xm,ii] .abn dbNnbN ^btri 173 in iHrtiin dibtafi abin 
Ni-P73 •pif ^nn iriaifibKa îiastnm .^y» "jm^inb mpn *a m^i 
.rnsnn ba baNn c^b [xiv ,3] ,nbb« n^N^ 13> ^m^ abta rtattb 
173b sntttJM .tpaa nroi [xiv ,25] ,*mi5M ?tbs« waba baNn «b 
173N rrno Nim .'3T !-it373tt;n in nn [xv y 2] .ïiiabNa *p73 rfnntP 
N7373 Haw ^b« nariNic para ba bw^dp a*??} in iït. 5 pL373abN 
^ a/«on ,^t ^73u3n [xv ,3] .linp"» In ni"» «ba n*na mba nysi 
.o^Na ^j^D iia^ Nb in -p3 .p^aN ^a n^n-» Nb -o ddn [xv /.] .n:y 

^r>-\ n^ro 3NTHN 173 pnnDm . 6 tn^an a^i3 * naaym [xv />] 

"isa^ayn àa^fn [xv ,8] .imnon Nb n;Ni . 6 ^a3'n Nb nn^n [xv ,6] 
.n^NnarbN ^nbN *!« ,rma*n in [xv ,lî] . 6 n373 in-inon inm-ini* 
^*îbN iaabN ba .^naTn "jSNsai ^npan nbr "iuîn "-rtsah ba [xv ,19] 
ta" i 73-' âiD y73n n^bj» baNn wb [xvi ,3] .Nia-i ^73:31 -j-ipa ^B ibv 
8 rn^a baNn ûn^n "hrao Nn^7:b ny% baNn Nb . 7 rmtfa rby SaNn 

.[n-pddi 
Nb .yj» ba t-in^N ^b y"ûr\ xb [xvi ,21] .ta^naun ta^aDiu 
.yn ^nan ba ta"i73 na n^n^ -iujn [»vn ,i] .«îa» ba 173 rmNO Di3n 



1. Saadia ajoute aussi û3pD. Cf. la même addition plus haut, sur v, 3. 

2. C'est-à-dire : et votre péché, que vous avez commis, en faisant le veau. Car 
un péché ne peut être fait, mais commis. 

3. Mots écrits à la marge. 

4. De même Saadia : ÏTI"033 ba baNn Nb, 

5. Mot artificiel, ressemblant au mot hébreu. Saadia dit a^DnbN. 

6. Écrit à la marge. 

7. Ms. y73î"I. 

8. Saadia a aussi ïTi^n, 



NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS SUR ABOU-L-FàRADJ HAROUN b9 

aaiattb nai *p» Nba-> y» [xvh ,8] .-nn -^ »a 273 a^y ma "psi *&» 
\*a d*ii dt V 3 danbN ^a hïïn ^a* ^aà^ n^n .'ai taib d*: pa 
Yvura »p û^NsabN aNaaN "jw "fbn -pa iba -nbai tipa, pa aam aan 
nbN 19$ a ^n N730«bN nin ^a ^nbN nN73NbbN rrin .Viïpi dipn 
pb Nnai Nna "pa ba "«Tpb -na "pa bNp" 1 "jn ^anybN ■»£ pm Nb in 
fa na" ûb nîn NTa^D Nb *pî pnja n a aabbN bw^no" 1 ! ^N-iaa>bN 
■frwaujb h*»* pa ('-> n*i a"->-i) m^:b rmn pa. mb d*r pa "ipa 
firïw NTaNa .^b-î s«3pMi (V'b ïa"i 'a bw^D) 2*ib 21 ^ T 3 (n"-> 't rtn^) 
«6 dNb ri-iNm nnaNbN ^a ini rnwi Nr-rba> \p np j-jjgs pa in3>n 
Va (i"-> 'n rptaena) nb^bsi pai ûvn pa nbipa iNiba r^Taa ïpNbN 
(t'" 1 N"b m?3ï3) Snt^ --sa pai i^p ('i '■» WfTp'n) ■mttiptt "pai fr^Earr 
pab ûs^a 'pai 7?^ ~N3\dni (i"n Y'a Nip'n) ^Nn^ ^a pai ipia 
[xx/ii] .bpiipbmwt mis fcrim .n^nn nai nn [w»4] ,('a l:"d ma^) pa^bN 
ba p-^ba ^b nnam ri»bsi?fcbÀq -ja^ân n3Na n-ins ,ji i?n aibiu un rrm 
r-naai [xx ,20] ."■ja-ijjiip'H ■pba àNibb» p^iiîa «ma TâiTaba aanaba 
173 inown ,tzp"ia*n bN 1*71231 [xxj ,2] , 2 -iNsznbN n«b« mm .' — nit7a 
.naaNa jmjja NTa N^van »i«n Nb la^an [xxi ,7] .'->npbN t?n a^'ixbN 
ûbpm .mpijpSÊ nN nntaan [xxi ,12] .i-ittnb»b nm 15 
!-ra nsan Nb un rrm [xxi <i4] , 3 NmNaiN ■ | anm bNp-<i nh-ind^n 
g]»ia|2ri NrjpbunD ^bi n^a Nnn-«iti ip pn db ind .«oab ï-tnnbiûi 
naabN pNbN "{la^i .riN^u:b ^niaarr prr ï-r^m [xxi^5] .nhdds ^q 
nb.sbN rïî^b nt *jNb ,«nbn da^nbN hbb]? -«a [xxi ,23] .n^i^aTabN 1» 
T'a» "nri n^Dn Nb ,'ii ^^hn ^iia na hn^ip r**ib [xxn.i] .aiba» 
p [xxn ,9] ,&mn tib N73îTn-iN ba n73ïi2^ bD^nna "j^m^Ta netia in 
■'ibwN 172 nb7DNabN nn7ûnbN cnpn «b ^a /ai yyvn i— iNb^rr ttilpn 
b^i->i ,'ai fn tnib^by nb taïai [xxn t U] .anabN rïba ïï^pai y-iTn 
r^ia^ Nb [xxm ,2] .Nn-»ap n7ûon vftrô* îr6* "{Na NaNaoNi Nbba» Nnb 
^lira n^ N73b ,ii»b« ^iai7: «bi iia»b« iniuîTD baT Nb .Nai yia&a 
o*bi (fî 'a bNi^) ï-T72nb73 ^i;? bna nsn^tj nsia ->inpN yiwpTD n^ 
ibi riN-1^3 ^n^ N73i nn-oi ^ibN qTÎn73b« ^b« ba aaT ->bN S]Ni72a 
riira pniawbs b^aba rims cib«ân nnniS b^ab n*td72 «ai p^ ab 
anKB "pa^ in anp-» 4 niab Nai -on NDwNi» r^a 113 nbitb ^2 

1. Ajouté à la marge. A noter la comparaison et l'opposition de l'hébreu avec 
l'arabe. Pour les développements sur la particule "pa, cf. Louma\ 292, 1. 2 et suiv. 

2. Saadia traduit également "n^a par nNlZïlbN DNbN. 

3. Au lieu de NniNaÛN. On sait qu'une contruvcrs.' du mùme genre sur ^jniayi 
a eu lieu entre R. Éliézer et R. Akiba (v. Sifrê, ad loc, et Yebamot, 48 a ; ,m \ 
b-Un -1731N Na^py 'H yipn "i»1N "IT^^bN). Cf. Ousoûl, 552, 1. 19 et suiv., et Ibn 
Bal'àm, ad loc. (éd. Fuchs, Studien, p. xvin). 

4. ms. rroib, 



60 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

K»no"i7a te 1 ' Na^n o&nba 5© rima S|bnn i« ib« pnsrabN pi Ta* 1 
rtbana a**£pb« Npa 273 ai*« RDbm ^ ^n T»b»a Kttrtro'pTi Tb»a 
riia*ÎMbN pbysbK p 'pnTabao KttiiKpa 3*73 a"rkpb« 3-jp nînd 
.*na*i mv na N3Z73 ^a [xxiv ,i] .roD» rrna -p^ ^ay yaiaba ^730 
«•in .Si wa via s-ron ^a [xxiv ,io] ,nS73D ana» nh^s nâi rnto 
.nas-n i»nm&6 nn^a ^tn bain Nbs pnbN p coc 'pnaw: pann 
.*p*ï ^ ïib«b« i» Na^â pa Haï .taws &rp »bi [xxv ,18] 
y» .^dn na« ^anN [xxvi.,5] .yn^r: ^n Nian ^a !-nm 
"iNirt ,am msy S-H3 "nab fczœ "»m . s n*^pd ^aa pa ^anaôs pb 
.fca'nattaïi lama w-vn [xxvi,6] /mb» n*ro «a'w N-paa nuth an 
vnanïi txbi 'ipa b« ^3»aa iian np pn pb p-n^abN N:^b« -iomi 
, 3 rniayba &*3*a imsaba -ioni btxp*\ {-\'"û t"z3 naïaa) tsna in** ns 
.0*53 n73N ^d rjD73 aria nb-ÔK N73i .^73:33 127373 Ti^a Nbi [xxvi ,14] 
sisma ^d *ra ri3a nbyâ «731 .*t-rab 1273?: ^pp3 f**bi [xxvi ,uj 
nn^rujai nnaai !-i3aai np-n ra^a îi^y ann [xxvm ,56] . s rv*a 
■^ban nî-i5-it ^by rrtôri .-nbin -na« rraaai mban paa pwtwi 
t^rrrabiôm «rnban pa p fthRàb» KiinttTOna Nnpaan anaa» 
QiKBbMbN ftîïi ^ba> fnàfcnb» n«Nab« rnrt *no»n sprô» .nbn vib» 
pan in «b« KïiâiTa nrçn bNp-> p pm fr*b "jn'd ■rça'aba 6)&tbrOKb 
nanai rtp^n ^«a ^a vib» PN^abs naao "jb-ibe j*rma *ba> m rnçn 
Nin ^d bap p n-na^bN PK^abx -nâM n^nNâ by ^:3*73a rtnaai 
■»b ^pVn PNNabN p:«ai np^n P^NaT rn^a ns^ ynn pa -«3y?ab« 
n^a 173 Np^pnp snb a^kifcbK ^ytobN tdp îBDfflM ^731 rtn^btoai 
nâobb» rîp^pn »^by nbb« ^nnnd^ .^bj "> f/ ^ taby» [xxvm ,61] .nin 
Caban N3 N733wSt nn^T laJTaa iNnâfi^bNi iN3>x»bNi 6 iKyi:NbN it: 
ïïhnp b^pppb^ 3>nnN Sjinn l^^a 173 l«b Mbpnxa ûban ^h N73i ndddw 

ba .-13733? ï-id laoi nïî» f-ia ^a [xxix,14] .azn^n a^aira ton M 
7 Nm3i73 pai Nb 13 .aaa c p [xxix ,n] .5*3273 nansn no^ ^îbN 273 
"jya in PDny ■•5N . 8 ^p "art "»3 ^m73 ^nn^ t^T' ^a [xxxi ,29] .aa-'s 

1. Ajouté à la marge. 

2. Cf. Targoum (NaN rr« «naisb N3'a rtN73"lN pb) et Saadia C5î31»b» pb 1« 
^aN '7' 1 a ,, IN HNa) et là contre Ibn Ezra, ad loc. 

3. C'est-à-dire: les Égyptiens ont fait du mal à d'autres qu'à nous. 
4/ Ms. Kttûb. 

5. Cf. Saadia : P73 rNItl ^D. 

6. Le mot TiyxbN d'abord écrit est effacé et remplacé à la marge par INyitNbN. 

7. Ajouté à la marge. 

8. Ce verset se trouve déjà dans la section ^ïb^T, mais celle-ci n'est pas encore 
séparée de D^D^S, comme c'est aussi le cas dans le Sifrê par exemple. Cf. Derenhourg, 
Manuel du lecteur; p. 224, et R. Ê. J., 111, 284. 



NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS SUR ABOU-L-FARADJ IIAROUN 61 

^pn bw nb N?a ïiaab Nna»ari7a i» "O D-^pna n"in3dn inosn vna 
rnai N7aa nma na'n nd-in? DtfbobN rrbj n;ia -ittNÊbN ^inpK 

•barra "jbîi bip va Nb 
nbba Y 3nK -tara-ra roa «b ib i-irra [xxxn ,5] .tavaian ia->TNn 
^bnesni ddid Vu ûnsab ûïiav biab rHpbi» ûno^b rnn p bK-wb 
ûïtd "^aào bna w* ûnaNâoNa "tn nbp .carra»» *>nn»N [mn ,26] 
arrasaoN Dm»H -poem .aman CNaba va i» basm nabï-r vn 
■J73 na» i?a -prvwNi dïtkm rrioc N7aa ûrrnNTN rmoDn p ^biN 
Kob Epatn ib mN ab»i spxrv »b *ï73N3 son ru» in NMmnN 'prn'i 
Nnba m?a bapnattbN b*»b« i?a sparr ara^s a^aba ynïaa -r.»i Na 
issai 'ipa Y-^ ^ D ^fcâbK T»ni snarra aon :aps D^ttba ba û^nb»! 
ù"bp û^bnn) S-irra d-idon Ci t"h rroW Dana/i (a"^ 't 3>£*in) &1ïdn 
ûïtndn n:d ] d^çéj Nnbarra ^ ■tf* npn iNas "fb 1 ! nNaoNi (n"" 1 
'pa na batrraba DONba ^d a^naba JTaabN Traar aninja non a^ai Nrra 
anpD ^b"} "NaiaNi an^abw ûrraoE (n""» Y'o ïtotd^) CaïTHD*;a "OiNi 
brra ejk "tiaraa aâobN ûon îinsn dïtw» ^b batNba va rimai NTab 
a^NabN atoib» -rraia Nnb'NatnN laan nid NTarrayE VibN nbNi bN 
IN .r-nx* naN "na ^a [xxxn } 28] .«ûrptoa»» na^ra bn7^ ûî-pndn nNa 
nara lan i?a -iaN pmm naoaabN p *ppo b'Np'n NiNbN -ppa Naîn 
msa»bN t?n NDNÎ?a -dn 3 iia*n -ppD nSan ^iba ('i »"b ^bia») Ta»b 
^ ^natiN ('a a"a û©) n^m h^in brÎTo *i5ù *jnd N3>-i^p73 Ni nint 
'"indb ">D ,, -o ^30 "ij^ in .■'ann pna ^maia £=in [mu ,*i] .(a"^ 'n yonm) 
ittîN V 3 ^iaN?j biNbN .^D">o pna inâ^ ""-i^an 12a» bNp^i *Nnp-«-ia 
rrs Bjlenni «b N72b ba:N ina ('n n"o a^bnn) ta:r^b a-ina id:uj 
.('n n"b do) iToa»^ nN nmaioa 173 ^NnbNi rtabba nSn 17a 1*i:bN 
NnnaN ^d ïisarri ina^i. .6?a n^nTa r-ni [xxxm y 6] .i-ianan dntt 
.*îi73-)p^ fvm Va mifwai .littip* 1 Va "i^Nao?ai [zxzm 41] .«asnNbN 
[xxxm /22] .i-iynno^ nbbN bas ^bN aiariab» -iNip^ nn ca^a^ [xxxm 4 i9] 
^TaN^N nnna bnwn .^ai ^"•Ta^a-i [xxxni ,25] .^ba a^aiTa ..ia a^mya 

1. Aboulfaradj traduit donc ainsi notre verset : Dieu a détruit les Israélites parce 
qu'ils n'étaient pas ses partisans, à cause de leurs fautes et parce qu'ils sont une 
engeance rude et perverse. 

2. Déjà le Targoum fait dériver QrPNDN de f|N- Menahem la cite sans nom d'au- 
teur pour la combattre et Dounasch l'attribue à Saadia. Mais celui-ci traduit par 

DHNirpnN (var. DnnN:T\ "pHN, V * Derenbour Si ad ioc -)- Yéfet donne DmNTN 
(v. Pinsker, p. a^p^. Ce qui est intéressant c'est qu' Aboulfaradj considère DrPNDN 
comme un nom. Cf. encore Louma', 147, 1. 16 ; Ousoûl, 559, 1. 1 et s. ainsi que le 
traité d'Ibn Bal'àm sur les verbes dénominatifs, s. v. Ï1ND. 

3. Ajouté à la marge. 

4. Cf. la trad. de Saadia : i£PO P"P faONb. 



62 REVUE DES ETUDES JUIVES 

b«w* poi ,an ^ -in n:aa banup "paun [xxxm ,28] .^733^ lab^a ycr 
yna f ■mta h*b« spa^ ^y •jaa Mib* y-iNbs ^a Ni&nD pOTSMaoa 

.ï-ibbN liyn t-iaoïnba ton 

• 172N1 V3N tobl^b V'i ^ nna 

. î-nâ 73 ïn i 73 nns ^ fc • 1 

a^pa^n «F "«aab tsara n:n inb* .v ? fcshb ima *aa* ">^m [i ,2] 

aaa i» Y 5 " 1 I" 13 na>T1 ^ ***^ "*** & n ' TO* 50 n:n n ^* bap'n anb 
"•an im ntiNâbN DDNbfio arib ^s ■rokîajbs aaabN bnnNa biab§t 

V T * 

oabâ-i qa p-iian #ar>8 ba .1a in 5 *pifi râ k aip73 ba [i,3] ,biw 
"fbiai rnaaba (cMibM T^a anb ^y» nb to ^ua &jftpoMa rpf 
i$n N733N KnaNb (n""» tr) T D nN *"n»"» w* v>» ba ib bnpb* 
riNsy» "mb na-ra"» ab N7373 wr^m rib anj>a nD-iajrobfcl ûoNb» nyn 
ûnan ('sa a"a n^TZJtna) D^fibun nb -172N nta» toipt:r! b» WÎ33 bn» 
tpnJnbN "Ti "pD wi attnwâ» -nâ ksi (n"a t"-» '« b«WD) iaa"> ton 
ba a^pn ^bi ",73 mibp abi Dip^rt » nmpm aip?3 la» SoTTtC 
^fbi fjtb * fao ddn oip^m dwVm ^r fil*-» KïwaVfla. viba 
«nbiDT "jt: Nir* »Wab y-fco rïDni'Ta actt ^bar É itrp"£h 173 Jl» ib 
'n D^bîa) ■nb* naîp ba ina morrbai Étnb-iaVi pari npi yaâ rnaj "«sar 
N-ip-n) r^rs ab m» bai (a>"i 'b mfctt) Départ br 'nayn ba ('n '0 
Nn:tf n.^n ta nbi bMrtàtn (n"i T":ap a^bnn) nîa anan bs (t"" 1 t"i: 

' ' » T T T T 

i-iâ rroa in i«a hd-i^?: v^âbN bw«b« ^by nbâi »t« ba ■^jhh 
mm- baa [1 , 7 ] (• &79fovà* 2on 01721»:^ *ba ^îtabu ir Nna 

Nb -nas *^73 ^Niii ^nbM nn^rs ywâ .73 n n 3 ^73 *]i2 n^N 
"n^s ^nai-» ^ra )Mb Mimfi "ido p biTn Nb ^yi ri373 biTn 
■«b» man latas nsjjw bp"> ab în 3 nrn 1» niai N73 Dan n^bx ^373p 
nn73^n ^ibs baa ibat 127373 T*i ptm n:i73 dcn tî ^nbtî n-nnbN 
T>aanbb -> âsjb in bai 3n735i «nb ^3*73 «b iwS qwabM ^^pa^n ar-naâ 
nanab rs3 ta iai73bN DO»b» 4« »b n->bN bnpbs 1» m:a ^73 •Tt'i 
n^âa ^b'in na nai73bw\ âsbbK "pn ba nm tsuthi ucbb Np3^U73 
ï3^n ^a-n ba (t"d n"^ 'n b«mQtf>3 m ns ans rnin^i b^i^:^ Sai 
Sn-iuî^ -^ba 3>an^ i^aa a^aT a^ariwS bp^ obi i'a t"u ^b^73) i^a*a ^7 

1. Cf. Saadia : ap3>* bip "l^àa, c'est-à-dire « conformément à la bénédiction de 
Jacob ». 

2. Ecrit à la marge. Dans le texte quelques mots illisibles sont raves. 

3. Cf. Kimhi, ad loc. 



NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS SUR ABOU-L-FARADJ RAROUN 63 

fitb "i« *£ttn a»ari» bs ^d **pr\ nca bpa [i ,9] .«nfl -om v :>Kn 
■p? i^nb^n "nioa bs San ïibrian ùnpn N7273 mnpb ni»Nb narra 
n'abat Spi -nas npnba ^ba .-riNb Vi rnr n«» la* [1,15] .(t"u 'a) 
nn ivuattbM iba» «San nuja nn vïaR na»ab« àsb inD'n n->D ûamSfcVa 
•»ba riDDDTabN la riaNri»g -naa >3>i abapnn npnba im nsa» sp-fn/aba 
^i»bn arin ■ny! j^d n^n bapi ^bS bribn DDmajaô nbba np 1 1« 
.HDHb«n»Ni fa 'n nbnp) na-ia nm "na» ('a n"D 'a baréta) anat n^at ia> nn.3 
^bné rna» p K3a»»o n»d .à m p m bat iaa»»c t£« Sdd [i ,47] 
* ■pnsjab* 159 a a râ-im bonat .an ins p çhm nbiD-n[n,i] .^373 yap3 
©an npnn [n ,i] .ipahaK KMttb batpn ^apttKn ^bd ^d "poioaû rbân 
bap nbn nm5-n •paa-iba* »to rwm&ba Fripas .naoasnn an & âî 
nana-i mp nassm aatp $«bn triBaaVaa "ok jihn -jao npa ûasxnn 
nanaa^at *s j>7aa:>at Va ■p»"'**-** na Tvan l3D3 nn "naa ^3u: V?n 
pàmb* *bï nbnrh a>73 câebpM arin -mnn ana»ba*a 2 ">bn aann «ian 
*» pababai tond •pbnpba *5>3i THta "p-reaba aôs nnbnpra mwr 
.nnaoujao Ya n""» 'a* bao73D)Tn a* anat i-mmn tzp ?sn ■nâîg ^ia> "njbn 
aatpoaa Dnam "pabaoba irô a» la*-3 .ïawnn naw -naa» ^nna [u ,7] 
brva 3 k^m ypa« ï30N in "nba ht: *32raa wsnb^ân -i'^nd p tgb» 
tambu kiîi [ii ,11] .'Yb n"^ onaol») rm7ap3 ^b vi «i;^ w» '^nn« 
ynxb^ ^bf v^" 1 P 1D P n«nnmobn ^d ra nbN in .xm îi 7:73 ^n 
nTaopN i»bn -6n y y 6 ^"^n "«a a: ir^^n rrp*n [n 12] .*nnn p 
«i^ ûn3N Va»a»na «bszs anaJTa nb»^ np ">a»b rtbb»a "*b na\sobN 
DDTJ3 *i3a» »■*"■' hna Itin pn dDnn^iD [m, S] .sbis ^2N 5 n^n r?a 
an:i* ibnin mbî^wn rtnainwn raa^bssn D3n$ba twa» in^ pmax 
,nu:73 y ri 5 ^d ,i ]n^T' n^is [m ,7] ,Nna ^3^73 »b ûpni ^d n^nb^n 
apah»b« Nnn ->s n«aw *rosr ^«b rr^Ta ^73 n3D ntod in innban m oh 
nyzbx srr»5K n*ON 3>iii73 ■;« n^n V 3 7 " , *ibN NnTDDn p pn« nsb 

N»3 5ÏTW31* n££3273 «3^7! NH31D5 ^33>73 N^T "pSDnr-a ^a^ ^NirN 
^^73^ 11^73^^ TtfN S3D" , 73C7! ?3 PHP t32^73yn (b33) nbip ^D ^b'nï TH 

lphb*3 8 ûi73a*b ria:3i573 myîmjbK a»aè^»b« ^d NnaKb (n"r '3 □->-iai) 

o^b în a:nr-ï ^bi bn73 Dn^ «ai cnban wSin o^b ai73a' ^73 8 nn3i»bN 

1. Jo ne m'explique pas la traduction de Û n C3T!3n P ai ' 1 n "ID3bN- 

2. Sur la forme 13D12m voir les auteurs cités dans mon Mose ibn Chiquitilla, 
p. 120, n° xx, et ma note additionnelle sur Ibn Bal'àm, ad loc. 

3. Cf. Ln\tma\ 64, 1. \ i. • 

i. Cf. plus haut, sur Deut., iv, 119. 
5. Ecrit à la marge. 

6. Ms. inann. 

7. On a vu plus haut, sur Dent., iv, 10, une observation analogue sur la traduction 
de TttJN par "13b, mais ici la remarque devient toute une digression. 
S. Écrit à la marge. 



64 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

«733 n-DÎ 8723 (?) 1010 DnS3K3Tfi D0N3N NI" *3 ÏBTV& ta ptftt"< fa un 

■nba ïTVDDn "ja ibiN "ob n^c Nn-poon i&o "jbibD n^a^ba "»b b*jb 
niEK "a*n ipi Ct '3 maria) "away nica mnp ^d -p*^ n " N73=) 
■*d myaaao -pwaa ciao •patana-N ïtinsn ma p nyaai* via/oa» 
ûTsb^n ('72 Va mttïanaï -pasb ■'nabrrnn nca V'i m; bysbai maonba 
Nnnai *jp -taà naïaba tfira isnbi (V'ta n"a ata) ab à nabïinrï m»N 
prabK baa mo ii-iy p*naat arn .an "p-ia nan [m ,11] .nya p 
ab rp-iynba Km neakaba [a]n ■ara i^b rrnarï p ^riba ïaNpoaa 
rranban ayn lya N72^d "anpaba ^a bap-» aaa naKiaba a>a nann 
wi ii ta^an nayn ai 'woa anaai [m ,13] .tfannaauJai (a"i 'n) 
■jaai Naba tpa ^d ûnbSiK noaaaai pmba ">bN ^nab» nban "âa 
napi itfsnba a&ra ba n:rx ba -»b« «ibnaa lia-» i« pmba non 
1 maan p n^' ~ y=l N annan *ma rnpai pis p mnnaaba naraba 
pbapn .ii innaa ùjn an:> tan-iaso [iv ; 7j .^ms aaaâ rrnp n inbtf 
iaa> nbba irra? p^aat wnp p pnaba nwa nyapaK «ab ûttb 
yvth fiv ,9) .imb» ^b« rnain rrHwnba nin mpa p-pba ^d ïiwna 
r-nb^a ■'mi [iv ,18] , s a"pbN «in ih un ipai .s-nn ûtïi nr taia 
plias *baan na^aba wat na? "j^a .pmn ^a lanum -^bs taratian 
■îb» naa n»*abtf ?bân E|a« nbst aaai pmba aai p nbba "iny 
■pbaa" 1 èôn .aaa^aa ^bsw)^ mc« [iv ,21] .pi-'bN n^w rnsy QMDibtt 
•nin n^\^ noD^ *»nb« (aa i^t Nran- 1 N"»iaa n©« a>n?a DaiNaiN 
bn72 pn-bN n^a ûsn^bs rtbb» qc^ v^ 3 • v '" 1 ^anrt n^x [iv ,23] 
bain «b ■jNa Niw noa^ ^ib» (a"" 1 ,n nna^) virai Ninn Nb iujn 
icn^ Nb în nbbN isNan i^ bâsb .•«"*' n« dpnt» }3»nb [iv ,24] .Û5i 
^bia n:ia a>72 ba ÈratfiW Kb3>B Nin«â "«by Kan^n dpn-i^ "i^osn 
">i^a ib* N-bian yaanaNb bNapnDKbs "«a^aa n^^ mb^ pab bianb 
bap-o^ »ab NbwS -[bî "jna^ xbi ^^înbfin inab» ^©n n-:n n^n *ja 
Caa^m-m "ijt ^ynb ('a 'n û"»iai ^^nbwX ^ nx Ni^n p'ab biia 
^bN Nnm .in-» ba râ« nann r:Ti [v ,4] .^rt-KTvaNi (a"72 a"a Nipi-i) 
n^n ns laio^i [vi ,15] .^in^àbN ûipb» ba ^ ^bii ujin-» -jna ^ibN 
naiNa ûrb« «in ^d nNa»ci t ûO"ib« Nina na^iaba rsm .ai ©as 
nanab ^bi ia?a N^aNn aa^a^D yatt) -posn ^bN nâ^n Nbi n^io f-n 
ans ^a nay Dipbs abai .s-rynn ^b^ arn rn^n [vi ,20] .n-i*n-i 
naba psia^bN nni Dipbs y^aa iay i«a ^bii pKia^b^a Sa^^bN 
Naary np Kaab ^bi ^aaby nbi .a^a-i labann ibi [vu ,7] .na^ây riibi 
^n-iu:-» bai .n^apTi ^Nn©"' bai [vin ,33] .p-pba rhvi ">b Kaobih 

1. Il faut {)eut-ètrc lire H^alN, de sorte qu'Aboulfaradj aurait pris ici û"jj* pour un 
appellatif. 

2. C'est-à-dire ainsi : « depuis » ce jour. 



NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS SUR ÀBOU-L-FARADJ HAROUN 6Î) 

riDiab .ïi&*3fli aap^i -iodp j$ pm ah $% rtH&am riaapii roTnai 
■^b* aapiba vi Yibx ïtosïm sp? 173 h** arob a^ppo73 *ns «««ba 
ib* *»nb» rn: Non mw *nb« ftm&BM rpsn *év»uî ih wm iwvHîbK 
pnno^ba ba appm b73J>P073 «ins *fb«tt MapabM ->n *nbn h^asbN 
B|»b5g «îi nt31 rriaîjV» »b* rnasbai risuEba *hs> rian^bN Ep* in 
D"bnn) nabai ^nbro bn»" nb^iap aai rôinb» b">ao ■■br nino ibi 
•bbi ib î-ra* p inanb nu:^ r^«5ND [x ,39] .ïwiaa ni nt3i (^ n"o 
naaba 3>:s «Taai anab73i *pnana yss tftta anabwi n"»aia swi 
p:ko fibba nï* p p .in r-ip^n ■»"■« pêto ^0 [xi,20] .'aiab73ai 
•pa Dl3>b ûntab-j^N bitfb bvow 2 *tt annba* apb •»£ arrabp r>»Tpn 
Dippb û*r73'£n riîgjhn <>ba n;an abi .^0173 nbbtf ^1 n?:d dnb qn 
b-nsn tpi [xvn,i] .annan bitma û73nnn p73b im ïi^îga ir/i N73 
in "nba rr#?» aaob anob^ pa .Epr maa ain 13 r-naatt nu73b 
Khtkis 173 HT*S "!« b^b^nbb Nsnan 13 TQ9D prp tfb itf tpi^ laa 
rnsn »pj p *P ^ «73 ^b? -nai73 ba p rrpft£îb« "nàa "waa in ba 
aon n273 ht^w* fpv TQa *i n 3 TOM3 an pvp na naio p nb 

■>3* iîb nb» n?3 bn» rimai »?3 anp ^bibs ^bi bp73 ^a amntatt 
.»n«>* snpM "WM HiaRrtttS m nb^ ('j'^ t"d b^pm^) hius^ riP^ 
■^bn ppibN 173 ws 33>^: n:ni .r-ia iy é« ai ta:* "»5Wi [xvn ,14] 
natpsi n735npb« ^d pit .nbb^ *SB*^«a N?3b rinriab^ p nan rr«D pnir 
■^a aâp inà .an73 p ^a biaa N* 1 »! [xix',47] .i3j>»b« n^np^ «73b 
•oi [xx ,9] .arpnN a^ p ^a aâp itaa b^p^ .y^jcb» nin p p 
bnspb» ^bo* 1 ^ba n»n tnbtt "bi aba-< nîni .rinN ûin b^s qi-r^ 
c^babb birn^ Nnannai Nnb ^3^73 Nb i'« tfbi 173 iib» ^^po^a rrr^a 

mai) pb ton «b ^a y pnausi rn©a ^i^p i^pp n a bp73 ^"JP73 
rïa-j^pbN a^np naipi 173 .an uJ73b îni^n ^ab 11733» 13» [xx,6] .(a"-»i"a 
yilfcb» n c Nnbp*73 Nmra ^ iy ba biap ^bian .m73 ^ba aanbb 
p^a r > 10173 DTn "ry Cn 'n nai73a) r-rrns *w ris^T ir ma inaiba 

i|T"C3 'n a'^ni) ipiba un vs 

Une étude attentive de ce texte permet de préciser quelques 
caractères du PN&bRbS ni'^a : 

1. — J'ai déjà fait remarquer que ce n'est pas un glossaire, mais 
une traduction arabe de versets détachés, Aucun système n'appa- 

1. La traduction modifie un pou l'ordre du verset, certainement parce que le mut 
"pal qui est au milieu est compare à "pinn et à P3ab. 

2. Ecrit ;i la marge. 

:;. Écrit à la marge. Cf. aussi Ousoùl, ;UG, 1. \ et s. 

I, Serait-ce yri73 ? 

5. Ms. loin. Cf. aussi Ousoûi, 504, i. 2<i. 

T. LVI, x 3 111. g 



66 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

raît ; en d'autres termes, il est difficile de savoir pourquoi l'auteur 
a traduit ces versets plutôt que d'autres. 

2. — La traduction est le plus souvent littérale ; néanmoins l'au- 
teur ajoute souvent des explications au texte hébreu ou en omet 
quelque partie, ainsi qu'il le fait, d'ailleurs, ressortir lui-môme sur 
Jos., xvn, 14. De telles additions se trouvent entre autres sur Deut, 
v, 3 (tape) ; ix, 21 (v. la note ad loc) ; xix, 4 (rro); xxvi, 14 (n»«) ; 
xxxni, 6 (fcHnna ib) ; xxxiii, 28 (les mots lao ^nb« ynabs ^d 
et thn rpbai ; Jos., III, 15 inon ïéoi) ; vu, 7 (ipi vaxiby ibi), 
etc., etc. D'autre part, certains mots et certaines particules des 
textes sont omises ; tantôt la remarque en est faite dans les addi- 
tions explicatives, v. surtout Jos., i, 2-3 (ûiib aap&tfn ; -noa MNpofcO) ; 
xx, 5 (nbs attposo) ', tantôt elle ne l'est pas, ainsi sur Jos., iv, 7, 
où les mots b&mir 1 ^ab du texte ne sont pas traduits, etc. 

3. — Une autre particularité de notre auteur consiste à traduire 
les noms de lieux d'après leur signification, v. surtout la traduction 
de rrnniû* (Deut., i, 4) par "pfcaatbN ; cf. encore Jos., n, 1 et ni, 15. 

4. — A sa traduction Aboulfaradj ajoute de temps en temps de 
courtes remarques, quelquefois môme d'assez longues digressions. 
Celles ci se rapportent le plus souvent à des questions de gram- 
maire et sont particulièrement nombreuses sur Josué, v. sur i, 2, 
3, 7, 15 ; n, 4 ; ni, 7 ; iv, 24; vin, 33, etc., etc. Dans le Deutéro- 
nome, les passages les plus intéressants sont ceux sur xvn, 8; xxiii, 
2; xxviii, 56, 61 et xxxn, 26, Aboulfaradj défend souvent ici sa tra- 
duction, employant alors la tournure bapi la ion" 1 ^b -in (p. ex. 
sur Deut., i, 17, 37 ; ix, 7 ; xxvin, 56 ; Jos., iv, 24; vin, 33; xvn, 1) 
oubien . . .ïfPOBn yn pria . . .rmosn ou i«bi în (Deut., iv, 10; vin, 
3; Jos., ni, 7, etc.) et d'autres semblables. 

5. — Aucun auteur n'est cité nommément; tous sont introduits 
par Sap^ (p. ex. sur Deut., xxi, 12 ; xxvi, 6 ; xxxn, 28, 41 1. Parmi 
ceux qu'Aboulfaradj a utilisés, il faut sans aucun doute placer 
Saadia, voir surtout les notes sur Deut., v, 4; ix, 5; xvi, 3; xx, 
20, etc. 2 . 

6. — Ici aussi se révèle la connaissance exacte de l'arabe, non 
seulement — et cela assez souvent — dans la justification de la tra- 
duction, où des nuances de style sont notées, mais aussi par des 
remarques formelles dans ce sens; v., p. ex., sur Deut., xvn, 8 

1. Cf. encore sur Jos., vi, 15: 2"WD y2U2 "PODn ""bat rîittn ttbl et sur xi, 20: 
D"P?3ttJn rraiHn ""btt rÛNn jsbl ; c'est-à-dire que ces mots ne sont pas traduits pour 
cette raison. 

2, Cf. aussi mon Karaite ULeravy opponènls, p. 102. 



NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS SUR ABOU-L-FARÀDJ HAROUN 67 

ftb» ?fob ^a V 3 '^P" 1 1 N •WJb» ^d ion 1 n: n«) et sur Jos., n, 4 

(■ipN r*û ^-i72NbN »bb ûnbips . .ûsbba tnrt imn nn^bND) '. 



A part le ÛK&bttbK mw, Ahoulfaradj a composé un commen- 
taire, sans doute suivi, sur le Pentateuque, que j'ai examiné dans 
mon étude 2 et dont j'ai réuni un certain nombre de citations. Mais 
du commentaire d'Ali b. Souleyrnàn, contenu dans le ms. du Br. 
Mus. or. 2563, il résulte que celui d'Aboulfaradj n'était pas un 
ouvrage indépendant, mais qu'il l'avait extrait, en l'abrégeant, 
de celui de son maître Josepb b. Noah. Cet abrégé se trouve 
en effet en manuscrit à Saint-Pétersbourg et c'est de lui que 
pourraient émaner toutes les citations connues. Il est, entre 
autres, cité plusieurs fois, comme j'en ai déjà fait la remarque, 
dans une compilation caraïte sur le Deutéronome de l'année 1351 
ms. Brit. Mus. 2498) 3 , où il est désigné par ns (c'est à-dire ia« 
Tnrt ânob»). Ces citations sont intéressantes à plus d'un titre; 
les voici toutes A : 

1. — Sur vm, 3 (ms. f° 21 a): bfitt bapnoib T^T 1« hd wi 
■jnn an?i n:?o —!ïïîôn "p^ni ( l - y 1) sn ™73 ■înab» ï^T. 1$ ^^ l^T 
rimn (i. m->) rnsn p ^-iton ->;p -nba mrs (i w i o"b d">bnn) ^rm rujri 

- T " T * — T — T 

('i rfa rrnT] nsb sna «bi pi -i»x ^ *nb» :n!i (a"i Vd '« banmj). 

-T ' - T 

Ainsi Aboulfaradj considère ■jw comme un imparfait à cause 
du noan final, quoique le sens s'y oppose, puisque *pmnN indique 
nécessairement un parfait. Il traduit semblablement ce verset dans 
le aKsbetbM ima , ainsi qu'on l'a vu précédemment. Les remarques 
suivantes sur l'impératif et sur le rapprochement avec *ton, et 
d'autres verbes, dont aucun n'est un verbe ^"d, montrent qu'Aboul- 
faradj n'avait pas encore une idée exacte des verbes faibles ; c'est 
d'ailleurs l'observation que fait Moïse b. Ezra. 

2. —Sur xii, 21 ms. f° 28 b) : ^-iwNbN tip im ÛDb bi ne ba*p 

1. Cf. aussi le fragment, édité dans mon étude, p. 16, et mentionné plus haut, sur 
D^n y$1, ou ,a connaissance exacte de l'arabe ressort encore mieux. 

2. P. 34-38. 

3. Sur ce manuscrit v. les renseignements détaillés de Margoliouth, Catalor/ue, T, 
p. 2G7-2G8, et mon Retraite Uterury opponents, n° 38 (=/. Q.R., xx, 216). 

i. C'est encore a la bonté du Rév. Margoliouth que j'en dois la copie. J'ai ajouté les 
points diacritiques et les référencées bibliques. 



68 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

mibN rnçna ^« yâwin arin in b^pi pab-jaba tfb. Dans ce verset, 
Aboulfaradj interprète *prH», non comme une permission, mais 
comme un ordre : quand on est éloigné de l'endroit élu, on doit 
manger de la viande en dehors de cet endroit. L'autre explication, 
qui n'appartient donc plus à Aboulfaradj, rapporte ^mit aux 
prescriptions surl'abatage, comme le font les rabbanites { . 

3. — Sur xxni, 12 (ms. f G 74 b) : a^nba "j-d ^b-iaba w hb Sap 
nSfi^bNi wn "na *ip arnn ba ■£# fnsba 'jab a*nabN anpa bombai 
fcaboa NpriibN rrnybaa. 

Ce passage est cité aussi par Samuel al-Magribi dans son Mour- 
schid 2 . 

4. — Sur xxiv, 6 (ms. f° 88 a)\ tfttnnp^pn aaTi ûtd j>3 n£ bspi 
rnttba ïrin îâa Wi Nsas î-j:n a-npbai aa-i»i (i. riaanu) rirnfctts 
rrnûfina) y^iNn ba ^-na arwa "paba i* *«rçn la ïi3p ab fm-iâb» 
N"b ia'% 

Aboulfaradj explique le verset littéralement. L'interprétation 
allégorique qu'on lui oppose et d'après laquelle ce verset se ratta- 
cherait au précédent et se rapporterait à l'interdiction d'éviter les 
rapports conjugaux avec la femme récemment épousée, est déjà 
désignée par Ibn Ezra, ad loc, comme étant celle des Caraïtes 
(swraarï) . 

5. — Sur xxv, 11 ims. f° 95 a \ ->3r> "rnmatoa 'np j'a rib b&*p 
s*r>n lanyba ^d "p-î (? p) n* bap-n r-mjia bsb p prnma nb^br.N 
ïiîouj&o ntûa in inny bnpi ja "(vr èabbfl e>nna nâns» Ntoaifl 
•j^a ^*'-« arnbai "nâba îrn fcapaba &nn pNpmra "rçyioa riaa^b "jbi 
JnbyDn «'m nttNbN tfîn ira ^nnon "jn r^npn. 

Ici aussi, il y a lieu de remarquer le rapprochement de l'arabe et 
la réduction des deux mots à une notion causale primitive 3 . 

6. — Sur xxvi, 3 ms. f° 96 a) i^Mxptubm rnn rnabn i'h rih bwNp 
ups 'naabNa ijftûbK ûïb-< Nrn^3 4 ..."ibntfba riaoba ^a «b» ûTb*> «b 
(a M i a"p r-n»i23) 'i:n ^n^TN "ma a mtiî&n 'ipa ^bi in 17a. 

C'est-à-dire la récitation de ces paroles n'était obligatoire que la 
première année après l'arrivée en Palestine, car ensuite il suffisait, 
d'après Ex., xxm, 19, d'apporter les prémices, sans rien dire à 
cette occasion ; opinion que je n'ai pas retrouvée chez les auteurs 
caraïtes. 

7. — Sur xxx, 5 ms. f d 113 bj : in rmurm 'ip jrç nb b»p 

1. V. surtout Arou b. Joseph, Mibhar, ad loc. (fol. 10 6). 

2. V. mon étude, p. 37. 

3. Cf. Ousoûl, .s. v. 12513 

4. Lacune dans le ms. ; il faut sans doute ajouter 13 *jNb 



NOUVEAUX REiNSEIGNEMENTS SUR ABOU-L-FARADJ HAROUN 69 

fcb*n:i nynin p 1 ....«nTOa N733 ûïiki b«*»^ ]n iwbabN ûï-hSn. 
Ainsi ^ma» no-)' 1 se rapporte à la conquête sous Josué et nmzrm 
à la conquête future. 

8. — Sur xxxii, 30 (ms. f° 128 a): 3nNn ùdn fi nbîN yh hd bapi 
î-nasn ïiai* ïwk ïw hdnsn -pi pi r-i^n n73"i3> bn73 nïh» 
nwsn bntt éwto ■'i- ob nn^aar nbta *ija ^nbN riyababa lis bJNbi 
('■> 'n n ù-'sbtt) r-pûbo. 

D'après l'opinion commune, nbïtf est une forme de parfait où le 
tfiw remplace le hé ; v. p. ex. Louma\ 363, 1. 10. 

9. — Sur xxxii, 50 (ms. f° 134 b) : yâ ne bap ^73? ba rp&m ïibipn 

ïts bNpi ne bs -p-iDi Vnba^bN ttsaboa 5a ïirm jfironâK ntinyn 
rrby «b y-nr HaonbK i«b mnb« riionbN no^bi .âsbba r^nn 
y)2 NnysanJN nar «bs toriba o:5 173 *>:id mnbx N73Nd awttnrtN 
bap 173 nbiatn rin y-nsb&o ri^bbN nnb^ynoN ke» ^bibs j^n-ps 
nb mp arnNbN ^nbjs i« nt3^ nb ûy un "nbà na^aNba, 

A partir de no^b-i le développement ne paraît plus appartenir à 
Aboulfaradj, mais contient au contraire une polémique contre son 
explication. 

Toutes ces citations ne se trouvent pas, comme je l'ai déjà fait ob- 
server plus haut, dans le ÊNsbsbN rrnû et font partie par conséquent 
du Commentaire. Mais il est difficile de déterminer ce qui y est 
propre à Aboulfaradj et ce qui appartient à Joseph b. Noah. Il serait 
désirable en tout cas que nous fussions renseignés sur i'épitomé 
qui est à Saint-Pétersbourg 

Quoi qu'il en soit, les spécimens des ouvrages du « grammairien 
de Jérusalem » que je viens de publier ici pour la première fois 
suffisent à prouver de nouveau qu'Aboulfaradj Haroùn doit être 
compté parmi les écrivains les plus remarquables des anciens 
Caraïtes. Une édition complète de ses écrits qui se sont con- 
servés serait donc en état de répandre bien des lumières sur la 
littérature de cette secte. 

Samuel Poznanski. 

1. Lacune dans le ms. ; il faut probablement intercaler 83SÔN. 



LES GLOSES FRANÇAISES DE RASCHI 

o 

DANS LA. BIBLE 



(suite et fin h ) 



HAGIOGRAPHES (suite) 
xxxvii, 1, innn bs. Ne rivalise pas : 

MTUXLAXecb -p^NN Aatir \ 

xxxviii, 4, ta ri 53. SaiQ, entier : 

A pJÉMM Anlerin — 6 (? y) "p-pLÛrS — M "pnurN — U «S^lûr» — 

t wnasN — d (? y ou y) j^nt»» — c ynx33N - x y-iaaN. 
— 7, i n *n * a. J'ai été saisi de trouble : 

MedXU IIÏÏ^imrN Estordison — A "pttiTnimiîN — 

eb ■jwmn»^ 1 . 

xxxix, 6. nbm. Ma vieillesse, littéral. : ma rouille : 

;4 b^'ïi-) flodyjfJ — e Hfyhrv^[ — du N^bi^n — x swb'wn — 

xl, 3, ir ii en C3 53. D'une mer de fange : 

A ©i^ipÊ Fanjjos — XT E^SB — X tt)^"iNB — d t2)™l33. 

i. Voir Revue, t. LUI, p. 161 ; t. LIV, p. 1, 205 et t. LV, p. 72. 

2. Cf. LIV, 222. 

3. Cf. LUI, 167, 178; LIV, 8, 224; LV, 76. 

4. Cf. LUI, 189 ; LV, 82. 



LES GLOSES FRANÇAISES DE RASCI1I DANS LA BIBLE 71 

xl, 46, 3 py b y. En ces traces : 

A w2£"")ù:©" , ©j' , N Énséstraçes — M ©^""IM, ©"^"^©^©Sa* — 
T NS-lBi NÏÏ^TJÏÏ^^N — e U OTt^a — X ©^aSftnta — e ©SSfcnta 

— x ©sma l . 

xlix, 2, ibn. Monde, d'un mot qui signifie rouille, parce qu'il 
change et vieillit : 

a Nb — iin Rodîie — cd Nb""Tn — au K^brn — x «Ti^-nn — 
l, 2, "» D •» b b ^ ». Parure de beauté : 

ed D373"i"lD Prémnt — cb aaTQIS — ^4UTL Ù5?3"1S 3 . 

— il, ■•i© i"»Tl. Le mouvement dans les champs : 

A t^û^tt©"^ Ésmoubemant— MTU lû^IIMN — cde a^vjlEtt^N 

— x aa^aittiBN — 6 u^irnE© 1 ^ — w -pai»©»*. 
lu, 7, i © n © n. Il te déracinera : 

A ■jMavuDTO Êsrajnéç — M T -pD-'itn©'^ — T -^^©N — 

e "nanti©» — d TnaniaN — x -p^k-h 5 . 

lvi, 2, ■» 3 d a ©, Aspirent à me dévorer : 

mw n^ttïnbia Goiosjjr — t -n©îbnaN — ux ■ronbia — a -p©ibia 

— d TnD'nbna*. 

— 7, ■» a p *. Mes traces : 

A ©SHE) Traces — d ©X"1C3 — T ©SÊna — X ©"^jna — 

lviii, 7, m^nb», Dents mâchelières : 

^ ©-pbc^?2 Majjselérs— e tDT'bC^tt — M tt3"V«bww?3 — T ©-pb©"^ 

— cil ©■^©•^a — x ©^b© 1 ^ — w ©bin©^» — 6 ■nb'TOtt — 

d b"»©i"n«73 H . 



1. Cf. LUI, 174, etc. 

2. Voir LY, 82. 

3. Cf. LIV, 232. 

i. Lire : ésmuvemant ; W donne le verbe esmuvér. Cf. LIV, 217. 

5. Lire : A esraijéz, de ex + radicalus : d esraciér ; MT1 ésraçinér; X deraçinéir. 

6. Lire : goloséir. de * gulosare, formé sur gulosus. Cf. LV, 75. 

7. Substantif verbal de tracer, de * tractiare. 

8. Lire : mayselérs, de maxillaris. Dent était généralement du masculin en ancien 
français. 



72 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

l vin, 9, bibnœ. Limace: 

M fcOttïi Limace — A W y^nb - UX Niwb — Le y»ib — 

<?6 y»"ib — t fwfcfcri - d ywipb*. 

/fo'd., nia a bs3» Taupe: 

^4 »Dbtp T«^e — \v NDbta - fuxLeXcôr/ ^sbea — 

lxviii, 14, i s 3 S. Plumes : 

^4 Mi^ribs Ploumes. — TX ©iTfllbfi — XcAU p£"lbB — M ta^ttlbe 
d ©^7333 — e Uî^ttblB 8 . 

lxix, 3, n b n ta n. Courant, fil de l'eau : 

AT b-'D Fil — deXMUL 'ms — g bit) - X DJlbà. 

lxx, 4, apy b?, Sur leurs pas : 

A tÛinuia^lDSN Anséstraces — T tf5înaiZ)il23 ,, K — c/ iasmjaiZ5 , '1253 , *N 



i - 



lxxv, 9, ittn 1^1. Un vin fort : 

A Oîa^n ^iwo« — XcdWM 12WH — T U X lZ)13 , n — 
beh UWn 5 . 

lxxvii, 4, s\ a ^ n n v (Mon âme) se pâme : 

AeXcbTWVh -pTOttîD Psmer — gMd -p^UÎD — X -pttias 6 . 

— 20, "[innpyi. Tes traces : 

A Ointf Traces — eW lCSSina — be\J MX WZ^V — 
M WD£-|U — d pyWtwiB *« 

lxxix, 5, ^ n n 3 p. La flamme de ta colère : 

A B3tt;nB3N Anpranemant — c ÛSWS'HDS^a — d taaWnBa^N 

— t pawiMa — u Ban-neF» — mt aEs-nsa^N — 

b B*W3mB5N - 9 M3733^5rS 7 . 

i. Cf. LUI, 189. 

2. Cf. 2Ô., etLIV, 29. 

3. Lire : plumes. 

4. Cf. p. précédente, n. 7. 

5. Cf. LIV, 9, 5. 

6. Cf. LIV, 214, 233; LV, 75, 76. 

7. Cf. LUI, 179; LIV, 3, 5, 6, 9, 216, 



LES GLOSES FRANÇAISES DE RASCH1 DANS LA BIBLE 73 

lxxix, 11, nrnnn ^D3. Les fils de la moribonde : 

A R"P3*Tï7aFfe« Énmorineda — c ■iTrç'mttS'W — à H"pJ i n1ja3TO — 
T -p3 , m»31K ~ W ii3>mîB5^ - u «wis^n — X NTI&rmtt — 

L xxxtii, 14, babs s. Gomme des ronces appelées : 



<« >• 



A M T U313Tip Krdons — jWXULerfcft ti33TV)p 



i 



— 16, ^nsioar Dans ton tourbillon 

tul# -pb^a-nu Torbjjion - Me -pb^a-na — Ab ïvbama — 
x paoba'nta — ^ "pb^a-na — w "pbaviïa — c p-ibana 3 . 

lxxxix, 18, ■pix*ïm.. Et dans ta bonne volonté : 

MTWerf tâliQ^BM Apjjmnt — b ^to^DN — Le IM^DK — 

xci, 12, t] s n 1 d. De peur que ne s'achoppe (ton pied) : 

AêXcbTW -pSIlÉN Açopér — X d I^DI^N — M T«B11DN — 

ci, 3, D •» ta o. Des actions qui détournent (du bon chemin) : 

M g TÔl^^n Desloler — T W UÎ'MZÎ'^b'lM'tD'H — e wb^VMVI — 

d Nioa , "b ,, û3tt3 ,n 'i 6 . 

en, 21, nrnwn 13 a. Les enfants de la moribonde : 

A firra , m733 ,, N Enmorineda — b RWniM^H — d ^3^mK3^ 1 . 
civ, 18, non». Abri : 

-*«*» C23t3NnnN Abrlamnt — 6W a3£P"nSN — T MM"»*»» 7 - 

— 25, ù^v ami Large d'étendue : 

j4 ©wib Larjjes — M tB^IKb — T eb ©S^ft -?Uc tërnb — 

rf toanab — w "o^-ib 8 . 

1. Composé de en et de morinéde, p. passé de : moriner ; cf. Godefroy, à ce mot. 

2. Cf. LUI. 180 ; LIV, 22, 34, 219. 

3. Lire : torbilion (li = l mouillée). 

4. Cf. LUI, 191, 5; 192; LIV, 216; LV, 82. 

5. Cf. LIV, 222. 

6. De * dis + tollare. Cf. LUI, 172 ; LV, 77. 

7. Cf. LIV, 21, 7. 

8. Lire : larjes. W offre un exemple intéressant de la corruption d'un loajs : le "} 
y a été pris pour un "j, le 3 pour "n. 



74 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

cv, 3, ibbnnn. Enorgueillissez-vous : 

T EîYi 'puSSTmD Porvvnteç. vvs — W 1DT1 tl^tta'n^PB — 

x •paaims — d tan faaiYTTB — u b «pua-nN f . 
cix, 8, t n 1 p s. Sa charge, dignité : 

A ÏWtapîânB Prevostieh — e ÏT&TtattîTfaB — T W L X rtfcrtai&'nVHD 

— 11, ■ta p a "». (Que l'usurier) se heurte : 

^4 ■pçiiÊN LTU) Se7 açopéç — W "pBlSSN ta^ta — 6 ta^UJ 
"pB11£N s . 

cxvi, 11, 3ï5. Sujet à manquer : 

^xw Natab^s Pjjinça — t ya^bs — m satsib^D — à ■rçstb^s 

— d Na^bs \ 

cxix, 5, ibnN. Ah! si... Expression marquant un souhait : 

A p^rtlC Sohajjt — gMTVXb sa^ïTND — d ^ta^ïTK» 5 . 

— 33, apa>. Trace : 

4 U5irnp rrapea — c d M ïï^m - I- .9 T îû^fcnù — U W ttJana 

— x u3ar»"n:a — 6 urania 6 . 

— 120, nttO. Se hérisse : 

^ -par-ir: Heriçér — t -narnrr — m d i^^-n — x b c Tnc-pn 

— .9 x nr«3trm 7 - 

— 122, a •n a». Garantis : 

^ -ptaana Garantir - x -p^ana — 6 ta^aana — 0U araa'na - 
m œvaana — t »©*aana - c naruana — d n^taana, 

cxxvn, 5, insffls. Son carquois : 

4 KTÛ^p Kouivre - rfU fcna^Tp — T yia^lp — X fcna^p — 

6 ■nà-np — w «b^-mp — m srp-mp — x N^anp 8 . 

1. Lire : porvantéç vus. 

2 Lire :Hprovostie, avec e TWLX. 

3. Cf. p. précédente, n. 5. 

4. Lire : faliançe, dérivé de faillir. Cf. LUI, 178; LIV, 215, 223. 

5. Cf. LIV, 26, 7. 

6. Cf. p. 71, 7. 

7. Cf. LIV, 227. 

8. Cf. LIV, 206, 1. Lire : cuivre. 



LES GLOSES FRANÇAISES DE RASCHÏ DANS LA BIBLE 75 

cxxix, 7, "iss m. Son aisselle : 

A frÔ^^N Ajjséla — b «bUB'nN — c d\\ &6ti5"^N — X Xûb' i W i S 

— e b©""« — X *|b«5^N '. 

cxxxv, 7, û^pia. Éclairs: 

A m^ibÇ-'N Êslojjdes — d ■ fcnt3 r nblZ3 ,, K — X ïZSI'vnblDK — 

u pTûvnbœa — w «ymb©'»» — m aniaiibiBN — w ©mb — 
r »vib© , »N ». 

cxxxix, o, n5D5. Ta main : 

A pvnplû'H Déstrajjt — X ^vn^U"'"! — T ^"nM^I — 

l u^^^u — à w u ^m^i — ca'niawi — c iiaicn — 
eM ^rn — ci iD^-nu^'n É i^i ,p r p j | . 

cxl, 4, mwsy. Araignée: 

A NlJvi-pN Irajjne — XT N3"^-PN — LU Na^lK — 6c fc^w-nN 

t : - • 

— cl «aii-i^N — W M N^TN \ 

cxliv, 13, "i 3 "> n t ». Nos approvisionnements : 

Te b^3T015 Gobernjjl — W b^T^aia — d b'Wâia — 

cxlv, 16, 1 1 it n. Bienveillance : 

MTWL^ôd aMP^D» Apjjmnt — Xc U373&T' , DN — 'e -pia3N — 
.9 ^373^DN 6 . 

cxlvii, 16, ms3. Gelée : 

yWLAXdbc n-b^ Gled — T *nbï — c. Nb">T» 7 - 

cxlyiii, 8, liai. Glace : 

^ NStba G%-<? — IkTWU N^b} — £ IfcbJl — M Nïb}. 



1. Lire : aiséle; cf. LIV, 213, 228. 

2. Lire avec U où il faut changer 1 en 1) esloisdes, composé sur * lûcere (cf. 
lûcerna). Cf. Godefroy esloide. 

3. Lire rdéstrayt, de * de + strinctum, forme dialectale de déstréynt donné par T ; 
cf. mod. étreinte. 

4. Lire : irafie. Cf. LIV, 215. 

5. Lire :~governail, de gubernaculum. 

6. Cf. LUI, 191, 5, etc. 

7. Lire : geléd, avec T; e donne jeléde. Cf. LUI, 179. 



76 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

cxlviii, 8, *) i a ■* p T. Brouillard 1 

AXbcTVf «3^*13 Broina — </ U WNna — L a3"WT)a — 

m fitt^an-D — e «bina*. 



PROVERBES 

i, 27, nsiDS. Comme un tourbillon : 

a branla Torbajji — l b^ania — t ■pV'Wiia - m -*p , nb , ^an , ia 
— d b^ainau^K — gbc ybyin — « b^iaia — 'pb^a-na — 
a b^a-na '. 

— 32, a i n d n a i ra ». L'égarement (des sots) : 

-4 &nWC*Vn_"l3N Anvvajjstloure — T NTIIPIjN — bc Nn"Wl"l3N 

l «m-nzî^3N — x firmaiBN — r N-m-rns^ 3 . 
ni, 23, 8p a n n b. (Ton pied) ne se heurtera pas : 

A •VBittN Açopér — cTWU T»B13tN — M X d T^BISN \ 

vi, 10, d^v p3n. Croiser les bras : 

AXdMTW n^hZ) Pljjr — K u g nabs - 6 nvs — c i^bs — 

k iiK-nbs 5 . 

— 13, bbitt. Frottant : 

A "VK v nB Frajjér — d M T W KA TvnB — "Wtâ — w ■ywnB 6 . 

— 25, n^cys^3 ^npn b^i. Qu'elle ne te prenne pas par 

ses paupières : 

a myvBnyh Loujjsé&t — tlit «sa^^^ib — d won^c^ô — 
m ttj^a^ttî^ib — a îzra^r'nb \ 

1. Lire : bruine; e donne broie, qui remonte peut-être à l'allemand brodeln. Cf. 
LIV, 234. 

2. TM donnent torbeilon \l mouillée) ; A torbail (l mouillée) ; L w torbail ou tor- 
béil. L'étymologie du second mot remonte donc à turbare, auquel s'est ajouté le suf- 
fixe aculum (* tuvbaculuni). Je ne vois pas de raison nécessaire pour séparer, au point 
de vue de leur origine, tourbeil et tourbillon ^anciennement tourbillon) ; cf. Dicf. 
Général, art. tourbillon. 

3. Lire : anvaysedure, de * in + vitiatura. {vitium). 

4. Cf. LIV, 222. 

5. Lire pléiér. KUg bc donnent des formes provençales ou espagnoles, plégar. 

6. Lire frayer, de fric are, conservé en fr. mod. 

7. Lire : luyzétes, avec A. Tous les autres mss. donnent luisétes [A intervertir ÉM3). 



LES GLOSES FRANÇAISES DE RASCHI DANS LA BIBLE 77 

vu, 17, inss. Parfumée de naphte : 

A -pbtfrn Vvantelér — U i$p?1p3VI — T ■»bpT , "l — M ^bwn — 

a) -«baïfi — «"«boïn — a ^bpsi — r ^w»i *. 
vin, 27, nn. Cercle, littéral. : compas : 

A ŒBSÎp Konpas — X £N©3-|p — KôcdMUL tt)D3ip — T U5Dtt"lp — 

w rasip », 
lbid., Ici, chose qui embrasse : 

A bp\DN i4/M;aJ — d M T L A b^DN — rb^pSK — XT n bs , lp^N 

— a n^p^sibp 8 . 
xi, 18, n 3 ■©. Écluse : 

-4 Npqbp\ï3« Asklouse — XWK NiZilbpiBN — T NtfilbpUÎ'W — 
M N^bipWN — d NnbpU5^N — r «ID^pUT»*. 

— 25, hS*ia. Toute âme bénie : ce verbe indique toujours 

l'abondance : 

A lïtf^ÎD Fojjson — Xcr/jMTWL "pU^viD — K InUJ^D — 

— 27, 1 1 s *i. Bienveillance : 

A apttN"«D« Apajjamant — X aaEN^DN — WUKMd ûitt^DN — 
gbc US-iTO^DN 6 . 

xii, 8, a b ïti * a i. L'homme au cœur agité : 

A Tbtip.Ç'rç Êskrolér — XM W T^bTnptt)"»** — T ibriptZT» — 

l ■vmbptû'w — w r -rb-np^N — a jcp'm-ipiaN 7 . 

— 26, nn\ Plus large : 

A Ï5"«nb Larjjes — T lD'nb — M W U L Xb c d e g UJ-n-ib — K U5"pb 

— a tai-iab. 

1. Lire : vénteléd, en comparant les divers leazitn. 

2. Cf. LIV, 211, 212. 

3. A aûchal. Les autres donnent la même forme avec / mouillée ; X escoplér ; A 
rlnfichiér. 

4. Lire : t'skluze, avec d. Cf. LIV, 205. 

5. Cf. Dict. Gén., foison. Cf. LIV, 

6. Cf. plus haut, p. 73, 4. 

7. L a confondu avec le mot esclorjer. Cf. A. Thomas, Nouveaux Essais de Philo- 
logie française, p. 252. 



7fc REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

xiv, 9, DU)». Amende : 

A «ns^ON Amende — gUbcK N12V3N — M ^5T73« — T «SM^ttÉ* 

— l i^rns^N — d 1:373*173** ». 
xiv, 9, "p s n. Bienveillance : 

A a:72N^BN Apjjamnt — dl\N t3:?3^DN — T NL3373^DN — 
M arM^DÛ^N — X L^TT^'N 2 . 

— 30, t, n 3 p. Jalousie : 

a mnma rame - icA ns^kun — © t «rNa — m m^nu — 

X W^blC"» - k . . .*qs« 3 , 

xv, 13, nn. Esprit : 

A Ûpbû Talant — X BSJÔp — M T U W 6 c a" ïttba — ,7 tM^bo \ 

xvi, 11, a s tt) ^3. Justice : 

^ RTO©^ Joustize — X NrU'P — e* T L N2rati3"P — A c nN^S^UDV 

— 24, id a ï t] "i s. Rayon de miel : 

A NpÇ'na BrésAe — çMTtu NîWna — W Nlûp'na — d ptfi^na — 

(■) NjjTna — a apvna 6 . 
xviii, 4, ro i K. Homme de qualité : 

A X A -pa Bér — T W L U b c T>a — d M -pi a 7 . 

— 28, lû d uî 73. Justice : 

a txnuzv* Jostiza - x kpbt — ou rurpo©?* - c l rtfinarattT 

xxiii, 27, n ^ s. Étroite : 

A Npn-itr^iN Êslrajjte — W Na^nt3©N — L NUS^naiZÎN — 

t ariiattSN - m «pana» 1 »» — © û"«i»n — <*> u^-iuns 1 '. 

1. Cf. LIV, 214. 

2. Cf. p. précédente, n. 6. 

3. Lire : taïne, ou ataïue. 

4. Cf. LIV, 15, 30, 219, 227; LV, 81. 

5. Cf. LIV, 234, 4 ; LV, 79, 80. 

6. Lire : brésclie. 

7. Du latin bavo. 

8. Cf. LIV, 234, 4. 

9. De stricta. 



LES GLOSES FRANÇAISES DE RAÔCIil DANS LA BIBLE 79 

xxiii, 29, û-'JSD. Blessures: 

A SJmsa Nprdos — ML A TB-nTina — T0 fimnaS — M «TlKaS '. 

— 32, iB n s ■«. Il pique : 

b cl U S3ïîi31B Ponjjnt — W Haa^lD — X £33^3 — g B'W« , ÏB 2 - 

Avec l'aiguillon : 

A JibttK Agoulon — X "pb^S — L ïl&obaN — cdWg 'py'nâH — 

xxm, 34, ban. Mât : 

A X UUJ73 Mast — T L UTO — (/ Nl3OT — w M LÛU5N73 fc . 

xxiv, 36, û "• b n n. Épines : 

A lijnè Frelon — IMTWL ï-WnB — cl 'jWB'nQ 5 . 

xxv, 20, n n a. Sorte de craie : 

A Nn^ilp Krojjde — bel Nn^np — x w jrr'np — d KWiba — 
M NlB"np — dans W ïlÔtT"? corrigé en «T'np 6 . 

xxvi, 2, m ni s. Hirondelle : 

A Kb'wrç'hN Arondajjle — XAMTW «b^iaTIK — d Kb^'HS'nN — 

6 c psi-iN — u ■pa-na - l «b^-iN — g biiamN 7 . 

— 8, ïi*nn » a. Fronde : 

MA «b^nsins Pronélda — c Nb"H3"lB — T «b^13^9 — d «yvnaiB 

— b «b-rmais — ^ fcrb-13-nD - w w ©b^iana — # «bornais — 
x firprnB — Nb^isins ". 



— 18, û-«pT. Fronde : 

A A UJb^iaTID Prondils — d fflbWlB — XlONb^TlB — M ^*lb*l3"nB 

— .7 iDbTnais — «Vamais — c «butane — u ©bnoaiiB — 
L c^naibB 8 . 

1. Cf. LUI, 168, 180. 

2. Lire : point, de pungit ; cf. LUI, 192. 

3. Cf. LV, 74. 2. 

4. Cf. LIV, 

5. Lire : frésgon, petit houx. Cf. Godefroy, fregou. 

6. Lire : crayde, avec le w du mot crela. C'est la forme la plus ancienne qu'on ait 
retrouvée du mot craie. 

7. Cf. LIV, 221. Cf. l'anglais archaïque : arundell et le français, également ar- 
chaïque : aronde (queue d'aronde). 

8. Lire fondél. La forme frondél donnée par MA frondés dans A 1 d X M est plus 
récente. Du latin fundalem. 



80 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

xxvi, 24, i5ïv (L'ennemi) se cache : 

A N^blD'MspiBY'l Déskenojjslre — d M ^*|C3U3^13pttï^ — T 
BaiD^ïpiO^I — W MlC'^pia'H — L Le texte porte Wi3!nzn 

NL3 , iU Tv 131ptZÎ , H (Le 1"' mot est-il un î"yb) — g T^"n:npTD -,ta J — 

x uîwiiûTnsptû'n — uè nrçaipim — c nuîaipun. 

xxvn, 6, mnnyn. Fréquents, d'une racine signifiant gran- 
deur, orgueil : 

A aaiZWp^jK Inkrjjsant — M U^brniP'nprN — T tt)b3Sn , nprN 

— l œbni'npsa — x Nba^-ipaa — d ybarapaa — w «vnpati» — 
u ybatt3^"jp: , »N 1 . 

— 22, lu n 5 » a. Dans le mortier : 

A h cdXgM -p^aTiE Mortjjr — U T W "Ttmtt — L VVW1B. 

Jèid.y * b 3> n. Dans le pilon : 

4 6 c d X M T W L «pb^D PtVon, 

xxviii, 5, "jdïïs. Justice : 

Xdh WFEJIDYi Jostiça — bc nÉPPÛUPV — MT N^attîT — 

— 17, niipv (Les corbeaux) le transperceront : 

A ■ym'WC Fouvjjér — L A* M T L *"p"mD 3 . 

xxx, 28, m » » M). L'araignée: 

yj T N5*""PK fr// rta — £ U N3^mN — gc X\\ H""3*m — M tT^-pN 

— l ruwnN ». 

— 33, y 1 ». Pression : 

A N-i?Î7pinp Prémdoure — U c &0 , n73 , nD — * N'iTT'XJinD — 

S 

m t N-nu53ns — l tn-manD - x &ni»i , m3 T nD — ta îmwiD 5 . 

xxxi, 19, mcaa. Quenouille: 

m «b^iLîmi Vvrtojjia — a b^a-m — b *tynwr\ — g T^VtHli 

— w tàntmm - l b*na — ta bwn — u "ib^mn 6 , 

1. Lire : énkrôysant. 

2. Cf. LIV, 234, 4. 

3. Lire : foréiér ; cf. LIV, 5, 2» 

4. Cf. LIV, 215. 

o. Lire : présedure, avec L. 
[ 6» Cf. LIV, 15, 6. 



LES GLOSES FRANÇAISES DE RASCHI DANS LA BIBLE 81 

xxxi, 19, ^ b s. Fuseau : 

A m b^tbïB Posji/l — au b">nD — v butais — t bTMS — w b^is 



JOB 



i, 5, mai, Et ils ont béni (euphémisme pour blasphémer) : 

a anmo^aa Bnjjstra — s a-v^aiaba 2 , 

— 8, un. Intègre : 

A Uîn^USN Antiérs — bd lZJj'na^N — A ^"na^N — 8 lû^USM 3 . 

— 14, ûi-m" 1 b*. A leurs côtés : 

— 17, nabttai. Je m'échappai : 

A -TînttptzrN Eskamouçér — rf Tnsr33ipt3K — TE -pmttpttN — 
M -pi£1331Z)N — A -PJT1731Z5K \ 

n,3, ^amorn. Tu m'excites : 

A Hnxpism» Asmélre — b tDiîa^ttN — M iznBMN — g 18 "na»» — 

— 9, T-nnïib. Pour se gratter ; la racine tu signifie : 

RI T b d g -pa-l} Grter — S ■ywpTa 7 . 

Ibid., Mais tu signifie : tracer: 

A -Wfinû Tramer -<?6M -pitfcna — T TO'Hei — 2 T^StN'Ha 8 . 

1. Lire : fuzél, avec b\J. 

2. Lire : benigtre[nt], de benedixerunt. S blastanjért. 

•'}. Cf. (11. de Gersch. de Metz, '.Y.i. bd antarins, 8 anteris, de *integrinus. Cf. plus 
haut. 

4. Ce loaz est assez difficile à reconstruire. En le comparant à celui qui est donné 
pour le même mot par le Gl. héb . fr. (149, 17 lor los, leurs places), je pense que 
nous avons affaire i<i h un mantenément formé sur manant, correspondant à la racine 
T de ÛÏTYV 

:,. Cf. LIV, 2<>, 2. 

6. Cf. LIV, 6, i. Il faut corriger cette note en ce qui concerne amétre. Nous avons 
simplement affaire à ex + miltere. 

7. Lire : grater. 

8. Lire : traçiér. 

T. LVI, n° 111. 6 



82 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ii, 11, nsb. Pour le plaindre : 

A N-np^bDînp Konplajjndre — T d &rnr">bDinp - b -p^bs^p — 
M ^3^5DD"lp l . 

m, 9, inia ^s^sya. Les lueurs du matin : 

A tt5lV73bDE5 ,, N Ésplendours — d tt)*wbstZ5N — M A ïZJTliabDlBN 2 . 

— 24, 1 3 n "> n . (Mes plaintes) s'épandent : 

^4 BS'VaiUJ'^is Fojjsonérent — d \y^ff^WJ^ — M T A "plû^lS) — 
g "Jlffi^lBN — E BF'TO'nB'Wto. 

iv, 15, mon. Se hérisse : 

a *narnïi Heriçér — d m t -p*smn — g n^ir^nN — u> a ■ratnïi 3 . 

v, 23, n n U) î-t n i m. La bête des champs : 

d nidii* G/-<w« - t «mna — g îabia — r yi-rn éms — s œbna \ 

vi, 4, û n 7o n. (Les flèches) dont le venin, etc., flèches empoi- 
sonnées, qu'on nomme : 

d T'WnBSM Anlojjsjjr — g "I^HBWW — ï TWWU33K — 

r -nptt"ia3N 5 . 

— 15, ? 

A "PXSilÇ Froncer — M # n^miD — TA -|^3t3Tns — d "Wn&. 

— 17, n n -i t •«. Se rétrécissent : 

^4 B^IBI. Ralrjjt — d ■p'iBn — M B^B"! — T -|" n "i:j"l — 

a b^'hbi — r TB"1 6 - 
vu, 19, ruiûn Nb. N'auras-tu pas soin : 

4 N-p-np-l Rekrajjre — d am^ip"! — M WWp* — T fcm^p"! — 

r R-pvHpn — ^ -pY^np-i - s tn^-ip^n 7 . 

1. Cf. LIY, 217, 219, 225. 

2. Cf. L1V, 222, 2. 

3. Cf. plus haut, p. 74, 7. 

4. La plus ancienne forme du mot semble être celle de T, qu'il faut lire garove. 
C'est le moderne garou (loup-garou) Y donne une forme du nominatif géroe avec l'ar- 
ticle à l'ace, lo. 

5. Lire : antoisiér ; cf. Godefroy, entoschier. 
G. Lire : retrayent, avec A. Cf. L1V, 229. 

7. Lire : recréidre, de * recredere. 



LES GLOSES FRANÇAISES DE RASCHI PANS LA BIBLE 83 

vin, 11, n is a. Terre humide : 

I r pttT-|?3 Mresk — cl T ptfî^-itt — <? W pan» — A pUî^tt *• 

ix, 17, ■* y s b. Mes blessures : 

^4 BnynaS Nabredure — £ A NTmaa — M UÎWiaa — T &n"na3 

- Bar-niea 1 . 

— 33, m a n 73. Arbitre : 

Edit. d'Amsterdam "P"ttl8ai*l Dresnjjv — T W«*n — r TWm — 

x, 15, n a m. Et vois : 

.^ yma Bdnv — r yrfanâ — s yrjg \ 

xin, là, n » R. Argile : 

M T iûTjn yl</os — «7 "W^N — A lû^K 5 . 

— 15, n^iN. J'expliquerai : 

A aaçaiZJ'H Désnemant — g aattttîm — d BattSttivVT, BW^ÈT 

— 27, 103. Dans les ceps : 

M T d ND^iT Çepa, et en allemand pirUDN Asthok — A NBS — T M(^|, 

piaipN — a gpfc, p-iruaa. 
/fo'rf*, npnnn. Tu traces des marques : 

M Op^DN 4ft!& — .7 gïïWÇB — A yip-IDN — f lûfPB» — A ©ip^O* 
— 8 B(Î)*VB». 

/oie?., En cercle : 

A bpjiç» 4/îfo*f — ^ taijPBII — m «b^p^aN — t ^bp^BN — g ■'b'wpiB» 

— r b^p"»ÔK — a ib^p^BN — « ^b^piBN 7 . 

1. Lire : marésk ; cf. L1V, 13, 8. 

2. Cf. plus haut, p. 79. 

3. Lire : derésniér. 

I. Lire : donc, c'est-à-dire vois donc, forme intéressante de <l<mc = dum -f- s adver- 
biale. 

5. Lire : adose, avec M T, ou adése, avec A. Ce semble être une forme ancienne et 
dialectale de ardoise. 

6. Lire : derésneinant ; cf. LUI, 184, 6. 

7. Dans la première série nous avons le verbe : aficbes {ad + fixare) . IJaps la 
deuxième série le subst. aficbail. 



84 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

xv, 8, 3>nanv Abonde-t-elle (la sagesse)? 

A ■TO'ftJwto Pojjsonér - SM T^31tt5^lB — T an'OT'W'lB — 

g msra-v^s — r kI-oips l . 

— 27, ttttis. Lime : 

8TT^ Nfcib Lime*. 

xvi, 10, nys. Ils ouvrent (la bouche) : 
T -ma Brèr — d TnaïN — r -nia 3 . 

— 16, n»nttn. (Mon visage) se rétrécit : 

m a^-na-i Rtrjjst — t asn^^n-j-i — a as^-na-! *• 

xviii, 5, 3 i a ta. Étincelle : 

-4 N^3MÇpTÛN Astançéle — d HÔ^¥ûWit — T NbiMîSlZJN — 

— 8, ïi a a to. Coiffe, c.-à-d. filet : 
xx, 25, p n a i. L'éclair : 

A tD'TnsbÔ Flandours -jdMTTA UÎTnsbs 7 . 

/foc?., qbœ. (Épée) fourbie : 
^ <7 r n^anis Forôtr 8 . 

— 26, •naiBxb'pfcïa. Cachés: 
xxi, 12, a s i y. Jeu : 

A 133736^733115$ Asbanajjemanl — tILT î3353^33ttîN— d £3 373^3 312)^6* — 
g ÏXPiryy®^ — r SSSW'vrçatD'W - £ C3373->-n331ZJt6* 10 . 

1. Lire : foysonér. 

2. Cf. LIV, 18, etc. 

3. Lire : badér, de * batare, avec T (où il faut changer le premier "| en T) et avec 
F. d donne ouvrir, qui montre que bader n était plus compris dans le scribe de ce 
ms. La transformation de T*73 ou ""P")31 est très ingénieuse. Cf. LIV, 19, 4. 

4. Lire : retrayst de retraxit. 

5. Cf. LIV, 291, 1. 

6. Lire : coyfe. 

7. Cf. LIV, 222, 2. 

8. Cf. LIV, 229, 4. 

9. Lire : éstuyés. Cf. Gl. heb. fr., 157, 87 et Godefroy, 5. D. 
10. Cf. LIV, 225, 6. Lire ici : asbanayemant. 



LES GLOSES FRANÇAISES DE RÀSGHI DANS LA BIBLE 85 

xxi, 33, ^an. Mottes (de terre) : 

A ©OttHw Gléstes — cl WSVtàl — M T A 12Jt:tt3">ba — g ...**Bttba ! . 

xxii, 14, 5i ni. Cercle, compas : 

A M tf}D31p Konps — T # UiDttlp 2 . 

xxiv, 6, t © p b v Ils récoltent : 

^4 B33TStZ3N Axpernnt — d ^aS^T-ID^N — T aStr^TiDlBN — 
M aar»3-)ÔTZ)N -TA BSta'wllSlD» — 8 Û3»vi«HS1BK '. 

xxvi, 10, 3 n. Il a entouré (la surface des eaux) : 

M n^iS Çenr — T d -p"i3T>}£ — T W^ — A *13"1S *. 

xxx, 3, riKitt. Destruction : 

r A^ MT WWia Broina — d N3"P"na — 8 ^^3^3 5 . 

— 4, m b ». Sorte d'herbe amère croissant sur les arbres des 

forêts : 

8 g T MDi» Mosa — T Ntti73 - S fcna^3 6 . 

— 0, û i b n a. Ce mot a deux sens : 1 er : Torrents : 

A tt)3Z ,, a , " , "1D Frajjliçes — A M tf^a^nD — d NSfcUiT^^g) — 
T Klimiû'nD - g 13^73-1D — T W^l"^ 7 . 

/fo'tf., 2 e : Vallées : 

A &wb , n Walées — d «n^bm — a s M T tDTibn — # UJ"Hb73 

- r T23V»b/n. 
xxx, 7, b n n n. Orties : 

A WÇTrlM Orgies — MTA m"WlN — gT ffii^mN 8 . 

— 17, i p a. (La nuit) perce : 

A -p' , "nD Fourejjér — M g T""nD — T "P'HD — ^ T^pTlB — 

r n^-iis — a -rme », 

1. Le G/. A. />., donne glétes, 158, 58. 

2. Cf. plus haut, p. 77, 2. 

3. A M asfrojent (de *ex+ fructificant). En d asfrojants doit se lire comme dans 
les mss. autres que A, c.-à-d. asfrojemant, de * ex -|- fruclificamentum. 

4. Lire : çérnér. 

5. Lire : bruine. 

6. Lire : mose ; mod. mousse, cf. GL de G. de Metz, 66. 

7. Lire : fraytiçes. Cf. LV, 75, 6. 

8. Cf. LIV, 208, 7. 

9. Cf. LIV, 5, 2. 



80 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

xxx, 30, nin. Mon âme brûle : 

A 123ni23^itf Ajjsrs — g 8 lin*! 123*1 N — à 123T-)123itf — M 12)C3"I123N — 

t izj-naNN — r ïamiDnà — a Naian^ns - s 12311231» *. 
xxxt, 8, n «5 "in) \ Seront déracinés : 

-4 T^D^nip^ Désmçinér — d -pi3ii2"ll23N — M «i^anU)*» — 

t -prs-iNiDi-PN — r -pinr-iN^iiN — a na^aniûs — s toiw, 
— 22, n » 33 «5 ». Épaule : 

A "p-jbptfTN Éspaldon — TAtfTS ITtbDlBK — M lIlblDlûN — 
cl 'pbTIS'ttJK 2 . 

JÔM*., ? 

g il 5*638)6 te* — rf bn^-n-i — t WftH — <7 ^nYn — 
8 b^m 3 . 

xxxiv, 37, piDD\ Il élèvera la voix (entre nous) : 

8,7 A WJ31 Dbtres — T fcnam — M «pEa - s tnaNaV. 

xxxvi, 8, i b a n a. Liens : 

a i23YYip Ao/Y/e.s — 8 mît 123 vnp — ,7 n3"»*nip — d ra-rt-rip. 

xxxvn, 4, b t p 3 a 123 1. Éclairs : 

A M èSiviVlBR Âsïojjds — T l23T^"»lbl23^ — q TÏ73bS31231 - 
T IZST^lblDN — A 123-)123i,bl23N — 8 12JTH3bB121 s . 

Ibid., ùapy\ Il ne les détruit pas : 

A n^SlbttlON Asmlonjjr — T -piSibfclDiN — M -p3i.bl23N — 

d g -pisibitsiûN — r ■ywbroli — a ^psibioa — s -111351.23123» 6 . 

1. Lire : éysars, de * exarsus, donné par Al'S,. Les mss. ,7 8 dT donnent eysardis. 
correspondant à * exarditus. M lit : ésartes, de * exardilas. À doit se lire éysardist(e), 
de exardiscit. Cf. LIV, 11. 

2. Lire : éspoleron, en changeant "7 en "1 dans tous les léazim, sauf en d, qui 
donnent esporelon. Métathèse correcte ou faute du scribe, chi lo sa ? 

3. En se reportant au Gloss. héb. />., on voit que ce mot glose l'hébreu nnp73, 162, 
79. Lire S A M biï3123D péstél. d, g, 8, lisent redondél, redodél, redonél, différentes 
formes de * rotundellum. 

4. Lire : débatre, avec T. S. 

5. Cf. ci-dessus, p. 75, 2. 

6. Changer 123 en a dans A T, de même 33 en a dans T, et lire : estalonér, forme 
qui ressort de la comparaison de tous les leazim. 



LES GLOSES FRANÇAISES DE RASCHI DANS LA BIBLE 87 

xxxvn, 18. ^ns. Gomme un miroir : 

g d M -iiiTni» Mh'dojjr — A 1i~ÎN1i*] - T lifinii» — T I^NII^ \ 

m 

Ibid., p ir 1 73. Fondu : 

A liO^IDilta Trésjjitér — T d naiiaiia — g 1t3"*lDlb — 

m yiiattjiiïa — r ïiaiiujim *. 

xxxviii, 10, i a lu « i. Fossés : 

a y>iai5 Foséç — t yitfjis — d y-niabs — r laistié 3 . 

— 29, iD5i. Grêle: 

A Nblpytt Grésle — d Nbllîiil} — TA abu^U. 

— 30, nsbm. (La face de l'abîme) se prend : 

A lûbmiZJiN Éstarles — d UJiblttU^N — FA 1ûblt31I5« — 
8 H5i5S3£31Z3N \ 

xxxix, 18, « 1 1 12 n. Quand elle prend son élan : 

M IBin^aiK Etjjvvrs — 8 T 1Z5lvni1I5N — V 1Z5lii11125tt — 

a «FnwiTO» 5 . 
xl, 17, i 3 i id i. (Les tendons) sont entrelacés : 

A THSbipSN Antrelaçéjr — d g 1iisblS33N — M T Ii£blï33\* — 

r iiiasbic33N. 



LES CINQ MEGHILLOTH : ESTHER 

m, 13, n i b ia 3 1. (Et les livres) seront envoyés : 

A 125 ,| pipiai25iN Éstretramis — M T ©iTaïUiaiCN — # NIUUTN 

©■*»ia — x izsroiaizî'nïaiDN — f-iiwib maur^ra — C N11Z5n« 

»"»Bfi*1B - A iiaEIttlDN — N tt}i731B1ï5iN — W 1Z511U1Z5N 6 . 



1. Cf. LUI, 186, LIV, 30. 

2. Cf. Godefroy, tresg-eter. 

3. Cf. LIV, 25,27,31, 209, 233. ■ 

i. Lire : estre lis, mod. lisse. Cf. glose ci-dessous de Esther, in, 13. 

5. Lire : esvoiérs. 

6. Lire : éstre tramis. 



88 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

m, 14, 1 a 125 n s. La teneur (de la lettre) : 

A B3735*<B ,,, m Derajjsinmant — S H t33îaatt)^"Tn — C M B3523tt5"H 

w b3»ibtï — t BMavnoi — n Btt3t»Tn — x B^nswni 
v, 10, pDNîT»i. Et il se contint : 

^4 B^B^lffl^ Éseretint — T B^B-lUÎ'W — F N ttî^BtZPN 

w a b^butn — m b^bt^n ■*• h -psbutn — x B^-nura 



S BSID^N*. 



CANTIQUE DES CANTIQUES 

i, 8, i a p * a. Sur les traces de : 

A iZÎEfinB Traces — X îZJNit&nB — Ce ^iSN"lB — U lBXfinB — 
F S W iDatlB — NT ID^nB — A UJtDfinB — M U5""S&-)B — 
Y tBiSPÉntD \ 

— 9, ■> n o o b. A ma houppe de chevaux : 

a «Hnpbâp Kevalkée — F se wzî'wbap — w Èrrpbap — n nenpbap 
— y nambap — m tt-ib^ap — t «b^bap — h «bia^bap — 

X Mfnbap *. 
lbid., "l'TT'tti. Je t'ai comparée : 

A "Wattî'HN Adésmai — CMXH '«NDtfî'HN — S "Wa^tHN — 
U iBÉTfcttattJN — N ^73123"»™ — T ïfcWHlDN — Y ■'ÊObwtB'nK — 

n, 4, n b a in. Il lève l'étendard : 

A BV^BN Atrajjt — Il M N B^IBN — Uc ttî^^lBKt— X NB^IBN — 
E BSaiTBN 6 . 

— 7, i*im*n. Si vous réclamez : 

A "1^3ibp_ Kalonjjér — JXct/ATUE n^Dlbp — S "ywWlbp — 

h -i^ibp — n nfcmbp — m njwibp 7 . 

1. Cf. LUI, 184, 6. 

2. É se retint. 

3. Cf. plus haut, p. 71, 7. 

4. Lire : chevalchéde. 

5. De ad -f sestimavi. Cf. LIV, 17, 1. 

6. De *ad + trahere. 

7. Lire : chalonjiér, de *calumniare. 



LES GLOSES FRANÇAISES DE RASCHI DANS LA BIBLE 89 

ii, 14, nman. Les échelons : 

N ttWlbplBiN Esklons — A S F «^bpS^N — tfc U îB^bplZJ'W — 
Y tfib^plDK — M «yvnbp©» — T NiobpiZ^N - c j-iSp 1 *» — 
A ©b^bpttî^N — H ttîl^bpCN — X KErbpl»''» 1 . 

iv, 2, n 1 12 "> N n 12. Entières : 

A lD'vaaN Antirs — cXSU U5Tl33« — Y U3"»"H" , L3DN — AMNTC 

^mara — u «wuwk e ©amora 2 . 

— 3, pnsi. Et ton langage : 

A y^b-lD Parlediç — S FUHXcTW «p^iblD — A Y ynb*)B — 

m yrb-is — A ybms 3 . 
Ibid., ^ n p -i. Tes pommettes : 

A lZ3b^»ia Pomajjls — UHcS F NTME ttjb^ttlB — A lZib^ttlD — 

y îONb^ttiD — w rattbis — g ©basa - X ta-n^e 4 . 

v, 2, Tiasip. Mes boucles : 

^ tt>b^1bâ FioçjjUs — F t w n tûb^iSibB — s raaibD — 
v ttî^satibs — c obatibs — e uwanbe — e «j^ibc — 
m rav^ibs — a ui^anbs — y ©-nabis (?) — u ©3baa 5 . 

— 7, i : i y ar s. Ils m'ont fait une blessure : 

4 ÈnmVjâa Navrédoure — XF[/NUAc Êm"T"D3 — E Y NIITlBS — 

g N-rnaM — w amamaa - m Rrwrna — th N-maa 6 . 

— 11, a^bnbn. Boucles flottantes : 

A ©"^ib^S Pendelojs — F ©ybT^S — U XBOWUPt — H ©iilb^S — 

c ©bmais — x ©">-»&n3is — e ©■wibia'VD — m ©•nb'nr's — 

T OWlblSB — W ©Mbltô — G ©bl3*S — a ©^bna^s — 

c tti-nbnrs — N yfirbaran 7 . 

— 14, n © y. Une masse (d'ivoire) : 

A •pttSW flfaaip — fi c N A W yi©72 — T y»^©tt — ME yv^ _ 

x y&*©tt - u yo?3 — w yva-173 8 # 

1. Lire : éscheloos. Cf. LUI, 179; LIV, 234. 

2. Cf. Gl. de G. de Metz, 33. 

3. Cf. LUI, 172 ; LIV, 3, 230 ; LV, 79, 83. 

4. Lire : poméls. A donue la forme intéressante pomials. C donne tanples, mod. 
tempes. Cf. LUI, 181 ; LIV, 23. 

5. Lire : fioçéles. Cf. LIV, 15. 

6. Cf. plus haut, p. 79, 1. 

7. Lire : péndelois, de pendeler. Cf. Dicl. gén., pendeloque. 

8. Tiré de maçe déjà devenu masse, peut-être par dissimilation, dans ce mot. 



90 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

vi, 5, va a v*i 1 tt. M'ont rendu fort : 

A 'pITO^J Ésvvér — M T W A H *TvmtZ5N — Ù c nYNÛN — N "l^UÎTISN ! . 

4 

vu, 5, m a *i a. Couvées : 

^4 IB'T'a'ip Kobéds — F fcTpaip — A NTaip — W KT»31^ — 

tf umaip— c y us-nmp - t ro^aip - h anmp — m ©-pàip — 
e ttjN^aip — X N^^nibîp 2 . 

— 6, p ^ ra îti a. Par tes boucles : 

A ypnip A'oratip — S N A M T W E «pnip — Y y-|3ip — C ySNTIp — 

u b^p - tf c y^3ip — h anip — x y-i^i-np *. 

— 10, aan. Qui fait ouvrir (les lèvres des endormis) : 

A Y^tti-IB Fromijjéd — Uc T^ETIB — SMA -ynmnD _ y W C 



RUTH 
m, 2, ni T. Vannant : 

XA -PSTl Fwmtfr — A WTF ^311 -EM T^SII — C "»C033. 



LAMENTATIONS DE JËRÉMIÈ 

i, 8, ni i 3 b. (Condamnée) au mouvement : 

A Ù5»5iW8 Ésmovemant — M T WTOmatt^K — H î33Mntttt5N 
A U3t)372nï3N — S £3333133188 — FD C3331?31I5 , W — W -P31731Z3N 

/fa'*/., nnaaa. Elle gémit : 

A ÎWT*B1DiU5 Sospiréeh — c S # M T W "PTBIÛIUÎ — ** !"JÈCH*Btt5ltï5 

e nmzJi-pBiiiiiD — b ktbidud — a ■msuiiiÈ — x ■ms^na *• 

1. Lire : asoijér. 

2. Lire : corédes. 

3. Lire : coranç. U donne canal et À' coroyrs. Cf. Gl. h. fr., 58, 63. 

4. Lire : fromiéd. 

5. Cf. plus haut, p. 71, 4. 

6. Lire : sospirér. 



LES GLOSES FRANÇAISES DE RASCHI DANS LA BIBLE 91 

Il ne faut pas confondre le verbe avec le substantif : 

A RttJyTStfJiUÎ Sospirose — B T X S Nl2 , h ,, StZÎ , ilB — F NTITDIB'NÏ) — 
A// N1Ï5TVPS11Z7 — M 'T25TlDD*n2J — W ïlTSUn© — B aai'TSliniD. 

i, 14, "ipra 3. Marquée, littéral, pointée : 

a y^-na^D Pajjtoiiréç — NE ymaa^ns — t y^ans — 
M ^Hie^ifl — a y-naais — c Niians — F rmur^iD — 
s prfwm - x y^a^sriD — h ynbaais — b b"û3Wi K 

n,11, ntiiwn. (Mes entrailles) sont brûlées : 

A X^^TTnûn Regrejziljjérent — TN aDT'bmin — D aT'b^'W 

fm as-rbuns-n — w aanbnw — # a"pbrun — x aaïu-pbnin — 
c aa^tai — a aan^bma \ 

Ibid., t\ a y a. Quand se pâme (l'enfant) : 

A ^ftpp Pasmér — F c N A B T -P731I5D — S E M T^tttëD — 
H "ï"»N9 3 . 

— 14, boni. Et fades : 

A aitt^VtabDIÏÎS Aspaltirimant — CNMW aaWiUttîbBN — 

a auttizi'naiDbDN — e artt^absN — ff a373"naizi->b£K — 
f a^bauns^ — t NasB^atabD^N — d ...'3tt©-»»bB*. 

/ôïrf., ^mara. Ton erreur : 

S fcmWmSK Anvvjsdora — c fcH'nUi'nSN — F «WP^N — 
M N-ntt3'^l3^N — D N11T^13N — A Nmû^EJ (?) — E fim731M33« (?) \ 

ii, 15, ip "1125. Sifflant : 

A -pba'izi Sibiér — n -pba^u) — a d e w -nba^iu — xic -pb^-na _ 
b -p^baio — F -pbs-iti; — s h -p^ba-^ — m -nbe^u) 6 . 

— 18, ni ns. Ne te donne pas de : 

a a a^bwa-na Tresalemnt— M n t a^ttbwD'na — f as^biyna — 
c as^buj'na — e aattbnia — h e esnbnca — w aaTabrobiana — 

x asi^'w^-na 7 . 

1. Formé sur peiture, de pictura. Cf. plus haut. 

2. Cf. grésiller, Die t. Gén. A donne bruzlérent. 

3. Cf. plus haut. 

4. Lire : afléstrimant. 

i. Cf. plus haut, p. 76, 3. 
6 Cf. LIV, 24, 5. 
1. Lire : trésalement. 



92 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

h, 18, ^ij ni Ta prunelle : 

A «bWlB Prounéle — F c B E T Nb^3"nB — D M W X tf S «b^inD — 
AE b^l-lD*. 

— 19, d^sna^n. Pâmée: 

A y^pp Pasméç — c •pîaiBB — X fiiEtes — H FE fv^NS — 
D «pititliNB — W "pEtÛE — T -ptttfJB — M S -pifcttJB — AN -pBîD. 

m, 7, Tifflnï n^assi. Il m'a chargé de fers : 

A ^T?? FjJ ér JJes — M N T ©Wï»B — X tûfcWT«B — F tûan^^D — 
S KlDpT^B — //c ffi^B 2 . 

— 12, svjss. Comme une cible : 

A b^yp» Asenajjl — F S J/N AT W b""31UN — M X b^ftWtûK — 

Ec b-^izJN 3 . 

— 13, insiûN. Son carquois : 

a vrâvty Kojjvre — nbte ïnawtp — s iwnp — c unï^yp — 
F y-ia-t^p — h y-ia^&op — x T^aTpm — N V'mp — 
m «nw-iaip — a anaip +. 

-*■ 16, ■> 3 ra ■> b ai ïi. Il m'a renversé : 

A "Vtt^lN Adéntér — F //W "p^aanfit — M T^S^N — T "paavTN — 

en -pî33-în — b -pb3-ik — A (ra)-rwiN — c -p-naaN — 
x nvKtwnN 5 . 

— 19, nn»i. Ma plainte : 

A ttpyïb&Sip Konplajjnt — NET Ba^bBti'îp — M bïwbMlp — 
F t33733^bB31p — i/^4 [»733V»bBip — X a3^bB3^ip — cKrbs^p — 

a aatt^bsEip 6 . 

— 53, nntjit. Ils ont enchaîné : 

A Na3nU" l " ( na^" , N Éstrajjtrnte — M N fcm^'ntf^N — A' NTH'vnattî'W 

— À w nrj^Tjï5' , 8 — t amaa'nB^N — d tma'wnt» — 

1. Cf. LUI, 192. 

2. Cf. Godefroy, ferges. 

3. De ad + signaculum. 

4. Cf. plus haut, p. 74, 8. 

5. Formé sur * ad + denlem : mettre sur les dents. 

6. Cf. LIV, 217, 8. 

7. Lire : A Éstraytrent, de strixerunt. M N A W dorment le subst. estréyture, de 
strie tura. T strénture de * strinctura. Les autres formes ne présentent pas d'intérêt. 



LES GLOSES FRANÇAISES DE RASCHI DANS LA BIBLE 93 

iv, 8, ùinn. Couleur : 

.1 nibip Kolor — ffFcNBEMTW Tlblp — D -pblp - X lûTlbaip. 



EGGLÉSIASTE 

i, 6, n n ïi. (Selon sa) volonté : 

A oabg Talant — SUHFAEXTW Baba — C UîblX'û — X ^iba ». 

— 14, m*). Esprit : 

^Sufi/ETw asb-j n«/ — m a^ba — a raba — x wiba*. 

vu, 6, ûn^Drt. Épines: 

A tf^ppN Aspins — XMTE tÛ^Bl^N — fr'lBNrBttJ'W — A tfî^BUJN 

- G ÎB^B""» — T ÉUtisiBN (?) 3 . 

vin, 5, asia». Justice : 

FXAMT N^iaU5T» Jostiça — E KpX31ZJT — W ifcO'Ptftin'ï —AU 

ix, 11, nanv En regardant : 

A ^:n_5 Vaant — F saal^pvi — S L»YPn — H Bïmi — A M H)5*m 

— T 'J3Tm - X anKVI». 

— 12, ny *\. Mauvais : 

^ Klp-w-inba Mailvajjse -ATW KlÛ'mbtt — s NUÎ^b» - F OTmbtt. 

x, 1, 3M ai. Fait écumer : 

^4 fiHMpiB» Askume — FSXCEMW N73"lpU5^N — ATfl «aipttJN 6 . 

xi, 5, d "> 73 is y s. Comme les choses enfermées : 

- 1 KWiibprK Énldojjsde — F lZ5-niï»bp3N — # ti5"lbp3N — 

a w ttmBibpFH — g ioi"wibpr« — m ui'mtDb'ipra — 
t «iffi^-nbpa^N — c ttnwibpTW - e ©■YtoabpF» 7 . 

1. Cf. LIV, lo, 30, et passim. 

2. Lire : talant. 

3. A A C aspines ; les autres donnent : éspines, sauf C, qui donne épine. Bien 
entendu, T se lit comme A A en changeant £ en 3. 

4. Cf. LIV, 234, 4. 

;>. Lire : hadant. Cf. plus haut, p. 84, 3. 

6. Du verhe ascumer. 

7. Lire : enclos avec H. 



94 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

xii, 2, û^iiirn. Les pommettes (du vjsage) : 

A Uîb^aiD Pomejjals — FET tab^EIB— A^b^ûlD - w ©*|V"ïnB 
— S Uîb">-«72lbD - M TZîVTO'lbB 1 . . 

— 3, irunrn. Et seront saisis de crampe : 

S NDpnp NppiS Gosle Kranpe — A «fi^ Npi} — F NWTIp — 

il ND3-15 — e Nsanp — a a:nTDT)p^ asnp — m «sa^is 
raïamBanpïôrN 2 . 

— 5, ? Hanche : 

A NP3J1 Hanke — SAETW Np3H — F Np31«îl — # M NpDin — 

fôï'c?., banD^i. Et il sera surchargé : 

^ T'^plD^pn-'N Értréskagjjr — F y^pifinlfl) ETW^ — A ïJ-p'W'VK 

y-iiU3^D"ns — fm yv^i-D-nD ^n^VN — e bspiic cnra-N 
y-yp^bBite — w -puî^-mB tta»wnïi*i» — t rwfi a-pw» — 

— 11 , msDN. Des clous à grosse tête : 

Il A NttJi-ft Grose — XAEMTW NlDinH. 



DANIEL 

i, 11, -latbîaïi. Le maître cuisinier : 

A bp3U5 Sanekal — c^ bNpOTia — M T bptD^IZJ — w bpiBi21D 8 . 

ii, 14, a "> n n a n -i. Le chef des bourreaux : 

a Nabia;ziN 4s/o//a — d t Nabiaio^N — r abiaiEN — o> a vbiatz^N 6 . 



1. Cf. plus haut, p. 89, 4. 

2. Lire : Krampe. T donne, en outre, le verbe inkranipiront, dont A M W offrent des 
variantes. 

3. Lire : hanche. 

4. Lire : éd ért sorfésiéz, de * supra -f- facsiare latin pop. pour fasciare. A doqne 
le loaz tréschajiér, de * trans + carricare. 

5. Lire : sanéchal ; c.-à-d. sénéchal. 

6. Lire : éstolte, peut-être subst. verbal formé sur extollere. 



LES GLOSES FRANÇAISES DE RASCHI DANS LA BIBLE 95 

ii, 40, b tz) m. Et laminant : 

m, 5, Nrr'piiïïïï. Sifflant : 

4 "nbaiE Gibier — w d t r Tbrnœ 2 . 

— 27, ■pnnrr. Brûlé : 

a -rbtçma Bvusilér — d T^b^TD — a'-pt^vd _ r m t -pbusm 3 . 

iv, 24, ttDIR. Répit : 

a n^w^n Réspit — w d m u^suj-n — r a^Diûi. 

v, 7, nari Écrit : 

AT ÉmîmplZJiK Eskrilora — M Yia-TpWN *. 

vu, 15, nnans. (Ma pensée) fut creusée : 

T TaplZJ'WIB Podisibid — M (?)N"«npWN — A NTOpiZÎN inâ — 

d &mnpu5&m:i — r -naipiDK mè — w -papizrN me 5 . 

vin, 18, "■ n 12 n -i 3. Je tombai étourdi : 

A ■p-âiorM Êntomiç — ttm •pjaiarN — x •pfciaaK — 

ix, 5, noi. Nous écartant : 

a «tabia roz/rt — x as^bia — d asba — m t B3fib*a — <*> sbra 7 . 

— 25, pim. Et fossé : 

x, 8, Tixy sbi. Et je n'ai pas contenu (ma force) : 

-4 T»30©»1 Restnir — r/ ûll33^a"l — T aa^taim — XM Uirun — 

i. Lire : atenv;m>», avec T, ou ésténvéns, avec dV. 

2. Cf. LIV, 54, 232. 

3. Lire : brasier. Le 115 de A doit se lire 123. 
i. Lire : éscriture. 

Lire : fud éscheréde, de excavala. 

6. Part. p. de éntomir. Cf. Godefroy, s. v. 

7. Lire : tolant, de * tollanlem. 

8. De ('osmium. 

!>. Lire : réstenir de *re -\- ex + tenire. 



96 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

x, 9, ûi 15. Étourdi : 

A y^iUÎN Asomiç — XM Y^MItiïK — T 'ptt'iaK — d ^TaitfN — 

— 11, i^ji». Tremblant: 

a i^bana Tmbier — x i^ba^ta — m t uabainit: — r oibanta 
— o» taaabanta 8 . 

— 16, !*t»-k. Mes gonds : 



N M 



r ^ brmip Krdonel — m b^-nip — d b^i-nip — x amp — 
w b^iiNp '. 

EZRA 

i,l, m 1. Esprit : 

a asbu 7W<m; — x cMaba — r d uaba — w U3«bu \ 

iv, 22, ibu). Une faute : 

^4 T*aii£3T25'» É T Déstorbér — TMTw Tanûlfl^ — d T n m , lU122 ,n 1 — 

x i^aiû^-n 5 . 

v, 8, bb:*. Marbre : 

-4 WWW! Marbre — T d M T «13173. 

ifoo?., &oidd«. Rapidement: 

M tiïtttfîWlbD^K Esplojj losmnt — T aSEn^bs^N — 

a aDtt^:na" ,,, bD^N — d aaa^abDtBN — x NiziawbBteK — 
r asttiaitr^bDurN 6 . 

vi, 4, bb a. Marbre : 

^4 Niai» Marbre — XrfMT «13173. 

— 8, snBO». Rapidement : 

d aattTPaUî^bsiÛ'N Espljjslivvmnl — M ^itr^bDUTN — 

t aittcrbD^N — r BMsçlB'^bBÇ^» 6 . 

1. Cf. ci-dessus. 

2. Lire : trénblér. 

3. Lire : chardonél. Cf. Godefroy, s. v. 

4. Cf. plus haut. 

5. Lire : déstorbér, de dislurbare. 

6. Lire : éspléistoseméut, formé sur explicitum. Cf. Godefroy, esploitosement. 



LES GLOSES FRANÇAISES DE RASCHI DANS LA BIBLE 97 

vi, 9, ibï) »b. Sans commettre de faute : 

A -pa"yiO» v l V3M5 Sanç déslorbjir — d T^aTïUW 1 '! y*3» — 

m t va-no»*! - w asnno»*! oaiN» *. 
vu, 26, i » -i » b. (Condamné) à être déraciné : 

A T*3Tjfc"!»vj Dësraçinér — X ■pTJ^afc'")©-! — T ■v»3Tgfc ,, l»*l — 

M n^si»*! — rf Vin»-!. 



NEHEMIE 2 

ni, 3, "i "• b 1 3> : tt. Ses serrures : 

a pbi-nyzn» Sésvérolç — d yibva»"!» — t »""b-m»^» — 
x ©^bn»» 3 . 

— 0, ^bo^iin. Demi-division: 

A »ob""1n Dojjlames — d £3733^! — T »»b^1 v . 

iv, 2, ïiJin. Dommage: 

M fl»-n-|l)»0 Mspijjson — T T 4 l piZJ , HB»73 - X l pT'nB»">73 — 

d "peine»""» 5 . 

— 3, n 73» 73. Garde : 

^ Xd M T MBiTJ Gfc/*a — T RSTJ 6 . 

— 4, nain:. Murs : 

cd [M T -PU1V3 Mortér — M A' d "T«a"n73 7 . 

v, 13, "• n n 3» 3. J'ai secoué : 

i i ^binp»» Askroijj—M ">bi-ip»N — t ibrip»*»» — rf T«b»ip»H 
— a ■"«nbinp»'»» 8 . 

1. Cf. plus haut, p. 96, 5. 

2. Lire : ses vérolç. Cf. Die t. Gén., verrou. 

3. Cf. Gloês. h. fr. % 63, 29, 30. 

4. D.uis les manuscrits le livre de Néhémie n'est pas séparé de eelui d'Ezra. 
• >. Lire : mésprison. 

6. Lire : gaite, du germanique wahte, du latin wacla. 

7. Lire : mortier. 

•S. Lire : éscrolai. Cf. Dict. yen,, rrouler. 

T. LVI, no 111. 7 



98 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

v, 19, rn.aiû. Les exploits : 

A U5N" , iEi"lD^"»1i: Sésproçies — T VJSÉ'WIE UÎ^U) — M V^ fin DUS i© — 

x îoamnBiîH» — d tDï'wiBtaiB — r ©s^yvRÇtJ S 
vu, 3, nmaiûtt. Des gardes : 

d M T ©B^a Gjjts — X Na 1 "} — r ©tS^a 8 . 

ix, 10, d 115 . Renom : 

TXd Di:i Rnom — M -pn — r |ia*n •• 

xi, 25, ûniiua. Dans leurs plaines : 

x îzw^eaipmbaa Aniorkonpjjnés — d «^Dp-nban — T -nb:N 
ïî^BTap — m îaa-nsapmbaN — r p3DDpmb: s N\ 

tu, 10, n^^i. J'apprenais: 

Mît/ i-i-|3i-iDN Aprinojj — X ^a^lMttl — T *n£"»BN — f> " , ai-lD"M 
(n'offre pas de sens, est un rajeunissement d'une forme qui n'était plus 
comprise 5 ). 

FIN 
des gloses françaises de raschi sur la bible. 

Arsène Dakmesteter. 



1. Lire : ses proéçes. De "proditia. Mod. prouesse. 

2. Cf. plus haut, p. 97, 6. 

3. Lire : renom. 

4. Lire : an lor chanpéûes. 

5. Lire : aprénoi. T donne aparçoi. 



UN ÉTABLISSEMENT JUIF A MARSEILLE 



AU XVII' SIÈCLE 



(suite et fin 1 ) 



PIEGES JUSTIFICATIVES 



l 



Estât de touttes les marchandises que Villareal, Atias et Compagnie, 
Marchands Juifs, résidents en cette ville, ont entrées à Marseille sur 
divers hastiments depuis Tannée 1670 jusques ce jourdhuy; de quoy nous 
comis aux poix et caisses avons tiré le présent extrait sur les Registres 
et Manifestes que donnent les Capitaines et Patrons a leur arivée. 

\rquison 34 Barils poisent 500 quinteaux. 

Vnibre gris 20 onses. 

Amandes 26 fl* poisent 26 quinteaux. 

Arssier 59 caisses poisent 354 quinteaux. 

Ardes 12 Balles. 

Alabastre 2 Caisses. 

Bonets 8 caises dousenes 560. 

Bas estame 6 caisses dousenes 300. 

Bouras 2 Balles poisent 6 quinteaux. 

Bled 46 charges. 

Cuirs de diverses sortes en poil 78.000, valent un pour l'autre ù t 8 pièce. 

Campeche 50 quinteaux. 

Camelots de Hollande 2 Balles, pièces iO. 

Cher Sallée 4 Bouttes 50 quinteaux. 

Cardons 3 Balles contenant 6000. 

Cousinets 8 B e " contenant 40.600 colins. 

1. Voir Revue, t. LV, p. 119. 



100 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Cacao 5 B* s poisent 12 quinteaux. 

Chocolaté 6 caisses 12 quinteaux. 

Cocole de Levant 15 B es 105 quinteaux. 

Courintes 9 B es poisent 50 quinteaux. 

Cadis une Balle contenant 30 pièces. 

Corail 9 caisses poisent 13 quinteaux. 

Chanvre 79 B es 250 quinteaux. 

Cantarides 2 caisses poisent 6 quinteaux. 

Gourdouans 25 B e9 dousenes 1300. 

Cire jaune 47 B es 282 quinteaux. 

Coûtons fillets 38 B es 200 quinteaux. 

Couteries diverses 12 caisses. 

Colequinte une caisse 8 quinteaux. 

Canelle 23 B es poisent 100 quinteaux. 

Cuivre 400 quinteaux. 

Corcome 6 B es 36 quinteaux. 

Draps d'olande 8 B es pièces 80. 

Damase caisses 16 pièces 100. 

Datis 26 B* 9 poisent 150 quinteaux. 

Encens 129 escafas ; poisent 1000 quinteaux. 

Esponges 29 balles 300 quinteaux. 

Espicanardi une Bouste 3 quinteaux. 

Escairle 100 B eB poisent 800 quinteaux. 

Espique Seltica 6 tonneaux 160 quinteaux. 

Espingles une balle. 

Estains 35 barils 250 quinteaux. 

Estoras 2 caisses 6 quinteaux. 

Estins Marins Une caisse. 

Fer Blanc 81 Barils. 

Figures dalavastre une caisse. 

Fil de chèvre 6 B cs 20 quinteaux. 

Fillets fins 5 Balles ; 30 quinteaux. 

Girofle 7 tonneaux 50 quinteaux. 

Garanse 2 Balles 24 quinteaux. 

Gome turique 43 escafas ; 200 quinteaux. 

Gome sandras 20 barils 100 quinteaux. 

Gome drajant 4 caisses 14 quinteaux. 

Gome laque 32 B es 90 quinteaux. 

Gome Arabique 22 escafas 154 quinteaux. 

Galbanum 87 Boustes 340 quinteaux. 

Gingambre 6 Balles 24 quinteaux. 

Iluille 9 Boutes 100 milleroles. 

Harens 1700 Barils. 

Indigue 14 caisses 30 quinteaux. 

Lins 99 Balles 1550 quinteaux. 

Laines 185 B e8 1140 quinteaux. 

Lantilles 65 quinteaux. 

Mastic 4 caisses 10 quinteaux. 

Momie 78 escafas ; 660 quinteaux. 

Mane 36 caisses 80 quinteaux. 

Mercer 3 Balles. 

Musc 350 onces. 

Melase 10 Boutes 100 quinteaux. 



UN ÉTABLISSEMENT JUIF A MARSEILLE AU XVII e SIÈCLE 101 

Orpiment 20 caisses 100 quinteaux. 

Piletre 13 coufes 66 quinteaux. 

Poivres 6 halles 24 quinteaux. 

Pistaches une Balle 6 quinteaux. 

Plumes 36 caisses estimé l'une pour l'autre £ 3000 la caisse. 

Papier 25 Balles. 

Perles fines 9 caissettes; 180 onces. 

Plomb 111 pains 400 quinteaux. 

Pances 291 Barils 582 quinteaux. 

Poison salé 3 Boutes 18 quinteaux. 

Pignons 9 Barils 24 quinteaux. 

Peaux de chevron 4270. 

Poil de chameaux 50 Balles 250 quinteaux. 

Ris 238 sacs 828 quinteaux, 

Bubarbre 3 caisses 7 quinteaux. 

Sénés de Tripoli 1585 Balles 4755 quinteaux. 

Sénés de lapalte 378 quinteaux. 

Safranons 130 B e * 1050 quinteaux. 

Sel Armoniac 2 B es 16 quinteaux. 

Soyes 111 Balles 450 quinteaux. 

Seduario une Balle 6 quinteaux. 

Salsa Parille une Balle 6 quinteaux. 

Sucres 21 caisses ; 300 quinteaux. 

Semence deben 20 B es 140 quinteaux. 

Sufre 2500 quinteaux. 

Sublime 2 caisses ; 8 quinteaux. 

Savon 50 quinteaux. 

Tableaux 2 Balles. 

Tapis 4 Balles contenant 50 grands tapis. 

Turbis une Balle 4 quinteaux. 

Tartar 4 tonneaux 56 quinteaux. 

Tamarindes 18 Balles 150 quinteaux. 

Tabac du Brezil 10 Rolos 20 quinteaux. 

Toilleries de couton Auquilly, Omans, Cambraisy et toute sorte de toilles 
d'Alexandrie comprises : le tout sont 585 Balles contenant l'une pour 
l'autre 200 pièces pour Balle faisant 11.700 valent l'une pour l'autre à 
£ 15, la pièce monte £ 1.755.000. 

Visco 8 caisses poisent 40 quinteaux. 

Verdias 59 caisses. 

(Archives des Affaires Étrangères. — Mémoires et Documents, 
France (Provence), t. 1729, f<> 312.) 



II 

Estât dos Marchandises et facultés aportées dans le port et havre de 
ceste ville de Marseille par les vaisseaux, polacres et barques venus de 
Smirne, Allexandrie, Tunis, Tripoly et Livorne pour le compte de Joseph 
Vais Villaréal et Atias et autres Marchands Juifs résidant en la dite ville, 
depuis l'année 1670 jusques en Tannée 1679, ainsin qu'il sera cy après 
mentionné article par article. 



102 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



1670. 



Du vingt six avril mil six cens septante, par le rapord d'André' Cendre, patron 
de tartane de ceste ville, venu de Livorne, qu'il auroit déclaré d'avoir aporté 
pour le compte de Joseph Vais Villareal deux caisses et demy verdiat. 

Du vingt uniesme may de la dite année par la tartane de patron Anthoine 
Jauvas de ceste ville venu de Livorne ayant aporté pour le compte de Joseph 
Vais un ballot girofle. 

1671. 

Du dix huit febvrier mil six cens septante un par là barque commandée par 
François Reynaud de ceste ville venue d'Allexandrie ayant aporté pour le compte 
de Villareal et Attias un Coffas boutât Gairenes. 

Du vingtiesme du dict mois par la barque commandée par Jean Pierre le Roy 
de ceste ville venu de Livorne et pour le compte de Joseph Vais Villareal une 
corbeille de fruit. 

Du 22 du mois d'avril de la mesme année par la tartane commandée par 
Anthoine Jauvas de ceste ville venu de Livorne aiant aporté pour le compte de s 
dits Vais Villareal et Attias deux balles Cordouan et deux caisses Mirre. 

Du dernier du mesme mois par la tartane de patron Pierre Lombardon de 
ceste ville venu de Livorne et pour le compte des dits Vais et Villareal dix 
barils mêlasse. 

Du unziesme may de la dite année par la tartane de patron André Sendre de 
ceste ville venu de Livorne ayant aporté pour compte de Joseph Vais Villareal 
un coffre. 

Du vingt deux du dit mois de may par le vaisseau commandé par Jean Corail 
venu de Smirne ayant aporté pour le compte de Joseph Vais Villareal et Abraham 
Atias trois balles laine de chevron. 

Du quatriesme juin de la dite année par la tartane de patron Antboine Brun 
de ceste ville venu de Livorne et pour le compte des dits Vais et Villareal une 
corbeille hardes. 

Du dix huitiesme du mesme mois do juin par le vaisseau commandé par Jean 
Cbaipuis de ceste ville venu de Smirne ayant aporté pour compte de Joseph et 
Abraham Atias quatre balles laines de chevron. 

Du vingt-uniesme du dit mois de juin par la tartane de patron Jean Jauvas de 
ceste ville venu de Livorne et pour compte de Villareal une balle de drap. 

Du trante du dit mois de juin par la tartane de patron Marc Anthoine Le Roy 
venu de Livorne et pour compte des dits Vais Villareal cinq balles mousseline 
de Londres. 

Du premier juillet de la mesme année par la tartane de Martin Vellin venu de 
Livorne ayant aporté pour compte du dit Villareal une balle mousseline. 

Du dernier du dit mois de juillet par la tartane de Jean Carie venu du dit 
Livorne pour le compte du dit Villareal un paquet hardes et deux caisses mane. 
Du dix sept aoust par la barque de Jean Sendre venu du dit Livorne et pour 
le compte du dit Villareal nonante six cuirs en poil. 

Du vingt six du dit mois d'aoust par la tartane de patron Jacques Sabatier 
venu du dit Livorne et pour le compte du dit Villareal une caisse mousseline. 

Du vingt deux septembre de la mesme année par la tartane de Jean Jauvas 
venu de Livorne pour compte du dit Villareal deux paquet damas. 

Du cinquiesme novembre par le vaisseau commandé par Cap"' Jean Artaud 
venu de Chipres et Allexandrie ayant aporté pour Joseph Vais et compagnie une 
balle soye. 



UN ÉTABLISSEMENT JUIF A MARSEILLE AU XVII e SIÈCLE 103 

Du second du mois de décembre de la dite année par la tartane de patron 
Pierre Teissere venu du dit Llvorne et pour compte du dit Villareal une balle 
girofle et une balle vane. 

Du septiesme du dit mois par la barque de patron Melchior Jullien venu du 
dit Livorne et pour compte des dits Joseph Vais Villareal une balle toille, deux 
caisses verdias. 

1672. 

Du quatriesme janvier par' la tartane de patron Marc Anthoine Le Roy venu 
de Liyorne et pour compte des dits Joseph Vais et Villareal un ballot habille- 
mans usés. 

Du septiesme du dit mois de janvier par le vaisseau commandé par Cap. 
Marc Michel de ceste ville venu d'Alexandrete ayant aporté pour compte des dits 
Joseph Vais Villareal et Atias un ballot soye payas. 

Du vingt trois du dit mois par la tartane du dit Jauvas venu de Livorne et 
pour compte des dits Villareal une balle toille. 

Du premier février de la dite année par le vaisseau commandé par Pierre 
Bazille de ceste ville venu de Smirne ayant aporté pour le compte des dits Villa- 
real et Atias un ballot soye Serbafit et une balle laine de chevron. 

Du sixième du dit mois par la tartane du dit Le Roy venu du dit Livorne 
deux caisses mane. 

Du douze mars au dit an par celle de Melchior Jullien venu de Livorne une 
balle toille de couton. 

Du dix-huict mars par celle de Hiérosme Vellin venu du dit Livorne une 
caissete. 

Du quatre avril au dit an par celle du dit Jauvas et pour mesme compte des 
dits Villareal venu du dit Livorne vingt huit barils Arquifons. 

Du dix sept du mois de may par celle du dit Vellin venu de Livorne une balle 
toille. 

Du mesme jour par le pinque de Benoit de Pêne venu du dit Livorne une balle 
toille de Lisbonne. 

Du dix huict may par la barque de Toussan Dorgal venu du dit Livorne et 
pour compte du dit Villareal une balle toille et une caissete Solima. 

Du vingt cinq du dit mois de may par celle de Noël Fabre venu du dit Livorne 
vingt six balles amandes. 

Du troisiesme juin par celle du dit Vellin venu du dit Livorne, une balle 
toille d'Angleterre. 

Du huictiesme du dit mois de juin par le vaisseau du Cap ne Corail venu de 
Smirne ayant aporté pour compte du dit Villareal deux caisses mastiq, deux 
caisses galbanon et deux caisses soye legis. 

Du sixiesme juillet par la tartane de Martin Vellin venu du dit Livorne, une 
balle toille de couton. 

Du vingt-huict du dit mois par celle de Hiérosme Vellin venu de Livorne une 
balle canelle demy balle mousseline et une caisse mousseline. 

Du dix neuf aoust par celle du dit Jauvas venu de Livorne une balle toille. 

Du vingt-six du dit mois par celle de Jean Carie venu du dit lieu deux balles 
toille. 

Du douze septembre par celle du dit Vellin venu du dit Livorne une balle 
toille mousseline. 

Du dit jour par celle de patron André Mille venu du mesme lieu une balle 
toille damaz. 

Du seize du dit mois de septembre par la barque de patron Benoit dé Pêne 
venu du dit lieu une balle toille de Guinée. 



J04 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Du vingtiesme du dit mois par le vaisseau dudit Cap ne Charpuis venu de 
Smirne huict balles laines de chevron, deux balles cordouan jaune. 

Du vingt-trois du mesme mois par la tartane de Pierre Lombardon venu de 
Livorne une balle toillerie. 

Du vingt six du dit mois par celle de Melchior Jullien venu du dit Livorne 
une balle guinée. . 

Du onze octobre de la mesme année par celle du dit patron Carie venu du dit 
Livorne deux caisses mane, une caisse sucre en pain. 

Du quatorze du mois d'octobre par le vaisseau de Cap'" Estienne Legrand 
venu de Tripolli de Barbarie et Tunis mil nonante cuirs et trois coufes cire. 

Du vingt cinq du dit mois d'octobre par la tartane du dit Lombardon venu 
de Livorne une balle toille guinée. 

Du vingt neuf du dit mois d'octobre par la barque de François Moustier venu 
d'Allexandrie d'Egipte sept caffas Momie. 

Du neufviesme du dit mois de Novembre par la barque du dit Jauvas venu de 
Livorne un ballot toille. 

Du douze décembre par celle du dit Carie venu du dit lieu quatre caisses 
verdi as. 

Du dix neuf du dit mois par celle du dit Mille venu du dit Livorne une balle 
table. 

Du vingt deux du dit mois de décembre parcelle du dit Jauvas venu aussi du 
dit Livorne cinq pains plomb, une balle toille d'Holande. 

1673. 

Du trentiesme janvier par celle du dit Carie une balle toille, et une caisse 
merce. 

Du sixiesme febvrier par relie du dit Jauvas venu de Livorne une balle toille. 

Du unziesme du dit mois par celle du dit Mille venu du dit lieu deux caisses 
mane. 

Du dix huit mars de la dite année 1673 par celle du dit Lombardon venu du 
dit Livorne un ballot toille couton. une corbeille harde. 

Du premier avril par la barque de Jérémie Baguet venue de Tunis deux cent 
cinquante neuf cuirs, six coufes esponge, une caisse plume. 

Du cinquiesme du dit mois d'avril par celle du dit Mille venue du dit Livorne 
dix barils lame fer blanc, une balle toille guinée. 

Du vingt sept du dit mois d'avril par le vaisseau du Cap ne Percy venu de 
Smirne trois balles soye ardasse. 

Du vingt huit du mesme mois par la tartane du dit Vellin venu du dit 
Livorne une balle de toille. 

Du vingt neuf du dit mois par la barque de Bartellemi Longier venu d'Al- 
lexandrie d'Egipte six balles ensens, quatre balles lin ficume. 

Du quatriesme may par le vaisseau de Cap 1 " Denage venu d'Allexandrie deux 
balles lin. 

Du douze dudit mois de may par la barque dudit Lombard venu dudit Livorne 
vingt barils arquifon. 

Du vingt six dudit mois de may par celle dudit Jauvas venu dudit Livorne une 
balle toille. 

Du second juin par celle dudit Vellin venu dudit Livorne une balle toille. 

Du vingt sept dudit mois par celle du dit Teissier venu dudit Livorne une 
balle toille couton. 

Du septiesme juillet par celle dudit Lombardon venu dudit Livorne une balle 
toille de couton, une balle bas. 



UN ÉTABLISSEMENT JUIF A MARSEILLE AU XVII e SIÈCLE 105 

Du quatorze aoust par celle du dit Vellin venu de Livorne quinze barils sucre 
blanc, une balle toille. 

Du dix huit du dit mois daoust par celle du dit Reynaud venu d'Allexandrie 
pour les dits Villareal et Atias trois caisses encens. 

Du dix neuf septembre par la polacre de Joseph Thomasin venu d'Allexandrie 
trois caisses encens et une balle safranon. 

Du dit jour par le vaisseau de Cap n0 Estienne Rolland venu du dit lieu deux 
balles safranon, dix autres balles de raesme, soixante torons, cinquante trois 
vaches, deux caffas encens et quatre tanmany. 

Du vingt deux septembre par la barque du dit patron Jauvas venu du dit 
Livorne une balle toille. 

Du vingt sept du dit mois par celle d'Antoine Hermite venu du dit lieu douze 
balles laine. 

Du troisiesme novembre par celle de Guilheaume Courte» u venu de Tunis neuf 
cens trente cinq cuirs en poil, deux mil neuf cens quinze testes cuirs, une couffe 
rafine, une balle esponge, quatre balles escoubillons. 

Du sixiesme du dit mois par celle du dit Lombard venu de Livorne une balle 
toille de couton. 

Du huitiesme du susdit mois par le vaisseau de Cap nc Boniface Gigord, anglois, 
venu de Tunis six cens soixante quatre cuirs en poil. 

Du treizième du dit mois par la barque de patron Honnoré Rastie de Cassis et 
pour compte de Villareal et Comp ie quatre mil cuirs. 

Du cinquiesme décembre par le vaisseau de Cap nc Antoine Carbonnel venu 
d'Allexandrie cent cuirs, deux caffas encens et deux caffas sal armoniac. 

Du vingtiesme décembre par la tartane du dit Teissere venu de Livorne deux 
caisses vin. 

Du vingt huit du susdit mois par le vaisseau de Cap nc Biaise Marin venu 
d'Allexandrie deux caisses sennes. 

1674. 

Du douze febvrier par le vaisseau de Cap ne Bartellemy Rameau venu 
d'Allexandrie une balle semance, trois balles toilles bleues, demy ballot robbe. 

Du second mars parle pinque du dit Vellin venu de Livorne une balle mousseline. 

Du cinquiesme avril par la barque du dit Baguet venu de Tunis huit cens Imi- 
tante cinq cuirs, deux balles esponge. 

Du septiesme du susdit mois par celle du dit Carie venu de Livorne une balle 
toille. 

Du unziesme juin par celle de Paul Callis venu de Tunis deux mil trante un 
cuirs et un caftas plume. 

Du treize du susdit mois par le vaisseau du dit Cap'"' Gifford, anglois, venu 
du dit Tunis mil deux cens quarante cuirs. 

Du trente juillet par le pinque du dit Vellin venu de Livorne deux caisses et un 
cavrats sennes. 

Du unziesme aoust par le vaisseau de Capitaine André Gâche venu 
d'Allexandrie quatre balles fillet belledin, cent cinquante huit sacs sendres, une 
caisse séné et une balle auquilles bleues. 

Du dix huict du susdit mois par le vaisseau de Cap"' Eslienne Legrand venu 
de Tripolli de Barbarie quatre couft'es sénnés. 

Du dix sept septembre par la barque du dit Jauvas venu de Livorne huit 
balles sennes de Tiïpolly. 

Du vingt cinq du susdit mois par le vaisseau de Cap oe Nègre venu du dit 
Livorne une balle escamites. 



106 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Du unziesme octobre par la tartane du dit Teissere venu du dit lieu une balle 
mousseline. 

Du vingt cinq du susdit mois par le vaisseau de Cap n « Jean Mougin venu 
d'Allexandrie d'Egipte six balles safranon. 

Du septiesme novembre par le vaisseau du dit Cap ne Reynaud venu du dit lieu 
un fagot robbes de Rosset et quatre balles safranon. 

Du vingt deuxiesme du susdit mois par la barque du dit Vellin venu de 
Livorne deux caisses verdias. 

Du douziesme décembre par la barque de Guilhaume Beneset de Frontignan 
venu de Tripoly de Barbarie cinquante escafas s'ennes, cinquante quintal séné et 
une caisse prunes. 

1675. 

Du quatorziesme janvier par la barque du dit patron Carie venu de Livorne 
une balle toille. 

Du quatriesme febvrier parcelle du dit Vellin venu de Livorne six balles cbanvre. 

Du cinquiesme du susdit mois par la barque de patron Anthoine Beillier venu 
du dit lieu neuf balles chanvre. 

Du douziesme du dit mois par le vaisseau du dit Cap ne Rameau venu d'Al- 
lexandrie quatorze caffas gome turiqne, six balles semance debens. 

Du treiziesme du dit mois par le vaisseau nommé le Mercure, Cap ne Boniface 
Giffor, anglois, venu de Tunis ayant aporté pour compte desdits Villareal et Atias 
trois cens soixante cuirs. 

Du vingt huict du dit mois par la barque du dit patron Carie venu de Livorne 
une balle toille. 

Du dix neuf mars par celle du dit Jauvas venu de Livorne une balle toille 
mousseline. 

Du vingt huit du dit mois par celle d'Estienne Ayma venu d'Allexandrie 
d'Egipte six balles safranon, trois balles tailloles de Rossiol. 

Du premier avril par celle du dit Carie venu de Tripolly soixante huict balles 
et trois boutes senne et une balle indienne. 

Du dit jour par celle du dit Vellin venu de Livorne une balle mousseline et une 
corbeille hardes. 

Du vingt six du dit mois par le vaisseau de Cap ne Fougasse de la Ciotat venu 
d'Allexandrie une balle toille, une balle robbe de rous et une caisse plume d'aus- 
truche, trante six balles semance debens. 

Du unziesme juin au dit an par la barque de patron Simon Reynaud venu 
d'Allexandrie d'Egipte une balle Tanani. 

Du vingtiesme du dit mois par celle du dit Jean Reboul du Martigues venu de 
Livorne trante balles chanvre. 

Du vingt trois juillet par celle du dit Jauvas venu du dit Livorne une balle 
toille d'Angleterre; du mesme jour parle vaisseau de Guill e Hodges, anglois, 
venu du dit Livorne trois balles toille. 

Du vingt aoust par le vaisseau du dit Cap ne Estienne Legrand venu d'Al- 
lexandrie quatre balles tanani. 

Pour la partie de cuirs de la barque de Rasti si dernier du 13 e Novembre 1673. 

Du vingt trois aoust par la barque du dit Carie venu de Tripolli de Barbarie 
cent quarante six balles sénés, cinq balles toilles, une caisse merce et deux 
caisses plume. 

Dix septiesme septembre par la barque de patron Pierre Roux de ceste ville 
venu de Livorne une balle mousseline et huit balles senne. 

Du vingt huict du dit mois par la polacre de Cap n * Jacques Mourraille de la 
Ciotat venu d'Allexandrie d'Egipte trois balles toilles. 



UN ÉTABLISSEMENT JUIF À MARSEILLE AU XVII e SIÈCLE 107 

Du cinquiesme octobre par la barque de Guilhaume Audimar venu de Tunis 
cinq cens cuirs en poil. 

Du dix sept du susdit mois par le pinque de patron Bernard Bertrand des 
Martigues venu de Livorne quatre escaffas gomme arabique et une balle mous- 
seline. 

Du raesme jour par la tartane de patron Anthoine Migran de ceste ville venu 
d Ulexandrie une balle et demy tanani, une autre ditto, une masse plumes, 
soixante masses aigrettes. 

Du vingt deux du dit mois par la polacre de Cap nc Boniface Chiffe de ceste 
ville venu de Tunis cinq cens cuirs, pour Franco Almeda mil cent cuirs. 

Du vingt troisiesme novembre par la barque du dit patron Jauvas venu de 
Livorne un paquet caquau et une balle mousseline d'Angleterre. 

Du vingt cinquiesme du dit mois par le vaisseau du dit Cap ae Fougasse de la 
Ciotat venu d'AUexandrie nonante chameaux, cent cinquante vaches, trois balles 
satï'ranon, deux caisses encens et deux balles safranon. 

Du vingt sixiesme du dit mois par le vaisseau de Cap ne Pierre Roustagny de 
ceste ville venu d'AUexandrie trois balles safranon, trois caisses encens, quatre 
cens septante trois cuirs. 

1676. 

Du second janvier par le vaisseau de Cap ne François Marconnet de ceste ville 
venu de Livorne une balle toille. 

Du troisiesme dudit mois par la barque du dit patron Leroy venu de Livorne 
une balle et demy toille mousseline et une caisse verdias. 

Du vingt neufviesme avril par la barque du dit patron Carie venu de Livorne 
et Tripoly de Barbarie deux escaffas gomme, une balle laine de chameau et un 
fardeau chanvre. 

Du huictiesme may par la barque du dit patron Vellin venu de Livorne une 
balle mousseline. 

Du vingt uniesme may par la tartane du dit patron Teissere venu du dit 
Livorne une balle mousseline et deux jarres olives. 

Du vingt deuxiesme juin par le vaisseau de Cap ,,e Marc Anthoine Le Roy venu 
de Livorne une balle toille guinée. 

Du vingt septiesme du susdit mois par la barque du dit patron Jauvas venu 
du dit Livorne une balle mousseline. 

Du treize juillet par le vaisseau de Cap ne André Arnaud de la Ciotat venu 
d'AUexandrie cent escars butfres, quatre balles tamarins et une balle toille. 

Du vingt septiesme du dit mois par la barque du dit Vellin venu du dit Livorne 
une balle mousseline, une balle cardon, une caisse verdias, une balle draperie et 
un baril estain. 

Du dix huict aoust par le vaisseau de Cap'" Anthoine Curet de la Ciotat venu 
de Livorne trois balles mousseline, trois balles chanvre, une balle soye et deux 
barils senne. 

Du troisiesme septembre au dit an par le vaisseau de Cap ne Ambroise Rolland 
venu d'AUexandrie ayant aporté pour compte de Franco Dalmeda une balle 
tanani, pour Villaiv.'il cl Comp u quatre balles tanani, une balle mouchoirs, trois 
autres halles tanani, quatre caffas momies. 

Du neufviesme septembre par la barque du dit Vellin venu de Livorne aiant 
aporté pour les dits Villareal et Comp'* une balle mousseline. 

Du dixiesme du dit mois par la barque du dit patron Jauvas venu du dit 
Livorne une balle toille. 

Du seiziesme du dit mois par la barque de Patron Pierre Àllexandre, au lieu et 



108 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

place de patron Guilhaume Audimar, venu de Tripoly de Barbarie, cent trois 
balles senne, mil cinq cens peaux de chevron, nonante sept part masses de 
plume. 

Du vingt deuxiesme du susdit mois par la barque du dit patron Carie venu de 
Tripoly de Barbarie cent quarante quatre balles senne, deux mil peaux de chevron 
et dix sept cuirs en poil. 

Du seize octobre par la barque du dit patron Vellin venu de Livorne une balle 
mousseline et trois escafï'as séné. 

Du vingt sixiesme du dit mois par la barque de patron Pierre Brue de la 
Ciotat venu d'Allexandrie ayant aporté pour Jacob et Samuel Franco Dalmeda 
trois balles corcoma, une balle courdoan et une balle fillet. 

Du second novembre par celle du dit Jauvas venu de Livorne une balle mous- 
seline et un group. 

Du dix neuf novembre par celle d'André Faucon venu du dit Livorne ayant 
aporté pour les dits Villareal et Dalmeda une balle mousseline et un bari 
estain. 

Du vingt uniesme du dit mois par le vaisseau du dit Cap ne Mourraille venu 
d'Allexandrie une balle robbe de rosset, une balle coque de Levant, quatre balles 
safTranon, cinquante torons. 

Du mesme jour par la barque du dit patron Mille venu du dit Allexandrie 
cinquante cuirs. 

Du septiesme décembre par la barque du dit patron Vellin venu de Livorne 
deux caissetes. 

Du dixiesme du dit mois par le vaisseau de Gap ne Henri Jarde, anglois, venu 
de Tunis ayant aporté pour Franco Almeda quatre cens cuirs. 

1677. 

Du quatorziesme janvier par la tartane du dit patron Teissere venu de 
Livorne une balle toille mousseline. 

Du vingt cinq du susdit mois par le vaisseau du dit Cap ne Brue venu 
d'Allexandrie ayant aporté pour ledit Villareal et comp'e cinquante torons secz, 
une balle tananis, trois balles safranon, deux balles toilles, une balle moucheoirs 
et tailloles et deux balles toille pour Franco Almede. 

Du vingt neuf janvier par le vaisseau de Cap ne André Gantheaume de la 
Ciotat venu d'Allexandrie ayant aporté de Franco Dalmedo et Avidor une balle 
tananis blanche. 

Du premier febvrier par le pinçon de patron Bernard Bertrand du Martigues 
venu de Tripolli de Barbarie, vingt balles sene, septante quintal ris, cent vingt 
quintal lentilles. 

Du cinquiesme mars par la barque du dit patron Vellin venu de Livorne une 
caissete hardes. 

Du huictiesme du susdit mois par le vaisseau du dit Cap at Legrand venu 
d'Allexandrie ayant aporté pour le dit Villareal et Comp i0 deux balles tananis, 
une balle semence de ben, deux cens vaches, un fardeau tamarindi, et pour le 
dit Dalmede une balle tanani. 

Du dixiesme du dit mois par le dit vaisseau du dit Cap"* Boustagny venu du 
dit lieu, trois balles safranon, une balle toille, cinquante escartz, trois cens vingt 
vaches. 

Du dix sept du dit mois par le vaisseau de Cap ne André Emeric de la Ciotat 
venu du dit lieu pour les dits Dalmedo et Avidor une balle toille Chitti. 

Du trantiesme dudit mois par la barque du dit patron Jauvas venu de Livorne 
pour Franco Dalmedo une caissete et un sac Caquau, pour Villareal une balle 



UN ÉTABLISSEMENT JUIF A MARSEILLE AU XVII e SIÈCLE 109 

mousseline, deux corbeilles hardes, deux caisses merces, cinq paquets corail. 

Du dix sept mars par celle de patron Pierre Langlade du Martigues venu de 
Tripoli de Barbarie et pour compte des dits Villareal et Atias cent trente une 
couire senne, cinq cens soixante quatre cuirs en poil, vingt six coulïes lentilles. 

Du second avril par le pinque du dit patron Pin venu de Tunis ayant aporté 
pour le dit Franco soixante cuirs torons. 

Du huictiesme du dit mois par la barque du patron Pierre Composte de Fron- 
tignan venu de Tripoly de Barbarie ayant aporté pour les dits Dalmede cinq fardes 
senne, et pour Villareal et Atias quatre fardes senne. 

Du vingt deux du susdit mois par le vaisseau de Gap ,,e Montanar venu d'Al- 
lexandrie, cent vaches, huict balles tamarin, une farde semance deben, une balle 
toille. 

Du vingt sept du dit mois par la tartane de patron Sebastien Augier du Mar- 
tigues venu de Livorne, une caisse chocolaté. 

Du douze may par la polacre de Cap Qe Pierre Seguier venu d'Allexandrie, 
quatre balles fdlet, deux balles toille, une balle toille bleue, une balle toille du 
Caire. 

Du vingt huict avril par la barque du dit patron Jauvas venu de Livorne, une 
boite hardes 

Du unziesme juin par le vaisseau de Cap ne Hierosme Hoopper, anglois, venu 
de Livorne deux cens six cuirs. 

Du vingt six du dit mois par la barque du dit patron Dorgal venu de Livorne, 
cinq escalTas gomme. 

Du vingt uniesme juillet par le vaisseau de Cap nc François Lelarge de S fc Malo 
venu d'Allexandrie. une balle taillolle, deux balle toille bleue. 

Du dix neuf aoust par la barque du dit Vellin venu de Livorne, une balle 
mousseline. 

Du second septembre par celle du dit Vellin venu du dit lieu ayant aporté 
pour le dit Franco trois caisses et cinq boites vis. 

Du dix huit octobre par celle du dit Jauvas venu du dit lieu une balle mous- 
seline. 

Du mesme jour par le vaisseau de Cap ,,e Janus Mantz, anglois, venu de Livorne 
trois cens vingt sept cuirs en poil. 

Du vingt uniesme du dit mois d'octobre par le v au du dit Cap" c Brue venu 
d'Allexandrie. deux balles toille, cinq caffas gomme, deux cens vaches, trois 
balles tailloles et moucheoirs. 

Du vingt six octobre par le v au du dit Cap ne Arnaud venu d'Allexandrie ayant 
aporté pour le dit Villareal et Comp 1 * neuf balles safranon, trois balles robbe de 
Rosset, un ballot tailloles, trois balles couton fillet et pour le dit Franco, une 
balle robbe de Rosset. 

Du second novembre par la barque d'Anthoine Simian venu de Livorne ayant 
aporté pour Villareal et Franc Almede une balle camelot et une caisse toille 
blanche. 

Du unziesme décembre par la barque du dit patron Vellin venu de Livorne, 
une balle mousseline. 

Du dix huit du susdit mois par celle du dit Simian venu de Livorne ayant 
aporté pour le dit Franco une caisse toille, dix balles chanvre, quatre caisses 
verdias, un sac aquan. 

Du mesme jour et par la dite barque et pour le dit Villareal, une balle toille 
d'Angleterre et trois caisses verdias. 

Du vingt huit du susdit mois par celle du dit Jauvas venu de Livorne poul- 
ies dits Villareal et Franco Almede une balle mousseline cl un ballot cam- 
brasine. 



110 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



1678. 



Du troisiesme febvrier par le barque de patron Dominique Boulier venu de 
Tripoly de Barbarie cent trente cinq balles senne. 

Du huictiesme febvrier par le v au de Gap ne Tollosan venu d'Allexandrie, un 
ballot robbe de Rosset et trois balles couton lillet. 

Du neufviesme du dit mois par la barque du dit patron Vellin "venu de Livorne, 
une balle mousseline et seize sacs escaillolle. 

Du vingt trois du susdit mois par celle du dit Jauvas venu du susdit lieu ayant 
aporté pour les dits Villareal et Franco Almede une balle mousseline, deux fagots 
monalline et une autre balle mousseline. 

Du cinquiesme mars par la barque de patron Victor Jouin de la Ciotat venu 
de Tunis ayant aporté pour le dit Franco Dalmeda quatre mille huictante cuirs 
en poil, dix sept sacs escaillolle et deux balles piretti. 

Du dix huict du dit mois par celle du dit Vellin venu du dit Livorne pour le 
dit Villareal une balle mousseline, huitante barril arans, et pour compte de Franco 
Almeda une balle senne. 

Du vingt deux du susdit mois par celle du dit Teissire venu du dit Livorne 
une balle toille mousseline et cent cuirs indians. 

Du trantiesme du dit mois par le vaisseau de Gap ,,c Henri Ycard de Londres 
venu de Tunis cinq cens cinquante quatre cuirs. 

Du treize avril par le v au de Gap ne Guilh e Croiset venu de Livorne et pour 
compte du dit Villareal et Comp ie cinq balles mousseline, vingt six sacs escail- 
loté et vingt quatre barril arencade. 

Du quatorze du dit mois par le v au du dit Cap nc Marconet venu du dit Livorne 
trois cens cuirs de Canvos. 

Du unziesme may par la barque du dit patron Vellin venu du dit Livorne et 
pour le dit Dalmede et Gomp ie une balle coquau et Villareal une balle mous- 
seline. 

Du vingt trois du susdit mois par la barque du dit patron Jauvas venu du dit 
Livorne une balle mousseline et une caisse savonettes. 

Du premier juin par le v au du dit Cap nc Marconnet venu du dit Livorne et pour 
compte du dit Franco Dalmede et Gomp i0 un coffre rempli de toille mousseline 
et dix huit balles chanvre. 

Du vingt cinq du susdit mois par le v au de Cap ne Jacques Brard de Boussier de 
S 1 Malo venu d'Allexandrie et pour compte du dit Franco Dalmede Avidor et 
comp ic trois balles palentaqui, une balle Indiene et quatre balles semancedeben. 

Du trante avril par la barque du dit patron Teissere venu de Livorne et pour le 
dit Franco Dalmede et Comp»' neuf balles toille. 

Du septiesme juillet par la barque de patron Sauveur Fournier venu du dit 
Livorne et pour le dit Villareal et Comp ic une balle toille mousseline, douze bar- 
ril estain et trois cens nonante six cuirs en poil Indians. 

Du huictiesme du susdit mois par le v au du dit Cap nc Croizet venu du dit 
Livorne une balle toille et vingt barril estain. 

Du dix huict du dit mois par la barque du dit patron Jauvas venu de Livorne 
dix sept barril fer blanc et une balle mousseline et pour le dit Franco Dalmede 
et Comp ie une balle mousseline. 

Du seize âoust par celle du dit Vellin venu de Livorne et pour compte de 
Nunnes Atias Franco Almede et Gomp" vingt cinq pains plomb, une caisse senne 
et une caisse corail. 

Du dix sept du dit mois par le v au de Gap I,e Pol Giraud venu du dict Livorne et 
pour compte de Nonne Atias et Gomp ie une caisse Barbeau de senne. 



UN ÉTABLISSEMENT JUIF A MARSEILLE AU XVII e SIÈCLE 111 

DU vingt neuf du susdit mois par la barque du dit Teissere venu du dit 
Livorne et pour compte de Nonne Atias et Gomp' 1 ' une balle mousseline, trente 

\ pains plomb, cent septante une balle campech, et pour le dit Villareal et 
Comp'e une caisse bas d'Angleterre, un paquet dito, une balle mousseline et un 
paquet robbe diverses. 

Du douze septembre par celle du dit Jauvas venu de Livorne et pour le dit 
Villareal et Comp lc une balle toille. 

Du treize du dit mois par le v a " du dit Cap ,u " Marconnet venu du dit lieu et pour 
le dit Franco Almede et Comp ,e une balle drap d'Hollande. 

Du vingt six octobre par la barque du dit patron Vellin venu de Livorne et 
pour compte de Atias et Comp ic douze chères vache de Rosiers et douze chères 
noires sans garniture et pour Villareal une balle drap et une balle mous- 
seline. 

Du second novembre par la barque du dit patron Jauvas venu du dit Livorne 
et pour le dit Villareal et Gomp ie une balle mousseline, deux balles drap d'Hol- 
lande, une caissete drap de Florence et deux caissetes d'indigues. 

Du huictiesme du susdit mois par celle du dit Vellin venu du dit Livorne et 
pour le dit Villareal vingt trois caisses acier, Franco Almede et Gomp ie cent 
nonante quatre barils razin de Perse. 

Du quatorziesme novembre par celle du dit Teissere venu du dit Livorne et 
pour les dits Nunes Atias et Comp' 8 deux caisses senne, une balle laine, une 
balle escamite, pour le dit Villareal et Gomp ie deux caisses drap de soye, une 
caissete senne de Setto et une balle de mousseline. 

Du quinziesme du susdit mois par le v a » de Cap ue François Patti de la Giotat 
venu d'Allexandrie et pour le dit Villareal et Gomp le trois balles safranon, cent 
buffres, une balle toille bleue, cent escars buffres, une balle toille bleue du Caire, 
cent escars butl'res, soixante cinq peaux, une balle contenant Imitante betanine 
et nonante neuf toilles bleues, une balle tamarins, une balle toille bleue d'Alexan- 
drie, une autre balle toille bleue et trois balles safranon. 

Du premier décembre par le van du dit Gap ue Tolosan venu d'Allexandrie et 
pour les dits Franco Almede Avidor et Comp ie quatre balles safranon, huit balles 
lin, une balle toille et vingt six cuirs. 

Duneufviesme du dit mois de décembre par la barque de Pierre Carie venu de 
Tripoly de Barbarie pour compte de Nunes et Atias quarante balles senne, deux 
cens vingt peaux chevraux, pour Dalmede et Avidor cinquante six balles senne, 
seize balles laine et pour les dits Villareal père et fils seize balles senne, trois 
sacz en poudre et deux balles laine. 

Du treize décembre par la barque du dit patron Dorgal venu de Tripoli de 
Barbarie et pour les dits Atias et Nunes deux balles escamite, une balle laine 
et pour le dit Villareal une couffe Cabas. 

Du quatorziesme du dit mois par le v au de Cap"' Esprit Heynaud d'Antibes venu 
d'Allexandrie et pour les dits Villareal et Comp ie une balle toillerie, une balle 
tanani. pour Franco Dalmede et Comp ie , une balle toille bleue, deux balles safra- 
non et quatre caftas encens. 

Un seize du dit mois par la tartane du dit patron Teissere venu de Livorne 
pour Villareal et Comp ie une balle escamite, quatre caisses verdias, pour Nunes 
et Atias, dix boutes suif, une balle laine rafine, pour Habran Jabob et Atias un 
coffre bardes. 

Du dix sept du susdit mois par la barque d'Estienne Camoin venu de Livorne 
pour Nunes et Atias, deux balles escamite. 

Du dix neuf du dit mois par la barque d Anthoine Simon venu du dit Livorne 
pour les dits Nunes et Atias une caisse bardes, pour Franco Almede six caisses 
verdiu 



H2 x REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Du mesme jour par celle du dit Couture venu du dit Livorne pour le dit Atias 
deux boutes senne en poudre. 

Du vingtiesme décembre par la barque du dit patron Jauvas venu de Livorne 
pour les dits Villareal et Comp ie une balle Mousseline; pour Nunes et Atias une 
balle mousseline. 

1679. 

Du quatriesme febvrier par la tartane du dit Teissere venu de Livorne pour 
le dit Villareal et Comp ie trois balles senne, pour Nunes Atias et Comp ic six balles 
poivres. 

Du sixiesme du dit mois par la barque du dit Tilli venu de Tunis pour le dit 
Jacob deux cens cuirs. 

Du mesme jour par la barque de patron Pierre Rimbaud venu de Livorne 
pour Franco Almede deux balles senne et pour Villareal quatre balles senne. 

Du quinziesme du dit mois par le v au de Gap ne Philip Coutel venu de Tunis 
pour Franco Almede trois mil cinq cens cinquante sept petits cuirs, mil et 
cinquante trois grands cuirs, pour le dit Villareal et Gomp ie cent huictante 
cuirs. 

Du vingt uniesme du susdit mois par le v au du dit Cap"* Marconnet venu de 
Livorne pour le dit Franco une balle mousseline. 

Du mesme jour par le pinque du dit Dorgal venu de Livorne pour le dit Vil- 
lareal et Comp ie cinq escaffas senne. 

Du dit jour par la barque du dit patron Manaire venu du dit Livorne pour le 
dit Franco Almede, six balles toilles et cinq caisses encens. 

Du vingt sept du dit mois par le v au du dit Cap" 1 ' Legrand venu d'Allexandrie 
pour compte de Villareal père et fils un caffas bours, quatre caffas goume, pour 
Franco Almeda Avidor et Vais, un balot coque de Levant, deux balles sal'ranon, 
quatre balles coque de Levant, pour Villareal une balle tapis de terre, une balle 
toille bleue, pour Manuel Nunes et Abraham Atias deux ballot lin manouf, pour 
Franco Dalmeda et Avidor trois balles lin Alep, pour Manuel Nunes et Abraham 
Atias une balle toille et demi tananis, un cafas bours Caireu, un caffas goume 
arabique, pour Villareal un ballot safranon et une balle toille de col. 

Du second mars par la tartane de Pierre Estrine du Martignes venu de Livorne 
pour Villareal cinq caisses senes, pour Atias un coffre mousseline. 

Du neufviesme du dit mois par le v au du dit Cap ,ic Rollaud venu d'Allexandrie 
ayant aportépour Franco Dalmede trante six balles lin forfets, une balle bazanne, 
une balle coque de Levant, pour Villareal sept caffas goume, deux balles toille, 
treize balles encens, dix balles lin, quatre balles safranon, une balle bours, cent 
quarante buffres, pour Nunes et Atias deux balles toille bleue, deux balles lin, 
deux balles coque de Levant, deux caffas encens, deux caffas goume, une cais- 
sete aigrete. 

Du dixiesme mars par le v au S 1 Pol Cap" 6 Amariton Brian de La Rochelle venu 
de Livorne pour Villareal, deux balles et une caisse senne. 

Du treize du susdit mois par la barque du dit Jauvas venu du dit Livorne 
pour le dit Villareal une balle mousseline, une balle drap et une caisse senne. 

Du dix huict du dit par la barque de Sauveur Fournier venu du dit Livorne 
pour compte du dit Villareal une balle toille mousseline, pour Nunes et Atias 
une balle toille. 

Du vingt sept du dit mois par la barque d'Estienne Camoin venu de Livorne 
pour le dit Villareal une balle mousseline. 

Du vingt huit du dit mois par le v a « de Cap" c Pierre Cerary venu de Tunis 
pour compte du dit Villareal huitante gros cuirs, trante cinq cuirs ordinaires, 



UN ÉTABLISSEMENT JUIF A MARSEILLE AU XVII e SIÈCLE 113 

unze cens cinquante petits cuirs et deux cens soixante cuirs gros, et Franco 
quatre mille cinq cens cuirs et une caisse bonets. 

Du sixiesme avril par le v au de Cap ue Joseph Jouve de la Ciotat venu de 
Livorne pour le dit Villareal une balle senne et une balle merse. 

Du vingt six du mesme mois par la barque de patron François Bremond de 
Cassis venu de Tripolli de Barbarie pour compte de Villareal père et fils une 
balle senne, une caisse plume, pour Nunes et Atias deux cens sept balles senne, 
quarante cinq balles laine, une caisse plumes. 

Du vingt huit du dit mois d'avril par la barque du dit patron Vellin venu de 
Livorne pour compte de Nunes et Atias deux balles garence, pour Villareal une 
balle toille et une balle drap. 

Du douze may par le v a " du dit Cap" 1 ' Marconnet venu du dit Livorne pour 
Nunes et Atias, une balle soye. 

Du vingtiesme du susdit mois par la barque du dit Jauvas venu de Civita 
Vecchia et Livorne pour Nunes et Atias un coffre et une balle mousseline. 

Du troisiesme juin par le pinque du dit patron Dorgal venu du dit Livorne 
pour Nunes et Atias trois balles laine. 

Du mesme jour par la tartane du dit patron Teissere venu du dit Livorne 
pour Franco Dalmede un coffre remply de toille de couton, pour Villareal une 
balle safranon et deux balles drap d'Hollande. 

Du quinziesme du susdit mois par la barque du dit Vellin venu du dit 
Livorne pour Villareal une balle mousseline, pour Nunes et Atias quatre balles 
Jaine de Languedoc. 

Du premier juillet par le v au les Trois Rois Cap" e Bartellemy Bremond venu 
d'Allexandrete et Chipres pour Dalmede et Avidor quatre balles moucheoirs, 
deux caisses goume dragant, deux caisses encens, une balle laine rousse, une 
balle couton lillet. 

Du mesme jour par le v au le Mercure Gap"" Henri Yarde de Londres venu de 
Tunis pour Villareal père et fils six cens soixante cuirs, pour Franco Dalmede mil 
huit cens nonante sept cuirs. 

Du troisiesme juillet par la tartane de patron Pierre Gouiran duMarligues venu 
de Livorne pour Villareal deux caisses cantaride. 

Du douze du susdit mois par le v au du dit Cap"* Marconnet venu de Livorne 
pour Franco Almede et Avidor une caisse pointes, une caisse mousseline, pour 
Nunes et Atias une balle soye. 

Un treiziesme du susdit mois par le v au du dit Cap" 1 ' Brue venu d'Allexandrie 
pour Franco Almede. une balle coque de Levant, deux coutfes bourdas, pour 
Villareal père et fils deux callas goume arabique, une balle moucheoirs, une balle 
coque de Levant, un autre caftas goume arabique, une balle toille tananis, un 
autre catl'as goume arabique, un cafï'as bours, septante cinq douzaines tailloles 
de laine, une autre balle tananis, pour les dits Villareal deux balles tananis, 
deux balles toilles bleues, deux callas encens en sorte et deux caisses encens 
en larmes. 

Du vingt sepl du dit mois de juillet par le v au de Cap ne Jean Carie venu d'Al- 
lexandrie pour Franco Dalmede un callas encens, dix balles lin, pour Nunes et 
Atias une balle toille de Rosset, pour Villareal une balle toille tananis, deux 
caffas goume, cinq caisses encens, deux balles lin, deux cens quarante cinq 
cuira . 

Du vingt neuf du susdit mois par la barque de patron Claude Reynaud venu 

d'Allexandrie pour Franco Dalmede trois balles lin, pour Villareal père et fils 

deux balles lin, trois cens torons, quatre cafas encens, pour Nunes et Atias une 

balle toille alibret. 

Du dernier du dit mois par la tartane du dit patron Gouiran du Martigues venu 

T. LV1, no 111. 8 



114 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

de Livorne pour Joseph Villareal trois balles toilleries, pour Franco Dalmede 
quatre balles chanvre. 

Du dix neuf aoust par la barque du dit patron Vellin venu du dit Livorne pour 
Joseph Villareal douze caisses rozaire de verre, pour Franco Dalmede deux 
balles laine. 

Du vingt deuxiesme septembre par le v au le Cheval Marin Cap" Guilh Arnaud 
de la Ciotat venu d'Allexandrie pour Villareal père et fils deux caiTas goume 
arabique, cinquante torons, deux cens cinquante vaches sèches, quatre caisses 
encens en sorte, une balle tananis, un ballot zedoria, soixante huit chameaux, 
cinq cens torons secs, quatre balles lin fourfets, une balle robbe de Rosset, pour 
Nunes et Atias vingt-trois buffles secs, deux cens soixante cinq torons secs, 
deux cafas bours Cairen, neuf vaches sèches, deux balles lin fourfete, deux 
caisses encens en sorte, trois balles lin fourfete, pour Franco Dalmeda et Avidor 
une caisse encens. 

Du second octobre par la barque du dit patron Dorgal venu de Livorne et pour 
compte du dit Villareal un ballot cire. 

Du douze du dit mois d'octobre par le v« u de Cap" e Rolland Tolosan venu 
d'Allexandrie d'Égipte et pour compte des dits Villareal Nunes et Atias scavoir 
une balle moucheoir, une balle lin, deux balles tananis, quatre balles safranon, 
une autre balle safranon, deux calfas encens, une balle coque de Levant, quatre 
cens nonante torons, quatre bu lires, trois caffas encens, une balle semance de 
bens et finalement une balle moucheoir et taillolle. 

Du vingt quatriesme du susdit mois par le v au de Cap ,,e Simon Roux de la 
Ciotat venu d'Allexandrie d'Égipte pour Villareal, deux cens vingt trois butï'res, 
deux balles lin fourfete, cent vingt huict torons, deux calfas encens en sorte, 
deux balles marchandises de Rosset, quatre balles safranon, mil septante cinq 
buffres, six autres caffas encens, deux balles semance de bens, une balle lin 
fourfete^ une balle marchandises, deux caisses encens, une balle coque de Levant, 
douze autres balles lin fourfete, une autre balle safranon et cent vingt quatre 
escartz de buiï're et pour Nunes et Atias, deux cens septante trois cuirs, deux 
balles safranon et pour Franco Dalmeda deux balles lin fourfete, un cafTas plume 
d'autruche et finallement une balle toille de Rosset, de plus se treuve sumer les 
parties des dits cuirs si dernier au 6 e Juillet. 

Nous, greffier en l'admirante au siège de ceste ville de Marseille, Cer- 
tifiions avoir procédé à la facture de Testât cy dessus en vertu du décret 
rendu par M e François Lion advocat en la Cour Commis de Monsieur le 
lieutenant gênerai en la dite admirante au bas de la requeste a luy pre- 
santée par Joseph Vais Villareal et Comp ie Juifs le dix huict Octobre et 
exploit d'injonction en consequanee fait le mesme jour et reriffié tous les 
articles contenus au dit estât posite par posite sur les registres d'enlrée 
des bastimans de Mer du dit Greffe depuis Tannée mil six cens septante 
jusques au vingt quatre octobre mil six cens soixante dix neuf avec toute 
l'exactitude possible. En foy de quoy nous avons signé les présantes. A 
Marseille le vingt huictiesme Novembre Mil six cens soixante dix neuf. 

Signé : Rayon. 

Nous, Jean François de Billon, Conseiller du Roy Lieutenant général civil 
et criminel en la Marine et Admirante des mers de Levant au siège de 
• •este ville de Marseille, Certifiions et attestons à tous qu'il appartiendra 



UN ÉTABLISSEMENT JUIF A MARSEILLE AU XVII e SIÈCLE 115 

que M re François Bayon qui a signé sy dessus est greffier en la dite Admi- 
rante aux escritures et signatures duquel pleine et entière l'oy est 
adjoustée tant en jugement que dehors, en tesmoin dequoy nous avons 
signé les présentes et à icelles fait mettre et apposer le sccl Royal aecous- 
tumé en la dite Admirante. 
A Marseille ce vingt trois Janvier mil six cens quatre vingts. 

Signé : Billon. 

(Archives des Affaires Étrangères. — Mém. et Docum., France (Provenee), 

t. 1729, ff. 319-332. ï 



III 

in Septembre 1676. 

Arrest du Parlement d'Aix qui permet à Joseph Vais Villareal et 
Abraham Atias de trafiquer et séjourner à Marseille. 

Extrait des Registres de Parlement, En la Chambre ordonnée au temps 
des vaccations. 

Sur la requeste- présentée à la Chambre ordonnée durant les vacca- 
tions par Joseph Vais Villareal et Abraham Atias, marchands Juifs de 
créance de la ville de Livorne, tendante afin pour les causes y contenues 
que, depuis six années et sous la foy de la déclaration de Sa Majesté 
donnée a Paris au mois de Mars 1669, vérifiée par arrest de la Cour du 
Neuf* avril suivant, à la poursuite du procureur général, les Eschevins de 
Marseille ouïs, contenant la dite déclaration permission à tous estrangers 
et autres personnes de toute nation et qualité, d'y entrer et aborder avec 
leurs vaisseaux, bastimens et marchandises sans payer aucun droit 
quelque séjour qu'ils aient fait, sans qu'ils soient sujets aux droits d'au- 
beine ny qu'ils puissent tstre traités comme estrangers en cas de deceds, 
lequel arrivant, leurs enfans, héritiers, ou ayans cause, pourront 
recueillir leurs biens et successions comme s'ils estoient vrais et naturels 
t'raneois, les suplians sont venus résider à Marseille avec leurs familles 
pour y négocier et trafiquer tant par mer que par terre, de mesme que 
les autres negocians, où ils ont apporté des effets de grande considération 
;m\ parties du Levant, et ailleurs; Et d'autant que pour estre venus à la 
faveur de la dite déclaration qui a esté suivie de permission particulière 
de Sa Majesté, faire leur résidence à Marseille, il ne seroit pas raison- 
na ble qu'ils y fussent troublés, ny privés de la liberté qui leur est donnée 
de négocier, et disposer de leurs facultés comme toutes les autres nations, 
il leur importe d'estre mis sous la sauvegarde du Roy et de la Cour, de 
mesme qu'il a esté ordonné pour Jacob Franco Dalmeida par arrest du 
cinq auil 167», Requièrent que sous le bon plaisir de la Chambre il soit 
ordonné que les supplians, leurs familles et commettans seront mis sous 
la sauvegarde du Roy et de la Cour et jouiront du fruit et effet de la dite 
déclaration de Sa Majesté conformément à icelle,. et, à ces fins, que inhi- 



116 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

bitions et deffences seront faites à toutes personnes de les troubler ny 
donner aucun empeschement dans leur résidence, habitation, négoce et 
disposition et permission et informer contre les contrevenans ; — Veu la 
coppie de l'imprimé de l'Edit et déclaration de Sa Majesté, Arrest d'enre- 
gistrement du mois de Mars et Avril 1669, Extrait d'arrest de la Cour 
rendu sur la requeste de Jacob Franco Dalmeida du 5 e avril 1674, 
Requeste dont est question a point soit montré au Procureur gênerai du 
Roy, sa réponse du 5 e Septembre présent mois, Tout considéré. 

Dit a esté que la Chambre, suivant l'intention de Sa Majesté contenue en 
sa déclaration du mois de Mars Mil six cens soixante neuf, registrée par 
la Cour le neuf avril de la mesme année, a ordonné et ordonne que les 
dits Joseph Vais Villareal et Abraham Atias et leurs familles seront sous 
la protection du Roy et de la Cour ; leur permet de trafiquer, négocier et 
séjourner en la ville de Marseille et disposer en cas de deceds de leurs 
biens comme les autres estrangers, le tout conformément à la dite décla- 
ration de Sa Majesté ; fait deffences à toutes personnes de les troubler et 
en cas de trouble il en sera informé par le premier juge royal ou 
huissier de la Cour. Publié à la barre du Parlement de Provence séant à 
Aix le 18 e jour du mois de Septembre Mil six cens soixante et seize. Colla- 
tionné. Signé : Imbert. 

(Archives des Affaires Etrangères. — Mémoires et Documents, France 
(Provence), tome 1729, ff. 304-305.) 



IV 

Extrait des registres de V admirante, 

ï)u troisiesme febvrier mil six cens soixante seize : est comparu par 
devant Nous, Lieutenant, Estienne Sibelly au lieu et place de feu Nicolas 
Hermitte patron de barque de ceste ville, par serement a dict que despuis 
le qnatorziesme d'aoust dernier seroit parti de ceste ville avec la ditte 
barque patronisée par le dit feu Hermitte pour son voyage à Livourne où, 
estant arrivé, y avoit deschargé les marchandises mentionnées dans sa 
visitte d'où il se seroit nolisé pour Tripoli de Barbarie par des marchands 
du dit Livourne; et après ils auroint entrepris son dit voyage où estans ils 
y auroint chargé pour son rettour pour le dit Livourne pour compte de 
Jacob Boussan 1 bb senne, 1 bb cire; pour Manuel Jacob et Esgard 4 bb 
senne, 150 cuirs en poil, 50 cuirs acoutres; pour Abraham Misses 16 bb 
senne, 3 sacs ditte, 313 cuirs en poil, 54 cuirs buffre, 1 boitte perles, 4 bb 
Indiennes, 3 bb toilles et diverses, 3 caisses plumes, 2 bb ditte, 4 bb 
laine; pour Nissin et Tailhard, 1 fagot plumes, 2 fagot diverses, 20 bb 
senne, 3 bb Indiennes, 1 bb Maugarbine; pour Moïse Agi, 2 bb senne, 
150 cuirs en poil, 27 buffres, 156 autres cuirs en poil, 2 caisses plumes et 
11 bb ditte, 1 bb 01 fouches; pour Isac Missin, 1 bb senne, 1 fagot Barracan, 
1 sac lanteilles; pour Nissin et Agib, 1 caisse grandes fauces et 1 petit sac 



UN ÉTABLISSEMENT JUIF A MARSEILLE AU XVII e SIÈCLE 117 

dittes; pour Jacob Isac Camache, 2 bb senne, 1 fagot plumes; pour Moise 
et Souffran, 1 bb ot taillolles, 1 bb ot sendalines et plumes; pour Mise et 
Gabriel Faro, 2 bb et 1 bb ot tapis, 10 buffres, 150 cuirs en poil; pour Said 
Abit, 1 bb ot grenades, 2 fagot sendalines, une jarre challe sans autre; 
déclarant en outre qu'estant arrivé au dit Livourne avec le dit chargement 
pour y descharger icelles suivant son nolisement et pollice de chargement 
seroint esté refusés à cause que deux jours après son arrivée, le dit feu 
patron Hermite seroit dexedé de la peste, les obligèrent de sortir des Mers 
du dit Livourne ainsin qu'est justiffié par l'extrait du commandement que 
leur feust faict par les SS rs Magistras du dit Livourne que a remis hier le 
greffe, estant arrivé le quatorze du mois de dexembre dernier pendant 
lequel temps auroint faict quarantaine, déclarant en outre de tout ce que 
dessus en vouloir faire constat par devant nous pour luy servir ainsin 
qu'il apartiendra ayant heu l'entrée le jourd'hui par ordre des Intandans 
de la Santé. Nous requérant à cela desquels dire et exposition et déclara- 
tion et cest soubz marque E S à l'original. 

Extraict collationné par moy commis du dit 
Greffe en la dicte admirante soubzsigné. 

Signé : Bayon. 

(Archives des Affaires Étrangères. — Mém. et Docum., France (Provence), 

t. 1729, f° 336.) 



V. 
Au Rov, 

Sire, 

Votre Majesté par sou Edit du mois de mars 1669 a déclaré le port de 
la ville de Marseille franc et libre à tous marchands estrangers de 
quelque nation et qualité qu'ils soient, pour y négocier et séjourner sans 
pouvoir estre traittés comme estrangers, leurs enfans, héritiers ou aians 
cause, pouvant recueillir leurs successions comme s'ils étoient naturels 
françois. Que ceux mesme qui y auront établi leur domicile et fait un 
commerce assidu pendant douze années consécutives, en seront réputés 
bourgeois et rendus participans de tous les droits et privilèges. 

Joseph Vais Villareal et Abraham Atias, marchans de Créance Juifve, 
sous la foy de cet Edit et d'une permission particulière en forme de 
passeport, que Votre Majesté leur a donnée, sont venus de la ville de 
Livorne depuis 1670 résider en celle de Marseille, où ils ont demeuré 
assiduement jusqu'à ce jour. 

Les effets considérables qu'ils y ont apporté et le grand négoce qu'ils 
y ont fait, ont produit un bénéfice notable a vos Douannes, mais ils leur 
ont attiré l'envie de plusieurs habitans, en sorte qu'ils ont été obligés 
d'obtenir du Parlement d'Aix, un arrest du 18 Septembre 1676 qui les 
met sous la protection de Votre Majesté avec permission de trafiquer, et 
de jouir des autres grâces portées par cet Edit. 



118 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Au préjudice toutesfois d'icelny et du dit passeport et arrcst du Parle- 
ment cette mesme envie a renouvelle ses poursuittes contre les suplians 
et contre ceux de leur créance, jusque là que les Echevins et députés 
du Commerce de la dite ville ont osé leur imputer des calomnies si 
grandes que Votre Majesté par un effet de sa bonté et justice ordinaire a 
ordonné pour en estre esclaircie, que le s r Roullié Intendant en infor- 
meroit. 

Les suplians assurés comme ils sont de leur innocence, afin d'accélérer 
d'autant plus la dite information, ont présenté requeste au dit sieur Inten- 
dant, par laquelle ils ont répondu succintementà ce qu'on leur reproche, 
et afin de ne pas user de redite, ils l'ont attachée au présent placet, 
supliant très humblement V. M. de se la faire lire. 

N'estans pas coupables d'aucuns crimes, on leur en impute de faux et 
inventés à plaisir en disant qu'ils font des assemblées scandaleuses dans 
leurs maisons et qu'ils donnent avis aux Pirates et Corsaires du départ 
des vaisseaux. 

A l'égard du premier, Votre Majesté en connoitra la vérité par l'infor- 
mation du dit s r Intendant. 

Quant à l'autre prétendu crime, il est contre le bon sens de les en 
accuser puisqu'ayant interest dans presque tous les vaisseaux qui par- 
tent et qui arrivent à Marseille, ils travaillèrent à leur propre ruine que 
de donner de tels avis. 

Ils en sont d'autant plus innocens qu'il leur seroit impossible d'avertir 
les Corsaires qui sont en mer ny leur donner dans les lieux de leur 
retraite des nouvelles du départ des vaisseaux assez à tems pour en pro- 
fiter. 

Il ne suffit pas ans dits Echevins d'une accusation si frivolle, il n'y a 
point de mauvais traittemens qu'ils ne fassent aux suplians et à ceux de 
leur créance mesme contre le droit des gens, afin de les obliger à se 
retirer de la dite ville. 

Car quand des marchands Juifs de Livorne arrivent à Marseille on leur 
fait faire la quarantaine quoy qu'il n'y ayt point de contagion et qu'on 
ne la fasse point faire aux autres habitans qui sont venus en la mesme 
compagnie. 

On retient les lettres missives qui leur sont addressées et on empesche 
qu'elles leur soient rendues, quoy qu'il n'y ayt rien de si sacré dans la 
société civille ny de si important pour le commerce, contre les intentions 
de Votre Majesté qui veut qu'ils soient traittés comme s'ils étoient nés 
ses sujets. 

Ce qu'il y a encore de plus inhumain, ce sont les deffences faites à la 
boucherie de leur donner aucune viande ainsy qu'on faisoit auparavant 
pour les nécessiter par ce deffaut de vivre à se réfugier ailleurs avec leurs 
marchandises et effects affin que comme ils sont très considérables et ne 
peuvent estre emportés de la sorte qu'avec précipitation et perte, les 
suplians y trouvent leur ruine entière. 

Ce sont là, Sire, les maux effectifs que souffrent les suplians et ceux de 



UN ÉTABLISSEMENT JUIF A MARSEILLE AU XVII e SIÈCLE 419 

leur créance en votre ville de Marseille contre la disposition de vos 
Edits, dont ils suplient très humblement Votre Majesté de leur faire 
justice. 

Cependant ils prennent la liberté de se jetter aux pieds de Votre 
Majesté pour luy représenter en tout respect que leur conduite dans le 
Commerce et l'avantage qu'ils ont apporté à la ville de Marseille leur 
devoit procurer un traitement tout contraire. 

Car ils s'acquittent de leur négoce avec tant de probité, qu'ils en pren- 
nent pour tesmoins le corps des marchands droguistes et tanneurs, les 
Capitaines des vaisseaux et autres qui ont fait des affaires avec eux. 

Quant à l'avantage de la dite ville par le trafic des suplians il est facile 
de se le persuader, puisqu'il s'étend dans tout le Levant, en Barbarie, 
Italie et autres parties du monde et c'est ce qui leur a attiré l'envie de 
quelques uns de ces habitans qui n'en pouvant pas faire un semblable 
pour n'avoir pas des correspondances générales en ces pays là et n'estre 
pas assez forts en biens pour de telles entreprises. 

L'expérience a fait voir que l'agrandissement et les richesses des villes, 
ont toujours procédé des estrangers et non des naturels habitans. 

Il n'y a point de nation qui puisse mieux faire réussir le négoce que les 
Juifs pareeque tout leur bien est en argent et marchandises sans avoir 
aucuns biens en fonds de terre, negocians tous par la force de leur 
argent et de leur industrie. Or comme leur trafic se fait entièrement par 
mer en toutes les parties du monde, cela attire un plu* grand négoce, ce 
que les autres estrangers ne peuvent exécuter vu qu'ils s'attachent seule- 
ment à leur pays. 

C'est ce qui a causé la grandeur et la richesse des villes d'Amsterdam, 
Hambourg, Venise et Livorne, étant notoire que ce sont les Juifs qui en 
soutiennent les places et qui les ont par leur négoce rendues fameuses 
par toute la terre. 

Dans l'Empire du Grand Seigneur, ce sont les seuls Juifs qui maintien- 
nent le commerce, et comme ils sont intelligens, ils en font et manient 
toutes les affaires des finances, et des Douannes. 

Si on a commencé à voir quelque fruit par le moyen du port franc de 
Marseille on peut dire que ce sont les suplians qui y ont le plus contri- 
bue par le grand nombre de marchandises qu'ils y font venir, et par les 
manufactures de France et fruits qu'ils en ont fait sortir. C'est dont les 
registres de l'Admirante et des Douannes font foy. 

Ils peuvent donc dire avec vérité qu'ils ont donné un accroissement 
très notable au négoce de Marseille, et un proffit considérable aux 
fermes de Votre Majesté, puisque pour le seul séné qu'ils ont fait venir 
en une année, ils ont payé plus de seize mil livres, les soyes pareille- 
ment et autres marchandises qui leur viennent par le crédit et par l'ar- 
gent de leurs amis du Levant, comme les Arméniens et autres, produi- 
sent un grand bénéfice au commerce, et un grand profit aux fermes de 
Votre Majesté, au lieu que si les habitans de Marseille faisoient seuls le 
négoce, le public n'en pourroil pas recevoir tant de satisfaction. 



120 KEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

On peut objecter aux suplians que s'ils n'etoient pas à Marseille les 
marchands d'icelle ville feroient le môme négoce qu'ils font. 

C'est ce qui est impossible aux dits habitans de faire, avec le même 
avantage pour le Royaume. 

Par la raison que lorsque les marchands estrangers qui sont au Levant, 
en Barbarie et ailleurs, envoient leurs marchandises à Marseille iceux 
suplians ne leur donnent en retour que des manufactures et fruits du 
Royaume, au lieu que les habitans de la dite ville seroient obligés d'en 
paier la valleur en piastres qui par ce moyen sortiroient du pais. 

2° Si Votre Majesté pour l'accroissement du Commerce, donnoit la 
liberté aux marchands Juifs de venir s'abituer à Marseille, il en viendroit 
un plus grand nombre qui ayant des fonds capables, feroit en peu de 
temps un progrès considérable, ce que les marchands do la dite ville ne 
peuvent exécuter facilement puisqu'il en faut plusieurs pour l'équipe- 
ment d'un vaisseau, au lieu qu'un des suplians suffit seul pour cela. 

3° Il n'y a que les seuls Juifs qui soient seuls capables de faire de tels 
progrès, on reconnoitra par les registres, si quelques autres estrangers 
ont donné un aussi grand bénéfice qu'eux aux fermes de Votre Majesté, 
ni fait entrer en si peu de temps une aussi grande quantité de toutes 
sortes de marchandises, ce qui étant un bien général, doit estre plus 
considéré que celuy de quelques particuliers que leur interest propre 
fait parler. 

Et d'autant qu'après toutes ces raisons les suplians ont sujet d'espérer 
de Votre Majesté l'honneur de sa protection, et qu'elle aura la bonté de 
les rendre participans comme les autres estrangers des grâces contenues 
en l'Edit de l'affranchissement du port de Marseille, Ils la suplient très 
humblement de leur accorder et à ceux de leur créance, la liberté, et le 
pouvoir de faire en secret dans leurs maisons l'exercice de leur Religion, 
sans pouvoir y estre troublés ny inquiétés. 

Que s'ils étoient assez malheureux que Votre Majesté leur ordonnast 
de se retirer, ce qu'à Dieu ne plaise, et qu'Ello ne desirast pas qu'ils 
jouissent plus longtems de l'honneur de vivre sous sa juste domination, 
ce qui leur seroit un aussi grand mal que la perte de leurs biens, Ils la 
suplient en tout respect, que par un effet de sa justice ils soient mis sous 
sa sauvegarde royale, avec deffences à toutes personnes de leur méftaire 
ny médire, et leur vouloir donner un delay competant pour faire emporter 
leurs effets et marchandises, et se faire païer de ce qui leur est deub, Ce 
qu'ils se promettent de la bonté de Votre Majesté pour laquelle ils feront 
incessamment des vœux à Dieu, desirans de vivre et mourir pour son 
service. 

(Archives des Affaires Étrangères. — Mémoires et Documents, 
France (Provence), t. 1-729, ff. 293-297.) 



UN ÉTABLISSEMENT JUIF A MARSEILLE AU XVII e SIÈCLE 121 



VI. 

Réponse des sieurs Échevins et Députés du Commerce de Marseille au 
Mémoire de Joseph Vias Villaréal, juif de Livourne, présenté à 
Mgr le marquis de Seignelay, tendant à avoir permission de revenir 
en France. 

Villaréal est un juif de distinction et d'une conséquence préjudiciable 
à l'Etat et au commerce, ayant, par sa conduite, donné lieu à Sa Majesté, 
dans le temps de la guerre d'Alger, de juger nécessaire pour le bien de 
son service d'ordonner à feu M. de Pilles, gouverneur de Marseille, de 
faire sortir incessamment tous les Juifs y établis, non-seulement de 
ladite ville mais mesme de son royaume. Cet ordre, daté de Saint-Cloud, 
le 3 e de may 1682, fut précédé d'amples informations juridiquement prises 
par M. Rouillé, Intendant en Provence, ensuite de la lettre de Cachet de 
Sa Majesté du 28 de juillet 1679, expédiée sur les plaintes de M. l'Évesque 
de Marseille et des sieurs Echevins et Députés du Commerce. 

Et, en effet, ledit Villaréal fut convaincu d'avoir fait une espèce de 
sinagogue dans sa maison à Marseille, tous les Juifs, au nombre de qua- 
rante, s'y assemblant pour l'exercice de leur religion et y célébrant toutes 
les testes et cérémonies, sans nulle sorte de retenue ni de ménagement. 

Il fut encore convaincu, et ses frères aussi, d'avoir donné des avis aux 
Barbares, et particulièrement aux Algériens, de toutes les entreprises et 
préparatifs que Sa Majesté destinoit contre eux, ensemble du départ et 
destination des vaisseaux français, et d'avoir entretenu une si grande 
correspondance avec les corsaires, mesme avec ceux de Majorque, qu'ils 
avoient revendu quelquefois aux marchands de Marseille les mesmes effets 
que les mesmes corsaires avoient pris sur eux, jusque-là que ledit Vil- 
laréal eut la hardiesse inconcevable de former opposition à la récla- 
mation que des marchands firent de leurs propres marchandises qu'un 
Corsaire de Tripoli leur avoit prises sur le vaisseau de capitaine Joseph 
Thomassin de Marseille, lesquelles avaient été portées par un cas fortuit 
aux Isles de Marseille, à cause du refus qu'on fit à Livourne de les laisser 
entrer dans un temps de soupçon de peste ; et, ayant ledit Villaréal été 
débouté de son opposition par sentence des Officiers de l'Admirante, il en 
releva appel au Parlement de Provence, qui confirma ladite sentence. De 
sorte que ce ne fut que pour des grandes et importantes raisons d'Etat et 
avec une parfaite connoissance de cause que Sa Majesté fit chasser ledit 
Juif de son royaume. 

Du depuis, il n'est point d'artifice que Villaréal n'ait pratiqué pour 
tascher de surprendre quelque permission de revenir en France et y con- 
tinuer ses malversations. Et, en effet, il surprit un arrest de la Chambre 
des Vacations du Parlement d'Aix portant permission à Atias, son beau- 
frère, de séjourner pendant trois mois à Marseille : mais, ce séjour estant 



122 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

une désobéissance aux ordres du Roi, M. Morant, Intendant en Provence, 
rendit une ordonnance conforme aux intentions de Sa Majesté, et elle ne 
fut exécutée qu'avec toute la modération possible, bien loin que ce fust 
avec violence ainsi que Villaréal l'a supposé contre la vérité. 

Moins encore est-il véritable qu'aucun particulier de Marseille fut alors 
débiteur envers lui de- 30.000 livres, ni qu'il en ait été composé avec 
perte d'un quart, comme il le suppose et dont on le défie de pouvoir 
rapporter aucune sorte de justification, la vérité estant qu'un marchand 
de Saint-Malo, et non de Marseille, nommé Boulain de Sambuc, ayant 
contracté avec Villaréal à Livourne mesme où ils étoient l'un et l'autre, lui 
fournit pour 21.597 1. H s. de lettres de change sur divers particuliers de 
Marseille qui présuposérent ne devoir pas autant qu'il leur avoit été tiré 
et, par l'accord qui fut ensuite passé par devant M e Gourdan, notaire de 
Marseille, le 23 novembre 1683, il demeura justifié que Villaréal fut 
entièrement satisfait, soit en deniers ou en lettres de change et cessions 
de ce qui lui pouvoit estre légitimement dû. 

Présentement, ledit Villaréal demandant la mesme permission de 
revenir en France, il a supposé par son Mémoire deux autres faits éga- 
lement faux : le premier, que sa résidence avoit été avantageuse aux 
fermes du Roi, ayant procuré, dit-il, aux coffres de Sa Majesté par le seul 
article du seriné, 16.000 livres tous les ans, sans les autres marchandises; 
et la deuxième, qu'il lui estoit encore dû la somme de 51.599 1. 17 s. par 
des particuliers de Marseille, énoncés en un Etat joint à son Mémoire, 
signé par M e Maillet, notaire de Marseille, et c'est principalement sur ce 
dernier article qu'il se fonde pour insinuer une espèce d'équité de lui 
accorder sa demande. 

Mais rien ne pouvoit contribuer plus puissamment à faire éclater mani- 
festement la fraude et la témérité dudit Villaréal que ces deux supposi- 
tions, car, quant à la première, l'on soutient qu'il n'a peut-estre pas fait 
passer à Lyon pour cinq mille cens de marchandises pendant plus de 
douze années de résidence à Marseille, et ainsi il est absolument impos- 
sible qu'il ait pu donner aucuns profits tant soit peu considérables tout 
son commerce étant borné à Marseille. Et quand ce qu'il avance seroit 
véritable (ce que non), il nauroit jamais fait en cela qu'usurper la place 
des sujets de Sa Majesté qu'il auroit privés des avantages du mesme com- 
merce qu'ils auroient fait eux-mesmes, en façon qu'en regard des fermes 
de Sa Majesté, il auroit été indifférent que les droits eussent été produits 
par les effets des uns ou par ceux des autres. 

Mais, tout au contraire, rien n'a été plus préjudiciable aux sujets de Sa 
Majesté que la plus grande importance du commerce de Villaréal et des 
autres Juifs. Car, comme ceux-ci ne négocient ordinairement qu'en mar- 
chandises déprédces, ayant maison établie en Barbarie et à Livourne, ils 
ont moyen, à la faveur des avantages illicites dont ils se prévalent de 
vendre à meilleur marché que les autres dont les effets procèdent d'un 
négoce légitime ; et cette diiférence de prix attirant aux Juifs la préfé- 
rence dans les occasions de vente, il s'ensuit que les Juifs ruinent les sujets 



UN ÉTABLISSEMENT JUIF A MARSEILLE AU XVII e SIÈCLE 123 

de Sa Majesté, qui ne peuvent vendre qu'à vil prix leurs marchandises, 
lesquelles leur coûtent beaucoup plus qu'aux Juifs ne les ayant pas par 
des voies illicites comme eux. 

Sur la seconde supposition dudit Villaréal, il suffit de voir les apos- 
tilles mises au marge de la copie de l'état de ses prétendues dettes qu'il 
fait monter à 51.599 1. 17 s., pour juger combien sa malice est extraordi- 
naire et grossière en mesme temps, car, par ces apostilles certifiées véri- 
tables par le même notaire qui a expédié ledit état par lui produit, il 
demeure justifié qu'il ne lui est absolument rien dû à Marseille ayant lui- 
mesmereçu paiement de presque tous les débiteurs dénommés audit estât, 
à la réserve de quelques parties perdues par le risque de la mer dont il 
ctoit chargé ou par l'insolvabilité notoire des débiteurs qui ont fait ban- 
queroute. 

De sorte qu'après avoir montré d'une manière si convaincante le carac- 
tère dangereux et extraordinaire dud. Villaréal, et le très grand préju- 
dice que son établissement à Marseille a causé et causeroit toujours plus, 
les dits sieurs Echevins et Députés du Commerce espèrent de la bonté de 
Sa Majesté la grâce de n'accorder pas, s'il lui plaist, audit Villaréal ni aux 
autres Juifs la permission qu'ils demandent. 

(Bibliothèque Nationale, Ms. fr. 18979, f° 146.) 



NOTES ET MÉLANGES 



NOTE SUR JOSÈPHE 

Josèphe [Ant. jud., XVII, 10, 10) vient de raconter l'expédition 
de Quintilius Varus, gouverneur de Syrie, contre les Juifs rebelles 
(4 av. J.-C), la soumission de Jérusalem, la mise en croix de deux 
mille des principaux insurgés. Il continue ainsi, d'après le texte 
des manuscrits (édition Naber : 

§ 296. [i.£xà 8e xouxo tt,v jjLsv a ut ou dxpaxtàv à7T07re[j.7r£Ta'., ^pirjcnuov p.kv 
ôpwv liz où8a(Juvoîç oùcrav ^pày^aGi* 7toXXà yàp TjxàxxTjxo aùxolç xai TrapVj- 
xoucxo twv ooyu;àxo)v xaà ôjv YjÇtou Oùapoç, Icpécrei xep8o>v à èx xoiï xaxoup- 
yetv 7ceûieyévovxo aùxoTç' (297) aùxbç oï [xuptouç 'louoaiouç ffuveaxTjxévai 
7iuv0avô[Jt.£voç 7jt:£''y£xo eîç xaxàXr|'|»iv aùxoW. 

« Après cela il (Varus) licencie sa propre année, voyant qu'elle ne lui 
était utile à rien ; car ses soldats avaient commis beaucoup d'actes d'indis- 
cipline et contrevenu aux décisions et aux ordres de Varus, par avidité 
des gains que leur procuraient leurs méfaits. Lui-même, apprenant que 
dix mille Juifs s'étaient rassemblés, marcha en diligence pour les saisir. » 

On a peine à croire qu'aucun éditeur (à ma connaissance, du 
moins) n'ait été arrêté par le ridicule de cet exposé. Comment 
imaginer un général romain licenciant toute une armée — trois 
légions — ta cause de quelques actes d'indiscipline, et ensuite, une 
fois dépourvu de troupes, s'en allant (tout seul?) pour écraser dix 
mille insurgés! Le bon Arnaud d'Andilly paraît seul avoir senti 
l'extravagance de la conduite attribuée à Varus. Il traduit en consé- 
quence : « il voulait les renvoyer, lorsqu'il apprit que dix mille 
Juifs s'étaient rassemblés ». Mais il est clair que le grec ne com- 
porte pas cette atténuation : à7ro7T£u.7r£xa'. signifie : « il renvoie » et 
non « il veut renvoyer ». 



NOTES ET MÉLANGES 125 

La vérité est que le texte est fautif et que la faute est dans le 
mot aûxou (les manuscrits ont aùxou ou tauxov, ce qui revient au 
même). Il faut lire 'Apéxou'. Arétas, roi des Arabes de Pétra, avait 
envoyé un corps d'infanterie et de cavalerie au secours de Varus 
« par haine d'Hérode » (§ 287), et ces auxiliaires avaient mis à feu 
et à sang plusieurs bourgs du pays de Samarie (§ 290-291). On 
comprend que le général romain ait saisi la première occasion de 
se débarrasser d'alliés aussi compromettants. Il renvoie le corps 

d Arétas, XTjV usv 'Apexou ffxpaxtàv. 

Du reste, le texte correspondant du Bellum aurait dû depuis 
longtemps suggérer la correction nécessaire 'Apéxou pour aùxou. 
Voici, en effet, comment s'y exprime Josèphe (Bell., II, 5, 3, § 76) : 
« On annonça à Varus qu'il restait encore dix mille hommes sous 
les armes en Idumée. Ce général, trouvant que les Arabes ne se 
conduisaient pas comme des alliés, mais faisaient la guerre pour 
satisfaire leurs propres passions (xoùç jaèv "Apaêaç sûpwv où o-u^jxà^iov 
•^60; é/ovxaç àXX' loi(o Tiàôei axpaxeuofxévouç) et que, par haine pour 
Hérode, ils maltraitaient le pays plus qu'il ne le désirait, les licencie 

(à7T07ré[jt.7C£xai) et avec ses propres légions (jWTà xwv iScwv xayfxàxojv) 

marche contre les insurgés. » Les « Arabes », c'est précisément le 
contingent envoyé par Arétas (§ 68). 

On voit par cet exemple combien il est nécessaire pour l'éditeur 
ou le traducteur de Josèphe d'avoir constamment sous les yeux les 
textes parallèles du Bellum et des Antiquités. Malgré la différence 
du style, ce sont, dans bien des cas, comme deux copies d'un même 
archétype qui servent à se corriger mutuellement. 

Théodore Reinach. 



LE MISCHLÉ SINDBA1) 

SOURCE MÉCONNUE DU FABLEAU DE CONSTANT DU HAMEL 

Parmi les contes du Mischlé Sindôad, c'est sans doute celui des 
Trois Bossus dont la littérature comparée s'est le plus occupée. 

1. Ou 'Apéra, forme indiquée parles dictionnaires ; mais la faute ooitoO parait plutôt 
supposer le génititif eu ou, préféré par les Attiques. Voir Kùhner Blass, Gr. Grammatik, 
I, 386. 



126 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Il n'est guère contesté que ce conte présente la rédaction la plus 
ancienne de ce sujet si répandu '. Le travail classique sur la 
question, celui de M. Pillet, ne traite d'aucun autre parallèle du 
fableau des Trois Bossus ménestrels avec autant de détail. Tandis 
qu'il se contente de résumer toutes les autres versions, M. Pillet 
reproduit textuellement la traduction donnée par Selig (Paulus) 
Cassel, et l'annote au moyen des variantes des deux autres tra- 
ductions. Car le Mischlé Sindbad a été traduit déjà trois fois et la 
version de S. -P. Cassel a atteint jusqu'à trois éditions 2 . Néan- 
moins nous allons voir que le texte du conte n'a pas encore été 
exactement lu ni bien compris. 

Il s'agit d'une jeune femme mariée à un vieillard qui se distrait 
par la danse et la musique des trois bossus. Le mari arrive ino- 
pinément. Alors il est raconté de la femme, d'après le texte de 
Cassel 3 : r^btt mnn imai ^nns mnn ; ta^bnun nnriDu: d* tapm 
izrwn ï-ism iparw û^idïï rtbifi irfifcià. 

Écoutons les traductions b : « Sogleich stand die Dame auf mit 
ihrer Dieneriu : [sie] trugen die Leute in einen anderen Raum 
|Cy. : dans îifi antre endroit de la maison, mais S. : in ein anderes 
Haus], deriiber drinnen S., là Cy. entstand Zank ; die Trun- 
kenen erwiirgten sicli im Zank und starben. » C'est-à-dire que les 
trois bossus, couchés ivres dans une autre chambre, se seraient 
querellés et égorgés. Nous ne nous arrêtons pas à l'absurdité 
du fait qui manque absolument de motifs. Pourquoi se seraient- 
ils querellés? Ivres à être emportés sans le savoir, comment se 
seraient-ils tués l'un l'autre? Aussi bien, les malheureux dans 
les contes de ce type n'ont pas coutume d'être placés si commo- 
dément; d'ordinaire ils sont mis sous un lit, même sous une 
trappe, etc. Mais c'est d'abord la langue qui repousse une pareille 
interprétation. ttsrw &ôtt mnfi imao même dans l'hébreu plutôt 
barbare que classique du Mischlé Sindbad ne peut vouloir dire : 
ils se querellaient dans cette maison, — d'autant moins que ïtsrù 
ne signifie jamais la querelle, mais déjà dans la Bible (Ezéchiel, 

1. Alfred Pillet, Dus Fableau von de» Trois Bossus Ménestrels und verîvandte 
Erzàhlungen frilher und spàter Zeif, Halle, 11)01, p. 18. 

2. Pillet, p. 18, n. 1, donne la bibliographie : Sengelmann, Dus liuch der Sieben 
weisert Meisler, aus déni Hebràiscken und Grièbâischen zum ers/en Maie uberselzl, 
Halle, 1842 ; Carmoly, Paraboles de Sendabar sur les ruses des femmes, traduites 
de l'hébreu, Paris, 1849 ; pour moi, je n'ai à ma portée que le livre de Cassel, Mischlé 
Sindbad, Secundus Sy?ilipas, Berlin, 189 1 3 . 

3. Texte hébreu, p. fcT, H. 611-613. 

4. Faute d'impression pour D^b^n. 

5. Pillet, p. 19. 



NOTES ET MÉLANGES 127 

xvii, 3, 7, Job, xxxix, 13 et probablement aussi Lévitique, i, 16) 
« les plumes », « le plumage » des oiseaux. Ici le mot garde le 
même sens. Il faut lire : nabto mann rimai jrmtx mana tao-'bttm 
im^ii Pisisa ipam omsta mm Jtm. « La femme et sa ser- 
vante jetèrent les trois bossus dans un tonneau plein de plumes 
d'oiseau ; ivres comme ils étaient, ils furent étouffés par les plumes 
et moururent. » 

Cette manière de lire et d'interpréter le texte hébreu m'a été 
inspirée et me semble confirmée par un trait analogue d'un fableau 
français. Dans le Constant du Hamel', le prêtre, le prévôt et le 
forestier qui étaient acharnés après Isabel, femme non moins ver- 
tueuse que jolie de Constant du Hamel, sont forcés de sauter l'un" 
après l'autre dans un tonneau de plumes. Constant, après une 
autre vengeance trop forte, met le feu au tonneau, les amants vêtus 
d'un manteau de plumes détalent, chassés par les chiens. 

Pillet 2 cherche en vain une analogie à cet élément du fableau. 
Or, le Mischlé Sindbad peut être regardé non seulement comme 
analogue, mais même comme la source probable, quoique fort 
indirecte, de cette invention assez heureuse. 

Budapest, avril 1908. 

Bernard Heller. 



DOCUMENTS PROVENANT DE LA GUENIZÀ [)[} CAIRE 

Sous le titre « Un acte hébreu de fiançailles, de l'année 1049 », 
M. Israël Lévi a publié dans la Revue 3 une pièce de la Gûeniza 
du Caire, aux termes de laquelle Mahfouz (protégé, ou préservé), 
(ils de Menahem, promet le mariage à Fadilât (gracieuse), ii lie 
d'Abraham ben Mesoullam. A côté de ce contrat, dressé à Fostât 4 , 
ou faubourg du Caire, une place est due aux deux textes sui- 
vants : 

1. Montaiglon-Raynaud, Recueil général et complet des Fabliaux, etc., vol. VI, 
n° evi, p. 166-198. 

2. P. 73, n. 1. 

3. T. XLVII, p. 300. 

4. V. B. James Wormau, Note on the Jeivs in Fostat, J .Q. H., XVlll, 1-39. 



128 REVUE DES ETUDES JUIVES 



[ 



La première est écrite sur un petit parchemin d'environ 16 centi- 
mètres de haut sur une largeur un peu moindre. Elle est complète, 
sans autre lacune que quelques trous au milieu, et conçue en ces 
termes : 

fibm NDba t-ûtB i"no rrpa w 1 "riorpto utrirfi t-iaraa ynna 
*?yi D^-iir» ^NlDDD3 ma awrb'u-n «ranb i^ats *a;zn yiyaizn hn72 
vnas ^b man mus bai s-tets -n ïipii: nsn r.;ma Kipo cib^a 
...^y ...wm n-onm ni^^DT impars éoo^k «bia ^tt3D3 mana 

mai £-<n n72*7p 172 Tirl3M Imfi "H "O^b tn*»! WM bai i.-.fO 

«aoanïib ^rrob "OTOosa rwobfl» r,Nu:n l'vmnrm -ob "oth iwnn 

t^Tab^bi pT 1 r<72"p 172 "Dma nrra' 1 s-*b -OjNt i^axTm naa ^-aab 
ymus a} [^]272 *pb "mCrr "H "pi] tan[N] bab n[-,m72 na] *nm 

.^ami^i rite» n^a i^p-ima r-naao [painn -i]ddi 

Traduction. 

Le deuxième jour de la semaine (lundi), qui est le seizième du mois de 
Siwan, Tan mil trois cent soixante-dix-sept 2 , selon le comput dont nous 
avons l'habitude de nous servir à Fostat d'Egypte sise sur le fleuve du Nil, 
moi Cedaka, fils de Moïse, et tout autre nom que je puisse avoir, j'ai voulu 
par ma volonté personnelle, sans que j'y sois contraint, te quitter, ren- 
voyer, et répudier, toi Al... fille de ... ou tout autre nom que tu portes, 
toi qui étais ma femme avant ce jour. Maintenant je te laisse, afin que 
tu sois libre et que lu aies le pouvoir d'aller épouser tout homme que tu 
voudras. Nul homme ne pourra faire opposition entre tes mains, à partir 
de ce jour et à jamais. Te voilà libre pour tout homme, et pour qu'il en 
soit ainsi à ton égard, voici de moi un écrit de répudiation, un acte d'aban- 
don, une lettre de renvoi, suivant la loi de Moïse et d'Israël. 

Ahron l'expert, fils de Maître Ephraïm, 
scribe et témoin. 

Remarques. — \. Pour le nombre seize, on sait que les termes 
■noirn» et noTnw sont des formes spéciales à la version jérusalémite 
du Targoum, p ex. Exode, xxvi, 25, et Deutéronome, xxxiv, 8. 

1. L'expression 172V 172, u.ui termine une ligne, se trome répétée ;ï la ligne suivante, 
avec la bonne orthographe suivie ci-dessus» 

2. Soit le 11 juin 1066. 



NOTES ET MÉLANGES 129 

2. Le nom ttpTS, rare en Occident, mais qui survit encore en 
Orient, se trouve écrit au n° 2 du fonds D. Kaufmann à Budapest, 
dans la Bibliothèque de l'Académie des sciences de Hongrie. Il est 
cité par Ig. Goldziher ici-même 1 . — Du nom de la femme on ne 
peut lire que les deux premières lettres, ba> y comme s'il existait un 
équivalent féminin du prénom Ali, et le nom du père est resté en 
blanc. 

3. ys-nn 'o est l'expression par laquelle le ïargoum jérusalémite 
traduit le terme biblique « lettre de divorce » dans le Deutéronome 
(xxiv, 1,3). 

4. Enfin on remarquera qu'un seul témoin, le scribe, signe l'acte ; 
ce qui ne pouvait suffire pour lui donner une validité légale. Il est 
donc probable que nous sommes en présence, non de l'original, 
mais d'un brouillon d'acte 2 . 



II 



L'autre pièce, de deux siècles postérieure à la précédente, a le 
même lieu d'origine. Elle est de même dimension, également 
rédigée en araméen, écrite sur parchemin; elle est matériellement 
complète, n'ayant subi aucune déchirure ; mais le texte s'arrête au 
beau milieu d'une phrase, le reste de la page étant en blanc, de sorte 
que Ton ignore quel contrat devait être dressé ; était-ce un projet 
de mariage, ou de divorce? Voici ces lignes : 

«mus 

(?) ï-13125 rbco rrvb ^v nu)j> t-i*tan snrn nted t^b^nn i 

r-nnaiD "pttb ï n 3tb yniai ^noi S"iN?a «3 7a m s-obt* 2 

£D^n£72 bxbos *-pa»a cor: rr^a «sttttb saVwi t^ranb 3 

'73D "ia *-pnt3 ^« ... nani» t^irra oib^a Ssn 4 

^max ib n^n ta "nu bai -HETabN 5 

Traduction. 

La veille du Sabbat (vendredi), qui est le dix-neuvième jour du mois de 
Kislew, Fan mil cinq cent soixante-quatre de l'ère des Contrats 3 , selon le 
comput que nous avons l'habitude d'employer ici, en cette ville de Fostat 
d'Egypte, sise sur le fleuve Nil. Comme quoi Méir, fils de Sam.. l'Egyptien 
et tout autre nom (pie j'ai, je veux. . . 

1. Revue, t. LV, p. 55. 

■2. Pour les préliminaires de la Ketouba, voir D. Kaufmann, Monatschrifl, XLI, 
1897. p. 213-221; Elkati N. Adler, ibid., p. i24-6. 
■i. Soit le 14 novembre 1252. 

T. LVI, n° 111. 9 



130 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Remarques. — Ligne 1 . L'orthographe du second mot est rectifiée 
parle mot superposé. — Le dernier mot n'est plus lisible ; mais il 
est aisé de le deviner. 

Ligne 3. Le mot Fostat, que Ton ne distingue plus, se devine par 
le contexte. 

Ligne 4. Au milieu de la ligne, à une place très fruste, il y avait 
peut-être deux ou trois lettres. — Le dernier mot, inachevé, ne 
laisse de doute qu'entre les deux lectures suivantes : Samuel ou 
Simon. 

Moïse Schwab. 



CORRESPONDANCE 



Monsieur le Directeur, 

Dans le dernier numéro de la Revue des Etudes juives (p. 195, 
note 1), M. J. Psichari, citant une note de moi, parue dans la Revue 
des Etudes grecques de 1897, s'exprime ainsi (je résous ses abré- 
viations un peu obscures) : « M. Th. Reinacb, qui recommande 
pour le grec moderne l'orthographe phonétique. . . dit que la gra- 
phie etvai — troisième personne du singulier du présent de l'in- 
dicatif — donnera infailliblement aux élèves l'idée que le grec 
moderne est du petit nègre. Je ne saisis pas bien le sel de cette 
remarque. » 

Le propre du sel étant d'être senti par les palais délicats, il est 
évident que ma remarque a manqué son but puisqu'un aussi fin 
linguiste que M. Psichari ne l'a pas saisie. Expliquons donc à nos 
lecteurs que la forme iné — qui en grec moderne a remplacé le 
classique kvd et dont l'origine est bien probablement le composé 
svsffTt, par abréviation Ivi (ou lv), puis par métathèse (??) hz — est 
transcrite, tantôt etve, tantôt slvat. Or cette dernière graphie, due 
à l'analogie des deux premières personnes (eïp.ai, efoat), coïncide 
complètement en apparence avec l'ancien infinitif (aujourd'hui 
huisilé fcïvow « être ». Comme en petit nègre — un des rares idiomes 
que M. Psichari paraît ignorer — il est d'usage de remplacer les 
temps personnels par des infinitifs — « Moi avoir faim, lui être 
bon ami à toi » — j'en ai conclu que nos élèves, reconnaissant à 
tort dans eïvou l'infinitif classique qu'ils ont appris à l'école, s'ima- 
gineraient que les Grecs modernes aussi parlent « petit nègre ». 

Voilà le commentaire réclamé par M. Psichari. Espérons que, au 
bout de onze ans, le « sel » de ma remarque, une fois saisi, ne lui 
paraîtra pas complètement évaporé. 

Théodore Reinacu. 



BIBLIOGRAPHIE 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 

ANNÉE 4907 



(Les indications en français qui suivent les titres hébreux ne sont pas de l'auteur du livre, 
mais de l'auteur de la bibliographie, à moins qu'elles ne soient entre guillemets, j 



1. Ouvrages hébreux. 

O'VJUît-pi ivat nnrîN '0 Varianten und Erganzungen des Textes des Jeru- 
salemischen Talmuds nach alten Quellen und handschriftlichen Frag- 
menten ediert mit kritischen Noten und Erlauterungen versehen. 
Traktatc Kilajim und Maaseroth. Wilna, chez Fauteur, 1907 ; in-8° de 
vi -f 137 p. 

Voirie compte rendu de M. Bâcher, t. LUI, 277-280. 

DU5 ^bntf Sur les prénoms à écrire dans les contrats, par S. Ganzfried. 
Lemberg, Wilf, 1907; in-f° de 2 + 124 ff. 

ÏTHrfl "iiriN Talmudischer Sammelschatz cr. 200 allerschônsten und 
besten Spriiche von Talmud Babli und Talmud Jeruschalmi, Midrasch 
und Sohar, etc., etc., par.F. 11. Landau. M. Szigct, chez Fauteur, 1906; 
12 + 94 p. 

banni" 1 "iSMN Ozar Yisrael. An Encyclopedia of ail matters concerning 
Jews and Judaism, in Hebrew. I.-D. Eisenstein Editor. Vol. I : 3N — N. 
New -York, Hebrew Encyclopedia Publishing C°, 1907 ; in-4° de 
vi + 320 p. à 2 col. 

Nous rendrons compte de cette publication quand elle sera plus avancée. 

'n "HN 'O Ouvrage de théologie de Hasdaï Crescas, avec un commentaire 
intitulé d^Tt nmN, des notes et une introduction, par Hayyim Yirmi- 
yahu Plensberg, l re partie. Wilna, impr. Garber, 1907; in-4° de 192 p. 



BIBLIOGRAPHIE 133 

n?:Nn -net Briefe i'iber das Werk Chaje Olam des Oberrabiners Dr. Lerner, 
Alloua. Herausgegeben von Rabb. Dr. Herm. Deutsch. Francfort-s.-M., 
J. Kauff'mann, 1907 ; in-8° de 56 p. M. 0,80. 

Le rabbin de Hambourg a permis il y a quelques années d'enterrer dans 
le cimetière israélite les urnes contenant les cendres d'incinérés. M. Lerner, 
rabbin d'Altona, s'est élevé contre cette mesure dans un ouvrage intitulé "^n 
D213'. M. Deutsch a réuni neuf lettres contre M. L. 

Bm3M ma Homélies sur la Genèse et allocutions de circonstance par 
A.-M. Rubinstein. Pétrokow, chez l'auteur, 1907 ; in-4° de 8 -j- 97 -f- 4 

4-85 p. 

E5T173 ma Chrestomathie talmudique et midraschique, par H.-D. Rosen- 
stein et S. Rachlin. 2° éd. par Tobia Funk. Wilna, 1907; in-8° de 237 p. 
R. 0,90. 

mttUH "^biaba 'a Sur la métempsycose, par Menahem Azaria da Fano, avec 

des notes intitulées 'p? tne par J.-M. Leiner. Lublin, impr. Schneid- 

messer et Herschenhorn, 1907 ; in-8° de xn — f- 62 -j— 12 p. 

Déjà édité. — Les douze dernières pages contiennent une étude généalo- 
gique, par Michelsolm, sur la famille de Leiner, qui se trouve, en fin de 
compte, descendre du roi David. Est-ce aussi un guilgoul? 

V2V2 dv naT '0 Éphémérides, ou mélanges talmudiques, midraschiques 
et rabbiniques pour les différentes circonstances de Tannée religieuse, 
par Hayyim Knoller. Première partie : de Nissan à Rosch ha-Schana. 
Przemysl, 1907; in-8° de (2 +) 118 ff. 

ïlttTJnna ban»" 1 T^ "nai Geschichte der Juden in Tiirkei vom Jahre 1300- 
1520 nach gedruckten und handschriftlichen Quellen von Salomon 
A. Rosanes nebst einem Verzeichnisse der hebr. Bûcher, welche bis 
1520 in der Tiirkei gedruckt wurden von N. Porges mit Erganzungen 
von A. Marx u. vom Verfasser. Husiatyn, imprimerie de F. Kawalek (en 
commission chez L. Sêhwager et D. Frankel), 1907; in-8° de 232 + 1 
feuillet détaché contenant la table des matières. 

nbnp ">Ta*7 Copies de titres, introductions et approbations d'ouvrages 
rares, par O.-L. Rrisk. Jérusalem, chez Fauteur, 1907-1908; 4 fascic. 
in-8° de (2 +) 53 (+ 3) ff. 

Û^t^i th 'o Critique et réfutation des objections élevées par J.-H. Weiss 
dans son ouvrage «Dor dor ve-Dorschav », contre la loi orale et contre 
la divinité de la loi, par Juda ha-Lévi Lipschitz, édité par le neveu de 
l'auteur, Notel Lipschitz de Kowno, l r0 partie. Pétrokow, impr. Ceder- 
baurn, 1907 ; gr. in-8° de 104 p. 

Quun rabbin russe s'avise de critiquer Weiss, de l'injurier, cela va sans 
dire, mais aussi de discuter tout au long ses arguments, c'est un signe des 
temps. 

ttJTJ ïtbTNïi Sur les règles du divorce par E. Poisek. Pétrokow, impr. 
Kronenberg, 1906 ; in-4° de 78 p. 

J"Wn Hagoren. Abhandlungen i'iber die Wissenschaft des Judenthums. 



134 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Redigiert von S. -A. Horodezky. VII. Buch. Berditschcw, impr. J. Schef* 
tel, 4907 ; gr. in-8° de 163 p. 

Le dernier volume de l'excellent recueil que publié avec un zèle si louable 
M. Horodezky s'ouvre par un travail qui n'est pas le meilleur de la série : La 
découverte du livre de la Loi à l'époque de Josias, par M. Friedmann 
(p. 5-23). L'auteur nous a donné naguère un échantillon de son exégèse dans 
un mémoire sur Jéroboam et le schisme (Jubelschrift Graetz et ailleurs). Ayons 
le courage d'en alléger notre exposition : cette exégèse, qui se ressent de la 
fréquentation du Midrasch, a fait son temps, si elle en a jamais eu un. Voici 
la thèse de M. F. : Moïse a lu au peuple un « Livre de l'Alliance » (Exode, 
xxiv, 7) ; ce Livre comprenait : Exode, xix, 4-xxm, 19 ; Lé vit., xxv-xxvn ; 
Exode, xxxiv, 11 et s. Quand le Pentateuque fut mis par écrit, on cacha ce 
Livre, qui fut retrouvé sous Josias. Sans entrer dans le détail des combinai- 
sons ingénieuses de M. F., il est piquant d observer qu'il s'est rencontré 
plusieurs fois avec cette critique biblique qu'il feint d'ignorer : la façon 
même de poser le problème, la découverte d'un écrit qui n'est pas tout le 
Pentateuque, l'écho de cet événement dans les prophéties de Jérémie, tout 
cela se trouve chez les exégètes. Même l'hypothèse de l'enfouissement d'un 
livre a été avancée tout récemment, avec une autre portée, il est vrai. L'égyp- 
tologue E. Naville a montré l'année dernière (Proceedings of the Society of 
Biblical Archaeology, 1907, 232-242) que les anciens Égyptiens avaient l'ha- 
bitude d'enfouir des textes religieux dans les fondations de leurs temples. 11 
a rapproché de ce fait la découverte d'un livre — le Deutéronome, d'après 
les critiques — à l'époque de Josias, à l'occasion de réparations faites au 
temple de Jérusalem. Le Deutéronome aurait été retrouvé sous Josias dans 
les fondations du temple de Salomon et daterait de l'époque de ce dernier. 
H. Grimme, dans la Orient alistische Litteralnrzeitung, X, 1907, 610 
et suiv., a trouvé une confirmation de cette hypothèse dans un verset du 
Deutéronome lui-même (ajouté après coup, par conséquent), verset qu'il tra- 
duit ainsi (xxviii, 29) : « C'est ce qui était caché pour Yahvé notre Dieu et 
qui a été découvert pour nous et pour nos enfants, afin que nous observions 
à jamais tous les préceptes de cette loi. » W. Erbt, P. Haupt et E. Konig 
(Orient. Lit., 57 et s. ,119 et s.) ont soufflé sur ce roman et, si leurs propres 
explications ne sont pas toujours admissibles, la réplique de Grimme (ib., 
188 et s.) est insuffisante. — Gomme on se retrouve sans le vouloir! Réflexion 
faite, tout n'est pas à rejeter dans le travail de M. Friedmann, pas plus que 
tout n'est à accepter de la thèse des exégètes. Mais il faut une autre méthode 
que celle de M. F. pour confirmer la critique biblique ou pour l'ébranler. 

Moïse est appelé deux fois btfniZ)"^ N3"l N"1D0 [Sota, 13 b; Onkelos sur 
Deut., xxxm, 21) et une fois N3"l 8"D0 (Targoum sur Cantique, i, 2). 
M. Krauss essaie d'expliquer cette appellation (p. 29-34). D'après Artapatt, 
Moïse a reçu le nom d'Hermès. Or, Hermès ou Mercure est le même que 
Nabu, que les Assyro-Babyloniens considèrent comme le greffier céleste. De 
plus, Moïse est mort sur le mont Nébo et est comparé au soleil. — Seulement 
Moïse ne joue nulle part, comme Hénoch ou Élie, le rôle de scribe ; lui a-t-on, 
à un certain moment, nu dans certains cercles, prêté cet attribut, d'autant 
plus que sa mort mystérieuse rappelle celle de ces deux personnages ? Dans 
l'Aggada telle qu'elle s'est cristallisée, on évite de le diviniser et on s'efforce, 
au contraire, de le ramener à l'humanité; comme on le voit par le contexte, 
et quoi qu'en dise M. K., les aggadistes qui emploient notre expression 
veulent caractériser Moïse comme législateur. Mais il se peut qu'ils aient con- 
servé Je résidu dune conception archaïque ; encore faut-il distinguer dans 
l'Aggada les fantaisies fcfcégétlqdes des spéculations mythologiques ou astro- 



BIBLIOGRAPHIE 13B 

logiques. L'explication de M. K., malgré les failles de son argumentation, peut 
avoir un fond de vérité. — Le même savant communique (p. 161-163) 
quelques corrections de M. Besredka sur le texte du Cantique des Cantiques ; 
on ne peut pas dire qu'elles s'imposent. Dans v, 13, le changement de 
S^^llU en Û^:i25 est inutile ; dans vi, 9 ^I^ID (pour tria) ne convient ni au 
sens, ni à la construction ; iô., 12 'y r*Q Q"D ^jDWUJ est ingénieux, mais 
n'explique rien. Le reste est à l'avenant. 

C'est déjà un critique de la Bible que Hivi /ici-Balchi. La monographie 
que lui consacre M. Poznanski (p. 112-137) est le morceau de résistance de 
ce volume ; nous l'analysons d'autre paît. De même pour le travail de 
M. Wellesz sur les Hagahol Maïmoniot (p. 35-59), œuvre des disciples de 
Méir de Rothenbourg. C'est dans le même cercle que nous transporterait le 
Se fer al-Haccol, que publie M. Weiss (p. 76-111). Mais l'éditeur a dû être 
induit en erreur par Azoulaï et par M. Gross; cet ouvrage paraît français 
d'origine et rien n'indique que le û"nn qui y est cité soit Méir b. Baruch. 
Cet ouvrage se trouve aussi, ce qui a échappé à M. W., dans le ms. 150 de la 
collection Montefiore (actuellement au Jew's Collège), f os 17 et s. (Catalogue 
Hirschfeld, ./. Q. B., XIV, 385; manque dans l'Index des titres), et dans ce 
manuscrit, qui appartenait autrefois à Halberstamm, il se termine par ces 

mots : ^rifccaizj -m -d Mt&jfl n"-n ^asb -no a nm bran by abusai un 

(Halberstamm, Ï1735U5 nbnp, p. 94, n° 366). Nous comptons reprendre cette 
question et renvoyons pour le moment à la recension de M. Wellesz qu'on 
trouvera d'autre part. 

M. David Cahana, réédite en y ajoutant la ponctuation et le mètre, deux 
poèmes publiés par M. Marmorstein, Monatsschnft, 1906, 590 et s., d'après 
des fragments de la Gueniza (p. 24-28). Ces deux poèmes, dont l'un raille un 
gaon et l'autre célèbre un naguid, seraient du même auteur, Abou-1-Mahâsin 
(le premier seul est signé) : la preuve reste à faire. — M. H. Brody édite, de son 
côté, trois poèmes de Moïse ibn Ezra à son confrère Isaac ibn Machkarân 
(p. 60-75) ; il avait déjà publié le premier dans la Monatsschr., 1896, p. 36 
et s. ; les deux autres sont inédits. 

Enfin, M. Horodezky lui-même, continuant la série de ses biographies de 
Hassidim, étudie la vie et les idées de Menahem Mendel de Vitebsk (mort en 
1788), le disciple de R. Béer de Meziretsch. « Un jour, raconte la légende, le 
jeune homme était tellement enchanté de son travail que, dans un transport 
de joie, sa coiffure se déplaça. Son maître lui demanda : « Mendel, combien 
de pages de Guemara as-tu étudiées aujourd'hui ? » — « Six pages. » — « Si 
pour six pages ta coiffure penche sur le côté, combien en faudra-t-il pour 
qu'elle tombe tout à fait? » L'élève se mit à pleurer, comprenant qu'il avait 
péché par orgueil, et demanda à son maître comment il pouvait réparer 
sa faute. R. Béer le tranquillisa et l'invita à l'accompagner auprès du 
Bescht. » Cette anecdote ne découvre-t-elle pas tout ce qui fait le charme du 
hassidisme sincère, et, comme l'on comprend l'attrait qu'il a exercé dans sa 
fraîche jeunesse I On suit avec plaisir M. H. quand il retrace la vie de son 
héros, que les persécutions des adversaires de la secte obligèrent à se retirer, 
en 1777, à Safed, puis à Tibériade, d'où il continua à agir sur ses adeptes 
et à les maintenir dans l'unité par ses lettres de direction spirituelle, leur 
demandant des subsides et les exhortant à la tolérance. Par contre, sa doc- 
trine cabbalistique D'offre ni intérêt ni originalité. Non content de rendre 
justice aux Hassidim, que les historiens ont maltraités jusqu'ici, M. H. les 
porte aux nues et dénigre leurs adversaires. Ils ne méritent en vérité « ni 
cette indignité » « ni cet excès d'honneur ». Nous aimons à croire que, dans 
l'admiration de M. H., il y a quelque coquetterie et que sa réhabilitation est 
purement littéraire. 



136 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ïittbtBïin 'o Complément d'Alfasi sur Nezikin, par Meschoullam b. Moïse 
de Bcziers, édité d'après le ms. Gïmzbourg avec un commentaire 
(rTnblBïirt rrnn) de Juda Lnbetzky, 2 e partie : Baba batra, Sanhédrin, 
Schebouot. Varsovie, imprimerie Edelstein, 1907 ; in-f° de 67 -j- 26 p. à 
2 col. 

La première partie a été imprimée à Paris en 1885 (voir le jugement de 
Neubauer dans la Revue, XIII, 133-134) ; des additions et rectifications ont 
paru sous le titre de ÛTQ "^p^in en 1896 [ibïd., XXXIV, 131; cf. le juge- 
ment de M. Brody dans Z. f. H. B., Il, 111). L'éditeur et commentateur, qui 
est rabbin à Paris et se plaint, dans la préface, de n'y avoir pas fait école, 
nous promet d'éditer la fin (Aboda zara) ainsi que ses propres Consultations 
et Hiddouschim. 

pn^" 1 yi2W~ Ha Shomea Yizchak : an anthology of wit, humor, anec- 
dotes and curiosities, selected from talmudic, médiéval and modem 
jewish literature. . . by N.-S. Libowitz. New- York (Francfort, Sànger et 
Friedberg), 1907; in-8° de 24 -f 72 -f 32 + 52 p. 

"Obaïl iTfi Hivi ha-Balkhi, par S. Poznanski. Berditschew , impr. Schef- 
tel (Francfort, Kauffmann), 1907 ; gr. in-8° de 30 p. (Tirage à part de 
pin, VII). 

La Perse était, vers le ix e siècle, comme une terre en fermentation, travaillée 
par toutes sortes de confessions et de sectes; juifs et chrétiens, arabes et 
parsis, caraïtes et hérétiques s'y coudoyaient et s'y heurtaient. C'est de ce 
milieu agité qu'émerge l'étrange personnage sur lequel la monographie de 
M. Poznanski, complète et exacte comme toujours, projette toutes les lumières 
qui, dans l'état actuel de la science, peuvent éclairer un domaine encore 
obscur. 

Son véritable nom est îTTTl, c'est-à-dire Hayyawayhi, et son surnom lui 
vient de la ville de Balkh, dans l'Afghanistan actuel (plus tard on a trans- 
formé "oban en ^absr! « le cynique » ; les objections de Harkavy, dans la 
trad. hébr. de Graetz, III, 475, n. 175, ne sont pas péremptoires). Il florissait 
dans la seconde moitié du ix e siècle, une soixantaine d'années avant Saadia. 
Le *gaon, qui le combat parfois tacitement, écrivit un ouvrage contre lui; il 
fut également réfuté par un caraïtc comme Salmon b. Yeroham et un sec- 
taire comme Aboû-Amran al-Tiflisi. Quelles étaient donc ces terribles idées 
qui inquiétaient les partis les plus opposés ? Nous n'en avons malheureuse- 
ment conservé que des bribes. Hivi avait écrit un livre contenant deux cents 
objections contre la Bible ; des auteurs caraïtes citent cet ouvrage sous le 
titre vague de « Questions ». M. P. oroit (p. 25, aurait dû venir p. 20) qu'il 
était l'auteur d'autres écrits ; il se fonde sur ce texte d'ibn Daud (M. ./. C, I, 

66) : Nima mn^o an tïîti rrnn labia ma i^n ^absba *nn... 
mmbai D*nBoa ïinw D^ittbtt nfpiro "H^btt rr^n. Ces mots ne 

signifient pas que Hivi avait composé des ouvrages à l'usage des écoliers, 
mais plutôt que certains maîtres ne craignaient pas de leur enseigner ses 
idées dans des livres et des cahiers. En revanche, M. P. réfute avec raison 
l'opinion de Graetz, qui voulait attribuer à Hivi une série d'opinions hétéro- 
doxes anonymes relevées par Saadia à la fin de la troisième partie du K. el- 
Amdndl. Tout compte fait, il nous reste dix objections de notre personnage, 
conservées par Saadia, Salmon b. Yeroham, des commentaires arabes ano- 
nymes, l'auteur du Maânî el-Nafs et Ibn Ezra. M. P. les range dans l'ordre 
des versets auxquels elles s'appliquent; mais nous ne pouvons pas toujours 



BIBLIOGRAPHIE 137 

assurer si un verset particulier était visé et quel verset (ainsi les n os 5 et 6 ne 
rentrent qu'imparfaitement dans ce cadre), de sorte qu'il eut mieux valu les 
classer suivant leur contenu. En se plaçant à ce point de vue, on constate que 
Hivi admettait le dualisme (n° 1; ou l'éternité du monde, d'après M. P.), qu'il 
s'attaquait à l'unité de Dieu (n° 9), à son omniscience (n° 2], à sa sainteté 
(n° 5), à sa véracité (n° 8), aux anthropopathismes (n° 6 ; plutôt qu'au Tem- 
ple), qu'il rationalisait les miracles : le miracle de la Mer rouge est le phéno- 
mène de la marée (n° 3) ; la manne est un produit naturel (n° 4) ; Le visage de 
Moïse rayonnait à force de jeûnes (n° 7) ; enfin, qu'il opposait les versets con- 
tradictoires (n° 10). Ces opinions sont hardies pour l'époque, mais il ne faut pas 
s'en exagérer l'originalité, car Hivi a pu subir diverses influences, comme le 
montre M. P. dans la seconde partie de son travail. Il fait d'abord entrer en 
ligne de compte les sceptiques arabes qui s'attaquaient au Coran ; mais on ne 
voit pas qu'ils aient exercé une action directe ; ils ont plutôt agi comme 
excitateurs. Plus vraisemblahle est l'influence des polémistes parsis. L'auteur 
du Madnl el-Nafs dit formellement que Hivi a suivi les mages. Il y a, en 
effet, parenté indéniable entre ses critiques et celles de certains textes pehlvis 
publiés par J. Darmesteter, Revue, XV11I, 5 et s., et dont les auteurs ont connu 
la Bible (n'est-ce pas par l'intermédiaire des Arabes?). 

Hivi a-t-il, à son tour, inspiré d'autres écrits semblables au sien? 
M. Schechter a publié, il y a quelques années, une curieuse critique de la 
Bible trouvée dans la Gueniza (traduite par M. Séligsohn dans cette Revue, 
XLVI, 99 et s.). L'analogie est frappante, car cette critique se compose d'un 
yrand nombre d'objections contre la Bible, et l'éditeur avait tout de suite 
pensé à Hivi. Mais il paraît établi maintenant que l'auteur anonyme est pos- 
térieur de près de deux siècles à Hivi et ses objections ne paraissent pas ani- 
mées du même esprit. Quant au fond, les rencontres étaient inévitables : on 
retrouve en partie ces critiques dans Voltaire et Léo Taxil. Néanmoins, M. P. 
conclut que cet auteur anonyme a, en somme, les mêmes tendances que Hivi 
et qu'il a utilisé ses ouvrages ou des ouvrages semblables. 

Tout récemment, M. Porges a repris l'étude du texte de la Gueniza (J. Q. 
R., XX. 187-210) ; il ne connaissait pas encore l'étude de M. P. 11 maintient 
et, à notre avis, démontre suffisamment qu'au rebours de Hivi, l'auteur de 
ce texte est un juif orthodoxe qui, pour confondre ses adversaires les Masso- 
rètes, leur pose toutes sortes de questions embarrassantes auxquelles ils sont 
incapables de répondre. Se fondant sur certaines analogies de style avec la 
Meguilla d'Ébiatar, M. Porges place notre texte entre 1050 et 1054, au moment 
de la lutte contre le gaon palestinien Joseph. Mais on ne voit pas quel rapport 
la critique de la Bible pourrait bien avoir avec ces compétitions. 

Aux menues fautes déjà corrigées par l'auteur (Z. f. H. R., XII, 3, n. 1), 
ajoutons : p. 11, 1. 19, lire 10 au lieu de 11 ; p. 20, 1. 4, lire ri^ni^n pour 
miDyn ; P- 21, 1. 4, lire iy pour -jTî ; p. 23, 1. Vijar pour vigar ; p. 25, 
1. 3, lire 60 pour 68. 

d^b» npn Recherches nouvelles sur la langue hébraïque par Neftali Hertz 
Bojarski. Bialystock, impr. Proszanski, 1907 ; in-8° de 20 p. R. 0,15. 

2b "npn Chikre Lew. Tanaim u. Amoraim, ihrLeben und Wirken, Cultu- 
sarten der {sic!) heidnischen Gôtzéndienstes, die Secten der Chutaer 
{sic!), Zaduciier und Essàer. Poletnik mit Juden-Christen, die (sic!) 
rômischen Kaiser (sic !) und die babilonische (sic!) Dynastie der Sassa- 
niden, nebst Erklârung historischer Stellen im Jerusalemischen und 
babilonischen Talmud ans den Quellen historiseh-kritisch bearbeitet. 



138 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

1. u. 2. Teil. I. R. Abuhu in Casarea Palastina. II. R. Seire beide in 
(sic !) 3. Jahrhundert, von L. Landsberg. Szatmar (Hongrie), 1905 ; in-8° 
de vu -f- m + 135 p. 

D^a aita Exposition méthodique de la question ipV5 Û3'a, « Le goût est 
comme la cbose elle-même », par M. S. Winckler. Francfort-s.-M., 
* Kauffmann, 1907 ; in -8° de 35 p. 

La question halachique Ip^lD d^îû est étudiée très en détail dans le 
û^^lïl &bl2 et le "11133 t|0!D. Si le premier la traite à un point de vue plus 
particulier, à savoir si ce principe est d'origine mosaïque (ïT-nnïl f73) ou 
seulement rabbinique CpamEl, le second a réuni tous les éléments qui 
entrent dans l'exposition de M. W. Cependant, il faut reconnaître que celui-ci, 
qui s'est appliqué à élucider les différentes interprétations de cette question, 
a mieux réussi que tout autre, grâce à une méthode et à un langage clairs. 
Son travail, agrémenté de notes très érudites, est fort intéressant pour tous 
ceux qui veulent pénétrer dans le labyrinthe de cette question. Le groupe- 
ment méthodique des interprétations nombreuses et complexes de ce principe 
rend l'orientation très facile. Il est à désirer que l'auteur nous donne encore 
d'autres travaux de ce genre; tous les amis des études talmudiques lui en 
sauront gré. — H. S. 

ÏTTIÏT *r Novelles sur le Yoré Déa, § 40-60, par I.-L. Landau. M. Sziget, 
impr. Kaufmann, 1906 ; in-f° de (2 +) 26 ft. 

bfcOT3U5 ^an^ Remarques sur la Bible et sur le Talmud, par Waldberg. 
Gracovie, impr. Fischer, 1907 ; in-8° de xu + $% P- 

">3>3 Nmb Mélanges de halacha et de pilpoul, par S. Brach. Paks, impr. 
Rosenbaum, 1907 ; in-P de (6 -f ) 138 ff. 

b finis "^ yntf mb Literarischer Palastina-Almanach fur das Jahr 5668, 

1907/1908, herausg. von A. -M. Luncz. III. Jahrgang. Jérusalem, chez 

l'auteur, [1907]; petit in-8° de 64 + 130 -f- 54 p. 

La partie littéraire contient, entre autres : Selinger : sur la biographie de 
R. Akiba et de R. Simon (rien de neuf, si ce n'est une explication forcée de 
la baratta de b. Pesahim, 112); Luncz : renseignements de différents auteurs 
sur des monuments de la Palestine {fin), bibliographie des ouvrages publiés en 
Palestine, description de deux mss. cabbalistiques, épitaphei des sept derniers 
rabbins de Jérusalem et de Neftali Hertz ha-Lévi, rabbin de Jaffa, mort en 1902. 

■nbïi ^Zûipb 'o enthalt : Die synagogalen Gebrauche der Gemeinde Wi'irz- 
burg mit Erlauterungen und Zusatzen verfasst von N. Bamberger. 
Francfort-s.-M., J. Kauffmann, 1907 ; in 8° de x + 60 p. 

"O^nTa n»N73 Homélies sur la Bible, le Talmud et le Midrasch, par 
M. Michelsohn. Pétrokov\, impr. N. Kronenberg, 1907 ; in-8° de 86 p. 

Tittbnn fin a 73 Introduction au Talmud, Agada, Mischna et Guemara, à 
l'usage des écoles, par N. Lewin. Wilna, impr. Rosencranz et Schrift- 
setzer, 1907 ; in-8° de 250 p. R. 0,90. 

ïia'W nba£ Autobiographie de Yoinfob Lipman Heller, texte hébreu et 
traduction allemande (réimpression anastatique). Berlin, Lamm, [1907]; 
in-8° de 46 p. M. 2. 



BIBLIOGRAPHIE 139 

Cette autobiographie a été publiée à Breslau, en 1838, par M. Korner. La 
traduction allemande est de J.-H. Miro. Cf. M. Brann, Revue, XXI, 270 et s. 

D^îrn iZJTi?: Explications aggadiques sur le Décalogue et notes sur le 
commentaire du Pentateuque de Nahmanide, par M.-E. Mailler. Cra- 
covie, chez l'auteur, 1907 ; in-8° de 22 ff. 

NïTiEDifit "'bn^b n^DTE Histoire des rabbins et des savants d'Ostro'g, par 
M. Biber. Berditschew (chez l'auteur, à Ostrog), 1907; in-8° de 16 -f- VI 
+ 346 p. 

"13* * , oi b i 1"ibtt Dictionnaire russe-hébreu, par A. Cahana. l re livraison. 
Kiew, 1907 ; in-8° de iv + 106 p. R. 0,42. 

TOàiPM -"HaaMDTn "pbtt Dictionnaire russe-hébreu-allemand par A. Ben- 
Jehuda, avec la collaboration de I. Grzubowski. T. I. Varsovie, Tuschija, 
1907; in-8° de 692 p. R. 1,20. 

^"snin nnDTO Massoretico critical (sic'!) of the Hebrew Bible, Patuchot 
(sic!), Setumoth, Sedarim, Parashiot, Gapitlen (sic!), par P. Finfer. 
Wilna, 1906; in-8° de 156 p. 

V. la recension de M. Blau dans Z. f. H. B., XI, 34 et, sur l'histoire de 
l'ouvrage, une notice de M. Beiiiner dans Israelitischer Lehrer und Cantor 
(supplément de la Judische Presse), 1908, n° 4. 

^"Hn mp73 Les sources des prières, leurs auteurs et l'époque de leur com- 
position et de leur mise en ordre, par Chôma Baruch. Jérusalem, 
J. Frumkin, 1905 ; in-8° de 24 p. 

nT3U373 Mishnaiot. Testo ebraico punteggiato con trad. italiana, proemio 
et note illustrative. dal V. Castiglioni. Parte 2 a . Ordine délie feste 
(Moed). Trattato del giorno festivo. Tr. del Gapo d'anno. Tr. del digiuno. 
Rome, Casa éditrice italiana, 1900-1907. 

Ï13E3» ^ID niDUJ .m^Wïa Hebrâischer Text mit Punktation nebst deu- 
tscher Uebersetzung und Erklarung. Lieferung 36 (TTa-û^Tia) von 
M. Petuchowski. Berlin, Itzkowski, 1907. M. 0,75. 

hriTri ^3T3 'o Grotalia Aurea, GXXVI carminibus aureis contexta a V. Cas- 
tiglioni. Francfort-s.-M., Kauff'mann, 1906; in-8° de vi -f- 130 p., avec 
le portrait de l'auteur. 

Le grand-rabbin de Rome cultive avec élégance la Muse hébraïque, à 
l'exemple de son maître Joseph Almanzi. La préface de ce recueil contient 
quelques renseignements biographiques, et les poèmes dédiés à des célébrités 
peuvent avoir un intérêt historique. 

^" , 72"'3n nbni Explication des commandements positifs et négatifs, par 
Isaac Benjamin Wolf, [ré]éditée par Israël Brauner. l re partie. Husiatyn, 
1907; in-4°de 9 + 52 ff. 

rtbcn 1-13H2Î Tno (iebetbuch fur Synagoge, Schule und Mans. Herausgeg. 
von der Vereinigung israelitischer Religions-Lehrer und -Lehrerinnen 
zu Frankfurt-a.-M. Un ter Mitwiikung einer Kommission bearbeitet von 



140 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

J.-B. Lewy. 2 verm. und verbess. Auflage. Rôdelheim (Francfort, Kaufif- 
mann), 1907 ; in-8° de xxxn + 402 p. M. 1. 

Réédition, par les soins d'une commission de professeurs d'instruction reli- 
gieuse, du Rituel populaire de Rudelheim Sephat Emeth, appropriée sur- 
tout aux besoins scolaires. 

nos b\25 ïil^rr "Ho Haggada pascale avec le commentaire UJtt ^pôw de 
Méir Eisenstadt, édité par Ascher Anschel Grïinwald. Podgorze, impr. 
S. Deutscher, 1907 ; in-8° de 8 -f 96 p. 

ùbuîtt mwrr "Hp Séder ha-Dorot de Yehiel Heilprin avec des notes de 
J.-M. Leiner. l re partie, 2 e fascic. Lublin, 1907; in-8° de 65-128 p. 

mbsnn "no « Rituel de prières pour tous les jours de Tannée, conte- 
tenant de[s] prières pour les différentes circonstances de la vie. Traduc- 
tion de M. le rabbin Debré. Troisième édition, revue, corrigée et aug- 
mentée. » Paris, librairie Durlacher, 1907 ; in-8° de 751 p. encadrées 
et 1 gravure. 

La table des matières occupe les pages 743-746. 

bnvïi ^idd Histoire de la colonie de Rischon le-Tzion, à l'occasion du 
25 e anniversaire de sa fondation, par A. -M. Freimann. Jérusalem (Ri- 
schon le-Tzion, au siège de la colonie), 1907 ; in-8° de 204 + vi p. avec 
plans et tables. 

Nl^Iî "^dd Sifré Zuta d. i. eig. Sifré Numeri (in 2. Recension) zum ersten 
Maie nach dem hschr. Midrasch ha-gadol, Jalkut-Simeoni u. A. gesam- 
melt und mit Anmerkungen versehen nebsteiner ausfiïhrlichen Einlei- 
tung herausg. von B. Kônigsberger. II. Lieferung. Pleschen, chez Fau- 
teur, 1907 ; gr. in-8° de p. 49-96. 

La première livraison a paru en 1894 (cf. la recension de M. Epstein, Revue, 
XXIX, 316-7); il paraît que l'auteur avait confié le ms. à une personne qui 
devait s'occuper de l'éditer et qui l'a égaré. Depuis, M. S. Horovitz a com- 
mencé à publier le S. z. dans la Monalssckrift de 1906 et de 1907 et son tra- 
vail est beaucoup plus avancé. Nous avons comparé en partie les deux éditions ; 
si celle de M. K. est peut-être plus CTudite, celle de M. H. nous a paru plus 
scientifique. Quoi qu'il en soit, tout en reconnaissant à M. K. son droit de 
priorité, nous lui conseillerions, puisqu'il est maintenant devancé, de renoncer 
à une publication que la Zunzstiftung ne pourra sans doute pas toujours 
subventionner et de se tourner vers d'autres travaux, que nous sommes en 
droit d'attendre de sa science. 

ïmay rrrny Commentaire sur le traité Aboda Zara par S. Kluger. 2 e par- 
tie. Brody, impr. Pitsch et Weinstock, 1907 ; in-f° de 4 -f- 164 p. 

îzmn nbl3» Sermons par Éléazar Flekeles. 2 e partie. Munkacz, chez Fédit. 
Spiraà Varanno (Hongrie), 1907; in-8° de 104 ff. 

-i;pd !TW ,fc l Rabbi Azaria Piccio (Pichio), Gollegialrabbiner und Pre- 
diger in Venedig (1579-1647)... Biographische und litterarhistorische 
Skizze von Abe Apfelbaum. Drohobycz, impr. Zupnik (chez Fauteur, à 
Rzeszow), 1907 ; in-8° de x -\- 94 p. 

M. A. a publié en 1900 une monographie sur le prédicateur italien Juda 



BIBLIOGRAPHIE 141 

Moscato (Revue, XLI, 278) ; il en consacre une à son collègue Azaria Piccio 
(vulgo Pigo ou Figo ; aux personnages de ce nom énumérés p. 8, note, 
ajouter Saadia 1JPS, cité par Bamberger, Commentât* des R. Josef Nach- 
mias zu tien Pirke Abolh, 34 6, n. 49). Azaria fut rabbin à Pise, puis à 
Venise. Il a laissé un ouvrage lialacbique, fîtol^n " , b")'"D (dont le ms. auto- 
graphe, pour le dire en passant, se trouve à la bibliothèque du Jew's Collège), 
qui se ressent de l'influence des talmudistes polonais et qui, aussi bien, fut 
fort apprécié par le Y''*Z3, et un recueil de sermons, ÛT3>b HS^S, longtemps 
populaire, à en juger par les éditions et les plagiats. M. A., qui paraît ignorer 
l'étude de Buchholz dans le Jûdischer Literaturblatt de Rhamer, I, publie 
d'après l'éd. princeps un long passage qui manque dans les éditions posté- 
rieures. Il édite également deux consultations manuscrites de notre auteur. 
Mais la matière étant assez mince, M. A., pour la corser, examine les ques- 
tions halachiques que son héros a eu à résoudre touchant les Marranes, le 
titre de Morénou, les réjouissances de Pourim, et étudie les personnages avec 
lesquels il fut en relations, S. Aboab, I. Abravanel, S. Luzzato, L. de Modène, 
ainsi que les rabbins dont il fit l'éloge funèbre. Il s'attarde à décrire le 
milieu, l'histoire et la vie intérieure des Juifs d'Italie, le relâchement dans 
les mœurs et les pratiques religieuses, les règlements somptuaires, le jeu, 
l'usure, le ghetto de Venise ; puis encore : la cabbale en Italie, l'autodafé du 
Talmud, la prédication et les prédicateurs en Italie et en Allemagne, les rap- 
ports de l'Italie et de la Pologne, le développement des études talmudiques 
en Pologne, l'opposition des rabbins polonais au Schoulhan Arouch. Tout 
cela à propos d'Azaria Piccio ! Enlevez toutes ces digressions, il restera pour 
Piccio quelques pages, juste ce qu'il méritait. Et si le lecteur est heureux 
d'apprendre tant de choses en passant, il est fâcheux que M. A., qui est bien 
informé, qui expose avec méthode et écrit avec clarté, n'applique pas ses 
taleuts à un sujet plus relevé. Paulo majora canamus. 

b"»OD !"Jj2 ou bN'W « "^lanB » TObÈJ b? Réponse ouverte au D r Ritter 

sur sa critique du Yerouschalmi sur Kodasehim dans le journal Der 

Israelit, par Abraham Roscnberg. Szinérvâralya (Hongrie), impr. de 

Jacob Wider, 1907 ; in-8° de 32 p. non pag. 

En présentant aux lecteurs de la Revue (LUI, 122-123) le Yerouschalmi sur 
Kodasehim publié par le rabbin Salomon Friedlâuder, M. Israël Lévi ne dis- 
simulait pas les doutes qu'il avait sur son authenticité. Ses soupçons ont été 
confirmés depuis et l'on peut dire que l'imposture est démasquée. La publi- 
cation avait été faite dans des conditions singulières. Quoique l'éditeur la 
préparât, à ce qu'il dit, depuis six ou sept ans. il n'eu avait rien laissé 
transpirer et, publiant en 1905 un commentaire sur le Yerouschalmi de Yeba- 
mot, il ne soufflait mot de sa découverte. 11 ne la révélait que dans un pros- 
pectus de la dernière heure, où il apparaissait sous le nom sefardi qu'il se 
donne de Salomon Juda Al-Gazi. Tous les efforts qui ont été faits pour mettre 
la main sur le manuscrit sont restés vains. M. Schechter, qui en a offert un 
prix considérable, comme il sied en Amérique, n'a pu en prendre livraison. 
M. Freimann, qui s'est rendu sur les lieux et a fait les offres les plus allé- 
chantes, n'a pu eu prendre connaissance. Les savants qui ont contribué aux 
frais de l'édition, MM. Schechter et Gùdemann, n'ont eu en mains qu'une 
feuille d'impression. Feu Salomon Buber, qui avait entretenu avec l'éditeur 
une longue correspondance, n'a pas vu davantage le manuscrit ; d'ailleurs, 
très versé dans la littérature midraschique, il n'était pas un critique infail- 
lible. M. B. Ratoer, à qui Friedlander avait envoyé des échantillons de l'ou- 
vrage, s'était montré très réservé et plusieurs rabbins russes, sollicités de 



U2 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

donner leur approbatur, s'y étaient refusé, plus perspicaces «pie les savants 
occidentaux ! — Friedlânder, qui avait prétendu avoir emprunté le ms. et 
l'avoir rendu à son possesseur, n'en offrit pas moins de le soumettre à une 
commission qu'il allait convoquer. On n'a plus entendu parler de cette com- 
mission ; mais par contre, l'on assure que des rabbins hongrois ont menacé 
d'excommunier ce collègue compromettant. On s'est alors rappelé qu'il avait 
des antécédents. A Mulhouse, où il fut rabbin, il est Hongrois ; à Waitzen 
(Hongrie), où on le trouve ensuite, il est Russe. Aujourd'hui il se donne 
comme sefardi, de la célèbre famille des Al-Gazi, et signe avec affectation 
L]"D ïlTïÊO ïlfablB. Que dire des trois garants de cet aventurier, tous trois 
inconnus : son frère Élie, qui commerce du côté de Smyrne, Jacob Kobi, dont 
nous n'avons aucun signalement, et Soliman (quel nom pour un juif !) Ben- 
veniste, où ? Friedlânder n'en est d'ailleurs pas à son coup d'essai. Il y a 
quelques années, il publia la Tossefta avec un commentaire de sa composi- 
tion ; les critiques l'accusèrent d'introduire de fausses leçons dans le texte 
sur la foi d'un ms. sefardi en sa possession, que personne n'a jamais vu, — 
où l'on voit poindre la supercherie actuelle. 

Qu'à la lumière de ces faits on relise l'histoire abacadabrante de la décou- 
verte du ms., qu'il donnait lui-même sous bénéfice d'inventaire, tant elle est 
invraisemblable. Friedlânder a rendu à son frère le manuscrit et les lettres 
qui en révélaient l'existence, — afin de ne pouvoir les produire; H. Benveniste 
conseille à son frère de ne pas publier le Yerouschalmi, — afin d'en expli- 
quer l'apparition soudaine deux cent cinquante ans après. Les prétendues let- 
tres des Benveniste ne sont pas signées comme elles devraient l'être ; l'une 
d'elles porte une date postérieure à la mort de son auteur. Dans le colophou 
du copiste — qui est inconnu — le nom du propriétaire, qui devait être un 
personnage, est justement mutilé : Don Isaac ha-Lévi... (M. Bâcher s'est 
donné la peine de chercher à l'identifier, et a songé à Don Isaac b. Joseph 
Benveniste de Barcelone, qu'il confond d'ailleurs, après Graetz, avec un nassi 
de Nârbonne, v. en dernier lieu Poznanski, dans Revue. L, 195). Friedlânder 
n'a eu que le temps de sténographier le ms. et l'a remis ensuite en langage 
clair comme il a pu, — ce qui justifie les fautes et les incorrections. Contrai- 
rement à l'usage, il n'indique pas les passages parallèles, soi-disant pour ne 
pas augmenter les frais d'impression, — en réalité pour ne pas aider à la 
découverte de la vérité. 11 assure qu'en faisant son travail, il n'avait pas de 
livres à sa disposition, pas même le Talmud, — pour qu'on ne le soupçonne 
pas de s'en être servi. Partout, le faussaire qui cherche à prévenir les objec- 
tions et « se coupe » maladroitement : quoi qu'en dise M. Bâcher, ce roman 
ne tient pas debout. 

Mais voici une circonstance sur laquelle on n'a pas encore insisté. La 
question de l'existence du Talmud de Jérusalem sur Kodaschim a été maintes 
et maintes fois agitée et résolue en sens divers par Zunz, Auerbach, Z. Fran- 
kel, Reifmann, Halberstamm, Schiller-Szinessy, Schorr (voir l'article de ce 
dernier dans yibnn, XI, 3346 ; cf. Neubauer, dans Revue, IX, 228). Fried- 
lânder, dont l'érudition est d'ailleurs considérable et qui étudie le Yerou- 
schalmi depuis des années, glisse sur ces discussions, et c'est tout juste s'il 
cite, contre l'existence de j. Kodaschim, quelques lignes de Frankel. D'ailleurs 
ce témoignage, ainsi que tous ceux qui sont favorables à l'existence de j. Ko- 
daschim, il les emprunte à une lettre de Buber. Or, c'est Buber qui, il y a 
une trentaine d'années, alors qu'on faisait circuler en Russie un prétendu 
exemplaire de cette partie du Yerouschalmi, écrivit un article pour signaler 
la fraude [Die anyebliche Exislenz eines jerusalemischen Talmuds zur 
Ovdnuny Kodaschim, dans Mtif/azin, V, 100-105; en hébreu dans TDD 



BIBLIOGRAPHIE 143 

■p3Db!"ï, IX, 17 et s.)- « Je suis convaincu, disait-il, qu'un Yerouschalmi sur 
Kôdaschim n'a même jamais existé. » Ne serait-ce pas cet article que Buber 
a envoyé à Friedlânder ? 

Voilà bien des motifs de suspicion légitime, et nous ne sommes pas encore 
entrés dans l'ouvrage lui-même. Dans la Z. f. H. />., XI, 23-29 et dans 
Hakedem, I, n° 1, M. Bâcher, tout en évitant de se prononcer catégorique- 
ment, a relevé ce qui, soit pour la terminologie, soit pour la biographie 
des Amoraïm — deux domaines où sa compétence est incontestée -- détonne 
dans le pseudo Yerouschalmi. Entrant plus à fond dans le sujet, M. B. Ratner, 
qui est à l'heure présente un de ceux qui connaissent le mieux le Talmud de 
Jérusalem, a passé au crible d'une critique minutieuse le traité de Houllin 
dans le journal ûbl3>ï"ï, 1907, n " 29 et suiv., et celui de Bechorot dans 
Hakedem, I, n° 2, établissant que Friedlânder a fabriqué son Yerouschalmi à 
l'aide du Babli, de la Tossefta et du Yerouschalmi authentique, souvent 
d'après les textes fautifs des éditions. Un talniudiste russe, Wolf Rabbino- 
witsch, que la question du Yerouschalmi sur Kôdaschim avait naguère occupé 
(v. son article dans l'annuaire de Luncz Û^bmi^TV VII [1905], 158 et s.), a 
publié dans une revue rabbinique, rj3V!"L l (1907), 15 et s., une étude sur le 
caractère suspect du Yerouschalmi de Friedlânder; il était tenté d'y voir une 
forgerie de l'époque des Gueonim. Depuis, il a écrit au D r Ritter qu'il avait 
voulu dorer la pilule et qu'au fond il tenait Friedlânder pour le faussaire. Le 
D r Ritter, dont nous venons de prononcer le nom, a écrit dans le supplément 
littéraire de YIsraelit de Francfort, juin-août, 1907, n° s 25, 27, 29, 31, 33, 
35, une série d'articles des plus convaincants. Seul dans le monde scientifique, 
M. Griiuhut plaide l'authenticité (voir Israelitlsche Monatsschr . (suppl. de 
la Jild. Presse), 1907, p. 42, 50; 1908, p. 3, et l'excellente réplique de M. Si- 
monsen, 1907, p. 46). 

Il resterait à savoir si Friedlânder a fabriqué son Yerouschalmi de toutes 
pièces ou s'il y a dans ses fables un noyau, disons un grain de vérité. M. Frei- 
mann suppose que Josué Benveniste avait noté les passages des quatre parties 
du Yerouschalmi qui se rapportent à Kôdaschim et que ce manuscrit est 
tombé entre les mains de Friedlânder, qui l'a accommodé à sa guise. Ce qui 
confirmerait cette hypothèse, c'est que Friedlânder prétend maintenant avoir 
en sa possession un ms. de la main de Josué Benveniste. A ce compte, il ne 
serait pas un inventeur, mais seulement un falsificateur. 

A tous les faits et à tous les arguments, il n'a opposé qu'une piteuse 
réplique (Israelil, n° 29), et voici qu'un de ses élèves lui vient à la rescousse 
dans une brochure qui a paru dans les derniers jours de 1907 et dont nous 
devons la communication à M. Wellesz. Dirigée contre MM. Ritter et Batner (la 
suite annoncée n'a pas encore paru), elle contient quelques lettres sans portée et 
quelques preuves sans force ; le reste n'est que commérages et grossièretés. Ce 
n'est pas ce factum qui tirera Friedlânder d'affaire. Et l'on comprend que 
Friedlânder se défende comme il peut, mais que l'ait son élève dans cette 
galère qui sombre et faut-il pousser si loin le respect du maître? En pensant au 
titre de sa brochure, on est tenté de répéter le mot connu: « Le plus sot de tous... » 

Maurice Liber. 
{A suivre.) 



144 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



Adler (M.-N.). b"t 1^33 '"l blI3 nVOÎ3 130- The Itinerary of Benjamin 
of Tudela, critical text, translation and commentary. Londres, 
H. Frowde, 1907; in-8° de xvi + 94 (trad.) + 89 (texte) p. avec 1 carte et 
7 fac-similés. 

Nous aurions aimé à louer comme elle le mérite cette élégante édition 
critique, avec traduction et notes, du Voyage de Benjamin de Tudèle, si 
elle n'avait déjà paru par parties détachées dans la Jew. Quart. Rev. de 
1904 à 1906 (t. XVI-XVIIl) et n'avait été appréciée alors ici-même par 
M. Julien Weill (Reçue, LU, 154-160). Le grand intérêt de cette publi- 
cation est rétablissement d'un texte critique d'après cinq manuscrits, 
que M. A. n'a d'ailleurs pas essayé de classer ; il les décrit seulement 
dans le paragr. m de son Introduction. Des deux autres paragraphes, qui 
ont été ajoutés dans ce vol., le premier, intitulé « l'Islam au moyen âge » 
est un coup d'œil sur la lutte entre la croix et le croissant depuis la 
naissance de l'empire arabe jusqu'à la prise de Gonstantinople (P. i, la 
« bataille de Tours » fut livrée à Poitiers, ne dura pas sept jours, et il est 
douteux que ce soit elle qui ait refoulé l'Islam). Nous aurions préféré, 
pour notre part, un tableau du judaïsme vers le milieu du xu e siècle, 
tableau dont le cadre eût été emprunté aux Massaot ; on sait que c'est à 
ce point de vue que s'est placé Graetz pour tracer deux chapitres de son 
Histoire (t. VI, chap. vm et ix). M. A. aurait alors discuté une question 
importante, qu'il a à peine effleurée (p. ix pour la Perse; p. 48, n. 2 pour 
l'Arabie) : quelles sont les contrées que Benjamin n'a pas lui-même visitées 
et dont il ne parle que par ouï-dire ? Nous reviendrons une fois sur ce 
problème, de la solution duquel dépend la valeur documentaire des Mas- 
saot. Citons, en attendant, l'opinion d'Is. Loeb dans l'article peu connu 
qu'il a écrit sur Benjamin de Tudèle dans La Grande Encyclopédie : « Ses 
renseignements sur l'Asie centrale, Khi va, Samarcande, sur le Tibet, la 
côte du Malabar, Geylan, la Chine, l'Arabie, sont sûrement empruntés à 
des récits de Juifs asiatiques, qui avaient voyagé dans ces régions ou en 
avaient entendu parler ; Benjamin n'a pas visité ces pays. Nous sommes 
moins certains qu'il n'ait pas été en Perse et qu'après avoir visité Bagdad, 
il soit immédiatement descendu jusqu'au golfe Persique, pour se rendre 
en Egypte. Malgré le décousu de son itinéraire en Perse, il a, sur ce pays, 
des renseignements si abondants et quelquefois si précis, qu'il est diffi- 
cile d'affirmer qu'il n'ait pas été au moins dans quelques-unes des villes 
persanes qu'il nomme et principalement dans le N.-O., dans cette région 
du fleuve Kizil-Ouzcn qu'il paraît bien connaître. Il n'est pas impossible 
non plus qu'il ait été sur les bords du Rhin mais ce qu'il dit de l'Europe 
centrale est peu de chose; de la France du Nord il ne connaît que Paris, 
et seulement par ouï-dire. » Autre point, connexe au précédent : Benjamin, 
en indiquant la population juive d'une localité, compte-t-il les âmes ou 
les familles? M. A. pense qu'il compte les chefs de famille (p. 16, n. 2 et 



BIBLIOGRAPHIE 145 

p. 30, n. 3, où il faut corriger 26 en 16). Ici encore, Is. Loeb a posé la 
question et réuni les chiffres des Massaot (v. Revue, XIV [1887], 172) ; ci'. 
J. Weill, /. c. — Dans quel but Benjamin a-t-il entrepris son tour du 
monde, que M. A. place, pour des raisons spécieuses, entre 1166 et 1171 
(p. l,n. 2)? M. A. répond en une page à cette question, dans le paragr. n 
de l'Introduction, et voici ses conclusions : « Le Juif du moyen âge était 
très porté à voyager. . . Mais il n'est pas invraisemblable que Benjamin 
ait entrepris son voyage avec l'intention de trouver l'asile où avaient pu 
se réfugier ses frères expatriés... Il peut avoir eu en vue des opérations 
commerciales... 11 était probablement poussé par les deux motifs, joints 
au pieux désir de faire un pèlerinage dans le pays de ses pères. » La raison 
profonde, celle qui embrasse toutes les autres, nous parait être que les 
Juifs d'alors, dispersés dans tous les pays, n'en avaient pas moins le sen- 
timent de leur unité et l'espérance de leur réunion future; ils éprou- 
vaient le besoin de se voir et de se retrouver de temps en temps comme 
pour ne pas se perdre. — La thèse de M. Grûnhnt a été réfutée par 
M. J. Weill, l. c. ; le second passage sur lequel il s'appuyait est évidem- 
ment une interpolation, v. Adler, p. ay, n. 29 et p. 80, n. 1. 

Le commentaire est fort intéressant, mais parfois aussi sommaire que 
l'introduction. Certains points auraient pu être complétés ou précisés, et 
il ne suffisait pas de renvoyer une fois pour toutes aux notes de l'édition 
Asher ou aux articles de la Jewish Encyclopédie!. Quelques exemples. 
P. 2, n. 5, au sujet du naci de Narbonnc : « V. Geiger, Jùdische Zeit- 
schrift, p. 281. Les Archives de Naibonne contiennent des actes de vente 
de terres au nom de R. Kalonymos (Archives Israélites, 1861, p. 449). » 
L'art, de la Jùd. Zèitschr. (tome X) est une analyse, d'après un 
journal français, d'une communication de Longpérier à l'Académie des 
Inscriptions et Belles-Lettres, publiée dans les Comptes-rendus, 1872, 
234-241, sur « quelques sceaux juifs bilingues ». Un sceau porte le nom 
de Calonymos b. Todros, très probablement un descendant de l'homo- 
nyme du temps de Benjamin. L'article du Grand-Rabbin Oury, dans les 
Archives, ne faisait que mentionner l'existence d'une charte à Narbonnc ; 
cette charte a été publiée depuis, avec une autre, par G. Saige, Les Juifs 
du Languedoc (Paris, 1881), Pièces justificatives, n os III et VIII. Sur les 
nacis de Narbonne v. I. Lévi, Revue, XLWU (1904), 197-207 (cf. XL1X, 147- 
150), J. Régné, ibi<l., LV, 13-15, où est indiquée la littérature anté- 
rieure ; sur notre Kalonymos b. Todros, v. en outre D. Kaufmann, dans 
Revue, XXXIX (1899), 02 et suiv. (Kaufmann voudrait placer sa mort en 
1194, mais il est encore cité dans la 2° charte publiée par Saige, laquelle 
est de 1195). — P. 3, n. !>, R. Samuel est Samuel b. Moïse, v. Gross, 
p. 286. — P. 4, ©-1373, à propos de Bourg-Saint-Gilles, est traduit « the 
suburb Ghetto ?) » ; c'est la seconde traduction i|ui est la bonne (sauf que 
le mot glietto est un anachronisme), v. Gross, i57 ; — la meilleure leçon 
est celle de Asher : V»a bu? où bïï n'est pas une corruption, comme dit 
Gross, p. 651, mais une déformation intentionnelle de « san », v. Loeb, 
dans Revue, XVII, 7';. — P. 5, n. 1, Isaac b. Abba-Mari n'est pas l'auteur 
T. LVI, .v 111. 10 



146 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

du « Baal-Haittur », mais du S. ha-Mour, qui fut écrit après 1179 ; il est 
plus que douteux que son père soit identique avec le bailli du comte 
Robert à Bourg-Saint-Gilles . — P. S, n . 2, « Purpis » (l'hébreu a 
n-^D-ns) n'a rien de commun avec Perpignano, mais doit être rapproché 
de Profiat, cf. Gross, 371-372. — P. 6, n. \ (lire : A. Berliner), sur Apiphior, 
nom du pape, voir Krauss, Th. Reinach et Porges, dans Revue, XXXIV 
(1897), 218-240; XXXV, 1 J 1 ; XXXVI, 105-107 ; Krauss, Lehnworter, s. v. - 
P. 15, n. 1, sur la secte qui a pu être visée par Ibn Ezra dans son Épttre 
du sabbat, v. Harkavy, Neuaufgefundene hebrâische Bibelkandschriften, 
p. 32-24, et J. Derenbourg, dans Revue, X (1885), 313-314. — P. 29, n. 1, 
deux mss. citent Juda ha-Lévi (au lieu de Jonatan b. Lévi) comme ayant 
été enterré à Tibériade, de sorte que « la question du lieu de sépulture 
de notre grand poète national est délinitivement réglée ». Oui, mais le 
Yohasin, éd. Filipowski, 218 a (cf. 217 6) et 228 a (v. Is. Loeb, dans 
Revue, XVI 1 1888], 234), indique le village de Caboul (blttt; cf. Xcu.bauer, 
La Géographie du Talmud, 205). — P. 30, n. 2, à Damas se voit le 
tombeau d'un géant nommé Abramaz (variantes î7333is .TàTaDM) : Nicolas 
de Damas ne dit pas seulement qu'Abraham régna à Damas (de môme 
Troguc-Pompée, apud Justin), mais encore qu'on montrait dans le pays 
de Damas un lieu appelé « la demeure d'Abraham » (th. Reinach, Textes, 
79). Le rapprochement est tentant. — P. 35 etsuiv., sur Bagdad à cette 
époque v. Streck, Die alte Landschaft Babylonien nach den arabischen 
Geographen, (Leyde, 1900-1901), I, 47 et suiv. — P. 45, n. 2, la question 
de la distinction de Sora et de Mata Mehasia n'est pas encore définitive- 
ment réglée, v. I. Halévy, Dorot ha*Rischonim, II, 593-G00. —P. 56, n. 2, 
de la relation de Samuel ibn Abbas sur David Alroï ce n'est pas seule- 
ment la trad. allemande, mais aussi l'original arabe communiqué par 
Munk (en même temps qu'à Graetz, Geschichte, VI, 459) que Wiener a 
publié, Emek habacha, Appendice iv ; le récit de Benjamin a été examiné 
en détail par Is. Loeb, dans Revue, XVI. 215-217; cf. I). Kaufmann, 
ibid., XVII, 304. — P. 57, sur le tombeau de Mardochée et d'Esther à 
Ramadan, v. les articles de M. Israël Lévi et de I). Kaufmann dans 
Revue, XXXVI (1898), 237-255; XXX VII, 303-306; cf. Bâcher, dans 
Renie, LU, 88, n. 3, et Zwei jùd.-pers. Dichter, p. 71. V. cneom d'autres 
descriptions du tombeau dans Monatsschrift, XVII (1868), p. 110 et s. et 
dans la /troue îles Écoles de l'Alliance Israélite, n° 8 avril-déc. 1903). — 
P. 80, n. 2, lire Regesten. — \\ 81, n. 1, lire N"in *OW; sur Moïse de 
Kiew, v. encore Epstein dans Eschkol, I, (46. 

Ces observations n'empêchent pas que le livre de M. Adler, imprimé 
avec goût, enrichi d'un index hébreu et d'un index anglais, d'une carte 
et de facsimilés de manuscrits, sera lu avec agrément et consulté avec 
fruit. C'est dans cette édition ou dans celle qu'il a donnée en collabo- 
ration avec If. Griinhut (1903-1904) qu'on fera connaissance désormais 
avec le Marco-Polo j uif. 

M. LlJŒH. 



BIBLIOGRAPHIE 147 



Maximiaxo Lemos. Amato Lusitano. A sua vida e a sua obra. 
Porto, Ed. Tavares Martins, 1907, in-8° [212 pages]. 

Le docteur Lemos, médecin en chef de l'hôpital de Porto (Portugal), a 
élevé un monument littéraire en l'honneur d'un de ses compatriotes du 
\vi e siècle, également médecin. De cette affinité entre Fauteur et son 
héros il n'y a pas la moindre trace dans le présent volume, qui offre la 
singularité de ne pas avoir une ligne de préface. 

Par une modestiehien rare, surloutdans la péninsule ibérique, M. Lemos 
n'ajoute aucun litre à son nom, effaçant volontairement l'homme de 
science devant l'homme de lettres. Cependant, dans celte monographie,' 
l'esprit scientifique domine : l'auteur a donné le plus grand soin, sans 
parler de la forme extérieure du volume, d'aspect luxueux, à la 
biographie et à l'analyse des œuvres de notre personnage. Et YAppa- 
rutus des notes et des références prouve amplement combien l'auteur 
est familier avec les œuvres médicales en général et avec celles d'Amato 
en particulier. 

Dès le titre de son ouvrage, M. Lemos a le bon goût de ne plus travestir 
le nom de son héros par des désinences latines, lesquelles proviennent 
de ce qu'Amato avait écrit ses œuvres médicales en latin, selon la mode 
du temps. M. L. ne le nomme plus Amatus Lusitanus, comme on l'a fait 
trop longtemps; il lui restitue sa forme portugaise : Amato Lusitano. 

M. L. a traité son sujet avec prédilection, con amore. Toutefois, n'ou- 
blions pas qu'il vient après d'autres historiens (et non des moindres) qui 
ont étudié le même personnage, sinon avec la même ampleur, du moins 
avec les ressources que procure la connaissance de l'hébreu. Rendons-nous 
compte si le travail de M. L. est au courant des derniers résultats acquis, 
puisque tous ces travaux ont pour fonds communs les renseignements 
biographiques fournis par Amato lui-même. 

Ce médecin, suivant l'exemple de plusieurs de ses confrères, consignait 
par écrit les observations que lui suggérait la pratique de sa profession. 
Il notait les traitements efficaces par lesquels il avait réussi à guérir tels 
ou tels cas morbides. Après avoir ainsi décrit cent cas, il en composa un 
volume qu'il nomma Ceniuria. Il continua de même, d'année en année, 
à noter ses observations jusqu'au nombre de sept séries, ou Centuries. 
Amato avait commencé, fort jeune, par d'autres écrits: des commentaires 
sur Dioscoiïdc. Il n'eut guère besoin d'expliquer chacune de ses péré- 
grinations, chacun de ses exils : ils avaient pour cause les persécutions 
contre les Juifs des diverses contrées de l'Europe méridionale. 

Par le commentaire sur Dioscoride, imprimé à Anvers en 1536, on sait 
que cette œuvre avait été écrite dix ans plus tôt, en 1526, lorsque notre 
médecin avait quinze ans. Il était donc né en 1511, et l'on connaît d'autre 
part le lieu de sa naissance : c'est Castcl-Uranco, dans la province de lîeira. 
Il était d'une de ces familles juives qui avaient été forcées au xv« siècle, 



148 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ou peut-être plus tôt encore, d'embrasser le Christianisme, et, aussi 
longtemps qu'il fut chrétien soumis, maranne, il porta le nom de Joao 
Rodrigo de Castel-Branco. On l'a affublé généralement du même nom en 
latin, tel que le porte l'édition de l'œuvre précitée f : « Index Dioscoridis . 
En candide lector, Historiales Dioscoridis campi, exgemataque simplicium 
atque eorumdem collationes cum his quœ in officinis habentur, Joanne 
Rodrico Gastelli Albi auctore. Antverpiae, excudebat Va M. Cœsaris, 
MDXXXVI » (fol. tv — 56 p.). 

Pas plus dans cette œuvre que dans une autre, Amato n'a énoncé en 
toutes lettres l'année 1511 comme étant celle de sa naissance. Mais, dans 
l'édition de la IV e « centurie de cures » (curationum centuria), publiée à 
Bâle en 1556, il raconte, à propos de la dernière cure, qu'en septembre 
1553 il était âgé de 42 ans. 

De même, par les notes (scholies) jointes à la 3e cure de la I re centurie, 
on connaît les succès précoces d'Amato. Envoyé à l'Université de Sala- 
manque pour y étudier la médecine, le jeune homme fit des progrès s,i 
rapides et se distingua tellement qu'il remporta le prix de l'Université. 
Une fois ses études terminées, il s'établit à Lisbonne. Malgré son titre, il 
ne devait pas rester longtemps sur le sol natal ; l'introduction de l'Inqui- 
sition dans le Portugal en 1532 et les craintes justifiées que ce tribunal 
inspirait aux Juifs baptisés paraissent avoir motivé le départ de notre 
jeune médecin. Son premier voyage a dû aboutir en Flandre, puisqu'à 
Anvers — ainsi qu'il vient d'être dit — eut lieu, en 1536, sa première 
publication relative à Dioscoride. Les deux autres commentaires sur 
Dioscoride, De medica materia, en cinq dissertations, ont paru bien plus 
tard, à Strasbourg, en 1554, in~4°,ee qui atteste un voyage en Allemagne, 
de même qu'à une date encore plus reculée il séjourna en France, puis- 
qu'il a imprimé certaines de ses œuvres à Lyon, en 1556. Ajoutons ici, 
bien vite, que le fait qu'une édition de toutes? ses œuvres parut à Paris et 
à Bordeaux ne prouve nullement la présence d'Amato dans ces régions, 
parce que les dernières éditions des œuvres complètes d'Amato sont pos- 
térieures à sa mort. 

En Allemagne et en France, — nous dit la II 9 centurie, cure 34, — notre 
médecin fugitif eut l'occasion de guérir des cas de lèpre, très fréquents 
alors chez les habitants de ces pays. Il récompensa ainsi largement 
l'hospitalité qu'il avait reçue d'eux avant de se rendre en Italie. 

A peine arrivé à Venise, il traite et guérit Didaco Mendoça, ambassa- 
deur de Charles-Quint, à ce que raconte la cure 31 de la I rc centurie 2 . 
La centurie suivante fournit d'autres détails historiques : Durant un séjour 
de plusieurs mois à Venise, Amato donne ses soins à une nièce du pape 
Jules III, et si l'on veut savoir de quel mal souffrait cette Vénitienne, on 
n'aura qu'à lire dans la II e centurie la cure 3. Du même pape, il guérit la 

1. Le titre de cette œuvre, rarement cité in extenso, a parfois occasionné des mé- 
prises pour cette raison. 

2. Cl. David Kaufmann, Revue, t. XXVII (1893), p. 227-8. 



BIBLIOGRAPHIE 149 

sœur, nommée Jacoba de Monte (même centurie, cure 1). Enfin ce même 
livre (à la cure 31) nous apprend que notre médecin fut appelé à Rome 
auprès de Jules III lui-même, pour lequel fut inventée une médication 
nouvelle, une certaine décoction de racines peu connues. Il avait reçu 
cette haute marque de confiance, quoiqu'il fût dès lors publiquement 
revenu aux pratiques du Judaïsme l . 

Après son séjour à Venise, il émigra à Ferrare, où il passa six années 
consécutives, probablement les plus fructueuses de sa vie pour les sciences 
médicales, puisque, dans cette ville, tout en exerçant la médecine, il 
enseignait publiquement l'anatomie et la science des simples. Ses élèves 
étaient nombreux et lui manifestaient le plus profond attachement, affec- 
tion largement justifiée et méritée. Autant par ses publications que par 
ses traitements médicaux, Amato avait conquis une grande réputation, et 
on venait le consulter de toutes parts. 

Bien entendu, il prodiguait des soins aussi dévoués aux pauvres qu'aux 
riches ; il témoignait également autant de sollicitude aux Turcs ou aux 
Chrétiens, qu'aux Juifs. C'est dans une de ses leçons relative au traite- 
ment médical d'un de ses patients que notre médecin fit la découverte du 
rôle des valvules des veines dans le corps humain et de leur influence sur 
la circulation du sang. Ce fait suffit à caractériser le savant, et il est 
mentionné à juste titre dans les quelques lignes que lui consacre 
Steinschneider 2 . Mais, à ce propos, le bibliographe ne cite Carmoly et 
l'Histoire des Médecins Juifs (p. 163) que pour lui reprocher d'avoir omis 
ce point d'histoire de la science médicale. 

De là, Amato passa à Ancône, ville dans laquelle il compléta la 
III e centurie, commencée à Ferrare, puis il rédigea la IV centurie, 
durant deux années, 1554-5. Malheureusement, après la mort de Jules III, 
le siège pontifical fut occupé en 1555 par Paul III, connu pour le fana- 
tisme avec lequel il persécuta les Juifs, et particulièrement, dès son 
avènement, les Juifs baptisés qui demeuraient à Ancône. Amato dut 
s'enfuir à la hâte, la nuit, à peine habillé, pour se réfugier, à Pesaro, 
comme il le racontera plus tard dans la VII e centurie, 49. Il avait dû 
abandonner ses biens et sa précieuse bibliothèque, y compris la V e cen- 
turie presque achevée et son Commentaire sur le premier livre du Canon 
d'Avicennc. De ces deux œuvres manuscrites, la première lui fut heureu- 
sement restituée un peu plus tard. 

A Pesaro, dit la V e centurie, cure 82, il guérit le fils de son ami 
Abraham Catalano. Cette V e centurie est dédiée au célèbre Joseph Nassi, 
duc de Naxos, et dans sa Dédicace Amato rappelle avoir dédié au même 
prince la traduction espagnole de l'œuvre d'Eutrope, sur l'histoire de 
Rome. Là, malgré de grands services rendus à la population chrétienne, 
le médecin dut encore s'exiler et se rendre à Raguse, où il écrivit la 

1. Voprelstoin et Rieirer, Geschichle der Juden in Rom, t. Il, p. 256. 

2. Jûdische Literatur (dans Ersch u. Gruber, Allgem. Encyklopcidie, t. XXVII, 
p. 467). 



150 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

VI e centurie, et il la dédia au Sénat de cette ville, selon le préambule 
de ce texte. Celui-ci contient à la fin le « Serment d'Amato », par lequel 
il jure, avec une fierté légitime, quoique un peu emphatique, avoir exercé 
sa profession pour le plus grand bien de l'humanité. 

Il ne reste pas longtemps dans cette ville, et il va finalement s'ins- 
taller àSaloniqiie, où on le trouve en 1559. Sa VII e centurie, datée d'août 
1561, est dédiée à Ghedalia Yahia b. Mosé, de Salonique, poète et prédica- 
teur juif, gendre de Salomon Senior, dont Amato avait guéri la femme. 
Celui-ci, sur le sol turc, put pratiquer plus librement qu'en Italie le 
Judaïsme, auquel sa famille était restée secrètement attachée. Du reste, 
il exerçait alors depuis de longues années, et ce serait un anachronisme 
de faire commencer son retour au Judaïsme en l'année 4559, ou peu 
avant, C'est ce que paraît faire entendre la phrase un peu laconique, dans 
laquelle Isidore Loeb * mentionne le fait ; après quoi il ajoute :' « et il 
prit le nom de Habib (aimé) ». Or, Is. Loeb savait bien que déjà la 
I re centurie, imprimée à Florence en 1551, porte le nom d'Amatus. De 
même Graetz' déclare un peu légèrement qu Amato prit ouvertement en 
1549 le nom de famille Habib, et pourtant le célèbre historien l'avait 
trouvé auparavant déjà sous la double forme « Habib Amato », dans Une 
consultation du temps. 

Cette énumération de faits, déjà longue, pourrait s'étendre davantage. 
Elle suffît à donner une idée des informations que Ton peut tirer succes- 
sivement des œuvres d'Amato pour constituer sa biographie : outre leur 
valeur intrinsèque pour la science, elles ont le mérite de servir à l'histo- 
rien. Celui-ci devrait donc s'efforcer, dans un mémoire ex-professo, de 
donner au moins la nomenclature complète des écrits de son héros, de 
ceux même qui n'ont pas été imprimés, mais dont l'existence est révélée 
par leur auteur lui-même. Dans cet ordre d'idées, il y avait lieu de rap- 
peler, soit l'essai de traduction du Canon d'Avicenne, soit la traduction 
espagnole d'une histoire de Rome par Eutrope. Comment se fait-il que 
M. Lemos n'ait pas cru devoir les citer? 

Assurément, il serait injuste de ne pas le rappeler : M. L. a soin de 
prévenir — par une note en tête de la très courte bibliographie d'Amato 
— qu'il mentionnera seulement les éditions qu'il a vues de ses propres 
yeux. C'est une preuve de conscience au point de vue de l'exactitude litté- 
raire. Mais le personnage décrit est un peu diminué : il est comme frustré 
d'une part de ses titres. 

Est-il nécessaire d'ajouter que ce scrupule si respectable empêche de 
tomber dans l'excès contraire, que l'on peut fâcheusement constater 
ailleurs? Dans la Jeirish Encytlùpedia, M. 1. Broydé affuble noire 
médecin portugais d'un prénom espagnol : Juan, et sous ce nom il lui 
fait occuper une pince au moins bizarre. Ce serait peu grave, s'il ne 
s'agissait que d'une classification fantaisiste. Mais voici qui est plus 

1. Grande Encyclopédie^ s. v. Am.-itus. 

2. Gesch. der Juden, t. IX, p. 363 : trad. française, V, 86. 



BIBLIOGRAPHIE 1 51 

regrettable: I» 4 bibliographe de New-York attribucàronvrage «Curationum 
médicinal ium centuriœ septem » un bien plus grand nombre d'éditions 
que cet ouvrage n'en a eu réellement. 

Il compte comme autant d'éditions d'œuvres complètes les publications 
successives de chacune des centuries, de même que, sur le vu du mot 
septem, il affirme sans hésiter que l'œuvre a « sept volumes » ; l'erreur 
provient de ce qu'il n'en a \u aucun, comme le prouve la confusion 
suivante : M. Br. ne sait pas que la « Commentatio in qua docetur 
quomodo se medicus habere debeat in introitu ad ïPgrotantem », ainsi que 
le « De crisi et diebus decretoriis », se trouvent en tête de la première 
centurie, et plus tard dans l'édition des quatre centuries. Ladite Encyclo- 
pédie américaine en fait deux opuscules à part, imprimés à Venise 1557, 
date de l'édition des « IV centurise », laquelle a un seul volume. Enfin, 
— fait plus grave — M. Br. cite la « Historia de Eutropio » (sic *). Encore 
un qui prend le Pirée pour un homme ! 

Une des raisons de notre insistance sur ces détails bien matériels tient 
au souvenir de Stein Schneider , à la pensée des soucis multiples qui l'agi- 
taient dans ces cas de bibliographie complexe. A notre Amato, le maître 
des bibliographes accorde une petite place dans ses Hebrâische Ueberset- 
zungen (p. 686), et avant d'égrener à sa façon un très riche chapelet de 
renvois et références sur notre sujet, il dit : « Amato mentionne aussi 
la III e partie (du Canon) d'Avicenne, 1. 1, chap. xxix,dans un passage que 
Plempius (?) dans sa Préface cite textuellement, et que Wolf (p. 607) 
résume. Il avait aussi traduit de l'hébreu la I re partie, L, I, avec commen- 
taire ; mais il l'oublia ou la perdit lors de sa fuite d'Ancône. » M. L. 
devait à Amato de ne pas négliger ces indications. 

Quoi qu'il en soit, nous sommes en présence d'un travail magistral. 
Puissc-t-il inspirer des études analogues! 

Moïse Schwaiî. 



Bernfeld (S.). Kâmpfende Geister im Judentum. Vier Biographien. 

Berlin, Lamm, el Philadelphie, fireenstone, 1907 ; gr. in-8° de 152 p. M. 2,50. 

Dans ce volume, M. Bernfeld présente au grand public quatre auteurs 
dont on s'est occupé en ces dernières années : Léon de Modène, dont 
M. Blau a publié les lettres et opuscules (1909-1906); M.-H. Luzzato, dont 
M. Wohlgcmuth a édité et traduit le Messilat Yesckarhn (1906) ; Salomon 
Maïrnon, dont on a réimprimé Y Autobiographie (1906); enfin S.-D. Luz- 
zatto, dont on a célébré en 1900 le centenaire 2 . Entre ces quatre biogra- 

1. Au lieu de « Historia de Rome par Eutrope ». 

2. Cette dernière étude, suivie d'une bibliographie sommaire des œuvres de Luzzato, 
avait déjà paru dans un recueil publié l'année du centenaire sur l'initiative de M. B. 



152 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

phies, M. B. a cherché un autre lien que l'actualité en en réunissant les 
héros sous la qualification « d'esprits militants ». Ce qu'il y aurait de 
commun entre eux, c'est qu'ils n'auraient pas été et n'auraient pas voulu 
être comme les autres ; ils ne se seraient, pas contentés des idées reçues 
et se seraient mis violemment en opposition avec les conceptions et les 
opinions de leur milieu et de leur temps. Cette unité, qui s'est trouvée 
comme par hasard, paraît assez factice ; si Léon de Modène et Maïmon 
sont des esprits inquiets et inquiétants, M. -H. Luzzato n'est pas, somme 
toute, un opposant etS.-D. Luzzato est, après tout, un pacifique. Qu'à cela 
ne tienne: entre ces quatre personnages il y a plus d'une analogie et les 
transitions ne vont pas nous manquer. 

Léon de Modène, prédicateur à Venise (1571-1048), est un original. 
Romanesque et vaniteux, raffolant du théâtre et dévoré de la- passion du 
jeu, esprit fort mais superstitieux, satirique mais charitable, cet homme 
plein de contradictions (au point qu'on Ta pris pour un fourbe) a écrit, au 
hasard de sa vie agitée et de son tempérament déséquilibré, une foule 
d'ouvrages dont il n'osa pas publier les plus hardis, qui sont aussi les 
meilleurs. Si ses Riti eurent un grand succès de son vivant (pourquoi 
M. B. dit-il qu'ils ridiculisaient le judaïsme?), son AH Nohem, attaque 
contre la cabbale, ne fut publié qu'en 1840 et son Kol Sachal, critique 
dissimulée et d'autant plus perfide du judaïsme rabbinique, ne fut édité 
qu'en 1832 sous le titre de Behinat. ha-Cabbala.« Prédicateur, professeur, 
officiant, copiste, correcteur, libraire, commerçant, rabbin, agent matri- 
monial et faiseur d'amulettes » (Graetz), L. de Modène est un curieux 
échantillon de l'action dissolvante que la civilisation moderne et la 
Renaissance italienne pouvaient exercer sur la cervelle d'un rabbin. 

Moïse Hayyim Luzzato (1707-1747), qui réfuta le AriNohem de Léon de 
Modène, dont des copies circulaient sous le manteau, et qui eut une exis- 
tence encore plus aventureuse, forme avec lui le contraste le plus frap- 
pant. C'était une nature tendre, un doux rêveur, dont l'imagination se 
laissa fasciner par le mirage de la eabbale. Pseudo-Messie malgré lui, il 
fut persécuté par les rabbins italiens et allemands, qui finirent par 
l'excommunier. Il trouva un asile dans la libre Hollande, mais son exal- 
tation mystique le conduisit en Terre sainte, où il fut enlevé parla peste 
à l'âge de quarante ans. Ce jeune homme n'avait pas de médiocres ambi- 
tions : il recommença les Psaumes et le Zohar ; il écrivit une poétique 
hébraïque, une méthodologie talmudique, des poèmes, des drames, une 
éthique et d'innombrables opuscules cabbalistiques. Peut-être M. B. va- 
t-il trop loin en égalant son « génie poétique » à celui d'lbn-(iabirol et de 
Juda ha-Lévi. Mais enfin il avait beaucoup de talent, et sa destinée inspire 
un intérêt mêlé de compassion. 

C'est un profond philosophe, parait-il, que Salomon Maïmon (1754-1800), 
mais qu'il est donc peu sympathique ! — Tout de même, on ne peut refuser 
un peu de sympathie à un homme, si immoral qu'il ait été, qui, élevé 
parmi des paysans abrutis, des fermiers cupides et de nobles ivrognes — 
admirez ici la justesse de la théorie du milieu — « devina par une intui- 



BIBLIOGRAPHIE 1S3 

tion prodigieuse qu'il existait un autre monde de pensée» et entreprit de 
le « conquérir par ses seules forces, à travers des difficultés dont le sou- 
venir lui donnait plus tard le cauchemar ». M. B. me pardonnera de citer 
ci des lecteurs français la curieuse étude d'Arvède Barine (pseudonyme de 
Madame Charles Vincens), intitulée : Un Juif polonais [Revue des Deux- 
Mondes, lb octobre 1889) : « Le hasard voulut que, vers le milieu du 
siècle dernier, un enfant qui avait presque du génie naquît dans une de 
ces tristes demeures de Juifs polonais, où Ton s'éveillait chaque matin dans 
l'attente d'une avanie ou d'une exaction. Un autre hasard voulut que cet 
enfant, nommé Salomon Maïmon, sentit obscurément sa valeur et emplo- 
yât toutes les forces d'un esprit vigoureux à sortir des ténèbres intellec- 
tuelles qui l'enveloppaient. Après une lutte obstinée et une vie de héros 
picaresque, il finit par marquer sa place dans l'histoire de la philosophie 
et amener Kant à compter avec lui, mais il avait fui la Pologne trop 
tard, déjà atteint par la pourriture morale qui rongeait sa communauté. 
L'auteur de la Philosophie transcendentale resta, jusqu'à son dernier 
soupir, un gueux pittoresque, une manière de Diogène écrivailleur. » 
M. B. raconte par le détail l'existence tragi-comique du philosophe men- 
diant et ivrogne ; peut-être ne se défie-t-il pas assez de ses confessions, 
qui, pour être encore plus cyniques que celles de Rousseau, ne méritent 
pas toujours plus de crédit. 

Gela repose de passer de cet aventurier métaphysicien au spirituel 
penseur, à l'ingénieux exégète, à l'élégant écrivain que fut Samuel David 
Luzzato (1800-1865). Si L. de Modène, M. -H. Luzzato et S. Maïmon ont été 
les victimes de leur milieu, le savant dePadoue put développer à son aise 
ses brillantes facultés, nonobstant les embarras matériels et les malheurs 
domestiques qui altérèrent à peine sa sérénité. En quoi il fut plus heu- 
reux que ses deux amis Zunz et Rapoport, qui fondèrent avec lui la 
science du judaïsme. Grammairien, commentateur de la Bible, historien, 
théologien, poète, il a écrit beaucoup d'ouvrages, contribué à ceux de ses 
amis, collaboré à nombre de revues, sans parler de ses éditions d'oeuvres 
inédites et de sa correspondance. Admiré pour sa science, aimé pour son 
affabilité, son obligeance, sa noblesse d'àme, il présente vraiment 

L'union d'un beau talent et d'un beau caractère. 

Pour en revenir à M. B., son récit est plein d'agrément et ses jugements 
presque toujours justes. On eût peut-être aimé qu'il nous privât de quel- 
ques anecdotes pour nous donner plus de renseignements sur la théolo- 
gie de L. de Modène, sur l'éthique de M.-H. Luzzatto,sur la métaphysique 
de S. Maïmon et sur l'exégèse de S.-D. Luzzatto. Mais son principal but a 
été de faire revivre des hommes et de les rendre aimables ou intéressants 
en plaidant au besoin les circonstances atténuantes et en expliquant leurs 
faiblesses par le milieu et le moment historique. Ce but est pleinement 
atteint ; les personnages de M. B. nous sont sympathiques et nous les 
sentons près de nous. 

Cherchons à ce propos, et pour terminer, une petite chicane à M. B. 



154 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Comme pour s'excuser de s'attacher à des minores, il nous dit, au début 
de sa préface, avec une pointe de coquetterie : « Dans l'histoire du peuple 
juif et du judaïsme, j'ai été plus attiré par ce qui n'est pas devenu que par 
ce qui est devenu, c'est-a dire par les essais que l'histoire a tentés, mais 
qui ne lui ont pas réussi. » Laissons à d'autres cet engouement de fantaisie 
pour les incomplets et les irréguliers. L'histoire n'est pas un musée d'an- 
tiquités ou d'excentricités; si, suivant le mot profond d'A. Comte, ce qu'il 
y a de plus vivant dans le présent, c'est habituellement le passé, le passé 
ne nous intéresse que par ce qu'il contient de présent ou d'éternellement 
humain. Que M. B. et ses lecteurs se rassurent : cet intérêt ne manque pas 
à nos quatre héros — ou demi-héros. Le « cas » Léon de Modène est actuel, 
je n'en veux pour preuve que l'admiration de Geiger et l'indignation de 
Rapoport, et je gagerais que plus d'un rabbin a failli avoir le cerveau 
tourné parle Behinat ha-Cabbala. L'éthique de M.-H. Luzzato a exercé son 
influence jusque dans les écoles talmudiques de la Lithuanie et l'action 
n'en est pas épuisée aujourd'hui, puisqu'on vient d'en publier deux tra- 
ductions allemandes (celle de Wohlgemuth et celle de Sachariasohn). 
M. B. est le premier à savoir que, par ses poèmes, Luzzato est le précur- 
seur de la littérature néo-hébraïque, — et il suffit de renvoyer au pre- 
mier chapitre de la thèse de M. Slouschz. Ce n'est pas un « manqué » que 
Salomon Maïmon, à qui Kuno Fischer consacre deux chapitres dans son 
Histoire de la philosophie ; sa destinée est celle de plus d'un échappé du 
ghetto : Fi'omer est un exemplaire moderne du même type. S.-D. Luzzato, 
enfin, a semé une foule d'idées dont nous avons hérité, et par le rayon- 
nement de sa personnalité il a créé, dans le rabbinat italien, un mouve- 
ment qui lui a survécu. Non, M. B. n'a pas tout à fait raison, heureuse- 
ment pour son livre. 

M. Liber. 



Philippson (Martin). Neueste Geschichte des jûdischen Volkes. Band 1. 
Leipzig, G. Fock, 1907 : in-S° de vm + 400 p. M. G. — Philtpson (David). The 
Reform Movement in Judaism. New-York et Londres. Macmillan, 1907; 
in-8°de vm + 581 p. 8 s. 6d. 

L'année 1907 a vu paraître deux livres dont les auteurs sont des homo- 
nymes et — coïncidence plus- intéressante — dont les sujets se couvrent 
en grande partie : l'Histoire moderne du peuple juif, par M. Philippson, et 
le Mouvement réformiste dans le judaïsme, par D. Philipson. On a beau 
jeu de se servir de ces deux ouvrages pour les critiquer l'un par l'autre. 

Quand S. -P. Rabbinowitz, le traducteur hébreu de Graetz, en fut arrivé 
à la période contemporaine, il préféra refaire sur nouveaux frais le récit 
d'une époque dont l'historien allemand était trop rapproché et aux luttes 



BIBLIOGRAPHIE 195 

de laquelle il avait été trop mêlé pour avoir pula raconter complètement 
et la juger- impartialement. M» Rabbinowitz nous doit encore ce livre (en 
ce moment, retiré a Francfort, il travaille à une histoire des Juifs en 
Russie). Nous avons, en manière de compensation, celui de M. Martin 
Philippson. 

M. Philippson est un historien connu. Ses travaux sur l'histoire moderne 
de l'Europe sont estimés des spécialistes et son Bulletin de la Revue His- 
torique est fort apprécié en France. S'il ne s'était pas occupé jusqu'à pré- 
sent de l'histoire des Juifs, il a pris part personnellement à la lutte contre 
l'antisémitisme ; il a travaillé aux côtés de son père, le rabbin, savant et 
littérateur Ludwig Philippson ; enfin, il est à la tête de plusieurs sociétés 
juives d'Allemagne. Il était donc qualifié pour écrire l'histoire contempo- 
raine du judaïsme et on était en droit de beaucoup attendre de lui. 

Je ne sais si le livre a satisfait toutes les espérances. Cette histoire était 
difficile à écrire. «Elle nous transporte dans toutes les contrées du monde 
habité, dans les centres les plus divers, au milieu de tous les peuples, 
de toutes les langues, de toutes les traditions, de toutes les conditions 
sociales et politiques. Les destinées de l'univers se reflètent en elle et 
néanmoins elle est dominée elle-même par une continuité historique. 
L'attention de l'historien est sollicitée par mille faits et pourtant il doit 
retrouver au milieu de cette multiple variété le fil conducteur et s'y tenir. » 
C'est justement cette forte unité, cette synthèse qui nous manque. Elle 
ne s'obtient pas par des rapprochements, ni par des transitions; elle 
résulte des causes profondes et de leurs relations mutuelles, qu'il faut 
découvrir et mettre en lumière. M. P. a traité l'histoire politique et l'histoire 
intérieure du judaïsme (iln'apeut-ètre pas suffisamment développé l'his- 
toire économique, la participation des Juifs à l'industrie et au commerce). 
Or, l'histoire de l'émancipation civile et politique, non du peuple juif (ce 
titre est malheureux et M. P. proteste lui-même, p. ex. p. 12, contre l'abus 
de ce mot), mais des Juifs d'Europe, c'est, en plus petit, l'histoire des idées 
libérales depuis 1789, comme si les destinées du judaïsme étaient liées à 
celles du libéralisme. Et la réforme religieuse émane bien moins, comme 
le dit M. P., d'un profond sentiment de foi que du besoin de mettre en 
harmonie les traditions religieuses avec la pensée et la vie modernes. Ces 
idées générales, c'est du livre de M. P. que je les dégage, mais il faut les 
en dégager. L'historien n'a pas embrassé sa matière d'une forte étreinte 
et il n'y a pas pratiqué ces larges coupes qui subordonnent l'accessoire à 
l'essentiel et font servir les détails au relief de l'ensemble, de même que 
le géologue distingue les couches du sol et en marque la stratification. De 
là du désordre, du décousu, des sautes et des va-et-vient : ce n'est pas 
fondu. Telle est l'impression générale du lecteur. 

Dans ce premier volume, M. P. retrace l'histoire des Juifs dans l'Europe 
centrale et occidentale depuis la Dévolution française jusqu'à la naissance 
de l'antisémitisme, vers 1875. Dans le second volume, il reviendra en ar- 
rière pour raconter l'histoire des Juifs dans l'Europe orientale, qu'il n'a fait 
qu'esquisser ici, après quoi il reprendra le fil de son récit, qu'il mènera 



156 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

jusqu'à nos jours. Ce plan peut se justifier, les destinées da judaïsme ayant 
été assez différentes jusqu'en ces trente dernières années dans les pays 
de l'est et dans ceux de l'ouest. Le volume que nous avons sous les yeux 
est divisé en quatre livres. Le premier (p. 3-76) est consacré à l'époque de 
la Révolution et de l'Empire; il étudie, en trois chapitres, l'histoire de 
l'émancipation des Juifs en France et de l'organisation napoléonienne, les 
effets de ces événements sur les différentes parties de l'Allemagne, l'Au- 
triche, la Hongrie, les Pays-Bas et l'Italie (ces deux pays auraient du venir 
en tête), sur la Grande-Bretagne, le Danemark et la Russie. Le second 
livre (p. 79-143') est intitulé : « La période de la Réaction, 1815-1830 » ; ce 
titre s'applique à l'Allemagne et à l'Autriche (chap. i) mieux qu'à la 
France, à la Grande-Bretagne, aux Pays-Bas (chap. n), mieux même qu'à 
la Russie (chap. m), témoin des tentatives de réformes d'Alexandre I er , com- 
promises, il est vrai, par son successeur Nicolas I er . — Passant à l'histoire 
intérieure du judaïsme, M. P. étudie, dans le livre troisième (p. 146-231), 
la réforme religieuse. Deux chapitres y sont consacrés à l'Allemagne; le 
premier examine l'époque de Mendelssohn et de ses élèves David Fried- 
lander et Jacobson, les débuts de la réforme à Berlin et à Hambourg, les 
réformateurs et savants de cette génération : 7Ainz, Mannheimer,etc, ceux 
de la seconde génération, radicaux comme Geiger, modérés comme L.Phi- 
lippson, et les orthodoxes comme S.-R. Hirsch ; le second chapitre traite des 
luttes autour du rabbinat à Breslau et à Berlin, autour du culte à Franc- 
fort et à Hambourg, enfin des trois conférences rabbiniques. Un court cha- 
pitre m est censé examiner Faction de ces événements, qui n'en ont guère 
eu sur le moment hors de l'Allemagne, sur les différents pays d'Europe 
et d'Amérique. Enfin, le livre IV (p. 234-392) raconte par le menu les efforts 
d'émancipation, quelquefois couronnés de succès, grâce aux poussées de 
1830 et de 1848, dans les différents pays du centre et de l'ouest de l'Europe; 
les trois chapitres dont il se compose sont d'un contenu trop varié pour 
pouvoir être résumés. A la fin du volume, une bibliographie (p. 393-400) 
indique les principales sources. 

Nous n'avons pas l'intention d'éplucher en détail un livre de 400 pages 
remplies de faits : il faudrait recommencer le travail de préparation qu'a 
fait l'auteur. Nous avons porté plus particulièrement notre attention sur 
le premier chapitre (« L'aurore de la liberté. Les Juifs en France »), qui 
nous a suggéré quelques observations. — P. 3, il n'est pas exact que les Juifs 
purent séjourner dans les provinces qui furent annexées à la couronne 
après l'expulsion de 1394, ou du moins cela n'est exact que pour l'Alsace : 
quand une province entrait dans le domaine royal, le décret d'expulsion 
lui était étendu, ainsi pour la Provence. De même, les Juifs ne restèrent 
pas « paisiblement » dans la Guyenne et Gascogne après la conquête de 
Charles VII (ibid), car ils avaient été massacrés ou expulsés pendant la 
domination anglaise; et, quand les Juifs espagnols et portugais tentèrent 
de s'y établir, Louis XII étendit à la province l'ordre de bannissement de 
1394.— Ibid., à côté d'Avignon, il fallait nommer Carpentras, dont la com- 
munauté israélite était aussi importante. — P. 4, le « péage corporel » 



BIBLIOGRAPHIE 157 

n'existait pas dans toutes les villes. —Ib., ledit de 1784 n'a pas été inspiré par 
la préocupation principielle d'améliorer la situation des Juifs, mais est 
la suite des troubles qui avaient eu lieu en Alsace, et qui méritaient une 
mention. — P. 5, Isaïe Beer-Bing (mieux « Berr » ; « Jesaiaa » est une faute 
d'impression) n'était pas un « jeune Alsacien », mais un Messin (né en 
1759), ainsi qu'il le dit dans le titre de sa brochure. Il fallait plutôt citer 
son allié Berr-Isaac-Berr (1744-1828), le manufacturier de Nancy, qui a 
joué un plus grand rôle et qui appartient « à cette élite de Juifs français 
qui, à l'époque de la Révolution française, ont contribué, par leurs actes 
et leurs écrits, à préparer et à justifier l'émancipation légale des Juifs fran- 
çais, et à enseigner à leurs coreligionnaires les devoirs que leur créaient, 
envers le pays, les droits de citoyens français qu'ils avaient obtenus en 
1791, avec l'égalité civile et politique » (Is. Loeb, dans La Grande Ency- 
clopédie). — P. 6., ce n'est pas sous la direction, ou l'inspiration, de Gré- 
goire que les Juifs s'assemblèrent au printemps de 1789 pour exprimer 
leurs vœux, c'est le ministre qui les avait autorisés à se réunir par devant 
leurs syndics.— Ibid., pourquoi l'abbé Maury est-il traité d'homme « frivole 
et sans conscience »? — P.7. Il fallait indiquer que la Commune n'intervint 
pas spontanément en faveur "des Juifs, mais sur les instances de ceux de 
Paris, qui se remuèrent beaucoup. — P. 8. Au point de vue politique, les 
années qui suivent l'émancipation de 1791 ne représentent pas une «réac- 
tion ». — P. 10 (cf. p. 12). Ce n'est pas « le jeune Portalis », mais son père qui 
parla des Juifs à propos de la discussion du Concordat. — P. 13. Est-il bien 
certain que Fontanes et Mole étaient partisans, au Conseil d'Etat, d'expul- 
ser les Juifs? — P. 15. M. P. juge sévèrement les adulations des notables 
Juifs envers l'empereur ; c'était le ton du temps. — Ibid., d'après Pasquier, 
ce n'est pas Napoléon qui a eu la première idée de la convocation du Sanhé- 
drin. — P. 16. Il n'est pas exact qu'on ait menacé le Sanhédrin d'expulser 
tous les Juifs, s'il ne se montrait pas entièrement docile ; aussi bien a-t-il 
résisté sur certains points. — P. 17. M. P. apprécie mal la motion d'Avig- 
dor, qu'il qualifie de « la plus plate des servilités »; en adressant l'hom- 
mage de sa reconnaissance au clergé qui avait défendu les Juifs, les 
notables ne tirent pas seulement un acte de sage politique, mais de plus 
cette manifestation spontanée produisit une vive impression. — Ibid. « Les 
délibérations du Sanhédrin furent conduites par de Champagny »; même 
au figuré, ce n'est pas entièrement exact. M. P. s'est laissé influencer par 
le livre tendancieux de Fauchille. — P. 18. Le consistoire central ne se 
composait pas d'un grand-rabbin et de trois laïques. — A la bibliographie 
ajouter les volumes tendancieux, mais parfois bien informés, de l'abbé 
Lémann, Ventrée des Juifs dans la société française, les articles de P. Sa- 
gnac dans les trois premières années de sa Revue d'histoire moderne cl 
contemporaine, les Aètes de Tama, le Recueil de Halphen, le Répertoire de 
Penel-Beaufin, les articles de MM. I. Lévi et G. Hemerdinger dans la Revue, 
XXVIII, 265 et suiv., XLII, 253 et suiv., etc. Le livre de Fauchille est de 
1884 ; celui de H. Lucien-Brun de 1900, comme il est dit exactement 
p. 393, non de 1903 (p. 400). — P. 190, lire La Voix de Jacob. 






158 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

De menues erreurs et des fautes d'impression sont presque inévitables 
dans un ouvrage de ce genre, qui n'est pas sensiblement diminué par 
des critiques de détail. Après l'information, que devons-nous penser des 
appréciations de M. P. ? Ses jugements en matière politique sont généra- 
lement justes. Son libéralisme l'a sauvé des excès du « Deutschtum » et 
il n'a pas cédé à la tentation de rabaisser l'œuvre de la Révolution au 
profit de Joseph II ou de Mendelssohn. Mais l'histoire intérieure du 
judaïsme a trouvé en lui un moins bon juge. Ne disons rien de sa critique 
de l'œuvre de l'Alliance israélite universelle, placée tout à la fin du 
volume, comme une flèche de Parthe: elle a été écrite dans un moment 
de mauvaise humeur. Mais, si les portraits de Heine et de Borne sont bien 
enlevés, le rôle de Zunz est insuffisamment caractérisé. Et surtout, 
M. Philippson n'a pas su être objectif dans la peinture des mouvements 
qui ont agité le judaïsme allemand, ni impartial dans l'appréciation des 
hommes qui ont lutté pour ou contre la réforme. Un historien ne devrait 
pas employer les termes de « point de vue insoutenable » ou d' « hypo- 
crisie casuistique». M. P. est injuste pour Geiger comme pour Z. Frankel; 
il ne dit presque rien de Holdheim, ni de Steinheim ; à plus forte raison 
n'a-t-il pas rendu justice au « Hacham » Bernays, à S.-R. Hirsch, et je ne 
sais s'il nomme seulement Hildesheimer. En revanche, il nous parle 
copieusement de son père. On dirait que Ludwig Philippson est le fon- 
dateur et l'initiateur de tout ce qui s'est fait de bon, et que tout ce qui 
s'est fait de mauvais est dû à son abstention ou à son opposition. Si les 
conférences rabbiniques ont échoué, c'est qu'il s'est trouvé en minorité. 
Il est le soleil, les autres sont des satellites. Nous nous garderions bien 
de ne pas rendre hommage à cette piété filiale, si M. Martin Philippson, 
en embrassant le parti de son père et en épousant ses idées, n'avait 
faussé la perspective des faits et altéré la physionomie des hommes. 

11 reste que l'ouvrage de M. Philippson est un répertoire utile, où 
beaucoup de travaux sont condensés et qui servira désormais de point 
de départ à la science. A ce titre, il rendra les mêmes services que celui 
de Graetz, que M. P. juge un peu sévèrement dans sa préface, en le 
traitant de théologien et en lui déniant la qualification d'historien. Nous 
ne croyons pouvoir mieux louer son livre qu'en le mettant à côté de celui 
de Graetz. 

La partie de l'Histoire de M. Martin Philippson qui était la plus difficile 
à composer et où il nous a paru le plus sujet à la critique, a été traitée 
à part, et avec une grande ampleur, par M. David Philipson. 

Bien n'est aussi malaisé à écrire que l'histoire, je dis l'histoire et non 
la chronique, d'un mouvement religieux. Il ne suffit pas d'aligner tes 
faits et les dates ; il faut pénétrer les causes et scruter les mobiles, car les 
hommes agissent ici autant que les circonstances : c'est la meilleure réfu- 
tation du matérialisme historique. La réforme du judaïsme au xix° siècle 
a été un mouvement non seulement religieux, mais encore social et 
culturel ; il intéresse l'histoire de la civilisation. Enfin, ses destinées 



BIBLIOGRAPHIE 159 

ont été liées aux vicissitudes politiques de l'Europe contemporaine : la 
réaction de 1815, le libéralisme de 1830, l'antisémitisme de 1880 n'ont pas 
été sans exercer une influence considérable sur les tentatives de réforme. 
Si Ton tient compte de toutes ces difficultés, on s'accordera à juger que 
l'ouvrage de M. Philipson est des plus remarquables. 

M. P. est un des chefs du rabbinat libéral d'Amérique, dont il préside 
actuellement la Conférence. Sans parler de plusieurs mémoires parus 
dans les Annuaires de cette dernière, il a étudié, il y a une dizaine 
d'années, dans la Jew. Quart. Bco. (X, 52-99), le mouvement réformateur 
aux Etats-Unis ; depuis, il a donné à la môme Revue, sur l'histoire de 
la Réforme en Europe, plusieurs articles (XIV, 475-521 ; XVI, 30-72 ; 
485-521 ; XVII, 307-353 ; XVIII, 251-290 ; 021-663) qui sont entrés dans le 
pi'ésent volume. Celui-ci n'en est pas moins neuf pour près de la moitié. 
Il est divisé en treize chapitres qui passent en revue l'histoire du mouve- 
ment de réformes depuis les origines jusqu'à nos jours et ses rapports 
tant avec l'émancipation politique et civile des Juifs qu'avec le dévelop- 
pementde la science du judaïsme: les débuts du mouvement (Mendelssolin 
et David Friedlander, Israël Jacobson ; le « Verein fur Cultur und 
Wissenschaft » à Berlin, le temple de Hambourg) ; la seconde génération 
de réformateurs (Geiger, Holdheim, Einhorn, Philippson, Léopold Stein ; 
S.-R. Hirsch) ; l'affaire Geiger-Tiktin (à Breslau, les consultations sur la 
compatibilité de la science et de l'exercice du rabbinat) ; la controverse 
sur le rituel du temple de Hambourg ; la Réforme en Angleterre ; le 
« Frankfurter Verein der Reformfreunde » (ne méritait pas une étude 
si étendue) ; les consultations sur la circoncision ; les conférences 
rabbiniques de 1844-1846 (analyse détaillée des délibérations des confé- 
rences de Brunswick, de Francfort et de Breslau) ; la communauté réfor- 
mée de Berlin ; les « Amis de la Réforme » de Breslau ; la réforme en 
Hongrie ; les synodes de Leipzig et d'Augsbourg (en 1869 et 1870) ; la 
réforme aux Etats-Unis (les premières communautés réformées, les 
leaders du mouvement, les conférences rabbiniques) ; mouvements 
récents en Europe (à Berlin, à Cologne, à Londres et à Paris). 

On voit que les faits essentiels sont examinés et convenablement grou- 
pés. On pourrait signaler de petites lacunes, des erreurs de détail, 
mais l'ensemble inspire confiance. L'auteur est fort bien informé; non 
seulement il a utilisé tous les ouvrages sur la question, mais encore il a 
dépouillé les journaux israélites de l'Allemagne. Mais je n'y ai pas remar- 
qué le Ben Chananja, ni d'autres périodiques (P. 11, n. 2, sur Hirschel 
Levin et le Beçamim Bosch, v. Revue, LIV, 95 ; ajouter L. Lôw, 
Gesammelte Schriften, II, 183, 439 ; Halberstamm, dans Ila-Goren, II, 26 
et suiv. et la littérat. citée dans la l r0 note). On ne s'étonnera pas que 
nous réclamions un peu pour la France. Les pages consacrées au 
Sanhédrin de 1807 sont trop sommaires ; il aurait fallu renvoyer au 
moins aux Actes de Tama, aux ouvrages de Fauchille et de Lemoine, à 
l'article de M. I. Lévi dans la Revue, XXVIII, 268 et suiv. ; sur D. Sinzheim, 
l'auteur ne connaît qu'une note du périodique Sulamith, qui traduit 



160 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

quelques lignes de l'Abbé Grégoire ; de même, il ne connaît les Lettres 
de Tzarphati (c'est le pseudonyme d'Olry Terquem) que par des citations 
de Geiger. Les articles de Gerson-Lévy, qui ont eu plus d'influence, lui 
ont échappé. Je ne me souviens pas qu'il parle de l'agitation provoquée en 
1839 par le projet de règlement du culte israélite, des écrits polémiques 
de S. Klein, des réformes scolaires réalisées à Paris et dans l'Alsace- 
Lorraine. Il aurait pu utiliser, outre les collections de périodiques, les 
Lettres juives d" Albert Cohn, les ouvrages de L. Kahn sur les œuvres de 
la communauté parisienne, les conférences de M. Maurice Bloch. Mais il 
faut convenir que la France israélite joue un petit rôle et tient une 
petite place dans cette histoire (p. 410, 413 et 423, lire Astruc au lieu de 
Astrue). 

Nous aurions aimé que M. P. nous exposât plus longuement la situa- 
tion religieuse du judaïsme aux Etats-Unis : c'est là que le libéralisme 
religieux a vraiment pris racine et c'est là qu'il parait avoir un avenir 
devant lui (la preuve, c'est que ce livre a été écrit par un Américain et 
non par un Allemand). C'eût été plus intéressant que la chronique des 
réformes tentées actuellement en Angleterre et en France. M. P. ayant 
promis de ne s'attacher qu'aux réformes pratiques et de laisser de côtelés 
tentatives théoriques et littéraires, il aurait dû distinguer dans les diffé- 
rents mouvements ce qui était mort-né de ce qui était viable, ce qui a 
disparu de ce qui a survécu. Il est, si j'ose dire, trop bon. Il fait un sort à 
tous les essais de réforme et s'étend parfois avec complaisance sur des 
événements secondaires. On a beau être libéral, on doit dire que les 
conférences rabbiniques ont avorté et donc elles ne méritaient pas un 
traitement si généreux. Il eût mieux valu esquisser la physionomie des 
principaux personnages qui ont lutté pour ou contre la réforme : Geiger, 
Holdheim, S.-R. Hirsch, même Hildesheimer (nommé à peine une fois), 
I.-M. Wise et tant d'autres. La pyschologie de ces hommes pleins de 
tempérament en dit plus long sur les tendances de la réforme que l'ana- 
lyse des divers rituels et les procès-verbaux des synodes. M. P. a voulu 
être historien sans être juge; il s'est gardé de louer et de blâmer et, si 
son point de vue transparaît assez souvent dans les commentaires, son 
récit est généralement d'une impartialité et d'une objectivité auxquelles 
on sera unanime à rendre hommage. Le livre fait grandement honneur 
à l'auteur. 

M. Liber. 



Le gérant : 
Israël Lévi. 



VERSAILLES, IMPRIMERIES CERf, 59, RUE DUPLESSIS. 



LE TEMPLE DU DIEU YAHOU 



r r 



ET LA COLONIE JUIVE D'ELEPHANTINE 



AU V e SIÈCLE AVANT L'ÈRE CHRÉTIENNE 



(fin ') 



Les Faits. 

L'an 14 de Darius (== 411 avant l'ère chrétienne), le temple des 
Juifs d'Eléphantine est détruit à l'instigation des prêtres du dieu 
Chnonm, qui ont acheté à bons deniers la connivence du préfet de 
l'île, Vidrang. Telle est, au moins, l'accusation que les plaignants 
ne craignent pas de porter contre ce fonctionnaire perse. Peut-être 
est-ce ce même complot qui est dénoncé dans le papyrus de Stras- 
bourg publié par Euting*. Mais dans ce* dernier document la con- 
juration est présentée sous un autre jour : elle n'est qu'un épisode 
d'une révolte dont Vidrang est le chef. Pendant la tourmente les 
Juifs seuls auraient fait acte de loyalisme en n'abandonnant pas le 
parti de leur seigneur. 

11 n'est pas douteux, en tout cas, que le représentant du gouver- 
nement perse ait trempé dans cette insurrection, car ainsi seule- 
ment s'expliquent les épithètes injurieuses dont les Juifs l'acca- 
blent dans leur rapport au gouverneur perse de la Judée et que 
celui-ci s'approprie. Évidemment, en s'exprimant dans ces termes, 
les plaignants savaient ne pas déplaire à l'autorité. 

1. Voir t. LIV, p. 161. 

1. Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, l re série, t. XI, 
ï part., 1903. Cf. Répertoire d'épigraphie sémitique, I, v, 100:5, p. 291 : vi, 1904, 

T. LVI, n° 112. 11 



162 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

C'est pour le même motif que les ennemis du temple juif sont 
châtiés, que Vidrang voit ses biens confisqués et ses complices 
mis à mort. Une telle répression surprendrait si les coupables 
n'avaient à se reprocher que la destruction du sanctuaire de 
Yahou. 

A quel mobile obéissaient les prêtres égyptiens? Il esta peine 
besoin de le demander. Si les Grecs, que Psammétique s'était 
efforcé d'acclimater en Egypte, n'ont jamais pu désarmer les 
méfiances des indigènes, si, « pour les Égyptiens de vieille race, 
ils furent toujours des êtres impurs à côté desquels on ne pouvait 
vivre sans se souiller 1 », quel scandale ne devait pas provoquer 
l'immolation d'animaux sur l'autel de Yahou là où les béliers 
étaient sacrés 2 ! 

Les prêtres d'Éléphantine sont ainsi les ancêtres de Manéthon ; 
mais celui ci a des lettres, il aurait honte d'étaler son sentiment 
intime, il masque ses préventions sous des dehors scientifiques. 
Les écrivains alexandrins, émules de Manéthon, ont justifié l'hos- 
tilité à laquelle se heurtaient les Juifs d'Egypte par le particula- 
risme de ces intrus. Nos papyrus montrent que ce prétexte n'était 
pas nécessaire pour provoquer la malveillance et même la persé- 
cution. Les Juifs d'Éléphantine et de Syène ne sont rien moins 
qu'intransigeants, en effet; la législation à laquelle ils se soumet- 
tent n'a rien de juif, les tribunaux devant lesquels ils portent leurs 
différends sont perses ; ne vont-ils pas, ces Juifs, jusqu'à jurer, à 
l'occasion, par le nom d'une divinité égyptienne ! « Voilà bien de 
quoi faire hurler Jérémie, qui n'a pas assez d'invectives contre 
ses compatriotes d'Egypte faisant des infidélités à Jéhovah », dit 
M. Glermont-Ganneau 3 . Le particularisme des Juifs de l'île consis- 
tait à avoir voulu, tout comme les Phéniciens et plus tard les 
Egyptiens eux mêmes, emporter leur culte avec eux loin de la mère 
patrie et fonder un temple sur une terre étrangère. Vraisemblable- 
ment, d'ailleurs, ils avaient reçu l'autorisation de l'édifier en un 
temps où leur concours n'était pas inutile dans cette région per- 
due, rempart de l'Egypte contre les incursions nubiennes. 

1. Maspem, Histoire des peuples de l'Orient . p. i!)2. 

2. Onkelos traduit Genèse, xliii, 32 : « Car les bètes que les Égyptiens vénèrent, 
les Hébreux les mangent ». Josèphe, Contre Apion, i, ±1\, explique ainsi la haine 
dus Égyptiens pour les Juifs : « Puis, le contraste de leur culte avec Je nôtre leur 
inspira une haiue profonde, car notre piété diffère de celle qui est eu usage clic/, eux 
autant que l'être divin est éloigné «les animaux privés de raison. » 

'.\. Revue critique, 5 novembre 1900, p. 348, note 3. 



LE TEMPLE DU DIEU YAUOU ET LÀ COLONIE JUIVE D'ÉLÉPIIANTINE 163 

Yidrang, soudoyé par les desservants de Knoum, pour s'ac- 
quitter de sa tache fait appel aux troupes que commande son fils 
à Syène. On est quelque peu étonné du biais qu'il prend en la cir- 
constance, car pourquoi ne pas se servir des troupes d'Êléphan- 
tine sur lesquelles il devait avoir une certaine autorité? Ne 
serait-ce pas justement parce que les colons militaires de l'île 
étaient Juifs ' ? 

L'autel est détruit, les colonnes de pierre, qui peut-être suppor- 
taient un portique, sont brisées, les portes, au nombre de cinq, 
sont arrachées, le reste est livré aux flammes, à l'exception des 
vases d'argent et d'or, dont s'emparent les assaillants. 

11 est difficile, à un profane surtout, de reconstituer le plan de 
cet édifice; d'ailleurs, nous saurons probablement à quoi nous en 
tenir l'an prochain, quand aura été déblayée la partie des décom- 
bres qui recouvre vraisemblablement remplacement de la cons- 
truction. Nous ne retiendrons, pour l'instant, qu'un fait, c'est que, 
tout en comportant un autel, elle n'était pas une simple réduction 
du temple de Jérusalem. 

Au dire des prêtres juifs, ce sanctuaire aurait été élevé avant 
l'arrivée de Gambyse, alors que l'Egypte jouissait encore de son 
indépendance. Le conquérant perse, tandis qu'il vouait à la des- 
truction les temples des indigènes, aurait épargné celui de Yahou. 

L'affirmation est sujette à caution, car l'intention des plaignants 
est trop transparente. S'adressant aux autorités perses, ils tirent 
argument de la faveur accordée jadis par un roi perse à ce temple 
qu'ils demandent l'autorisation de restaurer. Ne pense-t-on pas tout 
de suite à cette série de récits et de documents apocryphes utilisés, 
plus tard par les Juifs, en Palestine comme en Egypte, dans un but 
intéressé ? Telle, par exemple, l'histoire de l'entrée d'Alexandre 
à Jérusalem, où le grand conquérant ne mit probablement jamais 
les pieds. Au milieu de son triomphe, et malgré son irritation 
contie les Juifs, dont la fidélité à leur ancien maître Ta un instant 
courroucé, il monte au temple de l'Eternel, offre un sacrifice à 
Dieu, suivant les instructions du grand-prètre, et donne d'impo- 
santes marques d'honneur au pontife ainsi qu'aux autres prêtres. 
Ces honneurs sont encore relevés par le traitement ignominieux 
qu'il inflige auv Samaritains, qui tentent vainement de le subor- 
ner, dans leur haine pour les Israélites authentiques. Plus lard 
Antiochus lll le Grand De se montre pas moins l'ami des Juifs et 

L. Voir /i p, t. L1V, 35 ei - 



4 64 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

le protecteur de leur sanctuaire : il leur fournit des bestiaux pour 
leurs sacrifices, veut qu'on achève les travaux du Temple (A?itiq., 
XII, 138), interdit l'entrée dans l'enceinte de l'édifice (iô., 145). 
Quant aux Ptolémée, les Juifs alexandrins ne se lassent pas de 
célébrer leur bienveillance. Est-il nécessaire de rappeler la fameuse 
lettre du Pseudo-Aristée? Ptolémée Philopator (III Macch., vu, 1-9) 
se ditl'ami et le protecteur des Juifs; Ptolémée III Évergète, après 
avoir conquis la Syrie, ne sacrifie pas aux dieux égyptiens en 
reconnaissance de sa victoire, mais il s'en vient à Jérusalem, y fait 
suivant le rite juif de nombreux sacrifices au Dieu d'Israël et lui 
consacre des offrandes dignes de sa victoire (Contre Apion, II, 48). 
Enfin, lors du procès qui se plaide devant un Ptolémée, Androni- 
cus, représentant des Juifs d'Egypte, pour montrer la supériorité 
du Temple de Jérusalem, rapporte que tous les rois d'Asie ont 
honoré le sanctuaire juif d'offrandes et de dons magnifiques, 
tandis que, pour le temple de Garizim, personne n'en a pris soin, 
comme s'il n'existait pas (Antiq., XIII, 78). 

Le récit des prêtres juifs d'Éléphantine, rapproché de ces inven- 
tions, atout Pair d'en être le prototype, ou tout au moins d'appar- 
tenir à la même famille. 

A cette objection il est facile de répondre. Si le temple du Dieu 
Yahou existait avant la conquête perse, il est tout naturel que les 
Juifs en aient attribué la conservation à la bienveillance de Cam- 
byse. Connaissant, au surplus, le traitement ignominieux dont 
eurent à souffrir quelques temples égyptiens, il est tout naturel 
aussi qu'ils aient voulu exploiter cette différence d'altitude du 
grand conquérant, encore que le fait dût s'expliquer plus simple- 
ment. Il ne faut pas s'étonner d'un grossissement dont on retrou- 
verait facilement des exemples chez tous les peuples et même de 
nos jours. 

Reste à prouver que le temple d'Éléphantine était déjà ouvert 
avant l'arrivée de Cambyse. 

S'il ne l'était pas, c'est donc qu'il aurait été l'œuvre des Juifs 
déportés par les Babyloniens, soit qu'ils fussent venus directe- 
ment de Judée, soit qu'ils se fussent détachés du gros de leurs 
frères demeurés autour de Babylone. Dans ce cas, comme il est 
peu probable que leurs conceptions aient été différentes de celles 
de ces derniers, il n'y a pas de raisons pour qu'ils se fussent 
plutôt permis que ceux-ci d'édifier un temple sur la terre étran- 
gère. Il n'y a pas de raisons surtout pour que des prêtres se 
fussent disqualifiés en rompant en visière avec leurs frères plus 
scrupuleux. Depuis la réforme de Josias et la centralisation du 



LE TEMPLE DU DIEU YÀHOU ET LA COLONIE JUIVE D'ÉLÉPHANTINE 165 

culte à Jérusalem, l'érection d'un autel en dehors de la ville sainle 
était un acte schismatique ; aussi n'est-il pas venu à l'esprit des 
Juifs pieux de Babylouie de réédifier à Babel l'autel que l'incendie 
avait détruit à Jérusalem. La restauration du culte n'était possible, 
pour eux, qu'avec leur retour dans la mère patrie. 

Il n'est donc pas douteux pour nous que la construction du 
temple d'Éléphanline, desservi par des prêtres juifs, est antérieure 
à la réforme de Josias. Qui sait même si ces prêtres n'étaient pas 
de ceux qui avaient quitté le pays pour se soustraire aux consé- 
quences de la centralisation du culte à Jérusalem i ? 

On aimerait à savoir quel était le livre sacré de ces prêtres. Les 
rares données que nous livrent nos papyrus ne permettent guère 
de s'en faire une idée. Que dans le temple soient offerts des holo- 
caustes et des oblations, et qu'on y brûle de l'encens, il n'y a rien 
là de caractéristique. Que l'on prie Dieu pour faire appel à son 
secours, que ces prières soient l'accompagnement des jeunes, que 
dans la détresse on ait recours à ce rite, de même qu'on s'interdit 
les onctions d'huile et l'usage du vin, ce sont là usages remon- 
tant aux temps les plus anciens 2 et qui même ne sont jamais pres- 
crits dans le Pentateuque. Une nouveauté se remarque, c'est la 
prière en faveur de non-juifs. Et voyez la singularité du fait : ce 
Irait passait jusqu'ici pour une invention du Judaïsme de basse 
époque. Il est question pour la première fois de sacrifices offerts 
en faveur des païens dans I Maccli , vu, 33, et dans la lettre du 
Pseudo-Aristée, où le grand-prêtre Éléazar promet à Plolémée 
Philadelphe que des holocaustes seront offerts pour lui, sa sœur, ses 
enfants et ses amis. Il est vrai que d'après Ezra, vi, 9-10, Darius 
ordonne qu'il soit accordé des subsides aux Juifs afin qu'ils prient 
pour la vie du roi et de ses fils. Maïs, disait Schiirer, qui pourtant 
n'est pas suspect de radicalisme, l'authenticité de l'édit de Darius 
est controuvée 3 . On vient de voir que, si cet édit doit être révoqué 
en doute, ce ne peut plus être à cause de la mention de ces 
prières. 

Il n'y a pas là, on en conviendra, de quoi reconstituer la Tora 
de ces prêtres. 

1. On sait que Psammétique établit près d'Éléphantine de fortes irarnisons, composées 
m partie de Sémites, qui ont laissé des inscriptions sur la façade du temple d'Ibsam- 
boul. Ces inscriptions sémitiques sont malheureusement restées incompréhensibles jus- 
qu'ici. Voir Halévy, Mélanges d'épigraphie et d'orchéol. sémitiq., p. 89. 

2. Voir Revue, t. XLYII, p. 16.3. 

3. Geschichle cl. Yolkes Israël, II, 4« éd., p. 339. 



166 BEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Par contre, voici un fait d'une importance capitale. Le Cohen 
d'Éléphantine s'adresse au grand prêtre de Jérusalem pour lui 
demander son appui. Celui-ci laisse sa lettre sans réponse et Ton 
s'explique sans peine son silence méprisant : voilà une commu- 
nauté schismatique qui ne craint pas de recourir aux bons offices 
du pontife orthodoxe, n'est-ce point une insolence ou une igno- 
rance impardonnable? C'est, en effet, de l'ignorance, et cette igno- 
rance en dit long. Si les prêtres d'Éléphantine ne croient pas avoir 
violé la loi en édifiant ou en utilisant leur autel, c'est donc qu'ils ne 
possèdent pas le Deutéronome, qui défend d'offrir des sacrifices en 
dehors du temple de Jérusalem. Sans doute la connaissance du 
Pentateuque complet n'a pas détourné Onias de construire un 
sanctuaire à Léontopolis, mais c'était pendant une période révolu- 
tionnaire, et puis, ce schismatique de haut rang n'aurait pas eu la 
naïveté de faire appel à la protection des prêtres de Jérusalem '. 

Il ne faudrait pas tirer de cette ignorance des conclusions tou- 
chant la Tora que lisaient les Juifs de Jérusalem en l'an 411, car si 
le prêtre d'Éléphantine paraît bien informé pour ce qui a trait à la 
vie politique de la Judée, il semble n'avoir tout d'abord aucune 
notion des mouvements intérieurs qui s'étaient produits dans la 
mélropole. Il sait bien qu'il y a un gouverneur do la Judée du nom 
de Bagoas, que le grand prêtre porte le nom do Vohanan; il sait 
même le nom de personnages influents, comme Oustan et Anani; 
il connaît également l'existence de Sanaballat, gouverneur de 
Samarie, et de ses fils Delaïah et Schelémiah, mais il n'a rien 
appris des luttes qui régnent entre Samaritains et Juifs. C'est sans 
doute que ces prêtres d'Éléphantine tenaient leurs informations des 
fonctionnaires perses, lesquels, s'ils connaissaient les personnes 
en vue de Judée, étaient indifférents aux démêlés dont était le 
théâtre la petite province de Judée. Si mal instruits de ces événe- 
ments, qui aux yeux des Juifs avaient la plus haute importance, 
ils devaient être plus ignorants encore de la vie et de la littérature 
religieuses de la communauté-mêre. 

1. L'exemple de la colonie d'Éléphantine n'a peut-être pas été absolument étrangère 
à l'érection du temple égyptien. 11 faut noter à ce propos les. termes d'Onias : « Je suis 
arrivé avec les Juifs à Léontopolis et en divers lieux habités par notre peuple, et j'ai 
trouvé presque parfont des sanctuaires élevés contre toute convenance, ce qui indis- 
pose les tideles les uns contre les autres » (An/., XIII, 66 . A première vue, ces mots 
paraissent viser les lynagogues, dont l'existern-c sur le sol égyptien esl attestée par 
diverses inscriptions. Mais il n'est pas impossible qu'ils tassent allusion à 'lis temples 
analogues à celui d'Éléphantine. 



LE TEMPLE DU DIEU YAHOU ET LÀ COLONIE JUIVE D'ÉLÉPHÀNTINE 167 

La conduite de Yohanan, le grand prêtre de Jérusalem, est signi- 
ficative : la colonie suppliante est schismatique ; son temple, élevé 
contrairement à la Loi; intervenir pour en obtenir la reconstruc- 
tion serait violer cette Loi. Les Samaritains, au contraire, sont 
heureux de la bonne aubaine ; ils sont favorables d'instinct à tout 
schisme ; peut-être même ne sont-ils pas tachés de montrer qu'ils 
sont les vrais Israélites, défenseurs-nés de tout Israélite qui a 
besoin de leur concours. 

Nous n'examinerons pas les renseignements qu'apportent nos 
papyrus sur l'histoire politique de la Judée. Nous renvoyons pour 
cette question à un article de M. Smend ', dont nous n'adoptons 
pas d'ailleurs toutes les conclusions. 

Il ne faut pas se dissimuler, au reste, que si nos documents 
araméens projettent une lumière inattendue sur l'histoire juive au 
v* siècle avant l'ère chrétienne, ils soulèvent encore plus de pro- 
blèmes qu'ils n'en résolvent. Faut-il s'en étonner ? C'est pour la 
première fois qu'apparaît sous nos yeux une colonie juive fixée à 
^étranger à une époque où notre seule source d'information est la 
littérature de la mère patrie. 

Israël Lévi. 



Depuis la publication de notre premier article, nous avons eu le 
plaisir de voir quelques-unes de nos interprétations ou corrections 
du texte proposées par des savants éminents (MM. Barth, Lidz- 
barki). Telles notre explication de arnb et èc*353, notre lecture 
•prpDT « armes » et notre correction de ûïrbn en ûï-pbD. D'autre 
part, des erreurs de traduction ont été signalées. M. Noldeke a très 
justement fait remarquer que m* ->î ^mna inoia ne signifie pas, 
comme le croyait M. Sachau : « Oustan, son frère, qui est le même 
qu'Anani », mais « Oustan, frère d'Anani ». Le même savant ainsi 
que M. Lambert ont avec raison rapporté db© de la première ligne 
à bwzr de la deuxième. Nous avions supposé que le mot devait être 
sous-entendu. 

Avant de terminer, nous tenons à répondre à une objection faite 
par M. Glermont-Ganneau à notre hypothèse que les Juifs d'Elé- 
phantineauraient formé une colonie militaire. La conjecture est rui- 
née, paraît-il, par ce simple fait qu'« une femme, la Juive Mibtahyah, 
est classée personnellement dans un de ces b:n. Est-il admissible 
que ce soit au titre militaire? A moins d'en faire la cantinière du 

1. Theolqgische Literaturzeitung , 1907, col. 705 est. 



168 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

régiment ! » En note, M. Clermont-Ganneau justifie cette boulade : 
« Il n'y a pas de doute possible sur l'état grammatical du mot 
jr*ritf. Ce n'est pas un pluriel masculin emphatique = « les Ara- 
méens », qui se rapporterait au père et au grand-père de la femme 
en question : les ethniques, soit au singulier, soit au pluriel, sont 
toujours dans nos documents à l'état absolu, témoin le papyrus K 
où on lit ywa. C'est un féminin singulier à l'état absolu « Ara- 
méenne », se rapportant à la femme et à la femme seule ' ». On 
peut avec plus d'assurance affirmer qu'un féminin ethnique en 
&r> est contraire à la grammaire : il faudrait rvwa. De fait, dans les 
papyrus Sachau, tous les ethniques masculins ont la forme empha- 
tique : œniMa, &ttiït, etc. 

I. L. 



1. Recueil d'archéologie orientale, VIII, 1907, p. 136. Dans le p. B., 1. 19, il y a un 
témoin décoré de l'ethnique fcobaa. Ce n'était certainement pas une femme. A supposer 
que ÊOfalN en F. ne se rapporterait pas à Mahaséyah et à Yedoniah, il faudrait le 
rapprocher de cet exemple de B. 



CE QUE L'ON SAIT ACTUELLEMENT 



SUR 



LA TOPOGRAPHIE DE L'ANCIENNE JÉRUSALEM 



Tous ceux qu'intéressent les questions relatives à la topographie 
de l'ancienne ville de Jérusalem savent combien il est difficile de 
se faire des idées nettes à ce sujet. Ceux-là le savent surtout, qui 
ont le courage d'aborder de front les problèmes qu'elle soulève. 
Et ce qui contribue à rendre la tâche ardue, c'est précisément ce 
qui a été fait déjà pour résoudre ces difficultés. 

Dès 1864 commençaient à Jérusalem les recherches scientifiques 
auxquelles le Palestine Exploration Funcl devait donner une si 
belle extension et qui, depuis, ont produit de si précieux résultats. 
En 1878, se fondait en Allemagne der deutsche Verein zur Erfor- 
schung Palasthia's. Les deux sociétés ont dès lors donné, en une 
multitude d'ouvrages et spécialement dans leurs organes respec- 
tifs, The Palestine Exploration Fund Quarterly Statement et Die 
Zeitschrift des deutschen Palastina-Vereins, une série ininter- 
rompue de documents importants concernant leurs travaux et les 
questions connexes. Ces comptes rendus eux-mêmes devaient pro- 
voquer dans les milieux que ces problèmes passionnent toute une 
série d'ouvrages particuliers ou d'articles de revues, où les résul- 
tats acquis étaient jugés et interprétés de diverses façons. De là 
une énorme littérature palestinienne moderne, bien faite pour 
décourager, par son ampleur, ceux que captivent ces études. 

En 1906, M. August Kuemmel publiait à son tour un ouvrage 
d'une importance extrême en la matière. Le but de cet auteur était, 
comme il le dit lui-même dans sa préface, de donner au public une 
carte de la ville de Jérusalem, sur laquelle seraient indiqués, 
autant que faire se peut, les résultats des divers travaux accomplis 



170 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

pendant ces quarante dernières années (Vorwort, p. in) et qui fût 
comme le tableau de Vétat actuel de nos connaissances sur V an- 
cienne ville (ibid., pp. m-iv). 

L'auteur nous prévient des l'abord (Anlage, p. 1) que sa Carte 
des matériaux pour la topographie de l'ancienne Jérusalem 
« ...répond, dans son ordonnance et quant à l'échelle aussi, aux 
dispositions du beau grand plan de la Jérusalem moderne dressé 
parle Capitaine Wilson dès les années 1864-65, d'après des relevés 
exacts pris sur les lieux, et qui fut publié quelque temps plus tard 
à Londres sous le titre Ordnance Snrvey of Jérusalem ». L'auteur 
nous dit qu'en agissant ainsi il a eu sans doute en vue de faciliter 
la constatation des changements survenus depuis, par suite de 
nouvelles observations, mais qu'en outre, il a voulu faire com- 
prendre à quiconque aurait recours à sa carte qu'il ne lui est pas 
loisible de négliger le plan de Y Ordnance Snrvey. 

Cette carte est accompagnée d'un volume explicatif, ayant lui- 
même pour titre : Materialien zur Topographie des ait en Jéru- 
salem*' . Dans ce volume de xni-198 pages, M. Kuemmel a su 
résumer, grouper et classer tout ce que les recherches dont j'ai 
parlé plus haut ont produit jusqu'à ce jour. En s'imposant cette 
besogne ardue, il a voulu simplifier le travail pour ceux qui 
désirent s'adonner à ces études; et, tout en déclarant, avec une 
modestie contre laquelle nous avons droit de protester, qu'il n'écrit 
pas pour ceux qui connaissent déjà les ruines de l'ancienne Jéru- 
salem, il ajoute qu'il espère de la sorte pouvoir gagner de nou- 
veaux amis aux travaux des fouilles en les y intéressant Vorwort, 
p. iv). Parmi les lecteurs de cette Revue il s'en trouvera sans doute 
qui seront bien aises de savoir qu'ils ont à leur disposition un 
travail si précieux : c'est ce qui m'a engagé à le porter à leur 
connaissance. 

Après quelques détails pratiques sur sa carte (pp. 1, 2), Tailleur 
parle de la ville actuelle (p* % et commence par donner un excellent 
tableau des rues, quartiers, monuments, portes, etc., avec traduc- 
tion en allemand des noms arabes et chiffres de repère pour la 
carte (pp. 3-9). Suit un historique des divers assauts que la ville 
eut à subir depuis David jusqu'à Bar-Kokheba (p. 11). Puis vient 
une étude géologique intéressante sur la nature du sol (pp. 42-h'> 

1. Bef/leillexl zu der « Karle der Materialien zur Topographie des alten Jéru- 
salem » von August Kuemmel, Dircktor der Kauf'mannischen Scjiulen «1er Stadt und 
Handelskammer Barmen, 1906, Verlag «les Deutschen Vereins zur Rrforschung l'.il 
tina's, in Kommissioii bei R. Haupt, Halle a. S. 



TOPOGRAPHIE DE L'ANCIENNE JÉRUSALEM 171 

el la ligne de partage des eaux (pp. 16-18 , puis divers tableaux des 
hauteurs du sol rocheux relevées eu divers points (pp. 18-42). 
Remercions à ce sujet railleur du labeur qu'il s'est imposé, non 
seulement en vérifiant les anciennes données et en les corrigeant 
au besoin, d'après les découvertes plus récentes, mais aussi en 
mettant les indications, dues en grande partie aux ingénieurs du 
Palestine Exploration Fund, à la portée des lecteurs non accou- 
tumés aux mesures anglaises, par une conversion soigneuse en 
mètres de toutes les mesures notées jusqu'ici en pieds anglais. En 
outre, il a donné aux courbes de niveau de sa carte une équidis- 
lance de 3 mètres afin de se rapprocher autant que possible de 
léquidistance de 10 pieds admise dans le plan du Survey (p. 41). 

Après ces données fondamentales, l'auteur aborde successive- 
ment les questions plus proprement topographiques concernant 
l'ancienne ville. 

Avant de le suivre sur ce terrain, je me permettrai une obser- 
vation sur le plan de l'ouvrage. M. Kuemmel dit dans sa préface 
que son but est de donner une idée aussi exacte que possible de 
ee que nous savons actuellement de Vancienne ville. Or, il nous 
informe également qu'il a l'intention, dans son texte comme sur 
sa carte, de n'enregistrer que ce qui, jusqu'ici, a été réellement 
découvert, nur das iras wirktich gefunden icorden ist (p. iv). 
Quant aux questions qu'il appelle d'ordre « purement historique », 
il prétend les exclure de ce travail, se réservant d'y faire seulement 
allusion en passant. Telles les questions relatives à l'emplacement 
de l'enceinte intérieure du Temple, à l'étendue de la forteresse 
Anlonia, à l'emplacement de l'Acra et d'autres parties de la ville, 
à l'étendue du palais d'Hérode et de la maison des Hasmonéens. 
Kxclus aussi les lieux saints. L'auteur s'interdit spécialement de 
traiter des autres palais, constructions, monuments, etc., dont 
parle Josèphe, ainsi que de la discussion sur l'emplacement du 
Sion et de la ville de David, et de l'identification des portes dont il 
est parlé dans l'Ancien Testament [iôid.). 

On conçoit aisément l'idée qui a dirigé M. Kuemmel dans son 
plan. Il ne veut pas entrer dans les discussions d'identification 
qu'ont soulevées les découvertes, mais seulement rapporter les 
découvertes elles-mêmes. Mais, quand il s'agit de découvertes rela- 
tives à l'ancienne ville de Jérusalem, peut-on faire une telle dis- 
tinction ? Chaque découverte doit être interprétée, et c'est celte 
interprétation précisément qui fait à la fois la valeur de la décou- 
verte et l'objet delà discussion. La négliger rendrait la découverte 
absolument vaine. M. K. le sait bien. Il prétend donc enregistrer 






172 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

simplement, avec la découverte, l'identification qui en a été pro- 
posée, sans entrer en discussion sur l'objectivité de l'identification. 
C'est ce qu'il fait. Mais, pour présenter les choses sous cet aspect, 
il faut bien connaître la littérature de ces diverses questions parti- 
culières, et M. K. semble parfois ne pas la posséder aussi parfaite- 
ment qu'il serait désirable. Je crois que, sans sortir du cadre de 
son ouvrage, l'auteur eût pu faire en sorte de ne pas proposer ça et 
là certains jugements qui ne reposent point sur des données 
objectives sérieuses. Les détails viendront plus loin justifier cette 
observation. 

Quant à ce que l'auteur appelle questions d'ordre « purement 
historique », j'avoue que j'ai de la peine à saisir exactement sa 
pensée. En son sens apparent, cette expression semble viser des 
monuments, dont l'archéologie n'aurait retrouvé aucune trace, 
mais qui seraient attestés seulement par les données de l'histoire. 
On comprendrait que de tels monuments fussent en dehors du 
cadre d'un travail qui s'occuperait uniquement de découvertes 
archéologiques. Mais à tant faire que de vouloir donner l'état de 
nos connaissances actuelles sur V ancienne ville de Jérusalem, 
a-t-on le droit de laisser de côté les points garantis par des données 
historiques sérieuses, sous ce prétexte que des fouilles n'auraient 
point été entreprises pour les confirmer, ou bien que de ces monu- 
ments, dont l'emplacement est historiquement fixé, nulle trace 
n'aurait survécu aux catastrophes que la ville sainte a subies à 
travers les âges ? 

Heureusement M. R. dans le cours de son travail, ne s'en est 
point tenu aussi rigoureusement qu'on eût pu le craindre aux lignes 
de démarcation posées par lui dans sa préface. 



Les Vallée^. 

Je le louerai tout d'abord, à propos des vallées, de l'identification 
qu'il propose (pp. 44, 45), malgré certaines tbéories peu sérieuses 
émises sur ce sujet, de la Géhenne et du Topheth, et de l'explica- 
tion qu'il apporte (p. 45) de l'emploi du nom de cette vallée pour 
désigner l'Enfer dans l'Écriture. Il accepte aussi avec raison l'iden- 
tification usuelle du Tyropéon de Josèphe avec la vallée qui coupe 
la ville du nord au sud, de la porte de Damas à la piscine de Siloé 
(p. 45). Il établit également fort bien l'existence de la vallée trans- 
versale allant, de la porte de Jaffa, aboutir dans le Tyropéon, à 



TOPOGRAPHIE DE L'ANCIENNE JÉRUSALEM i 73 

l'ouest de l'enceinte du Temple (p. 46), et parle fort judicieusement 
des deux vallons qui, de la synagogue juive, descendent, l'un dans 
la vallée transversale, l'autre dans la direction de Siloé, quoiqu'il 
ait le tort de sembler vouloir l'aire de ces deux vallons une seule 
vallée p. 47), ce que la nature du sol contredit. Deux vallées, des- 
cendant d'un même sommet daus des directions différentes, ne 
forment point, par le fait de leur sommet commun, une seule vallée. 
Les détails sur la vallée du Gédron ou de Josaphat sont aussi donnés 
exactement, ainsi que la raison de la localisation du jugement 
dernier dans cette vallée, parce que, servant dans l'antiquité comme 
de nos jours, de lieu de sépulture, elle était vraiment le champ des 
morts de Jérusalem (pp. 42, 43) ' . 



Les Collines. 

Passant à l'étude des collines de la ville, l'auteur dit de la colline 
sud-ouest, le Sion traditionnel : « Là se trouvait donc dès le prin- 
cipe un plateau de 22-24 hectares, remarquable par le niveau 
sensiblement constant de son élévation et par sa fortification natu- 
relle et apte à recevoir des constructions.// ne peut y avoir aucun 
doute que la plus ancienne ville, l'ancienne Jérusalem chananéenne, 
ait occupé cette crête « p. 49). Ici l'auteur me semble avoir encore 
adopté l'opinion la plus solidement fondée, quoiqu'elle n'ait pas 
été la plus communément admise de nos jours. 

Il ne me paraît pas avoir été moins heureux en rejetant comme 
improbable l'opinion de Tobler et de ceux qui l'ont suivi, entre autres 
le R. P. Meistermann, 0. M., dans son livre La Ville de David. 
Induits en erreur par les deux vallons indiqués ci dessus, ils ont 
prétendu faire du petit plateau au nord -est de la même colline 
une colline distincte, répondant à la « seconde » ou à la « troi- 
sième » colline de Josèpbe, qui aurait été séparée de la première 
par une vallée dont le sol ne donne pas d'indices, du moins au point 
de jonction des deux collines et sur laquelle se serait trouvée la 
fameuse Acra de Josèpbe p. 49). Je pense pouvoir, dans un travail 
spécial, prouver le bien fondé de l'opinion émise par notre auteur 

1. Je ferai cependant observer une «exactitude sur la carte à ce sujet. Cette vallée 
est toujours désignée dans l'Écriture par l'expression Nafial Qtdrôn* Quant au mot 
ihi/inl, sans apposition, que M. Kuemmel applique a cette môme vallée, il semble 
avoir été réservé pour désigner la vallée intérieure de la ville, celle qu'actuellement on 
appelle également du mot correspondant eu arabe El Ouçtd, et qui, au temps de 
plie, portait le nom <le Tyropéon. 



174 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

soit sur le Sion traditionnel, soit sur l'illégitimité de cette préten- 
due Acra. En attendant, je me contenterai de le féliciter d'avoir vu 
si juste en ces deux points. 

Très intéressante et fort judicieuse encore l'observation de M. K. 
à propos du dévalement naturel de la colline qui supporte l'espla- 
nade du Temple. Il remarque que les courbes hypsométriques de 
cette colline descendent régulièrement depuis le point 778 m. 1, à 
la hauteur qui domine la grotte de Jérémie (le Calvaire de Gordon , 
jusqu'à Siloé, où la cote est 622 m. 2, sauf en deux points, où la 
déclivité normale, indiquée par ces courbes, est interrompue brus- 
quement et irrégulièrement pour reprendre plus loin sa marche 
naturelle. Le premier cas se présente au flanc nord de la roche qui 
devait supporter rAntonia et sur laquelle se trouve actuellement la 
caserne ; le second, au flanc sud de cette môme roche, dans l'angle 
nord-ouest de l'esplanade du Temple. « Nulle part dans la ville 
sainte, écrit notre auteur à ce sujet (p. 50), la main de l'homme n'a, 
par le plus tenace et le plus persévérant travail, produit une alté- 
ration aussi considérable qu'ici dans la forme de la surface du sol. 
La continuation de la cime El-Edémyé... avec la colline de la ville 
qui lui fait suite au sud est interrompue par une considérable 
entaille, pratiquée dans la roche, qui se prolonge au loin jusqu'au 
mur (du côté du Cédron) sur une étendue de 125 m. et une largeur 
de près de 100 m., d'où Ton a enlevé une couche de calcaire de 
28 m. en hauteur, soit un volume total approximatif de 350,000m. c. 
Peut-être est-ce dans un but de fortification de la ville que l'on a 
entaillé si fortement le roc, comme les tranchées pratiquées plus 
tard aux angles nord-ouest et nord-est de l'enceinte actuelle le 
démontrentclairement. Au nord de la rue Tariq es-Srraïet au bloc 
de rocher qui supporta jadis la forteresse Antonia, de semblables 
travaux de la roche sont visibles ça et là au-dessus et même encore 
actuellement au-dessous du sol.» Et plus loin (p. 51) : «La continua- 
tion de la ligne de déclivité de la colline qui, à l'ancienne Antonia, 
donne encore 750 m. 4, ne se présente aujourd'hui, sur l'esplanade 
du Temple, dans son élat normal, qu'à la roche Sakhra, avec 
743 m. 7... Pour niveler cette vaste esplanade, on dut, non point 
seulement combler les vides du nord-est et du sud, mais encore, à 
l'angle nord-ouest, faire sauter et aplanir toute la partie sud du 
rocher de l'Antonia, dont les courbes poinlillées donnent l'étendue 
primitive probable. » Et ailleurs p. I2i : « A l'angle nord-ouesl 
[de l'esplanade), on dut abaisser le niveau du roc de 750 ni. à 741. » 

Les deux détails que nous donne ici notre auteur sont de grand 
intérêt pour la topographie de la ville ancienne. Il nous dit lui- 



TOPOGRAPHIE DE L'ANCIENNE JÉRUSALEM 175 

même ailleurs (p. 1^1 que d'après Josèphe (B. J., V, 4, 2 ; 5, 8) 
un large fossé taille dans le roc protégeait la forteresse Antonia 
contre la hauteur du Bézétha. C'est ce fossé qu'accusent ici les 
données fournies par l'étude du sol actuel. Je me demande pour- 
quoi l'auteur, puisqu'il connait le passage en question de l'historien 
juif, ne l'a pas cité pour confirmer le résultat donné par ses lignes 
hypsométriques. Le témoignage de Josèphe ne saurait avoir moins 
de valeur que les suppositions plus ou moins correctes des archéo- 
logues modernes. On aurait pu confirmer d'ailleurs l'autorité de 
Josèphe par le texte hien connu de Strabon, qui dit de Jérusalem, à 
l'occasion du siège de la ville par Pompée : « C'était une fortification 
de rocher et solide, à l'intérieur hien munie d'eau, mais complète- 
ment aride à l'extérieur, ayant un fossé creusé dans le roc d'une 
profondeur de soixante pieds (soit près de 20 m., tandis que l'au- 
teur en indique 28) et d'une largeur de deux cent cinquante » (soit 
près de 80 m., tandis que l'auteur dit 100) f . En tout cas, les judi- 
cieuses observations de M. K. nous permettent d'établir que le fossé 
en question, d'après les courbes de la carte, comprenait d'abord 
probablement le birket hraïl, muré plus tard à l'orient, quand la 
troisième enceinte fut construite et, dans la suite, au nord, pour 
en faire la piscine actuelle. A l'extrémité ouest du même birket la 
paroi du fossé faisait angle et se dirigeait vers le nord pour encla- 
ver la partie saillante de la forteresse. L'espace compris entre 
l'extrémité ouest du birket actuel et le mur ouest de l'esplanade 
donnerait ainsi l'étendue occupée d'est en ouest par la forteresse 
el pourrait nous aider à nous faire une idée de la dimension qu'elle 
atteignait clans le sens nord-sud. 

M. K. aurait dû, me semble-t-il, parler moins vaguement des 
découvertes faites au nord-ouest du Haram ech-Chérif, où les tra- 
vaux méritoires de M. Clermont-Ganneau ont retrouvé ceque nous 
restons en droit de considérer comme la contrescarpe du second 
mur jusqu'à l'hospice autrichien. En effet, quoi qu'en aient dit 
certains auteurs, entre autres le R. P. Meistermann dans l'ouvrage 
déjà cil/ 1 , le fait que les fouilles de MM Clermont-Ganneau et 
Warren n'ont pu amener la découverte de l'escarpe ne prouve pas 
que celte escarpe n'ait point existé autrefois dans ces parages, ni 
même qu'on ne puisse un jour ou l'autre arrivera en retrouver les 
traces. Quanta la façon dont il faudrait .procéder pour cela, j'espère 
avoir l'occasion de l'exposer ailleurs. 

Ce que M. K. nous dit du travail que les courbes hypsométriques 

1. Strabonis Geographica, éd. Didot, 1853, L. XVI, c. n, p. 649, n. 40. 



176 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

accusent dans la partie sud du rocher de l'Antonia, à l'angle nord- 
ouest de l'esplanade du Haram, est aussi d'une importance topo- 
graphique considérable. C'est en constatant les vestiges encore 
visibles à l'œil nu de ce travail, dont la partie de la roche qui se 
dresse là taillée en escarpe sur son côté sud, est, elle aussi, un 
témoin sûr, que le R. P. Séjourné, 0. P., donnait déjà ce lieu en 
1895 [Revue biblique, Les murs de Jérusalem) comme l'emplace- 
ment de la fameuse Acra de Josèphe. 11 est certain que c'est là 
le seul point de l'ancienne ville où l'on trouve des traces capables 
de justifier le considérable arasement du roc qui, d'après Josèphe, 
eut lieu après la prise de Y Acra par Simon. J'apporterai ailleurs 
encore d'autres raisons pour cette identification, que je regarde 
comme la seule fondée touchant la citadelle macédonienne. 



Les Murs. 

Notre auteur, qui suit, sans paraître s'en douter, le plan si métho- 
dique adopté déjà autrefois par Josèphe, après avoir étudié le sol 
et les collines de la ville, en vient à la description des murs. 

Remarquons d'abord que ce que dit M. Kuemmel du troisième mur 
ou mur d'Agrippa, en se fondant sur des recherches de Schick qui 
paraissent sérieuses, à savoir que ce mur suivaità peu près le tracé 
actuel (p. 53), parait fort vraisemblable '. J'élèverai seulement un 
doute relativement à la tour FtépJùnos. que Schick croit avoir 
découverte à l'angle nord-ouest de ce mur, où elle devait se trouver 
en effet, d'après Josèphe. Mais Schick a cru la trouver hexagonale 
(p. 55) ; ce point serait à vérifier soigneusement, car Josèphe dit 
formellement qu'elle était octogonale : oxTQtycovoç 8e r,v (B. J , V, 4, 3). 

Quant aux murs anciens, c'est trop affirmer que dire, comme le 
fait notre auteur (p. 52 , qu'ils enclavaient complètement les deux 
collines principales (celle du sud-ouest et celle de l'orient). L'auteur 
prétend étayer cette affirmation sur l'autorité de l'Écriture Sainte, 
dont il ne donne d'ailleurs ici nulle référence, et sur celle de 
Josèphe. C'est sans doute pour éviter la prolixité que M. K., en 
général, ne cite pas les textes, mais se contente, comme il le fait 
ici pour Josèphe, de donner les références. Nous aurons plus d'une 

1. Je ferai toutefois observer que M. Kuemmel semble donner sur sa carte une 
importance non justifiée à certains pans de mur qu'il désigne comme « aile Funda- 
menle » et qui reporteraient le mur nord de la ville a un stade et demi plus haut..., 
s'ils avaient quelque valeur objective. 



TOPOGRAPHIE DE L'ANCIENNE JÉRUSALEM 177 

fois l'occasion d'observer que ce système n'est pas très sûr, les 
textes n'ayant pas toujours la portée qu'on leur attribue. Pour ce 
qui est ici de l'Écriture, on ne peut apporter aucun texte qui impose 
la conclusion susdite. Quant à Josèphe, le texte, auquel se réfère 
Fauteur, est si peu en faveur de la thèse en question que M. K. lui- 
même l'avouera nettement plus bas. 

En suivant, en effet, les travaux deM.Bliss, auxquels nous sommes 
redevables de la découverte de l'ancien mur de Jérusalem dans sa 
partie sud, M. K. arrive plus d'une fois à agiter la question, si 
importante au point de vue de la topographie de l'ancienne ville, 
de l'inclusion ou de l'exclusion de la piscine de Siloé, et c'est à ce 
sujet qu'il donnera au texte de Josèphe un sens bien différent de 
celui qu'il lui prête ici. 

Je dis que cette question est importante. Tous ceux qui sont au 
courant de la discussion savent, en effet, que de l'exclusion de Siloé 
de l'ancien mur résultent les points suivants : 1° Donc le mur ne 
contenait point la partie sud de la colline orientale, improprement 
appelée Ophel; 2° donc l'aqueduc de Siloé n'est point celui d'Ezé- 
chias ; 3° donc la cité de David, à l'occident de laquelle, suivant 
l'Écriture, venait aboutir l'aqueduc d'Ezéchias, ne peut être, du 
moinspar suite de ce texte, située sur cette colline orientale; 4° donc 
la tradition qui place Sion sur l'autre colline, c'est-à-dire celle du 
sud-ouest, est sérieuse et doit être admise, pourvu que, dans cette 
position, les textes puissent être expliqués 

Notons d'abord que M. Kuemmel pose la question d'une façon 
défectueuse : « L'emplacement du cimetière juif (actuel), écrit-il 
(p. 67), empêche de résoudre la question de savoir si en ce point 
le mur allant jusque là d'ouest en est) se dirige du côté du nord, 
comme le veulent beaucoup d'interprètes, d'ailleurs trop textuels 
allzu wôrtliche , du passage de Josèphe y ayant trait, pour arriver 
à exécuter ce tour de force d'en exclure Siloé, Tunique source 
connue de l'ancienne ville, et cela pour un motif purement philo- 
logique. » 

M. K. a raison de dire que les tenants du Sion traditionnel 
admettent que le mur prenait la direction du nord en excluant Siloé 
de l'enceinte ; il a raison d'avouer que Josèphe, interprété littéra- 
lement, est du même avis. Mais il a tort alors d'avoir plus haut 
affirmé le contraire. Il a tort également de faire à ces auteurs le 
reproche- de s'en tenir au sens strict des mots employés par l'his- 
torien. Il a tort aussi d'insinuer que Siloé était la seule source de 
Jérusalem, de quoi nous aurons à reparler. Il a tort enfin et sur- 
tout de croire que, pour justifier la théorie contre laquelle il s'in- 

T. LVI, N* 112. 12 



178 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

surge ici, ce dût être sur l'emplacement du cimetière juif que le 
mur changeait de direction. Josèphe dit positivement autre chose 
en ce fameux passage. Il dit que le mur, partant de la porte des 
Esséniens (à l'angle sud-ouest), se détournait « du côté du sud dans 
la direction de la fontaine de Siloé, et de là, se détournant de nou- 
veau du côté de l'orient jc'est-à-dire faisant face à l'orient) jusqu'à 
la piscine de Salomon..., rejoignait la galerie orientale du temple. » 
(B. J., V, 4, 2). C'est donc, d'après Josèphe, auprès de Siloé qu'il 
faudra chercher le coude que devait faire le mur pour se diriger 
vers le nord. 

Quant aux auteurs dont M. K. triomphe en proclamant que 
M. Bliss retrouva le mur dans la même direction après le cimetière 
juif, j'avoue que je n'ai pas l'honneur de les connaître. Si ce ne 
sont pas des moulins à vent, il faut simplement concéder qu'ils ont 
mal situé le mur allant au nord en deçà de la piscine, non que le 
mur n'existe pas. 

En effet, notre auteur, parlant plus loin des murs qui, selon lui, 
se trouvaient à l'intérieur de la ville, nous en signale un, découvert 
d'abord en partie par M. le professeur Guthe et exploré ensuite 
plus attentivement par M. Bliss, « à l'ouest de l'étang inférieur de 
Siloé » (p. 97), qui, d'après M. Bliss, « fait partie du grand mur » 
(ibid.) et « dont il a suivi la ligne jusqu'au gros bloc de maçonnerie, 
à l'angle nord-ouest des ruines d'église qui enveloppent le petit 
bassin rectangulaire supérieur de Siloé » ibid.). L'auteur ajoute 
que le fait « que le mur ouest de l'église n'a pas de porte indique 
que (lorsqu'elle fut construite) il y avait un mur sur l'escarpe à 
l'occident » (p. 98 

Mais ce que ne dit pas M. K., c'est comment et pourquoi M. Bliss 
put considérer ce mur comme « faisant partie du grand mur » 
par lui découvert au sud. Or M. Bliss avoue Excavations at 
Jérusalem, p. 29) (pie ce qui le frappa, ce fut précisément le coude 
que forme le mur par lui suivi jusque-là, à l'endroit où il change 
de direction pour remonter vers le nord en excluant la piscine. 
« Que la ligne continue allant du sud au nord depuis ce coude) 
représente un mur de ville, écrit cet auteur (p. 124), on peut le 
conclure de son épaisseur que l'on a constatée être en deux points 
de 8 à 40 pieds » (soit 2-3 mètres). Et plus loin (p. 125) : « Celle 
manière de voir a en sa faveur le fait que. . . la face interne du mur 
fut trouvée formant une courbe comme pour ajouter à la force 
d'un angle vrai. » M. Bliss prétend, en outre, avoir retrouvé dans ce 
mur l'appareil soigné qu'il avait attribué au mur inférieur du Sion, 
c'est-à-dire à celui qu'il croit avoir été détruit par Titus ^pp. 117- 



TOPOGRAPHIE DE L'ANCIENNE JÉRUSALEM 179 

119. Aussi n'hésite-.t-il pas, tout Ophélite qu'il se proclame, à 
admettre que le mur d'Hérode contournait Siloé à l'occident 

p. m\. 

Il est. vrai que ce môme auteur croit voir aussi dans le mur qui 
servait de barrage à la piscine inférieure et qui, pour ce motif, 
devait être construit avec solidité, un autre mur extérieur qui au- 
rait en d'autres temps enclavé Siloé et l'Ophel. Mais cette assertion 
est loin d'avoir en sa faveur des arguments sérieux. Les pierres de 
diverses époques dont il est construit peuvent fort bien avoir été 
rapportées d'ailleurs et utilisées ici dans un but pratique après la 
chute des murs de fortification. Il est certain, en effet, que, même 
dans le cas où jamais il n'y aurait eu de mur en cet endroit, une 
digue descendant profondément dans le sol et solidement étayée 
s'imposait, si l'on voulait conserver là un réservoir et empocher les 
eaux de se frayer un passage libre en ravinant par la force de leur 
poussée un sol naturellement meuble, comme il l'est en ce point. 
Il n'est pas impossible d'ailleurs que ce mur, tout en étant mur de 
barrage, puisse remonter en certaines de ses parties à une anti- 
quité tout aussi reculée que celle qui est attribuée au mur de la 
ville. Il n'est pas impossible non plus qu'Eudoxie l'ait dans la suite 
utilisé comme fortification pour inclure Siloé. Mais V ancien mur 
de la ville fait un coude pour exclure Siloé, et on Va retrouvé, à 
la suite de ce coude, changeant là de direction suivan t le sens strict 
du texte de Josèphe, pour remonter vers le nord. C'est là le point 
capital de la discussion. 

Et cependant M K. veut que l'ancien mur ait inclu Siloé. Il 
affirme que les découvertes de M. Bliss le prouvent (p. 08), ce qui 
n'est pas exact, on le voit. Il prétend, en outre, le prouver par 
l'existence du canal de Siloé, dont le but, dit-il, d'après l'Écriture, 
était d'amener les eaux dans la ville (p. 70). Et il ajoute : « Une 
traduction étroite {engerhertzig !), trop littérale d'une préposition 
dans Josèphe ne saurait placer cet important conduit d'eau, même 
au temps du Nouveau Testament, en dehors de la ville » (pp. 70-71). 
M. K. fait en ce point appel au sentiment: il me permettra de ne 
pas le suivre sur ce terrain. Quant à l'aqueduc, s'il était prouvé 
qu'il fût celui d'Ezéchias, l'argument vaudrait; malheureusement 
il n'en va pas de la sorte. S'il en était ainsi, M. K. devrait placer le 
Sion sur l'extrémité sud de l'Ophel : or il s'en défend et nous a déjà 
dit qu'il le trouve mieux situé sur la colline de la tradition. 

Il remarque, en effet, lui-même (p. 96) que les nombreux auteurs 
qui, de nos jours, situent Sion sur l'Ophel doivent admettre un 
mur de fortification très solide sur la pente occidentale de cette 



180 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

colline. Or, dit-il, « ni les fouilles de Guthe, ni celles de Bliss en- 
suite n'ont fourni de traces réelles d'aucune sorte prouvant l'exis- 
tence du mur en cet endroit ». Et il ajoute sagement: « Josèphe ne 
parle point d'un tel mur et on ne saurait le faire sortir de son 
texte. » Puis : « C'est tout autre chose quand il s'agit d'un mur sur 
la pente orientale de la colline sud-ouest. » Et c'est alors que notre 
auteur donne sur ce mur, qu'il croit à tort intérieur à la ville, les 
détails rapportés ci-dessus. 

Ce mur était, en effet, comme l'admet M. Bliss, le vrai mur de la 
ville ; et, si on en a perdu les traces au-dessus de la piscine supé- 
rieure, on peut dès maintenant, en attendant que des fouilles faites 
en ce sens viennent compléter les beaux résultats acquis déjà, le 
conduire par la pensée jusqu'au tronçon trouvé par M. Warren au 
sud-est de l'esplanade du temple et qui, après avoir suivi sur une 
longueur de 90 pieds la direction nord-sud, fait un angle pour s'in- 
cliner très résolument vers le point que nous tenons, au-dessus de 
la piscine supérieure de Siloé, et garder invariablement cette direc- 
tion tant qu'on a pu le suivre, c'est-à-dire sur une longueur de 
700 pieds (Cf. Survey of Western Palestine, Jérusalem memoirs, 
p. 228). Si je ne craignais de me faire qualifier par M. K. de «enger- 
hertzig», j'ajouterais que c'est bien la direction que semble lui 
attribuer Josèphe en cet endroit. Voici en effet ce que cet auteur 
dit de celte partie du mur encore inconnue, à partir du nord-ouest 
de la piscine supérieure : « xaî oit,xov [xé^pt yaipou tivoç ô'v xxXovaiv 
'OcpÀàv, et s'étendant en traversant jusqu'à un endroit qu'on appelle 
Oplila, il aboutissait à la galerie orientale du temple » (B. J. ,V, 4, 2). 
A-.^xco signifie, en effet, « traverser, pénétrer ». Or le mur traverse 
bien ici la colline orientale jusqu'à l'endroit proprement dit Ophel. 
Si, au contraire, on lui fait suivre la pente orientale de celte même 
colline, il ne traverse plus rien. 

M. K. nous a dit que les « Ophélites » n'ont pu trouver aucun 
vestige de ce qui devrait être le mur occidental de leur Sion Ils 
prétendent, du moins, avoir trouvé les traces d'un mur oriental 
faisant suite à la digue du bassin inférieur de Siloé et ceignant le 
côté oriental de la colline dans sa partie sud. M. K. nous donne 
force détails sur les trouvailles fort problématiques que M. Guthe 
a cru faire en ce point. 11 oublie de nous dire à ce sujet que 
M. Bliss, ayant voulu vérifier les données résultant des fouilles de 
l'illustre professeur, et quoiquayant tout intérêt, en sa qualité 
d'Ophélite, à confirmer les résultats de son prédécesseur, est 
arrivé à une conclusion fort différente. Voici, en effet, ce qu'à écrit 
M. Bliss à ce sujet (Excavations, p. 126) : « Nous avons indiqué ce 



TOPOGRAPHIE DE L'ANCIENNE JÉRUSALEM 181 

tracé présumé par un pointillé jusqu'à X 2 , où le D r Guthe décou- 
vrit une escarpe et un mur qui paraissent faire partie de la ligne. 
Quant aux autres pans séparés de maçonnerie, qu'il a trouvés, ils 
sont d'une épaisseur si variable qu'ils ne semblent pas appartenir 
au mur de la ville. Nous lûmes à môme de vérifier son travail en 
X 2 , car les propriétaires, étant en train de déterrer bon nombre de 
vieilles pierres, furent heureux de nous permettre un examen du 
lieu. Là nous observâmes un pan de mur, apparemment dressé 
sur une escarpe ayant une étendue dune quarantaine de pieds; 
mais, en écartant la terre qui le couvrait sur le devant, nous trou- 
vâmes que V escarpe ri atteignait cjne la crête de la colline et que 
des cavernes naturelles, élargies et équarries artificiellement, en 
occupaient le fond, leur sol étant à une quinzaine de pieds au-des- 
sous de l'escarpe. Ce sommet était irrégulier et les rares pierres, 
qui le recouvraient, ne formant qu'une assise, variaient en hau- 
teur de 8 à 20 pouces. . . Il n'y avait qu'une assise et l'épaisseur ne 
put être vérifiée, le rocher formant talus en arrière. . . En décri- 
vant cette escarpe et ce mur nous avons employé le temps passé, 
car, depuis notre inspection, ils s'étaient évanouis [they had been 
blasted away) ». 

Et cependant M. K. croit à ce mur, comme il croit à l'inclusion 
de Siloé dans la ville ancienne. Les arguments qu'il apporte pour 
ce dernier point (p. 70-71) ne me semblent pas fort redoutables. 

1° Siloé se trouvait dans les murs avant et après le temps de 
Josèphe : comment admettre qu'elle n'y fut pas en ce temps aussi? 
— L'antécédent, on le voit, aurait besoin d'être prouvé. 

2° A Josèphe on oppose Pline, Slrabon, Dion Cassius, qui unani- 
mement témoignent que la ville ne manquait jamais d'eau, appro- 
visionnée qu'elle étaitpar des canaux souterrains l'amenant de fort 
loin; mais au cas où cette eau eût fait défaut, dit notre auteur, il 
était prudent d'avoir à sa portée la nappe d'eau si proche. — Il ne 
s'agit pas pour nous d'examiner ce qu'il eût été prudent de faire 
pour les Juifs, mais ce qu'il est constant qu'on ait fait. 

3° Quant au discours de Josèphe aux Juifs assiégés par Titus 
(B. J., V, 9, 4) où il est dit que « Siloé et les autres sources en dehors 
delà ville, qui étaient desséchées avant l'arrivée des Romains », 
coulent maintenant si abondamment ponvvos ennemis qu'elles four- 
nissent largement ce qu'il faut, non seulement pour eux et leurs 
bêtes, mais encore pour les jardins », notre auteur ne veut voir là 
qu'une « icohltônmde Tirade ». Il ajoute qu'on ne devait pas penser 
pendant le siège à cultiver les jardins (1). 

Quoi qu'en dise M. K., ce texte semble bien indiquer que Siloé se 



182 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

trouvait, comme les autres sources dont il est question, en dehors 
de la ville, puisque c'estd'elle, avec les autres, qu'on dit qu'elles 
fournissaient abondamment de l'eau aux Romains pendant le siège. 
Si elle était intérieure, il n'y avait pas lieu de la nommer avec les 
autres. 

4° Enfin, de ce que Josèphe dit ailleurs qu'au moment de la 
révolte Simon Gioras occupait à Jérusalem la partie du vieux mur 
qui se détournait à Siloé du côté de l'Orient, plus la fontaine de 
Siloé et la ville basse, M. K. croit pouvoir conclure : donc la source 
faisait partie de la ville. M. K. n'aurait pas donné cet argument, 
s'il avaitremarqué dans le même texte qu'il y est dit de Jean de 
Gischala, l'adversaire de Simon, qu'il occupait avec le temple et 
ses alentours le torrent de Cédron, lequel ne faisait certainement 
pas partie de la ville \ 

• En accompagnant M. Guthe dans la recherche de son mur orien- 
tal de l'Ophel, M. K. se permet, à bon droit, me semble-t-il, de 
réserver son opinion au sujet de la tranchée que l'explorateur alle- 
mand a soupçonnée dans le milieu de la colline (pp. 81, 82 \ l'exis- 
tence d'une telle tranchée en cet endroit n'ayant pas été prouvée. 
C'est à tort d'ailleurs que M. Guthe voudrait faire de cette tranchée 
si elle existait, la vallée dont Josèphe dit qu'elle fut comblée des 
débris de YAcra (p. 84). Josèphe, en effet,ne parle pas en cet endroit 
dune tranchée artificielle, mais d'une vallée, et d'une vallée sur 
laquelle donnaient les portes du temple, puisqu'il dit qu'en com- 
blant cette vallée, on fit que ces entrées du temple se trouvaient de 
plain-pied avec la ville. 

C'est encore une erreur de M. le professeur Guthe de donner à 
la porte découverte par M. Bliss à l'angle sud-ouest du Sion le nom 
déporte de la vallée (p 60). Quoique, comme le fait justement 
observer M. K., ce nom haga't désigne exclusivement la vallée de 
Hinnôm, l'argument ne vaut cependant pas. D'abord, parce que 
cette vallée commençait à la porte dite actuellement de Jaffa et qui, 
par conséquent, pouvait tout aussi bien être d'île porte de la vatlée; 
puis, parce que c'est à cette porte que le texte de Néhémie nous 
oblige de réserver ce nom; enfin, parce que Josèphe désigne nomé- 
ment la porte en question, comme l'a fait M. Bliss, du nom de 
Porte des Esséniens. 

Bien aventureuses me paraissent encore les hypothèses de notre 

1. L'exclusion de Siloé est confirmée d'ailleurs par la tradition juive. Nous lisons, en 
effet, <laus les Commentaires de Bartenora sur la Mischna, Soucca, iv, 9 : « Siloe 
est une source en deliors de Jérusalem. » 



TOPOGRAPHIE DE L ANCIENNE JÉRUSALEM 183 

auteur, soit quand il admet comme possible que la partie nord du 
premier mur n'ait été prolongée jusqu'au temple que sous les 
Hasmonéens (p. 93), soit quand il émet l'avis que le mur dont 
M. Bliss a découvert le tracé, allant de l'angle sud-est du Sion 
au temple, était un mur existant dans V ancienne ville et séparant 
la ville haute de la ville basse (pp. 99-102). Si ce mur avait existé 
alors, Josèpbe en aurait parlé. L'hypothèse mise en avant par 
M. Bliss est autrement fondée que celle de M. K. 



Le Second Mur. 

En traitant des murs intérieurs à la ville, M. K. arrive à parler 
du fameux « second mur ». 

De nos jours, comme le note l'auteur (p. 93), on fait généralement 
partir ce second mur de la porte de Jaffa et on lui donne plus ou 
moins les circuits imaginés par Schick. Notre auteur ne partage 
pas entièrement cette façon de voir et je l'en félicite : dans un tra- 
vail, que j'espère publier plus tard, je prouverai que le second mur 
de Schick est purement fantaisiste et que nous avons des motifs 
fondés de tracer ce mur tout autrement. 

M. K. me parait être dans le vrai quand il affirme (p. 95) que 
le mur de Schick « ne répond en rien aux données de Josèphe ». 
Très judicieuse aussi son observation à propos des vestiges de 
constructions anciennes, découvertes surtout à l'est du Saint- 
Sépulcre, dans lesquels M. de Vogué, entre autres, a voulu voir des 
restes de ce mur et de la porte dite « judiciaire ». D'après M. K. 
ce ne seraient là que des restes des constructions constantiniennes 
(pp. 95 et 190-191. Je suis heureux d'avoir à constater que des 
découvertes toutes récentes sont venues lui donner entièrement, 
raison. En effet; au mois d'octobre dernier le Palestine Explora- 
tion Fund Quarterlf/ Statement publiait (p. 297s un l'apport de 
M G. K. Spvridonidis sur ces découvertes et, de son côté, le R. P. 
H. Vincent, 0. P., en donnait une critique très intéressante dans la 
Revue biblique octobre 1907, p. 580. Il s'agit précisément du mur 
et de la porte observés autrefois par M. de Vogué et étudiés ensuite 
plus soigneusement par M. Clermont-Ganneau. Il y a quelques 
années, les Russes, en construisant en cet endroit leur Hospice 
Alexandre, y firent des fouilles dont on parla beaucoup et qui 
fournirent au regretté Schick l'idée d'une forteresse imaginaire, 
pour la reconstruction de laquelle il utilisait fort ingénieusement 



■J84 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

les murs découverts. Les Coptes viennent, à leur tour, de fouiller 
dans leur propriété, sise au nord de celle des Russes, et ce 
sont précisément ces fouilles qui ont donné la clef de celles qui 
avaient précédé. Le mur large, trouvé d'abord chez les Russes, se 
poursuit chez les Copies, gardant sa direction sud-nord et vient de 
donner une porte centrale de 4 m. 32 d'ouverture, et, plus au nord, 
à une distance égale à celle qui sépare cette porte de celle décou- 
verte autrefois chez les Russes, une troisième porte faisant pendant 
à celle-ci et mesurant comme elle 2 m. 52 d'ouverture. Comme le 
fait très bien observer le R. P. Vincent, on se trouve donc en pré- 
sence d'un mur qui servait d'enceinte extérieure au Saint-Sépulcre 
du côté de l'orient, avec les trois portes signalées sur la mosaïque 
de Madaba. Pour cet auteur, ces ouvertures auraient été pratiquées 
après coup dans un mur antérieurement construit et il le prouve 
de ce fait que les pierres admises dans l'édification du portail cen- 
tral semblent ne pas se trouver dans la situation pour laquelle elles 
auraient été primitivement taillées (op. cit., pp. 589-591). Ce fait est 
très important et nous ne saurions trop féliciter le R. P. Vincent 
d'avoir eu seul le flair archéologique de relever ce détail, négligé 
par tant d'autres témoins de la découverte. Il en conclut que ce 
mur n'a pas été fait, mais utilisé par Constantin, et, étant donné le 
grand appareil du travail, il n'hésite pas à admettre qu'on se 
trouve en présence du « second mur » si cherché jusqu'ici. 

J'avoue que, sur ce dernier point, je ne puis admettre entièrement 
la conclusion du sagace explorateur et je vais en donner la raison. 
Cette raison m'est fournie par le graphique très intéressant dont le 
même auteur accompagne son article op. cit., p. 587 1. Il a observé 
à l'est du mur en question un dénivellement du roc en forme 
d'escarpe de 1 m. 20 et qui semble aller en s'accentuant du côté de 
la rue Khan ez-Zeit : d'où l'escalier que nous signale le Révérend 
Père comme ayant servi à donner accès de ce côté à la plateforme 
constantinienne (p. 758 . Or je ne pense pas que cette escarpe 
puisse être attribuée à Constantin, premièrement parce qu'on n'en 
voit pas la raison, et secondement parce qu'on a retrouvé sur le 
roc en cet endroit des vestiges de la colonnade antique qui bordait 
cette rue dès avant cet empereur. 

Il semble plus naturel de supposer que l'empereur a construit 
les marches pour obvier à l'escarpe plutôt que d'admettre qu'il 
aurait creusé l'escarpe pour établir des degrés. D'ailleurs, en 
pratiquant cette escarpe, il eût modifié le niveau de la rue, ce qui 
pouvait avoir des inconvénients. 

Dès lors on ne saurait admettre un mur de ville dans la position 



TOPOGRAPHIE DE L'ANCIENNE JÉRUSALEM 185 

donnée, ayant une escarpe à l'intérieur tandis qu'à l'extérieur il 
touchait immédiatement à un rocher qui allait en s'élevant de plus 
en plus, comme ce serait nécessairement le cas ici. La conclusion 
semble donc s'imposer que, si ces pierres, comme le pense le R. P. 
Vincent, ont quelque rapport avec le second mur, elles ne sont pas 
in situ. Gela expliquerait mieux, à mon avis, le fait observé par cet 
auteur, que ces pierres ne sont point utilisées dans cette construc- 
tion suivant la destination que semble indiquer leur taille pre- 
mière. Il suffirait, pour confirmer mon hypothèse, de s'assurer si 
la même observation, au lieu de se borner aux pierres formant le 
cadre des ouvertures, ne doit point s'étendre aussi à celles qui 
constituent le corps de la muraille. 

Dans ce cas, tout en admettant avec le R. P. Vincent que ces 
pierres aient servi primitivement à constituer le second mur, je 
serais d'avis qu'elles ont été transportées ici de leur site primitif, 
qui doit se trouver alors de l'autre côté de l'escarpe, c'est-à-dire 
du côté oriental de la rue Khan ez-Zeit. Cette rue elle-même aurait 
ainsi été établie par la suite dans le fossé creusé autrefois pour la 
défense du second mur. Ainsi l'escarpe découverte à l'orient du 
mur de Constantin ne serait autre chose qu'un reste de la contres- 
carpe ancienne. Je dis un reste, car la contrescarpe devait évi- 
demment avoir plus d'un mètre de haut. Elle est actuellement à la 
cote 754 m. 10. Or, si Ton considère l'état des courbes de niveau 
en cet endroit, on est obligé d'admettre que le rocher naturel a 
subi un travail de nivellement, non seulement sur l'emplacement 
de la basilique constantinienne, mais aussi dans les environs. Le 
roc du Gareb semble, en dévalant vers le Tyropéon, avoir produit 
ici un gisement, resserré entre la partie nord et recourbée de cette 
vallée et la vallée transversale venant de la porte de Jaffa, formant 
plateau et assez semblable à celui qui se trouve sur le côté nord-est 
du Sion traditionnel. Ce gisement est bien caractérisé par la courbe 
750, surtout quand on la compare à la courbe 765 et à celles qui 
l'ont suite dans le sens de l'élévation. Derrière la rotonde du Saint- 
Sépulcre le roc effleure encore à 760 mètres, tandis que le niveau 
de la basilique est 755. Le Calvaire, coté 760, devait former en cet 
endroit un mamelon, isolé par des vallons des sommets avoisinants, 
qui pouvaient bien, eux aussi, avoir une hauteur sensiblement 
pareille. Ce qui porterait à le croire, c'est que le Saint-Sépulcre, 
avant d'avoir été endommagé par la piété peu éclairée des cons- 
tructeurs de la basilique constantinienne, était creusé dans le flanc 
d'une roche qui atteignait nécessairement à peu près cette hauteur. 
D'ailleurs, l'uniformité de surface du roc, qui forme escarpe sous 



486 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

le mur, étant à 754 mètres actuellement, semble bien indiquer que 
primitivement l'élévation inégale de cette masse devait être plus 
considérable. La contrescarpe aurait été diminuée peut-être d'abord 
pour la construction des maisons bordant la nouvelle rue, puis 
sans doute aussi par Constantin, pour obtenir son esplanade uni- 
forme. 

Ceci suggérerait encore que les vestiges de gros mur trouvés 
également plus au sud, au Mouristan, à l'emplacement de l'église 
allemande dite Erlôser Kirche, pourraient bien avoir une prove- 
nance identique, comme on y avait pensé déjà, quoi qu'en dise 
M. K. (p. 95). Cela ramènerait à un tracé du second mur par- 
tant à peu près de ce qu'on a pris autrefois pour un vestige de la 
porte Gennath et s'adaptant plus correctement que le mur en zig- 
zags de Schick à la simplicité de la description de Josèpbe, quand 
il dit de ce mur que, partant de la porte Gennath « et n'enveloppant 
que la région nord seulement », il « remontait jusqu'à lAnlonia » 
(B. h, V, 4, 2). On a fait observer que les vestiges de la porte sem- 
blent ne pas remonter au temps de l'historien : cela n'a rien 
d'étonnant, étant donné que Titus renversa les murailles ; mais 
une porte postérieure aurait pu être construite sur l'emplacement 
de l'ancienne. 

La conclusion de tout cela, c'est que, si l'on veut, en dehors de 
tout parti pris, trouver réellement le mur tant désiré, il serait in- 
dispensable que l'on fît dans la rue Khan ez-Zeit, et surtout du cul/ 1 
oriental de cette rue, quelques fouilles intelligentes, pour s'assurer 
si cette rue n'est pas un ancien fossé de remparl et si l'escarpe du 
mur ne se trahirait pas à l'est de la rue, portant peut-être encore 
en quelque endroit des pierres semblables à celles du mur de Cons- 
tantin et de l'église allemande. 

Comme je l'ai dit, en effet, plus haut, on ne saurait songer à 
situer le second mur sur les pentes du Gareb sans lui donner une 
tranchée de protection contre ces mêmes pentes qui le dominaient. 

Aussi M. K., comme jadis le colonel Conder(7V/// work in Pales- 
tine, p. 194, pour n'avoir pas envisagé l'hypothèse de ce fossé, 
se refuse à admettre un mur en cet endroit, parce qu'il ne se trou- 
verait pas dans les conditions exigées par la fortification stratégique ; 
et dès lors, il n'hésite pas à rejeter l'authenticité du site tradi- 
tionnel du Saint-Sépulcre comme ne pouvant pas s'être trouvé en 
dehors de la seconde enceinte p. 94), sauf à se rallier au « Gordoifs 
Toinb », qu'il indique sur sa carte comme le « Golgothapro^6A°». 

M. K. avoue (p. 182) avoir admis déjà dans un travail précédent 
« que cette Tète fixée sur la grotte de Jérémie est réellement (wir- 



TOPOGRAPHIE DE L'ANCIENNE JÉRUSALEM 187 

klich) la colline sur la chauve élévation de laquelle le Sauveur 
souffrit autrefois le supplice delà Croix ». Si c'est un argument que 
prétend donner ici M. K., je lui ferai observer qu'il n'est pas con- 
vaincant. De ce que ce rocher aurait conservé la forme d'une « Tète 
chauve », ce n'est pas suffisant pour pouvoir affirmer que c'est le 
seul qui ait eu autrefois aux: environs de Jérusalem une forme 
semblable, surtout étant donné que celui que l'on conserve dans 
l'église du Saint-Sépulcre semble bien avoir eu autrefois pareille 
forme et en avoir gardé quelque chose, malgré les constructions 
qui lui ont été adossées et les ornementations qui le voilent. Cet 
argument tiré de la forme ne suffit pas non plus pour prouver que 
celui de Gordon est bien celui qui fut nommé autrefois Golgotha. 

M. K. ajoute, citant Soden [Reisebriefe ans Palàstina) : « Ce que 
l'église du Sépulcre ne donne pas et ne peut donner, à savoir le 
caractère de cette cime devant les portes, en vue des rues, sous le 
ciel libre, cela est donnépar cette colline tranquille, sans construc- 
tions. Ici, on peut faire son Vendredi-Saint en esprit. » A quoi Fau- 
teur ajoute : « En face de cette colline du Golgotha, s'ouvrent, sous 
l'escarpe qui porta autrefois comme aujourd'hui le rempart, les 
larges souterrains appelés aujourd'hui « les grottes de coton », qui, 
du temps de Jésus, étaient nommées « les cavernes royales. » 
Ibid. 

Tout cela me paraît fort peu scientifique, plutôt puéril, et, en tout 
cas, n'ajoute rien de sérieux à l'argument précédent. J'ai déjà dit 
que, pour ce qui concerne « le caractère de lacîme », ou la forme 
de « tête chauve », il est inexact de prétendre que le Golgotha tra- 
ditionnel ne le donne pas. A moins que l'argument de M. Soden ne 
tire sa force de ce fait que l'un est caché par des « constructions », 
tandis que l'autre est sous le « ciel libre ». Mais un pareil raisonne- 
ment serait, je le répète, pur enfantillage, et il y aurait lieu de s'éton- 
nerqueM. K. lui eût donné asile, dans un livre si sérieux et plein de 
si bonnes choses. Quant au fait que cette cime se trouve « devant 
les portes » ou « en face» de « l'escarpe qui porta autrefois comme 
aujourd'hui le rempart », il y a là une inexactitude historique. Le 
troisième mur, dont M. K. admet avec raison, je l'ai déjà dit, que le 
tracé, du moins en ses points principaux, devait concorder avec 
le mur actuel (p. 53) n'existait pas au temps du Christ, puisque 
ce fut le roi Agrippa qui l'entreprit le premier. Quant à l'argu- 
ment tiré de la « tranquillité » et de la « paix », c'est un argument 
de sentiment. Cela vaut peu en matière archéologique. D'ailleurs, 
s'il valait, ce serait uniquement pour prouver que peu de gens 
croient au Golgotha de Gordon. 



188 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Quant aux « grottes de coton », j'avoue ma parfaite ignorance du 
rapport qu'elles peuvent avoir avec le vrai Golgotha. 

Feu Major G. Wilson, traitant le même sujet dans son Golgotha, 
faisait observer que le nouveau Calvaire dit «protestant» avait 
dû en grande partie ce qu'il eut jamais de succès au Murray's 
Handbook to Palestine. Le Major ajoutait que les éditeurs de cet 
ouvrage avaient jugé à propos de retrancher cette identification de 
leurs dernières éditions. Je crois que M. K. ne perdrait pas grand 
chose à imiter cette prudence. Il voudra bien m'excuser si je n'ap- 
porte rien de positif ici contre la thèse qu'il défend : je le ferai dans 
le travail dont j'ai déjà parlé. 

Quant au nouveau tracé que M. K propose (p. 95) pour le second 
mur, tracé qui enfermerait le Saint-Sépulcre dans l'ancienne ville, 
il suffira de dire qu'il n'est fondé lui-même sur aucune donnée 
historique, ni archéologique. 



L'Esplanade du Temple. 

M. K., parlant des vastes souterrains situés sous l'angle sud-est 
de l'esplanade et appelés de nos jours «Ecuries de Salomon», donne 
des références tirées de Josèphe qui ne sont pas ad rem (p. 125). 
En effet, dans les textes en question il s'agit d'une façon indéter- 
minée de canaux souterrains de laville, dans lesquels les habitai) ts, 
d'après l'historien juif, cherchèrent un refuge pour se soustraire à 
leurs ennemis. L'un de ces textes (B. J., V, 3, 1) dit tout au plus 
que les vaincus, après la prise de la ville par Titus, se frayant un 
chemin par ces conduits souterrains, parvinrent jusque sous le 
temple; mais rien ne fait formellement allusion aux « écuries de 
Salomon », comme le voudrait l'auteur. Le texte B. J., VI, i), 4, ne 
parle lui aussi que de conduits souterrains de la ville, que les 
Romains défonçaient en fouillant le sol. 

Ce que M. K. dit (p. 131) de la «porte à degrés », qu'il identifie 
avec la porte dite « de Barclay », est, par contre, en parfaite con- 
formité avec le texte de Josèphe (A.J., XV, 11, 5), quoique notre 
auteur ne le cite pas. Quant à l'opinion de M.Warren, qui voudrait 
placer celte porte au nord de l'arche de Wilson, elle est insoute- 
nable ; car, si jamais il y eut une vraie porte en cet endroit, ce qui 
me paraît fort douteux, ce ne pourrait être qu'une des deux portes 
que, sous les Hasmonéens, on mit de plain-pied avec la ville, d'après 
Josèphe, en comblant la vallée en cet endroit. J'avoue cependant 



TOPOGRAPHIE DE L'ANCIENNE JÉRUSALEM 189 

que les deux portes en question me paraîtraient mieux situées sur 
l'emplacement de Bab el Katanin et Bab el Hadid. 

M. K. émet l'avis (p. 138) qu'après le retour de la captivité, le 
palais des rois ne fut pas rebâti et qu'à sa place se serait élevée la 
fameuse « Acra », dont Josèplie parle tant, observe-t-il justement, 
sans nous dire nettement où elle se trouvait, ce qui fait que chacun 
la place à sa façon. C'est là encore une question que je traiterai 
plus en détail ailleurs. Pour le moment, je me contenterai de dire 
que l'opinion de M. K. n'est fondée sur rien d'objectif. Rien ne 
prouve en effet que les rois de Juda n'aient pas continué d'habiter 
l'ancien palais de Salomon. De ce qu'on ne parle pas de la restau- 
ration du palais, on n'est pas en droit de conclure qu'elle n'ait point 
eu lieu . En tout cas, pour transporter ailleurs le palais des rois, on 
n'a rien de positif. 

A propos de la partie sud-ouest du mur d'enceinte du Haram, 
M. K. remarque (p. 1 40) que les pierres placées au-dessous du 
dallage de l'ancienne rue du Tyropéon parurent n'avoir point souf- 
fert des injures du temps, tandis que celles qui leur sont superpo- 
sées et forment les couches supérieures semblent, au contraire, 
avoir été avariées. Il en conclut à bon droit que les premières 
furent dès le principe enfouies sous le sol, tandis que les autres 
demeurèrent exposées à l'air libre. Mais il a tort d'appliquer ici le 
fameux texte de Josèphe (B. J., V, 4, 1) qui, d'après le contexte lui- 
même, concerne seulement la partie de la vallée qui séparait la 
colline du temple de la « troisième colline », ou colline du Calvaire. 
C'est là seulement que la vallée fut comblée sous les Hasmonéens, 
avec les débris de l'Acra, — ce qui prouve que l'Acra était plutôt 
au nord du temple, comme je l'ai indiqué plus haut, à l'endroit où 
M. K. nous a fait observer lui-même les traces du changement subi 
par le roc — ; et cette vallée, nous dit l'historien juif, fut comblée 
de façon à mettre les entrées du temple, de ce côté, de plain-pied 
avec la ville. Ce dernier point prouve, à n'en pas douter, qu'il ne 
s'agit pas pour Josèphe de la partie sud-ouest de l'enceinte, comme 
le voudrait M. K , puisque cette dernière partie, d'après Josèphe, 
ne comportait pas d'entrées de plain-pied, mais l'une supportée 
par l'arche de Wilson et l'autre à escaliers descendant dans la 
vallée. 

M. K. agite à ce sujet une autre question. D'après lui, les pierres 
à bossages, tout comme les pierres lisses qui leur sont superpo- 
sées, seraient ('gaiement l'œuvre d'Hérode, qui aurait employé les 
premières pour les parties des fondations enfouies sous le sol et 
aurait réservé les secondes pour les parties visibles de l'édifice 



190 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

(pp. 140, 141 j. Je n'oserais, quant à moi, trancher une question si 
difficile aussi résolument. 

Parlant de l'arche de Robinson (p. 141), notre auteur la juge 
moins ancienne que celle de Wilson. Il est certain que Josèphe ne 
parle que de l'une des deux, et il semble bien que c'est de celle de 
Wilson, qui conduisait au palais royal, qui reliait le temple au 
Xyste, celui-ci étant près du mur (B. J. , V, 4, 2), qui était l'entrée 
principale du temple. Le fait que c'est sur cette arche que passait 
l'ancien aqueduc pour pénétrer dans le temple favorise également 
cette hypothèse. M. K. parle de cette arche plus loin (pp. 143-144) S 
Quant à celle de Robinson, il cherche à en faire un pont qui aurait 
supporté les marches de la. porte à degrés de Josèphe. Cette iden- 
tification ne me paraît pas heureuse. Josèphe dit, en effet, positive- 
ment que ces degrés descendaient nombreux de la porte dans la 
vallée pour en remonter ensuite dans la ville : paOuisiv -rroXXaiç xàrco 

te sic TTjV cpocpayya oi£[XY|[X{j.£VY| xcd xtio tauTT|Ç àvto TràXtv etù tyjV 7i£,6a6a<Jiv 

(A. J., XV, 11, 5). Il faut observer, en outre, que Josèphe ne parle 
pas de celte arche. Il dit positivement loc. <it.) que de ce côté 
(occident) l'esplanade avait quatre portes : une conduisant au palais 
royal en coupant la vallée, deux donnant accès au faubourg 
(*poà<TT£tov) , ce qui, pour l'historien juif, est, on le sait, la parlie de 
la ville enfermée dans le second mur, et une quatrième, qui est 
la porte à degrés, conduisant au reste de la ville, c'est-à-dire sur 
la colline du Sion. Donc il faut admettre que, du temps de Josè- 
phe, l'arche de Robinson n'existait pas. Donc elle serait posté- 
rieure, à moins que Ton suppose, — ce qui ne semble pas être 
l : avis de ceux qui ont étudié la maçonnerie de cette muraille, — 
que la partie du mur où se trouvent encastrés les vestiges de celte 
arche soit d'une construction antérieure à Hérode. 



La Question HYDROGRAi'iiiuuE. 

M. K. aborde ensuite une autre question, qui est, elle aussi, 
d'une grande importance pour la topographie de l'ancienne ville, 
la question hydrograpliique (sources, citernes, conduits d'eau) et 
on peut dire en général qu'il la résume assez bien. Cette question 

1. A noter à ce sujet une inexactitude, lorsque M. K. dit que ce pont dut être détruit 
lorsque les partis se disputaient la ville, pendant le siège de Titus (p. 144). Josèphe 
affirme (B. J., VI, 6, 2) qu'après l'incendie du temple, au moment des pourparlers entre 
Titus et les rebelles, le pont les séparait. 



TOPOGRAPHIE DE L'ANCIENNE JÉRUSALEM 1 91 

est importante au point de vue topographique, parce que, vu le 
texte de l'Ecriture dont j'ai parlé plus haut, où il est dit que le roi 
Ezéchias amena leGihôn à l'occident de la ville de David, on place 
cette ville de David diversement, suivant la façon dont on identifie 
Le Gihôn. 

Tous ceux qui sont au courant de la discussion savent que la 
ville de David, le Sion, le lieu du tombeau de David sont, au 
point de vue topographique, une seule et même chose. Je m'étonne 
que M. K. semble ignorer cette conclusion qu'admettent cependant, 
d'après des textes irrécusables de l'Écriture, les champions de 
l'Ophel comme les tenants de la tradition. Aussi, après avoir avec 
les traditionnalistes placé le Sion sur la colline sud-ouest, comme 
nous l'avons vu plus haut notre auteur semble admettre avec les 
Ophélites et le tombeau de David sur la colline orientale (p. 184), 
et que les cinq marches découvertes par M. Bliss, et qui donnaient 
accès à l'étang inférieur de Siloé (sans doute la natatoria Siloé de 
l'Évangile), peuvent être les fameux « degrés de la cité de David » 
dont il est question au livre de Néhémie, et qu'alors la cité de 
David se serait trouvée sur l'Ophel (pp. 196, 197), et le mur fort 
douteux de M. le professeur Guthe à l'orient de la colline, et sur- 
tout le fait que Siloé ait été enfermée dans l'ancien mur, et l'iden- 
tilication de la « fontaine de la Vierge » avec le Gihôn et du « bir 
Eyoub » avec En Rogel, et enfin celle du tunnel de Siloé avec le 
fameux aqueduc d'Ezéchias. 

Quant à ce dernier point, il est bon de remarquer que l'identifi- 
cation de ce tunnel, dont on semble faire de nos jours comme un 
axiome, n'est après tout, — et Ton s'en convaincra aisément si l'on 
veut bien approfondir la question sans parti pris — , qu'un postulat. 
Tout ce que la science affirme de ce conduit, d'après l'inscription 
qui y fut découverte en 1880 et dont noire auteur donne la traduc- 
tion pp. 174-175, c'est que ce canal est très ancien, qu'il peut 
remonter aux époques les plus reculées de l'histoire juive. Mais, 
pour affirmer qu'il soit celui d'Ezéchias, il faut admettre que le 
texte de l'Écriture ne peut s'expliquer que par ce conduit, ce qui 
est simplement faux, comme les données archéologiques repro- 
duites par M. K le démontrent. En d'autres termes, s'il n'y a que 
ce canal qui puisse être le conduit d'Ezéchias, la théorie de l'Ophel 
s'impose, Mais l'archéologie ne permet pas d'admettre l'antécédent 
de l'argumentation. 

.li* ferai observer tout d'abord que nous avons déjà, comme 
présomption contre celte Identification, les faits suivants : que le 
réservoir supérieur de Siloé, qui fait un avec le conduit, est appelé 



192 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

par Josèphe « la piscine de Salomon » (B. J., V, 4, 2) \ ce qui ne 
s'expliquerait pas si le conduit était d'Ezéchias ; que le fameux 
rocher Zohéleth, comme le reconnaissent les savants au courant de 
cette question, a été retrouvé par M. Clermont-Ganneau eu face de 
la fontaine de la Vierge 2 , ce qui obligerait à admettre que le vrai 
nom de cette fontaine n'est pas Gihôn, comme le veulent les 
tenants de l'Ophel, mais EnRogel, d'après la Bible, et qu'en con- 
séquence, le Gihôn doit être cherché à l'opposé ; enfin que, si l'hy- 
pothèse des Ophélites était admise, il faudrait logiquement récuser 
le témoignage de Josèphe, non seulement en tant qu'il place le Sion 
sur la colline sud-ouest, mais encore quand il décrit V ancien mur 
de la ville, si exactement retrouvé par M. Bliss. Cet explorateur 
avoue, en effet, que ce qui Ta guidé dans ses recherches, c'est le 
texte de l'auteur juif. On a fait valoir bien d'autres inconvénients 
encore : ce n'est pas le lieu de les rapporter. Revenons plutôt à 
l'argument : le canal de Siloé est-il le seul qui puisse expliquer le 
texte relatif à Ezéchias ? 

Ici, comme dans la question des murs, l'archéologie donne 
raison à Josèphe et avec lui à la tradition. 

Si En Rof/el doit être localisé à la fontaine de la Vierge, il est 
naturel de chercher Gihôn à l'opposé, d'après le récit du sacre de 
Salomon dans l'Ecriture. Or, nous avons, au nord-ouest de la « ville 
de David » de la tradition, un grand réservoir qui a gardé le nom 
de « piscine d'Ezécbias ». M. K. fait observer (p. 150) qu'il est, en 
toute hypothèse, d'un travail fort ancien et se trouve relié par un 
conduit avec le Birket Mamilla, à l'ouest de la ville. Ailleurs (p. 164) 
le même auteur remarque que, dans les fondations de la « Tour de 
David », se trouve une vieille citerne, alimentée aussi par le con- 
duit de Mamilla. « Deux anciens conduits, écrit-il plus loin (p. 166), 
entrent dans la ville, venant de l'ouest. C'est d'abord celui qui, 

1. M. K. fait à ce sujet la remarque suivante (p. 149) : « Le plus grand étang, celui 
d'en bas, Birket el Hamra, est regardé par plus d'un explorateur comme le plus 
ancien réservoir, peut-être construit par Ezéchias, et appelé dans l'Écriture (Néh., 
il, 14) « l'étang du roi » et qui avait peut-être le but secondaire d'arroser de son eau 
fécondante les « jardins du roi » situés auprès. » En lisant attentivement le texte cité, 
on verra que ce texte se rapporte plutôt, comme celui de Josèphe, au réservoir supé- 
rieur. On sait, en outre, que ces « jardins du roi » doivent leur origine à Salomon. Le 
rapprochement indiqué par M, K. aiderait à comprendre l'expression de Josèphe et 
porterait à croire (pie le conduit et le réservoir auraient pu ue faire qu'un avec ces 
fameux jardins. 

2. M. Kucmmel donne cette découverte d'une façon hypothétique (p. 198). Néan- 
moins ce qu'il ajoute est vrai : « S'il a raison (M. Cl. Ganneau) on aurait gagné par la 
un fondement non seulement sûr, niais encore extrêmement important pour la topo- 
graphie de l'ancienne ville. » 



TOPOGRAPHIE DE L'ANCIENNE JÉRUSALEM 193 

venant de l'étang Mamilla, entre, à la porte de Jaffa, à travers le 
mur de la ville et débouche clans le birket hammam el batrak 
(piscine d'Ezéchias . A une autre citerne, dans les fondements de 
la tour, sise au nord-ouest de la Citadelle et dont les fondations 
sont regardées comme celles de la tour Hippicus d'Hérode, on a 
retrouvé les restes de l'ancien conduit qui, d'après la description 
de Josèphe, pénétrait dans cette tour (B..J., V, 7, 3). Le second 
conduit, venant du nord-ouest, fut découvert dans l'établissement 
russe (au nord-ouest de l'enceinte moderne) ; près de la forteresse 
de Goliath [Kasr Djalout , il traverse le mur de la ville et se dirige 
au sud-ouest vers le patriarcat latin. Quant à savoir si ces con- 
duits répondent à celui d'Ezéchias, dont on a parlé plus haut cela 
demande à être confirmé par de plus amples découvertes. Lequel 
de ces deux conduits doit être regardé comme venant du « conduit 
supérieur », la question demeure encore aujourd'hui ouverte. . . Il 
est possible que le conduit supérieur s ouvre dans un étang décou- 
vert sur la hauteur à l'ouest de la citadelle, qui, à son tour, aurait 
alimenté le Mamilla. Il est également possible, si le conduit supé- 
rieur a eu pour but de pourvoir d'eau le nord de la ville, qu'en 
contournant l étang Mamilla, il allât rejoindre le conduit de réta- 
blissement russe, pourvu que les élévations du canal autorisent 
cette supposition. » 

M. K. nous parle encore d'un canal certainement très ancien, 
pouvant, selon lui, remonter jusqu'au temps d'Ezéchias (p. 168), 
qui descend du nord au sud au fond de la vallée de la ville (le 
Tyropéon) à partir à peu près du point de débouché, clans cette 
vallée, de la vallée transversale; en partie creusé dans le roc, en 
partie fait en maçonnerie, atteignant jusqu'à 3 m. 66 de haut et 
1 m. 22 de large, muni d'espace en espace de citernes arrondies, 
dont le fond forme une cuvette ou puits plus bas que le lit du 
canal et dont le sommet est muni d'un trou d'homme. 

D'autre part, notre auteur nous parle en divers endroits du 
fameux conduit ancien, qui allait de la tour de David vers le 
temple, déjà cité par Moujir-ed-Din et retrouvé de nos jours, soit 
près du temple par M. Warren, soit par M. Johns (et non par 
Schick, comme dit l'auteur) lors de la construction de l'église pro- 
testante anglaise sur le nord du Sion, d'une largeur de 0.43 — 0.63 
et dune hauteur de i in. — 1 m. 83, taillé entièrement dans le 
rocher dans sa partie occidentale. Il est vrai qu'influencé sans 
doute par les dires de Moujir-ed-Din, M. K. en parle constamment 
comme d'un passage souterrain. Cependant il finit par avouer 
p. INI que ce canal, étant cimenté, semble avoir servi de conduit 

T. LVI, N« 112. 13 



194 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

d'eau. Cette conclusion semble, en outre, confirmée par ce que dit 
notre auteur (p. 134), que ce fameux passage aboutit à des souter- 
rains servant les uns de cloaques, les autres de citernes. 

Enfin, M. K. émet l'avis que l'ancien aqueduc, venant des Vasques 
de Salomon, qui va couper la vallée de Hinnôm au-dessus du birket 
es-Soultan, pourrait bien avoir constitué lui-même le fameux 
conduit supérieur qui amenait l'eau à l'occident de la ville de 
David (p. 172 . 

En tout cas, — et, si j'ai insisté sur ce point, c'est qu'il est d'une 
importance fondamentale pour la topographie de l'ancienne Jérusa- 
lem, — rien % on le voit, n'autorise la conclusion admise trop docile- 
ment et trop généralement, que le tunnel de Siloé peut seul être 
l'aqueduc d'Ezéchias. 

Parlant des citernes et réservoirs de la ville, M. K. émet l'avis, 
(p. 151) que le réservoir appelé birket lsrain ou Israil et situé à 
l'angle nord-est de l'esplanade du temple, peut remonter, quoique 
Josèphe n'en fasse pas mention, jusqu'au temps des rois de Juda 
ou même à la période préexilitique. Comme je l'ai indiqué plus haut, 
je ne crois pas que cette manière de voir puisse être admise. Je 
pense que. si Josèphe n'en a pas parlé, c'est que de son temps ce 
birket n'était autre chose que l'extrémité orientale du fossé de 
protection de la partie nord du second mur. 

Je suis également d'avis que certaines identifications portées sur 
la carte de M. K., à propos des réservoirs surtout, n'étant pas 
garanties par la science, mais simplement hypothétiques, devraient 
être laissées de côté. Pourquoi indiquer, par exemple, qu'au moyen 
âge on a pris ce birket Israïl pour la piscine de Bethesda ? Des 
documents graves et anciens placent cette piscine près de l'église 
de Sainte-Anne, là même où les o Pères blancs » ont découvert 
sous le sol la vaste piscine dont M. K. parle, mais sans appuyer sur 
cette identification, que je crois l'une des plus certaines que nous 
ayons. Rien n'autorise, à mon avis, l'identification du birket es- 
Soultan avec la « fontaine du dragon » de Nébémie. 

Le même auteur a le tort de paraître attribuer à M. Bliss ^p. 174) 
l'idée que la grande courbe sud du canal de Siloé serait due à la 
présence en cet endroit des tombeaux des rois de Juda. C'est 
M. Clermont-Ganneau, comme d'ailleurs M. K. le reconnaît en un 
autre passage (p. 192 , qui fut le premier à émettre cet avis, que je 
regarde d'ailleurs comme n'étant pas fondé. 

Lorsque M. K., parlant de la double piscine découverte au nord- 
ouest du site de l'Antonia p. 170), prétend que cette piscine serait 
un vestige du fossé qui protégeait la forteresse, il fait évidemment 



TOPOGRAPHIE DE L'ANCIENNE JÉRUSALEM 195 

errent*, puisque Josèphe raconte (B. J., V, M, 4) que Titus construi- 
sit l'un des deux af/r/eres qu'il disposa dans ce fossé, au milieu de 
la piscine Strouthion. ce qui suppose que la piscine existait déjà 
dans le fossé et, par conséquent, qu'elle ne constituait pas le fossé 
lui-même '. 

La théorie émise plus loin par notre auteur (pp. 177 et 194), 
d'après laquelle il faudrait attribuer à Hadrien et la voûte de cette 
piscine et le dallage du fossé tel qu'on l'a retrouvé de nos jours, et 
l'arc dit de YEcce Homo, ne repose sur aucun fondement objectif. 
Le dallage et l'arc me paraissent plutôt remontera Hérode pour des 
raisons que j'exposerai ailleurs. 

De même, l'identification du canal qui s'ouvre au sud de cette 
même piscine, et dans lequel M. K. veut voir le fameux 
« Mordgang am Siratonsturm » (p. 177), me paraît bien hasardée. 
Comme il sortait d'une piscine, qui était alors piscine, il est 
naturel de le prendre plutôt pour un conduit de déversement. J'en 
dirai autant des divers canaux qui relient les citernes du Haram 
entre elles p 178). 

M. K. dit encore (p. ISO du conduit d'égout retrouvé par 
M. Bliss sous le dallage de la rue du Tyropéon, près de Siloé, qu'il 
reçoit sur son parcours beaucoup de canaux de déversement 
venant des deux cotés. Je ne sais sur quelle autorité M. Kuemmel 
fonde cette assertion. Quant à M. Bliss, lorsqu'il raconte les décou- 
vertes qu'il fît en ce point [Excavations, p. 170 , il parle bien de 
« nombreux conduits latéraux aboutissant au conduit principal », 
mais, sans dire qu'ils viennent des deux côtés, il donne une conclu- 
sion qui semblerait indiquer plutôt le contraire, à savoir « que la 
colline de l'ouest fut occupée aux époques les plus reculées ». 

Ce que M. K. dit des tombeaux des rois d'Adiabène (p. 184) me 
paraît très bien résumer ce qui est connu à ce sujet. 

11 est moins heureux quand p. IS()i il propose l'identification du 
mon ument dit d'Absalom avec le tombeau d'Alexandre Jannée, que 
h 1 teîte de Josèphe, dont la référence est donnée ici, place plutôt 
vers le nord-est de la ville. 

A propos des anciens monuments, je ferai observer que, si notre 
auteur place le palais d'Hérode conformément aux données histo- 
riques que nous possédons, on ne saurait en dire autant de l'empla- 
cement qu'il assigne à celui des Hasmonéeus cf. Karlej. Plusieurs 

1. 1>< roc qui se voit encore actuellement à fleur du sol et au triêifle niveau 1 que le 
dallage dans la cour du nouveau couveut des RR. PP. Franciscains, en cet endroit, 
contredit également cette hjpotu< 



196 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

textes de Josèphe localisent, en effet ce dernier palais au même 
endroit que celui cTHérode et portent à croire que le roi parvenu 
n'aurait fait qu'aménager plus somptueusement le palais royal 
déjà existant. Ainsi il est dit (B. J., II, 16, 3) que « la maison des 
Hasrnonéens » se trouvait « en haut du Xyste, à l'extrémité de la 
ville haute ». Josèphe dit encore (A. J., XX, 8, 1-1) : « Le palais 
royal avait été construit autrefois sous les fils d'Hasmonée, et, 
placé sur un lieu élevé, il offrait une vue superbe, etc. ». Ce ne 
serait pas le cas pour remplacement que lui assigne M. K. Le 
contexte de ces deux passages me semble indiquer comme situa- 
tion de ce palais l'extrémité orientale du plateau du Sion, tandis 
que le palais d'Hérode se serait trouvé du côté occidental. Dans 
cette position, on comprend, en effet, qu'Agrippa, ayant réuni le 
peuple au Xyste, ait pu placer sa sœur Bérénice « en vue, sur la 
maison des Hasrnonéens », et qu'Agrippa lui-même, ayant aménagé 
ce palais, pût de là « contempler de loin ce qui se passait dans 
l'intérieur du temple ». 

En outre, pourquoi, sur sa carte, notre auteur place-t-il au palais 
royal le prétoire de Pilate? Le prétoire suivait le préteur. Que 
Pilate ait habité au palais royal, cela semble ne pouvoir être nié ; 
mais cette indication de M. Kuemmel semble signifier le pré- 
toire où Jésus fut jugé. Or, il est, à mon avis, beaucoup plus 
probable qu'au moment des fêtes de la Pàque, Pilate dût se 
trouver à l'Antonia, où les soldats en ce temps surveillaient le 
peuple pour arrêter toute sédition. En tout cas, l'archéologie ne 
donnant rien sur ce point, cette indication sur la carte me paraît 
déplacée. 

A ce propos, puisque je parle de la carte, tout en félicitant 
M. K. pour la magnifique exécution de son œuvre, je me per- 
mettrai d'attirer encore son attention sur quelques détails. Cette 
carte serait, à mon avis, plus conforme aux données des documents 
que nous possédons, si l'auteur supprimait cette indication de 
YAcra, même avec un point d'interrogation, là où il l'a mise. Sans 
retrancher ce mot, je proposerais de l'incliner, tout en le laissant 
sur le plateau qu'il occupe, de façon à le faire correspondre avec le 
mot Untcrstadt et de les réunir par le mot oder, ce qui formerait 
l'indication : Acra+oder Untcrstadt : tout cet espace, en effet, était 
occupé par la ville basse de Josèphe, appelée aussi Acra. 

L'indication Ehemalige Vorstadt, allant du birket hammam el 
batrak au Haram, n'est pas sûre non plus. Pourquoi l'auteur ne 
la disposerait-il pas plutôt parallèlement au mur occidental de 
l'esplanade du temple, depuis le sud de l'hospice autrichien jusqu'à 



TOPOGRAPHIE DE L'ANCIENNE JÉRUSALEM 197 

Tariq bab es Silsclé? Elle resterait alors vraie dans toutes les 
hypothèses. 

Quant à l'indication Ehemalige Neustadt, elle devrait, d'après 
les données de Josèphe, se prolonger jusqu'au dessous de Bezétha, 
car le Bezétha de Josèphe faisait partie de cette « nouvelle ville ». 

M. K. trouvera peut-être ma critique un peu pointilleuse. 
Cependant je ne me suis laissé guider dans cette étude par aucun 
esprit de dénigrement L'œuvre accomplie par le docte et patient 
auteur est trop précieuse et importante pour qu'il puisse en être 
ainsi J'ai dit loyalement ma façon de penser, trop heureux si mes 
humbles observations peuvent améliorer encore cette œuvre si 
remarquable. Telle qu'elle est, on ne peut nier qu'elle soit appelée 
à rendre de grands services. Perfectionnée dans une prochaine 
édition, elle deviendra le manuel classique qu'il faudra consulter 
pour savoir où en est aujourd'hui la question de la topographie de 
Jérusalem. 

Au point de vue pratique, il serait à désirer que, dans une nou- 
velle édition, M. K. trouvât moyen, soit en réduisant sa carte, soit 
de quelque autre façon, de joindre celle-ci à l'ouvrage pour rendre 
l'ensemble plus portatif. 

Il serait à désirer aussi que le tout fût traduit et publié en 
diverses langues, afin qu'un tel ouvrage trouve tous les lecteurs 
qu'il mérite. 

Paul Berto. 



LA 



LÉGENDE JUDÉO-CHRÉTIENNE DU COMPAGNON 



ATI PARADIS 



Le conte de R. Nissim.. 

Parmi les récits de R. Nissim, c'est surtout celui de « R. Josua 
ben Lévi et le prophète Élie » qui, ayant le même sujet que le 
conte de l'Ange et l'Ermite, a attiré l'attention et provoqué les 
recherches 1 . Nous allons traiter d'un autre conte qui soulève uu 
problème non moins curieux, déjà mentionné ou plutôt effleuré 
par ReinholdKohler 2 . Commençons par analyser ce conte 3 . 

Un docteur savant, pieux et humble, est impatient d'apprendre 
quel sera son compagnon dans le monde futur. Sollicité par ses 
prières et ses jeûnes, Dieu finit par lui désigner en songe un 
boucher pour compagnon. Notre docteur, affligé, désespéré, re- 
double jeûnes et prières. Dans une seconde vision, Dieu lui 
reproche de dédaigner l'homme sans connaître ses mérites. Le 
matin, le docteur se rend chez le boucher pour s'informer de « son 
œuvre ». Le boucher lui répond qu'il fait le partage de ses revenus : 
une moitié est consacrée à la bienfaisance, de l'autre il se nourrit 
avec sa famille. Le docteur n'est pas satisfait de ce renseignement, 

1. Gaston Paris, L'Ange et l'Ermite [La Poésie du moyen âge, I, Paris, 1903 8 , 
p. 171 et ss.}; Israël Lévi dans R. Ê. ./., VIII (1884), p. 64, 202; XLVIII (1904), 
p. 27. j. 

2. Kleineve Schriften, I, Weimar, 1898, p. 32, surfont p. 38. 

3. Grâce t à Pobligeance 'le M. S. Krauss, professeur à Vienne, je puis me servir de 
l'édition de Venise (N""PO p),' 1544, dont Zunz [Gottesdienslliche Vortràge, 1892», 
p. 141, n. a) fait l'éloge; notre conte s'y trouve p. 59 6-61 a; il est reproduit par 
Jellinek, Bel ha-Midrasch, V, 136-138. 



LA LÉGENDE JUDEO-CHRETIENNE DU COMPAGNON AU PARADIS 199 

car beaucoup de gens font plus de bien. Le boucher se tait long- 
temps. Puis il se met à raconter l'œuvre de sa vie. Plusieurs 
années auparavant, il avait rencontré une troupe de païens emme- 
nant beaucoup de prisonniers. Parmi ceux-ci, une jeune fille israé- 
lite pleurait amèrement, craignant d'être obligée de quitter sa foi. 
Notre boucher, non content de payer la rançon de la jeune fille, 
âgée alors de douze ans, l'élève encore chez lui et persuade son 
fils de la prendre pour femme. Un splendide repas de noces est 
préparé. Le père a invité tous les habitants de la ville et, pour ne 
pas faire rougir les pauvres, il les a placés parmi les autres convives. 
Partout la joie, la gaîté. À une seule table les convives ne mangent 
rien, parce que leur voisin, un jeune homme pauvre, ne cesse de 
gémir et de pleurer. Le boucher le conduit dehors et lui demande 
pourquoi il est si affligé ; s'il a des dettes, il les acquittera, — s'il 
veut emprunter, il lui prêtera. Alors le jeune homme présente un 
acte de mariage d'après lequel la jeune fille à marier lui avait été 
fiancée il y avait beaucoup d'années ; pour surcroit de preuve, il 
indique un grain de beauté qui se trouve sur le corps de la fiancée. 
Alors le boucher dit à son fils de renoncer à la jeune fille. Le 
repas continue, mais le fils du boucher cède sa place au jeune 
homme pauvre. Le boucher régale encore pendant quelques jours 
les nouveaux mariés, puis, les comblant de riches dons, il les 
laisse partir pour leur patrie. 

Le docteur, apprenant cette histoire, se sent heureux d'être uni 
à un tel compagnon. 



Le bon Gérard de Rudolf von Ems. 

Mainte légende reconnue d'origine juive a pénétré, bien indirec- 
tement d'ailleurs, dans un chef-d'œuvre et appartient, par consé- 
quent, à la littérature universelle. Telle d'abord la parabole du 
vrai anneau, attribuée par Ibn Verga à Ephraïm Sancho sage juif 
vivant à la fin du xi e et au commencement du xii" siècle ', et en- 
châssée par Lessing dans son Nathan. Telle la légende de l'Ange 
et l'Ermite passée dans le Coran, dans le Zadig de Voltaire et dans 

1. Hohebet Yehouda, éd. Wiener, Hannovcr, 1854, p. . r i4 ; traduction allemande, 
pp. 106, 107 : sur une parabole analogue «le Abraham Ahoulafia, voir Steinschneider, 
Hebmische Bibliographie-, IV, 78, et mou article : Sur (ieschichte der Parabel vom 
tchten Ringe, daoi leitichrift flir verr/leic/tende Lifleralurgeschiclt/e, XVI (1906), 
p. 481. 



200 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

tant de littératures '. Tel le récit du voyage de Josua b. Lévi au 
paradis et en enfer, qui peut servir d'analogie, sinon de source, 
pour la Divine Comédie 2 . 

Il en est de même pour notre légende. Avec son opposition entre 
l'humble vertu et la dévotion présomptueuse, avec l'heureuse combi- 
naison de ses éléments, soit narratifs soit didactiques, elle a revêtu 
sa forme classique dans une grande œuvre épique du poète alle- 
mand de la première moitié du xiii c siècle, Rudolf von Ems, épopée 
dont le héros est le bon Gérard, marchand à Cologne 3 . 

Rudolf von Ems rattache notre sujet à l'empereur thon le Grand, 
qui, après avoir lutté pour l'Eglise, et fondé la cathédrale et 
Févêché de Magdebourg, veut apprendre de Dieu quelle haute 
récompense lui est préparée pour son œuvre. Un ange apparaît et 
gronde l'empereur : oui, certes, une chaise lui a été destinée au lieu 
suprême, près de Dieu (vv. 528-530;, mais, en se vantant, il a 
compromis le salaire de ses bienfaits. Il doit s'humilier en allant 
chercher à Cologne le bon Gérard, qui est digne de la « couronne 
du royaume des cieux » (v. 548), « dont le nom est inscrit dans le 
livre des vivants » (v. 559 '•). Interrogé sur ses mérites, Gérard n'en 
veut rien savoir ; si, peut-être, il a donné ça et là des aumônes, la 
bière était sans doute aigre, le pain sûrement de seigle, l'habit râpé 
(946-956). L'empereur ne se contente pas de ce renseignement. 
Gérard offre mille marcs, s'il est dispensé de raconter le bien qu'il 
a fait. Othon ne cède pas. Ainsi pressé, le marchand finit par 
exposer l'œuvre de sa vie. 

De longues années auparavant, Gérard a débarqué avec son 
vaisseau chargé des trésors de l'Occident et de l'Orient sur la côte 

1. Signalons ici une tradition populaire hongroise sur ce sujet, que son éditeur, 
Ladislas Arany, écrivain éminent, a attribuée à l'influence des Sabbatariens. 

2. La priorité de la conception chrétienne de ces idées n'est peut-être pas tout ;i 
fait aussi évidente que M. Israël Lévi (H. Ê. 7., LUI. p. 160) ia présente ; voir, par 
exemple, Paggada sur Elie montrant ;ï un docteur ypni NP3P?ob "'pbo "O p3"l 
la compagnie céleste des rabbins, le siège éblouissant de R. Hiyya, etc., lUiba Me- 
cia, 85 b. Cf. encore la vision de Joseph, fil s de R. Josué, qui entrevoit ^1^7! ûbl^, 
un monde renversé, les supérieurs (puissants) eu bas, les inférieurs (humbles), eu 
haut ; heureux ceux qui arrivent munis de la sainte science ; le premier rang est 
réservé aux martyrs, dans leur enceinte aucune autre créature ne peut entrer : iJiyiïl 

■jnirrnû:! Ti»j>b nbirn ïrna bs "p» rrpb»i Baba Batra, 10 b. 

3. Le poème est publié par Moriz Haupt : Der gule Gerhard. Eine Erzahlung von 
Rudolf von Ems. Leipzig, 1840. Dante // Purgatorio, xvi, 124, 139) glorifie aussi un 
Bon Gérard; mais celui-ci n'a rien à faire avec mitre héros. 

4. La conception biblique du livre de la vie Evoile, xxxn, 32 ; Isaïe, iv, 3 ; 
Psaumes, lxix, 21); Daniel, vu, 10 ; xn, 1 , qui a passé dans l'Apocalypse (m, 5; xm, 
8; xx, 12, 15; xxi, 27 ; xxu, 19), est devenue courante au moyen âge chrétien aussi. 



LA LÉGENDE JUDÉO-CHRÉTIENNE DU COMPAGNON AU PARADIS 201 

du Maroc, là où Stranmûrde Castelgunt est le comte (lantgrâve) du 
pays et le burgrave de la ville 1 . Ébloui des richesses de Gérard, 
Stranmûr lui offre en échange son trésor à lui : douze jeunes et 
douze- vieux chevaliers anglais, puis quinze femmes chrétiennes, 
dont trois norvégiennes et douze anglaises, qui furent tous jetés 
par une tempête sur la côte du Maroc et mis en prison. Parmi les 
femmes se trouvait aussi Irène, fille de Raimond, roi de Norvège, 
fiancée au roi d'Angleterre Guillaume, qui l'a suivie sur un autre 
bateau et perdue de vue dans l'ouragan. Gérard hésite en face de 
cette affaire où il y va de son bien, de 50,000 marcs d'or. Un ange 
l'avertit de la conclure. L'esquif des prisonniers est équipé et leur 
est rendu. Les Anglais retournent en Angleterre, Irène va avec 
Gérard à Cologne, puisque la trace de son fiancé semble effacée. 
Trois ans et demi se passent. Enfin Gérard demande Irène en ma- 
riage pour son fils, nommé également Gérard. La princesse y 
consent, mais elle demande encore un délai d'une année. Ce 
terme aussi s'écoule. Les noces sont préparées. Le repas est gai et 
bruyant. Mais Gérard père remarque un jeune homme tristement 
appuyé sur une colonne. Gérard apprend de lui qu'il n'est autre 
que Guillaume d'Angleterre. Irène reconnaît aussi l'anneau qu'elle 
avait donné à son fiancé. Le jeune Gérard, suivant l'avis de son 
père, renonce au bonheur dont il a été si près. Le vieux Gérard 
procure aussi à Guillaume son royaume. Mais ces péripéties ne 
touchent plus à notre sujet. 

L'empereur Othon reconnaît que la vertu de Gérard surpasse 
toute autre -. 

Il suffit de mettre le récit de R. Nissim et de Rudolf von Ems l'un 
à côté de l'autre : la comparaison s'impose. Bornons-nous, pour 
l'instant, à relever les points de ressemblance. Voici d'abord le 
cadre commun : quelqu'un qui s'enorgueillit de ses mérites est 
confondu par le mérite supérieur d'un homme d'un rang inférieur. 
Puis le conte lui-même : le mérite supérieur, c'est la délivrance des 
prisonniers, d'une jeune fille déjà fiancée et puis destinée au fils de 
celui qui Ta sauvée ; de part et d'autre, c'est pendant le repas des 
noces que le premier fiancé arrive et trouble la gaîté des convives. 
De part et d'autre, c'est au moyen d'un signe extérieur (grain de 
beauté chez Nissim, anneau de fiançailles chez Rudolf von Ems) 
que la reconnaissance se fait. Mais l'analogie ne porte pas seule- 

I. Gérard est apostrophé « en païen >), ce qu'il ne comprend pas; ils s'entendent 
en français (y. 1345-1356 . 
±. V. 6664 : ùbergiïetet aile gùete. 



202 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ment sur le cadre et sur la fable, elle s'aperçoit aussi dans des élé- 
ments accessoires. Le boucher et Gérard hésitent également à faire 
profession de la grande œuvre de leur vie. Ils tâchent d'abord 
d'éluder le point important, en alléguant des aumônes qu'ils ont pu 
donner et dont Gérard cherche à amoindrir la valeur. Chez Nissim 
le trait est un peu effacé : le boucher doit réfléchir jusqu'à ce qu'il 
se souvienne de son mérite; chez Rudolf von Ems il brille d'un 
éclat héroïque : Gérard offre une grande somme pour se dispenser 
de faire parade d'un bienfait. 

Impossible de supposer un rapport fortuit. Mais avant de traiter 
les questions de dépendance, de priorité, d'origine, considérons 
d'abord d'autres légendes, tant chrétiennes que juives, qui touchent 
à notre sujet, en y ajoutant une fable mahométane sur le roi 
David. 



Légendes chrétiennes. 

La tâche de grouper les légendes chrétiennes qui nous regardent 
ici est bien facilitée par le travail de H. Dïintzer, de Reinhold 
Kôhler et surtout de K. Simrock*. Depuis leurs recherches, ces 
légendes sont devenues aisément accessibles dans le 73 e volume de 
la Patrologie latine de Migne consacré, ainsi que le 74 e , aux Vies 
des Pères. 

Eucharistius 2 . — Deux pères prient Dieu de leur révéler quelle 
mesure, quel degré ils ont atteint. Une voix leur dit: il y a dans 
telle ville en Egypte un homme du siècle, Eucharistius, et sa 
femme Marie, dont vous n'avez pas atteint la mesure. Les deux pères 
s'y rendent. Eucharistius se présente comme pâtre de brebis. Inter- 
rogé, il s'obstine à ne rien dire. Enfin, les pères déclarent qu'ils 
sont envoyés par Dieu. Alors Eucharistius ne résiste plus. Il avoue 
sa manière de vivre. Ce que Dieu leur donne, ils le divisent en trois 
parties: le premier tiers est consacré aux pauvres, le deuxième à faire 
l'hospitalité aux étrangers, et du troisième ils se nourrissent eux- 
mêmes. Ils ont gardé tous deux leur virginité. La nuit, ils sont 

1. Heinrich Dïintzer, Herders Legenden, Wenigen-Iena, 1860, p. 43, Die Krone ; 
R. Kôhler, Kleinere Schriften, I, 32 ss ; II, 389-393, 442-4 44 ; K. Simrock, Der gute 
Gerhard und die dankharen Tod/eii, Bonn, 1S56, p. 1-46. Simrock a aussi moder- 
nisé l'œuvre de Rudolf v. Ems, Der gute Gerhard von Kôln, Stuttgart, 1864». 

2. Migne, Patrologia La/ina, t. LXXM, p. 1006, n° 65fi. 



LÀ LÉGENDE JUDÉO-CHRÉTIENNE DU COMPAGNON AU PARADIS 203 

toujours vêtus de sacs. Et jusque-là personne n'a rien appris de 
leurs œuvres pieuses et pénitentes. 

Les deux pères s'en vont, admirant Eucharistius et glorifiant 
Dieu. 

Macaire Vaine ' entendit aussi une voix ; tu n'as pas atteint la 
mesure de deux femmes dans telle cité. Interrogées sur leurs 
mérites, elles prétendent d'abord n'en avoir point Enfin, elles 
racontent qu'étant devenues femmes de deux frères, elles vivaient, 
il y a quinze années, en paix et concorde. Elles ont proposé à 
leurs maris de les laisser entrer dans un couvent, mais ils n'v 
ont pas consenti. Elles ont donc fait le vœu de ne jamais prononcer 
un mot qui sente le siècle. 

Saint Pitirum [ou Pyoterius) et la vierge qui feint la folie 2 . — 
Dans un monastère des Tabennésiotes (Tabennesiotarum) vivait 
une vierge, «l'éponge du monastère», qui s'bumiliait jusqu'à se 
montrer folle, servait tout le monde, se nourrissait, s'habillait 
plus humblement que les autres et dont toutes les sœurs se 
moquaient. 

Un jour, un ange demande à saint Pitirum, anachorète à Porphy- 
rite. éprouvé par une rude ascèse, pourquoi il est si content de 
lui : qu'il aille voir au monastère des Tabennésiotes une sœur 
qui le surpasse en piété et en bonté ! Le « grand » Pitirum s'y rend, 
se fait présenter toutes les vierges. Il ne remarque pas encore celle 
que l'ange lui a révélée, puisqu'on la regarde comme « Salem » 3 , 
aliénée; le saint la réclame. La vierge, à qui cette entrevue a été 
aussi révélée, s'obstine à rester cachée. C'est par force qu'elle est 
amenée. Saint Pitirum tombe à ses pieds, la priant : «Benedic 
Anima», bénis-moi, mère spirituelle. Aux habitantes du couvent 
alors d'implorer la sainte, traitée de « Sale », de folle. Tour à tour 
elles invoquent son pardon; l'une lui avait fait des grimaces, l'autre 
Pavait raillée de ses vêtements, une troisième l'avait blâmée, 
la quatrième lui avait répandu sur le visage les eaux ménagères, la 
cinquième l'avait battue, une sixième lavait frappée de ses poings, 
une autre lui avait rempli les narines de sinapis. Trop honorée, 
trop observée, l'humble sainte a disparu sans retour. 

1. Migne, Patrol. Loi., t. LXXI1I, p. 1013, 1014, u° 657. 

1. Ib.. |i. 1440, 1441, De sancto Pitirum. Les variantes et les développements de 
cette légeude abondent; \. surtout R. Kohter, Kleinere Schrifisn, II, :5nd-;j93. 

'.'>. Sale semble être (comme Anima un mot syriaque; le radical iblD répond à 
I liéluvu jiu, nXC- y^U); Payoe-Smith, Thésaurus St/riacus, c. 4HH, donne, 
entre' autres, le sens de t tacitus », a mutus ». 



204 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Saint Paphnuce x . a) Le Jongleur, — Après une pénitence assidue 
saint Paphnnce supplie Dieu de lui signaler le saint à qui il res- 
semble. Un ange lui indique un certain jongleur, qui vit dans la 
même cité. Paphnuce s'informe delà vie du jongleur. Celui-ci con- 
fesse qu'il est pécheur, ivrogne, débauché; il n'y a pas longtemps, il 
était même voleur de grand chemin. Pressé par le saint, il raconte 
enfin qu'une fois il avait sauvé des autres brigands une vierge du 
Christ et l'avait ramenée dans son village. Une autre fois, notre jon- 
gleur rencontra une jolie femme errant dans le désert, désespérée 
que son mari fût mis en prison pour ses dettes et que ses trois en- 
fants fussent vendus. Le jongleur lui donna 300 pièces d'or pour 
délivrer le mari et les enfants. Persuadé par le saint, le jongleur 
jette sa flûte et se voue désormais aux hymnes sacrés ; après trois 
ans de pratiques pieuses, il entre au ciel dans le chœur des anges 
et des justes. 

La légende de Pentakakos dans le ïalmud palestinien nous pré- 
sentera tous les traits essentiels de celle du jongleur. 

b) Le prévôt. — Saint Paphnuce redouble l'ascèse, puis il 
répèle la question : à qui, parmi les saints, ressemble-t-il mainte- 
nant? Une voix divine lui répond qu'il est semblable au prévôt du 
village voisin. Le saint s'empresse d'aller le trouver. Le prévôt lui 
lave les pieds, lui olfre un repas, lui parle de ses péchés, de son 
indignité. Mais puisque Paphnuce se réclame de Dieu, le prévôt 
ne lui cache rien. Après une vie conjugale de trois années, il s'est 
séparé de sa femme. Il s'est adonné surtout à l'hospitalité étala 
justice. Jamais pauvre n'est sorti de cbez lui les mains vides; 
jamais il n'a favorisé son fils en jugement ; jamais ses troupeaux 
n'ont touché aux fruits d'autrui ; jamais il n'a labouré ses terres 
avant les autres ; jamais il n'a permis que le pauvre fût sacrifié 
au puissant: jamais il n'a prononcé un jugement injuste. 

Engagé par Paphnuce, le prévôt aussi devient anachorète et est 
élevé aux cieux. 

c) Le marchand. — Après avoir multiplié ses prières et ses 
jeûnes, saint Papbnuce demande une troisième fois à qui il res- 
semble. La voix divine l'engage à partir vite, car son compagnon 
s'approche. C'est un marchand pieux, d'Alexandrie, qui fait un 
commerce de 20,000 pièces d'or et qui arrive, descendant avec 
100 bateaux de la Thébaïde supérieure. Il a distribué tousses biens 

1. La légende de Paphnuce chez Migne, Pair. Lat., ib. : a) De Tibicine, p. 1170; 
b) De Protocomite, p. 1171 ; c) De Mercatore, p. 1172. 



là légende judéo-chrétienne du compagnon au paradis 205 

aux pauvres et vient offrir dix sacs de légumes au saint. — Il s'at- 
tache lui aussi à Paphnuce, 

Les Vies des Pères racontent d'autres légendes qui offrent 
l'un ou l'autre trait de notre type 1 . D'autre part, ce recueil n'en est 
pas la seule source. Bien célèbre est le conte du Prévôt (T A quitte 2 , 
dont nous allons analyser une variante. 

L'anachorète et le roi 3 . — Un ermite, désireux de connaître sa 
part au paradis, apprend qu'il recevra la même récompense que 
tel roi. L'ermite s'en effraye. Il va chercher le roi et le trouve 
sur le point de partir. Le roi n'a que le temps d'engager la 
reine à traiter l'ermite comme lui-même. La reine s'y conforme. 
A table elle assoit l'ermite près d'elle, lui sert les mets les plus 
délicats, mais quand l'ermite en veut manger, elle l'en empêche, 
puisque le roi n'en prend pas non plus. C'est aux pauvres qu'on 
distribue les fines viandes. Quand on met les légumes dont le roi a 
l'habitude de se servir, la reine encourage enfin l'ermite à se ras- 
sasier. Mais il ne peut les goûter, tant ils sont atroces; il voudrait 
être dans sa cellule. Après le repas, la reine conduit l'ermite en 
son propre lit, posant entre eux deux une épée à deux tranchants ! 
commo c'était la coutume du roi ; près du lit il y a encore un bassin 
plein d'eau fraîche pour refroidir les désirs charnels. A peine 
l'ermite s'est-il endormi que la reine l'éveille pour qu'il se précipite 
dans le bassin d'or Dans le Prévôt d Aquilèe la femme du prévôt 
éveille toujours la concupiscence du pauvre ermite et puis le jette 
dans l'eau . Le dimanche suivant le roi arrive, l'ermite veut partir. 
Mais le roi lui présente encore son trésor particulier : c'est un 
lépreux qu'il soigne lui-même et dont il est frappé au visage parce 
qu'il ne l'a pas visité depuis quelques jours. Le roi, heureux de son 
trésor, rit. L'ermite retourne, édifié, en son désert. 

Finissons cette série par un récit qui est conservé dans un 
recueil espagnol. 

1. Ainsi, par exemple, le bienheureux Antoine, priant dans sa cellule, entend une 
voix: •• Antoine, tu n'as pas atteint la mesure d'un certain tanneur d'Alexandrie. Ce 
tanneur confesse chaque matin que tout le monde est digne d'entrer dans le 
royaume céleste, tandis que seul il mérite le supplice éternel. » Migne, Pair. La/., v. 
ih., p. 1038. 

2. Voir Groeber, Grundriss der romanischen Philologie, II, 1, Strasbourg, 11)02, 
p. 917, î'2 î ; K. Simrock, Dergute Gerhard a. die dankbaven Todten, Bonn, 1856, p. 38. 

3. Publié par Keinh. Kûhler sous le titre : Zum Fabliau vom Stadtrichter von 
Aquileja [Kleinere Schriften, 11, 442.). 

\. C'esl l'épéc gardienne de chasteté dont nous avons traité., li. È. ./., LU ;d!J06), 
1». 169, Bornante, XXXVI T'07), p. 3U-1U. 






206 HEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Richard Cœur-de-Lion { . — Un ermite, non content d'être assuré 
du salut éternel, veut encore connaître son compagnon au paradis. 
(Test Richard Gœur-de-Lion qui lui est indiqué. L'ermite s'ef- 
fraye : ce roi qui a tant ravagé, pillé, tué, aurait le môme espoir 
que lui ! L'ange le renseigne : Richard s'est acquis d'un seul bond 
plus de mérite que l'ermite par sa vie entière. C'est qu'il a entre- 
pris une croisade avec le roi de France et celui de Navarre. S'ap- 
prochant du bord de la mer, ils aperçoivent une foule de Sar- 
rasins. Tandis que les autres délibèrent, Richard saute avec son 
cheval dans l'eau pour attaquer les païens. Honteux, les deux autres 
rois le suivent et la victoire est remportée. 



Légendes juives postérieures au Talmud. 

R. Josua benlllem et le boucher Nannos 2 . — Peut être n'est-il 
que le pastiche de la légende conservée par H. Nissim, ce récit qui 
sert à illustrer le commandement du Décalogue d'honorer les 
parents A R. Josua R. Illem il fut révélé qu'il aurait sa paît au 
paradis avec le boucher Nannos. Le rabbin, qui ne marchait jamais 
quatre aunes sans phylactères, sans iils d azur (çiçitb), qui a élevé 
vingt-quatre disciples, se sent tout à fait humilié. Mais apprenant 
que ce bouclier babille Chaque jour ses parents qui ne peuvent 
rester debout, qu'il leur donne à manger, qu'il les lave, R. Josua 
l'embrasse et se dit heureux de l'égaler. 

Cettelégendeapassédansle Srdrrhaddorotdcftellpvin .\vm°s.) : -. 
Ses données sont profondément modifiées par Joseph Sahara 
(xn°et xm e s.). Il raconte ! l'histoire d'un malade pieux qui est doué 
— miraculeusement — de la force de suivre le convoi funèbre 
de chaque juste II accompagne le boucher, il n'a pas la force d'ac- 
compagner un homme qui était en odeur de sainteté. On cherche, 

1. Don Juan Manuel, Librû de Patronio (mieux connu sous le titre : El ('onde 
Lucatiù), Enxemplo, 111, dans la Biblioleca de Au/ores Ëspcliïoles, public par 1». de 
Gayangos, Madrid, 1884, p. 372 : l'édition de Jvuust { 11)00 n'est pas à ma portée. 

2. Dans les n liai H IWy '?? DVCyi2 ajoutés au llibbouv Muassiyyol ; je nie 
suis servi, grâce à l'obligeance de M. Krauss. de l'édition Bagdad, 18'J2, réimpression 
de celle de Calcutta. 18't2; notre conte est le 39*, p. -Hb. 

3. Séder haddor'oih : II'' partie □^NniTD^l û"Wnr; "HO s. v. y^Trî". éd. Karlsruhe, 
p. \V)c-d: Heilprin cite ^pa&t nX "TDD m lia ni^ùyu -pp '$, aminci il renvoie 
aussi à propos du conte de R. Josua et de l'aveugle perfide (p. H3 d : il s'agit du 
Hibbour Maassiyyol. 

ï. û^'V^IZ} '0, publié par Sacbs dans le p33b f>\ Paris, 1866. p. 20. 



LA LÉGENDE JUDÉO-CHRÉTIENNE DU COMPAGNON AU PARADIS 207 

on s'Informe, on apprend que le boucher avait honoré ses parents 
et ([Lie l'hypocrite avait adoré en secret une croix. 

Le récit a subi une modification plus remarquable dans une 
légende moresque: La leyenda de Moites con Jacob el carniero '. 
Ici, c'est Moïse qui cherche son compagnon au paradis ; comme 
tel lui est indiqué le bouclier Jacob à Matazai, en Syrie. Moïse 
est témoin de la tendresse du boucher pour ses parents. Il se 
présente : « Je suis Musa, fils d'Iniràn, me voici pour faire ta con- 
naissance puisque tu seras un jour mon compagnon au paradis. » 
Les parents, heureux de celte nouvelle, exhalent leur dernier 
soupir. 

Joseph le jardinier' 2 . -- Une autre légende de R. Nissim nous 
intéresse encore. R. Eliézeret R. Josua font le pèlerinage de fête 3 
à Jérusalem. La veille de Yom Kippour ils rencontrent sur la mon- 
tagne du Temple un ange qui tient à la main une chemise blanche 
éblouissante comme le soleil, mais sans bordure. Ayant demandé 
a l'ange auquel des deux la chemise est destinée, ils apprennent 
que la leur est encore plus splendide, mais que celle-ci appar- 
tient à Joseph le jardinier d'Ascalon. La fête passée, les deux 
rabbins se rendent dans celte ville; pompeusement accueillis, ils 
n'acceptent que l'hospitalité de Joseph. Après rhésitation tradition* 
nelle dans cette espèce de contes, celui-ci raconte qu'il n'a que son 
jardin, qu'il distribue la moitié de ce qu'il rapporte aux pauvres, du 
reste il se nourrit avec sa famille. Alors les rabbins lui annoncent 
qu'une chemise splendide lui est réservée, mais qu'elle manque 
de bordure. Sa femme le presse de s'acquérir cette bordure aussi. 
11 n'en voit pas le moyen. Elle lui conseille alors de la vendre, 
elle-même, et de distribuer aux pauvres l'argent qu'il obtiendra. 
Il refuse; elle insiste ; il finit par céder. La femme vendue résiste à 
toutes les contraintes, à toutes les tentations. Le mari se convainc 
de la chasteté de sa femme Ils trouvent un trésor et obtiennent 
l'assurance que la chemise de Joseph ne manque plus de rien, mais 
que celle de sa femme est encore plus maguilique. 

On peut rapprocher de ce récit le détail suivant de la légende 

1. L°yendas Moriscm sacadas de varias manuscritos existenles en las Biblio- 
tecas national, rèal >j de D. P. de Oayangos, por F. Gtiilléd Robles, I, 1<S85, ]>. 31 (>, 
'■\il. — Je n'ai que l'analyse faite par Grunbaum, Neue Beitràge zur semitischen 
Sagenkunde. Leidcn, 1893, p. 291. 

2. Ben Sira, Venise, 1544, p. fc8è-50a; Jellinek. \\el ha-Midra8ch, V, 13:J-136. 
Ils semblent être restés à Jérusalem depuis la fête des Tabernacles jusqu'à la 

fête de l'Expiation. 



208 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

bien développée de Hanina ben Dossa 1 . Hanina menait une vie 
pleine de misère. Persuadé par sa femme, il prie Dieu de lui faire 
un sort plus doux. Une main 2 apparaît et leur présente un pied de 
table d'or. Mais un songe leur annonce qu'au paradis tous les justes 
seront assis à une table à trois pieds, eux seuls à une table qui 
n'aura que deux pieds. Ils se mettent de nouveau à prier. Dieu 
reprend le pied d'or. Voilà le second miracle qui surpasse le pre- 
mier, parce que Dieu donne, mais ne reprend pas. 

L'idée fondamentale est donc commune aux deux légendes : le 
salut défectueux est complété par l'abnégation de la femme. 

Il faut nous arrêter encore à la conception apparemment bizarre 
qu'une cbemise blancbe annonce le bonheur céleste et que son 
plus ou moins de splendeur marque le degré du mérite et de la 
béatitude. 

La couleur blanche marque l'innocence déjà chez Isaïe (i, 18). 
Mais, notons-le bien, ici elle sert à la fois de symbole et de récom- 
pense de l'innocence. Celte combinaison semble remonter à l'Apo- 
calypse (dite de Jean), où ceux qui n'ont pas taché leurs vêtements 
seront vêtus de blanc puisqu'ils le méritent (m, 4, 5). Cet habit 
blanc des bienheureux revient fréquemment dans les visions 
chrétiennes au moyen âge, par exemple dans celles de Grégoire le 
Grand ( vi° s.), de Dricthelmus (vu e s.), de Barontus (vm e s.), dans 
celle qui fut notée par Boniface (vin s.), dans celles de Bernold 
(ix e s.), d'Anscar (ix° s.), d'Alberic (xn e s ), d'Oenas (xii e s), de 
Tnudgale (xn e s.) 3 . Le chevalier Botchar est ébloui de cette splen- 
deur ; . Dante (Paradis, xxx, 128-9, xxxi, 13-15) admire aussi la 
blancheur éclatante des habitants des cieux. La vision du che- 
valier Owein (Oenus) nous présente aussi la corrélation entre la 
splendeur de l'habit et la grandeur du mérite. De même qu'une 
étoile surpasse l'autre en clarté, les bienheureux aussi se distin- 
guent par la beauté de leurs vêtements. Les uns sont vêtus d'or, 
d'autres de vert, de hyacinthe ou de bleu 5 . Cette conception 
remonte peut-être à l'Apocalypse de Pierre, d'après laquelle les 



1. TaaniL 24 6-25 a. Sur l'effet de la prière de ce pieux docteur, v. Yoma, 53 6. 

Non la ewari "ai ^aaa b"H5 pian mmbas rrb marra ^"n « Que vaut 

la prière du grand-prêlre eu regard de celle de R. Hanina b. Dussa? » 

2. P. 25 « T PO^D rappelle ctp ^1 NDD Daniel, v, 5, 24. 

3. C. Fritzsche, Die lateinischeh Visionen des Mittelalters bis zur Mi/te des XII. 
Jahrhunderts, dans les Romanische Forschung?n de K. Vollmoller, I, 1886, p. 266, 
271, 274, 276 ; II, 1887, p. 340-2, 358, 36Q, 361, 367. 

i, Ibid., p. 277. 
5. Ibid., p. 36U. 



LA LÉGENDE JUDÉO-CHRÉTIENNE DU COMPAGNON AU PARADIS 209 

habitants du paradis étaient revêtus des vêtements des anges 
radieux, et leur vêtement était en harmonie avec leur séjour '. 

L'homme qui vend sa femme pour l'aire l'aumône rappelle une 
tradition arabe. Un chevalier arabe avait dépensé tous ses biens 
à pratiquer l'hospitalité. Appauvri, il ne cesse de recevoir des 
visites. Il vend sa femme pour avoir de quoi traiter ses hôtes 2 . 

En somme, parmi toutes les légendes juives traitées, celle du 
jardinier Joseph semble avoir amalgamé le plus d'éléments 
étrangers. 

Le pharisien et son frère le cordonnier 3 . — Un pharisien avait 
l'habitude de passer la semaine entière dans le désert pour se 
vouer seul à la Tora. La veille de chaque samedi il retournait chez 
lui. Cheminant vers sa demeure, il rencontre un jour un lion 
au cou duquel est attaché un serpent. Il se met sur le dos du lion 
et « chevauche » ainsi jusqu'à la maison de son frère le cordon- 
nier. Celui-ci étant occupé ailleurs, le pharisien le remplace et 
prend mesure de souliers à une femme Au contact du pied il est 
pris de désirs charnels. A ce moment le lion va se précipiter sur 
lui. Heureusement son frère le cordonnier, qui n'a jamais cédé à 
une pareille sensualité, arrive et chasse le lion. 

Cette légende, mieux encore que la précédente, porte l'em- 
preinte étrangère. Chercher la solitude pour s'adonnera la « Tora » 
est tout à fait contraire à la conception juive de l'étude : by a-in 
Isa na rrnna Yp&\n 'paiBTrçj û^an vprftn bu: dïtôwn» ■nanss. Les 
docteurs qui se séparent les uns des autres pour étudier isolé- 
ment, méritent d'être frappés du glaive; ils deviennent imbé- 
ciles, ils pèchent (Berachot, 62 b, Taanit, 7 a, Makkot, 10 a). 
Le docteur dans le désert, le lion qui lui sert de compagnon, la 
tentation charnelle, ce sont justement les éléments de quelques 
unes des légendes monacales les plus célèbres : il suffit d'alléguer 
dune part celle de saint Jérôme ou de sainte Marie d'Egypte, de 
l'autre saint Antoine l'Ermite. Nous voilà donc en face d'une 
invention chrétienne de toutes pièces adaptée telle quelle au 
judaïsme. 

Raschiet son voisin au paradis. — Notre légende, telle qu'elle 

I Philippe de Félice, L'autre monde. Mythes cl légendes. Le Purgatoire de 
Saint-Patrice, Paris, 1906, p. 172. 

■2. J'ai lu quelque part cette anecdote arabe, mais je n'en trouve pas dans mes 
notes la source. VÊraçle de Gautier d'Arras (xii" s. se l'ait vendre par sa mère, qui a 
distribué tous ses biens aux pauvres. 

3. nYTOîa 'O, Bagdad, 1892, u° 113, p. 95aô. 

T. LVI, n> 112. 14 



210 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

est développée chez R. Nissim, s'est aussi emparée de Raschi, — 
mais bien tard et d'une manière toute factice : « la légende — 
dit M. Liber dans son attrayante conférence sur Raschi 1 , — fait 
entreprendre à Raschi, sur la fin de sa vie, un voyage à Rarcelone, 
à la recherche de l'homme qui lui était apparu en songe comme 
devant être son compagnon de paradis ». Cette donnée a passé 
aussi dans la Jewish Encyclopedia 2 et dans la sérieuse monogra- 
phie hongroise de M. Wellesz sur Raschi 3 . Cependant sa base 
paraît un peu fragile : ce n'est qu'un conte des Sippourirn \ qui 
doit sa naissance peut-être au Schahchélet haqqabbala^, qui pré- 
tend avoir appris des disciples de R. Méïr de Padoue : ">"id-i nvmu: 
-nsDa n^n onon T^sn tos ton *rw mm "jo^rû rrVis — « que 
durant son exil Raschi jouit de l'hospitalité d'un Juif savant, 
vaillant, puissant, qui était prévôt d'une ville en Espagne ». C'est, 
à ce qu'il semble, sur ce détail d'une part si fabuleux et d'autre 
part si mince que les Sippourirn ont greffé la légende des Maas- 
siyyot, inventant à ce propos un Don Abraham b. Gerson de Rar- 
celone comme compagnon de Raschi au paradis. Chose curieuse, 
ce récit factice a subi un remaniement hongrois encore plus 
romanesque où à Don Abraham se substitue Nagdela en personne °. 



Légendes talmldioies. 

Intervertissant l'ordre chronologique, nous mettons à la lin les 
conceptions analogues du Talmud, car c'est ici que nous croyons 
trouver les germes et les premiers représentants du type que nous 
discutons. 

L'idée maîtresse que le dévot ou le savant qui s'enorgueillit de 
ses observances ou de sa science est confondu par l'œuvre de 
charité du simple, de L'humble, celte idée revêt dans le Talmud 
deux formes courantes. Une série de traditions tend à nous 
prouver que la prière des humbles produit un effet miraculeux, 
tandis que celle du docLcur n'est pas exaucée. Dans l'autre l'humble 
est franchement assuré de sa part à la vie éternelle. 

1. R. Ë. ./., L (1905 . Actes et conférences, p. xxxvi. 

■2. S. v. Raschi, X, 325. 

3. Wellesz. Rasi élele es miikôdése, Budapest, 1906, p. 14."J, 191. 

4. Sippurim, publiés par W. Pascheles, I, Prague, 1858 8 , p. 31. 

5. Venise, 1617, p. 49 a. 

G. Annuaire de la Société littéraire Israélite hongroise, de 1907, p. 2 i2-2.'il (eu 
hongrois). 



LA LÉGENDE JUDÉO-CHRÉTIENNE DU COMPAGNON AU PARADIS 211 

La pierre de touche infaillible de l'homme pieux agréable à Dieu, 
c'était que sa prière fît tomber la pluie. Cette idée profondément 
aggadique a aussi passé dans le recueil de traditions musulmanes 
de Bohàri ; M. Barth i suppose que c'est la légende d'Onias faiseur 
de cercles dont Bohâri (ou sa source) s'est inspiré quand il a 
accordé une pareille puissance à la prière de Mahomet. Simrock 2 , 
parmi les parallèles du Bon Gérard, allègue aussi un conte arabe 
où un fils d'Israël est récompensé, pour sa dévotion, d'un nuage 
qui lui sert de guide, de parapluie, de cruche. Enorgueilli de 
cette distinction, il la perd et ne la regagne que grâce à l'inter- 
vention d'un roi pieux qui pendant la journée gouverne son 
peuple, passe la nuit à prier, jeûner, travailler et se nourrit de ce 
qu'il gagne par son travail 3 . En présentant l'homme au nuage 
comme un fils d'Israël, le conte arabe nous indique assez claire- 
ment l'ordre d'idées auquel il est puisé. C'est une idée purement 
aggadique. 

Si jusqu'au 17 e du mois marheshvan la pluie n'est pas tombée, 
la Mischna Taanit, i, 5) engage les û->ttp « les particuliers », 
favoris du ciel, à invoquer Dieu. Le Talmud palestinien {Taanit, 
04 b-c) fait passer sous nos yeux quelques-uns de ces bommes 
extraordinaires. L'un est un fils qui ne veut point des richesses 
volées par son père. L'autre est un conducteur d'ânes; une 
fois il avait rencontré une femme désolée de ce que son mari 
fût prisonnier; il vendit son âne et procura ainsi à la femme la 
rançon de son mari. — Nous apprenons plus de détails sur le 
troisième rm, qui porte le nom expressif: Pentakakos, le cinq fois 
méchant, parce qu'il commet chaque jour cinq péchés : 1° il loue 
des H I les de joie; $° il pare les théâtres '' ; 3° il mène les filles au 
bain; 4° il danse devant elles; o° il bat du tambour devant elles. 

Mais il a expié tous ses péchés par la grande œuvre de sa vie : 
un joui-, il a aperçu derrière la colonne une femme qui pleurait 
parce que son mari élait en prison; Pentakakos vend son lit pour 
qu'elle puisse délivrer son mari. 

C'est aussi derrière une colonne que le bon Gérard remarque le 

1. Dans Fes/sc/irift zum slebzujslen Geburtstage A. Uerlineis (Francfort-s.-M., 
1903), p. 39, 40. 

2. Der </ute Gerhard und die dankbareu Tod/en, Bonn, 1856, p. 42, d'après 
Joseph v. Hammer et Zinsérling, Nachlràge :u Tausend und eine ftachl, Stuttgart 
el Tubingue, 1823, I, pp. 281-i. 

•!. Ce roi rappelle le prévôt d'Aquilée el le roi supérieur à l'anachorète, ci-dessus, 
p. 205. 

i. Le coutexte prouve que le mot théâtre est revêtu d'un sens large; ici ce o'est 
qu'uu synonyme eup hé m isti que de m31T 5ïJ naip. 



212 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

roi Guillaume d'Angleterre, tout Iriste. Mais ce n'est qu'un détail 
fortuit et insignifiant. Relevons plutôt que le trait de la délivrance 
des prisonniers, qui distingue notre conducteur d'ânes et Peu ta- 
kakos, fait aussi le mérite principal du bon Gérard et du jongleur 
dePaphnuce. Surtout ce jongleur n'est-il pas tout à fait conforme à 
Pentakakos, régisseur de théâtre? 

Un autre ttt, c'était le dévot du village wn *|D3, Le récit relatif 
à ce personnage ne nous regarde pas dans son développement. 
D'autre part, il ressemble dans ses traits essentiels à la légende 
d'AbbaHilqiyah, petit-fils d'Onias, faiseur de cercles, analysée déjà 
par M. Israël Lévi '. 

Le récit d'Abba Hilqiyah se trouve dans le talmud babylonien 
(Taanit, 23 a-b). Ici la légende de Onias évoque les souvenirs 
d'autres prières qui ont obtenu la pluie. En général, amtn "^pn 
barnu'H, les puissants de la Terre Sainte, sont représentés comme 
supérieurs aux ban -«Ton, aux dévots de Babylone (/£., p. 23 b). Il 
n'y a que peu d'exemples qui touchent à notre sujet. Une fois Rab 
proclame le jeûne public; aucun succès; alors Ilfa invoque le 
Dieu rrrn ï^wi qui fait souffler le vent, — le vent se lève, D^an fTitt 
qui fait tomber la pluie, — il pleut. Quelle était son œuvre? Il avait 
demeuré dans un pauvre village, et c'était lui qui procurait le 
vin pour les rites de la bienvenue et des adieux du sabbat. Une 
autre fois, la prière de Rab fut ainsi surpassée par celle d'un 
simple maître d'école qui avait le mérite d'enseigner aux fils des 
pauvres aussi consciencieusement qu'à ceux des riches. {Taanit, 
24 a.) 

R. Papa se plaint à Abbaï qu'ils ne soient pas jugés dignes d'une 
faveur miraculeuse. Les anciens rabbins avaient moins étudié et 
pourtant dès que R. Juda ôtait l'un de ses souliers, la pluie tom- 
bait. (Ber achat, 20 a.) 

Quelquefois ce sont d'autres dangers, pas toujours la sécheresse, 
que le mérite pieux doit conjurer. Une fois, la peste sévissait à 
Soura, mais dans le voisinage de Rab elle ne faisait pas de victimes : 
Rab croyait en être la cause, mais un songe lui apprit que c'était 
grâce à un voisin qui avait l'habitude de prêter pelle et bûche aux 
enterrements. De même, un incendie fit halte dans le voisinage de 
Rab Houna. Le docteur, flatlé de cette faveur divine, fut avisé par 
une vision que c'était dû au mérite d'une femme qui avait l'habitude 
de prêter aux voisines son four chauffé. Donc le feu du four prêté 
préserve du feu de l'incendie, de même que la pelle et la bêche 

1. R. É. /., XLVHI (1904), p. 275-G. 



là légende judéo-chrétienne du compagnon au paradis 21:5 

prêtées sauvent de la pelle et de la bêche de l'enterrement '. 

Passons aux récits dont les héros sont assurés du salut éternel. 
R. Yossé b. Kisma demanda à R. Hanina b Traction-, futur martyr 
des temps d'Adrien y s'il aurait sa part de la vie future. R. Hanina 
s'informe d'abord quelle « œuvre » a passé sous les mains de 
R. Yossé. « Une fois, répond celui-ci, les monnaies destinées aux 
réjouissances du Pourim se sont mêlées aux monnaies consacrées 
à l'aumùne et je les ai toutes distribuées aux pauvres. » Alors 
R. Hanina de s'écrier : « Plaise à Dieu que ma part égale la tienne, 
que mon sort égale le tien 2 ! » 

Autre exemple. Un chirurgien-barbier est chaque jour assuré par 
le Ciel de son salut, tandis qu'Abbaï ne reçoit cette assurance 
que chaque veille de sabbat et Raba seulement chaque veille de 
Yom Kippour. Abbaï s'en inquiète. Il s'informe des œuvres du bar- 
bier. Quand il mettait des ventouses, il séparait les hommes des 
femmes; pour celles-ci il avait un instrument spécial qui le préser- 
vait de les regarder. Pour ne pas faire rougir les pauvres, il ne 
touchait pas lui-môme le payement, mais il avait une sorte de 
caisse où ceux qui avaient de quoi payer mettaient de l'argent. Des 
docteurs il n'acceptait aucun salaire; au contraire, c'était lui qui 
leur faisait les dons les plus généreux 3 . 

Le recueil de R. Nissim met cette anecdote immédiatement après 
la légende du docteur et du boucher pieux 5 . La liberté avec laquelle 
il en change les données, peut mettre en relief sa manière de 
rédiger. Abbaï est affligé d'avoir sa part de vie future avec un tel 
barbier. Alors chaque veille du sabbat l'assurance de son salut 
lui est faite et les œuvres extraordinaires du barbier lui sont révé- 
lées. Abbaï est apaisé. 

Terminons cette série par une aggada qui renferme toute l'es- 
sence du type légendaire que nous traitons, et que M. Israël Lévi :i 
a déjà signalée comme variété de l'histoire du compagnon du 
Paradis. R. Beroka rencontre sur la place de acb ra le prophète Élie. 
Il lui demande s'il va là quelque homme digne du monde futur. — 
Il n'y en a pas, dit-il. — Mais bientôt Élie indique comme tel un 

1. C'est ainsi que feu mon maître D. Kaufmann, mécontent de la traduction de Stra- 
schun, m'a expliqué ce passage de Taanil, 21 b. — Le dictionnaire talmudique de 
Levy (I, 510, s. v. Nb^T) parlant d'une bêche empruntée (au lieu de prêtée), a aussi 
mal compris le passage. 

2. Aboda /ara, p. 18 a. 

3. Taanil, 216, 22 a. 

4. Ed. Vrnisc, 1544. p. 61 a. 

5. R. É. J., XLV1II (1904). p. 277 ; l'aggada se trouve dans Taanit, 22 a. 



214- REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

homme aux souliers noirs (s'habillant donc à la mode non juive) 
qui ne met pas même de çiçit.Le docteur, étonné, apprend que c'est 
un geôlier qui sépare toujours les femmes des hommes. Si un païen 
jette ses yeux sur une Juive, lui, le geôlier, la sauve au risque de sa 
vie ou moyennant d'ingénieuses ruses. Sa mise à la païenne s'ex- 
cuse parfaitement parce qu'il vit entre les païens, épie leurs pro- 
jets et en fait part aux rabbins. Sur ces entrefaites deux autres 
hommes passent et sont désignés par Elie comme méritant la vie 
éternelle. Ils se présentent comme des bouffons qui égayent les 
affligés et qui s'efforcent défaire partout la paix. 



La légende mahométane du roi David et de son compagnon 

au Paradis l . 

Après avoir assuré le trône à son fils Salomon, le roi David ne 
souhaitait plus que de connaître son compagnon au paradis. Une 
voix céleste lui accorde de le rencontrer pourvu qu'il aille le cher- 
cher comme simple pèlerin. Il marche pendant plusieurs semaines 
sans trouver quelqu'un qui lui paraisse digne de partager avec lui 
le paradis. Enfin, dans un village sur le bord de la Méditerranée il 
remarque un vieillard chargé d'un lourd fagot. Attiré par son air 
vénérable, il le suit. Le vieillard vend son fagot, donne la moitié 
du prix touché à un pauvre, achète un pain, le partage avec une 
femme aveugle et retourne vers la montagne. David le suit à tra- 
vers les hauteurs et les abîmes jusqu'à une caverne. Là il l'observe 
tandis qu'il priait, lisait dans la Tora et dans les Psaumes, faisait 
sa prière du soir, puis mangeait la moitié de son pain. Alors 
seulement David ose le saluer. Le vieillard s'étonne : hors le pieux 
Mata Ibn Youhanna, futur compagnon du roi David, jamais il 
n'avait vu ici personne. David se nomme et souhaite être rensei- 
gné sur ce Mata. L'ermite prétend ne pouvoir indiquer sa demeure, 
mais si David fouille la montagne entière, impossible de le man- 
quer. David continue à marcher. Sur une hauteur, au milieu d'un 
rocher, le roi aperçoit un endroit tout mouillé. Il en est étonné. 
Serait-il possible qu'une source jaillisse si haut? Tandis qu'il est 
plongé dans ses pensées, un homme apparaît, mais qui ressemble 
plutôt à un ange. Il s'arrête à l'endroit mouillé, et ses pleurs 

1. G. Weil, Biblische Legenden der Muselmiinner, Fmikfurt-a.-M., 1845, p. 220- 
224. 



LA LÉGENDE JUDÉO-CHRÉTIENNE DU COMPAGNON AU PARADIS 21 5 

recommencent à couler comme deux ruisseaux. David écoule pro- 
noncer la prière suivante: « Mon Dieu, pardonne au roi David son 
péché, préserve-le de nouvelles fautes, aie pitié de lui, puisque tu 
me Tas destiné pour compagnon dans la vie future. » David veut 
approcher, mais Mata Ibn Youhanna expire, David l'enterre, et, 
son désir accompli, il meurt après lui. 

Le pieux bûcheron rappelle Abba Hilkiya, petit-fils d'Onias, fai- 
seur de cercles, clans le Talmud babylonien (Taanit, 23 a b) ou bien 
le saint de wa "®3 dans le palestinien [Taanit, Qibc) qui, l'un et 
l'autre sont suivis, observés et admirés parles docteurs. Toutefois 
le fond de la légende semble marqué de l'empreinte mahométane. 



La conception du compagnon au Paradis. 

Dans notre type de légendes nous rencontrons d'ordinaire un 
saint ou un docteur à la recherche de quelqu'un qui égale ou sur- 
passe son mérite. Parfois le héros essaye de rencontrer son futur 
compagnon au paradis. 

Cette idée manque de netteté. N'a-t-on qu'un seul compagnon? 
Tous les justes ne sont-ils pas les compagnons les uns des autres ? 
Il faut donc s'imaginer les bienheureux cantonnés dans des com- 
partiments, deux par deux. Simrock^ a en vain cherché cette idée 
dans la pensée chrétienne. Il a recouru (selon la mode de son 
temps à l'Inde. Mais celte explication ne nous paraît pas plus 
sérieuse que l'interprétation mythologique de la légende entière 
d'après laquelle Gérard ne serait qu'un nom de Wuotan 2 . Parmi les 
légendes chrétiennes qui ont passé sous nos yeux, c'est le Saut de 
Richard Gœur-de-Lion par Don Juan Manuel) qui seul présente 
expressément le compagnon au paradis. La légende mahométane 
nous offre le compagnon de David, la légende moresque (des 
crypto-musulmans, des marannes mahométans) celui de Moïse. 
La tradition juive est plus riche en exemples. Le recueil de R. Nis- 
sim fait encore figurer, à côté du pieux boucher, le barbier-chirur- 
gien comme futur compagnon de Abba, modifiant ainsi l'aggada 
talmudique. Le Midrasch du Décalogue présente un boucher 
comme partenaire de R. Josua b. Nannos. Une invention posté- 
rieure raconte que Moïse de Léon convertit un pécheur pénitent, 

1. Der f/ate Gerhard und die dankbaren Todten, p. 41. 

2. Ibid., p. 134. 



216 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

qui était prêt à se faire verser du plomb bouillant dans la bouche, 
et qu'ainsi il s'acquit son compagnon au paradis 1 . Enfin rappelons 
la légende, il est vrai, récente et factice, mais populaire de nos 
jours encore 2 , qui fait partir Raschi pour l'Espagne à la recherche 
de son compagnon au paradis. 

Cette statistique sommaire ne peut trancher la question de l'ori- 
gine. Il faudrait surtout décider laquelle des deux légendes est 
la primitive, la juive qui, au boucher soignant tendrement ses 
parents donne pour compagnon R. Josua b. Nannos, ou la mo- 
resque qui lui accorde Moïse en personne. Nous penchons pour 
l'originalité de la tradition juive. Si la légende s'était rapportée 
d'abord à Moïse, pourquoi lui substituer un R. Josua b. Nannos 
autrement tout à fait inconnu? Au contraire, le mérite d'honorer 
les parents n'est-il pas mieux mis en relief si l'on est mis de pair 
avec Moïse? Quant à Don Juan Manuel, il peut avoir emprunté ce 
trait de son Libro de Patronio, au xiv e siècle en Espagne, aussi 
bien aux Juifs qu'aux Mahométans. 

L'idée du compagnon au paradis n'est pas étrangère au ïalmud 
même. Dans une vision nocturne le défunt R. Yossé b. R. Hanina 
apparaît à R. Zéra et lui révèle que lui-même, il est établi au 
Paradis près de R. Yohanan, celui-ci près de R. Yannai, celui-ci 
près de R. Hanna, celui-ci près de R. Hiyya, dont le trône est 
enflammé de foudres \Baba Meçia, p. 83 6.1. Voilà donc une hié- 
rarchie de bonheur céleste. Le siège, le voisin au Paradis est assi- 
gné par le mérite. 

D'après les dates et les documents discutés jusqu'ici il est, sinon 
évident, au moins fort probable que l'idée du compagnon au Paradis 
a passé de la tradition juive dans la légende mahométane et chré- 
tienne. 



Conclusion. 

Pour aborder les questions d'origine et de dépendance, dressons 
d'abord la liste chronologique des légendes discutées : aggadot du 
Talmud palestinien (avant le iv c s.), du babylonien (avant le vi c s. , 
Vies des Pères, Recueil de R. Nissim (l ,e moitié dn xi e s.), Le bon 
Gérard (l re moitié du xiu ft s.), Le Prévôt d'Aquilée (xin e ou xiv° s ), 

1. d^aia D"Wtt '0, s- 1. (Bagdad?), 1890, n° 17, p. 21 a, 22 a, M. Krauss a mis 
à ma disposition l'exemplaire de la bibliothèque du Séminaire de Vienne. 

2. Plusieurs personnes de ma connaissance l'ont encore entendue de leurs pères. ' 



LA LÉGENDE JUDÉO-CHRÉTIENNE DU COMPAGNON AU PARADIS 217 

Le Saut de Richard Gœur-de-Liop, chez Juan Manuel (xiv e s.), les 
légendes juives postérieures dont la plus récente, celle de Raschi, 
semble être née au xix e s. 

Les légendes alléguées par les Vies des Pères appartiennent en 
partie à la Historia Laitsiaca (ainsi nommée parce qu'elle s'adresse 
à Lausos et sont transmises au nom de Rufinus. Si l'on admet l'au- 
thenticité de l'introduction, la date de la rédaction est l'année 4â0*. 
Supposant un original grec 2 , on peut remonter au iv e s. Pour les 
légendes du Talmud palestinien, c'est le terminas ad quem; elles 
ne peuvent être postérieures à cette date; bien probablement elles 
la précèdent. 

Or, c'est le Talmud palestinien qui nous a gardé la légende de 
Pentakakos qu'il faut mettre en face de celle de Paphnuce et du 
Jongleur. Toutes les deux comportent les mêmes données morales: 
un jongleur débauché ou bien un régisseur de théâtre pratiquant 
un vil métier, l'un et l'autre émus par la détresse d'une femme, lui 
procurent une rançon pour délivrer son mari. L'aggada de Penta- 
kakos nous offre un récit simple, ingénu, une matière non apprêtée, 
tandis que la légende de Paphnuce, faisant succéder au jongleur 
le prévôt, au prévôt le marchand, trahit déjà le souci conscient 
de Part. 

La priorité chronologique confient à l'aggada, qui, en ce cas, 
semble avoir prête à la légende chrétienne. Ce rapport établi entre 
les deux traditions, il paraît assez étrange que W. Hertz voie dans 
la légende de saint Paphnuce le châtiment des prétentions phari- 
sien nés 3 . 

Il importe encore plus de mettre en rapport les deux représentants 
principaux de notre type : le conte du Docteur et du Boucher pieux 
avec le bon Gérard. Depuis que Harkavy ' a découvert le fragment 
de l'original arabe où R. Nissim allègue son autre œuvre, la Clef 
du Talmud, — il faut absolument identifier l'auteur des Maassiyot 
avec Nissim b. Jacob qui vivait à Kai rouan dans la l re moitié du 
xi e siècle. Rudolf von Ems Hohenems) écrivait clans la l re moitié du 
xm e siècle : \ Lui-même, d'ailleurs, ne prétend pas à l'originalité de 

1. V. l'article de Zockler sur Palladius dans Hauck-Herzog, Realency clopa die fur 
protestanlische Théologie und Kirche, XIV, Leipzig, 19(K 3 , p. 009. 

2. laid., G. Knïg-er sur Rufinus, XVII, Leipzig, 1906 3 , p. 201. 

3. WilUelm Hertz, Spielmannsbusch, Stuttgart u. Berlin, 1905 3 , p. 39. 

i. Dans Feslsehrifï zum achtzigsten Geburlslag Moi il z Steinschneiders, Leipzig, 
4890. partie hébraïque p. 21 en bas. V. /.*. E. ./.. XXXIII (1896) p. 'À. 

•i. V. Paul, Grundriss der germanischen Philologie, II, 1, Strasbourg, 1901 *, p. 216. 
I.a Vie de saint Guillaume d'Angleterre attribuée à Crestien de Troyes, donc du 
xn e siècle, montre aussi quelques rapports lointains avec le lion Gérard. 



218 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

l'invention. Dans l'épilogue de son œuvre (vv. 6826-6841) il nous 
raconte qu'un homme, venant d'Autriche, a exposé ce sujet qu'il 
avait lu dans un livre, à Rudolf de Steinach, prolecteur de notre 
poète, qui le fit mettre en allemand. On suppose, en général, avec 
Haupt', l'éditeur du poème, que Rudolf von Ems a suivi un ori- 
ginal latin. 

Reinhold Kohler 2 croit que le Ron Gérard et le conte de R. Nis- 
sim remontent tous les deux à une rédaction juive antérieure. 
Jusqu'ici on n'a pas encore réussi à découvrir la source aggadique 
de la légende du pieux boucher 3 . Toutefois, en analysant de plus 
près ses éléments, nous parviendrons au résultat présumé par 
R. Kohler. 

Un seul détail serait difficile à justifier dans la littérature propre- 
ment juive : c'est celui de la fiancée cédée. Il se trouve dans le 
yùn "©D '' qu'il ne faut pas confondre avec le livre apocalyptique) ; 
cependant il a été prouvé par Steinschneider et généralement 
reconnu que ce n'est que la traduction partielle de la Disciplina 
clericalh du Juif converti Petrus Àlfonsus 8 . Mais ce détail n'est 
pas non plus chrétien ni mahométan,il est purement romanesque 
ou de folklore. 

Tous les au 1res éléments, soil essentiels, soit accessoires, ont leurs 
analogues dans les traditions juives. Même le doute du docteur qui 
ne croit pas que le boucher doive son mérite à l'aumône, rappelle 
une situation aggadique semblable. Kamhil, lanière du grand prêtre 
Ismaél, qui eut le bonheur de voir tous ses sept fils investis du titre 
de grand-prètre, interrogée sur son mérite, se vanta de ce que les 
murs de sa maison n'avaient jamais vu ses cheveux. Sceplique- 
ment on lui répondit : ib^ahh abn p *vny nmn ; beaucoup d'autres 
femmes ont fait de même sans être récompensées. 

Encore un trait de ces récits : c'est un boucher qui est opposé 
au docteur, —justement parce que les docteurs dédaignaient ce 
métier. Plusieurs légendes reflètent ce dédain. R. Zéra, arrivant 
en Palestine, tomba sur un boucher qui ne vendait la viande que si 
le client se laissait frapper. Pour éviter ses coups, R. Zéra lui offre 

1. Der gute Gerhard^ éd. Haupt, Leipzig, 1840, p. ix. 

2. Kleinere Schriftén, I, 38. 

3. Zunz, Die goltesdiensllichen Vortraç/e, 1892 2 , p. 140, n. c. ; mais p. 152, notée, 
la légende chez R. INissim est confondue avec celle du Midrasch du Décalogue. 

4. Venise, 1544, p. 65 b 68 a, reproduit en partie par Jellinek,#e/ ha-Midrasc h, VI, 
135-137. 

5. Sur la question entière voir surtout Marcus Landau, Die Quellen des Dekame- 
ron, Stuttgart, 1884 \ p. 264-268. 



LA LÉGENDE JUDÉO-CHRÉTIENNE DU COMPAGNON AU PARADIS 219 

jusqu'au double du prix, le boucher ue cède pas. Le docteur subit 
les coups, mais le soir on rencontre déjà le convoi funèbre du bou- 
cher 1 . Rabin fut puni pour avoir livré au boucher un veau qui s'était 
réfugié chez lui 2 . Nous trouvons aussi le docteur mis en rapport 
avec le boucher. R. Hiyya bar Abba est stupéfait du ménage 
somptueux d'un boucher ; celui-ci était béni de Dieu parce qu'il 
réservait toujours le meilleur bétail pour le sabbat 3 . Rappelons- 
nous aussi le conte qui sert à illustrer le commandement d'honorer 
les parents, et où le boucher, qui garde toute la violence de son 
métier, mais soigne tendrement ses parents, est opposé au phari- 
sien qui adore en secret la croix 4 . D'après une tradition arbitraire, 
la mère de Maïmonide était aussi fille d'un boucher; quand le petit 
Moïse fit désespérer son père de ses progrès, celui-ci l'injuria 
du nom de aspi-j là, fils du boucher :i . Le boucher est donc au 
docteur ce qu'est le marchand au roi fondateur d'évêché et de 
cathédrale. 

L'action méritoire du boucher, c'est qu'il délivre la jeune fille 
prisonnière. 

L'affranchissement des prisonniers, c'est aussi le principal mérite 
du Bon Gérard, du jongleur de Saint-Paphnuce, du conducteur 
d'ânes, et de Pentakakos. Or, Taggada nous apprend qu'il n'existe 
pas de mérite plus éclatant. Puisque, d'après Jérémie, xv, 2, l'es- 
clavage est plus dur que la faim, le glaive et la peste, donc la liberté 
est le plus grand bien et la délivrance la plus grande vertu [Baba 
Batra, 8 a-b. . 

Enfin, la tendance du conte. Toute la longue série des légendes 
alléguées, tant juives que chrétiennes, vise également à prouver 
que l'humble bienfait est supérieur aux observances et aux péni- 
tences. Souvent il s'agit d'un seul bienfait, d'une seule œuvre méri- 
toire 6 , qui contrebalance même une vie pleine de péchés. Rappe- 
lons nous la sentence morale si courante dans l'aggada : ïisnp ta* 1 
hriN naMzn iwbiy. « Maint homme s'acquiert la vie éternelle dans un 
seul instant 7 . » 

Vu le milieu où R. Nissim vivait et écrivait, rien de plus simple 
que de supposer aussi une influence arabe sur son recueil de 

1. ./. Berachot, p. o c (vers la fin). 

2. Maassiyyot, éd. Venise, 1544, p. 56 ab\ je n'en connais pas la source talmudique. 
:{. Sabbat, p. 119 a. 

4. Voir ci-dessus, p. 206. 

'■>■ Voir p. e. mmn -flO, Karlsruhe, I, p. 12G c. 

6. D'une « operatio », nwyn, 6031* ou (en arabe) nyfittX. 

7. Par exemple Aboda Zara, 10 6, 17 a. 



220 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

contes 1 . L'introduction met hors de doute que c'est sous cette 
influence qu'il conçut le projet de composer son recueil. Mais il 
semble qu'il ne doive pas à ses modèles beaucoup plus que ce 
projet même. Il avait franchement le dessein de supplanter les 
livres d'édification non juifs. En tête de sa composition, dès l'intro- 
duction déjà, il place la légende qui raconte comment R. Beroka 
a rencontré le prophète Élie, comment celui ci lui a présenté les 
aspirants à la vie future. L'original arabe découvert par flarkavy y 
ajoute celte proposition : "paiorTOba ■'Vian p "pas i« ninto « et j'es- 
père que nous (R. Nissim et son beau-père Dounasch à la conso- 
lation duquel son livre est voué) aurons aussi notre part avec 
eux 2 ». Cette légende confère donc sa couleur générale au recueil 
entier. C'est une lecture morale, didactique, fondée sur des tradi- 
tions juives qu'il veut substituer aux œuvres étrangères. 

Quant à notre conte spécial, nous venons de démontrer que tous 
ses traits essentiels sont juifs. Que son cadre, l'idée du compagnon 
au paradis le soit aussi, nous l'avons rendu probable. Mais qui 
est-ce qui a si heureusement combiné ces différents éléments? 
Peut-être R. Nissim lui-même. Nous n'avons aucune raison de lui 
contester une telle originalité :{ . Mais il est également possihle que 
nous soyons en face d'une ancienne tradition aggadique qui a 
persévéré jusqu'au temps des gaonim. Les exemples ne font pas 
défaut. R. Nissim lui-même nous en a gardé. Il nous donne un conte 
développé sur Nm^ixi "jna, tandis que dans le Talmud il n'y a 
qu'une allusion bien vague *. Teile est encore l'anecdote de la 
veuve infidèle, à peine effleurée dans le Talmud et détaillée par 
R. Hananel 5 . Tel aussi le conte de la belette et du puits, dont le 
Talmud n'a gardé que le titre 6 . 

Or, soit que R. Nissim ait lui-même combiné les données agga- 
diques, soit qu'il ait trouvé l'aggada déjà faite, elle exprime com- 
plètement les idées talmudiques. Le Bon Gérard de Rudolf von 
Ems dépasse par la grandeur de la composition, par l'ampleur du 

i 

1. Voir surtout Steinschneider, Die hebràischen Uebersefzungen des Mi/lelal/ers, 
Berlin^ 1893, p. 932, 933, et les références. 

2. Harkavy dans Mélanges-Steinschneider, p. 19, I. 8 du texte arabe : \. aussi 
p. 20, n. 4. 

3. Voir l'appréciation chaleureuse de l'originalité de 11. Nissim chez Harkavy dans 
les Mélang es-S teinçc hneider, partie hébraïque, p. 26. 

4. V. sur le problème entier et sur notre cas particulier la 39 e note de Rapôport 
dans la bibliographie de R. Nissim, Bikkouré lluittim, Xll (1831), p 19 ; le passage 
talmudique sur NrP£1]£*1 *JP3 se trouve dans Sanhédrin, 75 a. 

5. Kiddouschin, p. 80 6, Tossafot s. v. TiiByn NTl! - ; "O. 
G. Taanit, p. 8 a, Raschi et Tossafot ad -|*l]l mbin». 



LA LÉGENDE JUDÉO-CHRÉTIENNE DU COMPAGNON AU PARADIS 221 

développement, parles agréments du détail, toutes les autres formes 
que la légende a revêtues, mais la conception originale n'en reste 
pas moins juive. Voilà donc une tradition juive de plus qui ne 
manque pas d'importance pour la littérature universelle. 

Budapest, mai 1908. 

Bernard Heller. 



P. -S. — M. Guttmann, professeur au Séminaire Israélite de Buda- 
pest, vient de me signaler le passage remarquable de Baba Bal/a 
7o a : ^sb riDin iWpVi ib ï-kdv nnao ina br>izj ittbE ïisn mas-bs-b* *o 
mas « Isaïe, iv, 5, nous apprend que Dieu construit des balda- 
quins pour tous les hommes pieux d'après l'honneur qui convient à 
chacun d'eux > . La suite est également curieuse : STO5 incn "ina bau: 
won bia inDirra « cliacun se hrûle au dais de son voisin ». C'est le 
contraire de la conception sublime de Dante ; le Paradis de celui-ci 
range aussi les hommes pieux dans des sphères différentes, mais 
les habitants des sphères inférieures sont exempts de tout désir, 
de toute envie (Paradis III, 64-90.). Ajoutons encore qu'un frag- 
ment posthume d'Ernest Renan, publié dans la Revue des Deux 
Mondes (XLV, p. 278; lo mai 1 908) , quand notre article était déjà 
sous presse, donne à l'idée maîtresse des légendes traitées par 
nous cette forme magistrale : « Voilà des simples, des ignorants 
qui gagnent le ciel à tire-d'aile, et nous, nous l'escaladons avec 
sueur, nous entassons des montagnes. . . » 

B. H. 



LA RÉCITATION DU SCHEMA ET DE LA HAFTARA 



M. Blau s'est donné la peine d'annoncer dans cette Revue* 
mes Etudes sur l'histoire du culte juif (Studien zur Geschichte 
des jùdischen Gottesdienstes) et de défendre sur quelques points 
importants une opinion différente de la mienne. Un examen si 
attentif, de la part d'un savant compétent, ne peut être que des 
plus agréables à Fauteur et c'est avec intérêt et reconnaissance 
que j'ai suivi l'exposé de mon critique. Dans ces domaines, où 
les sources sont rares et où il faut plus d'une fois recourir aux 
hypothèses, une seule théorie originale peut souvent être un trait 
de lumière et M. Blau est l'homme dont on est bien en droit 
d'attendre un pareil service. Mais je dois avouer que j'ai été 
déçu, que les idées exposées par M. Blau reposent en partie sur 
des malentendus et que ses nouveaux arguments sont dépourvus 
de toute force démonstrative. Je prends donc la liberté de revenir 
ici sur ce sujet et de remettre les choses au point. 

Le point de départ de M. Blau est déjà une erreur. Il suppose 
que je n'ai pas connu son étude intitulée Origine et histoire de la 
lecture du Schéma et des formules de bénédiction qui V accompa- 
gnent. Il n'a pas vu que j'y ai renvoyé dans un passage important 
où je suis d'accord avec lui 2 . Si j'avais voulu relever tous les 
points sur lesquels je me sépare de ses opinions, j'aurais été 
obligé d'interrompre constamment mon exposition par des polé- 
miques. Ce n'est pas ma manière et, ici aussi, je limiterai la polé- 
mique à la mesure indispensable. 

M. Blau commence par rejeter mon explication du terme ons 
vrflû b*. Je maintiens que ce terme, dans la Mischna et dans le 



1. Hernie, LV, 209-220. 

2. Studien, p. 10, n. I. M. Bâcher partage cette erreur dans sa recension de la 
Deutsche Literaturzeitung, XXIX (1908), ii° 15, col. 918. 



LA RÉCITATION DU SCHEMA ET DE LA IIAFTARA 223 

Talmucl ' — dans ce dernier il est, à la vérité, assez rare — ne se 
rapporte jamais qu'à l'office public et, comme il n'y avait pas de 
service en commun le soir 2 , il ne peut être appliqué qu'à la prière 
du matin. Quand le particulier récite les prières à part lui-même, 
la Mischna, dont la terminologie est très exacte, appelle cet acte 
272123 na anp. Les cinq premiers chapitres du traité de Berachot 
s'occupent, à peu d'exceptions près, de la prière privée. Par contre, 
la Mischna de Meguilla, iv, s'occupe exclusivement de l'office 
public; sans quoi les dispositions qu'elle contient seraient dépour- 
vues de sens et contradictoires avec Berachot, i. Je ne vois pas 
non plus que M. Blau ait ébranlé ma thèse d'après laquelle le 
culte de la prière, à l'époque la plus ancienne n'était pas sorti du 
temple, mais devait, au contraire, fournir une compensation au culte 
du temple. Herzfeld partage également cette théorie 3 ; l'argument 
de M. Blau, à savoir que quelques prêtres ont, en qualité de doc- 
teurs, répandu la connaissance de la Bible (p. 213), ne prouve rien 
contre elle. Enfin, nous sommes d'accord sur un point : c'est que 
par yw bj> dis on entendait la récitation des morceaux bibliques 
avec les bénédictions. Je ne saurais adopter toutes les preuves que 
M. Blau en avance (p. 210-241) ; mais je ne veux pas attacher une 
trop grande importance à cette question. 

Il est clair pour moi que, si un terme particulier était employé 
pour cette récitation, c'est qu'il s'agissait d'un acte particulier, à 
savoir la récitation alternée des morceaux. Il est vrai que j'aurais 
dû mVxprimer avec plus de précision et traduire sno, non par 
« réduire en morceaux » (in Stùcke zerlegen), mais par « réduire 
tMi deux morceaux » halblercn ! ; cette acception correspond au 
mode de récitation et échappe à l'objection de M. Blau (p. 211 et s.). 
Car sa propre explication, qu'il reprend maintenant, ne saurait 
nullement m'agréer. Les significations que ce mot doit recevoir 
d'après lui sont trop nombreuses pour pouvoir être exactes. 
Tantôt ce serait un équivalent araméen de ^-n, tantôt une ellipse 
pour t rçnp.. Personne ne contestera que iznc (avec b) ne signifie 

1. C'est seulement sur ces sources anciennes qu'on peut se fonder pour la termino- 
logie, au sujet de laquelle les auteurs rabbiniques postérieurs n'étaient pas toujours 
bien informés. C'est pourquoi la citation d'ibn Gayyat [Hevue, l. t\, p. 210, n. 3) ne 
prouve rien contre moi; je pourrais citer beaucoup de ces textes où les termes sont 
impropres. Cf. Studien, p. -'H, n. 3. 

2. Herzfeld, Geschich/e des Volkes Israël..., III, 2 e éd., p. 209, §§ 22 et 23. 

3. Op. ci/., p. L85, S 3. 

i. M. Blau demande pourquoi on n'emploie jamais DiD à propos du Hallel (p. 211). 
C'esl précisément parce que le Hallel n'était pas sectionné, mais récité par l'officiant 
un verset après l'autre et accompagué par la communauté du mot !"PT?bn- 



224 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

« étendre la main pour prier » ; mais le substantif n'est omis nulle 
part. « Il est non moins sûr que ans dans le sens de Tpsi a été tiré 
de anb aia o poursuit M. Blau (p. 213 . J'y contredis résolument; 
dnb ona signifie « rompre le pain » et rien de plus. Si, dans un seul 
passage, on trouve "prmab ïiD*ns d^ diid* 1 ab, cela ne prouve pas 
que Dis signifie « dire la bénédiction »; c'est simplement une 
expression prégnante pour •■pm ovidi ab ou, comme on disait en 

grec, eùloy-f](jQLç exXacev \ sùyapKTTYJcaç exXacrev 2 . La bénédiction du 

repas, qui serait d'origine biblique et remonterait par conséquent 
à l'époque la plus ancienne, n'est pas du tout la bénédiction avant 
le repas, qui nous importe ici, mais celle qui suit le repas 3 . Le 
second des passages invoqués par M. Blau est d'un choix encore 
plus malheureux; il ne saurait être question d' « un rapproche- 
ment de D*nD et de f n rona qui enlève toute incertitude sur la signi- 
fication du premier mot » p. 213 >. 

Ce passage, dont le début s'est conservé dans les éditions du 
ïalmud palestinien sur Moëd Katon, se trouve au complet dans 
le Yalkoul : d-p ra d^iba "pa-n ittfitto nau; W TtDJn Nti 'n ra-ia 
■^n n:a by Y- 73 * n ^ y,: ^ avoi baNn nT n?:r axr BpDT Nbi va»n 
rp-ra ^vas mens n"r;- i?a baab avrn dn:?3 o*ns bnna ba»n maa 
Niri otid naicai onsE s^na an:7j nb ©^ as an -b cra?3 *pfcn û*v©n 
4 '131 TWn îrn r n nana -ie껩 an:ra d© ©■>© a"ya iTois^a. Il est vrai 
qu'on combine ici ©na « étendre les mains » avec ana « rompre le 
pain »; mais 'nnana est rapporté au sabbat et n'a absolument rien 
à faire avec dis. 

Les deux verbes ans a rompre » et tzno « étendre » sont déjà 
distincts dans la Bible et, quoiqu'ils soient souvent orthographiés 
de la même façon dans le néo hébreu, ils ne doivent pas être con- 
fondus, étant d'origine différente. Il faut se décider entre les deux 
significations, mais il est impossible de les maintenir Tune et 
l'autre, comme le voudrait M Blau. Il penche davantage vers 
T D"id, « étendre la main », acception qu'il veut ensuite mettre en 
rapport avec les prêtres, considérés par lui comme les auteurs de 
la prière p. 243). A quoi on peut objecter que les prêtres n'éten- 
daient les mains que pour la bénédiction et que le geste était 
caractéristique pour cet acte. De plus, il faut distinguer entre une 

1. Matth., xxvi, 26; Marc, xiv, 22. 

2. Luc, xxn, 19. 

3. En effet, les bénédictions avant les jouissances ne sont que rabbiniques; lier., 
33 à, Tossaf. s. v. 13P5 et tfbtf: cf. M. Ber., m, 4 (20b): -patt "pTaïl h?"\ 

vaob ^-ntt -irai "ninab (à propos du np bya). 

4. Yalkoul Prov., § 947, sur x, â2. Cf. Ber. raù., xi (p. 86 Tlieodor . 



LA RÉCITATION DU SCHEMA ET DE LA HAFTARA 225 

bénédiction et une prière et considérer que, pour désigner les 
bénédictions du Schéma, récitées par le particulier, on emploie le 
terme ^-n (irosb 'a ^patt "îmaa), alors qu'on ne voit pas pourquoi 
on s'écarterait ici de cette manière de parler. Par contre, il est fort 
bien attesté que le Schéma était récité par versets, donc par bipar- 
tition (oyid), ce que M. Blau lui-même reconnaît partout; nous 
savons aussi que le mode de récitation contraire s'appelait *pa. 
C'est pourquoi je donne la préférence à l'autre interprétation, 
d'après laquelle D^s doit se traduire par « partager, diviser en 
deux ». Il reste une difficulté : c'est la construction de d"id avec by. 
J'avoue que je ne puis en rendre compte ; mais elle ne fait pas 
moins difficulté dans l'explication de M. Blau. Quant à la mienne, 
aucune objection de fond n'a été légitimement élevée contre elle. 

M. Blau estime que mon explication de irvobtt naa ûtb ^vû est 
« particulière, pour ne pas dire singulière » (p. 214). Je prie le lec- 
teur de comparer mon interprétation avec les hypothèses nom- 
breuses et indémontrées et avec l'échafaudage compliqué qu'il élève 
dans son article pour expliquer l'histoire de la juxtaposition des 
morceaux en question ', et de décider en suite laquelle des deux 
conjectures mérite d'être qualifiée de « singulière ». Je regrette 
d'être obligé d'ajouter que M. Blau a lu mon exposé avec peu d'at- 
tention. Sans quoi il n'aurait pu élever ses deuxième, troisième et 
quatrième objections. Car j'ai expliqué, tout comme il le désire, 
que l'officiant ynv by Dlis commence par les mots bînti^ *m, que 
la communauté répète ces mots et achève la phrase, après quoi 
l'officiant récite à voix basse le répons Y'bfcaiûa 2 . Je reconnais la 
validité de la première objection, à savoir que nulle part ailleurs 
on ne trouve, comme ici, un répons prononcé par l'officiant. Mais 
nulle part non plus la règle ne s'impose avec tant de force de pro- 
noncer un répons à voix basse et, de plus, il n'y a pas d'autre cas où 
deux versets bibliques soient interrompus par un répons ou que 
le tétragramme et l'adhésion soient, comme c'est l'usage de nos 
communautés, prononcés par la même partie. 

Enfin, M Blau révoque en cloute mon explication de la Mischna 3 
yw by ont Nirj Nhaaa ntaDttn (p. 215 et suiv.). S'il lui en avait 
substitué une nouvelle et plus simple, s'il avait infirmé mes objec- 
tions contre l'interpréta lion traditionnelle, je me serais volontiers 
déclaré d'accord avec lui. Mais son exposé ne me satisfait en 

1. Revue, XXXI, 186 et suiv., 197 et suiv. 

2. Sludien, p. T. 8. 

3. là., p. \o. 

T. LVI, is° ii2. i;; 



226 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

aucune façon. D'abord, je dois me défendre contre l'objection 
d'avoir inexactement rendu la teneur de la Mischna en question. 
M. Blau m'apprend que m hy 'p^iw ne signifie pas : « ils s'avan- 
cent à sa place ». Mais je ne l'ai pas dit non plus. Je n'ai pas écrit : 
« sie treten an seine Stelle » (ils s'avancent à sa place), mais « sie 
treten an seiner Stelle hin », ce qui signifie, tout à fait comme le 
veut M. Blau : « ils s'avancent à sa place grâce à son mérite ». 

Quant à l'explication elle-même, je suis parti du fait que la con- 
naissance des Prophètes n'était pas très répandue. M. Blau me 
j'envoie aux passages où il est question de la lecture de la Bible 
par les enfants le vendredi soir. Sachons lui gré de ces références; 
mais elles valent pour l'époque de R. Simon b. Gamliel il ou , tan- 
dis que j'avais en vue celle de flillel et même avant. Or, je doute 
que l'instruction du peuple fût alors si développée que « les doc- 
teurs de la Mischna ne peuvent pas avoir tellement prisé la 
capacité de lire les Prophètes qu ils en aient conclu à une science 
considérable » (p. 218). Les manuscrits de la Bible n'étaient nulle- 
ment assez nombreux ' pour qu'un très grand nombre d'enfants 
aient pu s'exercer chaque vendredi soir sur les morceaux de la ïora 
et des Propbètes 2 . De plus, il résulterait de l'exposé de M. Blau que 
la lecture de la Loi était faite exclusivement ou dans la plupart des 
cas par des enfants, ce qui ne peut cliv soutenu sérieusement. Il 
arrivait parfois que des mineurs faisaient la lecture de la ïora, il 
arrivait qu'ils fussent chargés de la traduction itmnn) 3 , mais ces 
cas doivent avoir été exceptionnels. Il se peut aussi qu'ils lussent 
parfois les Prophètes, mais il n'est pas possible que ce fût la règle 
et, quand le fait se produisait, on en faisait un mérite à leur père 
ou, comme tout fils savanl n'a pas un père savant, suivant la juste 
remarque de M. Blau (p. 215), à leur maître 5 . Rapoport, que cite 
M. Blau, appelle également le Maftir un homme distingué (ïïW 

Un point plus important est la question du l'apport entre la 

1. Les prouves de M. Blau en faveur de l'existence de nombreux manuscrits de la 
Bible (Studien zum aLUiebraischen Buchwesen. . . Budapest, 1902, p, 86 et suiv.) ne 
s'appliquent également qu'à l'époque tannaïtique postérieure. 

2. Même la lecture de la Loi n'était pas un art tellement général. V. Tos. Meg., 
iv, 12 ([». 226) : -mN tfbtf Bnp*Ç) "73 inb -pNE) nD35fl ^3. 

3. Meg., IV, 6 : t^nnttl lyTirû ÊOlp pp : Tos., ibid., IV, II : pbl* bîDtt 

pp ib-sN n3>3ia psttb ; iv, 21 : mm ira bs&i bina vr by d-nn» ]vp 

pp *"y bv73 ûrnmtD. 

4. Cf. le même rapprochement dans Tos., Meg., i. f. : Û3PI *SDb TttlJTI pmin 

131 in V3N trrt p un Nbx epoinb in mnab ^arcn ira. 

"i. E reck Millin, p. 168. 



LA RÉCITATION DU SCHEMA ET DE LA IIAFTARA 227 

Ha f tara et la récitation des premières prières. Il importe de 
répéter, contre M. Blau, que l'explication des Amoras reflète 
l'usage postérieur et est insoutenable 1 . Il est hors de doute que la 
Haftara et sa traduction servaient de point d'attache à la prédica- 
tion. Mais le prédicateur n'était justement désigné que pendant ou 
môme après la lecture. On lit dans Paul : Msxà os ty,v àvàyvoja'.v 

trou vôu.ou xai twv icoocpTjTûiv aTrsaxciXav o\ apyicuvàytoyoc x. x. X. 2 . De 

même, les fonctions de la récitation du Schéma et de la Tefllla 
n'étaient pas distribuées simultanément, mais chacune à part et à 
son tour 3 . Si la Mischna n'en cite pas moins les trois fonctions de 
cette manière, il devait y avoir à cela une autre raison que celle 
que fournit l'explication traditionnelle. 

I. Elbogen. 



1. Les explications du Talmud babli (24a) partent, en effet, de l'idée que le Malt ir 
se prépare ;i ce qui n'est pas de sa dignité (cf. Baschi, s. v. TDD ÛVÛ37D), précisé- 
ment parce qu'autrement de moins digues en auraient été chargés. Des lors, je ne 
comprends pas que M. Blau puisse écrire : « Le Talmud de Bahylone a donc raison 
d'expliquer honoris causa » (p. 219 . 

2. Actes, xm, 15-16. 

3. Ce fut ce qui arriva dans le cas d'Elazar Hisma. Le texte ne dit pas qu'El. Hisma 
aurait prêché au cours du même office, ainsi que l'admet M. Blau, p. 215. 



L'AUTEUR 

DU COMMENTAIRE ANONYME DES CHRONIQUES 



Quel est l'auteur du commentaire anonyme des Chroniques qui 
remplace Raschi dans les Bibles rabbiniques ? M. Aptovitzer, qui 
vient d'examiner cette question dans la Revue \ l'a trouvé cité 
dans un opuscule massorétique sous le chiffre NDibn. Les abré- 
viations supposent généralement des personnalités connues, sans 
quoi l'abréviation serait elle-même incompréhensible. Mais dans 
notre cas il faut renoncer à résoudre ce sigle, toute autre indica- 
tion faisant défaut. 11 n'est pas impossible que l'auteur se soit appelé 
Salomon et que celte circonstance ait contribué à faire attribuer 
le commentaire à Raschi. Sur l'époque de l'ouvrage on trouve un 
renseignement dans II, xxxv, 25 : « Le 9 ab on rappelle le souvenir 
des martyrs des récentes persécutions » (mrp 'pT'aîttia aaa 'aa Nttm 
"irwa u-pNia r-rrrna dWïtn b*). Peut-être l'auteur fait-il allusion 
aux souffrances de la seconde croisade. 

Le commentaire abonde en remarques qui témoignent de la 
connaissance que l'auteur avait des choses de la cour et de la 
guerre, car il se réfère souvent aux us et coutumes de son temps. 
Il parle des costumes ecclésiastiques que revêtent les rois et les 
princes, quand ils prennent leurs repas avec le clergé 2 . Il a 
appris à Narbonne que dans les pays musulmans la couronne 
du roi est suspendue sur sa tête et qu'il s'assied sous elle 3 . Il 
fait une observation intéressante sur la féodalité : quand un roi 

1. Revue, LV, 84 et s. 

■2. I, xvi, 27 : û'-'ia^ 5U3 Û"niBl Û-D373 aH3tt rpfi *p b^laïlb rPfim 

Dmsrra TOiab trœmb vn opina omana ûj obaiNa. 
3. i, xx, 2 : ^btt biD nna ■pbima bawwp^ ynaa arwa ->a awiaiss Ti3>w©i 

masa ïiattbîfl 3ï5"P tfim 1U5N") hy rtbyMb73. Cf. Kirchheim, Commentar zur 

Chronik, ad loc. : taan» mb^îûb ^bn "inan 130733 aiZ)"P ÏTÏTO n*3 

ib ^pttoa. 



L'AUTEUR DU COMMENTAIRE ANONYME DES CHRONIQUES 220 

donne une seigneurie à quelqu'un, celui qui a reçu le fief reste 
bien le serviteur ^le vassal) de son maître, mais la seigneurie 
n'appartient pas au roi '. Dans les assemblées, le roi ou le duc se 
place sur un lieu surélevé, alin d'être mieux vu et entendu 2 . 

Les rois et les princes donnent à leurs domestiques le nom qui 
leur plaît 3 . Le roi a coutume de voyager avec deux chars ; il prend 
place dans le premier et quand il le faut, il s'assied dans le 
second ; . L'auteur a vu jeter des pierres au moyen de l'arc s . Les 
troupes ont dans la bataille leur mot d'ordre particulier qui ramène 
les soldats dispersés 6 . On attache le casque à la cuirasse par une 
courroie 7 . Les armées se réfugient dans les montagnes quand 
elles sont poursuivies 8 . Jamais le lion n'est redoutable autant 
qu'en un jour que la neige tombe; si un homme l'attaque alors, il 
lui jette de la neige dans les yeux avec ses pattes et le tue : c'est 
ce que l'auteur a entendu dire 9 . L'homme empressé est appelé 
« tout vif 10 ». 

L'auteur rappelle qu'il a des traditions orales : variai, I, i, 43 ; 
h, 26 ; xi, 21 ; xx, 2 (à Narbonne) ; II, n, 13 (de Salomon b. Lévi de 
NVnaaa); m, 15 ; — *»b '-»d -p, I, xxix, 11 (Éléazar b. Meschoullam) ; 
I, xvi, 35; II, xiii, 2 ; xxvn, 2 ; xxxv, 18 ; xxxvn, 12 (Éléazar b. Moïse 
b. Meschoullam); II, iv, 7, 20 (Kalonymos b. Judai; — n»«, I, ix, 

40 ; xvm, 3, 5; — écrites ; û-umstt «^ (I, v, 36 ; xxvi, 24), a-nttiN um 

(I, xxi, ll s imD (I, il, 50 ; iv, 14, 22, 23, 31, 33; v, 25. vi, 13 ; 

vu, 29; xi, 3; xn, 22 ; xui, 6, 8, 10 ; xvn, 18,24; xvm, 3, 6, 17 ; 

xx, 5 ; xxiv, 1 ; xxv, 8; xxvn, 24; xxvm, 19; xxix, 3, 11 ; II, m, 2, 5; 

v, 5; vi, 24, 28; vu, 10; vm, 1 ; x, 2; xvi, 14; xvm, 20, 29; xix, 6 ; 

1. î, xxrx, h : rma -hk ^nyb "jna ûk tm "naa *pti iiinD œanb bab 
ira mab?^ baa aima aip*D baa m* ain nian nna mabwa nbta»72i 
ibia bœiain la^n "pN ibrc mabttnu: ^i *jbn bia. 

2. ii, xxin, 13 : oiainn ia "jbnn iwy im D-wittiaa w:)3 D"pn iun 
vnan anatab im&nb ibavu; -na maa Dipaa. 

3. ii, xxxvi, 4 : anta aœ Drpmtbnb a^aio© û"niz)m û^abttn ^ti pi 

4. ii, xxv, 24 : npy naittj&nn maan» ^ata bj» aianb ^b^n ^-ma ^ab 
mraa a^" 1 "jTtttr dni. 

5. i, xn. 2 : ip-Ni ^«i û^iwi pN niapn nn"> b* trsma v>n a^aaa qao 
na-in p. 

6. II, xvm, 31 : DjCD 11151 1115 5D n^tt Û^1115 ^ D^»nb3UDD 5HD72 pi 

ibnb p^ob nn». 

7. /ô., 33. 

8. 1, xn, 8. 

9. i, xi, 21 : mr piD» ^nh "pa ^bia> m-an ba sbran ara tr-ittia u^i 
biD*' «b© 15' anan -W pa ab\an pniT vra: ûin aaïaa abian m^ 
nKT b* *p T^ttiû ^ai rmm nianb. 

10. 76. : -in iblD nT D"nttl« mt D1K Û'WltaD ûia ^a anitt *p. 



230 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

xx, 37; xxi, 20; xxn, 6, 7; xxiv, 11 ; xxv, 8; xxx, 5, 7 ; xxxiv, 3; 
xxxv, 18. Les explications introduites par p-tfê sont peut-être 
empruntées au commentaire de Joseph Kara ou à celui de Mena- 
hem b. Helbo. Il cite une fois les interprétations de Joseph Kara 
(II, xxv, 27 : Tpfcn Y£i tpr 'l ^iTsm). Mais il en fait aussi des 
extraits sans le nommer ; ainsi l'explication de I, i, 19, est celle 
de Joseph Kara, dans Minhat Yehonda, oô. 

Quant à la question de la patrie de l'auteur, il est d'autant plus 
hasardé de la résoudre à l'aide des gloses en langue étrangère que 
le commentaire est une compilation. Les gloses françaises prou- 
veraient tout au plus qu'elles ont été empruntées en même temps 
que les explications. Il est arbitraire d'additionner les leazim et 
de conclure à la nationalité de l'auteur du plus grand nombre de 
mots français ou allemands. M. Aptovitzer s'applique à montrer 
qu'on trouve des gloses allemandes dans d'autres ouvrages de 
savants français * et que, par conséquent, notre auteur peut avoir 
été un Français; mais cette argumentation n'est pas péremptoire. 
Les gloses bilingues militent en faveur de la migration des com- 
mentaires qui les contiennent; elles sont pour la plupart l'œuvre 
des copistes; elles peuvent même avoir été ajoutées après coup. 

Ce qui est sûr, c'est que notre auteur a vécu en France, à Nar- 
bonne, ainsi que l'établissent ses rapports personnels avec les 
savants français qu'il cite. Mais je doute qu'il ait entendu d'eux 
des explications de mots en allemand. Dans II, xxiv, 14, t-nb*!-n 
'■Di TDSm liœba biizroi) est une glose interpolée. C'est l'explication 
qui est d'Isaac b. Samuel de Narbonne, mais non le mot allemand 
« Stossel ». Même cas pour II, m, 4 : "pennû» n'est pas d'Éléazar 
b. Meschoullam, mais seulement l'explication de ■mas. 

Si" nous entrons dans le détail, nous trouvons les gloses sui- 
vantes dans l'édition de Venise, 1568 : 

/. Gloses allemandes. 
I, ix, 18 : p*n yrn. 

xiii, 8 : Fp*TB. 

xxn, 3 : ba^a. Cf. Rascbi sur Rif, Eroubin, 101 b : baa. 
II, h, 15 : pjtfVi. Cf. Or Zarona, I, 27 b, 49 : D"ibn « flos » et le 
bohémien ab^s « plt »; dans Rascbi sur I Rois, v, 23 : i^bc 
« flotzen ». 

1. Cf. encore Or Zaroua, II, H5Ô : É ]"'*l"ip T^bn, et 180 6, 445 : pTitt). Le pre- 
mier mot vient du commentaire du Séder rimé de Pàque de Joseph Tob Elom par 
Samuel Sire Morel, le second du couimrntnire de Ilaschi sur Mord Ma tan, 23 a. 



L'AUTEUR DU COMMENTAIRE ANONYME DES CHRONIQUES 231 

II, ix. 21 : r* N P >iy72 ' 

xvi, 10 : bs&va. 

xxiv, 14 : -pb-D. Cf. ffca dans fftt^. Maïm., Loulab, vin, 3 

tràd. de mm), et Sehlessinger, Dû? Mtfranz. Wùrt'èt im 

Machsor Vitry, 110. 

Les closes f*Vi et ixsrçnjw sont des emprunts. Ainsi, nous n'au- 
rions que quatorze ou môme, en défalquant w«i treize gloses 
dans le commentaire '. 

2. Gloses françaises. 

1. vu. {5:«$â IL IV > l7 : n*™» 2 - 

vxix. 7 : «rap. xx, 6 : *prn. 

Il : •jTjpN. xxvi, 10 '.Vttèihk. 

AI Aptovitzer ne cite pas ffiabo et -non* 3 . 
Quelques gloses sont empruntées au commentaire de Rascln sur 
les Rois; ce sont : ttV^s l Rois, vu, 16), &«em t rrrine (vu, 24, 

36)^ etarsip 4 . t „ _, 

L'opinion qui fait de l'auteur un Allemand est plus fondée que 
celle qui le considère comme un Français. S'il est vrai que, comme 
le montre M. Aptovitzer, on trouve des mots allemands dans les 
ouvrages de savants français, il est certain, par contre, que les 
écrits des halachistes allemands contiennent d'innombrables lea- 
zim français, dus soit à des influences littéraires, soit à l'usage du 
français comme langue de renseignement. Les disciples allemands 
allaient fréquenter les écoles françaises, où le Talmud était expli- 
qué en français; il est donc naturel que les explications de mots 
en français' se soient conservées dans les ouvrages allemands. 
C'est ainsi aussi que l'allemand s'est maintenu dans les pays slaves 
comme langue de l'enseignement du Talmud. Plus tard on traduisit 

1 Sur DT»«Wm (Aptovitzer. p. 86, n. 6), cf. Or Zaroua, II, 112Ô, 247 : 
N l^ . l S£E , ; Panés, 55, KWB. Si le S est employé pour rendre la d.ph- 
tontrue « Pf », il ne s'ensuit pas que a ait la même valeur. 

2 8 Cf. M dans Rascbi sur Tel,, 106fr; Ketoub., 60 ; SM.,Uta;A£ *., 
386; aWW dans Or Zaroua, I, 187 6. 671: &:>n« dans II, 132 « (tiad. de 
ttrv^-iv et ttT*7-S dans Kimhi, s. v H3?. 

3 £2Vu£™, cf. Schlessinger, op. cil, M*. - Sur m. cf. Arouch, qp 

n° 14,etKimhi, s v. ïpp. 51 ad 

4 Cf. Raschi, 1 Rois, vu. 1 I NO^Tp • " »-i «v, 11 i« ' ,,, , 
voc. p*a t73T3 WMP* ■;*&., 516, •- »; ÏO30 tTOPli *.,«**■ 



232 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

les explications des noms de choses dans la langue du pays, les 
mots étrangers étant devenus incompréhensibles. Mais ceux-ci se 
sont conservés à leur place dans la littérature, tels des blocs erra- 
tiques, et les copistes les ont transcrits avec une fidélité aveugle, 
d'où les corruptions et les fautes souvent inintelligibles. Quant à 
savoir si les Juifs des bords du Rhin parlaient le français entre 
eux, cela est plus que douteux, attendu que les mots conservés 
proviennent des cercles lettrés 1 . 

La remarque qu'on lit dans l'édition de 1518 : trbn ^sa ^txm 
unnn mms bra est claire ; seulement, un mot est tombé et il faut 
lire : nnrtn nuriD bio arrosa û^n ^sa, c'est-à-dire que la Pesikta 
sur unrn niins est citée dans le commentaire des Psaumes (peut- 
être celui de Raschi) 2 . Il faut faire une autre petite correction 
dans I, i, 36 : i^bun-p p^Yiïï "nsoa, ce qui ne peut guère signifier 
« un Sifrè correct de Jérusalem ». Il suffit d'intervertir les mots 
et de lire : p^vra "^buirp "n^oa, « dans les livres d'un ïalmud de 
Jérusalem correct ». 

J. Wellesz. 



1. Cf. Is. Locb, dans Revue, 11, 160. 

2. Cf. Zunz, G. V., 2 e éd., p. 224, d. 6. — M. Aptovitzer cite Gen. rab., xv : lire 
Exode rabba, xv, 26. 



DOCUMENTS 



PROVENANT DE LA GUENIZA DU CAIRE 



Les deux fragments que nous publions plus loin appartiennent à 
la Bibliothèque du Consistoire israélite de Paris et proviennent de 
la Gueniza du Caire. Ils ont été mis à notre disposition par M. Israël 
Lévi, qui nous en a signalé l'intérêt. 

Le premier, qui est daté de Tan 1413 des Séleucides (1102), est 
un acte de vente à réméré passé entre deux co-propriétaires d'une 
maison. Par suite d'un accord survenu entre l'un de ces proprié- 
taires et un tiers, accord que la justice s'était refusé à reconnaître 
pour des raisons que nous ignorons, il se voit obligé, probable- 
ment pressé par des besoins d'argent, de céder sa part de maison 
à son associé, se réservant le droit de rentrer en possession de la 
dite part au cas où il trouverait les moyens de la racheter à son 
nouveau propriétaire. Il continuera cependant à l'habiter pendant 
quatre ans. 

Le nom du tiers mentionné ici t»yi r ni2 *n spv 'ift mp:r> -na ■ptûba 
2"d ^abba se trouve également dans un autre contrat daté de Fan 
1404 Séi. (= 1093). (Voir Cowley, Cat. BodL, 2878, 66.) Ce contrat 
est écrit sur une bande de parchemin de la longueur de 40 centi- 
mètres pliée en deux et très détériorée par endroits. Il contient 
plusieurs corrections interlinéaires et des membres de phrases 
biffés. L'écrUure est rabbinique égyptienne, légèrement inclinée à 
gauche. La transcription est celle qui est adoptée ordinairement 
et les points diacritiques sont rares. 

Le deuxième fragment est une lettre écrite en arabe avec des 
caractères hébraïques sur une feuille de papier de 25 centimètres 
de longueur sur 17 de largeur. Elle est adressée d'une localité 
située entre Ramleh et Jérusalem. Le nom du destinataire, écrit en 



234 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

caractères arabes, qui se trouve au verso de la lettre, nous permet 
de la dater de la seconde moitié du xi e siècle. Ce nom est, en effet, 
(S *JJ^\ Jlft ^! ^-**-*> vy^ JJ é^ w ^y c£*N^i ^ e niême que nous 
retrouvons ailleurs (V. Cowley, Cat. BodL, 2877, 32 et 2878, 54) 
en relations avec û"»oa '-pa "îfinïia h (T. S., 13J 16' 9 et itf. 13J 17 2 ). 

Au surplus, un "Hiétt 'i est mentionné dans la lettre. Or, ce 
û"»D3 '-pa •wirii 'n est cité comme témoin dans un acte de mariage 
daté de 1050 (T. S., 20., 7). M. Wormann [J. Q. R., 1907, p. 737) sup- 
pose que ce ^ONDba ^ p spT mpy ia« est le père de R. Isaac 
Alfasi, mais cela ne paraît guère vraisemblable, car il s'agît d'un 
mpy ma nommé tpv, dont le nom complet est, dailleurs, ap^ ^3« 
•^ohd fï-pba ^b* p BjDT (Cf. Cowley, C«*. #od., 2878, 54). 

La lettre renferme des détails curieux sur la Palestine et la vie 
juive à cette époque en Egypte. Elle mentionne encore les noms 
de prisa TT*p ^di», ysvn ,ï-mrr '-naî ■ua -v-ro ^rr^b» qu'on pour- 
rait facilement identifier, car ces noms se retrouvent dans d'autres 
lettres adressées à D^oa p \^n!i3 'n dont il existe toute une série 
(V. Cowley, Cat. BodL, 2876, 40, etc.) et qu'il serait intéressant de 
publier en entier, car elles nous fourniraient des renseignements 
précieux sur les relations commerciales des Juifs de l'Orient et 
particulièrement de l'Egypte au xr 3 siècle. 

B. Chapira. 



? ? 



I 

Recto. 

^bi ïib mun *b« w bat C|)N3i 

•f^iobs •pi rna ■'b» nin rtin p 'sii parrnmo 

^ip^n prn îrnrH 'm '-172 la rrc»?: 'm 'n>3 bno "2N 

•pai ^3 npnoN *ip iNa ï^;b bapi y"î i^asHn taann 

y"3 ■'îabbN ?in qoT» 'nn anpy 13» ^prabat 
•»»n ^niban 173 Hni'TiMb» ^b ^tib« 'wibK B|X3ba •«■ 

p*ro* nbb« 

y"3 tp-p -172 na tan»y '-172 nania ^n ^nba «(n»)mT 

yane nanpnoaÔN ^b 1 c>43 '' sanbN :no^ ûb — itdn 

*npnoK *jao r^7û?2 nb^paôt* abir 

r-iNi5NU573 ï^a-uwanO) nanba* inf'W ûb mn 

t^r^N t*ON (? rmn) IN n by (? nnnN) 
oanb.s npnt) }?: **y*m rainai m\na 



DOCUMENTS PROVEiNANT DE LA GUENIZA DU CAIRE 298 

73-13 ^T£ tznfty '"153 (3h&b« T3N ^piûba "Vl33D 

. . b» . . sa "D^n C'^bN) 
î-inbaN-js mbn t^^rN 5»bN ip î^ . ^"3 • • îszbN cjdt' 

nom 1 in y-\... , , 
aipsn ia* "p»bb t^Tca aip^ i«a bafcfi'm ïronba 

■»n«^ "nbN nmpnoàba yo^ rrn^atp) mm pn 

.... In im canba >«b rmo np ^(-ibN) nrnta 

'3^ï ïtne nbna tib nbs nNTbN 173 Sittaba n3?3 

i-nTsiN ">dit3-»ïi ^nt^t ■s'na basai 3>ap 2/0 

b-hca) mtïi jarab» ^s ^sao" 1 n3N (D)nia 
^nnDïï jirtb1« 1^30 rtya-ia m» tabiyïi 

snïitaibb nnâ ri3D 172 bdc ^bo 

D"i73y 112 t|N£3N 173 

r<3N "HbN Ejlttba *D in» 173 pONl pDN 

1"»bo ftfanNba îttu m?: iNbN pNo ira 

rr3?3 nbpsbN ^3?3 ottnbi ><b r^sma^ û*ip73bN 

■>3pm ^b "jbNabN bno ind mab» mn bnta 

s^73 ^73 rhbN iMîin*m '3^ ï-pn?3 Frnbnba 

■jarabobN a^Ni 
nbau>ab«i bpabx 173 ""pi ^ D ttttïb'' 
S^abtn bpb'bN ib* -n*n ini 
ns>si '3*h m»» nnbnbN ' — nit 

^Vl ^b» ^(0733) 

enpabN qitsbN rwnON 

nb 

t-rnbna riN^N nnya np ^nbN î-nan 

bp3bwN 173 
pnbN '•b* c^73 rib nysTi 'ï»*i !-pn73 

ri73 ûipi 
t*nn Tnaynoa lna"n •pso '5 m 73 ^s 

t^t73N p^nmraa ïrsp ^n ^b* E|aub$ 

ynaNi 
(sba)73bwN tsiïia rrp3>noN in 

in ï-i3n73bN b"»ao ^b* in bpa*a in 

ûbvn m73"iN ^0173^3 aana 
3>nan ri73bi pi in ïib o*b pisnba 

^373 nnrnaN N73a ïtk» nbn(a EjitabN) 

iN^babN a;N*ia ^bi ie "Wpb 

1«b« 173 irb* 1NT bwbNi bp3bN 



236 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

mN53 

ï-J3n73a ';-h i^D73a 

1N3> N"!N (î"nX73 1») 

û*Htt (?ûana) n?3&mDtt n 

bwob« ^b rtbbN bna in manfabAj 

toipabN 'ïh '©b» im n 

w ûbi nb tsittnysm nhi^i 

"IfiTrb» B|M "trr *rb« "obn ^bN 

■psi tsb fNa s^ï73a ki-di ûipnba 

non ">0S3b s**tbN s^rnNi-inoN 

t*<bn72 ton Nîra npnaN s^73 

■pso rraanstbK nipn s>hn 

ï"Pb t^3N "nbN ">>iTO ^b "»35ob 

Ditoan n^b rsr» . . n ï^b i«b« 

■jni sa^ba t^nn t^bnîa ïtb 

briana 
1n?n itD TO*b rry 

1^ mna ns: in '3*n "poEa» 

■ rnb*B ip ton û"h* TOBa 

r-wxnnN ■*© ""N "jni "jbi 173 v £ 

Verso, 

ïlbN72 173 13T Û"1733> '72 "1733?" 1 ÎTïKtt* 173 IN'lbN 

r<733 ^aa- naN^-i "jbi ->d riTûTb^ N733 *a»bjn mna 

ns^N bN735N !"lbb« bïlO 1NB ^bl aom fpbs MtnrP 

i-n nTopi byàbNi bpabN 273 ^bl p lyaiy* >m 

n©3a s»<:n nbw Tpi ntmicabN rpafepbN *bj» 

nnN733»bN m- 173 nabim t^^s 172N3 fi?2* "fob 

pna ^aosm'i fr^rra* naïa in nbip* t^73i 

q-13^ tno 173 ■pa*' Y 5 * 1 ^ rrby *b crt> CjxabN 

nno Dnn ib^BNi c^nB^B(ah e^nb^pn iNa^NbN 

IN tora ^33"«a npnoNi bwa ^t by ib^DNi 

^a* Binrab» (mn mb*) nbN (aNnVabN s^n yo* 

*-ia ipTn Ynaa bïs>N ">aN ^pob» 

. . . tob r>y 'na na riTOn '"173 

mïi 173 n ^73 Tia 

ma iba abN ointob» 

aaNibN pi ma bwi pn 

■nbN VjD nraiNbN nipn Jni 

taN^N nya-.Na nîN:n smsi ûipn 
tonnai mpabN '3-n rpNa nbnbN -îairiN abi 



DOCUMENTS PROVENANT DE LA GUEN1ZA DU CAIRE 237 

6**nba "lanbaa nasi nb ^b/aba rut 
">b« t^ïinwboi t^iïijW t^:N nbpnaNi nb 

t^bl n^DN^72 "P3 173 151 D-Itt*' "173 

npv ba SwS^nnN i^bi nan r^bi n3 k 3N7373 

nN"iN"ipnoNbN m?! n-npn t^73ba 

t^nrnniaa «Dirais s^n ba 

.... s^Tarnarpai «amerroNi 

irmm '-173 "in niûatt) 'm '"ifc bno iaN ^©ba NyMa aab KbNp 

(Epi" 1 '"173 "ia) (-i)pin û"i73^ 'm 'H73T np^n ipTn 

'ai esa^b* "nnw 

("l)N"lbN ^S E31©b« "»B DNbab» "nrr 

Phanb» ba . . . ">i 

pror bno 12» "p©bN 

il 

b« DipbN 173 "imN3?Di ■jnBKbo a&n(N"i) ("papa nbba bâta» nana 

N?:b p-uai l^a:?© (173) pba . .b "œnba nbb fpbkji ?i»»bo b»n 1? 

■jbn "ôl H3«b rîn?:n-i3 yawana&bK anpi t**b»*n nbbs "rna ^bap 

(a)Nna ^73 Y 3 8^73 i« "id^wS «in '■pbs Bsnbian lana ^pba "ona mpn 

^32 nnbtfas n a-i373 in ino3n "*a tns mn vi*&d "•ai 1373 man «n 

nb îpbi inin lNaai73 ^a anab» 173 s^a wi ïtb«* ^d in ib bNpi 

r^icpn ">rn na>7a m©xn :**ïna t^b» mas f<7: nb nbps ana ^73 

t^nnbfta ^si anab« ^ba 3*sn nyaziTa *b« na>73 m73i na^ain 

ntnbNoi "p ï-rbba «toni» -rna "fnTsabo ^3"ioa "p 3 * 173 asna 

•pw E*tb&t?ri nbb« ima y 73 *>b j'ai nbp -«nb» ">by T3M m&TT ba 

nbo«i «« inan «13 tvî73 ^aa pm «an T^by B|bavn ïroetbob» pn ■'B 

'atab» ana 173 nnnai «3 «aai ^paaaN ax3^ «a^n nbb« ^3* 

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pn a»"»nb« ^a ^3N3n7a« 1?: mai nt: £^t:î<i ^ina 3ba^ ^nn 

ypn73 pp ann 173 ",pa^ oaba "np3 r*«(o) ï^3in r<73^ ^N73 hbbs 

txri<yn nbbwN "iwsn inna* 1 l«an inn-:^ ab bsba rN^n^bb nbab^ i«b 

in r<3in ob«3 P3a in nman «73 t<73Ni i*>3»7:3,s yàbsb» »sb ion*' 

rn^a y«ai uurm »(i)pB nbn.si n(N)73 ibab» «5N3»73 N3in ^b i^a in 

ynbNTs N3in n^tabw nao ^a «bi bn ps »)b nn^a-i «3in nan^ nt:i anpTabfti 

b« aïs ûN^atbN i"a -)(bno 3 nbb« >s)c in wN3wS"i tto m72a ^nxa nbab^i 



238 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

■nnïïm batènn "jn "p DN NDN1 *W*anâNb« anp^ Nbacn ïibba t*x 

p-uan qasaH )i-\wn *ns»iiu mia? ba ftb»:» i» Tibaa nsa mattb 

Bawwi m*,n nsob i^iw nnïïm batsnn ^bnai -p3K5*i 'an 

b«»fcfeRi ■nfesa n3a mastb ûtt^s-p ï*rmpbb -iensi "jab 

IN-mpbb mm "isot» 

Perso, 

ûnb L3-isn »3i nann p yn ia* *paa nbbrç mai pma mnat i3ia-> b*bs 

^rna ftw-imcn a-na; a^a ^pm a*?a«>n nbbat tro'vn rroatb ansaô 

1? ann in ^boa* awan *pba* bnbisi "ima* '-a* aa«na "pb» nana roa ipi 

T.na ^73 ^mas* 173 Ep*N ">3&ô ^3a*p?3 rrs iian iao laon ba* ba*n 

^ana . . npi ba ^d ana/ag )n ■wan aô "jboN N ^an w -fam nbb« pn 

■^b* N:ra y»;p a*baum ribba* ^ a*bi m 73"» ao ma* a«m "ni a*?3 latb 

mai 'jb'im ^«bo n^ran ^£73a n*sa*n pnoa* ""-ro "jNa "jao ba*n naa* 

n^a 13» ib ^rimaa* nsai j^mba* Dam aV:a*yn i-tbba ^73 ^bnan 

mafl) ba*n epa "»b anam ^b"* 3 *b anan -12:73a *jao •jnd npn 173 - , -nis mn 

•un pm ^373 i^bai aô vhtxsn rtbbtf *n»«b« mao r^ai "j^a-iba ^d 'jnabs 

tstinil *jb n3Na "jan ûbfio *bl*ia nrno t^73 briE "pNnaa nma npb 

mat-rm DNbobN "^nns 'n abam ^pan kïts mn c^ma i -ba< anaa* naan 

3>n ri3N nafr) inaba aana ^b bâti }Na f«b nmwtan nnTawboa ^by 

*\bi -^no nbiana nj>730 t^Tabs n^y *>by ^bn -»a« pm ts>i npna ^d 

inN c*<3a yn m û N?3i cas» ^nmi nb^-ibN *»si N3irr "»b> tw ^i 

^dt rtwibbK ^ba» nrra tibE-iba ^s s^ss^pai ">n3^ 173 r^tbi t^3N r<b 

nnN c^t3b 3>?3"J 5^73T niaiu D^a^nb b73i^ '■pna bnpîi nnaN onpbx 

D^û^ fart» avbwN ">bs i«anbN n->ba ■;« ai^ 173 "n» 173 :nat ïii^nb^a 

trpab«i t]babw\a bay*»i t^ba» c|ba"« «bNJ»n rtbb» np^is: ^7: nnbn ib 

■^01731 ■''Nil pnows •^T'oi D«bobs "imn yai jnabb Mn^sin ^Miai '■'bN 

(n)^-iaT ^aN ^toi ûfi^bob^ ni:a aor nbtttën i?3 j?nai prnai ^r^nns '-n 

Traduction. 



Voici l'accord qui nous convient à tous les deux : 

Attestation, etc., Il en était ainsi : Le Scheikh Abou-Sahl, H. Menaschë, 
fils de R. Juda, l'ancien, le sage, le vénéré et Térudit — que son ame repose 
dans le Paradis — a comparu devant la Cour de Justice et s'est exprimé 
en ces ternies : Une convention avait été établie entre moi et le Scheikh 



DOCUMENTS PROVENANT DE LA GUENIZÂ DU CAIRE 239 

Abou-Yacoub, H. Joseph, fils de R. David, connu sous le nom de El-Lébédi, 
au sujet de la moitié de la maison que j'ai reçue en héritage de ma mère 
- Dieu soit satisfait de son àmc - et qui appartient par moitié a R. Am- 
ram fils de R Joseph - que son àmc repose dans le Paradis -, conven- 
tion' que la justice n'a point ratifiée. Ce dernier me redemandant sa 
parole, par suite de l'opposition de la justice, nous avons eu ensemble 
plusieurs différends et nous avons fini tous les deux par quitter la voie de 
la justice; ce que voyant, mon co-propriétaire, le Scheikh Aboul-Faradj, 
R Amram, fils de II. Joseph Elso... (que son àme repose dans le Paradis), 
que notre affaire touchait de près, entra dans une violente colère et con- 
sentit à remplacer le Scheikh Abou-Yacoub en question et aie désintéresser 

de l'affaire. 

Les conventions exposées plus loin, passées entre nous deux et agréées 

par la justice, sont les suivantes : 

Je lui vends la moitié de la maison qui m'appartient pour la somme de 
trois cents dinars d'une manière décisive et définitive selon les lois d'Is- 
raël et la juridiction des autres peuples, à condition qu'il me loge dans 
ce lieu pendant un laps de quatre ans, a partir du commencement 
du mois d'Adar I de l'année 1413 des contrats (= 1102) jusqu'à fin Sche- 
bat année 1417 des contrats (= HOC), que j'habite et que je loge celui 
qui me plaira dans, celle des deux moitiés de R. Amram que j'oc- 
cupe actuellement, durant les quatre années mentionnées ci-dessus. 
11 ne pourra exiger mon départ de ce lieu pendant toute la durée de cet 
espace de temps. Et si Dieu m'accorde l'aisance et me fait gagner les trois 
cents dinars, je les lui rendrai avec, en plus, ce qu'il me demandera pour 
les droits de mutation et d'impôt revenant au gouvernement. Dans le cas 
où ces droits seraient trop lourds pour lui, je lui remettrais en même temps 
que les trois cents dinars ( ) autres à cet effet, et je rentrerais en pos- 
session de la moitié mentionnée ci-dessus que je lui ai vendue pour trois 
cents dinars en lui pavant le nantissement des droits de mutation dans un 
intervalle de trois ans. La reprise de possession par. moi de cette moitié 
sera effectuée sous telle forme que je préférerai, soit que je la reprenne 
(en la rachetant) pour la même somme, soit pour une somme moindre, 
soit encore sous forme de cadeau ou de donation, conformément a la 
juridiction des autres peuples. Il ne devra pas faire de diminution. 

Et lorsque la moitié sera rachetée pour trois cents dinars comme je lai 
vendue il devra me rembourser les frais de mutation et d'impôt, selon 
les tarifs du gouvernement. Il s'engage, à partir d'aujourd'hui, à remettre 
cinquante (cent) dinars comme don (aux pauvres), conformément au re- 
niement des dons, au cas où, Dieu m'ayant accordé la somme de trois cents 
dinars susmentionnée, que je lui remettrai, il ne me rendra pas ma pro- 
priété, c'est-à-dire la moitié de la maison susmentionnée, restitution qui 
ne pourra être faite qu'à moi seul selon qu'il a été convenu entre nous 
par rengagement en vertu duquel, au terme des quatre ans durant les- 
quels j'aurai le droit de jouir du lieu que j'occupe actuellement, je ne 
pourrai le céder à toute autre personne, réengageant a verser cinquante 



240 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

dinars aux pauvres de Misr, s'il est établi en justice, par deux témoins, 
que j'ai fait rien de pareil. 

Si la maison nécessite une réparation que R. Amram entreprendra à ses 
frais, il m'en préviendra et prendra ma signature en établissant le compte, 
et si Dieu me facilite l'acquisition de l'argent, j'ajouterai ce qu'il me récla- 
mera pour cela aux frais de mutation et d'impôt en me conformant au 
jugement établi. Et moi, Menasché, je déclare accorder pleine confiance 
à R. Amram pour toute sorte d'entreprise de réparation dont il se char- 
gera et pour laquelle il me réclamera la moitié des frais, sans que je 
l'oblige à aucune espèce de serment grave ou léger, ni même à l'excom- 
munication non déterminée, ou par la transmutation. Il a été également 
convenu entre nous que le présent écrit contenant les conditions sera 
déposé entre les mains du Scheikh Àbi al Fadl... Méborach, l'ancien, fils 
de 

Si, le terme des quatre ans sus mentionnés étant échu, je n'apporte pas 
les trois cent dinars en question, la propriété sera à lui et toute la maison 
deviendra sa possession. Je m'en retirerai pour la livrer à R. Amram sans 
difficulté ni opposition, ni prétexte quelconque. Après avoir établi toutes 
ces conventions avec les témoignages et déclarations, le Scheikh Abu- 
Sahl, R. (Menasché), fils de R. (Juda l'ancien) et (le Scheikh Aboul Faradj) 
R. Amram nous dirent tous les deux : Attestez-nous, etc. 

Atteste les paroles du contrat de la maison et (le Haber?) 

le Scheikh Abou Sahl Ishak (le Dayan *?). 



II 

Je t'avais écrit — Dieu prolonge ton existence et te conserve en bonne 
santé — de Jérusalem la..., en bonnes dispositions, Dieu soit loué! le 
(5 e ?) écoulé du mois de Chabàn et avec le grand désir de te revoir. 
Puisse Dieu (qu'il soit exalté!) rapprocher l'heure de l'union par l'effet 
de sa grâce, car il en est le maître. Mes lettres étaient parties — j'espère 
qu'elles te parviendront — j'y disais que je ne recevais guère de lettres 
de toi et que je n'en avais point eu connaissance, lorsqu'un homme du 
Maghreb passant par ici, je lui ai demandé de tes nouvelles et il m'a 
répondu : « Il se porte bien et même il est venu avec moi du Gharb dans 
le même bateau et j'ai ici des lettres qu'il m'a confiées. » Je lui dis alors 
que je ne m'en irais point sans elles, et, l'ayant accompagné jusqu'à ce 
qu'il eût terminé ses affaires, je me rendis avec lui à son domicile et il me 
remit les lettres parmi lesquelles il y en avait une de toi. 

Gela m'a beaucoup réjoui de le savoir en bonne santé. Puisse Dieu te 
la conserver! Je lui ai demandé davantage et j'ai été peiné d'apprendre 
que tu as fait de mauvaises affaires avec Berhoun. Puisse Dieu (qu'il soit 
exalté 1) te remplacer cette perte. Moi, par mon père, je ne vois personne 
sans m'informer de toi. Puisse Dieu (qu'il soit exalté !) rendre tes non- 



DOCUMENTS PROVENANT DE LA GUEN1ZA DU CAIRE 241 

velles meilleures. Quant a ce que tu m'écris au sujet de la vente de la 
moitié dos vêtements, que Dieu t'accorde une bonne récompense et réa- 
lise ton espoir. Par mon père, je ne le considère de ta part que comme 
un présent. Puisse Dieu (qu'il soit exalté !) ne pas me priver de ta per- 
sonne et nous réunir dans l'aisance et la santé. Tu verras ce qne-tu as à 
me demander afin que je le note pour m'en acquitter. Et si je tardais à 
rentrer à Misr. vois ce qui te plaira, afin que je puisse te donner satis- 
faction. 

Quant à ton offre au sujet des habits — que Dieu t'accorde une bonne 
récompense ! — ici nous ne pouvons guère porter que des habits de 
coton rapiécés; car le pays est habité par des cultivateurs misérables qui 
n'ouvrent ni boutiques ni maisons. Dieu (qu'il soit exalté !) nous délivre 
tous ensemble. Tu me demandes si je me suis établi ici et si j'y gagne 
ma vie : le pays est désert et ses habitants sont pauvres, morts; il est de 
la dépendance de Jérusalem. On n'égorge ici ni pendant la semaine ni 
pour le jour de samedi ; la volaille est ici conservée dans du sel. Le pays 
est froid pendant un long espace de temps. Je compte, si Dieu le permet, 
revenir après le jeune du « petit jeune ». Dieu (qu'il soit exalté !) veuille 
nous réunir bientôt. Je te prie aussi d'avoir l'obligeance d'acheter pour 
ma cousine maternelle Sabiah, sur les dix dinars, des voiles verts et bleus 
pour trois dinars ; de même, tu auras l'obligeance d'acheter une tunique 
pour le rouleau de la loi et tu remettras le tout à celui qui partira pour 
Kaïrouan pour qu'il apporte (les voiles) a ma cousine maternelle Sabiah 
et la tunique pour un rouleau de la Loi, à Kaïrouan. 

Peut-être que Berhoun (Dieu le mentionne en bien!) s'en chargera-t-il 
ou quelque autre que tu voudras, mais ne néglige pas de le faire, car c'est 
pour Sabiah, une orpheline. Dieu t'accorde des enfants mâles et nous fasse 
assister à ta joie. Je t'ai écrit la douzième (?) lettre, j'espère qu'elles te 
parviendront. Je te prie de surveiller l'état de la boutique et de m'y rem- 
placer, car je sais avec quelle bienveillance tu remplis à mon égard tes 
devoirs de concitoyen. Dieu t'accorde pour cela une bonne récompense ! 
Je te prie de ne pas me priver de tes lettres en tout temps car je ne vois 
ici personne de passage, Dieu (qu'il soit exalté !) nous réunisse dans les 
meilleures conditions. Dans le cas où Sidi Ishak est à Misr, tu lui trans- 
mettras mes salutations ainsi qu'à son fils et à Mousa. Dieu (qu'il soit 
exalté !) est le juge universel. 

J'aurais voulu me trouver à Misr pour être témoin de sa justice. S'il est 
donc à Misr, écris-moi à ce sujet. Ecris-moi aussi sur l'état de la boutique 
dont m'a parlé El Kohen et comment vont les autres affaires. Dieu (qu'il 
soit exalté !) ne me séparera point de toi. Je te jure par mon père, cela 
m'a autant réjoui de recevoir ta lettre que d'être arrivé sain et sauf. S'il 
te fallait quelque chose d'ici, dis-le moi et je te l'apporterai. 

Tu transmettras mes salutations à H. Nehoraï et tu le féliciteras de ma 
part de son excellente santé. J'avais, en effet, reçu une lettre d'El Kohen 
me disant qu'il était malade à Barkah, ce qui m'avait, par mon père, beau- 
coup affligé, et lorsque j'ai appris qu'il était de retour, cela m'a procuré 
T. LVI, N» 112. . 16 



242 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

du plaisir. Il a sévi ici et à Ramleh une épidémie et personne de nous 
n'espérait (y échapper), ni moi ni les miens. Nous sommes restés à 
Uamleh pendant un mois au lit et à Jérusalem davantage et nous avons 
dit: Béni soit Celui qui accorde ses faveurs aux coupables! Personne de 
nous n'espérait plus vivre. Et j'ai dépensé beaucoup depuis que j'ai quitté 
la boutique; si je disais le tiers de ma bourse je serais au-dessous de la 
vérité. Que Dieu (qu'il soit exalté!) veuille nous le rendre et hâter ce 
moment. Quant au reste des dix dinars, tu les remettras à EIKohen. 

Heçois le salut ainsi que Sidi Ishak et W et Musa et R. Nehoraï et 

Hcrhoun et tous ceux de qui nous sommes séparés; salue-les ainsi que 
Sidi Abi Zakari Juda. 



DEUX ÉPITAPHRS JUDÉO-ARABES 



Entre autres curiosités intéressant l'histoire et la littérature 
juives, M. David Salomon Sassoon possède deux pierres tombales, 
munies d'épitaphes arabes eu caractères hébraïques. Elles lui 
viennent de Bagdad, et il a bien voulu nous autoriser à les publier. 

Faute de date, il est difficile de déterminer laquelle des deux 
pierres est la plus ancienne; mais on verra que, si différentes 
qu'elles soient par les dimensions, elles offrent de nombreux points 
de ressemblance, et par l'âge elles ne doivent pas différer beau- 
coup Tune de l'autre. 

Donnons la première place à la plus grande, à celle dont les 
lignes sont séparées par un trait horizontal, ou nervure distinc- 
tive, tracée en relief, à l'instar des caractères eux-mêmes. La pierre, 
en longueur, a 50 cent., sur une largeur de 40 cent, et une épais- 
seur de 5 cent. 2 en haut et 6 cent. 2 en bas. L'épitaphe est conçue 
en ces termes, sauf lacune produite par la cassure aux lignes 4 
et 5 : 

■jabis p ion i 

ï-wb» ï-Tttm 2 

ont Tny ■'ini 3 

■heh yn n[3s 4 

i-ibo vjn 6 

Hassan, fils de Fodhlàn. Puisse Dieu lui accorder sa miséricorde et lui 
faire grâce et que son séjour soit (assigné avec les justes et les gens 
pieux ! Amen, Sélà. 

Extérieurement, cette inscription ne diffère de la suivante que 
par les lignes de séparation, indice d'usage arabe. 



244 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 




La seconde pierre est longue de 44 cent, à droite, de 42 cent, à 
gauche ; large de 42 cent, en haut et de 44 cent, au bas ; l'épais- 
seur, irrégulière, a un peu plus de 5 cent. L'inscription se lit ainsi : 

*-i3p ï-iin 1 
nbfc în»rn '» 



DEUX ÉPITAP1IES JUDÉO-ARABES 



24:; 



Voici la tombe de Bischr, fils d'Ali, fils d'El-Sloubi. Puisse Dieu lui 
accorder sa miséricorde et fixer fermement son séjour avec les justes ! 

Notons en passant que le nom *m se trouve aussi comme témoin 
sur un acte de mariage en 1059, ou 1370 de 1ère des Contrats, au 
Caire « près Fostat » 4 . 







Outre les deux légères dissemblances précitées, relatives à la 
grandeur et aux barres interlinéaires, un détail mérite encore 
d'être relevé, c'est que le premier texte se termine seul par quatre 
mots bébreux, dont le second n'est pas strictement correct, étant 
privé de l'article Sri, qu'a le premier mot. 

A part cela, les similitudes sont telles, que ces épitapbes sug- 
gèrent les mômes observations : elles sont surtout d'ordre paléo- 
graphique. D'une façon générale, les caractères sont angulés, ou 



1. Neubauer et Cowley, Catal. BoclL, Ms. n° 2875, § 14 (t. Il, col. p. 371). 



246 REVUE DES ETUDES JUIVES 

à peine arrondis. Là où on attendrait un demi-cercle, on trouve 
un angle droit ou un angle aigu. Passons aux détails. Dans la 
lettre n, le trait médial oblique dépasse son niveau habituel, de 
façon plus sensible dans la seconde épitapbe que dans la première. 
— Le a, en tête à gauche, est muni d'une pointe supérieure ; c'est 
comme une réminiscence du n phénicien. — Le n se distingue 
bien du n ; mais le 1 ne diffère presque pas du } final, du moins en 
longueur, sauf qu'en tète à gauche le crochet est visible dans la 
première inscription, non dans la seconde. — Le \ dans les deux 
textes, a franchement l'aspect d'un croissant, au point que l'on 
pourrait y voir un petit a. 

Le b lance dans la ligne supérieure sa haste verticale, si bien 
que dans la première épitapbe un b de la seconde ligne touche le 
bas de la même lettre à la ligne 1, et le b de la ligne 6 embroche 
le d final de la ligne o. — Le » a une si large base horizontale, que 
le trait vertical de gauche en est étriqué. — Le : final ne dépasse 
pas en longueur le niveau des autres lettres, et ce n'est pas pour 
ne pas enjamber sur une autre ligne, puisqu'à l'égard du b le 
lapicide ne s'est pas gêné dans ses empiétements. 

Le o n'a pas de base horizontale, mais il se termine en pointe au 
bas, affectant presque la forme d'un écu. — Le as, régulier dans le 
premier texte, l'est moins dans le second. — Le n (r), en raison de 
son angulation, ne pourrait être distingué du i d), si le sens de la 
phrase ne guidait le lecteur embarrassé. 

Toutes ces particularités ne constituent pas, il est vrai, un témoi- 
gnage décisif, pour fixer quelle était la forme de l'hébreu carré à 
l'époque (indéterminée) où ces inscriptions ont été tracées sur les 
pierres, car les singularités notées peuvent être imputées à la main 
du lapicide, plus ou moins habile. Mais elles attestent assurément 
que ces deux monuments ont une certaine ancienneté, confirmée 
par l'emploi d'une langue vulgaire. Nulle part, — du moins à notre 
connaissance, — on ne trouve un tel usage sur une tombe juive au 
moyen âge, depuis plus de mille ans. 

Pour rencontrer un texte analogue, il faut pénétrer jusque dans 
le Sahara de l'Afrique du Nord. Lors de son voyage d'exploration 
dans cette région, M Slouschz a vu à Djoda une épitapbe juive 
arabe, en caractères coufiques, accompagnés de lettres hébraïques 
malvenues. Ce texte, encore inédit, offre plusieurs points de simi- 
litude avec les nôtres, malgré sa concision. Il commence comme 
notre seconde épitapbe, et le nom inscrit, KjDîi, est le féminin du 
prénom usité ici. Même la forme du d, pointu du bas, est sem- 
blable à la nôtre. 



DEUX ÉPITAPHES JUDÉO-ARABES 2 '.7 

Si nous poussons plus loin la comparaison, en n'envisageant 
plus seulement la parité du langage, mais l'emploi général de la 
langue vulgaire dans les plus anciennes épitaphes juives connues, 
nous trouverons souvent le même phénomène en Europe. 11 est 
probable que, pour la constitution du petit texte africain composé 
de quatre mots en tout (trois en arabe, un en hébreu), comme pour 
nos deux textes publiés ici, la langue du pays aura prévalu. Ainsi, 
comme on sait, dans les catacombes juives a Rome, de même que 
sur les plus anciennes tombes juives en France ou en Espagne, 
les épitaphes sont rédigées en latin, sauf, rarement, l'addition du 
terme tribu;, ou de la formule bfini2y b* ûibœ depuis le 111 e jusqu'au 
vii e siècle. Antérieurement, à Rome, les épitaphes juives étaient 
rédigées en grec, et plus tard, à Venosa (en Calabre), on se sert du 
judéo-grec ', ou de petits textes en langue grecque écrits en carac- 
tères hébreux, à la date du vn e siècle. 

Finalement, au point de vue de la rédaction de nos deux épi- 
taphes, on remarquera que la première commence par donner tout 
de suite le nom du défunt, sans préambule, sans prévenir le passant 
que la pierre est tumulaire, évidemment pour la prémunir contre 
toute profanation. La seconde, au contraire, contient cet avis 
initial, et elle donne au défunt une généalogie remontant au grand- 
père ; mais l'orthographe y est moins soignée, puisqu'on observe 
à la ligne 4 l'omission du second b au dernier mot, et ce n'est pas 
faute de place, carie n au milieu de cette ligne est démesurément 
élargi. 

Il est heureux que, malgré leur antiquité, ces pierres soient 
restées en bon état. Gela vient de ce que les pierres étaient verti- 
cales et non couchées, et l'on en voit la preuve dans les dente- 
lures au sommet de l'une d'elles, dentelures produites à la longue 
par l'effet des gouttes de pluie, qui ont fini par y tracer des sillons. 

Moïse Schwab. 

1. Voir François Lenormant, dans la Revue, VI, 200 et suiv. 



NOTES ET MÉLANGES 



m-^13B?« (Sota, 47 a). 

Les mb"Du:N qui, d'après l'indication delà Mischna, ont cessé à la 
mort du couple Yosé ben Yoézer et Yosé ben Yohanan ', ont fail 
l'objet de beaucoup de conjectures; voir les lexiques talmudiques, 
s. v. Déjà la Guemara, voire la Miscbna elle-même dans sa rédac- 
tion actuelle, ne savaient à quoi s'en tenir et ne donnent que 
des hypothèses. En eifet, l'explication aggadique de l'amora 
R. Y'ehouda, au nom de Samuel : in barna tt^a 2 , est influencée par 
le verset sur lequel s'appuie la Mischna : biD^b b-om ypt ittarua 
^dd nniN i-rroa (Michée, vu, I ; mais cet appui n'est pas autre 
chose qu'une explication du mot, car Michée n'a pas songé dans ce 
verset à l'époque qui suit la mort des deux Y T osé. L'explication 
présumée de mb"Dm, que doit établir la référence à Micb., vu, I, 
c'est que ce mot est l'épitbéte caractérisant des hommes émincnls. 
Mais que signifie mb-om dans cette interprétation et quelle est 
l'élymologie du mot et comment comprend on que la Miscbna se 
commente elle-même? 

Toutes les difficultés disparaissent d'un coup si nous admettons 
que la phrase '"W1 -ittfittiii est une glose postérieure de quelqu'un 
qui, par suite d'une erreur, mais d'une erreur explicable, a vu 
dans le mot mbisuîN une épithète des deux. Y T osé. En réalité, le 
sens primitif du passage était le suivant : Depuis la mort de Y T osé 

1. La variante ben Yeliouda provient d'une résolution erronée de l'abréviation *"a. 

2. Dans Temoura, 15 /;, la Mischna et l'explication 13 b^mZÎ UTN sont citées 
comme si l'explication figurait dans la Mischna elle-même. Mais Kapoport (Erech 
Millin, 238-239) a déjà montré que le texte de Temoura est corrompu. 



NOTES ET MÉLANGES 249 

b. Yoézer de Seréda et celle de Yosé b. Yohanan de Jérusalem 
disparurent les grappes de raisin, c'est-à-dire les grappes fameuses 
par leur grosseur fabuleuse, qui, d'après Nombres, xm, 23, durent 
être portées par deux hommes sur une perche. C'était la légende en 
cours dans les écoles des derniers Tannaïtes ; comparer les ren- 
seignements rapportés dans le contexte : tzpmuiiOii trtoas irvaratt 
a"atzn .tehinafc nsim TTouiïi baa mpttn n«a anrnûtt .tr^nm trm8 "ibaa 
■»or r n .i-mwi utû bûia . . .unpttn ma annui ara ^lûnrr» '-1 wn : -ftna 
fc-rhwi i^nra ba^a ë|k wut, etc. 

Varsovie. 

A. S. Kameneïzky. 



ENCORE UN MOT SUR LES ÉCRITURES JAPIfÉTÏOUES 

D'APRÈS LE MIDRASCH HAGADOL , 

J'étais à cent lieues de penser que le passage curieux qui m'avait 
frappé dans le Midrasch Hagadol avait déjà fait l'objet de savants 
articles. J'ignorais que MM. S. Poznanski et S. Krauss eussent déjà 
étudié ce texte dans la Zeitschrift fur alltestamentliche Wissen- 
schafl (1904-1906;. À mon insu, je me suis rencontré avec eux sur 
plusieurs points ; cet accord donne plus de vraisemblance à nos 
hypothèses communes. 

M. Poznanski ne cherche pas à expliquer le mot *DWj il se borne 
à faire observer avec raison que l'auteur n'a pu vouloir ranger 
parmi les Japhétites les Jébuséens, qui sont d'origine chamique. 

Pour i^tti, il aurait été tenté de corriger ce mot, avec 
M. Schechter, en "W) y si le Talmud [Aboda Zara, 10 a) ne disait 
pas que les Romains n'ont pas un alphabet qui leur soit propre. 

Cette considération, à supposer même que l'auteur se serait 
rappelé ce passage talmudique, n'est pas pour nous arrêter, car, 
comme le prouve l'ensemble du morceau, l'auteur ne veut aucune- 
ment dresser la statistique des écritures diverses que l'expérience 
lui a fait connaître, mais, pour ce qui nous occupe en ce moment, 
relever celles des peuples japhétites qui sont différentes de 
l'hébreu. Il s'attache moins aux écritures qu'aux peuples qui les 

1. Voir Revue, t. LV, p. 287. 



250 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

emploient. Aussi lui suffit-il que deux races, qu'il sait d'origine 
japhétite, soient différentes, pour qu'il signale leur écriture, même 
si elle est la même. C'est ainsi qu'il cite côte à côte les caractères 
grecs et cappadociens, comme s'ils n'étaient pas semblables. Aussi 
n'avons-nous pas été arrêté, en interprétant ■'Dirn par éphésien, 
par l'objection que cet alphabet est le môme que celui des Grecs 
et des Cappadociens. 

M. Poznanski était disposé également à lire "9*iDp « Cappadocien », 
au lieu de " i pnDp / mais, gêné par le principe qu'il avait posé lui- 
même, il n'a pas pu se résoudre à cette correction. En outre, se 
rappelant seulement la tradition qui identifie les Cappadociens 
avec Caphtor, de race chamique, il ne pouvait croire à une pareille 
hérésie chez notre auteur. Nous avons montré qu'une autre tradi- 
tion fait des Cappadociens une race japhétite. 

M. Nestlé [ib., 1905, p. 212) a rapproché notre texte d'une tra- 
dition qui lui est étroiLement apparentée et qui est rapportée par 
David de Beth Rabban, auteur syrien du vm e siècle, le Liber Gene- 
rationis (Frick, Cronica minora, p. 14) et les Excerpta latina liar- 
bari (ib., p. 196). Mais il était réservé à M. S. Krauss de trouver 
l'explication de cette parenté. La nomenclature du Midrascb Haga- 
dol procède, directement ou non, d'une liste analogue imaginée 
par les auteurs chrétiens des premiers siècles et qui est entrée 
dans le A'.auso'.ff[j/>ç rrjç yf|ç ^Gutschmid, Kteine Scliriften y V, 585 
et s.), ouvrage byzantin dont il existe de nombreuses recensions. 
A peu près comme le Midrasch llagadol, ce traité divise les écri- 
tures en trois groupes de cinq '. Bien certainement la coïncidence 
ne saurait être fortuite, et comme précisément dans la nomencla- 
ture du Midrasch ce n'est pas, en réalité, la différence des écritures 
qui est le principe de la classification, il est à présumer que le 
Midrasch est l'emprunteur 2 . Justement il existe une version 
syriaque de cette nomenclature ; l'emprunt s'est fait tout naturel- 
lement dans un pays syrien. Dans cette version, il y a, à point 
nommé, pour les Romains, la forme s^im. 

M. Krauss, se fondant sur la présence du nom Hiberi, Ibères et 
tOTna (qu'il faut corriger en îttok), corrige notre ■>oin^ en "nriar La 

1. La raison pour Laquelle l'auteur juif octroie généreusement si\ écritures au groupe 
sémitique s'explique sans peine. D'ailleurs, il la révèle lui-même, en disant que Dieu 
a voulu donnera Israël une marque de s;i prédilection en lui accordant deux alphabets 
au lieu d'un. 

2. Il se peut même que l'adaptateur juif n'ait pas compris la tradition venue à sa 
connaissance, car dans le Diamerismos il est parlé des peuples qui se servent d'une 
écriture, mais il n'est pas dit qu'ils possèdent cette écriture en propre. 



NOTES ET MÉLANGES 251 

conjecture ne me paraît pas heureuse, car si l'emprunt du cadre 
est indéniable, là s'arrête l'imitation. M. Krauss, qui corrige comme 
nous ^pnsp en " , p ta iDp / se garde bien d'en chercher l'équivalent dans 
le Diamerhmos. D'autre part, ni Hispani, ni Armenf, qui se lisent 
dans cet ouvrage, ne se retrouvent dans notre Midrasch, encore 
que ces noms eussent dû être plus familiers à l'emprunteur juif. Il 
est visible que celui-ci a remplacé les noms qui n'avaient pas d'in- 
térêt pour lui par ceux que lui fournissait l'identification classique 
des fils de Japhet. 

N'étaient les passages du Agadat Schir HascJùrim, on serait 
tenté de supposer que mim dans le Midrasch Bagadol est la 
reproduction diplomatique de N-wm du syriaque, terme que le 
copiste a pu ne pas comprendre. Il n'en est rien : cette orthographe 
était bien en usage chez certains Juifs de Syrie. L'adaptation du 
Diàmerismos est un témoignage nouveau des échanges qui se sont 
produits dans cette région. 

Israël Lévi. 



NOTE SUR LE NOM DIVIN DE VINGT-DEUX LETTRES 
ET SUR LE DÉMON DE L'OURLI 

I 

M. B. Heller a réuni avec un soin louable toutes les sources rela- 
tives au nom divin de vingt-deux lettres 1 ; je veux cependant, pour 
compléter son étude, y ajouter deux points négligés par lui. Il 
n'observe pas que l'auteur ou les auteurs de la prière qui contient 
les mots en question, d^oam d^ssos dnos dnpsa, croyaient parfaite- 
ment comprendre le sens de ces termes. Dans le Schaari ' Sion 2 , 
d'où cette prière est probablement tirée, aussi bien que dans les 
rituels ordinaires, les quatre mots sont suivis des interprétations 
suivantes : 1° « De même que tu as exaucé toi, Dieu) la supplica- 

1. Revue, LV, 60-69. 

2. La prière en question, au milieu d'autres prières, sans rapport avec la béné- 
diction sacerdotale, mais rattachée aux versets de Nombr., vi, 24-26, se trouve deux 
fois, autant que je puis voir, dans le 'j-pS: "H 212 (éd. Dihrnfurt, 30 a et 33 6; éd. 
Vienne, 32 a et 'i.i/v), et chaque fois les mots mystiques dnpTN etc. sont écrits de la 
même façon. 



252 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

tioa (npStf) de ton pieux, de Jacob, qui est appelé un homme pieux 
(on m*)... »; ainsi, le motdnpia est considéré comme le notaricon 
de un np3N, la lettre n étant lue avec les deux mots. — 2° « De 
môme que tu as donné un morceau de pain dnb nos) à manger et 
un vêtement à revêtir à notre père Jacob, qui est appelé un homme 
pieux... »; donc pnos égale un noD, le n étant de nouveau lu deux 
fois '. — 3° « De même que tu as fait trouver à Joseph, ton juste, 
grâce, amour et pitié à tes yeux et aux yeux de tous ceux qui le 
voyaient, lorsque son père l'habilla de la tunique bigarrée l'rovo 
tr»û&),.. »; û^dddc contient donc tros et la première syllabe, car il 
faut sans doute lire par interversion d^dd 2 , recèle une abrévia- 
tion de spv. — 4° « Et montre-moi des prodiges et des miracles 
(D^Di) et un signe favorable ». Le mot troDVH est évidemment cons- 
truit à l'aide de D^Di ; mais l'élément "Pi fait difficulté. L'auteur 
rattrape ici les deux lettres v de B|0*p dont il n'avait pas trouvé 
l'emploi et, en mettant un i en tête du mot, il lui enlève le carac- 
tère sacré d'un nom de Dieu; en même temps, le pronom relatifs 
assure la référence à Joseph. Ainsi, l'auteur rapporte les deux pre- 
miers mots mystiques à Jacob, les deux derniers à Joseph 3 ; peut- 
être veut-il trouver dans y*% qui revient souvent dans le Talmud 
avec le sens de « deux » '*, une allusion à cetle bipartition. 

Tejle est la signification authentique de ces mots, telle que la 
donne l'auteur de la prière lui-même et je ne sais pourquoi on ne 
l'accepterait pas, d'autant plus que les solutions de la question 
qu'on a tentées ne sont nullement satisfaisantes. Si même ces 
vocables mystérieux viennent du Séfer Uaziel, il n'est pas du tout 
prouvé qu'ils aient jamais eu un autre sens. C'est le sens que leur a 
trouvé R.Jacob Emden 8 et c'est là le second point qui manque 
dans l'étude de M. Heller. Et quand M. Heller demande, et avec 
raison, comment les mots ûnpna, etc., se dégagent de la bénédiction 
sacerdotale, comme le dit la prière 6 , il n'a qu'à se reporter encore à 

1. Allusion, pour Jacob, à Geo., xxvm, 20, où le pain est mentionné aussi bien que 
te vêtement; mais c'est seulement pour Joseph que le vêtement joue un rôle particulier. 

1, Quoiqu'on trouve partout D^ODDD, j'oserais considérer D^DDDO comme la 
forme primitive. Je n'ai trouvé chez aucun auteur le rapprochement avec Joseph. Les 
premières lettres de V\ZV sont laissées de côté parce que "p est un élément du nom 
sacré de Dieu. Le mysticisme ne s'arrête pas à ces petites différences. 

3. On peut demander, il est vrai, pourquoi il a utilise les dernières lettres de tp"P 
avant les premières; c'est probablement parce qu'il voulait mettre le mot « deux » 
tout à la fin, afin de justifier, en quelque sorte, son procédé. 

4. Le/inuu'ir/er, 11, 198. Les anciens auteurs songent déjà à cette signification en 
faisant le rapprochement de E]1]£")D TH, V. Heller, p. 65. 

5. Dans le rituel •p'^a^ npjn ^"n^D D3> nbon -HD, Lemberg, 1863, p. 76. 

6. d-oro rona bu: d^piobto tn»arm. 



NOTES ET MÉLANGES 253 

Jacob Ëmden pour trouver que la permutation des lettres à la 
manière des cabalistes permet de réaliser ce chef-d'œuvre. Nous 
autres modernes, nous nous montrons peu édifiés par ces jeux, 
mais toute la cabale est logée à la môme enseigne, et les mots 
Drp3N, etc. n'éveillent notre intérêt que parce qu'ils ont passé de 
son domaine dans le rituel général; au fond, ces combinaisons de 
lettres sont plus nombreuses qu'on ne voudrait, comme on peut 
s'en rendre compte en jetant un coup d'œil dans le Se fer Raziel, 
dans le Schaare S'ton et dans le Schimmousch TcIiiU'tm. Tels sont 
les mots ■nro tddtos iro, qu'on écrit souvent sur la mezouza 
comme mesure de préservation contre l'incendie, et qui sont moins 
clairs et moins intelligibles que les lettres mystérieuses du nom de 
Dieu en vingt-deux lettres. 



II 



Au sujet du « Démon de l'oubli » (nriDUî ht) n»), M. Heller' prend 
pour point de départ la fausse leçon ïtïis, qu'il arrive ensuite à 
mettre en rapport avec db'Wn, conjecture qui est fort ingénieuse 
mais aussi, la prémisse étant fausse, inadmissible. Les plus 
anciennes sources ont un tout autre mot : nms « l'ouvreur ». C'est 
le nom qu'on lit dans le Se fer Raziel (42 a), et, ce qui prouve que 
la dernière partie du mot est correcte, c'est qu'il est question au 
même endroit des anges beonnc et anns 2 , tous deux dérivés de la 
racine nns. Le même mot figurait primitivement dans la source du 
Mahzor Vltry :{ . D'autres sources, dont Tune, le Siddour R. Amram, 
est la plus ancienne sur cette matière, ont nms, qui est une défor- 
mation de nrïis de façon à donner le sens de « séducteur ». Même 
leçon dans un manuscrit de la Bibliothèque Nationale utilisé par 
M. Schwab''. Ce dernier avait donc raison de voir dans Jims la 
forme primitive et dans rms une corruption; c'était déjà le senti- 

1 . Ibid. p. 69 et s. 

2. Cf. aussi biOnnE < i ; 1 1 1 s te paragraphe ïinDlZjb en un autre passage du S. Raziel 
(45 a). 

3. C'est ce qui ressort de ee que S. 1). Luzzatto (VuC PITON, éd. Craber, II, 209) 
cite d'après le manuscrit la forme ïiniD, avec un patak sous le P, qui appartient 
sûrement au T,, de sorte qu'il faut lire nnÏD- Dans l'édition du Mahzor Yilrij, p. 115, 
la voyelle n'est pas imprimer, il y a seulement MmD, ; niais on lit aussi le nom de 
l'ange îN^nnD- En note, l'éditeur cite plusieurs sources anciennes, dont le Siddour 
li. Amram, qui porte également fims. 

4. Vocabulaire de l'arujélolorjie, p. 219. 



254 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ment de Kohut *. Se fondant sur la leçon finis, Kohut voulait retrou- 
ver l'original de ce démon dans le persan Buiti 2 , mais il est clair 
que la forme authentique nms oblige à écarter cette étymologie. 
11 est difficile d'expliquer logiquement pourquoi le prince de 
l'oubli est appelé « celui qui ouvre », attendu qu' « ouvrir » dési- 
gnerait au contraire l'éveil des facultés intellectuelles 3 . Mais 
d'après une légende juive très répandue-', l'enfant dans le sein de 
la mère possède toutes les connaissances et au moment de la 
naissance un ange lui applique sur la lèvre supérieure un coup qui 
lui fait tout oublier- Que si l'on suppose que c'est cet ange qui 
ouvre la matrice, 1' « ouvreur » est en même temps le prince de 
l'oubli 5 . Peut-être est-ce le chemin qui permet de suivre la piste 

de ces conceptions mystiques. 

S. Krauss. 



ENCORE QUELQUES REMARQUES SUR LES DEUX LETTRES 
DE L'ÉPOQUE DU DERNIER EXÏLARQUE 



l? (> 



Sur les éclaircissements fort heureusement apportés par M. S. 
Poznan ski à ces deux lettres 7 , j'ai quelques observations à présen- 
ter. J'ai bien remarqué, moi aussi, ainsi que le montre le titre de 
mon premier article, que les deux lettres n'ont pas été composées 
par le même auteur. Mais, étant donné le caractère fragmentaire 
de la première, je ne saurais, même à présent, affirmer avec une 
pleine assurance que ces lettres n'ont absolument aucun rapport 
entre elles et partant qu'elles n'ont pu être expédiées par la même 
personne. Il n'est plus possible, dans l'état actuel de la première 
lettre, de retrouver ce rapport, mais je crois pouvoir conjecturer 

1. Dans les additions à YArouch, IX, 17. 

2. V. aussi Brûll, Jahrbucher, I, 155. 

3. Cf. û^a^ nnp£31, Gen., m, 5. Comme le livre tTia^n "*D1t$ de I. Heilprin et 
J. Emden ont la l'orme Ï1LD1D qui ne donne aucun sens, je conjecture qu'il y avait 
primitivement nplD, car le p et le a se confondent facilement. Sur 7Î11D v. encore 
mon Leben Jesu, "293; ajouter à la littérature Mitleilungen fùrjûd. Volkskunde,!, 82. 

4. V. Jewish Enojclop., s. r. Child, d'après 6. Nidda, 30 b . 

5. D'après Schwab, op. cit. p. 201 : *J1Dbl30, patron des jeux enfantins est eu 
même temps « préposé aux deux ouvertures des deux noms divins ». 

6. Revue, LV, 48-53. 

7. Ibid., 244-248. 



NOTES ET MÉLANGES 255 

qu'il existait. Le papier porte trop clairement les traces d'une 
lettre expédiée. Un copiste n'aurait pas conservé la l'orme épisto- 
laire avec une exactitude aussi méticuleuse. La première lettre est, 
il est vrai, une copie; mais il se peut qu'elle provienne de la chan- 
cellerie de l'expéditeur de tout l'envoi, l'exilarque Hizkia. 

C'est précisément à cause du caractère fragmentaire de la lettre 
du recto que je ne puis me rallier avec une complète assurance à 
l'hypothèse de M. Poznanski, d'après laquelle la seconde pièce ne 
serait que l'extrait d'une lettre. Le rapport entre les deux letlres, 
si on le rétablissait, nous désabuserait peut-être. Môme la fin de la 
première lettre est plutôt elliptique qu'elle n'est l'abréviation 
inexplicable d'un copiste fil n'y a que quelques mots à suppléer). 
De même, le commencement de la première lettre, incompréhen- 
sible à cause de son caractère fragmentaire, ne permet pas d'af- 
firmer avec certitude que le ^ns "jim qui y est mentionné (l'expres- 
sion est composée à l'aide d'Ezéch., vu, 20) ne peut pas être R. Haï. 
Le contexte, jusqu'à présent inintelligible, ne nous apprend rien 
sur les relations du gaon ici mentionné avec Elhanan, ni qu'elles 
aient été amicales, ni le contraire. 

Une heureuse identification proposée par M. Poznanski est celle 
du Juda nommé au recto, 1. 1, avec Juda b. Joseph de Kairouan; 
toutefois on ne saurait, ici non plus, faire preuve d'une trop 
grande assurance, attendu qu'après ïrbna biD il y a très proba- 
blement "ï3, suivi d'un mot qui, en tout état de cause, ne peut 
être rpv. 

Tout compte fait, je suis obligé de m'en tenir à mon non liquet. 
Mais ce que je voudrais surtout, c'est ajouter quelques remarques 
complémentaires sur nos deux lettres. 

Au lieu des mots ^"iTpi wto (recto, 1. 8), contre lesquels 
s'élève M. Poznanski, je voulais d'abord proposer "pumpi Y'ûîï. 
Mais mon étude directe de l'original ainsi que le contexte (1. 9 : 
[naslon hs -n-Han y-ia ^ump vibiT) militent en faveur de la première 
lecture. On voit qu'il s'agit d'une institution très importante. Si 
M. Poznanski objecte que nous ne sachions pas que, depuis la lutte 
de Saadia et de Ben Méir, des questions relatives au calendrier 
aient pu être l'objet d'une intervention, on peut faire remarquer 
que, d'après la Meguilla d'Ebiatar ', le gaon Elia, père d'Ebiatar, se 
rendit encore en 1084 à Kaïfa pour proclamer l'année embolismique 
TOtOïi na ©Tpb . Ainsi, soixante-quatre ans après la rédaction de 
notre lettre, on pouvait encore exercer son activité (en Palestine, 

1. P. 2, 1. 2U Schechter, Saaihjana, p. NO . 



256 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

il est vrai) à propos du calendrier '. Tout irait bien si ^as "pac dési- 
gnait un gaon palestinien; l'expression elle-même est favorable 
à cette hypothèse, ébranlée par les scrupules justifiés de M. Poz- 
nanski (p. 246, n. 4). 

D'autre part, je dois rectifier la lecture anp (recto, le 14 fin), que 
j'avais indiquée comme douteuse. Il faut lire pnc] 3>np. Ainsi que 
M. Poznanski la exactement reconnu en partie, on reproche ici à 
Elhanan d'avoir créé (où?) une espèce de collège concurrent, avec 
un assesseur à lui, -nommé Barhoun. 

Enfin, je désire ajouter une observation que m'a faite M. Poz- 
nanski, c'est que la généalogie du dernier exilarque indiquée dans 
la seconde lettre confirme l'indication de Natan Babli 2 : ^bm 
mba «jcn bis ira mi m (le fils de David b. Zaccaï s'appelait donc 
Juda), qui est ainsi reconnue exacte par rapport à celle d'Abraham 
b. David dans son S. ha-Kabbala 3 : fH»T "p m nnbiD !TW3 d?d awi 
tjd. *tox T>a (d'après laquelle le même fils de David b. Zaccaï 
s'appelait Zaccaï). 

Varsovie. 

A. S. Kamenetzky. 



1. Ci'. Cit. J. Borostein, npbntt, Varsovie, l'.'lH, p. :!î. 

2. Neubauer, Merf. Jew. Ckr., II, 81, I. 13. 

3. Ibid., I, 05, 1. 8 d'eu bas. 



BIBLIOGRAPHIE 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 

ANNÉE- 1907 

(Les indications en français (jui suivent les titres hébreu./: ne sont pas de l'auteur du livre, 
mais de l'auteur de la bibliographie, d moins qu'elles ne soient entre guillemets. ) 



1. Ouvrages hébreux (suite 1 ). 

^nn^i ïrà 'du U5WD Commentaire d'Abraham b. Natan Yarhi sur le 

traité talmudique Kalla rabbati, édité d'après un manuscrit de 1725, 

avec notes et préface, par B. Toledano. Tibériade (Francfort, Kauff- 

mann), 1906 ; in-8° de 28 + 52 p. M. 2,50. 

Un ms. incomplet de cet ouvrage a appartenu à Carmoly (Calalog, p. 52, 
n 1 36) ; d'après ce ms., des fragments ont été publiés dans le Maguid, 1865 
(non 1864), n° 5 19 et 20. 

rvnN "p^iD izî*itd Commentai* des R. Josef Nachmias zu den Pirke Aboth 

zum ersten Maie herausg. nach der Parmaer Handschrift De Rossi 

N° 1402, mit Emendationen, Quellennachweisen und Anmerkungen von 

M. L Bamberger. Paks, impr. Rosenbaum (Berlin, Lamm), 1907; gr. 

in-8° de (5 +) 77 (+ 3) If. 

L'auteur est un Espagnol, disciple du Rosch. M. B. a déjà édité en 1891 son 
commentaire d'Esther, avec une introduction biographique. 

1DD n^-np Jeux massorétiques et calculs mystiques sur les Meguillot, par 
Eléazar de Worms. Lemberg, impr. Kïiblcr, 1905; in-8° de 16 ff. 

mN Y 5 bfina Mélanges bibliques et talmudiques de Mardochée Margo- 
liout Yafé Schlesinger et de l'éditeur, Joseph Schlesinger. Paks (chez 
l'auteur, à Kajka, Hongrie), 1907 ; in-8° de (4 +) 48 + 20 ft. 

a^riN nmttî Epizode aus der jiidischen Geschichte im 19ten Jahrhundcrt 
ihres Exiles von Wolf Isser. Bacau (Roumanie), libr. Isaac Gartenberg, 
1907.; in-8° de 93 p. + 8 p. non pag. 

1. Voir plus haut, p. 132 et suiv. 

T. LVI, n» 112. n 



258 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

■pytt'vDtt û"U5 Consultations et discours par S. Manassé. Jérusalem, 1907, 
in-f° de (3 +) 73 -f 50 ff. 

"ttfi yiNïï d^Bin û^do W par S. Poznanski. Varsovie (Francfort, 
Kauffmann), 1907 ; in-8° de 22 p. (Tirage à part du journal dbWl, I, 
n os 14 à 17). 

Recension des Mélanges Moïse Bloch (b^TVT "ISO) et' de J. Guttmann, 

Tittbnn nns72. 

CjOiD miznia Sharshot Kesef, the hebrew dictionary of roots by Joseph ibn 
Kaspi edited by Isaac Last. Londres, 1907 ; in-8° de 39 p. (Extrait de la 
/. Q. R.). 

Û^bnn 'o Die Psalmen nach dem « zu lesenden » Texte (K'ri) geordnet (!) 
und mit einem Wôrterverzeichnisse fur den Schulgebrauch herausgeg. 
von A. Frankel-Grûn. Kremsier, chez l'auteur, 1907 ; in-8° de 134 p. 

b.sn^i nT-p-in Die Geschichte Israels nach den Urquellen (sic) neu und 
selbststandig bearbeitet von W. Jawitz. Sechster Band, 2 Hafte : von dem 
Untergange des jiïdischen Staates bis zum Tode des Rabbi Jehuda II Nes- 
siah. Gracovie, impr. Fischer (Berlin, Poppelauer), 1907 ; gr. in 8° de 
xi + 349 p. M. G. 

û^ainsi û^^^a: min Biblia hebraica adjuvantibus professoribus. . . edidit 

R. Kit-tel. Vol. II. Leipzig, Hinrichs, 1906; gr. in-8° de p. 553-1324. 

Le bulletin bibliographique de la Revue a signalé (L, 267) le 1 er vol. de 
cette édition, qui indique en note les principales variantes des versions et les 
meilleures émendations des critiques modernes. On a déjà beaucoup discuté 
en Allemagne sur l'utilité de cette édition ; les uns trouvent que c'est trop, 
les autres que c'est trop peu. Elle pourra rendre surtout des services aux étu- 
diauts. d'autant plus que chaque livre se vend à part. Chaque livre ayant 
été édité par un savant différent, la valeur de cette édition est inégale comme 
celle de toute œuvre collective. Jérémie, que nous avons étudié d'un peu 
plus près, est assez faible. Voici d'ailleurs les collaborateurs de M. Kittel : 
G. Becr (Proverbes et Job}, F. Buhl (Psaumes, Esther), Dalman (Cantique), 
S. -11. Driver (Deutéronome, Josué, Ecclésiaste), M. Lohr (Daniel, Ezra et Néhé- 
mie), W. Nowack (Petits Prophètes), I.-W. Hothstein (Jérémie, Ezéchiel), 
V. Ryssel (Exode. Lévi tique, Nombres). M. Kittel a collaboré à l'édition de 
quelques-uns de ces livres et a édité lui-même les autres. 

['Y3'»~>]- raip" "^DO n^D-iNi D^ïî3> « Texte critique, soigneusement revu 
et corrigé d'après la Massorah et d'autres anciennes éditions de la 
Bible avec les variantes et les annotations marginales des anciens 
manuscrits et Targumim, par David Ginsburg ». Londres, 1906 ; in-8° 
de 1808 p. 

Texte massorétique de la Bible; les lettres riDS^S sans daguesch, le n 
sans mappîk et le N muet sont surmontés du rafé. Cette deuxième édition, 
réimprimée sur les clichés, est d'un prix modique. Le dépositaire pour la 
France est Klincksieck. 

N3"«3n 8WnJ] ÏT1ZJ73 min Remarques sur le Pentateuque par 11. Moïse 
Sofer, éditées pour la première fois et commentées par S. -A. Werthei- 
mer. l rJ partie : Genèse. Jérusalem, citez l'auteur, 1907; in-4°de3-{-49 p. 



BIBLIOGRAPHIE 259 

■"ttbttJ-i-p Tnabn Talmud Hierosolymitanum ad exemplar editionis prin- 
cipis additis lectionibus codicum manuscriptorum, cum commentario, 
locis parallelis et indicibus copiosis adjuvantibus viris doctissimis 
cdidit Abraham Moses Ltincz. Fasciculus I. Tractât us Bérachot, Gap. i-v. 
Jérusalem, chez l'éditeur, 1907 ; in-f° de 28 ft. 

Tant que les études talmudiques sont restées l'apanage des rabbins qui y 
puisaient les enseignements du culte, le Talmud de Jérusalem fut pour diffé- 
rentes raisons négligé. Aussi nous en a-t-il été conservé peu de manuscrits et " 
encore sont-ils fort fautifs. Mais depuis qu'on cherche aussi dans le Talmud 
des renseignements sur l'histoire des Juifs, on s'est aperçu de l'importance 
du Talmud de Jérusalem, qui abonde en renseignements de cette nature. L'at- 
tention de plusieurs savants fut attirée en ces derniers temps sur ces études, 
qui nous ont valu quelques travaux remarquables. Mais pour pouvoir utiliser 
le texte, il faut tout d'abord une édition critique et scientifique qui puisse être 
consultée avec sécurité. Cette lacune, M. Luncz vient la combler eu com- 
mençant la publication d'une édition savante et même luxueuse. Le premier 
fascicule, qui a déjà paru, nous fait désirer ardemment l'achèvement de cette 
œuvre aussi colossale qu'utile. Imprimé sur du papier magnifique, avec une 
netteté admirable, le texte est encadré, d'un coté, par un commentaire sobre 
et clair, de l'autre par des « Remarques » pleines d'érudition. Mettant à 
profit tous les travaux antérieurs, M. Luncz a fait de ces « Remarques » une 
véritable mine de science. Nous y trouvons non seulement toutes les variantes 
des manuscrits et des éditions, mais aussi les leçons divergentes incidemment 
rapportées par les anciens commentateurs, ainsi que les références aux Tal- 
muds, aux Midraschim et aux décisionnaires. L'éditeur ayant en vue, autant que 
les talmudistes exercés, ceux qui sont peu familiarisés avec ces études arides, 
a ajouté au texte les signes de ponctuation et des chiffres dans les marges 
pour faciliter les renvois au commentaire. Ce dernier, écrit dans un style 
simple et clair, est un résumé de tous les commentaires antérieurs. 11 suit 
surtout très fidèlement l'auteur du Se fer Harédim, en éliminant les citations 
et discussions qui ne sont pas nécessaires à l'intelligence du texte. Il se laisse 
cependant parfois entraîner par son modèle et surcharge son commentaire 
d'explications qui peuvent troubler le lecteur non versé dans le Talmud. 
Ainsi pour expliquer (p. 1, 1. 11) que les graisses de sacrifices non encore 
offertes deviennent H m 3 après l'aurore, il ajoute d'après son modèle : Eï"H 
rQîfaTî )12 ntîïab « et les graisses sont en bas de l'autel ». Le lecteur qui 
ne connaît pas le principe talmudique : l'autel procure la consécration (rnïttïl 
tinpft) sera bien embarrassé pour comprendre le sens de ces mots. Mais 
parfois aussi M. L. laisse de côté, à tort à notre avis, l'explication du 
S. H. pour en donner une autre. Ainsi, nous ne voyons pas pourquoi il déta- 
che (2 6, 1. 5) le paragraphe &03"iri3n "VN des trois mots qui précèdent 
(mtfJEŒÏI '{"O irTPK) et veut le rejeter après la baraïta de R. Yossé ? Que 
fait-il des mots ';»73E3!l *pn 1ÏTPN, les efface-t-il? D'après le S. H., "1ÏTPN 
NTJirijn T'N nïlL37ûlDn *p:n est également une baraïta et rapportée à sa 
véritable place pour contredire Rabbi, dont il vient d'être question. Dans le 
môme passage, il faut lire dans le commentaire !Tpîn "l"b ÏTlÛpFI et non 
n^sn "l"b- H nous semble aussi plus exact d'expliquer, comme le S. IL, que 
NPY^Eabc "pV^S pb""S37a TVT» veut, dire qu'ils allaient accompagner à sa 
dernière demeure quelque savant, et qu'il ne s'agit pas d'une simple prome- 
nade 29 ô, I. I). Ainsi ce fait serait parallèle à l'histoire de R. Yossé rap- 
portée plus haut pour résoudre la même question. 
Avec un soin remarquable et louable, l'éditeur a indiqué l'étymologie 



260 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

des mots étrangers, qui sont donnés au bas de la page en grec et en latin. 
Pour ces explications, il suit le dictionnaire de Dalmann. Mais il sait quel- 
quefois se dégager de l'influence de son modèle. Ainsi, Dalmann, s. v. 
Nl^jO"^, indique la variante d'un manuscrit NUIO^N et renvoie à ce 
dernier mot pour l'explication. Il semble admettre que la leçon du ras. est 
plus exacte et que NÎ373D"N est une corruption de NCûlD^X. Nous croyons 
que NUTCD^N est plus correct et que M. Luncz a raison de l'expliquer par 
le latin « semita » (cf. Krauss, Lehnw.). NlûID" 1 ^, qui viendrait du mot grec 
orpaxeîa, voudrait dire voie militaire ou voie publique, comme il avait été 
traduit précédemment par "157371 h ]' m Ti (2 b, 1. 4). Or, le contexte empêche 
d'admettre qu'on parle ici d'une voie publique sur laquelle on aurait ren- 
contré des cavernes pleines d'eau. Le latin « semita » veut dire, au contraire, 
un petit sentier latéral à la grande route, et sur lequel on pouvait bien 
rencontrer la grotte pleine d'eau dont il est question dans notre passage. — 
L'éditeur croit, à tort nous semble-t-il, que c'est le latin « triclinium » qui a 
donné la forme ï'Ôp'HÛ j « triclinium » n'est autre que le grec rpixXCviov. — 
Souhaitons en terminant que l'édition de M. Luncz soit encouragée comme elle 
le mérite, afin que la publication n'en soit pas arrêtée. — H. S. 

bonu:"» mbsn 'O « Sepher Tephiloth Israël. Prières journalières traduites 
de l'hébreu avec des notes élémentaires destinées à en faciliter l'intel- 
ligence, par Joseph Cohen. » Faux-titre : « Tome I, Minha et Arbith ». 
Tunis, impr. C. Saliba aîné, 1907; in-24 de xn +261 4- vin + 32 p. 
1,50. 

M. Cohen a sans doute pensé qu'une traduction n'étant pas une œuvre ori- 
ginale, il n'avait pas besoin d'en faire une nouvelle, et il s'est contenté de pui- 
ser dans celles de Créhange, d'Astruc, de Durlacher, etc., etc. 11 s'en explique 
modestement : « Nous n'avons pas craint, dit-il, de glaner ça et là dans dif- 
férentes œuvres lorsque nous y avons trouvé une interprétation vraiment 
magistrale. » On n'ose l'en blâmer quand on examine ce qui est de son cru, 
par exemple l'introduction de l'hymne national sioniste. Une innovation plus 
intéressante, ce sont quelques extraits de chants liturgiques, traditionnels ou 
nouveaux. Les Psaumes sont donnés dans la traduction de Zadoc Kahn. Enfin, 
M. C. a fait suivre son volume de prières en français pour diverses circons- 
tances de la vie, extraites principalement du Guide du croyant Israélite de 
L. Wogue, mais « recueillies, arrangées (!) et annotées » par lui. — Cepen- 
dant, l'auteur s'étant proposé de mettre à la portée de la jeunesse israélite 
un petit rituel de format commode et de prix modique, il faut convenir qu'il 
a atteint son but. Pour nous, le seul intérêt de sa publication est de nous 
faire connaître les prières des Juifs d'Algérie et de Tunisie (cf. par ex., p. 92, 
le poème « Bar Yohaï », sur lequel on peut voir les textes cités par Bâcher, 
dans J. Q. R., XIV, 587, n. 2). 

û^b" 1 nben Livre de prières à l'usage de la jeunesse. Berditschew, Glescr 
et Einsenberg, [1907] ; in-8° de 98 p. 

Dbny *ppn Takkanot des communautés polonaises de 1587 à 1683, avec 
ama rTC33>73 sur les martyrs de Lemberg en 1728. Koloméa, impr. 
Bilous, 1900 ; in-8° de 16 p. 



BIBLIOGRAPHIE 261 



2. Ouvrages en langues modernes. 

Abbott (G. -F.). Israël in Europe. Londres, Macmillan, 1907; in-8° de 
xix -f- 533 p. et 1 carte. 

Voir le compte rendu t. LV, p. 314-315. 

Abeghian (A.). Vorfragen zur Entstehungsgesehichte der altarmenischen 
Bibeliibersetzungen. Marbourg, 1906; in-8° de 40 p. 

Adams (.].]. Sermons in accents, or studies in the hebrew text. Londres, 
Clark, 1906; in-8° de 208 p. 4 s. 6 d. 

Adler (G.). Jews in the diplomatie correspondence of the United States. 
New-York, Bloch Publishing G , 1905 ; in-8" de 122 p. 1 d. 

Adler iBi.-N.). V't flo^a "i bt) m?0» "ICO. The Itinerary of Benjamin of 
Tudela, critical text, translation and commentary. Londres, H. Frowde, 
1907; in-8' de xvi -f 94 (trad.) -\- 89 (texte) p. avec 1 carte et 7 fac- 
similés. 

Compte rendu p. 144-146. — Sur la secte visée par Ibn Ezra dans son 
Epitre du sabbat, nous sommes impardonnable de n'avoir pas renvoyé à l'ex- 
posé lumineux de M. Poznanski, Revue, XXXIV, 176-180. 

Aicher (G.). Das alte Testament in der Mischna. Fribourg, Herder, 1906 ; 
gr. in-8 de xvn — |— 181 p M 4,60 (Biblische Studien, éd. Bardenhewer, 
XI, 4). 

Voir le compte rendu de M. Bâcher dans la Jew. Quart. Rev., XIX (1907), 
598-606, et l'article de M. Blau dans la Monatssehrift, LI (1907), 569-589. 

Aitken (J.-R.). The book of Job. Londres, Clark, 1905; in-8° de 120 p. 
1 s. 6 d. (Handbook for Bible Classes). 

Allemand (L.). Étude sur la condition des Juifs en Russie. Thèse. Lyon, 
Delaroche et Schneider, 1907; in-8° de 232 p. 

Allemand (L.). Les souffrances des Juifs en Russie et le devoir des États 
civilisés. Paris, Cornély, 1907; in-8° de xxix -f- 228 p. 

L'auteur, dans une introduction assez nourrie, qui aurait trouvé plus logi- 
quement sa place à la fin comme conclusion, s'efforce d'établir que les États 
civilisés peuvent et doivent intervenir en faveur des Juifs russes. L'appui 
financier prêté au gouvernement va à rencontre du principe de non-interven- 
tion derrière lequel les États essaient de se retrancher. Puis, entrant dans le 
fond de son sujet, M. A. examine l'évolution de la législation restrictive contre 
les Juifs, qui est allée en s'aggravant depuis Catherine II jusqu'à notre 
époque, où elle a atteint, son maximum d'intensité avec les lois de mai 1881 
et les massacres accomplis, dit l'auteur, avec la complicité du gouvernement. 
Passant au point de vue international, M. A. s'étonne que les États tolèrent 
que la Puissie distingue entre leurs nationaux selon leur religion. — D'après 
le titre de l'ouvrage, on s'attendrait à ce que l'auteur eut insisté davantage 
sur les souffrances des Juifs russes , mais ce titre a dû être donné après coup 
pour faire vendre le livre, qui était primitivement une thèse de doctorat. 
Pour une thèse, l'argumentation aurait pu être étayée de documents plus offi- 



262 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ciels que des articles de journaux, et exposée avec moins de passion. On n'au- 
rait pas fourni ainsi à la Faculté de droit de Paris le moyen de refuser la 
thèse (qui a été renie depuis à la Faculté de Montpellier). M. A. a écrit en 
publiciste plutôt qu'en juriste; l'avocat jugera s'il n'aurait pas dû plaider 
autrement une si juste cause. — M. P. 

Amalric (J.). La condition de la femme dans le code d'Hammourabi et le 
code de Moïse. Montauban, imprimerie coopérative, 1907; in-8° de 
75 p. 

Amann (P.). Leopold Komperts literarisebe Anfânge. Prague, Billmann, 
4 907; in-8° de 100 p. (Prager deutsche Studien, 5). 

American Jewish Year Book, 5667, éd. by. H. Szold. Philadelphie, Jewish 
Public. Society of America, 1906; in-8° de ix -f- 275 -f 27 p. 75 c. 

Amitaï (L.-K.). La sociologie selon la législation juive appliquée à l'époque 
moderne. Conciliation des antithèses sociales. Paris, Fischbacher, 1905; 
in-8° de 272 p. 

André (A.). Egypte et Palestine. Notes de voyage. Paris, Fontemoing, 
1905 ; in-8° de vu + 440 p., illustr. 5 fr. 

Angus (J.). The Bible handbook. An introduction to the study of Sacred 
Scripture. New éd. rcv. Londres, 1907 ; in-8° de 848 p. 3 s. 6 d. 

Aptovitzer (V.). Das Schriftwort in der rabbinischen Literalur. Prolego- 
mena. Vienne, 1906 ; in-8° de 62 p. 

Aptovitzer (V.). Znr Geschichtc des armenischen Rechtes. Extrait de la 
« Wiener Zeitschrift fur die Kunde des Morgenlandes », t. XXI (1907), 
p. 251-267. 

Aptovitzer (V.). Beitriige zur mosaischen Bezcption im armenischen 
Hecht. Vienne, Hôlder, 1907 ; gr. in-8° de 42 p. (Tirage à part des 
« Sitzungsberichte der Kais. Akad. d. Wissensch. in Wien, Philos. - 
Histor. Klasse, 157. Bd., 4. Abhandl. »). M. 1. 

Il existe deux codes arméniens : celui de Mechitar Goscli, du xn e siècle, et 
celui de Sempad, du xm". On savait depuis F. Bischoff (1862) que la légis- 
lation mosaïque était entrée dans le droit arménien. M. D.-H. Miiller a 
montré en 1906 (Semitica, II) que le Talmud et menu lis rabbins posté- 
rieurs ont exercé une influence sur ce droit (voir le compte rendu de M. A. 
dans Jew. Quart. Rev., 1907, 611-613). Dans le premier travail ici annoncé, 
M. Aptovitzer défend et renforce la théorie de M. Miiller en montrant que 
pendant des siècles l'Arménie, habitée par des Juifs, fut ouverte à l'influence 
du droit mosaïco-talmudique, qui dut s'y introduire d'assez bonne heure, 
déjà au iv e siècle. — Dans la seconde étude, M. A. prouve qu'une foule de 
dispositions de la législation arménienne doivent être expliquées par des 
sources talmudiques et même post-talmudiques (« mosaische Rezeption » n'est 
donc pas très exact). Il arrive au résultat suivant : « Non seulement on peut 
établir de nouveaux parallèles et rapports entre le code fie Mechitar Gosch et 
la littérature tahnudico-rabbinique, mais encore plusieurs dispositions du code 
de Sempad tantôt concordent avec le droit talmudique et tantôt ne peuvent 
s'expliquer que par lui, attendu qu'elles ne sç retrouvent pas dans le code 
antérieur de Gosch ou même diffèrent de ce dernier. » — Nous avons noté : 



BIBLIOGRAPHIE 263 

II. Oorfc, Jodendom m de Armenische Kevk, dans la Theol. Tijdschr., 
1907, n • 5, p. 401-441. 

Archleitner (Arthur). Jérusalem. Tableau de la vie religieuse contempo- 
raine dans la ville sainte. Traduit de l'allemand par Eugène Veysse 
Paris, librairie des Saints -Pères, 1907; in- 8° Jésus de xxiv -j- 352 p 
3 fr. 50. 

Il y a des livres que le critique doit lire pour en préserver autrui. Celui-ci 
en est. C'est une apologie franciscaine, remplie d'une histoire cocasse de con- 
version et de querelles de moines. Le but de l'ouvrage — le traducteur s'en 
est-il seulement aperçu? — paraît être de chercher à enlever à la France 
le protectorat des congrégations du Levant. Deux chapitres contiennent des 
descriptions pittoresques : le chap. i (vue de Jérusalem) et le chap. ix (chasse 
au désert, au bord du Jourdain). P. 125-6 et 257, on lit deux histoires édi- 
fiantes de juifs convertis; dans la seconde, l'auteur fait jouer au grand-rab- 
bin de Jérusalem un rôle singulier. 

Arigita y Lasa (M.). Influencia social, religiosa y politica de los judios en 
el pais vasco. Saint-Sébastien, impr. de la Provincia, 1905; in-4° de 
38 p. 

Aron (A.). Das hebraisch alt-franzôsische Glossar der Leipziger Universi- 
tats-Bibliothek (Ms. 102) zum ersten Maie ausfuhrlich besprochen. 
Erlangen, impr. Junge et Sohn (Leipzig, W. Kaufmann), 1907; gr. 
in-8° de 55 p. M. 3. 

Compte rendu t. LV, p. 312-314. 

\rthur (S.). Die Juden, sind sie das auserwâhlte Volk? Gassel, Rôttger, 
[1907] ; in-8" de 139 p. M. 1,50. 

Auerragh (J.). Biblische Erzahlungen fur die israel. Jugend. Kleine 
Ausg. 5. durchges. und verm. Auflage. Berlin, Poppelauer, 1906; in- 8° 
de v -f 256 p. M. 1,60. 

Auerragh (J.). Kleine Schul- und Haus-Bibel. Geschichte und erbauliche 
Lesestùcke aus den heiligen Schriften der Israeliten. 2. xVbteilung. 
LesesUicke aus den Propheten und Hagiographen. 13, Autl. Berlin, 
Poppelauer, 1907: in-8° de xi + 285 p. M. 2,25. 

Bâcher (W.). Zwei jiïdisch-persische Dichter, Schahin und Imrani. Erste 
Halfte. Strasbourg, Triibner, 1907 ; gr. in-8° de 124 p. M. 2,50. 

V. t. LV, p. 152 et s., la recension, par M. Wellesz, de ce travail, qui est 
un tirage à part du 30 e rapport du Séminaire de Budapest et qui a paru en 
même temps en hongrois (Budapest; vu + 2 -f 116 p.). 

Back (S.). Die Geschichte des judischen Volkes u. seiner Literatur vom 
babylonischen Exile bis auf die Gegenwart, mit einem Anhang: Proben 
der judischen Literatur vom Abschluss des biblischen Kanons bis auf 
die Gegenwart. 3. verb. Auflage. Francfort, Kanffmann, 1906;in-8°de 
xx -f 549 et v -f 122 p. 

Bon manuel scolaire ; des erreurs de détail. L'appendice a également paru 
à part. 



264 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Baedeker (K.). Palestine et Syrie, avec les routes principales à travers 
la Mésopotamie et la Babylonie. Manuel du voyageur. 3 e éd. Leipzig, 
Baedeker, 1907 ; in-8° de xevi -\- 429 p. avec cartes et plans. 

Baentsch (B.). David und sein Zeitalter. Leipzig, Quelle et Meyer, 1907 ; 
in-8° de iv -f- 172 p. M. 1 (Wissenschaft und Bildung, 16). 

Baliaczyk (A ). Textkritische Einleitung nebst Probe A zum Lexikon zur 
altpolnischen Bibel. Breslau, 1906; in-8° de 81 p. 

Bamberger (S.). Sadduciier und Pharisaer in ihren Bcziehungen zu 
Alexander Jannai und Salome. Francfort-s.-M., J. Kauffmann, 1907; 
gr. in-8° de 26 p. M 1. 

Ce travail forme l'annexe du rapport annuel de la « Jùdisch-Literarische 
Gesellschaft » de Francfort-s.-M. Cette société patronne M. Isaac Halévy, qui a 
fait paraître en 1906 un nouveau volume de son Histoire [Dorot Harischonim), 
s'étendant de la fin de la période hasmonéemie à l'installation des procura- 
teurs romains. L'étude de M. B. a pour but de faire connaître au public alle- 
mand les nouveaux résultats obtenus par M. Halévy. Lesdits résultats sont 
nouveaux en ce qu'ils s'appuient sur des passages aggadiques qu'il faudrait 
interpréter cum grano salis. Ainsi on prend au sérieux la glose de la Me- 
guillat Taanit (sur le 28 Tébet), qui raconte le bon tour joué par R. Simon 
b. Schétah pour évincer les Sadducéens du Sanhédrin ; on attribue une 
importance politique à la loi scolaire qu'une bar ai ta (B. 7L, 21 a) attribue à 
Josué b. Gamala. Il est vrai que le Yerouscbalmi (Keloubot, vin, 11) nomme 
Simon b. Scbétab. Qu'à cela ne tienne : Simon était le promoteur de l'idée; 
mais pour ne pas offusquer les Sadducéens, il a passé la main au grand- 
prêtre Josué b. Gamala. Le reste est à l'avenant. On flétrit l'égoïsme et la 
tyrannie des Sadducéens ; on est plein de sympathie pour « ces pauvres Pha- 
risiens, obligés de recourir au roi de Syrie pour faire entendre raison à 
.Tannée ». Tout est pour le mieux dans le meilleur des royaumes quand les 
Pharisiens sont au pouvoir, et si les choses se gâtent à la fin du règne de 
Salomé, c'est parce que Simon b. Schétah est mort trop tut. Je vous fais 
grâce des autres et non moins ingénieuses combinaisons ; mieux vaut les 
savourer dans l'original hébreu : au moins on croit lire des hiddouschê 
aggadot. — Je ne vous ferai pas grâce de l'appendice. Le Babli {Sota, 47 a) 
raconte la fuite de Josué b. Perahia à Alexandrie, d'où il est rappelé par 
Simon b. Schétah au nom des Jcrusalémites. Le Yerouscbalmi [Hagaiga, n, 
2) raconte la fuite de Juda ben Tabbaï à Alexandrie, d'où il est rappelé par 
les habitants de Jérusalem. 11 n'y a pas là de confusion, mais deux faits dis- 
tincts et distants l'un de l'autre : Josué b. P. s'enfuit [tendant la persécution 
des rabbins par Jean Hyrcan (le texte porte \S3\ mais cela ne fait rien, car 
un autre texte qui se rapporte à Hyrcan a aussi "W^), tandis que Juda b. T. 
se déroba par la fuite aux honneurs qu'on lui offrait sous le règne de Salomé. 

Baneth (N.). Soziale Hilfsarbeit der modernen Ji'idin. Ein Vortrag. Berlin, 
L. Lamm, 1907 ; in-8° de 31 p. M. 0,50. 

Barano (M.). Divagazioni sopraGiobbe, II. Frosinone, 1906; in-8°de 188 p. 

Barol (M.). Menachem ben Simon aus Posquières und sein Kommcntarzu 
Jeremia|und Ezechiel. Berlin, Maycr et Muller, 1907 ; in-8° de (8 +) 58 p. 

M. Poznanski a rendu compte ici (t. LIV, p. 302 et suiv.) de cette étude, 
qui a d'abord paru dans la Monatsschrift, 1907, n°» 3-4, 5-6, 7-8 et 1908, 



BIBLIOGRAPHIE 265 

n° 1-2. Nous voudrions ajouter seulement une petite observation. Les 3 leazim 
de Menahem sont simplement empruntés à Rasent ; M. B., dont les transcrip- 
tions ne sont pas tout à fait exactes, ne s'en est pas aperçu, les éditions de 
Raschi donnant des leçons plus ou moins correctes ; mais il suffit, pour s'en 
assurer, de se reporter au travail d'Arsène Darmesteter que la Revue vient 
de publier. Cet exemple montre que les citations d'auteurs postérieurs à 
Raschi offrent, pour l'établissement du texte des gloses, des matériaux que 
Darmesteter n'a pu mettre à contribution. 

Barth (J). Sprachwissenschaftliche Untersuchungen zum Semitischen. I. 
Leipzig, Hinriehs, 1907 ; gr. in-8° de 54 p. 

C'est l'annexe scientifique du rapport annuel pour 1905-1906 du « Rabbi- 
ner-Seminar » de Berlin, augmentée d'un index des mots explique's et d'un 
article publié antérieurement. M. Lambert a rendu comple, Revue, LIV, 285- 
287, de cet important ouvrage. Cf. LV, 317. 

Baskerville (B.-C). The Polish Jevv. His social and économie value. 
Londres, Chapman, 1906; in-8° de (4 +) 336 p. et 1 carte. 10 s. 6 d. 

L'auteur, qui a étudié pendant huit ans le judaïsme polonais, décrit dans 
cet ouvrage la population des ghettos, sa condition économique, son orga- 
nisation communale et politique (sionisme, antisémitisme, Bund). La partie 
historique (esquisse de l'histoire des Juifs, de leur organisation et de leur 
civilisation, Frank et les Frankistes) est insuffisante. Enfin, M me B. examine 
certaines coutumes qui attestent le conservatisme religieux du judaïsme polo- 
nais et reproduit, en manière de conclusion, trois opinions sur l'avenir qui lui 
est réservé. 

Batten (L.-W.L The Hebrew Prophet. Londres, Methuen, 1905; in-8° de 
362 p. 3 s., 6 d. 

Baumstark (A.). Abendlândische Pallistinapilger des ersten Jahrhunderts 
und ihre Berichte. Cologne, 1906; in-8° de vi -j- 87 p. 

Béer (G.). Sanl, David, Salomo. Tubingue, Mohr, 1906; in-8° de 80 p. 
M. 0,50 (Religionsgeschichtliche Volksbiicher, II, 7). 

Beermann (Max). Voir Raschis Leben und Wirke.n. 

Bennett (W.-H.). The Religion of the post-exilic Prophets. Edimbourg, 
Clark, 1907; gr. in-8° de xu -\- 396 p. 6 s. (The Literalure and Religion 
ol* Israël, I). 

Bennewitz (F.). Inwieweit làsst sich die von Arnos vertretene Auffassung 
von der Sunde auch schon vor ihm nachweisen. Thèse. Iéna, 1905; 
in-8 J de 36 p. 

Bennewitz (F.). Die Sunde im alten Israël. Leipzig, Deichert, 1907; gr. in-8° 
de xu -(-271 p. M. 5. 

Bensasson (M. -.].)• Espana y sus hijos de Oriente. Alicante, Sirvent y 
Sanches, 1906 ; in-8° de 222 p. 

Plaidoyer en faveur du retour des Juifs en Espagne. 

Benzingeb (I.). Hebraische Arch.'iologie. 2. vollstiinclig ncu bearbeitete 
Autlage. Tubingue, Mohr, 1907; gr. in-8° de xx -f- 450 p., 253 illustr. 
et 1 plan. M. 10. (Grundriss der theologischcn Wissenschaften, 6, II, i). 



266 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Berger (H.). Kasualreden und Predigten. Berlin, Poppelaucr, 1900; in-8° 
de 181 p. M. 3. 

Berger (Philippe). Le Code d'Hammourabi. Paris, Leroux, 1907 ; in-18° de 
49 p. (Extrait de la Bibliothèque de vulgarisation du Musée Guimet, t. XX.) 

Berger (Ph.). Intaille à légende hébraïque provenant de Garthage et 
bague en or à caractères puniques provenant de Tunis. Paris, E. Leroux, 
1906; gr. in -8°, 5 p. fig. (Extrait de la Revue d'assyriologie et d'archéo- 
logie orientale, VI.) 

Bericht (25.) der Lehranslalt fur die Wissenschaft des Judenthums in 
Berlin. Berlin, impr. Itzkowski, 1907 ; in-8° de 27 p. 

Les annexes scientifiques sont remplacées désormais par des travaux indé- 
pendants ; le premier est celui de M. Elbogen, analysé plus loin. 

Bernfeld (S.). Kàmpfende Geister im Judentum. Vier Biographien. Berlin, 
Lamm, et Philadelphie, Greenstone, 1907; gr. in-8° de 152 p. M. 2,50. 
Voir le compte rendu p. 151-154. 

Bertholet (A.). Daniel und die griechische Gefahr. Tubingue, Mohr, 1907; 
in-8° de 64 p. M. 0,50 (Religionsgeschichtliche Volksbiicher, II, 17). 

Cette brochure populaire est plus et mieux qu'un travail de vulgarisation ; 
elle dit l'essentiel sur le livre de Daniel et en marque avec bonheur l'impor- 
tance historique et littéraire. M. 15. commence par raconter le « péril grec»? 
dans cet exposé, il juxtapose ingénieusement en deux colonnes les faits histo- 
riques et le chap. xi de Daniel. 11 analyse ensuite ce livre en en faisant res- 
sortir le sens et la tendance, caractérise la forme et le style, qui diffèrent 
dans la partie narrative et dans la partie apocalyptique. Après avoir établi 
qu'il appartient à l'époque d'Àntiochus Epiphane, il en examine les éléments, 
qui sont partiellement plus anciens, soit qu'ils soient d'origine juive, soit 
qu'ils soient empruntés à l'étranger, mais en tout cas pas à la Grèce. Quelques 
lignes sur l'influence du livre de Daniel et sur sa place dans l'histoire reli- 
gieuse terminent cet excellent petit volume. 

Besse (Jules). Les trois livres attribués au roi Salomon traduits de l'hé- 
breu. I. L'Ecclésiaste. IL Les Proverbes. III. Le Cantique des Cantiques. 
Paris, E. Leroux, 1906-1907; 3 vol. in-18° de 57, 158, 53 p. Chacun 
2 fr. 50 (Bibliothèque orientale elzévirienne, tomes LXXXIII, LXXXIV, 
LXXXV). 

Bettelheim (A.). Berthold Auerbach, der Mann, sein Werk, sein Nachlass. 
Stuttgart, Cotta, 1907 ; in-8° de x + 450 p. 

Biblia Sacra Vulgatae editionis. Ex ipsis exemplaribus Vaticanis inter se 
atque cum indice errorum corrigendorum collatis critice éd. M. Hetze- 
nauer. Innsbruck, 1906 ; in-8° de xxxu -j- 1142 -j- 173 p. 

Bijbel, of het Woord Gods, met inleidingen en verklaringen door F. P. 
L. C. van Lingen. Genèse et Exode. Utrecht, 1907 ; in-8° de 8 +290 
et 198 p. 

Bischoff (E.). De Kabbala. Inleiding tôt de joodsche mystiek en geheime 
wetenschap. Amsterdam, Craft, 1906 ; in-8° de 4 -f- 132 p., ill. 



BIBLIOGRAPHIE 267 

Bischoff (E.). Talmud-Catechismns. Met verschiedene afbeeldingen. Ams- 
terdam, Craft, 1907; in-8° de 130 p. 1.50. 

Bischoff (E.). Babylonisch - Astrales im Weltbilde des Thalmud u. 
Midrasch. Leipzig, Hinrichs, 1907 ; gr. in-8° de vin -j- 172 p. et 12 grav. 

(f Bientôt, écrivait récemment M. Jampel (Das Buch Est/iei-, p. 89, note) 
— et l'on doit s'y attendre dès aujourd'hui — , il faudra que la littérature tal- 
mudique vienne à la rescousse de la mythologie astrale. Des passages tels que 

S373Ï3 (Gew. r., 68), b« ap^nb Ifinp n"n-pr. [Meg., 18 a) ou fît CPD&ntf) 
Z\DV (Ab. ?., 43 a) ou encore n33tt)D1 13">3N DïnaNb tlTI Ï131l] pN 
ïTTûn b^b^a "Itfbn (6. 6., 16 a) ne manqueront pas d'être utilisés par les 
champions du système mytho -astral. Mais en réalité, tout initié sait que 
la Haggada songeait aussi peu à réduire un récit biblique en mythe que 
ce savant juif du xvp siècle qui voyait dans les taches de la lune le visage 
de Jacob. » M. Jampel ne croyait pas si bien dire et il a réfuté par avance 
l'ouvrage de M. Bischoff et ceux qui vont suivre (M. B. allègue justement, 
p. 165, le premier texte). — M. B. connaît la littérature talmudique et son 
érudition est de bon aloi. Sans essayer de marquer la filiation des idées, il 
tient compte de l'époque des auteurs. 11 sent ce que le Midrasch recèle de 
poésie (p. 62, n. 3) et rend justice au monothéisme qui inspire les aggadistes. 
11 accorde à la première page de son ouvrage que les « idées de l'antique 
Orient » (altorientalische Weltanschauung) n'ont été conservées que lorsqu'elles 
pouvaient se concilier avec le monothéisme, et que dans le cas contraire elles 
ont été soit abandonnées, soit formellement eomhattues. Cette sage précaution 
permet d'utiliser les Midrasch im dont la source est au fond purement juive. 
C'est ce que montre tout de suite le premier exemple de M. B. Y a-t-il rien 
de plus rabbin ïque que la place donnée à la Tora dans la création du monde? 
Or, M. B., sous ce titre alléchant « La préexistence céleste du monde terrestre », 
ayant exposé la théorie commune à l'antique Orient sur ce sujet, nous apprend 
que le Midrasch Beréschit rabba appelle « Tora » le plan de la création et du 
monde et « Trône de gloire » la seconde chose créée. Il traduit les premières 
lignes, bien connues.de ce Midrasch, et les commente ainsi : « On voit immé- 
diatement que, pour bien comprendre tous ces matériaux, il faut les intervertir à 
l'orientale. Comme dans presque toutes les paraboles orientales, la comparaison 
pèche par la forme d'après nos conceptions occidentales. En effet, la Tora n'est pas 
comparée au devis, mais à l'architecte. » Si nous ajoutons que, d'après M. B. 
lui-même, cette aggada peut avoir été influencée par Philon, qui s'inspirerait 
à son tour du Timée, que reste-t-il de cet exemple? — Heureusement que 
M. B. est assez réservé, qu'il essaie de distinguer entre les résidus de 
croyances astrales et les explications purement exégétiques et qu'il laisse 
même parfois de côté toutes ces théories. Si son interprétation de Rosch ha- 
Schana comme jour de jugement (p. 63-66) est insuffisante, ne s'appuyant que 
sur un passage de la Pesikta rabbati — il a du moins vu le problème — , on 
trouvera dans la seconde partie de son ouvrage de nombreux textes et des 
remarques intéressantes sur l'astrologie, l'angélologie et la démonologie dans 
la littérature aggadique, sur le Prince du Monde, l'horoscope, le Char céleste. 
De sorte que le livre est à lire. — Un index des passages bibliques, une table 
alphabétique des matières facilitent les recherches. Un index des textes tal- 
mudiques et midrasebiques eût été aussi utile. 

Bleeker (L. H. K.). De zonde der gezindheit in het Oud Testament. Gro- 
ningue, Wolters, 1907; gr. in-8° de 36 p. 0,50. 



268 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Bliss (F. J.). The development of Palestine exploration. New-York, 1900 ; 
in-12° de xvir + 337 p. 

Bloch (M.). L'Alsace juive depuis la Révolution de 1789. Guebwiller, 
imprimerie J.Dreyfus, 1907; in-8° de 33 p. (Publication de la Société 
d'histoire des Juifs d'Alsace-Lorraine.) 

Cette conférence, faite à Colmar le 27 mars 1907, a d'abord paru comme 
supplément de la Strassburger Israelitische Wochenschrift (n° du 8 août 
1907). M. B. y expose, avec les qualités qu'on lui connaît, comment les Juifs 
d'Alsace, devenus citoyens en 1791, méritèrent ce bienfait ou plutôt ce droit, 
dont leurs ennemis les jugeaient indignes, en créant des écoles, des ateliers, 
des journaux. La régénération intérieure justifia l'émancipation légale. Œuvre 
d'autant plus méritoire, aurait pu ajouter M. B., qu'elle fut souvent contre- 
carrée par l'hostilité des autorités, compromise par les décrets de 1808, qui 
visaient avant tout les Juifs d'Alsace, mis littéralement hors la loi. M. B., avec 
sa compétence particulière de pédagogue, s'étend surtout sur l'œuvre scolaire, 
qui fut effectivement la grosse affaire, et là il n'a presque eu qu'à reprendre 
une de ses anciennes conférences (Revue, XXVI, Actes). — Grâce à leurs 
propres efforts, les Juifs d'Alsace finirent par entrer dans la société moderne 
et M. B. montre l'Alsace juive régénérée eu moins d'un demi-siècle, gagnant 
la sympathie des chrétiens et rayonnant sur toute la France Israélite. Au point 
de vue économique, il aurait pu insister sur la véritable révolution qui trans- 
forma une population de petits marchands, de colporteurs, misérable et con- 
finée dans les campagnes, en agglomérations urbaines, adonnées à l'industrie 
et au commerce, concourant à la prospérité du pays. Au point de vue reli- 
gieux, il aurait pu insister sur le rôle joué par l'Alsace vis-à-vis du judaïsme 
français, lui versant des éléments conservateurs, arrêtant par sa résistance les 
tentatives de réforme. Mais dans une conférence on ne peut pas, et même on 
ne doit pas tout dire. Celle de M. B. se lit avec plaisir, parce qu'elle ne 
cherche pas à développer et à approfondir, mais qu'elle présente des aperçus 
dans le style familier et spirituel de la causerie. 

Bloy (Léon). Le salut par les Juifs. Edit. nouv., revue et modifiée. Paris, 
Victorion, 1906; in-8° de vu -f- 1G3 p. 

Bludau(A.). Juden u. Judcnverfolgungen im alten Alexandria. Munster, 
Aschendorft, 1906 ; gr. in-8° de v -f 128 p. M. 2,80. 

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Bardenhewer, XI, 5). 

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Knauer, 1907 ; in-8° de 16 p. M. 0,60. 

Briefwechsel zwischen Heimann Michael und Leopold Zunz aus dem lite- 
rarischen Nachlasse derselben herausgegeben von A. Berliner. Franc- 
fort, Kauffmann, 1907 ; gr. in-8° de vu -f- 90 p. (Tirage à part du « Jahr- 
buch der Judisch-Literarischen Gesellschaft », IV). 
Voir le compte rendu d'autre part. 

Briggs(C. A) et Hugel (F. v.). The Papal Commission and thc Pentateuch. 
Londres, 1906 ; in-8° de iv -f- 64 p. 

Briggs(C. A.) et Hugel (F. v.). La Commission pontificale et le Penta- 

teuque Paris, Picard, 1906 ; in-8° de 78 p. 

Traduction du précédent. A la suite du décret pontifical du 27 juin 1906 sur 
l'authenticité du Pentateuque, M. Briggs, savant protestant, a adressé au baron 
de Hiigel, savant catholique, une lettre où il réfute le décret du pape, qui ne 
tient pas compte « du magnifique travail de la critique ». Le baron de Hiigel, 
dans sa réponse, abonde dans le même sens ; ne considérant le décret que 
comme « une simple direction », il reprend et fortifie les arguments de son 
correspondant. 

Briggs (C. A. et E. G .). A critical and exegetieal commentary on the 
Book of Psalms. 2 vol . New-York, Scribner, 1906-07 ; in-8° de ex + 422 
et vin -f- 572 p. (The International Critical Commentary). 






270 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Brinton (J.). Bible character-sketches. Londres, Siegle, 1905; in-8° de 
116 p. -f 2 cartes. 1 s. 6 d. 

Brisset (J. P.). Les prophéties accomplies. Daniel et l'Apocalypse. Paris, 
Leroux, 1906 ; in- 12° de 299 p. 3,50. 

Le titre ne trompe pas : livre sans valeur. 

Brocrelmann (G.). Grundriss der vergleichenden Grammatik der semi- 
tischen Sprachen. In Zwei Banden. Band I, Laut- und Formenlehre. 
1-4. Lief. Berlin, Reuther et fteichard, 1907; gr. in-8° de 1-496 p. 

Brocrelmann (G.). Semitische Sprachwissenschaft. Leipzig, Gôschen, 1906 ; 
in-8° de 160 p. (Collection Gôschen, vol. 291). 

Brocrington (A. -A ). Old Testament miracles in the light of the Gospel. 
Edimbourg, Clark, 1907 ; in-8° de xv -f- 144 p. 3 s. 

Broore (A -E) et Me Lean (N.). The book of Judges in Greek according to 
the text of Cod. Alexandrinus. Cambridge, 1906; in-8° de vin -f- ^6 P- 

Brown (F.). A hebrew and english lexicon of the Old Testament, with an 
appendix contai ning the biblical Aramaic, based on the Lexicon of 
Gesenius. Part XII and XIII : D-rran— -Dis. Oxford, 1906. 

Brown (H. -G.). The historical bases of religions : primitive, Babylonian 
and Jcwish. Boston, Turner and C°, 1906 ; in-12° de 9 + 319 p.D. 1,50. 

Bruston (C). L'histoire sacerdotale et le Deutéronome primitif. Paris, 
Fischbacher, 1906; in-8° de 40 p. 

Bruston (G). Les plus anciens prophètes. Etude critique. Abdiah, Joël, 
Zakarie IX-XI, Amos, Hosée. Paris, Fischbacher, 1907; in-8° de 48 p. 
(Extrait de la Revue de théologie et des questions religieuses). 

Buber (M.). Die Geschichten des Rabbi Nachman, ihm nacherzahlt. Franc- 
fort, Literarische Anstalt, 1906; in-8° de ix -f- 154 p. M. 3. 

Bùchler (A.). Der galilaischc 'Am ha-'Ares des 2. Jahrhunderts. Beitrage 
zur innern Gcschichte des palastinischen Judentums in den ersten zwei 
Jahrhunderten. Vienne, Holder, 1906 ; in-8° de 338 p. M. 6. 

Budde (K.). Geschichle der althebraischen Literatur. Apokryphen und 
Pseudoepigraphen von A. Bertholet. Leipzig, Amelang, 1906; in-8° de 
xvi -f- 433 p. M 7,50 (Die Literaturen desOstens in Einzeldarstellungen, 
VII, 1). 

Bulletin de l'Alliance israélite universelle. Troisième série, n° 31, 
année 1906. Paris, rue de Trévise, 35; in-8° de 229 p. 

Plusieurs chapitres intéressent nos études. Le chapitre n (Israélites de 
Russie) s'occupe de la question juive à la Douma et des pogromes de Bialy- 
stock et de Siedletz ; le ehap. m (Israélites de Roumanie) des persécutions 
légales et des troubles agraires de Moldavie ; le chap. iv (Israélites de Perse) 
de l'histoire contemporaine des communautés de Tussurcane, Nehavende, 
Naubendégoun, ainsi que des incidents survenus à Ispahau en février 1907. 



BIBLIOGRAPHIE 271 

Le cliap. v (Israélites de Turquie d'Asie) est moins tragique ; ce sont des notes 
de voyage de M. Niégo dans des communautés de l'Asie Mineure, à Ourpha, 
où l'on montre, dans une mosquée, la grotte et le berceau d'Abraham, à 
Diarbékir, à Séverek, où les Kurdes décapitent les cadavres juifs et jettent les 
tètes dans la rivière pour obtenir la pluie, à Tchermouk ou Tchernik, à 
Djézireb, dont la synagogue remonterait à Ezra, et à Mossoul, où la plus 
ancienne synagogue, fort belle, compterait 1264 années d'existence. Le 
chap. vi (Israélites de Tripolitaine) contient un extrait d'un rapport de M. N. 
Slousch sur les Juifs troglodytes du djebel Gharian, du djebel Iffren, du djebel 
Nefoussa. M. SI. a fait également paraître des notes de voyage dans le Jewish 
World. 

Bulletin de l'Alliance israélite universelle. Troisième série, n° 32, année 
1907. Paris, 45, rue La Bruyère ; in-8' de 225 p. 

Extrait de la table des matières : Israélites de Russie (agitation a Odessa), 
de Roumanie (les troubles agraires de mars 1907, expulsion?, législation), du 
Maroc, de Perse (rapport intéressant sur la communauté de Kachan). 

Bullinger. Sheol and Hades. Biblical meaning and usage of thèse words. 
Londres, chez l'auteur, 1905 ; in-4°. 

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Voorhoeve, 1907 ; in-8° de 32 p. 0,15. 

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Gesetzgebung. Chez l'auteur, rabbin à Lubeck, [1907]; in-8° de 77 p. 
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Thèse. Erlangen, 1907; in-8° de 106 p. 

Gentury Bible (The). Chronicles. Introduction, revised Version, with 
notes, index and map. Ed. by W.-R. Harvey- Jellie. Londres, Jack, 1906 ; 
in-12ode 155 p. — The Minor Prophets, vol. 2 . . by S.-R. Driver, 1906 ; 
xvi + 337 p. — Ezekiel . . . by W.-F. Lofthouse, 1907 ; 347 p — Deute- 
ronomy and Joshua. . . by H. Wheeler Robinson, 1907 ; 394 p. 

Chajes (H. -P.). La lingua ebraica nel cristianesimo primitivo. Florence, 
impr. Galletti e Gassuto, 1905; in 8'> de 15 p (Extrait de la Rivista 
israelitica, II). 

Chajes (H. -P.). Un commento di R. Shelomô b Ha-Jathom. Florence, 
impr. Galletti e Gassuto, 1906 ; in-8° de 14 p. (Tirage à part de la Rivista 
Israelitica, III . 

Salomon b. ba-Yatom est un talmudiste de l'Italie méridionale dont on ne 
connaissait jusqu'ici que des extraits cités par d'autres auteurs. M. Chajes a 
mis la main sur son commentaire de Moëd Katon. Il utilise les commentaires 
de Rabbénou Guerscbum et de R. Hananel, ainsi que l'Arouch ; il fait usage 



272 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

de gloses italiennes et arabes. Il cite également ses commentaires de Bera- 
chot et de Eroubin. M. Ch. croit qu'il est à peu près contemporain d'Abr. 
ibn Ezra. 

Chalom (J.). Les Israélites de la Tunisie, leur condition civile et politique 
(étude de droit international et de législation coloniale). Thèse pour le 
doctorat. Paris, Arthur Rousseau, 1907; in-8° de xv -\- 199 p. 

Cette thèse, reçue avec la mention « éloges », doit être mise dans le com- 
merce avec une préface de M. Maurice Colin, député, professeur à l'Université 
d'Alger. — Après un rapide historique, dont les sources ne sont pas toujours 
indiquées, l'auteur examine « la condition civile et politique » des Juifs de 
Tunisie, qui sont au nombre de 62,540, d'après une statistique de l'Alliance 
israélite [Bulletin, 1904). — Au contact de l'Europe, la Tunisie s'est imprégnée 
des idées modernes. En 1857, après la condamnation et l'exécution du juif 
Batto-Sfez, accusé de blasphème, le bey, sous la pression de la France, jura 
fidélité au « Pacte fondamental », qui proclamait l'égalité de tous les sujets 
devant la loi. Mais cette Constitution fut abolie, par suite du soulèvement des 
tribus (1864). Aussi les Israélites accueillirent-ils avec joie le protectorat de la 
France, qui en lit des demi-Français, puisque c'est la France qui désormais se 
trouve, à l'extérieur, « chargée de la protection des intérêts tunisiens et des 
nationaux de la Régence » et, à l'intérieur, garantit la sécurité des personnes. 
Mais les Juifs, privés de droits politiques, et à qui la naturalisation française 
est autant dire impossible, continuent à être exclus de l'armée et des fonc- 
tions publiques. 

En revanche, le droit juif est, en Tunisie, officiellement reconnu et sanc 
tionné. « Point de contrainte dans la religion, dit le Coran ; la vérité se dis- 
tingue assez de l'erreur. » En vertu de ce principe, les Israélites de la Régence 
ont toujours joui d'une certaine autonomie. Cependant, un décret beylical du 
3 septembre 1872 limita la juridiction rabbinique aux matières de statut 
personnel (mariage, succession, etc.). Le protectorat fiançais respecta cette 
institution, mais la réorganisa et créa, en 1808, le Tribunal rabbinique de 
Tunis, rétribué par l'État, et dont les jugements sont exécutés par le gouver- 
• nement musulman. — A en croire l'auteur, les Juifs de Tunisie renonceraient 
volontiers au statut mosaïque si, comme les Algériens, ils pouvaient opter 
pour la législation française. Depuis 1905, un mouvement important se des- 
sine dans ce sens. L'ouvrage que nous venons d'analyser en est une nouvelle 
et fort intéressante manifestation. — S. S. 

L'édition du commerce a paru avec le millésime de 1908 (xvi -+- -00 p.). 
La préface de M. Colin, fort élogieuse pour l'auteur, conclut quant au fond 
au rétablissement du régime qui existait en Tunisie avant l'établissement du 
protectorat : « l'accès de la nationalité française pour l'élite, pour la masse 
la possibilité d'opter pour notre législation et la compétence des juridictions 
françaises, héritières du tribunal consulaire. » Les deux juristes ne se dissi- 
mulent sans doute pas ce que cette solution peut avoir d'arbitraire. 

Cheyne (T.-K.). Traditions and beliefs of ancient Israël. Londres, Black, 
1907; in-8° de xx + 591 p. 

Child (T.). The Bible : ils ration al principle of interprétation. Londres, 
Clark, 1907 ; in- 12" de 99 p. 1 s. 

Classen (W.). Biblische Geschichte nach der neueren Forschung fur 
Lehrer und Eltern. 2. Teil : Altes Testament. Hambourg, Boysen, 
1907; gr. in-8° de vin + 146 p. M. 2. 



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Goblenz (F.). Bibelkritik im Religion su ntcrricht. Francfort, [Kauft'mann, 
1907]; in-8° de 16 p. M. 0,50 (Tirage à part des Monatsblatter de Brïill). 
Cet essai avait paru précédemment dans la Jew. Quart. Rev. dr 1906. 

Goblenz (F.). Predigten. Neue Folge. Francfort, Kauffmann, 1907; in-8° 
de 142 p. M 3 

Cohen (Hernnnn). Religion und Sittlichkcit. Eine Betrachtungzur Grund- 
legung der Religionsphilosophie. Berlin, Poppelauer, 1907 ; in-8° de 
79 p. M. 1,20. 

Le célèbre professeur de Marbourg, M. Hermann Cohen, qui est un des 

chefs du néo-criticisme allemand, est en train de devenir le philosophe du 

judaïsme d'outre-Rhin, et il est d'autant plus regrettable que ee travail, 

qui a d'abord paru dans le Jahrbuch fur jildische Gesckichte und 

Lileratur, X (1907), et qui est sans doute destiné au grand public, ne 

soit pas plus populaire, plus « gemeinfasslich ». Avec la haute autorité de 

sa pensée et de son caractère, M. C. pose les fondements de la religion 

morale, dont le type est le monothéisme éthique des prophètes, et fait la 

leçon a l'Etat et à la religion d'État. Ou pourrait formuler des réserves sur la 

manière, encore [dus systématique que celle de Lazarus, d'habiller les idées 

bibliques d'un vêtement criticiste et je ne sais si l'exégèse et l'histoire des 

religions trouveront toujours leur compte avec les théories de M. Cohen. Mais 

M. Cohen n'est pas un historien, c'est un philosophe. Sa pensée est parfois 

difficile à saisir et surtout à suivre; mais, vigoureuse à la fois et sereine, elle 

réserve à celui qui se donne la peine de la pénétrer une véritable jouissance 

intellectuelle. 

Cohn (E.). Sachet mich, so lebet ihr ! Moderne Schrifterklarungen und 
Andachten. Berlin- Charlottenbourg, Virgil Verlag, 1907; in-8°de 112 p. 
M. 1,50. 

Conrad (L.). Die religiôsen nnd siltlichen Anschauungen der alttesta- 
mentlichen Apokryphen und Pseudepigraphen. Gùtersloh, C. Bertels- 
mann, 1907 ; gr. in-8° de vin -f- 248 p. M. 4. 

Cooiv (St. -A.). Crilical notes on Old Testament history. The traditions of 
Saul and David. Londres, Macmillan et G , 1907 ; gr. in-8° de xxvni -f- 
160 p. 2 s. 6d. 

Cornill (H.). Der israelitische Prophetismus in fi'inf Voftrâgen fur gebil- 
dete Laien geschildert. 6. verb. Aufl. Strasbourg, Tiï'ibner, 1906 ; in-8° 
de vu + 185 p. M. 1,50. 

Cokmll (G. -II.). Introduction to the canonical books of the Old Testament, 
transi by. J.-H. Box. Londres, Williams et Norgate, 1907; in-8" de 
566 p. 10 s. 6 d. 

Corpus inscriptionum semiticarum ab Academia inscriptionum et littera- 
rnm huinaniorum conditum atque digestum. Pars secunda inscrip- 
T. LVI, x" 112. 1S 



274 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

tiones aramaicas continens. Tomus II, faseiculus primas. Paris, Impri- 
merie Nationale (Klincksieck), 1907 ; in-4° de 250 p. — Tabnlaè, faseiculus 
primus tTab. I-LXX); 1906, in-4°. 

Ce volume du Corpus contient les fameuses inscriptions sinaïtiques. 

Danvers (F.-CA Israël redivivus. History of tribes of Israël, distinct from 
that of Judah, from times when Biblical account of them came to an 
end. Londres, Ranks, 1905" ; in-8° de 314 p. 3 s. 6 d. 

Daubney (W.-H.). The three additions to Daniel. A study. Cambridge, 
1906; in-8°de xv -f 258 p. 

Debrk (S.). Catéchisme à l'usage de la jeunesse israélite. Paris, librairie 
Durlacher, 1906; in-16° de 139 p. 

Nous ne nous occupons ici ni de théologie, ni de pédagogie. Mais le petit 
livre de M. D. a une valeur documentaire pour l'historien; un catéchisme 
écrit par un rabhin, adopté dans les écoles, est un témoin des idées moyennes 
du judaïsme français de ce temps. Si l'on compare, à ce point de vue, ce 
précis à ses devanciers, on est frappé de ce qu'il a de plus simple et de plus 
souple; moins de formules raides, d'affirmations catégoriques, de ces défini- 
tions qui emprisonnent l'idée. M. D. insiste sur la description de la vie israé- 
lite avec toutes ses manifestations, cérémonies du temple et de la famille ; il 
analyse brièvement la Bible et le Talmud et reproduit en partie les principales 
prières. — Il a conservé l'ancien mode d'exposition par demandes et réponses. 
Ce système nous parait peu approprié à renseignement de la religion juive, 
qui ne comporte pas de vérités toutes faites exprimées sous une forme inva- 
riable. Héritage de la pédagogie catholique, il est généralement abandonné 
aujourd'hui dans renseignement. La meilleure méthode n'est pas la plus limi- 
tative, mais la plus suggestive: celle-ci est paresseuse, dispensant le maître 
d'expliquer et l'élève de réfléchir. Ce que M. D. a bien attrapé, c'est la 
langue qui convient, familière, un peu ample, je dirais presque homilétique, 
parsemée de maximes talmudiques. De-ci de-là on relève un terme abstrait 
ou obscur ; mais il est difficile d'arriver du premier coup à l'expression simple 
et précise. 

Delitzsch (F.). Jewish artisan life at the beginning of the Christian era. 
Londres, Hutchinson, 1907. 

Delitzsch (F.). Melir Lient! Die bedeutsamsten Ergebnisse der babylo- 
nisch-assyrischen Grabungen fur Geschichtc, Kultur und Religion. 
Ein Vortrag. Leipzig, Hinrichs, 1907 ; in-8" de 64 p. 4- 2 tables et 50 fig. 

Delitzsch (F.). Babel and Bible, three lectures on the significance of 
Assyriological research for religion, embodying the most important 
criticism and the author replies. Chicago, Open Court Publ. C°, 1906 ; 
in-8° de 23 + 247 p 1 d. 

Denkschrift zur Begrûndung des von dem Crosslierzoglich Kadischen 
Oberrateder Israeliten herausgegebenen Gebetbucheotwurf». Carlsruhe, 
Verlag des Oberrates, [1907] ; in-8° de 96 -f 43 p. 

Des-Masures (L.). Tragédies saintes : David combattant, David triom- 
phant, David fugitif. Édition critique publiée par Charles Comte. Paris, 
Cornély, 1907; in-16' de 277 p. (Société des textes français modernes). 



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Neuen Testaments, 7). 

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Jungen i'iber die Frankfurter ji'idischen Familien von 1349-1849, nebst 
cinem Plan der Judengasse. Francfort, Goar, 1907; gr. in-8° de 
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1907, n° 27, col. 853, et de M. Lowenstein dans la Z. f. H. B., XI, 137-1 il. 

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tcxt. Londres, Fisher Unwin, 1905; in-8° de xxm -f- 150 p. 5 s. 

Diwan des Jehuda Halévi. Eine Auswahl in deutschen Uebertragungen 
herausg. von G. Karpeles. Zweite Aullage. Leipzig, W. Kaufmann, 1907; 
in-8° de xi -f- 180 p. 

M. Karpeles réédite son anthologie de Juda Halévi, dont la l rc édition a paru 
à Berlin en 1893 sans porter son nom (Revue, XXVI, 142). L'introduction 
(p. 1-19) reprend avec de petites modifications ce que K. a dit du poète et du 
philosophe dans sa Gesckichle der jûdischen Li/era/ur (1, 511-531); le phi- 
losophe, qui aurait pu d'ailleurs être laissé de côté ici. est trop vite expédié; 
pour le poète, comparer la conférence de M. J. Weill (Rev., XXXVIII. Act. ). — 
Les poésies de Juda Halévi sont groupées sous trois rubriques : poèmes religieux, 
sionides, poèmes profanes. Les traductions en vers allemands sont emprun- 
tées à S. Hcller, A. Geiger, M. Sachs, S. I. Kâmpf, M. Steinschneider, A. Sulz- 
bach. Emil Colin (traduction qui paraîtra prochainement;, etc. INous aurions 
aimé que M. K., qui a affirmé sou talent poétique dans Die Zionsharfe 
(Leipzig, 1889), traduisît lui-même quelques poèmes récemment publiés par 
MM. Harkavy et Brody. De la célèbre sionide plbffib "ibfcNDn »bn "p*^ 
■pTDN, M. K. publie les versions de M. Rappaport et de S. Heller, et en 
appendice celles de Herder et de Mendclssohn. Ou connaît en fiançais les 
traductions de J.-B. Bing de Metz, reproduite plusieurs fois(v. Carmoly, Revue 
orientale, II, 338), de Munk (Palestine, p. 627), de Wogue (Archives Israé- 
lites, XI. [1850], 433 ; remaniée dans le Guide du Croyant israélite, p. 409; 
2 e éd., p. 117) et de M. J. Weill (l. c., p. lxxxix\ 

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Tirage à part de la Revue, LUI, Actes. 

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1811-1899. Paris, 8, nie de la Sorbonnc, irr-8 1 de 72 p. (Cahiers de la 
quinzaine, neuvième cahier de la neuvième série, 26 janvier 1908). 

Réimpression du précédent — pourquoi ne l'avoir pas dit? — avec deux 
lettres sur Al. Weill reçues par l'auteur. 

Dreyfuss (J.-H.). Allocution prononcée à l'occasion de l'inauguration du 
Temple de la rue Sainte-Isaure le jeudi 27 juin 1907. [Paris, 1907]; 
in-8° de 8 p. 

Driver (S. R.). The book of the prophet Jeremiah. A revised translation 
with introduction and short explanations. Londres, Hodder, 1906 ; 
in-8° de lvi -j- 382 p. 

Dubanowicz (E.). Stanowisko ludnosci zydowskiej w Galicyi wobecwybrôw 
do parlamcntu Wiedenskiego w roku 1907. Lemberg, 1907; in-8° de 

40 p. 

L'attitude des Juifs de Galicie dans les élections au Parlement de Vienne en 
, 1907. 

Dubnow (S. M.). Die Grundlagen des Nationaljudentums, autorisierte 
Ucbersetzung ans dem Russischen von I. Friedlander. Berlin, Jïidischer 
Verlag, 1907 ; gr. in -8° de 69 p. 

Duhm (B.). Das Buch Hiob in den Versmassen der Urschrift iibersetzt. Neue 
Ausgabe. Tubingue, Mohr, 1908 ; in-8° de xx + 71 p. M. 80. 

Duhm (B .). Die Psalmen in den Versmassen der Urschrift iibersetzt. Neue 
Ausg. Tubingue, Mohr, 1907 ; in-8° de xxviu -f 222 p. M. 1,60. 

Duhm (B.). Das Buch Jeremia in den Versmassen der Urschrift iibersetzt. 
Neue Ausg. Tubingue, Mohr, 1907 ; in-8° de xxxiv -f- 153 p. M. 1,60. 

Ces trois « nouvelles éditions » ne sont que des rééditions d'ouvrages parus 
respectivement en 1897, 1899 et 1903. 

DiixsiNG (H.). Christlich-palàstinisch-aramaische Texte und Fragmente, 
nebst e. Abhandlung iïber den Wert der palâst. Septuaginta. Mit e. 
Wôrterverzeiehnis u. 4 Schrifttat'eln. Gœtttingue, 1906; in-8° de 
x -f 160 p. M. 8. 

Eckardt (R.), Zickermann (E.), Fenner (F.). Palàstinensische Kulturbilder. 
Beitrage zur Palàslinakundc. Leipzig, Wigand, 1907; gr. in-8° de 
x + 260 p. avec 64 ill. et 2 plans. M. 5,50. 

Ecker (J.). Psalterium juxta Hebraeos Hieronvmi in seinem Verhaltnis zu 
Masora, Septuaginta, Vulgata mit Beriicksichtigung der iibrigen alten 
Versionen untersucht. Trêves, imprimerie «Paulinus», [1906]; in-8° 
de 108 p. M. 2 (Extrait de la Festschril't zuiii Bischofs-Jubilàum 
Trier). 

Eckstein (A.). Geschichte der Juden im Markgrafentum Bavreuth. Bay- 
reuth, Seligsberg. [1907) ; in-8° de vu + 130 p. M. 3. 

Edghill (E.-A.). An enquiry into the evidential value of prophecy. 
Londres, 1906; in-8° de xxxvjii -\- 627 p. 



BIBLIOGRAPHIE 277 

Eiselen (G.). The M in or Prophets. New-York, Eaton and Mains, 1907 ; 
in-12» de 741 p. D. 2 (Commchtary of the Old Testament, éd. D. Whe- 
don, 9). 

Elbogen (I.). Voir LehranstaU. 

Elhogen (I.). Studien znr Geschichte des jiïdischen Gottesdienstes. Berlin, 
Mayer et Millier, 1907; in-8° de vin -f- 192 p. (Schriften der LehranstaU. 
fur die Wissenschaft des Jndentnms, Rand I, Heft 1-2). 

La « LehranstaU » de Berlin fait paraître dorénavant, à la place des 
annexes aux rapports annuels, des fascicules discontinus qui renfermeront 
des mémoires dus aux maîtres et aux élèves de l'établissement. Cette forme 
de publication élargit considérablement le champ du travail et Ton est auto- 
risé à concevoir les meilleures espérances de la nouvelle entreprise. 

Le livre de M Elbogen ouvre la série. La première partie de ses Études est 
consacrée aux éléments principaux de la prière du matin : le Schéma et la 
Tefilla. L'examen historique du développement subi par les bénédictions qui 
précèdent et qui suivent le Schéma est précédé d'une étude approfondie sur 
un terme insuffisamment expliqué jusqu'ici : 3>7j\U by DHC En confrontant 
toutes les citations de ce terme qu'on relève dans la littérature taunaïtique et 
talmudique, M. E. démontre clairement qu'il constitue « l'ancienne désigna- 
tion technique de la récitation du schéma et des bénédictions y ressortis- 
sant dans la prière en commuu du matin » et, plus précisément, de la réci- 
tation verset par verset. Cette étude éclaire en même temps la technique de 
l'ancien office synagogal. Si vraiment la valeur d'une hypothèse se montre 
en ce qu'elle fournit la base la plus propre à résoudre tous les problèmes de 
détail, l'explication de M. Elbogen est certainement la seule possible, car elle 
permet, comme l'auteur l'établit, d'expliquer tous les passages obscurs. 

M. E. examine ensuite l'âge du Schéma et montre l'introduction successive 
de ses trois parties. A relever particulièrement la démonstration que l'adop- 
tion de la troisième partie ("i73N' , "l) est uniquement due à la mention de la 
sortie d'Egypte. De là, il passe à l'examen des morceaux qui précèdent et 
suivent la prière proprement dite. 11 commence par rétablir la forme primi- 
tive du « yocer » à l'aide des textes existants et des fragments de la Gueniza 
qu'il publie à cette occasion. Ici, aussi bien que dans l'étude des morceaux 
suivants, ce qu'il y a de nouveau et d'important, c'est l'insistance avec 
laquelle M. E. fait ressortir la différence, voire l'opposition entre le dévelop- 
pement du rite palestinien et celui du rite babylonien. D'après lui, la plupart 
des additions dans le genre des pioutim proviennent de la Palestine. L'im- 
portance de cette opposition, qu'on a à peine remarquée jusqu'à présent et 
que l'auteur établit surtout par les fragments qu'il publie ici pour la première 
fois, apparaît aussitôt dans la facilité avec laquelle elle donne la clef de plus 
d'une énigme. — En étudiant la prière « Ahava rabba », M. E. exprime 
l'opinion que la différence, si insignifiante en apparence et pourtant si sou- 
vent relevée, entre le début « Ahava rabba » et le début « Ahavat olam » 
s'explique par l'absence de la prière pour la restauration de la nation juive 
dans les formules liturgiques qui commencent de la seconde manière. Dans 
le morceau suivant, ^i^T T72N, il fait également ressortir l'opposition entre 
le processus babylonien et celui de la Palestine. 

L'étude de la Tefilla, le deuxième élément essentiel de l'office du matin, est 
également introduite par l'explication du terme caractéristique "^cb ""D^ 
nrrn. M. Elbogen montre avec beaucoup de justesse que cette expression 
ne signifie pas, comme on l'a admis couramment jusqu'ici, « officier » en 



278 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

général, niais exclusivement « réciter la Tefilla à haute voix ». De nouveau, 
cette démonstration ouvre d'un coup l'intelligence de nombreux passages 
restés énigmatiques et contribue grandement à faire comprendre la technique 
de l'ancien culte synagogal. En examinant l'âge de cette prière, l'auteur 
touche à une question théologique brûlante, celle de la prière individuelle; 
il montre combien est fausse et inconsidérée l'assertion de Schùrer, de Bous- 
set et de leurs fidèles, quand ils affirment que la forme rigide de la prière 
juive étouffait la piété individuelle. 11 établit qu'une place était faite à la 
prière personnelle dans les û^jisnn, qui devaient venir à la suite de la 
prière officielle, exclusivement collective. — M. E. complète ses études anté- 
rieures sur la question (Geschichte des Achtzehnqebets, Breslau, 1903 ; cf. 
Revue, XLVI, 282) en publiant un grand nombre de textes qui proviennent 
de la Gueuiza, et parmi lesquels une amplification poétique de la première 
bénédiction excite un intérêt particulier : c'est une contribution à la question 
du « piout dans la tefilla ». 

La seconde partie de ces Études est consacrée au « culte du jour du Pardon 
dans la liturgie ». L'importance en apparaît suffisamment si l'on considère 
que « ce sujet se rapporte à la partie centrale de l'office de la fête la plus 
importante de l'année » et que l'auteur a réuni là des matériaux extrême- 
ment considérables, on peut même dire, dans l'état actuel de la question, tous 
les matériaux, pour la plupart entièrement inconnus jusqu'ici. Et ainsi cette 
partie de son livre, avec les nouveaux résultats qu'elle apporte, représente, 
elle aussi, un notable enrichissement de la science. 

La forme de l'Àboda dans la liturgie du jour du Kippour à l'époque la plus 
ancienne consistait, d'après M. E., dans la simple récitation de la description 
(pieu donne le traité de la Mischna de Yoma. Cette Aboda primitive (publiée 
en appendice d'après quatre fragments différents*, qui commençait par les 
mots □"^"i n^aiZJ, apparaît eu éffel comme étroitement apparentée à la 
Mischna. — Le traitement poétique de l'Aboda, qui commence bientôt, porta 
principalement, le contenu de la cérémonie même étant fixé, sur l'introduction, 
qui devint finalement la partie principale par l'étendue et par les idées, 
tandis que le sujet proprement dit du poème était expédié en peu de mots. 
M. E. montre comment l'Aboda prend peu à peu la forme du piout, comment 
l'acrostiche (qu'il porte sur l'alphabet ou sur le nom de l'auteur) et la rime 
s'introduisent. De l'Aboda la plus ancienne, celle qui commence par ïirN 
DjDID. d'une forme relativement simple, l'auteur nous conduit à travers 
les productions les plus variées jusqu'au poème compliqué d'un Saadia. La 
rime apparaît à partir de l'époque de Kalir, et ici l'influence de la poésie 
arabe contemporaine se fait naturellement sentir. Les hors-d'œuvres augmen- 
tent ; la prière que le grand-prêtre récite en entrant dans le saint des saints 
est de plus en plus développée et des prologues miD"^; viennent s'y ajouter. 
— La lin du chapitre montre le passage de l'oeuvre individuelle du poète à 
l'institution fixe du culte public. 

A cette étude se rattache une histoire complète de la littérature de l'Aboda; 
en outre du mérite d'une classification laborieuse et exacte, l'auteur s'est 
acquis celui d'avoir résolu plus d'une question controversée et d'avoir fourni 
d'abondants matériaux inédits. On remarquera la démonstration de l'exis- 
tence d'une Aboda de Minha par Yosé b. Yosé, la découverte de l'Aboda de 
Kalir, d'une nouvelle Aboda de Saadia, l'étude sur les poésies de Gabiroi qui 
se rapportent au même sujet et qui sont pour la plupart retrouvées ici. enfin 
le grand nombre de textes anonymes. 

L'appendice, Intitulé « .Nouveaux textes d'Abodas » et fort de près de cent 
pages, forme le complément notable dé la partie historique. M. Blbogen > a 



BIBLIOGRAPHIE 2"9 

livré à la science, d'après tous les manuscrits et fragments accessibles, des 
textes jusqu'à présent inédits. De brèves notices indiquent les allusions et les 
citations bibliques et talmudiques, et fournissent des indications littéraires sur 
l'origine et la nature des sources. Cet appendice comprend vingt textes nou- 
veaux, dont chacun constitue un petit travail scientifique. 

11 faut remercier M. Elbôgen d'avoir détaché de ses travaux sur l'histoire 
du culte juif ces quelques chapitres pour les livrer au public. Non seule- 
ment ils enrichissent considérablement un domaine encore peu exploré par la 
publication de textes dont on ne saurait exagérer l'intérêt, mais encore ils 
nous montrent ce que nous pouvons attendre des nouvelles études de Fauteur. 
— F. Goldmann. 

La première partie de ces études a d'abord paru en anglais dans la Jew . 
Quart. Rev., XVIll, 587-599 ; XIX, 229-249; 104-720. Voir aussi l'article de 
M. Blau dans Revue, LV, 209 et s. et la réponse de M. Elbogcn d'autre part. 

Elhorst (H -J.). Israël in het licht der jongste onderzoekingen. Haarlem, 
1906 ; in-8' 1 de 33 p. 

Engel (J.). Die Juden in Babylonien unter den persischen Kônigcn wah- 
rend des zweiten Tempels bis nach dem barkochbaischen Kriege. Storo- 
zynetz, impr. H. Wallach (chez l'auteur), 1907 ; in-8° de 4G p. 

Engel (M.). Wirklichkeit und Diehtung. Aufschli'isse in und zu I Mose 2-4; 
6, 1-14; 9, 18-27, 11 und 12, 1-6. Dresde, Baensch, 1907 ; i^w in-8° de 
x -j- 301 p. et 2 cartes. 

E.ngert (Th ). Die Urzeit der Bibel. I. Die Weltschôpfung. Mit einer allge- 
meinen Einfûhrung in die Exégèse. Munich, Lentner, 1907 ; in-8° de 
iv + 53 p. M. 1,20. 

Eppenstetn (S.). Zur Wiirdigung der Exégèse Joseph Kara's. Francfort, 
impr. Golde, 1907 ; in-8° de 32 -f- 28 p. 

Voir le compte rendu de M. Poznanski, LIV, 147 et suiv. 

Erbt (W.). Untersuchungen zur Geschichte der Hebraer. î. Hcft. Elia, 
Elisa, Jona. Ein Beitrag zur Geschichte des IX. und VIII. Jahrhunderts. 
Leipzig, Pfeiffer, 1907; gr. in 8° de in -f 88p. M. 4. 

Eschelbacher (J.). Das Judentum im Urteile der modernen protestanti- 

schen Théologie. Leipzig, Fock, 1907 ; in-8° de iv + 64 p. M. 1,50 

(Schriften herausg. von der Gesellschaft zur Fôrderung der Wissen- 

schaft des Judentums). 

Nous avions eu le plaisir d'entendre cette conférence; nous l'avons revue 
avec plaisir, développée et augmentée de références. Le savant auteur de l'ou- 
vrage Dus Judentum und das Wesen des Chrislenlums (v. Revue, LI, 
196-198), dont une seconde édition vient de paraître, défend le judaïsme et sa 
littérature contre les peintures tendancieuses des théologiens protestants. Sa 
conférence est divisée en deux parties. Dans la première, il montre que la 
critique protestante, tout en se livrant avec ardeur à l'étude de l'Ancien Tes- 
tament, s'est laissé guider par des préoccupations étrangères, notamment par 
la christologie, qui a jeté son ombre sur le prophétisme hébreu, et il suit 
l'histoire des études bibliques dans l'Église ancienne, à l'époque de la Réforme 
et de nos jours (débat Ribel-Rabel, etc.). — Dans la seconde partie, il s'at- 
taque principalement à Schiirer, dont l'ouvrage est aussi pauvre pour la vie 



280 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

intérieure et la religion des Juifs qu'il est abondant et précis pour leur his- 
toire politique, et àBousset, dont le livre est « un amalgame arbitraire d'élé- 
ments disparates ». Il soutient que ces deux auteurs n'ont compris ni la « Loi » 
en général, ni le sabbat en particulier et que les véritables sources de la 
religion du judaïsme ne sont pas les Apocryphes, ni surtout les Apocalypses, 
mais les ouvrages rabbiniques. Après avoir décrit à ce point de vue la vie 
religieuse des Juifs de Palestine, l'auteur passe à la Diaspora, dont il marque 
l'importance et l'influence. Enfin, et c'est peut-être la partie la plus originale 
de l'ouvrage, il esquisse à grands traits l'histoire des Juifs au moyen âge et 
à l'époque moderne, en montrant qu'ils ont conservé en tout temps et en tout 
lieu leur vitalité religieuse, leur indépendance morale et leur esprit de sacri- 
fice. — Cette étude savante et souvent éloquente donne bien, comme le dit 
l'auteur, une image raccourcie, mais fidèle, de l'esprit et de l'activité du 
judaïsme, de sa place dans le monde et de ses relations avec les autres reli- 
gions et civilisations. 

Eulenburg (0. v.). Von Asdod nach Ninive im J. 711 v. Chr. 3. Folge. Die 
Busse von Ninive. Leipzig, 1906 ; in-8° de 168 p. 

Ezra (N.-E.-B.). Shabbethai Sebi, Pseudo-Messiah. Londres, Probsthain, 
1907 ; in-8° de 14 p. 1 s. 

Faerden (M. J.). Det gamla Testamentet i den nyare bibelforskningens 
ïjws. Stockholm, Ekman, 1906; in-8° de 103 p. Kr. 3,50. 

Faïtlovitch (J.). Gli Ebrei d'Àbissinia (Falascia). Impression] dal vero. 
Acqui, impr. Tirelli, 1907 ; in-8° de 17 p. 

Feilchenfelq (W.). Systetnatisches Lehrbuch der israclitischen Religion 
fur die reifere Schuljugend in Religionsschulen und hôheren Lehran- 
stalten. 4. verb. Aufl. Francfort, Knuft'mann, 1907 ; in-8° de xvi + 172 p. 
M. 1,60. 

Feldmann (F.). Der Knccht Gottes in Isaias Kap. 40-55. Fribonrg, Hcrder, 
1907 ; gr. in-8° de vm -f 205 p. M. 5. 

Histoire et critique des opinions antérieures. Les quatre morceaux en ques- 
tion sont authentiques. Le serviteur de Dieu n'est ni le peuple d'Israël, ni un 
individu : ce n'est pas un contemporain du prophète, mais une figure 
d'avenir, à la fois prophète, prêtre et roi : c'est le Messie. 

Fenton (A.) and Abbey (J.). The Bible and Winc. Londres, Partridgc, 1907; 
in-8° de 157 p. 2 s. 6 d. 

Festschrift zum acbtzigsten Geburtstage. . . des Iïorrn Rabbiners D r Wolf 
Feilchenfeld. . . herausgegeben von Rabb. D 1 ' luenigsberger-Plescben 
und Rabb. D r Silberberg-Schrimm. Pleschen et Schrimm, chez les édi- 
teurs, 1907; gr. in-8° de 76 (partie allemande) et 49 (paît, hébr.) p., 
avec un portrait du jubilaire. 

A l'occasion du 80 e anniversaire du rabbin de Posen, W. Feilchenfeld, né à 
Gross-Glogau le 10 juin 1827, un certain nombre de ses amis et de ses dis- 
ciples (il dirige, si nous ne nous trompons, une école talmudique) lui ont 
offert un volume de Mélanges. Les travaux étant de qualité moyenne, il suffira 
d'analyser les plus intéressants et de nommer les autres. 



BIBLIOGRAPHIE 281 

Partie allemande. M. B. Kœnigsberger a écrit un ouvrage sur « les Mythes 
grecs, les légendes et traditions allemandes et leurs parallèles dans la littéra- 
ture juive ». Il en donne ici (p. 1-11) un spécimen de la première partie, en 
rapprochant deux épisodes delà légende d'Héraclès, 1rs combats contre l'hydre 
de Lerne et contre le géant Antée, de certains passages talmudiques et midra- 
schiques. La première analogie est purement factice : la seconde est plus spé- 
cieuse, mais est bornée à un trait unique. D'une façon générale, il n'est plus 
permis aujourd'hui de faire de la mythologie comparée à l'aide d'un petit 
nombre de textes interpiétés par la méthode littéraire. Les pages les plus 
intéressantes sont celles du début, où l'auteur, dont l'érudition est très étendue, 
a réuni ce que le Talmud et le Midrascb savent de la langue et de la science 
grecques. (P. 11, lire : B. Simon b. Zémach.) — Le eo-éditeur de M. K., 
M. Silberberg, reprend un sujet souvent traité, et sans y apporter de données 
nouvelles, dans son article « Pédagogie d'après le Talmud » (p. 12-20). 
M. Bâcher a fait naguère un exposé plus complet et plus critique de la ques- 
tion dans le Jahrbuck fur jud. Gesch. nnd Liter. — Sous le simple titre 
« Posnania und Polonia », M. Berliner publie (p. 21-30) des lettres se rappor- 
tant soit à un épisode de l'histoire de la communauté de Posen au xvm e siècle, 
soit à la mission de Jacob Sélek, député des Juifs polonais auprès du pape 
Clément XIII. — Les deux études qui suivent intéressent également les 
annales du ghetto de Posen. M. L. Lewin expose les fonctions des « Schtad- 
lanim » ou syndics de la communauté de Posen (xvn'-xviir 9 siècles) et dresse 
la liste de ceux qui sont connus (p. 30-39). — M. J. Landsberger raconte à 
nouveau l'incendie qui dévasta la ville de Posen le 15 avril 1803 et détruisit la 
plus grande partie du quartier juif, ainsi que les mesures de secours qui 
furent prises a cette occasion (p. 40-46). — M. M. Lewin a assumé la tâche de 
réfuter les attaques dirigées par H. -S. Chamberlain, Harnack et Delitzsch 
contre la Bible et le judaïsme, qu'ils abaissent, le premier devant le « germa- 
nisme », le second devant le christianisme, le troisième devant le babylonisme 
(p. 47-65). — Enfin, M. A. Lœwenthal consacre une bonne notice (p. 66-76) à un 
livre de morale populaire qui fut assez répandu au moyen âge, le ûb"l3* "^H. 
Après avoir énuméré les auteurs qui le citent (la liste pourrait être aug- 
mentée ; v. p. ex. Catalogue Halherstamm, n° 345, p. 63), il montre (ce qu'on 
savait déjà, voir Brùll, Jahrbûcher, V-Vl, p. 83, n. 4, et VII, p. 184) qu'il 
est identique avec le n^TTI "1DO de B. Yona b. Abraham le Hassid, qu'il 
faut distinguer de son plit ^yo. H analyse ce petit écrit, dont il édite 
avec soin, dans la partie hébraïque (p. 43-49), une version abrégée d'après 
un ms. de la Bibliothèque de Hambourg. M. L. se propose d'exposer ailleurs 
les idées de B. Yona et sa place dans la littérature éthique. A noter que le 
Dbl" "^n contient, quelques mots français, ce qu'on explique par le séjour 
que l'auteur, espagnol, fit en France. 

Au commencement de la partie hébrciïque nous retrouvons M. Konigs- 
berger (p. 3-15), qui publie, d'après un manuscrit du Midrasch Iléfeç, la 
« Baraïta des 33 (non : 32) Middot de B. Eliézer b. B. Yosé ha-Guelili », qu'il 
assure avoir découvert le premier dans ce manuscrit et dans celui du 
Midrasch ha-Gadol, édité depuis par Schechter. L'introduction et l'annota- 
tion, très érudites, mériteraient d'être examinées de près. Ce que l'auteur dit 
de la « Baraïta des 49 Middot de B. Natan » (p. 15) serait à compléter ou 
à rectifier par un article de M. Griinhut, réimprimé dans son HjiXn ""I2£*l3 
(Jérusalem, 1906). — M. H. Krauss donne quelques échantillons de pilpoul 
(p. 16-21) et M. S. Mannes des explications et des collections (complétées par 
M. Kœnigsberger] d'un grand nombre de passages des commentaires de O. Ber- 
tiuoro et de Y. T. Lipmann Heller sur la Mischna. 



282 REVUE DES ÉTUDES 7 JUIVES 

Feuchtwangkr (Lion). Heinrich Hcines « Rabbi von Bacherach ». Eine 
kritische Stndie. Munich, J. Lindauersche Buchhandlung, 1907 ; in-8° 
de 116 p 

Etude critique sur l'histoire et les sources du célèbre fragment de roman de 
Heine. L'auteur croit que Heine en a conçu l'idée au printemps de 1824, au 
sein du « Verein fur Kultur und Wissenschaft des Judentums », qu'il en 
changea les tendances après sa conversion et qu'il l'avait à peu près achevé 
quand il l'abandonna. H examine les personnages, la scène et le cadre du 
roman, pour lequel Heine a utilisé, outre les renseignements donnés par Zunz 
(et peut-être Jost), Y Histoire des Juifs de Basnage, les Jûdiscke Merck- 
wûrdigkeiten de Schudt (qui orthographie le nom de la ville Bacherach), les 
notices de Hartolocci et de Majus sur Abravanel, etc. Il montre que le rabbin 
Abraham et Sara ne sont pas des personnages historiques, mais des types. 
Une sévère appréciation littéraire termine l'ouvrage. 

Fiebig (P.). Ausgewâhlte Mischnatractate in deutscher Uebersetzung. 

3. Berachoth. Der Mischnalractat « Segensprùche » iris Deutsche iïber- 

setzt und unter besonderer Beriicksichtigung des Verhaltnisses zum 

ÎSeuen Testament mit Anmerkungen versehen. Mit einem Anhang, 

bietend : eine Reihe alter und wichtiger jùdischer Gebete. Tubingue, 

Mohr, 1906 ; in-8° de vu -f- 43 p. M. 1,20. 

Les deux premiers volumes ont été signalés, Revue, LUI, 129; voir le qua- 
trième à Kiu'igeh. M. Aptowitzer fait un compte rendu peu favorable de cette 
publication dans la Mona/sschr., LU. 112 et s., 252 et s., 372 et s. 

Fiebig (P.). Die OlTenbarung des Johannes und die jiidische Apokalyptik 
der rômischen Kaiserzeit. Gotha, Thienemann, 1907 ; in-8° de 32 p. 
(Beitrlige zur Lehrerbildung, 36). 

Findlay (G. -G.). The books of the Prophets in their historical succession. 
Vol. 2. The first Isaiah to Nahum. Londres, C. H. Kelly, 1907 ; in-12» de 
216 p. 2 s. G d. — Vol. 3 : Jeremiah and his group ; in-12 J de 260 p. 
2 s. 6 d. 

Fischer (B.). Daniel und seine drei Gefâhrten in Talmud und Midrasch. 

Ein Beitragzur Erforschnngdcr Legenden iiber die Personen desAltcn 

Testaments in der haggadischen Literatur. Francfort, J. Kauffmann, 

1900; in-8° de 106 p. M. 2. 

Depuis quelque temps on s'applique, ou on s'amuse, à suivre dans la 
littérature talmudique et midrascluque l'histoire des personnages de la Bible. 
Ce genre d'études, qui a été consacré par la Jewish Encyclopedia, peut avoir 
sou intérêt pour la connaissance de l'exégèse rabbinique. Mais il n'a vérita- 
blement de valeur littéraire que quand les héros auxquels il s'attache sont 
de ces personnages dont L'action retentit dans l'histoire et dont le nom est 
resté vivant dans le peuple, tels que Abraham ou Moïse, David ou Salomon. 
Or, si le livre de Daniel parait avoir exercé une grande influence sur les idées 
du judaïsme post-biblique et notamment sur le développement des concep- 
tions messianiques, le héros du livre a une physionomie bien pâle et ses trois 
compagnons sont des comparses. A quoi bon, par conséquent, faire le relevé 
des fioritures dont les rabbins ont agrémenté les aventures de ces quatre per- 
sonnages sans personnalité ? C'est que, dit M. F. tout au début de son ouvrage, 
« on peut admettre a priori qu'au sein du peuple juif ont vécu des traditions 



BIBLIOGRAPHIE 283 

et des légendes sur les personnages de la Bible, qui dépassaient les récits fixés 
dans l'Ecriture » et qu' « avec de la compétence et de l'habileté, ou peut 
extraire de l'enveloppe de la légende le noyau historique » (p. 3, 5). Eu 
général, nous ue l'admettons ni a priori, ni même a posteriori. Ces « tradi- 
tions » sont des spéculations exégétiques ou des éléments étrangers juxta- 
posés au texte. Empruntons un exemple aupremierchap.de ce livre (p. 31-32, 
sur Meg., 15 a) : « Rab dit : Le Hatach (Tnn) du livre d'Esther est identique 
avec Daniel et il est ainsi appelé parce qu'on l'a retranché ("im^nn) de son 
rang. Samuel dit : parce que toutes les affaires royales étaient tranchées 
d'après lui ("pDnrtë ; M. F. n'a pas rendu le jeu de mots). Nous croyons, dit 
M. F., trouver ici une tradition déjà établie, ayant ses racines dans la con- 
science populaire, qui est appuyée après coup sur le texte biblique par les 
rabbins, qui peuvent d'ailleurs être en désaccord entre eux sur le motif. » 
Nous ne pouvons voir dans cet exemple qu'une interprétation purement exé- 
gétique, une de ces identifications arbitraires destinées à remplir les vides de 
l'histoire et à diminuer le nombre des personnages inconnus. Si M. F. a 
raison d'établir une distinction entre les aggadot populaires (disons : folklo- 
riques) et les aggadot scolastiques p. 7-8), nous croyons qu'il n'a pas tou- 
jours été heureux dans le départ entre les unes et les autres et surtout qu'il 
a cédé trop complaisamment à la tentation d'augmenter le nombre des pre- 
mières. On peut s'étonner, surtout si l'on considère la date récente du livre de 
Daniel, que l'élément folklorique qui en remplit la première partie n'ait pas 
été enrichi par le Midrasch, mais c'est un fait qu'on ne peut contester. 

Traditions savantes ou populaires, les aggadot nous éclairent souvent sur 
les idées de ceux qui les ont- imaginées ou adoptées. Mais pour leur assurer 
une valeur documentaire, il faut en fixer les tendances. La tâche du commen- 
tateur n'est pas toujours facile. Ainsi, des rabbins cherchent à expliquer l'ab- 
sence de Daniel pendant l'épisode de la fournaise : « 11 avait été chargé, dit 
Rab, de creuser un grand canal dans la montagne (N"nû32/ mieux que 
N^3l33 : <• Tibériade) ; d'apporter, dit Samuel, des graines fourragères ; 
d'importer, dit R. Yohanan, des porcs d'Alexandrie » [Sanh., 93 a). M. F., 
après avoir rappelé qu'Eisenmenger a incriminé ce texte peu respectueux et 
que Hengstenherg en a pris la défense, ajoute pour son propre compte : « Le 
passage ne fait pas du tout l'impression de vouloir railler quelqu'un. La 
preuve que cette légende est prise au sérieux, c'est que la Guemara demande 
ensuite s'il est permis d'importer des porcs d'Alexandrie » P. 70, n. 209). 
Mais d'abord le sentiment du rédacteur du Talmud, qui rattache une dis- 
cussion au dire de R. Yohanan, n'est pas forcément celui de ce docteur, qui 
lui-même pouvait répéter un propos sans en connaître le sens primitif. Puis, 
si nous admettons qu'on n'a pas voulu tourner Daniel en dérision, que signi- 
fient les singuliers motifs qu'on donne de son absence ? M. Halévy a supposé 
jadis que nous nous trouvions en présence d'aggadot sadducéennes. hostiles à 
Daniel (v. Revue, Ylll, 54-55). On pourrait chercher une autre solution. Mais 
il fallait poser le problème. — A propos de ces aggadot singulières, nous 
oe voyons pas que M. F. commente celles qui expliquent la disparition des 
compagnons de Daniel après l'histoire de la fournaise : d'après R. Eliézer, ils 
sont morts à cause du mauvais oui ; d'après R. Josué, ils ont été noyés dans 
le crachat [Sanh., i. c. ; p 91-92) : c'est de la magie. 

Pour l'histoire des conceptions rabbiuiques, c'est plutôt l'influence de la 
seconde partie du livre de Daniel qu'il aurait fallu étudier. M. F. a recherché 
quel sort l'Agada a fait aux personnages, non quel parti elle a tiré des idées. 
Il a pris un à un les différents épisodes de la vie de Daniel et de ses compa- 
gnons, les différents traits de leur physionomie et a montré comment ils ont 



284 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

été interprétés clans la littérature talmudique et midraschique, sans négliger 
les traces qu'y ont laissées les Additions de Daniel (histoire de Suzanne, 
prière des trois jeunes gens; il fallait renvoyer tout au moins à Brull, dans ses 
Jahrbiïc/ier, t. VIII, p. 25-27). Comme il a dressé cet inventaire avec beaucoup 
de diligence, son livre est un utile recueil de matériaux. Mais il réserve aussi 
des déceptions. Ainsi, si Ton songe à la place qu'occupe le livre de Daniel dans 
l'histoire des idées messianiques, on courra avec curiosité au dernier para- 
graphe intitulé : « Daniel Messie ». Les deux textes dont il se compose en tout 
et pour tout ne justifient pas ce titre. Dans Sanh., 98 6, Rah dit du Messie : 
nVTlEn XÛ^St TWÏ7 )"\j>D Nin 6Tn72 )12 UN, ce qui ne signifie pas que le 
Messie serait Daniel, mais qu'il serait quelqu'un comme Daniel (2 e explication 
du RaschP. Le second texte [Schoher Tob, sur xxxvi, 10) donne seulement 
Daniel et ses compagnons comme les libérateurs des Juifs, au même titre que 
Moïse, qui n'a jamais été pris pour le Messie. 

Fischer (J. J.). Reiseskizzen : Durch die asiatische Tiirkei Land ». Leute. 
Syrien mit Palàstina, Kleinasien. Zurich, 1906 ; in-8° de 98 p., illustré. 

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die Existenz des Unsterblichkeitsglauhens in Altisrael. I. Argumente 
und allgemeine Grundlagen. Innsbruck, Rauch, 1907 ; in-8° de 50 p. 
M. 0,50. 

Fritsch (Th.). Handbuch der Judcnfrage. Eine Zusammenstellung des 
wichtigsten Materials zut Beurteilung des jiïdischen Volkés. 26 e éd. 
Hambourg, Hanseat. Druck-und Verlags-Anstalt, 1907; in-8° de 440 p. 
M. 1,80. 

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tikus. Das Plus des hebr. Textes des Ekklesiastikus gegeniiber der 
griechischen Uebersetzung. Fribourg en B., Herder, 1907 ; gr. in-8° de 
xii -f 124 p. M. 3,60 (Biblisehc Studien, XII, 5). 

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mizwah, zugleich ein Wegweiser fur Schule und Haus nebst 60jah- 
rigem Kalender (1890-1950). tinter Mitwirkung von L. Hoxter herausg. 
2 verni, u. verb. Aufl. Berlin, Poppelauer, 1907 ; in-8° de vin + 109 p. 
et 2 gravures. M. 1,25. 

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der alttestamentlichen Forschung in gcmcinfasslicher Weise erôtert. 
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1906; in 8° de xvi + 108 et xu + 144 p. 

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Aufl. Gœttingue, Vandenhoeck et Kuprecht, 1907 ; in-4° de xlii + 259 p. 
et 1 grav. M. 7 (Handkommentar zum Alten Testament, éd. Nowack, 
III, n, 1). 

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Gesehichte. Leipzig, Deichert, 1905 ; in-8° de 34 p. (Extrait des Theolo- 
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in-8" de 28 p. (Ueprinted from The jewish Exponent). 

Conférence publique laite au Jewish Theological Seniinary de New-York, Je 
31 janvier 1907. L'auteur montre d'abord que le judaïsme rabbinique est 
l'héritier du judaïsme biblique et que les docteurs ont succédé aux Prophètes. 
Ce sont eux qui ont popularisé le monothéisme et qui ont créé l'école, « cette 
magnifique institution, la plus originale du judaïsme post-biblique ». Il cite 
quelques passages talmudiques relatifs aux écoles primaires ; il ne parait pas 
se défier de celui qui fait de Simon b. Scbétah le « père de l'école juive ». 
Après cette introduction, qui coutieht d'intéressantes considérations histo- 
riques, M. G., sous prétexte (pie nous connaissons mal la pédagogie de l'époque 
talmudique et du moyen âge (les textes ne manquent pourtant pas, comme en 
font foi les ouvrages de Bâcher, Gûdemann, etc. sur la matière), étudie tout 
au long l'organisation des écoles en Pologne (p. 10 et suiv.). Si nous compre- 
nons bien sa pensée, il voudrait une régénération du héder, mais qu'entend-il 
par là ? 

Giudlestone (11. -B.). Monotheism, Hebrew and Christian. Londres, Long- 
mans, 1907 ; in-8' (Judaism and Christianity, vol. 7). 

Gismondi. Lingiue hebraicae Grammatica et Chrestomathia cum glossario. 
Editio altéra, castigata et aucta. Rome, Ltiigi, 1907; in 8" de 94 p. -j- xiv 

(+ 60) p. 

Gladden (W.). Who wrote the Bible? A book for the people. Londres, 
Clarkc, 1905 ; in-8' de 254 p. 1 s. 6 d. 

Gockkl (A.). Schopfungsgeschichtlichc Theorien. Cologne, 1907 ; gr. in-8° 
de 148 p. -f 4 grav. 

Goldsghmidt (J.). Das Wesen des Jiidentums nach Bibel, Talmud, Tradition 
und religiôscr Praxis kritiscli dargestellt. Francfort, J. Kauff'mann, 1907; 
in-8° de vin -\- 223 p. M. 2 (Ucligionsw issc!iscliaftli< , he Bibliothek des 
Judentums, 2-3). 



286 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

(jOldzihër (I.). Kitàb ma'ànî al-nafs. Buch vora Wesen der Seele von 
einem Ungenannten. Auf Grund der einzigen Handschrift der Biblio- 
thèque nationale herausgegeben, mit Anmerkungen und Exkursen 
versehen. Berlin, Weidmannsche Buchhandlung, 1907 ; in-4° de 69 
(texte) -f- 63* p. (Abhandlungen der Kgl. Gesellsch. der Wissenschaften 
zli Gôttingen, Philolog.-histor. Klasse, N. F., IX, 1). 

Ce titre dit tout. M. G. publie l'original arabe du traité philosophique dont 
I. Broydé avait donné une trad. hébraïque (Les Réflexions sur l'âme, Paris, 
1896) en l'attribuant à Bahya ibn Pakouda, sur la foi de l'incipit du ms. et sur 
l'autorité de J. Derenbourg (Revue, XXV, 248). M. J. Guttmann a révoqué en 
doute cette paternité (Monatsschrift, XLI, 241 et s.) et M. G. accepte sa 
démonstration. L'auteur anonyme a vécu après la première moitié du XI e siècle, 
probablement dans l'Iraq ; il s'inspire de l'Encyclopédie des Frères de la 
pureté. — M. Goldziher est un maître dans le domaine de la littérature judéo- 
arabe ; les lecteurs de cette Revue le savent et il n'est pas besoin de leur louer 
cet ouvrage. Notons seulement les excursus les plus importants : critiques 
adressées par les philosophes aux Moutakallimoûn (p. 13-16), les quatre vertus 
cardinales dans la philosophie arabe (18-21), distinction entre préceptes 
rationnels et préceptes traditionnels (22-25), importance philosophique des 
lettres de l'alphabet (25-28), les « sciences externes » opposées à la philo- 
sophie pure (28-31), différence entre nafs etroûh (31-35), qualificatifs donnes 
à l'intellect (41-43), théorie de l'émanation (43-45), exil ou captivité de l'âme 
47-50), rapports entre 'Uni et 'amal (54-60), paradis terrestre (60-62). En 
passant, M. G. donne des extraits du commentaire d'Abot de Joseph ibn 
'Aknîn. 

Tout récemment, M. Neumark a revendiqué la paternité de Bahia; v. sa 
Geschic/ile der jiid. Philos, des Mittelalt., p. 4'JO et s., et cf. Revue, LV, 30 4. 

Gomez. Gramatica hebrea léorica. Tercera éd., notablemente mejorada. 
Madrid, Sucesores de Kivadcneyre, 1904; in-4° de 372 p. 8 p. 

Gordon (A. -H ). The early tradition of Genesis. Edimbourg, Clark, 1907 ; 
gr. in-8° de xn 4- 348 p. s. 

Gossel (J.). Was ist und was enthalt der Talinud? Francfort, J. Kauff- 
maiin, 1907; in-8° de 78 p. M. 1,20. 

Populaire, ou plutôt superficiel. Ce n'est pas par des échantillons pris au 
hasard qu'on peut donner aux profanes une idée préeise de 'a vaste compi- 
lation talnmdiqur. 

Gottheil Hiehard). An eleventh-century document concerning a Gairo 
synagogue. Oxford, Horace Hart, 1907; in-8° de 75 p. cl 2 cartes. 
(Tirage à part de la Jewish Quartcrly Review, avril 1907.) 

Gouin (F.). La Bible et la morale chrétienne, exposé Critique. Avec une 
préface de Guillaume Jardin. Poligny, Impr. des Annales de la jeu- 
nesse laïque, 1907 ; in- 10° de 72 p. 

Graetz (HA Geschichtc der Juden von den iiltesten Zeiten bis auf die 
Gegenwai't. Vus den Qucllen ncu bearbeitet. 3. Band. Geschichte der 
Judiier von dem Tode Juda Makkabis bis zum Lïntcrgange des judischen 
Staates. 5. Autlage bearbeitet v. M. Brann. — 9. Band. Geschichte der 
Juden von der Verbannung der Juden ans Spanien und Portugal (1494) 



BMLIOGRAPHIE 287 

bis zur dauernden Ansiedlung der Marranen in Holland (1618 . 
4. Auflage. Leipzig, 0. Leiner, 1906 et 1907 ; in-8° de xu -f 857 p. 
+ 1 table et de xiv -f 573 p. 

Grake (E.). Das Urchristentum und das alte Testament. Tubingue, Mohr, 
1907 ; in-8° de 49 p. M. 1. 

Green (W.-H). Allgemeine Einleitnng in das Alte Testament. Der Kanon. 
Ans d. Englisehen iibertragen v. 0. Bêcher. Stuttgart, 1906; in-8° de 
16 + 259 p. M. 5. 

Greenhough (J.-G.). Saints and sinners of Hebrew story. Londres, Stock- 
well, 1907 ; in-8° de 246 p. 1 s. G d. 

Greexstone (J.-H.). The Messiah idea in Jewish history. Philadelphie, 
Jewish Publication Soc. of America, 1906 ; in-12° de 347 p. D. 1,25. 

Grimm (C). Glossar zum Vespasian- Psalter und den Hymnen. Heidelberg, 

1906 ; in-8° de vi + 220 p. 

Grimme (H.). Das israelitische Ptingstfest und der Plejadenkult. Eine Studic. 
Paderborn, F. Schôningh, 1907; gr. in-8° de vin -j- 124 p. -)- 3 tables. 
M. 3,60 (Studien zur Geschichte und Kulturdes Altertums, I, 1). 

Groemwan (A. -M.).. Het wasten bij Israël. Een vergelijkend onderzoek. 
Leyde, 1906 ; in-8° de 16 + 33J p. 

Grunhut (L.\ ï~t3Nn *ji£lS Abhandlungen u. Aufsâtze wissenschaftlichen 
Inhaltes. Jérusalem, en commission chez Kauffmann, Francfort, 1906; 
in -8° de 124 p. M. 3. 

Table des matières : Das Verbot des Gémisses von Gesauertem (en réponse 
à Chwolson) ; Bùchler, Das Synedrion ; Nunieri xxiv, 18-24 in den jiidisclien 
Quellen ; Bemefkungen zu Steinsclineider's Saadia Gaon's arabise-lie Schrif- 
ten ; Zwei Stellen liber bTNT3> ; Die Boraitha der 49 Middoth ; Zur rabbini- 
schen Chronologie ; Die zwei ersten Urkunden im Bûche Ezraj Bemerkungen 
zu Berliner's « Gesehichte der Juden in Rom ». 

Guthe (H.). Jesaia. Tubingue, Mohr, 1907; in-8° de 70 p. (Keîigionsge- 
schichtliche Volksbiicher, II, 10). 

Haas (Ph. de). Ungedruckte Sti'ieke ans den Breslauer deutschen Mahzor- 
llandschriften mit Uebersetzung u. Erklarung. Thèse. Breslau, Fleisch- 
mann, 1906; in 8° de 108 p. M. 2. 

Hagen (M.). Lexicon biblicum. Tomes I (A-C) et II (D-L). Paris, P. Lethiel- 
leux, 1906-1907 ; gr. in-8° de 1040 et 1000 col., cartes et plans (Cursus 
Scripturœ sacra', auctoribus H. Corncly, J. Knabcnbauer, Fr. de Hum- 
melauer, aliisque Soc. Jesu prcsbyteriis. Pars prior. Libri introductorii, 
IV et Y . 

Halkvy M.). La guerre de Sarsa-Den gel contre les Falachas, texte éthio- 
pien... traduit en français et en hébreu. Paris, Leroux et Geuthner, 

1907 ; in-8° de 108 p. 7,50. 

A tous les titres que M. Joseph Halévy a à notre admiration, il ajoute Fin- 
cessante fécondité de sa verte vieillesse. Toujours sur la brèche, il est, à 



288 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

quatre-vingts ans, plus vaillant que jamais — ï-jyi) tP37;3© nT-HSSQ dNI. 
S'il ne s'est pas trouvé des élèves et des amis pour lui dédier, suivant 
l'usage, un volume de Mélanges, c'est lui-même qui nous offre, à l'occasion 
de son octogénariat, une étude qui a d'abord paru comme supplément de la 
Revue sémitique de 1907 : c'est un extrait des Annales de Sarsa-Dengel, roi 
d'Ethiopie (1563-1597), qui fit une guerre d'extermination aux Juifs Falachas; 
ceux-ci, qui formaient une espèce de principauté vassale dans la province de 
Samèn (v. p. 157 comment M. H. explique les origines des Falachas) résistè- 
rent avec assez de vaillance et beaucoup subirent le martyre avec héroïsme. 
Grâce aux deux traductions, française et hébraïque, que M. H. en a faites, ce 
texte devient accessible à un grand nombre de lecteurs, qui, s'en rapportant à 
l'éminent orientaliste pour l'exactitude de la double version, se laisseront 
gagner par son enthousiasme pour les martyrs falachas. 

Halevy (J.). Recherches bibliques. Tome IV. Paris, Leroux et Geuthner, 
4907; gr. in-8° de y -f 527 p. 

Réimpression d'articles parus dans les dernières années de la Revue sémi- 
tique : Le livre de Nahum ; le prophète Sophonie ; Antinomies d'histoire reli- 
gieuse : le livre récent de M. Stade [Biblische Théologie des Allen Testa- 
ments]; le livre de Jonas; le livre de Habacuc; le livre d'Obadia; la date du 
récit Yahwéiste de la création (Genèse, iï-Hl). — Dans la Préface, M. H. pré- 
cise à nouveau ses positions contre l'exégèse « grafîenne » et la théologie pro- 
testante. 

Haltenhoff (J.). I>ie Wissenschaft vom alten Orient in ihrem Verhaltnis 
zu Bibelwissenschaft u. Offenbarungsglauben. Langensalza, 1906; in 8° 
de vui -j- 69 p. (Pâdagogisches Muséum, 284). 

Hanauer (J.-E.). Folk-Lore of the Holy Land. Moslem, Christian and 
Jevvish. Londres, Duckworth, 1907. 8 s. 

Hardeland (Th.). Biblische Fragen don religionsgcschichtlichen Volksbii- 
chern gegenùber erwogen. Hanovre, Fecsche, 1907; in-8° do. 45 p. 
M. 0,50. 

Hare (W.-L.). Religion of theJews. Londres, Daniel, 1905 (World's Relig. 

Séries). 

Harris (V.). The Jews in modem Mexico. Los Angeles (Californie), 1907 ; 
pet. in-8<> de 64 p. 

Haubrich (F.). Die Juden in Trier. Trêves, J. Lintz, 1907; in-S° de 48 p. 
M. 0,50. 

Histoire populaire, et d'ailleurs consciencieuse, des Juifs à Trêves. 

Haupt (Paul). Biblische Liebcslieder. Das sogenannte Lied Salomos unter 

steter Beriicksichtigung der Uebersetzungen G œ thés und Herders im 

Versmasse der Ursçhrift verdeutscht und erklârt. Leipzig, Hinrichs, 

1907 ; in-8» de lvi + 135 p. M. 4,50. 

Dans l'Introduction, M. H. apprécie les traductions du Cantique des Can- 
tiques par Herder et Gœtfie, auxquels il reproche presque de n'y avoir pas vu 
assez d'allusions obscènes. D'après lui, ce livre est une collection de chants 
d'amour et d'épith liâmes réunis a Damas après le début de l'ère des Séleu- 
cides ; Théocrite les aurait connus indirectement. M. Haupt s'est proposé, en 
les traduisant, d'eu restituer l'ordre primitif : les restitutions de M. Haupt 



BIBLIOGRAPHIE 289 

n'ont aucune importance. Il obtient ainsi douze poèmes, plus les gloses. La 
traduction, fort élégante, autant que nous pouvons en juger, est suivie d'une 
annotation copieuse qui remplit presque tout le volume (p. 21 et suiv.). Dans 
ces remarques linguistiques, archéologiques, exégétiques, il y a, comme tou- 
jours chez M. H., à prendre et à laisser. Son érudition est étourdissante ; il 
cite tour à tour les chansons allemandes, Samuel ha-N'aguid, Edmond Harau- 
eourt, etc., etc. 11 sait aussi que les orientaux et surtout les juifs de Damas 
ont une prédilection pour les équivoques ! 

IIaupt (P.). Purim. Adrcss delivered at the annual meeting of the Society 
of Biblical Literatur and Exegesis. Leipzig, Hinrichs, 1906 ; gr. in-8° de 
53 p. M. 4 (Beitrage zur Assyriologie, herausgeg v. Fr. Dclitzsch und 
P. Haupt, VI, 2). 

Haupt-Phantasie. 

Haus-Bibel. Die ganze heilige Schrift, nach dem Urtext und mit Beriïck- 
sichtigung der besten Uebersetzungen herausg. von F. E. Schlaehter. 
Bonn, Schergens, 1907 ; in-4° de vm -j- 723 p. M 12,50. 

Hauser (0.). Die Urform dér Psalmen. Das erste Buch des Psalters in 
metrischer U m schrift und Uebersctzung. Grossenhain, Baumert et 
Uonge, 1907 ; gr. in-8° de xi + 187 p. M. 4. 

Hayn (Hugo). Uebersicht der (meist in Deutschland erschienenen) Litte- 
ratur i'iber die angeblich von Juden veriibten Hitualmorde und Hostien- 
frevel zum ersten Maie zusammengestelit. Iéna, H. W. Schmidt, 1906 ; 
in-8° de 30 p. 

Comprend 121 numéros, rangés soit par noms d'auteurs, soit d'après la ville 
qui fut le théâtre de l'accusation. Les ouvrages qui ne traitent la question 
qu'eu passant ou en partie sont également indiqués. Parfois une courte 
analyse ou des extraits suivent le titre (p. 19, 1. 1, lire : walilal). La liste, 
dressée à l'aide de catalogues de libraires, est fort incomplète même pour 
l'Allemagne ; en jetant un coup d'œil rapide sur la belle collection de Bernard 
Lazare, incorporée maintenant à la Bibliothèque de l'Alliance israélite, nous 
avons noté les ouvrages suivants (nous avons laissé de coté les innombrables 
articles de revues et de journaux) : 

LU Lé rature générale 

Clnvolson (D.!, Die Blutanklage, Francfort, 1901, 2* éd., 1908 (aussi en 

russe) . 
Levinsohn (I. B.), Efes Damim, Wilua, 1837 (en hébreu). 
Marcus (J.), ÈLude médico-légale du meurtre rituel, Paris, 1900. 
Millier (A.), Brauchen die Juden Christenblul? Vienne, 1884. 
St'rack (H.-L.), Le sang et la fausse accusai ion du meurtre rituel, Paris, 

[1892]. 
Blnt-Aberglaube (Sondera~bdruck aus der « Oesterreicheu Wochenschrift »), 

Vienne, [1891]. 
Die -Juden und das C/u istenblut, Leipzig, 1892. 
Die papst lichen Bullen ttber die Blulbeschuldigung, .Munich, 1900. 

A /faire de Trente : 

Deckert (J.), Ein Ritualmord, Dresde, 1893. 
T. LVI, n° 112. 19 



290 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Affaire de Damas : 

Persécutions contre les Juifs de Damas, recueil de documents, Paris, 
1840. 

Affaire de Tisza-Eszlar : 

Géza von Onody, Tisza-Eszlar in der Vergangenheit und Gegenwart, 
trad. en allemand par G. von Marczianyi, Budapest, 1883. 

Sechs Aktenstùcke zum Prozesse von Tisza-Eszlar, Berlin, 1882. 

Aktenstùcke . . . [Pesth, 1882], in-f°. 

Le procès de Tisza-Eszlar, compte-rendu sténographique, Kiev, 1883 (en 
russe). 

Affaire de Cor fou : 

M. Horovitz, Korfu, Vortrag, Francfort, 1891. 

Affaire de Polna : 

Masaryk (T. G.), Die Bedeutung des Polnaer Verbrechens fur den Ritual- 

aberglauben, Berlin, 1900. 
Bouzil (G.), Polna, récit de l'assassinat d'Agnès Hruza. . ., .trad. du 

tchèque, Lom, 1899 (en russe). 
Contre l'antisémitisme, compte rendu sténographique du meeting tenu 

le 13 déc. 1900. Objet : l'affaire de Polna, le meurtre rituel. Bruxelles, 

1901. 
Proies t-Versammlung der Israelilischen Cullusgemeinde Wien. Vienne, 

[1899]. 

Affaire de Konitz : 

Der Blutmord in Konitz, Berlin, s. d. 

(lutachten der Sachverstàndigen Uberden Konitzer Mord, Berlin, 1903. 

Konitz, Débats de l'a /faire llasloff, s. 1. n. d. 

Der Konitzer Mord, Breslau, 1900. 

11 serait facile d'augmenter la liste. 

Heer (J.). De geestelijkc bcteckenis van den tabernaekel. Met een 
voorwoord van E.-B. Couvée. Kottcrdam, J. de Hccr, 1907; in-8° de 
16 + 1^1 p., avec des illustr. et 2 tables. 

Hehn (J.). Siebenzabl und Sabbat bei den Babylonicrn und im Alten 
Testament. Eine religionsgeschichtliche Studie. Leipzig, J. C. Hinriehs, 
1907; gp. in-8° de m -f- l3 2 p. M. 4 (Leipziger scmitistisehe Studien, 
berausg. von A. Fischer und H. Zimmern, II, 5*. 

Heine (H.). Briefe gesammelt und herausgeg. von Hans Dassis. Berlin, 
Pan-Verlag, 1907 ; 2 vol. in-12° de xvi j 429 et xvi -f 346 p. 

Heinisch (P.). Der Einfluss Philos auf die altère ehristlichc Exégèse. 
I. Dissertation. Breslau, 1907 ; in-8° de 64 p. 

Hejgl (J.). Das alttcstamentliche Zinsverbot im Lichte der ethnologisehcn 

Juiisprudenz sowie des altorientalisehen Zinswcscns. Fribourg-en-Bris- 

gau Herder, 1907 ; in-8° de vin ■-}- 98 p. M. 2,80 (Biblisehe Studien, hrsg. 

von O. Bardenhewer. XII. Bd., 4. Hel'l . 

L'auteur commence par montrer que, dans les sociétés primitives, le prêl 
à intérêt est inconnu. Selon lui, on n'a d'abord pris d'intérêt qu'aux étrangers 
à titre de cadeau. Chez les Égyptiens il n'est pas question de prêt à intérêt 



BIBLIOGRAPHIE 291 

j|i§qu'au \m e siècle. C'est chez les Babyloniens que l'on trouve les [dus 
anciens documents sur cette question, car la Babylonie était le vrai pays des 
affaires d'argent. — Nous nous arrêterons sur le quatrième chapitre, qui traite 
de l'origine et du développement de l'interdiction de l'intérêt dans la Bible 
M. H. montre que cette défense est conforme au droit primitif des tribus, 
dans lesquelles l'esprit de solidarité et l'absence de commerce empêchent de 
prendre un intérêt sur les prêts. Le texte de l'Exode (xxn, 24), qui parle déjà 
de prêt d'argent, doit être de l'époque des Rois, alors que le commerce est 
déjà exercé. Le nôsché dont il est question est, sans doute, un prêteur étranger, 
probablement un Cananéen. Le texte du Deutéronome (xxm, 20-21) est plus 
moderne, car les termes sont plus précis, plus juridiques, et la loi permet le 
prêter à intérêt aux étrangers (Cananéens, Philistins, Phéniciens). Le troi- 
sième passage est celui du Lévitique (xxv, 36-37), encore plus récent. On y 
distingue deux sortes de prêts à intérêts, le néschekk et le tarbit. D'après 
M. H., le néschèkh désigne l'intérêt payé avant l'échéance ; ([liant au tarbit, 
ce serait vraisemblablement le supplément à payer pour le cas où le prêt 
n'est pas restitué un jour fixé pour l'échéance; « ce serait une punition con- 
ventionnelle ». Toutefois, M. H. admet encore une autre explication pour 
tarbit, se rapprochant de l'explication talmudique [Baba Mecia, v, 1), qui 
y voit une spéculation sur une vente à terme : le tarbit serait le supplément 
à payer lorsque l'objet prêté a diminué de valeur. M. H. trouve cette seconde 
explication (qui d'après lui se concilie avec la première) « simple, vraisem- 
blable, non contradictoire, naturelle et historique ». Nous la trouvons diffici- 
lement acceptable au point de vue linguistique. En effet, si tarbit est un mot 
purement hébreu, il signifie multiplication et non pas supplément, ce qui 
s'exprimerait par un mot tiré de la racine yasaf. Si, au contraire, c'est un 
mot emprunté à l'assyrien, il s'appliquerait plutôt (voir p. 84) à l'accroisse- 
ment de la dette en cas de non- payement à l'échéance. La première expli- 
cation donnée de tarbit par M. H. se justifie donc mieux que la seconde. 

M. II. me permettra de rectifier la note 3 de la page 79, qui me concerne, 
et qui ne donne avec exactitude ni mon nom, ni la page de mon article (204 
pour 294), ni mon opinion. Je n'ai pas dit que néschèkh était l'usure illégale 
et tarbit l'intérêt légal au point de vue biblique. J'ai admis que néschèkh 
était la retenue faite sur la somme prêtée, ce qui est le procédé ordinaire des 
usuriers, et tarbit l'intérêt tel que nous l'entendons. Donc l'objection que 
fait M. 11. à Halemann, à savoir que la Bible ne fait pas de distinction entre 
les intérêts permis ou défendus, ne détruit pas mon explication. La Bible 
a très bien pu considérer les deux procédés comme équivalents. Knobel et, 
Dillmann (non cités par M. Hejcl) avaient expliqué néschèkh par intérêt et 
tarbit par addition à la somme réellement prêtée. J'ai essayé de montrer que 
c'était l'inverse qui était plus vraisemblable. 

Quoi qu'il eu soit de ce détail personnel, l'ouvrage de M. Hejcl est une 
étude documentée et approfondie du prêt à intérêt chez les anciens peuples 
orientaux. — Mayer Lambert. 

Helbino (R.). Oammatik der Septuaginta. Lant- und Wortlehrc. Goet- 
tingue, Vandcnhoeck et Ruprecht, 1907 ; in-8'de xvm -f- 149 p. M. G. 

Henderson (H. -F.). The âge of the Maccabees. Philadelphie, Lippincolt, 
1907; in-24° de vi -\- 96 p. 

Heppner (A. et IIkh/i;kkg (J.). Ans Vergangenheit und Gegepwàrt der 
Juden in llohensalza. Nach gedrurktcn und iingcdnickteu Quellen. 
Francfort, Kaulï'mann, 1907 ; in-8° de 68 p., iil. M. 1 ,:>(). 



292 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Hi<;rneu (S.). Israels historia i kort saramendrag. Lund, Gleerup, 1907; 
in-8° de 92 p. 1,50. 

Herzberg (J.). Moses Mendelssohn. Ein Lebensbild fiir die reifere Jugend. 
Leipzig, M. W. Kaufmann, [1907]; in-8» de 110 p. + 1 table. M. J ,50 
(Neue israelitische Jugendbucherei « Saron »). 

Herzog (D.). Professor Dr. Moritz Steinschneider. Nachruf. Vienne (Leip 
zig, M. W. Kaufmann), 1907; in-8° de 15 p. M. 1 (Tirage à part de la 
Oesterreiche Wochenschrift). 

Hess (Jean). Israël au Maroc. Paris, J. Bosc, 1907 ; in-8" de 192 p., illustré. 
Texte malveillant, illustration pornographique. 

Heuslow (G.). The plants of the Bibel ; their ancient and mediaeval history 
popularly described. Londres ; xv -J- 294 p., ill. 

Hildenfinger (P.). Bibliographie des travaux de M. Moïse Schwab (1860- 
1904). Paris, 1905 ; gr. in-8° de 39 p. autocopiées. 

M. Schwab a réuni dans son Répertoire les articles de tant de ses confrères 
qu'il (Hait juste qu'on lui rendît le même service et qu'on dressât la liste 
de ses travaux. Elle forme le joli total de 410 numéros et donne l'idée la 
plus avantageuse de l'activité scientifique de M. Schwab. Encore n'est-eJle plus 
complète et nous pouvons l'enrichir d'un Additamentum provisoire, hom- 
mage de la Société à son président de cette année, de la Revue à son fidèle 
collaborateur : 

1905. 

411. Un héros juif (Gh. Lovy) : Univ. isr., LX, i, 791. 

412. Paysages palestiniens : Ibid., n, 21-22. 

413. L'antipape Benoît XIII et les Juifs : Annuaire des Arch. isr., XXVI, 
43-45. 

41 i. Rapport à la Société française 'le fouilles archéologiques : Bulletin, 
n" 3 (1906), 175-8. 

415. *Glossaire hébreu-frauçais du xui' siècle..., par Lambert et L. Bran- 
din : Journal as., 1905, 1, 563-5. 

1906. 

416. Impressions de voyage en Algérie, conférence. Arch. isr. et tirage à 
part (16 p. . 

417. Une amulette judéo-araméennc : Journ. as., I, p. 1-15 et tirage à part. 

418. Paléographie sémitique : Boletin de la R. Academia de Historia, 464-485. 

419. Inscriptions hébraïques d'Espagne : R. É. J., LU, 215-220. 

1907. 

420. Un hymne inédit : R. É. J., LUI, 114-6. 

421. Orfèvrerie d'art mauresque : Journ. as., I, 152-5. 

422. *Séfer ha-Zohar. . . publié par Em. Lalfuma : ibid., I, 356-60. 

423. Version espagnole des Alphabets de Ben Sira : R. É. J., LIV, 107-112 

424. Une homélie judéo-espagnole : ib., 253-8. 

425. Une inscription hébraïque à Ghalcis : ib., 282-3. 

426. *R. Dussaud, Les Arabes en Syrie avant l'Islam : ib., 290-1. 

t27. Rapport sur les Inscriptions hébraïques de l'Espagne. Extrait des 
Nouvelles Archives des missions scientif. et littér., t. XIV, n° 1 (192 p. et 
planches). 



BIBLIOGRAPHIE 293 

428. Notices sur les Mss. hébreux de l'Oratoire par S. Munk : Z. f. II. B., 
182-188 (suite, 1908, 19-26, 41-52, 77-83). 

Hirsghfeld (L.). Raschi und seine Bedeutung fur die Erhaltung der miind- 

lichen Ueberlieferung. Francfort, Golde, 1906; in-8° de 19 p. 

Ce qu'il y a de meilleur dans cette conférence, c'en est le titre. Raschi a 
effectivement joué un rôle considérable dans la conservation de la loi orale ou 
tradition (c'est sans doute ce que ce titre veut dire), soit en fixant le texte du 
Talmud, soit en en déterminant le sens; par son commentaire du Pentateuque, 
il a en outre mis la halacha et la aggada à la portée de tous. M. H. avait donc 
choisi un beau sujet ; quel dommage qu'il l'ait traité à côté et se soit égaré 
dans des considérations étrangères à la question, dans un style qui, s'il n'est 
pas toujours élégant, s'élève parfois au galimatias ! 11 se serait évité des erreurs 
de détail si, au lieu de s'en tenir à Azoulaï et à Zunz, il avait tenu compte 
des travaux de Weiss et de M. Epstein. Il n'est pas sur (pie Guerschom soit 
mort en 1040, et il n'est pas l'auteur des commentaires qui portent son nom; 
il n'est pas exact que Éliakim ha-Lévi et Éliézer le Grand aient été les maîtres 
de Raschi, que les Tossafistes aient voulu écrire des & additions » à Raschi, 
qu'après l'autodafé de 1240 ils aient dû travailler de mémoire, faute d'exem- 
plaires, que le Semak soit un abrégé du Semag, etc. 

Hirschfeld (Robert). Libanon. Dichtungen fur das jïidische Haus gesam- 
melt und herausgeg. mit einer Einleitung von G. Karpeles. Berlin, 
Poppelauer, 1908; in-8° de xv -f 338 p. 

Nous signalons ce recueil de poèmes lyriques et même dramatiques relatifs 
à l'histoire et à la vie juives parce qu'il contient quelques traductions (ori- 
ginales ?) de poètes hébreux : Salomon Gabirol, Juda Hallévi, Immanuel de 
Rome, Israël Nagara (on a suivi l'ordre alphabétique des auteurs). Notons 
encore une adaptation de Sûsskind von Trimberg, le Minnesânger juif du 
xm e siècle, par un médecin, M. Livius Fûrst, le lils de l'orientaliste Julius 
Furst. Le reste du volume, c'est-à-dire la plus grande partie, est emprunté à 
Byron, Lessing et surtout aux contemporains : I. Auerbach, B. Feiwel, Bornes 
v. Miinchhausen (n'est pas juif), Morris Rosenfeld, M. Sachs, etc. 

Hoberg (G.). Ueber die Pentateuchfrage. 2 Vortriige. Fribourg-en-Brisgau, 
Herder, 1907; in-8° de vu -f- 39 p. M. 1. 

Défend l'arrêt de la Commission biblique sur l'authenticité mosaïque du 
Pentateuque. 

Hoberg (G.). Bibel oder Babel? Munich, Miïnchener Volksschriftenverlag, 
1907; in-8° de 94 p. M. 0,50 (Glaube und Wissen, 13). 

Hogh de Long (J.). Die hebraische Proposition "3^3. Thèse. Leipzig, 1905. 

Hoche (Marins). La juive errante. Roman. Paris, Dujarric, 190G; in-18° de 
255 p. 

Hocker (G.). Die Varianten des Cocl. Vaticanus der Samuelbiicher u. ihre 
Bedeutung fur die Textkritik. Rostock, 1905 ; in-8° de 73 p. 

Hoffmann (D.). Das Buch Leviticus ûbersetzt und crkhïrt. 2. Halbband. 
Lev. 18-Ende. Berlin, Poppelauer, 1906 ; gr. in-8° de vi -f- 413 p. 

Hoffmann (D.). Zur Aufklarung iïber die badischc Gebetrcform. Francfort, 
Kautïmann, 1907 ; in-8° de 42 p. M. 0,G0. 



294 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Hoffmann (D.). Zur Einleitnng in die Mechilta de-Rabbi Simon ben Jochai. 
Francfort, J. Kauffmann, 1906; gr. in-8° de 15 p. (Tirage à part du 
Jahrbuch der Jïidisch-Literarischen Gesellschaft). 

Après avoir passé en revue, avec la compétence qu'on lui connaît, les 
Midraschinî halachiques, l'auteur étudie la Mechilta de R. Simon b. Yohaï, 
qu'il a restituée et publiée en 1905 (cf. M. I. Lévi, Revue, L, 298-302), 
résume les résultats auxquels il était arrivé, les précisant et les rectifiant par 
endroits. Il insiste sur les rapports de ce Midrasch avec les autres produc- 
tions du même genre, et notamment avec le Sifré de Bé-Rab sur l'Exode 
<pie connaît le Talmud. Il publie quelques extraits de cette Mechilta cités par 
R. Todros, que lui a communiqués M. Schechter, et reproduit le fragment de 
la Gueniza édité par M. I. Lévi, loc. cit. 

Hôlscher (G.). Der Sadduzàismus. Eine kritische Untersuchung zur spii- 
teren jiidisehen Iieligionsgeschichte. Leipzig, Hinrichs, 1906; in-8° de 
iv + 116 p. M. 2,80. 

Holtzmann (O.). Neutestamentliche Zeitgeschichte. 2. vollst. neubearb. 
Aufl. Tubingue, Mohr, 1906; in-8° de xn + 431 p. 

Hôniger (J.). Voir Lehranstalt. 

Horwitz (M. -H.). W Kwestyi zydowskiej (Sur la question juive). Cracovie, 
1907; in-8°de J00 p. 

Hulley (L.). Studies in the book of Psalms. New-York* Réveil, 1907; 
in-8° de 3 + 7 + 178 p. D. 1. 

Hurll (Estelle-M.). The Bible beautiful, ;» llistory of Biblical Art. Londres, 
Sisley, 1907; in-8° de 354 p., avec de nombreuses gravures. 7 s. 6 d. 

Hurwitz (Isaac-D.). Manuel de la Conversacion Èspaflol-Yiddisch al uso 
de los inmigrantes israelitas en la Repûblica Argentina. Buenos-Ayres, 
iinpr. G. Zeitlin, 1906; in-8° de 78 p. (avec titre équivalent en judéo- 
allemand). 

Interlinear Bible (The) showing the Authorizcd and Revised Versions al 
a glance, together with the marginal notes of both versions, and cen- 
tral références. Cambridge, l'niveisily Press, 1906; in-8°. 7 s. 6 d. 

Jacob (B.). Die Wissensrhaft des Judentums, ihr Einiluss auf die Emanzi- 
pation der Juden. Vortrag. Berlin, Poppelauer, 1907; in-8° de 16 p. 
M. 0,tJ0. 

C'est une conférence qui fut faite, le 2 janvier 1907, h l'assemblée géné- 
rale de l'Union des rabbins allemands et nous nous souvenons encore du 
tapage qu'elle provoqua (v. plus loin, a Verhandlungen). M. .1., qui pratique 
l'ciégèse critique, déchaîna les protestations <1<' certains de ses collègue* en 
affirmant « (pic l'étude scientifique de la Bible n'existe pas chez les Juifs, 
mais cpie de s'y soustraire, pour des raisons dogmatiques par exemple, équi- 
vaut presque pour le judaïsme à une faillite » [p. 18 . 

N'ayant pas à prendre parti dans ce débat, QoUS pouvons dire que la con- 
férence de M. Jacob est des plus remarquables. Elle est courte, mais sub- 
stantielle, bien pensée et fortement ëcriië, dans une tangue d'une trame 
solide, émaillée de formules heureuses. M. J. commence par s'élever contre 



BIBLIOGRAPHIE 205 

le matérialisme historique, réfuté par l'histoire du judaïsme, qui doit sou 
existence et ses progrès à la force des idées. Son émancipation n'a pas eu 
de meilleur champion que la science juive. En faisant connaître sous son 
vrai jour le judaïsme raillé et méprisé, elle a contribué à son affranchisse- 
ment, car l'ignorance est l'alliée de l'oppression. M. .1. cite à ce propos la 
préface des Gottesdienstliche Vor/riige de Zunz ; il aurait pu ajouter celle 
des Vorstudien de Frankel (4841). Tous les savants qui, à côté de Zunz et 
après lui, cultivent l'histoire juive, celle de l'exégèse, la philologie, la théo- 
logie et la poésie, l'isagogie et la lexicographie talmudiques, l'histoire du 
droit et des rites : Zunz. Jost. Geigef, Frankel, Graetz, Steinschneider, tous 
ont pour but d'éclairer amis et ennemis sur le passé et sur les idées du 
judaïsme, de montrer qu'il est en harmonie avec les exigences du présent et 
d'influer ainsi sur l'amélioration de la condition matérielle des Juifs. C'est 
pourquoi ils se servent de la langue allemande et c'est pourquoi ils se tour- 
nent de préférence vers l'histoire, suivant d'ailleurs le courant qui, dans la 
première moitié du xix e siècle, avait mis à la mode les études historiques. 

La science juive a d'abord émancipé les Juifs intérieurement : grâce à elle, 
ils sont devenus fiers de leur passé et ont voulu en. être dignes. Aux autres 
elle a appris tout ce que le judaïsme a fait pour la science et la civilisation 
et ce qu'il recelait encore de forces vives : pouvait-on maintenant le laisser 
dans son humilité ? Grâce à sa science, le judaïsme est ajourd'hui plus con- 
sidéré, en dépit des préjugés répandus par la théologie chrétienne, qui restera 
toujours l'ennemie. Entrant dans le détail, M. J. montre l'influence de la 
science sur la prédication Zunz), sur l'abolition du serment more judaico 
(Frankel), sur l'adoption des prénoms (Zunz et ses Xamen der Juden). Nous 
aurions aime que M. .1. développât ces divers points et quelques autres, et 
qu'il parlât aussi de l'action des savants comme Krochmal et Rapoport dans 
l'est de l'Europe. 11 a préféré examiner en terminant ce que la science a reçu 
de l'émancipation, ce qui, quoi qu'il en dise, n'entrait pas dans son sujet. Il 
montre qu'elle a acquis, au contact du monde moderne, la critique et la 
méthode, le sens historique, l'esprit philosophique et la dignité scientifique. 
Puis il trace un tableau pessimiste de l'état actuel de la science juive — ici 
le passage incriminé — et indique les causes de cette décadence : excès de la 
petite érudition, préoccupation d'apologie et de vulgarisation, anlisémitisme 
ambiant, ainsi que les remèdes qu'il faudrait y apporter : constitution d'une 
critique et d'une opinion publique en matière de science, fondation d'insti- 
tuts scientifiques. « Le ghetto du judaïsme ne tombera tout a fait que quand 
tombera le ghetto de sa science. » 

Jacobs (J.). The Jewish Encycloptedia : a guide to its contents. New-York, 
1900 ; in-12o de xvm -f 162 p. 

Jahrbueh der jiïdiscb-literarischen Gesellschaft, IV, 1906-5667. Francfort- 
s.-M., .1. Kauffmann, 1906 ; gr. in-8° de 344 (part, allem. -f 118 (part, 
hébr), p. M. 12. 

Compte rendu t. LV, p. 307-312. 

Jahrbueh fur jiïdische Geschichte und Literatur. Herausg. vorn Verbande 
der Vereine f. ji'id. Gesebichte und Literatur in Dctitseliland. 10. Band. 
Berlin, Poppelauer, 1907 ; in-8° de m -f 275 -f 51 p. M. 3. 

Jahresbericht XIV.) der israelitisch-theologischen Lehranstalt in Wien 
fur das Scbuljahr 1906-1907. Voran geht : Komposition und Stro- 



296 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

phenbau. Alto u. nene Bcitn'ige von D. H. Millier. Vienne, Israelit. Theol. 
Lehranstalt,1907 ; in-8° de 104 p. 
Voir à Mu'jller. 

Jahresbericht (29.) der Landes -Rabbinerschule in Budapest fur das 
Schuljahr 1905-1906. Voran geht : Léo Modenas Briefe und Schrift- 
stïicke. Zweite (Schluss-) Hàlfte. Budapest, 1906; in-8° de 97 -f- 184 p. 

Jahresbericht (30.) der Landes-Rabbinerscluilc in Budapest fur das Schul- 
jahr 1906-1907. Voran geht : Zvvei jiïdisch-persische Dichter, Schahin und 
Imrani, vonW. Bâcher. Erste Hàlfte. Budapest, 1907; in-8"de 124-f-42 p. 
Voir plus haut à Bâcher. 

Jahresbericht des Rabbiner-Seminars zu Berlin fur 1905-1906 (5666) 
erstattet vom Guratorium. Mit einer wissenschaftlichen Beilage von 
Prof. Dr. J. Barth : Sprachwissenschaftliche Untersuchungen zum 
Semitischen, I. Berlin, impr. ltzkowski, 1907 ; in-8° de 46 -j- 40 p. 
Voir plus haut à Barth. 

Jampel (S.). Das Buch Esther auf seine Geschichtlichkeit kritisch unter- 
sucht... nebst einem Anhange : Die topographische Beschreibung des 
Achasveros-Palastes im Bûche Esther und die Burg zu Susa von Marcel 
Dieulafoy. Francfort, Kauffmann, 1907 ; in-8° de 165 p. (Tirage à part de 
M. G. W. J., t. XLIX et L). M. 2. 

Eu lisant cette étude au fur et à mesure qu'elle paraissait dans la 
Monatssc/wiff, il nous avait semblé que l'auteur, s'il critique copieusement 
ses devanciers, ne donne guère son avis personnel et ne prend pas nettement 
position dans la question. La lecture suivie du volume n'est pas faite pour 
dissiper cette impression. — Dans la première partie de ce travail, qui en 
comprend trois, M. J. examine les enseignements et renseignements des 
rabbins sur le livre d'Esther ei sur la fête de Pourim. Cette recherche se rat- 
tache par un endroit à son sujet. En effet, quelques critiques extrêmes ont 
soutenu que les rabbins avaient eu déjà des doutes sur l'historicité de l'évé- 
nement et sur l'authenticité du livre. Après avoir examiné à ce point de vue 
les passages de Josèphe et de Mélito de Sardes sur le canon biblique, M. J. 
passe aux textes talmudiqnes, qu'il explique parfois d'une manière forcée. Il 
conclut que certains cercles juifs n'étaient pas satisfaits de l'histoire d'Esther, 
tout en y ajoutant une foi entière, et qu'ils reprochaient surtout à Mardochée 
de ne pas s'être prosterné devant Aman (!) ; c'est de ces cercles que serait 
sorti le livre, du moins dans sa forme actuelle, et on lui aurait enlevé à 
dessein tout caractère religieux, de même qu'on aurait vulgarisé délibérément 
la fête; ainsi s'expliquerait l'absence du nom de Dieu (cf. I. Lévi, dans 
Revue, XL VII, 167-171). Cette démonstration sciait plus solide, si elle ne con- 
fondait pas les rabbins qui ont pu écrire le livre d'Esther et ceux qui le 
jugent dans le Talmud. — Sur la nouveauté du jeune d'Esther (p. 9-10), v. 
aussi l'article cité de M. I. Lévi. 

Dans la deuxième partie, M. J. passe en revue les hypothèses qui ont été 
proposées pour expliquer l'origine de la fête et du livre. 11 n'a pas de peine à 
réfuter ces interprétations plus ou moins ingénieuses ; certaines fantaisies 
méritaient à peine cet honneur: ainsi les combinaisons assyriologiques, même 
celle de Jcnsen et de ses imitateurs, ne tiennent pas debout, malgré leur 
vogue. — Etudiant, enfin, le livre d'Esther à la lumière de l'histoire, M. J. 



BIBLIOGRAPHIE 297 

expose et écarte vingt-six objections historiques ou littéraires. Dans son zèle 
d'apologiste, il ne recule pas devant les explications arbitraires, comme quand 
il traduit i, 4 par « après qu'il leur eut montré pendant 180 jours la magni- 
ficence de son royaume » (p. 101), ou comme quand il conteste que l'épithète 
de Agaguite donnée à Haman soit une allusion à l'Agag amalécite (p. 105), ou 
surtout quand il soutient que l'accusation d'Aman (m, 8) pouvait être 
appliquée par Assuérus à une borde barbare de son empire (p. 117), ou enfin 
quand il croit qu'Aman avait envoyé deux édits distincts, l'un aux hauts fonc- 
tionnaires, qui leur enjoignait de mettre à mort les Juifs, l'autre au peuple, 
qui l'invitait à se tenir simplement prêt (p. 122). 

« Ainsi, conclut-il, l'authenticité de l'histoire d'Ësther et l'historicité de la 
fête de Pourim sont démontrées jusqu'à l'évidence. » Mais comment se repré- 
sente-t-il lui-même les faits? Il l'indique en deux endroits (pp. 111 et s. ; 
126-127) : ce serait une intrigue de harem qui se placerait après la malheu- 
reuse expédition de Xerxès en Grèce et seules les colonies juives de la Médie 
auraient été menacées. On voit que M. J., sans en avoir l'air, fait des conces- 
sions à la critique. Et puis, comme s'il éprouvait le scrupule de ne s'être pas 
suffisamment expliqué, il ajoute, en appendice, quelques mots sur l'âge et la 
patrie du livre d'Ësther, qui aurait été écrit, du moins dans sa forme actuelle 
(que signifie cette restriction ?) en Perse, étant donnés les nombreux mots 
persans qu'il contient (mais puisque la scène est en Perse !),à l'époque « post- 
alexandrine », quand, les rapports de la Perse et de la Palestine étant devenus 
plus fréquents, les Juifs de Perse voulurent introduire leur fête dans la mère 
patrie. 

M. J. a tenté un effort considérable pour sauver le livre d'Ësther et la fête 
de Pourim. Sa critique des opinions antérieures nous paraît décisive. Ses 
propres explications, même quand elles ne sont pas trop subtiles, appellent 
plus d'une réserve. Il a sans doute raison de limiter le fait historique à un 
incident local. En tout cas, son livre est abondant el précis ; exégètes et his- 
toriens devront en tenir compte. 

M. J. a joint à son ouvrage la traduction du chapitre de V Acropole de 
Suse où M. Dieulafoy décrit le palais d'Assuérus [cï. Revue, XVI, Actes, 
cclxv et suiv.). 

Jampel (S.). Die Beurtbeilung des Estherbuches und des Purimfestes bei 
den ji'idischen Gesetzeslehrern der nachalttestamentlichen Zeit. Disser- 
tation. Bonn, 1905; in-8° de 45 p. 

L'auteur a fait entrer cette thèse dans le vol. précédent, dont il forme le 
premier chap. 

Jarè (G.). Mosè Vita Luzzatto. Schizzo biografico con documenti inediti. 
Casale, 1907 (Extrait). 

Jastrow M.). Die Religion Babyloniens und Assyriens. Vom Verfasser 
revidierte und wesentlich erweiterte Uebersetzung. 10. Lieferung. 
Giessen, Tôpelmann (Ricker), 1906; in-8° de p. 161-224. — 11. Licf., 
1907 ; p. 225-304. — 12 Lief., 1908 ; p. 305-384. 

Jkdlicska (J.). Enthi'illte Geheimnisse des Alten Testaments iïber den 
angeblichen Turmbau zu Babel und die Bescbneidung. Leipzig, 1906; 
in-8° de 373 p. -f- 3 grnv. 

Jensen (P.). Das Gilgamesch-Epos in der Wellliteratur. 1. Band. Die 
Urspriinge der alttestamentlichen Patriarcben-Prophelen- und Befreier- 



298 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Sage ti. der ncutestamentlichen Jesus-Sage. Strasbourg, Triïbncr, 1906; 
gr. in-8» de xvm + 1030 p. av. 3 ill. et 3 tables. M. 40. 

Jeremias (A.). Das Alte Testament im Lichte des Alten Orients. Handbuch 
zur biblisch-orientalischen Altertnmskunde . Zweite neu bearbeitetc 
Auflage. Leipzig, Hinrichs, 1906; gr. in-8° de 624 p. avec 216 gravures 
et 2 cartes. 

Jewisb Colonization Association. Rapport de l'administration centrale au 
Conseil d'administration pour Tannée 1906. Paris, imprimerie R. Vene- 
ziani, 1907; in-8° de 251 p. 

Jewish (The) Literary Annual, éd. by N. de M. Bentwich and Léon Simon, 
1907. Londres, Routledge et Sons; in-8° de x -f 164 p. (publié pour 
Y Union of Jewish Literary Societies). 

Albert H. Jessel, A plea for intervention on behalf of th'e Russian Jews. 

A Survey of Jewish Literature : England and America A. M. Hyamson) ; 
France ; Germany. 

Israël Friedlaender, Maimonides as an exegete (ne cite pas l'ouvrage de 
M. Bâcher). 

Israël Ahrahams, Four Men of letters (morts en 1906-07 : Freudenthal, 
S. Buber, Steinschneider, Àeûbaùer). 

Achad Ha' am, Palestine as a centre of jewish culture (partie d'un article 
publié en hébreu, traduite en anglais par L. Simon . 

H. N. Bialik, In a Russian Cornfield ; Yehoash, « For they will not believe 
me » ; J. L. Gordon, Early Yéars (poôsi<^s traduites du judéo-allemand par 
L. Simon et Heleha Frank). 

C. M. Kohan, Tlie god of Israël poème). 

Regina Miriam Bloch, East and West (sur un don te de Kipling et des poèmes 
de W. Ilenleyï. 

Léon Simon, A Hebrew Poet (H. N. Byalik, né en 1873). 

Laurie Magnus, The Hebrew note in Literature (caractéristique de la litté- 
rature juive, a déjà paru dans le Jen\ Chronicle du 28 juin 1907). 

Union of Jewish Literary Societies (renseignements sur la composition et 
l'activité des sociétés adhérentes). 

Jews 1 Collège Jubilee volume comprising a history of Ihe Collège by J. 
Marris and essays by teachers and former students of the institution. 
Londres, Luzac, 1006; in-8° de ccn -{- 274 p. -j- nombreuses photo- 
graphies. 

V. t. LV, p. luo et suiv. 

Judâus [IL Ehrmann]. Eine ungekannte YVelt. Erzahlungen ans dem 
jiidischen Familienleben. Francfort, Siinger et Friedberg, 1907 ; in-8° 
de (4 +) 518 p. M. 2,50. 

Jusselin (M.). Documents financiers concernant les mesures prises par 
Alphonse de Poitiers contre les Juifs (1268- 1209). Paris, 1907 ; in-8° de 
20 p. (Extrait de la Bibliothèque de LEcole des Chartes, année 1907). 

Kaatz (S.). Das Wesen des prophetischen Judentums. Berlin. Poppelauer, 
1907; in-8° de 109 p. M. 2. 
Voir t. LIV, 291-294. 



BIBLIOGRAPHIE 299 

Eahn (Zadoc). Sermons et allocutions adressés à la jeunesse Israélite. 
3* édition. Paris, Durlacher, 1907 ; in-8° de 293 p. 3 fr. 50. 

Cette édition est en tout semblable à la précédente, sauf que la préface a 
été supprimée. 

Kailv iL. G. G.). Zur Syntax des in verbaler Abhâagigkeit stehenden 
Nomens im alttestamcntlichen Hebraiseh mit Beriicksichtigung der 
Kasusverhallnisse in anderen Spraehen. Thèse. Halle, Buehrdr. d. Wai- 
senhauses, 1906 ; in -8° de iv -f- 102 p. 

Kalischer (A.). Der Ewige mein Panier ! und Die Senclung Israels. 
Gedankcn iïber die Stellung der Juden in der religiôsen Bewegung der 
Gegenwart. Breslau, Kœbner, 1907 ; in-8° de iv + 90 p. M. 2. 

Kantobovsky (G.). Ein anonymer hebràischcr Gommentar zu den Prover- 
bien. Nach einer Frankfurter Handschrift zum ersten Mal herausg. Mit 
ausfûhrlicher Einleitung nebst Anmerkungen. Thèse de Heidelberg, 
1907; in-8° de xxm -f- 41 p. 

Katz (A.). Christen und Juden als Fôrderer der hebraischen Sprache und 
Literatur. Berlin, Poppelauer, 1907; in-8° de 29 p. M. 0,50. 

Kaufmann (D.) et Freudenthal (M.). Die Familie Gomperz. Francfort 
(Kauffmann), 1907 ; in-8° de xix ~f 437 p. M. 12. (Zur Geschichte 
jiidischer Familien, III). 

C'est en 1887 que le regretté professeur David Kaufmann commença à faire 
des recherches sur la famille Gomperz, à l'occasion du 70 e anniversaire de la 
naissance de son beau-père, Sigmund Gomperz. Kaufmann mourut en 1899, 
sans avoir terminé ses recherebcs, mais il laissait un manuscrit contenant un 
assez grand nombre de notes sur l'histoire do la famille en question. Trois ans 
après, au commencement de 1902, la veuve du professeur Kaufmann, Irma 
née Gomperz, s'adressa à M. Freudenthal, alors rabbin à Dantzig, et le pria de 
mener à bonne fin le travail commencé par sou époux défunt. Freudenthal 
accepta cette tâche. Le fruit des recherches faites par les deux savants vient 
île paraître dans un fort beau volume de plus de 400 pages. Ceci prouve déjà 
(pie la famille Gomperz a joué un rôle très considérable dans le passé et que 
les auteurs ont su trouver les sources, afin de mettre en lumière les faits et 
gestes des membres de cette famille. Néanmoins, l'ouvrage n'a pas la préten- 
tion d'être absolument complet, la généalogie de certains membres n'a pas pu 
être établie — ce qui, du reste, n'est presque jamais possible — ; aussi ne 
doit-il pas être considéré comme une histoire de famille proprement dite, 
mais comme une œuvre littéraire ; c'est pour ce motif que le récit se termine 
avec le commencement du xix c siècle. 

L'ancêtre de la famille Gompertz est Salomon fils de Mordechaï Gumpel, qui 
fut autorisé, en 1600, par le duc Jean Guillaume de Juliers-Clèves à s'établir 
à Emmericb. M. F. fait dériver le nom de Gomperz ou Gumperts de l'ancienne 
forme Gundbert ; on pourrait également penser à la forme Gumbrich ou 
Gumber, forme qui se rencontre souvent dans les documents alsaciens. La 
femme de Salomon s'appelait Jachet, ses fils Mordechaï Gumpel, rabbin 
du duché de Cléves, Jacob et David, qui s'établirent a. Wesel, tandis que 
sa fille se nommait Bêla Rachel, mentionnée dans le Memorbuch de Metz : 

S"t n?:bu) *Y'nn r<n bm ftSra fnfcj rmiam mp^ nxa '3'n'-> 
crnttn on fcp^nn d* ion nbttna nmnta "Hiaya "p-p^tt 



300 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Snbs i?) :"i3 'i^i T"n i-rnaja np-iirb nan» isna s-twp 

p"Db "ibfi. Elle mourut donc au mois d'Eloul 424 (1664), probablement sans 
laisser d'enfants. 

Il va sans dire que l'espace limité d'une notice bibliographique ne permet 
pas de faire ressortir tous les détails curieux et intéressants d'un travail de ce 
genre. Nous nous bornerons donc à énumérer les localités où furent établis 
des membres de la famille Gomperz ; ce sont : Emmerich, Clèves, Wesel, 
Berlin, Breslau, Magdebourg, Cœtlien, Halle, Hildesbeim, Hanovre, Brunswig, 
Wolfenbuttel, Halberstadt, Dessau , Francfort -s. -M., Furth, Unterfambach, 
Ratisbonne, Schwabach, Munich, Metz, Danzig, Hambourg, Londres, Ams- 
terdam, Nimègue, Prague, etc. Le nommé Ruben Gumpertz fut chargé 
par le gouvernement de Louis XIV de pourvoir d'argent les soldats français 
faits prisonniers en Allemagne. La fille d'Elie Gomperz de Clèves, Jacbet ou 
Agathe, se maria avec Abraham Grumbach-Schwab de Metz et devint ainsi la 
fondatrice de la fameuse école talmudique de cette ville. 

Ajoutons encore qu'un index alphabétique des plus complets facilite les 
recherches aux travailleurs. Cet ouvrage est appelé à rendre de grands 
services à tous ceux qui ont à s'occuper de l'histoire littéraire et biographique 
des Juifs d'Allemagne aux xvn* et xvm* siècles. — M. G. 

Soultz (Haute-Alsace), 24 octobre 1907. 

Kautzsch (E.). Der alttestamentliehc Ausdruck nèphesch met. Berlin, 
1907 ; in-8° de 17 p. (Tirage à part de « Philotesia fur Paul Kleinert »). 

Keller (J.). Das Hohelied nebst einer Zugabe von Psalmen ausgelegt. 
Gachlingen [1905] ; in-8° de 195 p. M. 1. 

Kellermann (B.). Libérales Judentum. Vortrag. Berlin, Poppelauer, 1907; 

gr. in-8° de 21 p. M. 0,50. 

Brochure intéressante pour la connaissance des tendances du judaïsme dit 
libéral en Allemagne. Après avoir cherché à légitimer le judaïsme libéral par 
la logique et l'histoire, l'auteur en expose le programme dans l'enseignement, 
dans le culte et dans la vie (il appelle la croyance à la résurrection corporelle 
un « mythe »). Il exhorte les juifs à revenir aux Prophètes pour faire 
pièce aux protestants, « car le judaïsme de l'avenir sera prophétique, ou il ne 
sera pas ». 

Kent (G.-F.). Israels laws and légal précédents, with plans and diagrams. 
Londres, Hodder; in-8° de 338 p. 12 s. 

Khosïikian (M.). David der Philosoph. Berne (ScheiUin, Spring et Go), 
1907; in-8° de vj -f- 80 p. M. 1. (Berner Studien zur Philosophie und 
ihrer Geschichte herausg. von L. Stein, 58; . 

Kittel (R.). Der Scblangcnstein im Kidrontal bel Jérusalem. Leipzig, 
1907 ; in-4° de iv -j- 31 p. et 8 gm . 

Klein (M.). Die Anschauung der Heiligen Schrift vom Leben Programme 
du gymnase de Rawitschr, 1905; in-4° de 35 p. 

Klostermann (A.). Der Pentateucli. Beitrâge zu seinem Verstandnis u. 
seiner Entstehungsgescbichte. Neuc Folge. Leipzig, Deichert, 1907; gr. 
in-8° de iv + 583 p. M. 10. 



BIBLIOGRAPHIE 301 

La première série a paru en 1803. Celle-ci comprend quatre études : le 
système chronologique du Pentateuque ; l'ordonnance du tabernacle et du 
camp ; le code deutéronomique ; le livre de l'Alliance sinaïtique (Ex., xix- 
xxiv). Les trois premières ont paru précédemment dans la Neue kirçhliche 
Zeitung. L'auteur essaie d'édifier, au moyen d'une critique bien aventureuse 
un système différent de celui qui est en vogue. 

Knabenbauer (J.). G om m en tari us in Ezechielem prophetam. Paris, 
Lethielleux, 1907 ; in-8° de 548 p. (Cursus scripturae sacrœ). 

Knabenbauer (J.). Commentarius in Danielem prophetam, Lamentationes 
et Baruch. Paris, Lethielleux, 1907 ; in-8° de 530 p. (Cursus scriptural 
sacra?}. 

Knabenbauer (J.). Commentarius in duos libros Machabœorum. Paris, 
Lethielleux, 1907 ; in-8° de 440 pp. (Cursus scripturœ sacra?). 

Knox (E.-M.). Exodus. Londres, Macmillan, 1907 ; in-12° de 226 p. 1 s., 
6 d. 

Kober (A.). Das Salmanenrecht unddie Juden, mit urkundlichen Beilagen. 
Heidelberg, C. Winter, 1907 ; in-8° de 32 p. (Deutschrechtliche Beitrage, 
I, 3). 

Kôberle (J.). Der Prophet Jeremia. Sein Leben und Wirken, dargestellt 
fïir die Gemeinde. Calw et Stuttgart, Vereinsbuchhandlung, 1908; in-8° 
de 280 p. M. 3 (Erlàuterungen zum A. T. hefausg. v. Calwer Verlags- 
verein, 2). 

Kôberle (J.). Soziale Problème im alten Israël und in der Gegenwart. Ein 
Vortrag. Wismar, H. Bartholdi, 1907; in-8' de 37 p. M. 0,80. 

Kôberle (J.). Die bleibende Bedeutung der biblischen Urgeschichte. Ein 
Vortrag. Wismar, H. Bartholdi, 1907 ; in 8° de 35 p. M. 0,80. 

Kôberle (J.). Allés Testament. Leipzig, Deichert, 1907 ; in-8° de 52 p. 
M. 1,20. (Die Théologie der Gegenwart, I, 1.) 

Koch (P.). Die Mythen u. Sagen der Bibel u. ihre Uebereinstimmung mit 
der Mythologie der Indogermanen. Berlin, Walther, 1907 ; in- 8° de 
156 p. M. 2. 

Kohler (J.). Darstellung des talmudischen Rechtes. Berlin, Hosenthal, 

1907 ; in-4° de 56 p. (Tirage à part de la « Zeitschrift fur vergleiehende 

Rechtswissenschaft », XX, 2.) 

Exposé du droit talmudique fait par un professeur de l'Université de Berlin 
d'après la traduction de L. Goldschmidt. Voir l'article de M. Aptoxvitzer dans 
la Monatsschrift, LU, 37 et suiv., 185 et suiv. 

Kok .1. . Gods huis en de psalmen. Kampen, J. H. Kok, 1907; in-8° de 
4 + 457 p. 2,25. 

Kônig (E.). Ahasver, « der ewige Jude », nach seiner ursprùnglichen Idée 
u. seiner litcrarischen Verwertung betrachtet. Giitersloh, Bertelsmann, 

1907 ; in-8° de 74 p. 



302 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Konig (E.). Gcschichte des Reiches Gottes bis atif Jésus Christus. 
Brunswick, Wollermann, 1907; in-8° de 338 p. M. 4,80. 

Kônig (E.). Moderne Ansehauungen ùber den Ursprung der israelitischen 
Religion in Vortràgen vor Lehrern und Lehrerinnen erôtert. Langen- 
salza, 1906 ; in-8° de 63 p. (Padagogische Magazin, 285). 

Kônig (E.). Die Poésie des Alten Testaments. Leipzig, Quelle et Meyer, 
1907 ; in-8° de m -f 160 p. M. 1 (Wissensehaft und Bildung, 11). 

Konig (E .). Prophetenideal, Judentum und Christentum. Das Haupt- 
problem der spatisraclitischen Religionsgeschichte erôtert. Leipzig, 
Hinrichs, 1906 ; in-8° de m + 92 p. M. 1,40. 

Kônig (E.). Talmud und Neues Testament. Gr.- Lichterfelde, Runge, 1907 ; 
in-8° de 56 p. M. 0,60 (Biblische Zeit- nnd Streitfragen, III, 8). 

Celui qui connaît le Talmud est un savant. Or, M. Konig est un savant. 
Donc, M. Konis connaît le Talmud. — M. K. connaît le Talmud et il le cite 
même d'après l'édition de Varsovie, 1863-1868, en 12 vol. gr. in-8° ; seulement 
les textes qu'il en cite traînent dans les manuels. Il s'est proposé, dans cette 
brochure de vulgarisation apologétique, de confronter la littérature talmu- 
dique, qui fait autorité pour les Juifs, avec la littérature classique du chris- 
tianisme, afin de déterminer le degré d'originalité et le contenu spirituel de 
l'une et de l'autre. Dans son introduction, il donne un aperçu de ces deux 
littératures ; or, s'il avait une idée adéquate du Talmud, il sentirait combien 
ce parallèle pèche par la base et qu'on ne peut pas mettre en regard le 
Nouveau Testament avec une compilation à la fois halacliique et aggadique. 
Aussi bien emprunte-t-il la plupart de ses textes aux Pirkê Aboi, sans se 
douter que ce traité ne veut être qu'un manuel de morale et de civilité à 
l'usage des étudiants. Il en traduit les premiers paragraphes (i, 1-n, 2) pour 
montrer que les docteurs s'occupaient de la Loi et non drs Prophètes. A ce 
propos, il répond à M. Eschelbacher, qui, dans sa brochure : Das Judentum im 
Urleile der modernen protestantischen Tlieologie (v. plus haut, à ce nom) 
reproche à Schûrer de rendre rnin Tara) par « Loi » au lieu de « Doc- 
triue». Que répond- il ? 1° Que la version allemande de la Mischna par Jost 
(1831) et une fois M. Bâcher donnent la même traduction. 2° Que Tora, opposé 
aux Prophètes, doit signifier « Loi ». 3° Que des savants juifs traduisent 
ÎTVtR non par « Doctrine », mais par... Tora. En général, les critiques que 

T 

M. K. fait à M. Eschelbacher, qu'il prend souvent à partie, sont de la même 
force. — Donc, les rabbins délaissent le propliétisme, c'est-à-dire l'eschato- 
logie. Ne disent-ils pas que « les paroles des Anciens sont plus importantes 
que ctdles des Prophètes » ? Je prie que Ton se reporte au contexte (j. lier., 
3 b en bas) pour s'assurer qu'il ne suffit pas de traduire un passage talmu- 
dique pour le comprendre. Les Juifs dédaignaient si peu les Prophètes qu'ils 
se donnaient à eux-mêmes le titre de fils de Prophètes. — Il ne nous est pas 
possible de relever ici les malentendus et les erreurs de M. K., et sans doute 
n'est-ce pas utile, car il n'a même pas voulu avoir le mérite de l'originalité. 

Kônig (X.). Bible history (Old Testamenl aller the results of historical 
ciiticism arr. for students of differenl âges from the French by Mary 
L. Hendel. New-York, Me dure, 1905 ; iu-8° de xxv -f 301 p. I). 1. 

Kortleitner (F. X.). De poly theismo uni verso et quibusdam eius formis 



BIBLI0GUAPI11E 303 

apud Hebraeos finitimasquc gentes usitatis. Innsbruck, Wagner, 1908 ; 
gr. in-8° de xxxi + 343 p. et 3 cartes. M. 6. 

Kracauer (I.). Die Geschiehte der Judengasse in Frankfnrt am Main. Franc- 
fort, Kauffmann, 1906; in-4° de [4 -f) 307-464 p., avec des gravures 
dans le texte et hors texte. 

Ce travail, qui a d'abord paru dans la « Festschrift zur Jahrhundertfeier 
der Realschule der Israelitischcn Gemeinde (Philanthropin) », est une histoire 
du ghetto de Francfort depuis 14G2 jusqu'à 1811. Fonde sur de nombreux 
documents, enrichi d'abondantes illustrations, il expose la topographie, l'ar- 
chitecture, l'histoire externe et la vie intérieure du pittoresque quartier qui, 
après avoir été un foyer rabbiuique à la fin du moyen âge juif et le berceau 
de nombreuses familles israélites, a été immortalisé par Henri Heine. 

Krasny (G.). Les grandes révolutions et les Juifs. Esquisse historique (en 
russe). Saint-Pétersbourg, 1907 ; in-16° de 99 p. 

Krôll (M.). Die Beziehungen des klassischen Altertums zu den hciligen 
Schriften des Alten undNeuen Testamentes. 1. Band. 2 vollst. umgearb. 
u. verni. Aufl. Bonn, Georgi, 1907 ; in-8° de xx + 232 p. M. 3. 

Kroner (H.). b"xrt|UEPE h p ma» iran mn n«E ...>s«5tttt ^nxn *v®. 
Ein Beitrag zur Geschichte der Medizin des XII. Jahrhunderts an der 
Hand zweier medizinischer Abhandlungen des Maimonides auf Grund 
von 6 unedierten Handschriften dargestellt und kritisch beleuchtet. 
Francfort, J. Kauffmann, 1906; in-8° de 116 + 28 p. M. S. 

Kruger (P.). Ausgewahlte Mischnatractate in deutscher Uebersetzung. 
4. Abodah Zarah. Der Mischnatractat « Gotzendienst » ins Deutsche 
iibersetzt und unler besonderer Berùcksichtigung des Verhaltnisses 
zum Neuen Testament mit Anmerkungen versehen. Tubingue, Mohr, 
1907 ; in-8° de v -j- 28 p. M. 0,90. 

KiÏMMRL (A.). Materialien zur Topographie des alten Jérusalem. Karte und 
Begleittext. Halle, Haupt, 1906 ; in-8° de xvi + 198 p. et 1 carte en 
2 feuilles. 

La. mouche (Léon). Quelques mots sur le dialecte espagnol parlé par les 
Israélites de Salonique. Erlaiigen, Fr. Junge, 1907, in-8° de 969- 
991 p. (Extrait des Mélanges Chabaneau, Homanischc Forschungen, 
t. XXIII.) 

Divers textes publiés récemment par la Revue (t. LlV,p. 107-112 et 238) font 
connaître le langage dont les Juifs, exilés d'Espagne et du Portugal depuis la 
fin du xv 1 ' siècle, se servent encore de nus jours dans tout le Levant. Ce n'est 
plus la langue castillane dans sa pureté primitive, telle que les exilés l'avaient 
emportée avec eux du pavs natal : forcément, au contact des voisins, Turcs et 
Grecs d'une part, et des Levantins au dialecte italien d'autre part, le langage 
usin'l des Juifs a dévié de son origine, se modifiant et s'altérant aussi bien 
dans la prononciation .pic dans l'orthographe. Cette filiation, avec les muta- 
tions qu'elle comporte dans la phonétique, dans l'accent, dans la morpho- 
logie, a été savamment exposée dans les pages que M. Lamouchc a consacrées 
au développement de ce sujet. — S. 



304 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Landrieux (M.). Histoire et les histoires de la Bible. Paris, Lethielleux, 
1907 ; in-J6° de 96 p. 

Langdon (S.)- Lectures on Babylonia and Palestine. Paris, Geuthner, 1906; 
in-8° de xv -f 183 p. Fr. 4. 

Larsen (A.-C). Profeten Amos oversat og l'orklaret. Kobenhaon, Tillge, 
1907 ; in-8° de 34 p. 0,60. 

Lasson (G.). Die Schôpfung. Das ersle Blatt der Bibel fur unsere Zeit 
erlâutert. Berlin, 1907 ; in-8° de 72 p. 

Lataulade (J. de). Les Juifs sous l'ancien régime. Leur émancipation. 
Thèse pour le doctorat. Bordeaux, imprimerie Gadoret, 1906 ; in-8° de 
280 p. 

« Nous nous proposons d'étudier les mesures d'exception ou de vigueur 
(lire : rigueur) que notre vieille monarchie a dû prendre contre eux (les Juifs). 
Nous nous proposons en même temps d'expliquer les raisons, souvent suffi- 
santes et nombreuses, qui ont forcé les gouvernements à prendre contre eux 
ces mesures » (p. 1). Il ne faudrait pas chercher ces raisons dans l'état poli- 
tique et social de l'ancienne France ou dans le rôle économique des Juifs. Ce 
sont des raisons de race : « Les deux races auxquelles appartiennent les Juifs 
et les Chrétiens sont essentiellement différentes » (p. 4) ; « la race sémitique 
a pour elle la subtilité, la ruse, l'esprit mercantile » (p. 6). Des raisons de 
religion : « Jamais les Juifs, qui avaient crucifié le Christ, en refusant de 
voir en lui le Messie, ne pardonnèrent aux Chrétiens d'adorer en lui le fils de 
Dieu. » Des raisons de mœurs surtout : « C'est leur isolement plein d'orgueil, 
leur esprit antisocial, leur volonté bien arrêtée de ne se mêler à aucun 
peuple, de demeurer étrangers aux États qui les ont vaincus, ou dans les- 
quels ils se sont réfugiés, qui a été la grande cause de leur faiblesse. Obsti- 
nément décidés à ne se fusionner avec aucune des populations avec lesquelles 
ils se sont successivement trouvés en contact, les Juifs se sont mis ainsi en 
perpétuelle révolte contre l'éternelle loi humaine et sociale de la solidarité. 
Ils ont chèrement payé les conséquences de leur révolte contre cette loi qui 
n'est que l'expression de la divine maxime du Christ sur l'amour du pro- 
chain (p. 3). « Ce qui a perdu les Juifs, c'est leur Talmud. « Le principe 
oriental de la polygamie était l'un des traits caractéristiques du Talmud. » Et 
voici le dernier mot de l'auteur, finis coronal opus : « Un obstacle insur- 
montable s'est toujours dressé pour empêcher toute fusion entre les Juifs 
et les populations qui leur ont donné asile : c'est le Talmud (p. 276). » C'est 
avec cet état d'esprit que M. de L. a abordé son travail. Aussi porte-t-il des 
jugements d'une remarquable originalité : « La condamnation du Talmud 
aux flammes, ordonnée par Saint Louis, ne doit pas être considérée comme 
un attentat à la liberté de conscience, ou comme une persécution religieuse à 
l'égard des Juifs (p. 98-99). » Ou bien : « Cette obligation pour les Juifs de 
porter la rouelle n'avait nullement pour objet, comme on pourrait peut-être 
le croire, de les humilier (p. 101). » 

Mais, après tout, les appréciations de M. de L. nous importent peu. Quels 
sont les faits qu'il nous apporte ? 11 sait que les Juifs ont été expulsés sous 
Dagobert, puis sous Philippe I er en 1906. Il est assuré que « le prêt à intérêt 
a continué à être pratiqué par les Juifs même dans la période carlovin- 
gienne » (p. 59) et il insinue que l'accusation d'avoir trahi avec les Sarrasins 
pourrait bien être fondée. Les Juifs possédaient d'immenses richesses ; ils 
détenaient tout le commerce. « Ce sont les abus de l'usure qui ont provoqué 



BIBLIOGRAPHIE 305 

contre eux la liai ne du peuple et la naissance de tous ces bruits vrais ou 
taux qui devaient se répandre dans toute l'Europe » (p. 79-80) et « c'est sous 
la pression impérieuse de ses sujels que Charles VI est obligé de prononcer 
le décret de 1394 » (p. 81). Mais « au début du xvn e siècle ils étaient si nom- 
breux en France qu'une déclaration royale du 23 août 1615 les expulsa une 
l'ois de plus du royaume » (p. 195). Nous avons cité un peu au hasard. Tant 
de science ne doit pas surprendre chez un auteur dont les garants sont, outre 
Basnage, Beugnot et Bédarrides, Ed. Drumont et le chanoine Cochard, et qui 
ne connaît ni Graetz, ni aucun autre historien sérieux, si ce n'est Saige par- 
fois. Quant à la manière d'utiliser les sources, on en trouve un exemple à 
propos de la controverse de 1240, résumée d'après l'ouvrage tendancieux de 
Noël Valois sur Guillaume d'Auvergne : « D'autres citations qui, parait-il, 
ont été reconnues vraies par la Revue des Études Juives. . . » C'est ce qu'on 
pourrait appeler une conscience d'avocat. 

Mais la véritable source de M. de L. est Gasnos, Etude historique sur la 
condition des Juifs dans l'ancien droit français (Angers, 1897), qu'il s'est 
contenté... d'imiter. Daus le premier chapitre, il étudie la « condition des 
Juifs dans l'empire romain », afin de prouver la persistance de la législation 
romaine au moyen âge. Le chap. n est consacré aux « Juifs sous la période 
mérovingienne et carlovingienne » et établit que, daus les royaumes barbares, 
les Juifs étaient soumis au régime de la personnalité des lois. Le chapitre m 
porte sur le moyen âge, sur la haute et la basse féodalité, et montre com- 
ment la juridiction du roi s'est substituée peu à peu à celle des seigneurs et 
comment, à partir de Philippe le Bel, la distinction entre juifs du Nord et 
juifs du Midi s'est effacée : il n'y a plus que les juifs du roi. L'auteur ne 
fait qu'indiquer l'influence de l'Église ; il n'attache pas assez d'importance à 
l'expulsion de 1306 : elle marque un point d'arrêt bien plus que celle de 
1394, « qui bouta définitivement les Juifs hors du royaume de France ». Le 
chapitre iv passe en revue la « situation des Juifs en France depuis l'expul- 
sion de 1394 jusqu'à la Révolution », d'abord dans les contrées où ils conti- 
nuèrent à séjourner, puis au xvm c siècle, lors des réformes de Louis XVI. — 
M. de L. aurait pu s'arrêter là, car la période contemporaine est ici totale- 
ment distincte de l'ancien régime et la législation sur les Juifs s'inspire d'un 
esprit différent, pour ne pas dire opposé. Mais après avoir suivi Gasnos, il a 
voulu résumer H. Lucien-Brun, La condition des Juifs en France depuis 
1789 (Lyon, 1900) et, sans originalité comme sans critique, il retrace l'his- 
toire de l'émancipation dans le chap. v, afin de dénoncer « la généreuse uto- 
pie de la Révolution ». Et alin de justifier le décret « infâme », il étudie, 
dans un Appendice, « les mesures d'exception prises par Napoléon contre les 
Juifs ». Ici aussi, il ignore tous les travaux importants. 

Ce qu'on eut attendu de M. de L. dans une thèse de doctorat, c'est qu'au 
lieu d'enfiler des faits à la suite les uns des autres, il les groupât autour de 
certains principes pour les étudier juridiquement. A défaut de démonstration, 
l'impression qui se dégage de la lecture du livre, et qui est d'ailleurs for- 
mulée par endroits, c'est que le pouvoir royal s'est efforcé d'arracher peu à 
peu les Juifs aux seigneurs féodaux. Mais la manière dont cette thèse est 
présentée appelle des réserves. D'après M. de L., le droit féodal assimilait les 
Juifs à des serfs, et la politique des rois a consisté à en faire des aubains. 
Que les rois de France aient traité les Juifs comme des aubains, c'est pos- 
sible ; qu'ils les aient considérés comme tels, c'est ce qui reste à prouver. 

Laverdière (J. de). La question biblique chez les modernes Japonais. 
Paris. Stoek, 1907 ; in-8° de 334 p. 3 t'r. oO. 

T. LVI, n« 112. 20 



306 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Plaisanterie de mauvais goût. L'auteur, qui est de Marseille, a pris uu pseu- 
donyme : c'est ce qu'il a fait de plus spirituel. 

Le Compte (J.-Ch.). The sources of the Anglo-french commentary on the 
proverbs of Salomon contained in ms. 24862 (fonds français) of the 
Bibliothèque nationale of Paris. Thèse. Strasbourg, 1906; in-8° de 
63 p. 

Lee (J.). An encyclopaedia of the Holy Bible, historieal, biographical and 
doctrinal. Morgantown, 1907; in-8° de 790 p. 

Lees (G.-R.). Village life in Palestina. Noiiv. éd. Londres, Longmans, 
1905 ; in-8° de x + 236 p., illustré, 3 s. 6 d. 

Leeuwen (E.-H.). Bijbelsche Anthropologie, l'trecht, 1906; in-8° de 

vu + 228 p. 

Lefbanc (E.). Les conflits de la science et de la Bible. Paris, P. Nourry, 
1906; in-8° de xn + 223 p. 

Lehranstalt fur die Wissenschaft des Judcnthums. Festschrift zur Einwei- 
hung des eigenen Heirns von I. Elbogen und J. lloniger. Berlin, 1907 ; 
in-4° de 105 p. -f 4 tables. 

La partie de beaucoup la plus importante et la plus intéressante de ce 
volume est la première, où M. Elbogen retrace l'histoire de la Hocbscliule 
(depuis Lehranstalt), ouverte en 1872 et qui vient de s'installer dans un édi- 
flee ad hoc, décrit par M. Hoeniger (p. 99-103). Après avoir rappelé les diffé- 
rentes tentatives faites au cours du xix c siècle pour fonder un séminaire 
rabbinique, idée chère à Zunz, à L. Philippson, à Geiger elle remonte à 
1823, d'après Briill, Jahi-bucker, III, 137), il raconte comment le concours 
de quelques hommes d'élite tels que Lazarus, Neumann, ML Meyer, parvint 
à mettre sur pied, non sans efforts, un établissement scientifique indé- 
pendant de l'État et de la synagogue, où enseignèrent côte à cote Stein- 
thal et David Cassel, Geiger et M. Israël Lewy [Steinscbnelder avait décliné 
l'offre d'une chaire . M. E., ayant caractérisé la personnalité et l'activité de 
ces maîtres, expose en détail l'organisation de l'école et son développement 
graduel ; en passant, il rend hommage aux professeurs qui s'y sont succédé : 
P.-F. Frankl, Joël Muller, Schreiner, pour ne nommer que les disparus. On 
voit «lue cette monographie est pleine d'intérêt pour l'histoire de la science 
juive comme pour celle du judaïsme allemand contemporain. 

L'inauguration solennelle du nouvel édifice a eu lieu le 19 octobre 1907. 
Le professeur S. Mayhaum y a prononcé un discours sur a La science du 
judaïsme », qui a paru dans la Mona/ssclirift, Ll, 641-654. Le numéro 
spécial de la revue Osl and Wesl (novembre) contient des notices et des sou- 
venirs d'élèves qui sont à lire. Puisse la Lehranstalt poursuivre dans sou 
nouveau home son heureuse activité pour le bien de la science juive ! 

Leimbach (K. A.). Das Buch des Propheten Jcsaias, Kap. 40-6G iibersel/.t 
und kurz erklart. Fulda, Fuldaer Acticndruckerci, 1907; in-8° de 
145 p. M. 1,20 (Biblische Volksbïicher, 2). 

Leimbach (K. A.). Die Weissagungen des Osca, A mus und Michas iiber- 
setzt und erklart. Fulda, Fuldaer Actiendruckerei, 1907 ; in -8° de 157 p. 
M. 1,20 (Biblische Volksbùcher, 3). 



BIBLIOGRAPHIE 307 

Léma.nn A.). Le Christ, Dieu, Prêtre éternel, Roi victorieux. Interprétation 
du psaume cix d'après le texte hébreu. Lyon, impr. Vitte, 1907; in-8° 
de 32 p. 

Lemos (M.). Ainato Lnsitano. A sua vida e a sua obra. Porto, Tavares 
Martins, 1907 ; in-8 9 de 212 p. 

Voir d'autre part le compte rendu de M. Schwab. 

Leroy-Beaulieu (A.). Les immigrants juifs et le judaïsme aux États-Unis. 
Paris, Librairie Nouvelle, 1903 ; in-8° de 39 p. 

Conférence faite à la Société des Études juives. 

Levaillant (L). La genèse de l'antisémitisme sous la troisième République. 
Paris, Durlacher, 1907 ; in -8° de 28 p. 

Conférence faite à la Société des Études juives le 14 avril 1907 et déjà 
publiée dans la Revue. L'auteur a l'intention de donner une suite à ce travail 
et c'est heureux, car nul ne connaît mieux l'histoire publique et secrète de 
l'antisémitisme et nul ne saurait la mieux raconter. 

Lévi (L). Le péché originel dans les anciennes sources juives. Paris, 
Imprimerie Nationale, 1907 ; in-8° de 1-28 p. (dans le Rapport annuel de 
l'École pratique des Hautes-Études, section des sciences religieuses). 

L'auteur a voulu montrer, par un exemple typique, comment les questions 
que le9 savants protestants amalgament sous le nom de « Religion » ou 
« Théologie » du judaïsme devaient être examinées chacune à part et à fond, 
comment il fallait classer et dater les sources, écarter les textes suspects et 
interpréter les autres par les tendances des auteurs, retracer enfin la vie des 
idées et la lutte qu'elles ont soutenue entre elles. L'exemple choisi est l'his- 
toire de la conception du péché originel. Cette conception, qui est la pierre 
angulaire de la théologie chrétienne, est-elle d'origine juive, et si elle l'est, 
pourquoi a-t- elle disparu dans le judaïsme rabbinique? 

Renan disait que la théorie du péché originel était entrée dans le monde 
« par accident .. Si la rédaction élohiste (de la Genèse) seule nous était par- 
venue, il n'y aurait pas de péché originel. Le récit jéhoviste de la faute pre- 
mière ne fut jamais remarqué par l'ancien peuple d'Israël » (Feuilles déta- 
chées, p. 375-376). Le fait est que, dans la Bible, si l'on excepte le chap. ni 
de la Genèse, il n'est pas question, quoi qu'on dise, de la faute du premier 
couple et de ses suites. Sira (xxv, 23) y fait une allusion, qui est plutôt une 
épi gramme contre les femmes. Le premier, l'auteur de la Sapience, qui est 
un philosophe alexandrin, dit que Dieu avait créé l'homme pour l'immortalité, 
mais que, par l'envie du Diable, la mort est entrée dans le monde (n, 23-24). 
Dans le recueil d'apocalypses qui forme le livre d'Hénoch, tantôt la faute 
d'Adam et d'Eve n'a d'autre suite que leur propre punition, tantôt ce sont les 
anges qui ont corrompu le monde en y introduisant le péché. Pour le sombre 
auteur du IV 1 ' Esdras, ce n'est pas seulement l'homme, mais la création 
entière qui a été frappée et il accuse Adam d'avoir causé le mal de tous ses 
descendants. Mêmes récriminations dans le livre d'Adam, mais M. L. persiste à 
admettre l'origine chrétienne de cet ouvrage. 

On voit — ici nous n'analysons plus — que la conception pessimiste du péché 
originel, cause du mal et de la mort, n'apparaît encore que dans les Apo- 
cryphes, c'est-à-dire dans la littérature « à côté » de certains cercles plus ou 
moins contaminés par les idées hellénistiques et orientales et qui ne reflètent 
pas les idées officielles. C'est à ces courants presque souterrains que s'est ali- 



308 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

mente le christianisme naissaot, et d'abord Paul, qui est hanté par le fantôme 
du péché et qui est décidément fort peu le disciple des rabbins. 

11 est vrai (pie la littérature rabbînique ne nous a conservé que de rares 
vestiges des idées religieuses de la Judée aux: environs de l'ère chrétienne. 
Mais on peut expliquer cette rareté de renseignements par des suppressions 
volontaires, soutenir, par exemple, que la conception du péché originel aura 
été refoulée et éliminée par réaction contre le christianisme, qui s'en était 
emparé. Quel est donc, sur cette question, l'enseignement des rabbins à 
partir du 11 e siècle? 

Les allusions qu'on relève dans les textes tannaïtiques sont plutôt des expli- 
cations ingénieuses et des réparties spirituelles, qu'il faut prendre cam qrano 
salis (v. aussi j. Sabb., 5 b). Un seul texte tranche sur les autres : d'après 
R. Yohanan, le serpent infecta Eve d'une souillure (NTOÏTiT) qui disparut poul- 
ies Israélites quand ils reçurent la Loi (A. z., 22 6 et parall.). A ce dire le 
Talmud oppose celui d'Abba b. Cahana, pour qui cette souillure disparut 
après Jacob. M. L., qui rapproche NfamT du verbe D7IT employé dans des 
textes juridiques pour désigner une tare congénitale entachant la condition 
civile d'une personne, croit que R. Yohanan expliquait ce mot par « mauvaise 
odeur physique » seulement et il suppose que ce rabbin ne comprenait plus 
le propos qu'il répétait et qui serait le résidu d'une conception archaïque. Mais 
pourquoi R. Yohanan n'aurait-il pas connu le sens d'un terme que ses col- 
lègues entendaient bien? Ne pourrait-on pas admettre que pour lui la tare 
morale des païens était décelée par la mauvaise odeur (pie leur corps 
répandait ? — Dans Sabb., 82 « (R. Hisda ou Rabina), fcOOÏTlî mi est opposé 

a nyn rrn. 

Quoi qu'il en soit, voilà bien un texte qui parle non seulement du péché 
originel, mais aussi de sa transmission à la postérité d'Adam. Seulement. 
c'est un texte isolé. 11 est bien question par la suite des conséquences désas- 
treuses de la désobéissance du premier homme, mais on le punit aussi pour 
les fautes de ses descendants. D'autres fois même, les aggadistes, paraissant 
oublier le récit de la Genèse, considèrent la mort comme prédestinée dans le 
plan du monde et nécessaire à son économie. D'après une autre conception, 
c'est Abraham qui repaie l'œuvre gâtée par Adam ; c'est surtout la Révé- 
lation (jui efface les suites du péché, fait disparaître pour un temps la mort et 
le mauvais penchant. Enfin, l'optimisme des rabbins et leur foi en la justice 
divine apparaissent dans la tendance à noircir les héros de l'histoire sainte, 
pour expliquer leurs malheurs et leur mort, car, comme dit R. Ammi, « il n'y 
a pas de mort sans péché » . 

Ces mêmes sentiments, qui dérivent au fond de l'idée monothéiste, doivent 
expliquer pourquoi les aggadistes n'ont pas, comme la Sapience et comme 
l'Apocalypse, confondu le serpent avec le Diable. Quoique ce dernier occupe 
une grande place dans la littérature rabbinique, il ne figure jamais à propos 
du péché originel. On allègue, il est vrai, les Pirkè R. Elïézer (ch. xm-xiv), 
mais ce Midrasch du vm e siècle a subi des influences chrétiennes et musul- 
manes et M. L. se refuse à croire qu'il reprenne directement la vieille tra- 
dition juive. — Semhlablement, les rabbins évitent de mettre en relation 
avec Adam les anges rebelles, dont ils parlent peu et surtout pour les « huma- 
niser ». Enliu, c'est pour éviter le dualisme <|u'ils affaiblissent le pouvoir du 
mauvais penchant, qui n'entache pas la pureté originelle de l'homme. C'est la 
pensée qui inspire Simlaï dans sa description de la vie du fœtus [Nidda,Z\ b. 
Déjà L. Lôw, Die Lebensaller, p. 66, croit que Simlaï voulait protester contre 
le dogme chrétien et même contre l'opinion de R. Yohanan . Ainsi, les 
rabbins ont rejeté la conception du péché originel non seulement parce 



BIBLIOGRAPHIE 309 

qu'elle heurtait la croyance monothéiste et la foi en la justice divine, mais 
aussi à cause de la faveur avec laquelle le christianisme l'avait accueillie. 

On nous pardonnera d'avoir analysé aussi longuement cette étude; elle est 
si pleine et si concentrée qu'il est difficile de la résumer. Substantielle comme 
elle est, elle déborde encore le sujet : outre qu'elle met en lumière certaines 
tendances de l'Agada, l'esprit de l'exégèse et de la théologie rabbiniques, elle 
doit confirmer deux thèses favorites de M. I. Lévi (v. déjà Revue, XVIII, 89). 
L'une se rapporte à la réaction du christianisme sur le judaïsme : certaines 
conceptions et pratiques, pour avoir été accueillies par le christianisme 
naissant, sont devenues suspectes aux juifs orthodoxes. L'autre est d'ordre 
littéraire, quoiqu'elle touche encore à l'histoire des idées : c'est que les parties 
des Pirkè R. Eliézer ou de la Pesikta Rabbati (pour ne rien dire de la Vie 
d'Adam, qui est d'origine chrétienne) qui ne sont pas tirées du Talmud sont 
venues aux auteurs par l'intermédiaire des sectes chrétiennes et des musulmans. 
— Si l'on veut mesurer combien la critique et la méthode sont nécessaires 
dans ces sortes de recherches, on pourra comparer les résultats de cette étude 
à ceux de Weber ou de Bousset, ou encore à ceux des monographies de 
Koberle, Siïnde und Gnade im religiôsen Leben des Volkes Israël bis 
Cliristus, 1905, et de S. Levy, Jewish conceptions of original si?i, dans le 
Jews' Collège Jubilee Volume, 1906, p. 211-221 (cf. aussi I.Abrahams, dans 
J. Q. R., XVI, 5.S3 et s.). 

Le Rapport qui suit le travail de M. L. contient une courte notice biogra- 
phique sur Albert Réville (mort le 25 oct. 1906) ainsi que les discours pro- 
noncés sur sa tombe par feu Hartwig Derenbourg et par M. F. Picavet. Dans 
le rapport sur les conférences de l'exercice 1906-1907, nous relevons les cours 
de MM. Maurice Vernes (Religions d'Israël et des Sémites occidentaux) et 
Israël Lévi (Judaïsme talmudique et rabhinique). On nous saura gré de repro- 
duire en partie le résumé de ce dernier cours, d'autant plus que les indications 
qu'il contient rejoignent le travail que nous venons d'analyser : « l rC confé- 
rence : Les récits bibliques dans le Midrasch. — Raisons des transformations 
et additions que ces récits reçoivent dans la littérature midraschique, écho 
des prédications et des spéculations exégétiques et théologiques : désir de 
résoudre les difficultés et les contradictions que présentent les textes bibliques, 
«le combler les lacunes, etc. C'est la première forme de l'exégèse et l'apparition 
de l'esprit critique. Ces fragments d'homélies et de commentaires, où s'en- 
ferme le génie du peuple juif après la clôture du canon, sont une mine de 
renseignements sur les idées religieuses du temps, chez les rabbins comme 
dans le peuple... On y a relevé le contraste des conceptions suivant qu'elles 
sont antérieures ou postérieures au triomphe du christianisme... 2 e confé- 
rence ;■ Explication de la Pesikta Rabbati, Midrasch cité souvent comme 
témoin des conceptions esehatologiques en faveur au i er siècle de l'ère chré- 
tienne. Il a été constaté qu'à partir du chapitre 26, l'auteur s'abandonne à sa 
fantaisie, compose lui-même des commentaires homilétiques et se sert de 
.certains apocryphes, inconnus d'autres Midraschim, que c'est justement dans 
ces chapitres, où sa main se révèle par le style comme par les idées, que se 
rencontrent les passages dont on veut faire état pour éclairer la première 
théologie chrétienne. Ecrit au ix c siècle, dans le midi de l'Europe, ce Midrasch 
est une preuve de l'action exercée par les idées régnantes sur les juifs de 
cette région. Il est en même temps un des premiers monuments de la renais- 
sance de l'hébreu au moyen âge ». 

Lévi I. . Manuel de lecture hébraïque. Nouvelle édition refondue et aug- 
mentée. Paris, Durlacher, 1906 ; in-8° de 31 p. 0,60. 



310 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Levin (M.). Lehrbuch der biblischen Geschichte und Literatur. 4. 
durchaus verb. Âuflage. Berlin, Calvary, 1907; in 8° de 254 p. av. une 
carte de la Palestine. M. 2. 

Lévy (Isaac). Petite histoire sainte à l'usage des jeunes israélites. Neuvième 
édition. Paris, Librairie Durlacher, 1907; in-12° de 248 p. 

Il y a des livres qui, sans cesse réédités, font sans cesse sentir du doigt une 
lacune. 

[Lkvy (L.-G.)]. y~i**b Û^SSS Des ailes à la Terre, Prières. Paris, Union 

libérale israélite et Librairie Durlacher, [1907]; in-8° de 146 p. 

Il n'y a pas que le titre qui soit prétentieux dans ce livre de prières, qui 
est le rituel d'une communauté réformée de Paris. Exemples : « Entends le 
sanglot de ceux qui soutirent dans leur chair, dans leur esprit, dans leur 
cœur, verse-leur la manne nourricière du courage et de l'espoir. Que tous les 
désenchantés, les incompris, les ravagés de la vie, s'en viennent hoire à la 
'source de calme, de rajeunissement et de vaillance. » — « Dans leur détresse, 
les affligés tendent leurs mains suppliantes vers ta miséricorde. Semblahles 
(sic) à la colombe de l'arche qui ne trouvait pas où se fixer, notre àme revient 
à Toi comme à son suprême abri. Pauvres mendiants de l'espérance, nous 
frappons en tremblant aux portes de l'éternité ». Si l'auteur s'est laissé aller 
à cette phraséologie, le traducteur, à coté de quelques jolies trouvailles d'ex- 
pressions, n'a pas respecté la belle simplicité des prières hébraïques. 
Q^IU Û n "lDn b?2"l3 est devenu : « Tu es la plénitude généreuse », bl*3 
mm 35 « ô maître des forces universelles ». Le 1 er vers et du Schéma est tra- 
duit : « Écoute, Israël, l'Éternel notre Dieu, l'Éternel est un ! », ce qui est un 
solécisme, l'hébreu ayant trois propositions. D'une manière générale, la phy- 
sionomie du rituel a été profondément altérée. Sans même parler des ampu- 
tations et des additions postiches exigées par la réforme dans les allusions au 
Messie et aux sacrifices, on a détaché du rituel traditionnel des lamheaux de 
prières (même le Schéma et le Schemoné Esré n'ont pas été conservés inté- 
gralement), qu'on a arbitrairement déplacés ou agrémentés de versets 
bibliques. Voici l'ordre, si l'on peut dire, des matières : I. Prières introduc- 
tives. II. Hymnes et exhortations (choix de psaumes et de tirades prophé- 
tiques). III. Plein-office. IV. Prières finales (?) : "na^MÏ"!, "pris fn *p3\ 
l^bj', etc. V. Office du vendredi soir. VI. Office du samedi matin (ce qui 
précède est pour le dimanche). VII. Sentences. Le titre a raison : c'est un 
rituel en l'air. 

Lkvy (L.-G.). V. Office d'inauguration. 

[Levylier (R.)J. Notes et documents concernant la famille Cerfbeer, 
recueillis par un doses membres; 3 e partie. Paris, Plon-Nourrit, t90G. 
in-4° de 230 p. + portraits, planches et tableaux généalogiques. 

Les deux premières parties (signalées dans la. Revue, XLV1, 292 et LUI, 141) 
étaient respectivement consacrées à Cerfbeer de Médelsheim et à ses fils. C'est 
maintenant que l'auteur s'avise (p. 2, n. 2 que son aïeul, qu'il appelle, par 
une exagération naturelle sous sa plume, « le personnage le plus important 
de son milieu et de son époque », a joué un rôle quelques années avant la 
Révolution dans la question des Juifs d'Alsace et qu'il y aurait lieu de 
rechercher la correspondance qu'il entretint à ce propos avec les syndics juifs. 
Il y aurait lieu, en effet. Autre remarque rétrospective : les deux portraits 
publiés dans le 1 er volume comme étant ceux des femmes de Cerfbeer ont été, 



BIBLIOGRAPHIE 311 

d'après V Errata, mal identifiés ; le premier serait celui d'une bru, le second 
celui de la mère de Louis Ratisbonne. 

Cette troisième partie est consacrée presque entièrement au grand-père de 
l'auteur, au colonel Max Cerfbeer, né en 1792, mort en 1874 (p. 199, 1. 6, 
lire : 1874). Nous avons parcouru les livres I à IV : Cerfbeer en activité de 
service ; C. homme politique (il fut élu député de Wissembourg en 1842 et 
réélu en 1845) ; C. publiciste militaire (réimpression d'un rapport et d'une 
brochure) ; C. co-administrateur du Gymnase (pendant son passage à ce théâtre, 
il fut en relations avec des hommes de lettres, des acteurs et des journalistes, 
notamment avec Scribe], Mais nous étions attiré surtout par le livre V : Cerfbeer 
président du Consistoire (1846-1871). Notre curiosité a été déçue : ce chap. 
est le plus court de tous et ne contient aucun renseignement, aucun document 
inédit. L'auteur avoue qu'il n'a pas dépouillé les procès-verbaux du Consis- 
toire. Et pourtant il eût été intéressant de fixer la physionomie de ce président 
du Consistoire central qui, élu en 1836 eu remplacement de son frère Alphonse, 
conserva ce poste jusqu'à la perte de l'Alsace-Lorraine, harangua Louis- 
Philippe et installa deux grands-rabhins de France (c'était du temps où les 
présidents de consistoires donnaient des leçons de libéralisme aux rabbins). 
A propos de l'incident de 1867. l'auteur exprime son opinion, une opinion 
assez singulière, sur la réforme cultuelle (p. 184-5). — Le livre VI (Cerfbeer 
intime) nous introduit dans l'intérieur de C. et nous fait connaître quelques 
belles lettres qu'il écrivit dans ses dernières années. — Ce volume, dont la 
dernière partie contient une biographie sommaire de l'intendant militaire Ed. 
Cerfbeer (1803-1878), est écrit comme les précédents avec sentiment et chaleur. 
Les portraits sont fort beaux. 

Nous connaissons de cet ouvrage grâce au dépôt légal qui en a été fait à la 
Bibliothèque Nationale. Tout en rendant hommage à la délicatesse de l'auteur, 
qui n'a pas voulu mettre dans le commerce une biographie de famille, nous 
le prions d'en offrir quelques exemplaires aux bibliothèques d'histoire juive. 

Ou trouve quelques renseignements sur différentes branches de la famille 
Cerfbeer dans Dietz, Slammbuch (1er Frankfurter Juden (Francfort, 1907). 

Lidzbarski iM.)« Altsemitische Texte. Erstes Heft : Kanaanaische Inschriften 
(Moabitisch, Althebraïsch, Phônizisch, Punisch). Giessen, Tôpelmann, 
1907 ; in -8° de 64 p. et 8 grav. M. 2. 

Le maître de J'épigraphic sémitique commence à publier les principales 
inscriptions à l'usage des étudiants. Les textes sont transcrits en caractères 
hébreux — quelquefois des fac-similés y sont joints — et accompagnés d'un 
commentaire succinct, mais substantiel. De petites remarques introductives 
renseignent sur L'origine de chaque inscription et sur l'essentiel de la litté- 
rature. La collection est divisée en petits cahiers, atin d'être plus abordable 
peut-être le prix est-il encore trop élevé). Ce premier fascicule contient l'ins- 
cription de Méscha, celle de Siloé et une trentaine d'inscriptions phéniciennes 
et puniques. La compétence de l'auteur nous dispense d'insister sur les 
mérites de cette publication, qui est certainement appelée à rendre de grands 
services dans l'enseignement. Naturellement on peut toujours discuter sur des 
points de détail ; on trouvera dans la Revue critique de 1907, p. 101-106, 
une assez longue critique qui n'aurait pas besoin d'être signée de M. Clermont- 
Ganneati pour être de lui. 

Lieger (P.). Quœstiones Sibyllinae. II. Sibylla Hebryea sive de libri III 
œtate et origine. Programme. Vienne, 1906; 43 p. 

Lindl (E.). Die Bedcutung der Assyriologie fur das Alte Testament und 



312 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

unsere Erkcnntnis der alto-rientalischen Kultui*. Vienne, Mayer et G°, 
190G ; in-8° de 10 p. M. 0,50. (Vortr&ge und Abhandlnngen herausg. von 
der Leo-Gesellschaft, 27). 

Liszt (Fr.). Das Problem der Kriminalitat der Juden. Giessen, Tôpelmann, 
4907 ; gr. in 8° de 11 p. M. 0,50. (Tirage à part de la « Festschrift der 
juristischen Fakultât der Universitat Giessen ».) 

La criminalité générale chez les juifs d'Allemagne est sensiblement meil- 
leure que chez les chrétiens ; elle présente des sautes pendant la période de 
1882 à 1901 ; elle est extraordinairement favorable pour certains délits, extra- 
ordinairemeut défavorable pour certains autres. Cette différence ne tient pas 
uniquement aux professions exercées par les Juifs. — Cette courte étude, pro- 
voquée par l'ouvrage de Wassermann (v. plus loin à ce nom), se termine par 
ces belles paroles : « Si les passions des partis se sont emparé de cette 
question, cela doit exciter la science à en entreprendre l'étude sans amour et 
sans haine — si ce n'est l'amour de la vérité et la haine de son travestis- 
sement. » L'auteur est professeur de droit à Berlin. 

Lôhr (M.). Die Klagelieder des Jeremias, iïbersetzt n. erklart. 2 Aufl. 
Gôttingue, Vandenhœck et Ruprecht, 1907 [1906] ; in 8° de xvi -f 32 p. 
(Hand-Kommentar zum Alten Testament de Nowack, III, u, 2.) 

Lôhr (M.). Volkslebcn im Lande der Bibel. Leipzig, Quelle et Meyer, 1907; 
in-8° de iv -f 134 p., ill. M. 1. Wissenschaft und Bildung, 7.) 

Lorge (M.). mbshttbN ^D nbNpttb». Die Speisegesetze der Karàer von 
Samuel el Magrcbi naeh einer Rerliner Handschrift im arabischen 
Urtext herausg. unt mit deutscher Uebersetzung, Einleitung und 
Anmerkungen versehen. Berlin, Lamm, 1907, in-8° de 78 (trad.) -f- 24 
(texte) p. M. 3. 

Samuel b. Moïse b. Josué el-Magrébi est un rabbin et médecin caraïte qui 
vivait au Caire au xv l siècle. Son principal ouvrage est un Séfer ha-Mitzvot 
en arabe, dont plusieurs parties ont déjà été publiées. M. L. édite et traduit 
la septième, qui traite des lois alimentaires. Dans l'introduction il donne 
quelques détails sur le style de l'auteur et sur l'orthographe du manuscrit 
(Ms. Berlin, Or. oct. 3'jl). Ensuite vient l'annotation, qui fournit surtout des 
rapprochements intéressants avec les Rabbanites et avec les autres auteurs 
caraïtes. Ces remarques auraient dû, d'autant plus qu'elles signalent parfois 
des particularités du texte, être placées au-dessous de l'original ou de la tra- 
duction. Le rejet des notes à la fin du texte n'est recommandable que dans 
les ouvrages destinés au grand public. 

Le traité de Samuel el-Magrébi ne se distingue ni par l'intérêt ni par l'ori- 
ginalité. 11 ne cite guère que Jacob b. Joseph Kirkisàni (ch. v et xvi), Alton 
Saïd et « le médecin éprouvé » c.-à-d. Yéfet b. David (v), Salomon ha-Nari, 
H. Israël ha-Dayyan ha-Magrébi, R. Yéfet (xill). Autant que nous pouvons en 
juger, le travail de M. L. est consciencieux et, tout en l'engageant à diriger 
ses études vers les anciens caraïtes, qui sont plus intéressants que les épigones 
et dont beaucoup d'ouvrages sont encore inédits, nous le remercions de nous 
faire connaître un chapitre de la halacha caraïte définitivement fixée. 

Lorrain (Jean). L'Aryenne. Paris, Ollendorli', 1907 ; in-18 de 287 p. 
Roman. 

Lotz (W.). Die biblische Urgeschichte in ihrem VerhSltnis zu den Urzeit- 



BIBLIOGRAPHIE 313 

sagen anderer Vôlker, zu den israelitischen Volkserzahlungen und zum 
Ganzen der Heiligen Schrift. Leipzig, Deichcrt, 1907 ; in-8° de iv-f 73 p- 
M. 1,50. 

Lôwenthal (A.). Das Bach des « Ewïgen Lebens » und seine Bedeutung 
in der Literatui* des Mittelalters. Francfort, Kauff'mann, 1907 ; in-8° de 
12 -f- 7 p. M. 1. (Tirage à part de la Festschrifl Feilchenfelcl.) 
Voir à Feslschrif't. 

Ludwig (A.). Die Auffindung der Torah im Tempel zu Jérusalem unter 
Josia Kônig von Juda. Prague, 1906; 11 p. (Sitzungsberichte der bohm. 
Gesellsch. d. Wissenschaften). 

Ludwig (K.). De Psalmis delectis emendacius ac metrice edendis. Pro- 
gramme. Leipzig, G. Fock, 1907; in 8° de 13 p. M. 1. 

Lutgert. Das Problem der Willensfreiheit in der vorchristlichen Syna- 
goge. Halle, 1906 ; in-4° de 24 p. 

Luzzato (M. Gh.). D^itt)* nbow, Lebensfi'ihrung der Redliehen. Mit einer 
neben dem Text befindlichen deutschen Uebersetzung von 0. Sacha- 
riasohn. 2. verb. Aufl. nebst hebr. Gedichten von M. Ch. L. nach einer 
Handschr. zum ersten Maie ediert. Francfort, Sanger et Friedberg, 
1907 ; in-8° de 246 p. M. 3,50. 

Lynn (W.-T.). Bible chronology. 2° éd. Londres, Bagster, 1905 ; in-8° de 
102 p. 1 s. 

Macalister (A. -S.). Bible side-lights from Mound of Gezer. Record of 
excavation and discovery in Palestine. Londres, 1906 ; in 8° de 244 p. 

Mackintosgh (G. -H.). Notes on the five Books of Moses. Londres, Morrish, 
1905 ; in-8° de 300 p. 1 s. 

Macler (G.). Les grandes traditions primitives à Babylone et dans la 
Bible Essai sur les premiers récits de la Genèse au point de vue histo- 
rique et religieux. Thèse. Genève, impr. Romet ; in-8° de 93 p. 

Maimon (Salomon). Lebensgeschichte. Von ihm selbst geschrieben und 
herausgegeben v. K. P. Moritz, in 2 Teilen, 1792. Berlin, L. Lamm, 
1907 (anastatischer Neudruck). 

Maïmonide.] Mose b. Maimûnis Mischnah-Commentar zu Traktat Kethu- 
both. Abschn. 1X-XI. Arabischer Urlcxt auf Grund von 2 Handschriftcn 
zum erstcnmale herausgeg. mit verb. hebraiseher Ubersetzung, Einlei- 
tung, deutscher Ubersetzung nebst krit. u. erlàut. Anmerkungen, von 
L. Nebenzahl. Thèse. Berne, 1905 ; in-8° de 55 p. 

, Maïmonide.] Maimonides' Kommentar zum Traktat Edujot, Abschnitt V 
u. VI. Zum ersten Mal im arabischcn Urtext herausg. mit verbesserter 
hebraiseher Uebersetzung, Einleitung. deutscher Uebersetzung nebst 
kritischen u. erlauternden Anmerkungen v. A. Garbatli. Berlin, Poppe- 
lauer, 1906 ; in-8° de 40 ■+■ 19 p. M. 2. 

[Maïmonide.] Moses Maimonides' Kommentar zum Mischnah-Traktat Nasir 



314 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

(Abschn. I-IV). Arabischer Text nach zwei Handschriften zum ersten 
Maie herausg. unter Beifùgung der verbesserten hebr. Uebersetzung 
des Jakob ibn Abbâs von F. Weiss. Thèse. Berlin, Lamm, 1906; in-8° 
de 22 + 26 p. M. 2. 

[Maïmonide.] Mose ben Maimun's Commentai' zur Mischnah. Traktat San- 
hédrin, in neuer hebr. Uebersetzung ans dem arabischen Urtext mit 
priifenden und erlâuternden Anmerkungen v. M. Gottlieb. Hanovre, 
Berliner, 190G ; in-8° de x -f 104. p. M. 2,50. 

[Maïmonide.] Mose ben Maimùni's Mischnah-Kommentar zum Traktat 
Baba Bathra (Kapit. v-x). Arabischer Urtext mit hebraischer Ueber^ 
setzung, Einleitung, deutscher Uebersetzung, nebst kritischen und 
erliiiiternden Anmerkungen von I. Lewy. Berlin, Poppelauer, 1907; 
gr. in-8° de 67 + 37 p. M. 2,50. 

Mangenot (E.). L'authenticité mosaïque du Pentateuque. Paris, Letouzey 
et Ané, 1907 ; in-12° de 334 p. 3,50, 

Exposé et commentaire des décisions de la Commission biblique. 

Marcu9 (A.\ Die moderne Entwickelungstheorie in der ji'idischen Wissen- 
schaft. Vortrag. Hamburg, S. Marcus, [1907]; in 8° de 17 p. 

Le sujet n'est pas traité. Après avoir tracé l'histoire des théories évolution- 
nistes, le conférencier s'en prend à Darwin et à Haeckel, qu'il démolit à coup 
de citations et d'injures. Après quoi, il montre que la véritable théorie est 
enclose dans les rnaDn Tins rY'bp de M. H. Luzzato (que les aïeux de ses 
auditeurs ont excommunié), où il a « lancé le premier dans le monde » les 
lois de la sélection naturelle et de la mutation des espèces. — Il parait que 
c'est le gaon de Vilna qui a reçu la plupart des écrits de Luzzato (p. 12). 

Il est pénible de penser que cette conférence, parsemée de plaisanteries de 
mauvais goût (p. 6, 13, etc.) et de critiques déplacées à l'adresse de « notre 
cher Graetz » (p. 4', de Wellhausen, « qui ne peut prétendre à la moindre 
valeur scientifique » (p. S), a été prononcée dans une société « pour la culture 
de la vie juive ». 

Marr (B.). Altjudische Sprache, Metrik und Lunartheosophie. I. Theil : 
Betonung, Metrik, Einzel-Beispiele, Psalm 1 bis 6, Exodus 15, Debo- 
rahlied, Lied der Sulamith. Dux, Scheithauer, 1907; gr. in-8° de 117 p. 
M. 2,50. 

Marti (K.). Geschichte der israelitischen Religion. 5 vcrb. und verm. 
Aufl. von Aug. Kayser's Théologie des Alten Testaments. Strasbourg, 
F. Bull, 1907 ; in-8" de x 4- 358 p. M. 4,40. 

Marti (K.). The religion of thc Old Testament. Ils place among the reli- 
gions of the nearer east. Transi, by G. -A. Bienemann. Londres, Wil- 
liams et Norgate, 1907 ; in-8° de 262 p. 4 s., 6 d. 

Martin (Abbé Jules). Philon. Paris, Alcan, 1907 ; gr. in-8° de 303 p. (Les 
Grands philosophes, collection dirigée par Glodius Prat). 

V. t. LV, p. 37 et suiv. — Ce livre est au-dessous de ce qu'on pouvait 
attendre aujourd'hui d'un historien de la philosophie étudiant le penseur 
judéo-alexandrin. Les études philoniennes ont été renouvelées en ces der- 



BIBLIOGRAPHIE 315 

nières années et la bibliographie de M. M. est en retard de quelque dix ans. 
Il écrit qu' « une édition définitive reste encore à faire » (p. 4, n. 4). Elle 
est en train de se faire, en Allemagne, il est vrai. Pour la critique, M. M. en 
est resté au livre de Herriot, qui remonte à 1898, et il ajoute : « Depuis 
cette date, et jusqu'aujourd'hui, il a été publié sur Philon un fort grand 
nombre de travaux » (p. 295). Hélas, oui ! Un critique italien a écrit dans le 
Rinnovamenlo x \di revue moderniste v 1907, 208-218), que le Philon de M. Mar- 
tin est inférieur même à celui de M. Herriot. C'est faire injure à M. Herriot, 
qui a compris son auteur, tandis que M. Martin trouve indifférentes les ques- 
tions de l'authenticité du traité De la vie contemplative (il ne connaît pas les 
études de Massebieau,Derenbourg, Ohle, Cohn, Wendland, ni l'édition critique 
de Conybeare) et du traité de l'Éternité du monde (il ne connaît pas l'édition 
critique de M. F. Cumont) et porte des jugements dont voici un échantillon : 
« Philon n'ignore pas absolument la Trinité (!). 11 a, s'il est permis de dire, 
une théorie du Verbe, mais une théorie bien embrouillée ; et il a aussi, avec 
plus d'embrouillement (sic!) encore que pour le Verbe, une théorie sur ce qu'il 
nomme les puissances de Dieu. » (P. 57.) — Il ne dit rien de l'influence de 
Philon, qui est un fait capital dans l'histoire de la philosophie et qui est 
nécessaire à l'intelligence de la pensée de Philon. Il ne recherche pas davan- 
tage les sources de cette pensée : la « diatribe » stoïco-cynique et le Midr.isch 
juif. Sur l'allégorisme chez les Juifs, il a une vingtaine de lignes inexactes 
(p. 35-36; et s'il connaît, ou du moins s'il cite Siegfried, il ne connaît pas 
Piitter et il cite plutôt... Huet et Grotius. IN'ous n'insistons pas, pour ne pas 
recevoir de papier timbré ; nous songeons à la recension fort juste, dans les 
deux sens du mot, de M. J. Lebreton, dans la Revue de philosophie 
(1 er déc. 1907, p. 605-609) et à la réplique, doublement procédurière, de 
M. Martin (ibid., janvier 1908, pp. 56-60). 

Mautner (J.) et Kohn (S.). Biblische Geschichte und Religionslehre fur die 
israelit. Jugend an Biirgerschulen. 3. Heft. 2. Aufl. Vienne, A. Pichler, 
1906, in-8° de 112 p. et 1 carte. — (Le même ouvrage) an Volksschulen. 
1. Heft. 3. Aufl. ; in-8° de 67 p., av. gravures et 1 carte. 

Maybaum (S.). Predigten und Schrifterklarungen. Dritter TeiL Berlin, chez 
l'auteur, rabbin à Berlin, 1907 ; in-8> de xvm -j- 268 p. 

La première partie a paru en 1892; la seconde en 1894. La présente, contient 
vingt-quatre sermons ou explications homilétiques sur les sections sabba- 
tiques de l'Exode, du Lévitique et des Nombres (jusqu'à Korah) et, sous forme 
d'appendice, quatorze discours de circonstance prononcés de 1896 à 1906. 
La plus grande partie de la préface contient un éloge funèbre de feu 
M m8 Maybaum par M. Holtzman. — M, Maybaum, qui a pris récemment sa 
retraite, passe pour être le meilleur représentant de la chaire Israélite en 
Allemagne ; il professe un cours d'homilétique à la « Lehranstalt fur die 
Wissensehaft des Judentums î> et est l'auteur d'une Homilétique juive. 

Me Km (R.-H.). The problem of the Pentaleuch : an examination of the 
results of the higher criticism. Londres, Longmans Green and Go, 
1906 ; in-12° de xvu -f 136 p. 3 s., 6 d. 

Melander (H.). Jerusalems dolta tempelskatter och deras gômstàlle. En 
undersokning. Stockholm, Ekman, 1907 ; in-8" de 133 p. Kr. 2. 

Mkmain. Le calendrier hébreu avant la ruine de Jérusalem (70 de l'E. C). 



316 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Paris, Féron, 1906; gr. in-8° de 16 p. à 2 col. (Tirage à part du 
Cosmos). 

Mendels (J.). De joodsche gemeende te Groningen. Groningen, Erven B. 
van der Kamp, 1906 ; in-8° de vin -f 93 p. et 2 photogravures. 

Merx (A.). Die Bûcher Moses und Josua. Eine Einfuhrung fur Laien. 
Tuhingue, Mohr, 1907; in 8° de 160 p. M. 1. (Heligionsgeschichtliche 
Volksbiicher f. die deutsche ehristliche Gegcnwart, II, 3). 

Meyénbehg (A.). Ist die Bibel inspirirt? Lucerne, Baber u. Co, 1907; 
in-8° de 144 p. M. 1,70 (Brennende Fragen, 3). 

Maurice Liber. 
(A suivre.) 



Briefwechsel zwischen Heimann Michael und Leopold Zunz aus 
dem literarischen Nachlasse derselben herausgegeben, von A. Ber- 
liner. Francfort, Kauffmann, 1907; gr. in-8° de 9 + 90 pp. Tirage à part du 
« Jahrbuch der Jûdisch-Literarischen Gesellschaft », IV.) 

Il est peu de savants dont les ouvrages, après cinquante ans écoulés, 
puissent inspirer autant de sécurité que Zunz. On sent que, chez lui, les 
substructions de l'œuvre sont si solidement établies qu'on a confiance en 
lui môme quand il n'indique pas ses références, parce qu'on sait qu'il 
s'appuie alors sur ses recherches personnelles ou sur les communications 
de ses deux amis, Bapoport et Heimann Joseph Michael. — Michael était 
bibliophile et bibliographe ; il possédait un très grand nombre de manu- 
scrits et d'imprimés et, ce qui vaut mieux, il les étudiait et, ce qui est plus 
rare, il en faisait profiter autrui. Zunz et lui s'étaient connus enfants à 
Hambourg. Zunz le revit en 1832 et travailla un mois entier dans sa 
bibliothèque. Revenu à Berlin, il engagea avec lui une correspondance 
assez régulière. Il conservait avec soin les lettres qu'il recevait; à la 
mort de son ami, il reprit celles qu'il lui avait adressées- M. Berliner les 
a retrouvées, au nombre de 60, dans ses papiers. En publiant cette corres- 
pondance, qui commence au lendemain de l'apparition des Gôttesdienst- 
liche Vorlrâge (1832 et s'arrête à la veille de la publication du Zur 
Gescliichle (1845\ il nous initie en quelque sorte aii travail intime de 
Zunz, il nous l'ait assister à la préparation et à l'élaboration de ses 
ouvrages. Nous voyons le grand savant mettre à contribution la biblio- 
thèque et l'érudition de son ami (comme il faisait avec Luzzatto), s'informer 
de ses acquisitions bibliographiques, le tenir au courant des nouvelles 
littéraires, et même lui faire des confidences. Les premières lettres sont 
remplies de doléances; le fondateur de la science juive est sans ressources 
et sollicite avec insistance un emploi de 25 marks par semaine. Il finit 



BIBLIOGRAPHIE 317 

par trouver un poste à Prague. Mais la bonne fortune dure peu. « Mes 
opinions et mes principes, écrit-il bientôt, s'accordent mal avec l'état 
politique et religieux des gens d'ici. Il vaut mieux que je m'en aille. Je 
ne saurais me soumettre à Messieurs les rabbins et administrateurs de la 
communauté. Je puis employer mon temps plus utilement qu'à jouer la 
comédie » (p. 39). — Au milieu de ses déboires, il s'afflige sur le sort de 
son ami Hapoport, malheureux comme lui et, déplus, persécuté, à l'étroit 
dans son milieu arriéré, empêché de donner toute sa mesure. « Je me 
résignerais à tout si je savais que notre cher Rapoport est pourvu, et 
pourvu auprès de vous. Combien nous y gagnerions tous! Je pense à lui 
plus qu'à moi-même » (p. 10). Zunz pense encore moins à lui-même qu'a 
ses travaux. « La vie est courte, la science est infinie », écrit-il (p. 34), et 
encore: « La vie s'enfuit rapidement; seules les relations sociales et l'ac- 
tivité en commun méritent la peine qu'elles coûtent » (p. 53), ou bien : 
«à quoi bon notre vie si brève, si rien n'en reste pou rie monde? » (p. 84) — 
S'il y a de l'amertume et de la mélancolie, il y a aussi de l'esprit dans ces 
lettres. «J'ai interrogé là-dessus cinq savants, c'est-à-dire cinq ignorants » 
(p. 11). Il appelle Biesenthal un "ps^nnb TEiCW (p. 48) et Carmoly 
■OT3"iD~ "?3j irm (p. 68). — Quant à Michael, s'il ne répond pas toujours 
à son ami, qui sait le lui représenter avec dignité, il est fort obligeant; 
et, s'il ne comprend pas toujours le motif de la curiosité de Zunz, il satis- 
fait pourtant à ses demandes. Il aime à faire les honneurs de sa biblio- 
thèque — le tour du propriétaire; il ne se fait pas prier pour énumérer 
ses acquisitions, et ces renseignements sont utiles pour l'histoire de sa 
collection de manuscrits hébreux, actuellement à la Bodléienne. 

Au surplus, le butin scientifique n'est pas très considérable, et il ne 
fallait pas s'attendre à des révélations, les matériaux ayant été utilisés 
par Zunz dans ses différents ouvrages. M. Berliner n'a pas dressé d'index, 
« pour ne pas ravaler cette publication au rang d'un répertoire ». Ne 
soyons pas plus royaliste que le roi et indiquons seulement les passages 
essentiels : observations sur la Biographie de Saadia par Hapoport, p. 3-4 ; 
légende relative à Hanoucca, p. 8. ; manuscrits et imprimés achetés par 
Michael, p. 13-15; 18-21, 27-28, 83 ; Yalkout, éd. de Salonique, p. 24 ; Ébcn 
Bolian, ouvrage de controverse par Schemtob b. Isaac b. Schaprout, p. 20; 
rroin nn:\N, p. 28-31 ; notes sur les Gollesd. Vortrdge, p. 38-39 (Z. ne 
parait pas en avoir tenu compte) ; imprimeurs juifs de Prague, p. 41-42, 
i-ij 47 (utilisé dans Z. G.) ; Aboda de Salomon ha-Babli, p. 51 ; observations 
sur les Analekien de Zunz (dans la Jddische Zeitschrift de Geiger), p. 54- 
53, 88 ; le nom « Parnès», p. G7, 69 (Zunz a utilisé ces renseignements 
dans sa liste, apud Benjamin de ïudèle, éd. Asher, II, 40-41) ; auteurs 
cités dans les poèmes de Salomon Bonfed, p. 77; Hillel [b. Éliakim), 
disciple de Raschi, p. 85, 86. — M. Berliner a fait précéder les lettres de 
quelques remarques, comme elles lui venaient (p. 5-9). Notons aussi, au 
hasard de la lecture : p. 4, sur le commentaire du Cantique attribué à 
Saadia, v. Poznanski dans Monalssciir., LI, 718-9; p. 7, la trad. hébraïque 
des G. Y. fut faite par David Caro de Posen (v. sur lui Jew. Encyclop., III, 



318 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

582; ajouter à la bibliographie Ph. Bloch dans Jubelschrift Graetz, p. 213 
et s.) ; le ms. autographe, avec des notes de la main de Zunz, est à la 
Bibliothèque de l'Alliance israélite (Catalogue Schwab, n° 100) ; p. 26, 
sur Schemtob b. Isaac Schaproùt, v. I. Lœb, dans Revue, XVIII, 219-220; 
p. 54 (cf. p. 61) ; sur Moïse de Roquemaure, v. Gross, Gallia, 629-630 ; 
p. 79, sur la copie des Consultations de Hayyim Or Zaroua, v. Revue, LUI, 
267; p. 83, Yakar est de Vienne dans le Dauphiné, v. Gross, 193-194. 

Les lettres écrites, sauf une seule, en écriture hébraïque cursive, sont 
en allemand mêlé d'hébreu. Zunz est tout à fait maître de sa plume ; 
Michacl manie moins bien l'allemand, mais son hébreu est meilleur. Un 
certain nombre de fautes d'impression sont restées dans le texte, mais 
elles sont faciles à corriger. L'éditeur mérite toute notre reconnaissance 
pour avoir publié ces lettres, matériaux utiles et à l'histoire de la littéra- 
ture juive et à la biographie d'un de ses plus illustres représentants. 

M. Liber. 



Le gérant : 

Israël Lévi. 



TABLE DES MATIERES 



ARTICLES DE FOND. 

Berto (Paul). Ce que l'on sait actuellement sur la topographie de 

l'ancienne Jérusalem 169 

Chapira (B.). Documents provenant de la Gueniza du Caire 233 

Crémieux (Ad.). Un établissement juif à Marseille au xvne siècle 

(suite et fin) 99 

Darmesteter (Arsène). Les Gloses françaises de Raschi dans la Bible 

[suite et fin) 70 

Eluogen (I.). La récitation du Schéma et de la Haftara 222 

Gross (Henri). La famille juive des Hamon; contribution à l'histoire 

des Juifs en Turquie 1 

Heller (Bernard). La légende judéo-chrétienne du compagnon au 

Paradis 198 

Krauss (S.). Divisions territoriales en Palestine 27 

Lévi (Israël). Le temple du Dieu Yahou et la colonie juive d'Eléphan- 

tine au v° siècle avant l'ère chrétienne (fin) 161 

Poznanski (Samuel). Nouveaux renseignements sur Abou-1-Faradj 

Haroun ben al-Faradj et ses ouvrages 42 

Schwab (Moïse). Deux épitaphes judéo-arabes 243 

Wfllesz (J.). L'auteur du commentaire anonyme des Chroniques 228 

NOTES ET MÉLANGES. 

Heller (Bernard). Le Mischlé Sindbad, source méconnue du fableau 

de Constant du Hamel 125 

Kamenetzry ^A. S.). I. mb"DiI5N (Sota, 47 a) 248 

IL Encore quelques remarques sur les deux lettres de l'époque 
du dernier Exilarque 254 

Krauss (S ). Note sur le nom divin de vingt-deux lettres et sur le 

démon de l'oubli 251 



320 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Lkvi (Israël). Encore un mot sur les écritures japhétiques d'après le 

Midrasch Hagadol ; 249 

Reinach (Théodore). Noie sur Josèphe 124 

Schwab (Moïse). Documents provenant de la Gueniza du Caire 127 



CORRESPONDANCE. 
Lettre de M. Théodore Reinach 131 

BIBLIOGRAPHIE. 

Liber (Maurice). I. Revue bibliographique (année 1007) 132 et 257 

II. b"T 17^33 'n btt m*0» "iSD. The Itinerary of Benjamin of 
Tudela, critical text, translation and commentary, par M.-N. 
Adler 144 

III. Kampfende Geister im Judentum. Vier Biographien, par 

S. Bernfeld 151 

IV. Neueste Geschichte des jiïdischen Volkes, par Martin Phi- 
lippin. — The Reform Movement in Judaism, par David 
Philipson 154 

V. Briefwcchsel zwischen Heimann Michael und Leopold Zunz 
aus dem literarischen Nachlasse derselben herausgegeben, 

von A. Berllner 316 

Schwab (Moïse). Amato Lusitano.A sua vida e a sua obra, par M. Lemos. 147 

Table des matières 310 



VERSAILLES. — IMPRIMERIES CERK, 59, RUE DUPLESSI8. 




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histori 



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